Tag: étudiants

  • L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    Une semaine après avoir défilé aux côtés des lycéens dans de nombreuses villes françaises, les syndicats remettent ça. Forts du succès de la mobilisation du 6 octobre, qui a rassemblé plus de 500 000 manifestants à travers le pays, les cortèges vont à nouveau noircir les rues, mardi. Pas par plaisir, mais par nécessité. Pour la CGT, « le “temps démocratique” que le gouvernement a prétendu ouvrir a complètement échoué : il n’a ni permis un véritable dialogue, ni débouché sur des réponses concrètes aux attentes des jeunes ». Le syndicat exige ainsi « immédiatement des réponses à la hauteur des revendications ».

    Le premier syndicat de la fonction publique a été le précurseur du soutien aux lycéens, appelant l’ensemble de la société civile à se mobiliser. Notamment dans le Var, où « il a tout de suite été évident, après l’appel du bureau national, qu’on devait s’y mettre », appuie Olivier Gérard, secrétaire CGT Éduc’action du Var. Il voit dans ce mouvement « un moment historique qui survient tous les 20 ans, après Mai 68, le projet de loi Devaquet en 1986 et le CPE en 2005 ».

    Une dynamique « avec le renfort de la majorité des syndicats de la CGT ». Car, au sein de son organisation, l’union interprofessionnelle est une évidence « depuis les législatives de 2024 et le risque de voir le RN arriver au pouvoir. Là, c’est un peu le même schéma : une prise de conscience, de la plupart des professions, du fait que le malaise de la jeunesse est celui de toute la société, c’est-à-dire le rejet de la précarité », soutient Olivier Gérard.

    « Pas de paternalisme »

    Cette jonction est aussi intersyndicale. Car, au-delà de divergences que l’enseignant au lycée Bonaparte de Toulon estime « assez ténues, être tous ensemble est une évidence ! Il y a eu une prise de conscience de l’importance de garder l’unité après l’agression de l’enseignante à Sanary. On ne peut pas jouer le jeu de la division sur des sujets comme les conditions de travail et le respect des droits ». Des combats qui ont mené, selon lui, à « des relations amicales et consensuelles inédites ».

    Cette unité se traduit aussi dans le soutien apporté aux jeunes mobilisés, parfois en manque de relais. « J’étais étudiant à l’époque du CPE et on s’organisait à l’université, se souvient Olivier Gérard. Quand on a vu ces foules de syndicats avec des drapeaux et des camions, on a réalisé la puissance du salariat organisé, ça nous a donné confiance. Il y a cette idée de montrer que la jeunesse n’est pas seule, parce que c’est le sentiment qu’ils ont souvent, à juste titre, car la société et les politiques les abandonnent. »

    Pour autant, « pas question de verser dans le paternalisme. Ils sont très organisés, pas nécessairement structurés, et ils doivent trouver la possibilité de durer. Parce que c’est le vrai enjeu quand les promesses ne sont pas tenues. Mais on respecte à 100% leur autonomie », martèle l’enseignant, qui sera présent mardi matin, devant le lycée Bonaparte à Toulon, pour soutenir le mouvement, auquel se joindront les étudiants de l’université de Toulon, qui organisent un blocus ce lundi dès 6h30.

  • [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    Dans les salles des professeurs comme dans les classes, le malaise était palpable depuis longtemps. Tous dénoncent une dégradation du système éducatif. Alors qu’une nouvelle mobilisation est annoncée pour le mardi 13 octobre, Marion Chopinet revient sur les ressorts d’un ras-le-bol parti pour durer.

    La Marseillaise : Ce mouvement lycéen s’annonce durable, avec un nouveau rendez-vous le 13 octobre, porté par une intersyndicale lycéenne, étudiante et enseignante, ainsi qu’un appel interprofessionnel de la CGT. Est-ce quelque chose à quoi vous vous attendiez ?

    Marion Chopinet : À la fois, on ne l’a pas vu venir et en même temps, ce n’est pas étonnant du tout. Il y a eu le démarrage en région parisienne et des mouvements ponctuels déjà, avant la rentrée, dans les outre-mer. Cette colère lycéenne gronde depuis pas mal de temps. Elle s’est étendue à toutes les académies après la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Dans l’académie d’Aix-Marseille, les mobilisations lycéennes commencent autour de cette date, qui a marqué le début des premiers blocus de lycées ici.

    En tant que syndicat enseignant, comment accompagnez-vous les lycéens ? Peut-on parler de convergence des luttes ?

