Tag: étudiants

  • A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier, les manifestants, nombreux (7000 selon la CGT), se sont rassemblé sur la Place Albert 1er aux alentours de 14h30 ce mardi 29 septembre. Mathieu Guy, membre du bureau de l’UD 34, revient dans cette vidéo sur l’enjeu de cette mobilisation à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.

    Un cortège dense composé des travailleurs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités, Hôpital) mais aussi des pompiers, des lycéens ont défilé à Montpellier derrière une banderole de l’intersyndicale qui avait appelé à cette journée de grèves et de manifestations. De nombreux jeunes sont présents et le mouvement de blocage des lycées, parti de la région parisienne, essaime dans l’Hérault : ce mardi, les lycées Mermoz et Monnet de Montpellier ont été bloqués par les élèves.

    Élèves en classe de première au lycée Jean Monnet, Cali et Leoya ont rejoint le cortège de la mobilisation des agents publics. «On demande d’être écoutés et respectés, d’avoir plus de budget pour rénover le lycée, l’internat, et aussi d’avoir de l’argent pour la culture, car Jean Monet est un lycée avec options artistiques. On est inquiètes pour notre avenir».

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent dans le cortège des étudiants derrière une banderole du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier).

    Le pouvoir d’achat, grignoté par l’inflation et l’absence de revalorisation du point d’indice ces dernières années, est omniprésent dans les revendications du cortège montpelliérain. En grève depuis plusieurs semaines, les pompiers professionnels étaient également présents.

    À Nîmes, les manifestants se sont rassemblé au fur et à mesure devant la Maison Carrée. On y croise des agents de la fonction publique de tous les secteurs, de l’hôpital à l’école, en passant par le Département. Tous ont le même mot d’ordre : « Des salaires pour vivre, des moyens pour travailler, un service public pour tous. » Le départ initialement prévu à 14h a été repoussé et le cortège finit par s’élancer.

    Christophe Allègre (UNSA Gard) a porté la déclaration unitaire des organisations syndicales de la fonction publique. Face à la dégradation des conditions de travail et à la perte de pouvoir d’achat, les syndicats réclament « une revalorisation significative de la valeur du point d’indice » et de véritables progressions de carrière. Le représentant alerte aussi sur les moyens matériels : « Les piratages massifs et successifs montrent qu’il y a urgence à donner aux services les outils et les moyens d’assurer la sécurité de toutes les données personnelles ». Alors que les difficultés de recrutement s’aggravent et que « les risques psychosociaux se multiplient », il prévient : « C’est bien l’avenir des services publics qui est en jeu ».

    Un grand nombre de jeunes se sont joints au cortège pour cette mobilisation. Cela intervient lors d’une journée également marquée par des blocus dans plusieurs lycées Nîmois, dont Daudet et Dhuoda, et la montée de tensions avec les forces de l’ordre . Le maire de Nîmes, Vincent Bouget (PCF) a appelé « à l’apaisement et la la vigilance de toutes et tous, afin que les mobilisations lycéennes puissent se tenir dans le calme et dans le respect».

    Le message des lycéens est clair : de l’écoute, du budget pour les établissements et les personnels, et la lutte contre l’extrême-droite.

  • Des rencontres pour attirer les futurs dentistes

    Des rencontres pour attirer les futurs dentistes

    Dans les Hautes-Alpes, décrocher un rendez-vous chez le dentiste n’est pas toujours une mince affaire. Mais ils sont de plus en plus nombreux à s’y installer : actuellement, 112 chirurgiens-dentistes sont en exercice sur le département, contre 97 en 2022. Pour continuer à développer cette offre de soin, l’Agence de développement des Hautes-Alpes et le conseil départemental de l’ordre des chirurgiens-dentistes sont allés en cette période de rentrée à la rencontre des étudiants de 6e année des facultés d’odontologie de Nice et Marseille.

    L’objectif était de leur présenter des opportunités concrètes : besoins de remplacement, possibilités de collaboration, praticiens prêts à accueillir des stagiaires et cabinets à reprendre. « La stratégie repose d’abord sur le stage », indique l’Agence de développement. Le conseil de l’ordre mobilise les dentistes souhaitant devenir maîtres de stage. De son côté, le Département contribue à lever un potentiel frein économique : les étudiants peuvent bénéficier de 600 euros pour leur logement, ou d’un logement départemental, et 200 euros pour leurs déplacements.

    Entre 2025 et 2026, huit étudiants ont effectué leur stage dans les Hautes-Alpes avant d’y réaliser des remplacements. « L’une d’elles exerce aujourd’hui comme collaboratrice à Gap, ce qui montre que cette première expérience peut déboucher sur une installation réfléchie, durable, avec un vrai projet de vie », explique Arnaud Bompar du conseil de l’ordre. Après ces rencontres, déjà une quinzaine d’étudiants étaient intéressés par une expérience dans le département.

    Agathe Di Lenardo

  • [Entretien] « Des loyers étudiants trop élevés de 161 euros »

    [Entretien] « Des loyers étudiants trop élevés de 161 euros »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir mené une étude sur le logement étudiant ?

    Marie-Amandine Stévenin : Elle porte sur les difficultés à se loger en général : le logement représente 27% des dépenses de consommation des ménages. Et les logements étudiants, souvent des studios, sont encore plus coûteux au m2 pour une population par définition précaire. Un étudiant sur trois est mal logé. Le parc public du Crous ne loge que 10% des étudiants.

    Des garde-fous existent comme l’encadrement des loyers dans les grandes villes…

    M.-A.S. : La loi qui date de 2019 définit à +20% du loyer moyen le seuil maximum de loyer autorisé dans les zones dites en tension. Notre étude et d’autres montrent la difficulté à faire respecter cette loi dont l’expérimentation se termine en novembre.

    Qu’avez-vous observé pour le logement étudiant à Montpellier ?

    M.-A.S. : D’après notre enquête, sur 11 grandes villes étudiantes, 95% des annonces en lignes (Le Bon coin, Se loger…) ne respectent pas l’encadrement des loyers. À Montpellier, pour 83% des 15 annonces étudiées, les loyers étaient trop élevés de 161 euros en moyenne. C’est une prise de température mais le même phénomène se répète dans chaque ville. Il faut responsabiliser ces plateformes qui doivent publier des annonces qui respectent la législation. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de sanctions actuellement.

    Quelles démarches peut engager un locataire lésé ?

    M.-A.S. : D’abord prévenir son propriétaire que le loyer doit être plafonné (critères fixés par arrêté préfectoral en fonction du bien, de l’emplacement…). Si besoin saisir la commission départementale de conciliation. Et si rien ne bouge, aller devant le juge car le locataire est sûr de gagner, à moins de loyers impayés, de troubles à l’ordre public… Les locataires connaissent encore mal leurs droits mais un étudiant qui a signé un bail n’a pas aliéné son consentement. Les portes de Que choisir ensemble sont ouvertes…

    Certains propriétaires semblent ruser…

    On a été alertés par des jeunes actifs sur le « coliving », pratique entre la colocation et le bail classique avec des parties communes et des prestations annexes qui justifieraient des loyers plus élevés. Il s’agit de prétextes pour sortir de la loi de bail standard de 1989 et ainsi échapper à l’encadrement des loyers. Autre moyen de contournement : le complément de loyer en cas de prestations particulières (piscine, terrasse ombragée…). Certains propriétaires font n’importe quoi mais la jurisprudence est floue sur les critères. On demande que ces compléments de loyers soient plafonnés à 15% du loyer. Quel que soit le toit, il faudrait que l’encadrement des loyers s’applique, ce qui n’est pas le cas. On espère que le Sénat votera des dispositions supplémentaires.

  • Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Derrière les vitres et les grilles de l’épicerie sociale et solidaire l’Agoraé, quelques cartons remplis de flyers, une machine à café, ainsi que des paquets de pâtes et des bouteilles de jus jonchent le sol depuis plusieurs semaines. Le projet, lancé en 2023 sous la précédente municipalité de Cécile Helle (PS), va s’arrêter faute de locaux mis à disposition par la mairie.

    Ce lieu de rencontre permettait aux étudiants de trouver des denrées alimentaires et des produits d’hygiène à des prix défiant toute concurrence, parfois jusqu’à 10% des prix du marché.

    Contactée, la municipalité confirme que la convention de partenariat qui liait la Ville, l’Université d’Avignon, l’association étudiante Inter’asso avec le bailleur social Erilia, propriétaire des lieux, dans le cadre d’une convention d’occupation précaire, est arrivée à son terme le 3 juillet dernier. La municipalité assurait cette mise à disposition « à titre gracieux » en prenant en charge le loyer qui s’élevait à 10 336 euros par an. Les locaux, ainsi que deux autres espaces attenants également exploités par les services municipaux, ont été restitués à Erilia. La mairie explique qu’elle « n’est donc plus en mesure de poursuivre cette mise à disposition dans les conditions prévues par la convention ».