    M.C. : D’une certaine manière oui, car leurs revendications rejoignent les nôtres. Quand on se mobilise, nous, contre les réformes, le choc des savoirs, la réforme Blanquer en fait à l’origine de tout le bazar dans les lycées aujourd’hui, on se mobilise pour nous. Mais nos conditions de travail, ce sont les conditions d’études des élèves. Là, c’est le mouvement lycéen qui a pris le plus d’ampleur et qui continue à grandir et on se rejoint complètement. Après, c’est un équilibre assez difficile à tenir. Car si on a des revendications communes, en dehors des moments où on a nos casquettes syndicales, on est aussi leurs profs. Il ne s’agit pas de confondre les deux et de se servir d’une manière ou d’une autre de l’« autorité » qu’on peut avoir sur eux pour influer sur le mouvement. Cela doit rester le leur, ils doivent pouvoir s’organiser et décider. À nous, éventuellement, de répondre plutôt à leurs sollicitations et à leurs besoins pour avoir un service d’ordre, du matériel pour faire des pancartes, l’accès à un local… Toutes ces manifestations qui associent depuis plusieurs jours personnels de l’Éducation nationale, lycéens, étudiants, d’autres corps de métier et les parents marchent très bien et font la démonstration que le cœur du sujet, ce sont les revendications des lycéens et pas les violences.

    Du côté des enseignants, vous alertez depuis longtemps sur une véritable souffrance…

    M.C. : Nous avons effectivement des enseignants qui sont submergés de tâches annexes, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis extrêmement longtemps. Ce qui participe aussi de la crise de recrutement et du manque d’enseignants, au-delà des suppressions de postes. Les jeunes ont compris aussi que s’ils veulent avoir plus de profs et plus de candidats au concours, il faut revaloriser le métier. Les revendications autour du statut de la fonction publique pour les AESH sont aussi un enjeu pour nous et les élèves d’avoir des accompagnants pour ceux en situation de handicap. Des personnes recrutées par concours, formées, rémunérées correctement et qui soient présentes dans les établissements pour eux.

    La répression du mouvement lycéen est-elle, selon vous,
    une manière de l’étouffer
     ?

    M.C. : Oui, il y a forcément des consignes pour faire peur le plus possible aux élèves et aux parents. Ces violences policières sont complètement disproportionnées, absolument délirantes. Nous les avons dénoncées dans de nombreux communiqués.

    La réponse apportée par le gouvernement, entre les annonces du Premier ministre sur les prix à la pompe et le déblocage de 3 000 postes d’enseignants, est-elle à la hauteur ?

    M.C. : Ça ne correspond pas du tout à ce qu’on demande, même si pour les enseignants aussi, la question du prix de l’essence et de ce que coûtent les trajets pour se rendre sur leur lieu de travail, ça compte. Pour les 3 000 postes qui seraient débloqués, on attend de voir la réalité. Nous réclamons surtout des postes au concours, une revalorisation, une réflexion aussi sur le bâti scolaire. Rien n’est dit du tout sur ce qui est essentiel pour les élèves : Parcoursup. Et au-delà, la réforme Blanquer, mise en place en 2018, qui touche au lycée et au bac sans laquelle Parcoursup ne peut fonctionner. C’est elle qui permet cette sélection terrible dans l’accès au supérieur et qui accompagne de façon extrêmement efficace les suppressions postes. Après, il y a eu le « choc des savoirs » avec Gabriel Attal. Tout ça, c’est la déclinaison de la même chose : dire que ça coûte trop cher et qu’il faut trier les élèves le plus tôt possible. Ce qui va à l’encontre du projet du Snes et de la FSU entre autres, qui avait cours depuis les années 80, de démocratisation scolaire, de faire en sorte que la majorité des jeunes arrivent jusqu’à un niveau bac.

    Nous sommes aussi dans un contexte d’austérité budgétaire…

    M.C. : C’est catastrophique, pour l’Éducation nationale comme l’ensemble des services publics. C’est à eux que l’on fait payer le prix de l’austérité et de la dette. Il y a aussi un enjeu autour des budgets des collectivités territoriales et du bâti scolaire. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est que ces jeunes ont passé des examens sous canicule, l’an passé. Des élèves qui font leur rentrée dans des salles à plus de 30-35 degrés, des journées de cours épuisantes… Toute une réflexion est à mener sur l’adaptation au changement climatique et les budgets qui devaient y être consacrés ne sont pas à la hauteur ou ont été supprimés.