    Mais, comme pour d’autres projets lancés avant la prise de pouvoir du nouveau maire Olivier Galzi (DVD), tels que l’aide aux devoirs d’enfants en difficulté dans les quartiers populaires ou encore la végétalisation des cours d’écoles, la situation financière de la ville est avancée pour justifier l’arrêt de cette aide. « Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et alors qu’une démarche de rationalisation du patrimoine communal est engagée, la Ville est dans l’obligation de ne pas pouvoir supporter de nouvelles dépenses pour financer ou rechercher un local de substitution », précise-t-elle. Tout en assurant que « cette évolution ne remet toutefois nullement en cause l’engagement de la Ville en faveur de la vie étudiante ». Notamment en renforçant ses liens avec l’Université et les acteurs de l’enseignement supérieur, « afin de renforcer la coordination autour des enjeux de vie étudiante ». La municipalité estime également que cette « mobilisation constante contribue à soutenir l’attractivité universitaire et le rayonnement d’Avignon ». Au dernier classement des villes étudiantes du média L’Étudiant, la Cité des Papes figurait à la 37e position sur 50, à égalité avec Annecy et Troyes.

    « Choix politique »

    « Je n’attendais pas grand-chose de cette nouvelle municipalité soi-disant d’aucun parti. Apparemment, le bon sens, c’est de supprimer les aides aux étudiants et de les laisser crever », déplore Louis, de l’association l’Union étudiante Avignon.

    Cette décision suscite l’indignation des forces progressistes du Vaucluse. Les Jeunes Socialistes, à travers un communiqué ce lundi 14 septembre, regrettent un « choix du maire » qui ne fait que « renforcer la précarisation des étudiants avignonnais et montre que Monsieur le maire se préoccupe davantage de rentabilité financière que de l’avenir des étudiants avignonnais ».

    Du côté de la conseillère d’opposition Mathilde Louvain, (LFI), on s’interroge sur les réseaux sociaux : « La mairie est en roue libre ? ». « On commence à être habitué à la méthode. On décide manu militari. Zéro rencontre en amont. Cette majorité a définitivement du mal avec les mots solidarité, entraide, soutien », poursuit-elle.

    La section du PCF d’Avignon, Morières et Le Pontet estime que la fermeture de l’Agoraé « est un choix politique, pas une fatalité budgétaire. (…) La décision est d’autant plus incompréhensible que l’Agoraé était installée dans le “Repère de la caserne“, au cœur d’un secteur récemment requalifié. Ces lieux avaient justement vocation à créer de l’activité, du passage et de la vie dans la Carreterie. Une ville attractive ne se construit pas seulement avec des travaux : elle se construit aussi avec les associations, les étudiants et les services qui font vivre les quartiers ».

    Une pétition en ligne demandant la réouverture a récolté une centaine de signatures.

    Pétition contre la fermeture sur change.org

  • [Université] À Avignon, une manifestation pour que l’université reste accessible

    [Université] À Avignon, une manifestation pour que l’université reste accessible

    À Avignon, alors que les étudiants doivent faire face à la fraîche fermeture de l’épicerie sociale [nous y reviendrons dans une prochaine édition], une autre possible décision pourrait leur porter un nouveau coup dur : la modification du mode de calcul des APL (aides personnalisées au logement), qui écarterait de très nombreux étudiants de cette allocation. « Même s’il s’agit d’un rapport de préconisation, cela toucherait 200 000 étudiants », relève Mathis pour l’Union étudiante d’Avignon.

    Le syndicat étudiant, qui se définit « anti raciste, inclusif et écolo », organisait, ce mardi après-midi, une manifestation pour s’opposer à ce projet de refonte des APL et, plus globalement, la politique du gouvernement. Au départ du campus universitaire Hannah-Arendt du centre-ville, plusieurs dizaines d’étudiants ont défilé jusqu’à la cité administrative, avec aussi le soutien du PCF et de LFI.

    « Cette mobilisation s’inscrit dans une longue lutte face aux différentes réformes mises en place pour revenir à une université excluante alors que l’on défend une université libre, gratuite, ouverte, émancipatrice », clame Louis, en master 2 de sciences politiques. Le syndicat souhaite aussi la mise en place d’un revenu d’autonomie pour les étudiants « qui ne devraient pas avoir le choix de survivre pour étudier, en travaillant et se privant de vacances, loisirs et soins médicaux », conclut Louis.