    D’aucuns tournent la mobilisation lycéenne en dérision, s’offusquent des débordements… Comment voyez-vous la suite ?

    M.C. : Je pense que les élèves ont comme perspective de tenir au moins jusqu’aux vacances. Nous, on annonce déjà une nouvelle date à la rentrée, le 5 novembre, avec l’intersyndicale de la fonction publique, sur les salaires, conditions de travail, etc. La consultation inventée par Sébastien Lecornu est aussi une manière d’étouffer ce mouvement. On a vu comment les gouvernements Macron ont fonctionné avec les Gilets jaunes, les cahiers de doléances qui n’aboutissent à rien. Les jeunes l’ont bien compris. Sur la prise en considération, je fais le lien avec les débats sur la loi intégrale, tout ce travail fait par les associations féministes et enfantistes. Cela dit, vu comment notre société regarde les enfants et les jeunes, se méfie d’eux, considère qu’ils n’ont pas droit à la parole… Ils font la démonstration que la jeunesse, c’est autre chose que de rester collé sur son téléphone et qu’il va falloir compter avec eux. Le monde qu’on est en train de construire, c’est le leur. Ils ont droit au chapitre.

  • Étudiants solidaires : 5 campus bloqués à Montpellier

    Étudiants solidaires : 5 campus bloqués à Montpellier

    La mobilisation s’étend du côté des étudiants en soutien à la mobilisation lycéenne », assure Théo, étudiant en licence de géographie à l’université Paul Valéry et membre du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier). Outre le campus principal de la fac Paul Valéry, situé route de Mende et bloqué depuis le 1er octobre par le Scum, les blocages se sont étendus, mardi 6 octobre, à quatre autres campus montpelliérains : la faculté de droit et sciences politiques, la faculté des sciences (campus Triolet), la faculté d’éducation et le site Saint-Charles (Albert 1er) de l’université Paul Valéry. « Les revendications des lycéens sont absolument légitimes. Ils dénoncent des choses qu’on dénonçait déjà quand j’étais lycéen. Et on constate qu’après 10 ans de macronisme, la situation n’a fait que s’aggraver », déplore Théo.

    « Beaucoup d’adultes pensent que ce n’est qu’une bande de gamins qui ont envie de tout casser, mais non. Ce sont des enfants qui ne sont plus en capacité d’étudier, et ça, depuis très longtemps. Ce n’est que maintenant qu’ils ont le courage d’enfin bouger, et c’est super. C’est maintenant qu’il faut essayer de changer les choses », estime de son côté Léa, étudiante en licence d’anthropologie à Paul Valéry. « Le fait qu’on tourne en dérision leurs revendications, c’est le mépris classique qu’on a à l’encontre de la jeunesse. Qu’on soit lycéen ou étudiant, on subit une forme d’infantilisation », renchérit Théo.

    Lycéens, étudiants : même galère

    Une jeunesse, qui, « ces dernières années, a subi énormément d’attaques, que ce soit la suppression des APL pour les étudiants internationaux, l’application de frais différenciés pour ces mêmes étudiants, mais aussi une potentielle augmentation drastique des frais d’inscription pour tous prescrite par un récent rapport du Sénat ou la suppression pure et simple des APL pour plus de 200 000 jeunes dès 2027 en calculant l’aide en fonction des revenus des parents », liste l’étudiant montpelliérain.

    « Dénoncer Parcoursup et la sélection sociale et raciste dans l’enseignement supérieur, qui broie tout le monde, nous laisse sans avenir, qui conduit à une précarité à court ou long terme et nous promet des boulots pourris payés une misère est une revendication commune aux lycéens et aux étudiants. Car c’est un continuum : on a été lycéens, on est actuellement étudiants et on sera travailleurs avant d’être retraités. C’est pour ça que nos revendications dépassent le strict milieu étudiant », insiste le représentant du Scum.

    Le syndicat annonce d’ores et déjà qu’il « continuera la mobilisation dès la semaine prochaine, y compris à l’occasion du retour des Gilets Jaunes le 17 octobre ».

  • Le Syndicat des avocats de France soutient les mouvements lycéen et étudiant

    Le Syndicat des avocats de France soutient les mouvements lycéen et étudiant

    Par Emmanuel Docteur, avocat au barreau de Marseille

    Depuis le 21 septembre, les lycéen·nes et les étudiant·es se mobilisent partout en France pour faire entendre leur voix et leurs préoccupations, pour dénoncer les conditions d’études et le manque de moyen dans le service public de l’éducation.

    Les lycéen·nes et les étudiant·es ne sont pas en dehors de l’État de droit et de l’espace démocratique, elles et ils bénéficient de la liberté de réunion, de la liberté d’expression et de la liberté de manifester. Le SAF ne peut que se satisfaire que la jeunesse s’empare de l’exercice de ses droits et de ses libertés. Pourtant, au lieu d’entendre les préoccupations légitimes des lycéen·nes et des étudiant·es et d’y répondre, le gouvernement choisit de réprimer leur mobilisation et de museler leur parole. Le SAF dénonce avec indignation la violente répression qui s’abat sur le mouvement lycéen. Cette répression s’est notamment illustrée par des centaines d’interpellations selon le ministre de l’intérieur et par un nombre important de manifestant·es blessé·es, et mutilés. Le SAF tient à rappeler les droits de toutes les personnes interpellées et placées en garde à vue à l’occasion de ce mouvement : le droit de garder le silence ; le droit d’être assisté par un avocat (une obligation pour les mineurs.es) ; l’obligation pour les mineur·es, de prévenir leurs parents ; le droit de faire prévenir un proche ; le droit de voir un médecin qui est une obligation pour les moins de 16 ans. Le SAF tient aussi à rappeler que filmer les forces de l’ordre est légal et nécessaire dans un contexte de tensions et de violences. De nombreuses interpellations donnent lieu à des gardes à vue et des défèrements dans des procédures qui pourtant sont lacunaires ou ineptes juridiquement, le défèrement étant ainsi détourné.

    Le SAF appelle l’ensemble des membres de l’institution judiciaire à ne pas se laisser tromper. La répression s’est accentuée avec les centaines d’arrêtés préfectoraux pris partout en France pour interdire les rassemblements aux abords des lycées et pour autoriser la surveillance des mouvements lycéens par drone. Le SAF s’élève contre cette politique administrative disproportionnée et accompagne, partout en France, des actions juridictionnelles afin de contester les arrêtés préfectoraux dangereux pour les libertés fondamentales des lycéen·nes et des étudiant·es. Le SAF apporte son soutien aux lycéen·nes et étudiant·es qui manifestent pour un meilleur service public de l’éducation et un avenir meilleur.

    Le SAF se tiendra aux côtés des lycéen·nes et des étudiant·es le 6 octobre, pour défendre le service public de l’éducation et les libertés d’expression, de réunion et de manifestation.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail avocats@lamarseillaise.fr

  • À Avignon, l’université bloquée sur fond de crainte de nouveaux heurts

    À Avignon, l’université bloquée sur fond de crainte de nouveaux heurts

    Une nouvelle manifestation d’étudiants et de lycéens s’est déroulée dans le calme à Avignon, ce jeudi 8 octobre. Si les forces de l’ordre sont restées en retrait, les images des violences de la semaine précédente, notamment devant les lycées Philippe-de-Girard et Théodore-Aubanel, étaient dans toutes les têtes.

    La mobilisation a débuté simultanément devant le lycée Mistral et l’université. Après une heure de chants, entourés une nouvelle fois par les syndicats et les parents d’élèves, les lycéens ont rejoint les étudiants le long des remparts, à proximité de la porte Saint-Lazare, sous le regard de quelques policiers restés, pour la plupart, à distance.

    « Ce matin, lorsqu’on a installé nos banderoles, on a discuté avec des policiers qui nous ont demandé d’enlever les messages anti-police et de laisser rentrer les étudiants qui le souhaitent. Ce qu’on a fait pour faciliter la médiation », témoigne Julien, étudiant en L3 Info-com, mobilisé devant l’établissement. À l’arrivée des lycéens, qui entonnaient parfois en chœur des slogans comme « Tout le monde déteste la police », consigne a été donnée aux plus jeunes d’éviter ces mots « pour rester en bons termes », nous confie-t-on. L’Université a finalement été fermée vers 10h. « Victoire ! » s’exclame un étudiant dans un haut-parleur. Tandis que d’autres calment les ardeurs de certains qui tentent d’allumer des feux.