  • [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    « Avec ce décret, c’est la capacité et le droit d’exonération qui était celui des universités qui sont contraints et nettement limités, recontextualise Valérie André, vice-doyenne aux relations internationales de l’UFR ALLSH (arts, lettres et langues et sciences humaines). On est en train de recenser les étudiants extracommunautaires qui se trouvent en situation critique pour pouvoir appuyer, si on nous y autorise, leurs demandes d’exonération. »

    à l’unanimité, le conseil de l’UFR ALLSH estimait, à l’issue d’une séance tenue le 12 mai, que le décret mettait en œuvre une « sélection sociale drastique » et en demandait le retrait. « Trouvez vos emplois du temps, allez en cours, informez vos profs, faites-nous remonter les informations sur ce que vous fait remonter la scolarité. On doit aussi exiger absolument une extension des délais pour le paiement des inscriptions (différenciés) », lance Armand Aupiais, pour le Réseau université sans frontières (RUSF). Parmi les participants, certains appellent à « massifier le mouvement ». « Derrière se joue la casse du service public, le désengagement total de l’état, estime Mohammed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. Il faut que l’on se mobilise tous ! »

    Des discussions sont lancées pour rejoindre l’appel à la mobilisation du 17 octobre. E.B.-G.

  • Les travailleurs crient leur colère sur le pavé

    Les travailleurs crient leur colère sur le pavé

    D’un côté, la communauté de l’enseignement supérieur et les étudiants devant la fac Saint-Charles. D’un autre, des soignants du public et du privé venus de toute la région à la Porte d’Aix. Enfin, des travailleurs de l’énergie, réunis en intersyndicale, qui donnent de la voix devant la préfecture… La première journée de grève et d’actions de cette « rentrée sociale » a tenu toutes ses promesses, ou presque.

    Si la manifestation régionale du secteur de la santé, qui s’est élancée de la Porte d’Aix, n’était pas massive, avec 5 000 manifestants selon l’UD CGT 13 contre 900 selon la préfecture de police, les participants avaient tout de même la fougue des grands jours.

    « On sent que la colère monte, beaucoup de professions ont rejoint l’appel à la mobilisation, qui venait de la santé à l’origine. Il y a quelque chose qui est en train de se passer : les salariés veulent qu’on parle de leurs conditions de travail, de leurs salaires », analyse Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors que le cortège bat le pavé en direction de la préfecture.

    Et quel cortège : rares sont les fois où les drapeaux de la CGT de l’hôpital d’Avignon peuvent s’agiter aux côtés de ceux de l’hôpital Sainte Musse de Toulon, des hôpitaux marseillais ou de leurs homologues alpins. Cortège qui a d’ailleurs été renforcé par une partie des étudiants et enseignants-chercheurs (lire page 5). De quoi contraster avec les conditions de travail dénoncées par les soignants. « Partout le constat est le même : nous sommes au bout du rouleau. La réalité de notre quotidien c’est la maltraitance institutionnelle, celle qu’on fait subir aux usagers et aux patients par manque de moyens, de temps, de personnel », résume Sylvie Berger, secrétaire générale de l’USD 13, organisation rassemble des syndicats d’une multitude de structures de la santé et du médico-social.

    Il fallait aussi compter sur des coupures de courant dans le centre-ville, qui rappelaient étrangement les actions des énergéticiens pendant la dernière réforme des retraites, bien qu’elles ne fussent pas revendiquées par la CGT Énergie cette fois. Les travailleurs des industries électriques et gazières ont d’ailleurs plus que bien répondu à l’appel à la grève. « On a des pourcentages records de grévistes : 100% à Enedis sur Marseille, 90% à 100% de grévistes au niveau national dans les centrales nucléaires. Même pendant la réforme des retraites, on n’avait pas vu ça », se félicite Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, à la sortie d’une rencontre en préfecture.

    En espérant que le gouvernement ait bien reçu ce premier avertissement. « Si le gouvernement et nos directeurs restent sourds à nos légitimes revendications, nous donnerons des suites. Le 29 septembre et au-delà, nous amplifierons les mobilisations en radicalisant nos modalités d’actions », tonne Lionel Zaouati pour la fédération CGT des organismes sociaux.