    Cette consigne témoigne de la crainte exprimée par certains participants. « Hier, alors qu’on était déjà mobilisés ici, quelques agents sont venus et étaient clairement intimidants, tout en ayant de l’autre côté des agents de sécurité qui menaçaient de nous gazer. On a l’impression qu’ils profitent de ce statut pour nous faire peur », regrette Camille, en L2 SVT en Cité des Papes et membre de l’Union étudiante d’Avignon. « Il n’y a vraiment pas besoin d’être violent avec nous. On le voit que tout se passe bien », abonde à ses côtés Julie, en L3 de droit et qui fait également partie de l’Union étudiante. « On a vu comment cela s’est passé la semaine dernière, avec des images horribles. On veut montrer que c’est possible de dialoguer, mais on n’a personne pour cela », poursuit Mathieu, lycéen à Aubanel. Une délégation avait été reçue, lundi, par la direction académique de Vaucluse. « Maintenant, on attend des actes. Une réunion ne remplacera jamais un professeur ou ne baissera pas le nombre d’élèves dans une classe. J’espère que l’on sera entendus », réitère Nino, élève de terminale au lycée Mistral.

    « Répression d’état »

    Le député de la circonscription, Raphaël Arnault (LFI), n’était pas présent ce jeudi, retenu à l’Assemblée nationale, mais il avait participé au rassemblement mardi. Il expliquait alors qu’« il y a beaucoup d’adultes aussi pour éviter les violences policières, comme on a pu les voir devant le lycée Philippe-de-Girard. Il y a de la peur pour les enfants. » Et de regretter les attaques envers LFI, assurant qu’il « y a moins de violences partout où on s’est rendus » et pointant une « politique politicienne autour de ce mouvement ».

    Pour Étienne Raoul, secrétaire général de FO Vaucluse, qui « entend dans les slogans » la fracture entre ces jeunes et la police, le discours n’est pas le même. Notamment car, au sein de son organisation, existe un syndicat de policiers, Un1té. Il assure « travailler avec eux pour que tout se passe au mieux » et « dénonce les violences quand il y en a ». « Ce qu’on dénonce, c’est la répression d’État par les ordres qui sont donnés. C’est ça, le véritable problème de fond. On l’a vu ce mardi et ce matin, il n’y a pas eu d’incident sans sommation, ni provocation », poursuit-il.

  • [En direct] Nouvelle mobilisation lycéenne dans toute la région

    [En direct] Nouvelle mobilisation lycéenne dans toute la région

    Manosque

    Des lycéens des trois lycées doivent rencontrer Véronique Blua, la directrice académique des services de l’Éducation nationale des Alpes-de-Haute-Provence, à 11h au lycée Eslangon.

    10h40. Les lycéens de Manosque s’arrêtent quelques minutes manifester devant la mairie sur leur route entre deux établissements, déplorant les décisions du maire Camille Galtier (DVD) d’annuler la soirée rap pour les jeunes et de proposer d’interdire les aides de la commune et de l’agglomération pour les jeunes condamnés dans le cadre de la mobilisation et leurs parents.

    Gap

    Une quarantaine de lycéens du lycée Dominique Villars sont rassemblés dans le calme devant leur établissement. Quelques lycéens du lycée Aristide-Briand les ont rejoint.

    Les lycéens passent devant le commissariat en criant le prénom d’un manifestant interpellé plus tôt. Il avait effectué un tir de mortier devant un lycée.

    11h45. Les lycéens commencent à se disperser. Les quelques pancartes ont été rangées, aucun slogan n’est scandé, mais certains continuent de circuler dans les rues du centre-ville.

    Aix-en-Provence

    Important blocage devant le lycée privé du Sacré Cœur. Ils sont plusieurs élèves de différents établissements à s’être retrouvés devant. Les étudiants ont également rejoint la foule en soutien.

    11h20. Au départ de la Rotonde, ils sont des centaines à s’être rassemblés. «Toujours plus motivés», lâche une lycéenne de Duby. CGT, parents et enseignants encadrent le cortège.

    12h10. Devant le rectorat, les professeurs ont été applaudis par les manifestants. Pour leur soutien, et leur présence dans les cortèges.

    Avignon

    L’université d’Avignon est bloquée par une centaine d’étudiants. Une centaine de lycéens qui étaient devant Mistral dès 8 heures sont en train de rejoindre le mouvement. La fac vient d’être fermée par la direction.

    Toulon

    Une cinquantaine de lycéens sont devant le lycée Bonaparte et bloquent l’établissement. La foule croît doucement depuis 9h.

    À Toulon, alors que les lycéens de Bonaparte tentent de remettre des palettes et des barrières devant leur établissement pour en bloquer l’entrée, les policiers les empêchent de le faire pour permettre à ceux qui le souhaitent d’entrer en cours.