    Stéphanie Fuentes – Déléguée CGT GMR Provence-Alpes du Sud, Marseille

    « Le tarif agent est un élément fondamental de notre statut et de notre histoire, acquis à la création d’EDF-GDF en tant qu’entreprise nationalisée. Le gouvernement le présente comme un privilège, mais ce n’est pas un cadeau, c’est un acquis social déclaré et on paie des cotisations sociales dessus. Il rappelle que l’électricité n’est pas un bien de consommation, mais un bien de première nécessité que tous les citoyens paient au même prix. Lever le tarif agent ne fera pas baisser la facture des usagers. C’est important de le dire. On ne veut pas que modèle social IEG soit le trophée de Macron. »

    Ch. C.

    Sébastien Cresp – Élu CGT Storengy, Manosque

    « Ce tarif agent a été créé pour compenser le manque à gagner qu’il y avait par rapport au privé. Si ce point-là est attaqué, derrière c’est la porte ouverte à la possibilité de pouvoir modifier le statut, malgré le fait qu’il y a déjà de grosses attaques par rapport au régime des retraites, avec les nouveaux embauchés qui, depuis septembre 2023, ne cotisent plus à la même caisse. On est pour un vrai service public. On laisse des quartiers entiers sans électricité pendant des heures, voire des jours. Avant, ça n’existait pas. Il aurait fallu créer de l’emploi qu’on n’a pas créé. »

    L.D.

    Jems Condaminet – Secrétaire général de CGT Mines-Énergie 05, Gap

    « Perdre le tarif agent, c’est perdre un deal gagnant-gagnant pour les salariés, les entreprises et les usagers. C’est un secteur où, à l’heure de la transition énergétique, on a besoin des salariés, qui sont mis à disposition 24 heures sur 24. C’est un métier à risque, mais il n’y a pas de prime de risque. C’est le tarif agent qui compense. Il garantit aux salariés un certain pouvoir d’achat, et permet aux employeurs de ne pas augmenter leur masse salariale. Ce qui, au bout du compte, allège la facture énergétique des usagers. » A.D.L.

    Loïc Perez – Délégué du personnel IME Folke Bernadotte Croix-Rouge, La Seyne-sur-Mer

    « Ça fait des années qu’on n’est pas reconnu au niveau humain et salarial. La dernière fois que la Croix-Rouge a augmenté la valeur du point, elle est passée de 4,48 à 4,61. Des broutilles… On veut un salaire pour vivre décemment et à la hauteur de nos missions. On accueille des profils de plus en plus complexes, sans moyen supplémentaire : la prise en charge et les conditions de travail en pâtissent. On nous dit qu’on nous entend, mais sur notre dernier débrayage, notre directeur n’est même pas venu à nous. On le vit comme du mépris. » Ad.B.

    Didier Gori – Ingénieur, secrétaire régional du SNTRS CGT, Marseille

    « On se mobilise pour mettre en avant les problématiques budgétaires des établissements universitaires et les organismes pour le financement de la recherche. Au CNRS, on est sur une 3e année de budget déficitaire. C’est-à-dire que la subvention d’état ne couvre pas les dépenses, ce qui oblige le CNRS à utiliser les crédits de fonctionnement des labos et compromet son activité de recherche scientifique. Sur le budget 2027, on parle encore d’un déficit de 200 à 250 millions, qui va s’accompagner d’une réduction de postes d’ingénieurs et techniciens. »

    Ch. C.

    Nathalie Blasco – Co secrétaire de l’USD CGT 83, Var

    « Je travaille dans un Ehpad privé du Var et le problème, c’est qu’on n’arrive plus à respecter les patients et usagers, tant c’est dur. Le manque de moyens provoque une désertification de la profession et une perte de sens des métiers du soin. Ce qui provoque une colère en moi, c’est le mépris et l’absence de considération des politiques mises en œuvre. Le gouvernement avait promis une loi «grand âge» et elle est toujours dans les cartons… Alors qu’elle aurait un vrai impact si elle était faite correctement. »

    A.B.

    Sébastien Saint-Germain – Secrétaire CGT Mines- Énergie 83, Toulon

    « Le gouvernement nous impose un recul social via des recommandations injustifiées de la Cour des comptes. Le pouvoir d’achat diminue de plus en plus et la colère monte. En plus, ça n’impacte pas les usagers, seulement les agents. Il faut retrouver une vraie justice sociale dans ce pays. À la CGT, on reste convaincus que ça passe par la lutte, c’est grâce à ça qu’on a eu tous nos acquis sociaux. Même s’il y a de la négociation, ça reste de l’absurde négociation et ce n’est plus possible. On n’est plus écouté et il va falloir qu’on agisse tous ensemble. »

    Ad.B.

    Cathy Larsson – Secrétaire générale USD 84, Avignon

    « Manque de personnels, des conditions de travail pourries, une canicule intenable cet été, des fermetures de lits… C’est ça, notre quotidien ! Et avec le prochain budget qui s’annonce, on ne peut qu’être dans la rue, car on va encore devoir faire face à des restrictions budgétaires. Mais ce qui m’énerve le plus, c’est la condescendance du gouvernement envers les agents et les travailleurs de la santé et du médico-social. On nous dit qu’on est utiles, tout en nous regardant de haut, mais on ne nous donne pas les moyens pour qu’on travaille correctement. Regardez le point d’indice qui est gelé depuis des années ! Il y a un double discours et une grosse différence entre les paroles et les actes. »

    A.B.

    Anne-Laure Collado- Infirmière, secrétaire CGT à l’hôpital de Digne, Digne-les-Bains

    « On est là pour demander des moyens à travers le vote du budget de la Sécurité sociale. Le gouvernement ne donne aucun moyen aux services publics et, en ce qui me concerne, à l’hôpital public, avec tout ce que cela entraîne de difficultés d’accès aux soins pour les usagers et de conditions de travail très dégradées pour les soignants. On est dans une logique où la santé devrait rapporter de l’argent, sauf que le service public est un service rendu à la population, ce n’est pas une entreprise du CAC 40… On a moins de lits, moins de moyens, notre travail perd du sens, on nous parle de normes médico-économiques, on n’est plus du tout dans le «prendre soin» des gens. On perd le sens de notre métier. »

    Ch. C.

    Greg Fontaine – Infirmier, CGT AP-HM, Marseille

    « Les salariés de la santé et de l’action sociale sont épuisés. Épuisés par le manque de moyens et une politique libérale qui asphyxie nos établissements. Nos hôpitaux se transforment en entreprises et cela dégrade la qualité des soins. On est tellement étranglés par l’austérité que ça devient difficile de savoir ce qui nous met en colère. Je vais prendre un exemple : pendant les crises comme la canicule, on compte des milliers de morts qu’on qualifie, dans le jargon médical, de morts «évitables», c’est-à-dire qu’elles n’auraient pas eu lieu si notre système de santé fonctionnait normalement. C’est en lien avec nos revendications : il y a une urgence absolue à avoir un minimum de moyens pour soigner correctement ».

    A.B.

  • Quatre jours pour explorer notre relation aux animaux et au vivant

    Quatre jours pour explorer notre relation aux animaux et au vivant

    Quatre jours pour repenser notre lien à l’animal, qu’il soit sauvage ou domestique. Entre Marseille, Aix-en-Provence, mais aussi Arles et Aubagne, l’Université d’Aix-Marseille propose la 7e édition de son Festival des Sciences et des Arts. Le fil rouge de cette édition est l’exploration de « notre relation ambivalente avec les animaux », de « l’histoire biologique aux imaginaires culturels, jusqu’aux grands débats d’aujourd’hui », et pourquoi pas l’occasion de « questionner, en miroir, nos conditions humaines », indique la note d’intention du programme.

    Dans de nombreux lieux culturels des villes participantes, mais aussi sur les campus et dans les cafés, le public est invité à rencontrer un large panel d’intervenants et à assister à de nombreuses conférences, projections, ateliers et autres événements.

    Interdisciplinaire

    Au total, plus de 120 intervenants, 40 disciplines, 10 instituts et plus de 70 propositions en 25 formats viennent rythmer la programmation. Cette édition, plus importante que les précédentes, s’ouvre dès ce mardi 15 septembre à Arles, à l’Hôtel de Quiqueran de Beaujeu, sur le campus universitaire : dès 9h, avec les discours d’officiels et, comme premier rendez-vous, une conférence dans l’auditorium consacrée à l’ibis sacré. Dans l’après-midi ce même jour, c’est sur le campus d’Aix-en-Provence que les festivités sont lancées, à la faculté de droit et de sciences politiques (bâtiment Pouillon). À 13h, un accueil café, puis de 14h15 à 15h15, une conférence sur la condition juridique de l’animal, animée par Caroline Lanty, avocate, Marie-Cécile Lasserre, maître de conférences en droit privé et Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé. À Aubagne, le festival est lancé dès 16h45 à la Satis. À Marseille, plusieurs animations sont proposées dès le jeudi 17 septembre, notamment avec une visite et une déambulation prévues au sein de Cosquer Méditerranée, dès 9h, et en soirée dès 19h, à la brasserie Zoumaï, avec un apéro-débat.