    Au lycée Bonaparte de Toulon, les policiers viennent au contact d’une vingtaine de lycéens qui tentent de bloquer physiquement, mais sans violence, l’entrée de l’établissement.

    Des élèves d’autres établissements ont rejoint la mobilisation devant le lycée Bonaparte de Toulon, à l’image de Léonine, élève à Dumont d’Urville, qui faisait partie de la délégation reçue par le préfet et le Dasen du Var mardi. «Ils étaient sur leur téléphone et nous ont ri au nez. C’est aussi ce qui nous pousse être là aujourd’hui. On a des rats et des cafards dans la cantine, on ne peut plus accepter cela.»

    11h. Si la foule s’est quelque peu dispersée, une centaine d’élèves restent mobilisés devant le lycée Bonaparte. Une nouvelle journée de manifestation est d’ores et déjà annoncée pour demain.

    12h. La mobilisation se termine dans le calme devant le lycée Bonaparte.

    Martigues

    Mobilisation dans le calme ce matin devant le lycée Langevin de Martigues. Les lycéens mobilisés ont écrit une lettre de revendications qu’ils apporteront cet après-midi à l’hôtel de Ville au maire (PCF) Gaby Charroux accompagné du sénateur Jérémy Bacchi.

    Marseille

    À 10h30, à Marseille, les lycéens sont arrivés sur le square Leon Blum aux Réformés d’où la manifestation doit s’élancer. Ils seront encadrés cette fois encore par des militants syndicaux et politiques avec un dispositif plus léger que lors de la manifestation de mardi. Dans la foule quelques parents et retraités, également. Le cortège doit prendre cette fois la direction de la préfecture.

    11h. À main levée, les lycéens acceptent qu’une délégation soit reçue en préfecture sans rien attendre de l’issue. « C’est important de faire entendre que l’on a des revendications », glisse un lycéens au micro. Mardi, l’interlycéenne avait refusé la proposition de la DSDEN. L’imposant cortège se met en branle.

    11h30. Le cortège avance sur le cours Lieutaud, revendicatif et déterminé. La prise de parole du premier ministre, la veille, n’a convaincu personne. « Nos revendications comme l’abrogation de Parcoursup n’ont même pas été évoqué », répondent les lycéens.

    12h10. La Manifestation est arrivée devant la préfecture de police a Marseille. Sans incident sur le parcours. Une délégation doit être reçue.

  • À Aix, les étudiants toujours en renfort des élèves

    À Aix, les étudiants toujours en renfort des élèves

    La contestation ne faiblit pas et s’élargit. Une nouvelle mobilisation a été annoncée sur les réseaux sociaux, au départ de la Rotonde, ce jeudi à 11h. Dans le cortège, les organisations de jeunesse et les syndicats étudiants seront aux côtés des lycéens et poursuivront leur soutien à leurs revendications.

    Cette solidarité s’est déjà manifestée mardi à travers différentes actions sur les campus. Sur le parvis de Sciences Po Aix, d’abord, dont l’entrée a été bloquée avant 7h. Selon les étudiants, environ 150 personnes ont participé à cette mobilisation, chantant des slogans et portant leurs revendications, malgré les trombes d’eau et l’orage. « Cette mobilisation, c’est d’abord celle des lycéens que l’on continue de soutenir », rappelait Zélie, étudiante. Quelques heures après, la direction annonçait passer ses cours en distanciel. Les étudiants de l’IEP portent aussi leurs revendications propres, notamment une prise de position nationale vis-à-vis des « répressions policières » survenues ces derniers jours et demandent à ce que les cours ne soient « pas obligatoires en distanciel, pour que les gens puissent se mobiliser auprès des lycéens et étudiants ». Contactée, la direction de Sciences Po nous confirme avoir rencontré les étudiants et avoir poursuivi « le dialogue engagé depuis le début de la semaine ». Elle indique également avoir réuni « l’ensemble des enseignants-chercheurs afin de partager les demandes exprimées et d’échanger sur la situation ». Décision a été prise de « maintenir la fermeture de Sciences Po Aix jusqu’à la fin de la semaine ».

    En parallèle, alors que le campus Schuman (Université Aix-Marseille) rouvrait juste ses portes, les étudiants en lettres et en droit se sont mobilisés en occupant un amphithéâtre. Ils ont ensuite été « plus de 500 » à se réunir en assemblée générale, rejoint par leurs enseignants et plusieurs lycéens. « Les étudiants essaient de s’organiser pour qu’un maximum de personnes puissent se mobiliser », rapporte, à l’issue de l’assemblée, Younès Dufresne, pour l’Union étudiante. Avant de préciser : « La suite du mouvement est de continuer à se mobiliser partout. » Et d’assurer que les étudiants, comme les lycéens « restent déterminés. On a jamais eu autant de monde en assemblée générale ».

  • Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    « La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment » : les propos Sébastien Lecornu, mercredi soir, dans une allocution enregistrée et prononcée depuis Matignon. À la veille d’une nouvelle journée de manifestation lycéenne et au surlendemain d’une très importante mobilisation, le Premier ministre a voulu tenter l’apaisement. Sans aucune annonce cependant pour répondre à la colère des lycéens qui exigent des moyens pour étudier dans de bonnes conditions que ce soit en termes d’enseignants présents ou de bâtiments, ou la fin de parcoursup.

    Il n’a en effet que réaffirmé que « les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d’octobre » afin de répondre à la crise. Ou ressorti la carte du « temps de dialogue » dans les établissements en précisant que ceux-ci se poursuivraient « à partir de demain [jeudi], dans chaque lycée et jusqu’à la semaine prochaine ». Ou celle de la plateforme de dialogue ouverte par le ministère de l’Éducation se félicitant de voir qu’elle avait déjà recueilli plus de 40 000 contributions.

    Pas d’annonces supplémentaires non plus concernant la doctrine du maintien de l’ordre qui émeut le pays après 215 élèves et 89 personnels de l’Éducation blessés parmi les manifestants. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez ayant annoncé dès le matin, au lendemain de la réunion autour d’Emmanuel Macron, la décision de suspendre l’usage des grenades assourdissantes pour ce mouvement, le Premier ministre s’est contenté de marteler que « les forces de l’ordre n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens ».

    Des propos qui n’ont pas convaincu les lycéens et les étudiants qui appellent à un Acte IV de la mobilisation ce jeudi, soutenus par les syndicats de l’Éducation – le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud – qui ont appelé à une journée de grève. Les organisations de jeunesse ont demandé à être reçues par le Premier ministre. « Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter et c’est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec » le Premier ministre, a déclaré à la presse Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL) devant le ministère de l’Enseignement supérieur.

    Baisse de 12 à 18 centimes du litre à la pompe

    Craignant la convergence des colères, si celle de la jeunesse rencontre les mécontentements d’autres secteurs, Sébastien Lecornu a concentré sa réponse sur le ras-le-bol social en annonçant une baisse à venir des prix à la pompe pour les carburants. « Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse », a-t-il dit avant de décliner des mesures susceptibles d’alléger la pression sur les prix des carburants et de l’électricité qui entament le pouvoir d’achat, thème majeur de la présidentielle.

    Il a annoncé qu’il mettrait 10 millions de barils de gazole, issus des stocks stratégiques, à la disposition des distributeurs en France « au prix de revient ». « Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours et sera mis à disposition au prix de revient [et] permettra mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole », a-t-il affirmé. En ce sens, Sébastien Lecornu a annoncé qu’il réunirait à Matignon les distributeurs « pour y travailler dans les tout prochains jours ».

    Le Premier ministre a aussi indiqué que « le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver », et « demande » à EDF « de mobiliser au maximum ses capacités de production », tout en précisant qu’il reviendra prochainement sur le sujet.

    Soutien italien à la jeunesse

    Refondation communiste et les jeunes communistes italiens ont tenu à apporter leur soutien à la mobilisation lycéenne dans un communiqué. Les jeunes « soulèvent une question majeure : Que deviendra notre avenir ? L’avenir d’une génération qui vit dans une Europe où, presque partout, on réduit les dépenses sociales pour financer des allègements fiscaux en faveur des riches et l’achat d’armes ; une Europe où les jeunes sont souvent prisonniers de vies précaires et risquent désormais, en outre, de servir de chair à canon », écrivent-ils notamment. « Ils demandent des choses simples », ajoutent-ils, avant de conclure : « Leur lutte est la nôtre. »

  • Repas à 1 euro : « Seuls les premiers arrivés seront servis »

    Repas à 1 euro : « Seuls les premiers arrivés seront servis »