    C’est aussi dans la cité phocéenne que le festival se clôturera, avec toute une programmation en journée au Mucem, avant que le festival ne s’achève définitivement avec une soirée sur le toit-terrasse du Mucem, dès 20h30, vendredi soir. Le détail de la programmation est à retrouver sur le site de l’Université d’Aix-Marseille.

  • Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    À l’heure où le nombre de fermes diminue partout en France, comment assurer la transmission ? La question a animé, vendredi 11, le café-transmission à Guillestre. Organisée par l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Hautes-Alpes (Adear 05), la coopérative foncière Terres en Guil et le Parc naturel régional du Queyras, la rencontre s’est concentrée sur le territoire du Guillestrois-Queyras.

    « Pour nous, un territoire qui vit, c’est un territoire avec beaucoup de paysans », a introduit Fanny, agricultrice et bénévole à l’Adear. Autour de la table, plus d’une vingtaine de personnes ont pu échanger. Parmi elles, des exploitants agricoles encore en activité, une paysanne ayant récemment transmis sa ferme à son fils, mais surtout beaucoup de jeunes, encore en formation où à la recherche d’une ferme à reprendre.

    107 agriculteurs actifs

    La rencontre a débuté par une présentation de Tiphaine Combaz, étudiante en master 2 de géographie et aménagement de la montagne, qui a réalisé un stage de six mois à l’Adear. Au cours de sa mission elle a réalisé un repérage des futurs cédants agricoles du territoire, et identifié les potentiels freins à la transmission. « En France, 50% des agriculteurs vont partir à la retraite dans les 10 prochaines années. Sans repreneurs, le nombre d’exploitations agricoles continuera de diminuer », plante la jeune femme. La communauté de communes du Guillestrois-Queyras n’est pas épargnée.

    L’étudiante y a recensé 107 agriculteurs actifs, dont 54 « futurs cédants ». Elle a pu rencontrer 36 d’entre eux, dont plusieurs n’avaient pas pensé à l’avenir de leur ferme. Elle a distingué trois freins principaux à la transmission. À commencer par un frein économique : « Le coût de rachat est généralement trop important pour une personne seule, explique-t-elle. Il y a aussi souvent une surévaluation financière de l’exploitation agricole, nourrie par l’attachement émotionnel du cédant et par la volonté de sécuriser sa retraite ». Viennent ensuite des freins administratifs, mais aussi des freins sociaux et émotionnels. « Il y a souvent une proximité directe entre la ferme et le logement, et ce n’est pas simple de trouver où se loger dans le coin », dit Tiphaine Combaz. Une porteuse de projet, tout juste sortie de formation, qui prévoit de s’installer à plusieurs, confirme : « Comment on se loge, à cinq, en ne gagnant même pas le Smic ? » Il y a aussi une difficulté à se projeter dans un futur à la retraite ou d’arrêter un métier-passion. « Certains attendent qu’un membre de la famille puisse reprendre, car transmettre la ferme est pour eux un devoir mémoriel », poursuit l’étudiante. D’autres ne vont pas forcément avoir confiance en un repreneur non issu du milieu agricole ou du milieu familial. Quoi qu’il en soit, un processus de transmission est relativement long, entre trois et six ans, le temps d’échanger, de définir son projet et de le concrétiser. Au total, elle a estimé à 25 le nombre de fermes sans repreneurs dans les 20 ans à venir dans le Guillestrois-Queyras.

    Les participants ont ensuite pu partager leurs questionnements et leurs témoignages. « Moi, je n’ai pas eu de problème à tourner la page », assure une ancienne paysanne qui avait pu notamment anticiper la question du logement. « C’est aussi notre rôle, en tant qu’élus, de sécuriser l’agriculture de demain, estime Jean-François Baudin, conseiller municipal à Guillestre, pour aller vers une autonomie alimentaire sur le territoire ». « Et assurer une alimentation de qualité », conclut un maraîcher.

  • Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Montpellier compte près de 80 000 étudiants. Derrière les chiffres du dynamisme universitaire se cache une réalité beaucoup plus sombre : on estime qu’un étudiant sur cinq vit dans la précarité, « soit environ 16 000 jeunes contraints de subsister avec un reste à vivre inférieur à 100 euros par mois », illustre Philippe Vernay, délégué bénévole de l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant à Montpellier.

    Une détresse financière qui entraîne, bien souvent, « un isolement social, car ces jeunes privés de ressources ne peuvent pas participer à toutes les activités que font d’autres étudiants », explique-t-il. Pour tenter de joindre les deux bouts, « ils travaillent, souvent dans le cadre de missions d’intérim et la plupart du temps le week-end, au détriment de leur scolarité ».

    Pour leur venir en aide, l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant, née à Lyon en 2021 et structurée en délégation officielle à Montpellier depuis avril 2025, propose une réponse concrète : le parrainage. « La particularité de notre action, c’est que nous traitons les deux volets : l’achat d’un cabas de nourriture de temps en temps et la création d’un lien social », poursuit le délégué montpelliérain. Concrètement, parrains et marraines accompagnent les jeunes pour faire les courses, les conseillent pour varier leur alimentation et partagent avec eux les bons plans locaux. 1 Cabas pour 1 Étudiant a par exemple noué un partenariat avec le Rayon 34, l’épicerie solidaire de l’Université Paul-Valéry, « qui permet aux étudiants d’acheter des denrées à seulement 15% du prix du marché ». Mais le cœur du dispositif reste l’humain. Ancienne directrice d’école à la retraite, Françoise marraine, depuis février, une étudiante d’origine béninoise de 22 ans : « La première fois qu’on s’est rencontrées, je lui avais donné rendez-vous sur la place de la Comédie. Elle était à Montpellier depuis un mois et elle ne la connaissait pas ! Elle était complètement repliée sur elle-même, elle avait peur de tout. L’arrivée en France a été un petit choc culturel. Elle a eu besoin d’être accompagnée pour comprendre comment ça fonctionne. On échange sur toutes sortes de sujets », confie Françoise.

    « Un engagement valorisant et concret »

    « Quand elle vient manger à la maison, je fais la cuisine avec elle, je lui apprends à faire certains plats simples et pas chers. On l’emmène également à des concerts gratuits, pour lui montrer qu’on peut sortir, qu’au-delà des études et de la survie, on peut vivre. » Michel, un autre parrain bénévole, partage lui aussi des activités avec son filleul : randonnée, balade à vélo, après-midi à la plage, visite culturelle au Pont du Gard… L’objectif étant également d’élargir le cercle relationnel de ces jeunes en leur faisant rencontrer l’entourage des parrains et marraines.

    L’étude d’impact 2026 réalisée par l’association* confirme les vertus de ce parrainage solidaire : « Plus de 90% des jeunes déclarent se sentir moins seuls, manger plus souvent à leur faim, avoir un meilleur moral au quotidien ainsi que le sentiment de mieux tenir le coup face à la pression universitaire », rapporte Philippe Vernay. La force du dispositif repose sur cette relation personnalisée, où chaque binôme avance à son rythme, sans programme imposé. L’engagement demandé est avant tout moral, avec une durée minimale d’une année scolaire pour éviter toute rupture brutale pour le jeune. La structure propose un accompagnement solide depuis son siège lyonnais : une visioconférence présentant l’association est proposée en amont de chaque inscription et « si on a des questions, on peut téléphoner ou envoyer un mail. Il y a également régulièrement des forums de discussion entre parrains-marraines », témoigne Françoise.

    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : les retraités sont nombreux, mais des actifs s’engagent également. Depuis son déploiement à Montpellier, l’association a déjà permis de concrétiser 90 parrainages. Si 25 binômes sont restés actifs tout au long de la période estivale, l’urgence est aujourd’hui au recrutement. « On sait qu’à la rentrée, 30 à 40 étudiants vont s’inscrire », estime Philippe Vernay. « L’idée est de convaincre qu’on est sur un engagement valorisant, concret, qu’on fait à son rythme, en fonction de ses moyens et de ses disponibilités. C’est aussi une façon de rendre un peu ce qu’on a pu avoir, ou ce dont on a fait bénéficier nos enfants… Un petit retour d’ascenseur face à une précarité qui augmente. »

    * Auprès de 271 étudiants parrainés et 161 parrains et marraines