    « Depuis la rentrée, on observe des files d’attente interminables à l’entrée des restos U », indique Théo Haffner, élu étudiant du Scum au Crous de Montpellier. « Tout le monde cherche des stratégies, en faisant plusieurs kilomètres pour aller sur des sites moins fréquentés ou en mangeant avant 10h30 ou après 14h pour espérer avoir de la place… »

    Face à l’explosion de la fréquentation des restaurants universitaires suscitée par la généralisation du repas à 1 euro (+ 48% depuis la rentrée par rapport à la rentrée 2025), le Centre national des œuvres universitaires (Cnous) a demandé « aux directeurs généraux des Crous, de s’assurer de la capacité maximale soutenable de chaque point de restauration ». Autrement dit, l’établissement de jauges au-delà desquelles les étudiants seront refusés. « Concrètement, cela veut dire que seuls les premiers arrivés seront servis », résume le Scum. « Au lieu de mettre les moyens nécessaires pour assurer le bon fonctionnement des structures de restauration et d’ouvrir sur des plages horaires plus étendues afin que tous les étudiants puissent bénéficier des repas à 1 euro, on choisit de restreindre ce droit en imposant ces jauges  », dénonce Théo Haffner.

    Le Scum en soutien des agents du Crous mobilisés

    « À Montpellier, par exemple, on n’a obtenu que 8% de recrutements supplémentaires, soit une rallonge de 20 équivalents temps plein sur toute l’académie pour absorber cette énorme augmentation de fréquentation. C’était sûr que les conditions de travail s’en ressentiraient », estime l’élu étudiant qui rappelle que le Scum était présent en soutien à la manifestation des agents du Crous le 22 septembre pour demander plus de moyens pour la mise en place du repas à 1 euro.

    Théo Haffner souligne par ailleurs que les distributions alimentaires réalisées par le Scum « ne désemplissent pas. L’année dernière on a distribué 15 000 colis, ce qui est énorme. Et cette année on prévoit d’en distribuer encore plus, avec une nouvelle distribution chaque mercredi à l’université Paul Valéry, qui affiche complet dès qu’on ouvre le formulaire d’inscription. Donc non seulement il y a un énorme besoin vis-à-vis de ce repas à un euro accessible à tous, mais il n’est pas suffisant. Car il y a aussi beaucoup d’étudiants qui, dans leur budget mensuel, n’ont même pas les 60 euros nécessaires pour manger deux repas par jour au Crous. C’est pour ça qu’à côté de ça, nous revendiquons une augmentation du budget dédié aux aides financières pour les étudiants et des mesures moins strictes pour l’application de ces aides. »

  • À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    Pas de grasse matinée pour les lycéens toulonnais. Dès 7h, nombre d’entre eux, en provenance de plusieurs établissements de la ville, se sont réunis devant le lycée Bonaparte, bloqué pendant une partie de la matinée. Entourés de militants syndicaux (CGT, FSU, FO, Solidaires), ainsi que de nombreux parents et enseignants venus les soutenir et les protéger, ils se sont ensuite mis en marche aux alentours de 9h.

    « Sarcastiques et dédaigneux »

    En tête de cortège, Denis Sincu, élève en terminale au lycée Bonaparte, leader de la mobilisation, haranguait une foule d’environ 2 000 personnes, déterminée, mais respectueuse du cadre de la manifestation, autour d’une revendication : être entendue. Une délégation composée de représentants syndicaux, de professeurs, de lycéens et d’étudiants, dont il faisait partie, a été reçue en fin de matinée par le préfet et le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). « On veut demander au préfet qu’il nous ouvre une porte de dialogue avec les institutions », clamait-il avant ce rendez-vous. Derrière cette demande, des revendications précises : la fin de Parcoursup, des bâtiments rénovés, des outils numériques fonctionnels, du personnel enseignant en nombre suffisant et des emplois du temps cohérents.

    Mais à l’issue d’une réunion qui a duré un peu plus d’une heure, c’est la colère qui dominait parmi les principaux concernés. « Ils ont été sarcastiques et dédaigneux. C’est un manque de respect envers la jeunesse, qui a le droit de s’exprimer », s’indigne Camille, membre du conseil de la vie lycéenne du lycée Bonaparte. « Ils parlent de dialogue social, parce qu’ils ont reçu une délégation d’étudiants et de syndicats, mais il n’y a pas de réponse, c’est de l’enfumage. Ils se renvoient la balle sur les responsabilités », dénoncent les syndicats, qui se disent prêts à soutenir la prochaine mobilisation, annoncée pour le 15 octobre.