Tag: Environnement

  • Le revenu, grand oublié de la loi agricole

    Le revenu, grand oublié de la loi agricole

    Face à la gronde, le gouvernement entendait calmer les ardeurs du monde paysan en soumettant à l’Assemblée un projet de loi d’urgence agricole. Largement adoptée avec 369 voix pour et 178 contre (la gauche s’est opposée), la loi – s’apparentant à un texte fourre-tout – ne semble pourtant en rien résoudre les urgences auxquelles sont confrontés les agriculteurs.

    « Cette loi n’apporte aucune solution. Elle a été dictée par la FNSEA et faite pour l’agro-industrie, pas pour les petits agriculteurs. Il n’y a rien sur le revenu et on détricote les règles environnementales », soupire Sylvain Carrière, député insoumis de l’Hérault. En effet, pourtant au centre des revendications lors des dernières mobilisations agricoles, la question du revenu a totalement été délaissée par le gouvernement. « On a quand même réussi à arracher quelques victoires, notamment l’adoption d’un amendement instaurant un prix plancher obligatoire dans les négociations agricoles. Mais malheureusement, cette avancée risque de disparaître avec la navette parlementaire », poursuit le député insoumis. S’étant abstenu en commission, le PS a finalement lui aussi voté contre le texte. « La question du revenu était centrale pour nous. Nous avons réussi à faire adopter un amendement sur les tunnels de prix [définition d’un prix plancher et d’un prix plafond, Ndlr] en commission mais il a été retoqué, nous avons donc voté contre le texte », soutient Fanny Dombre-Coste, députée héraultaise socialiste, estimant l’amendement des prix planchers « juridiquement faible ».

    Recul environnemental

    Surtout, le texte semble avoir été fait pour l’agro-industrie. Notamment en ce qui concerne l’élevage, avec une disposition permettant de favoriser l’élevage intensif. Le gouvernement pourra également légiférer par ordonnance et instaurer un cadre spécifique afin de faciliter les travaux de construction, d’agrandissement des bâtiments d’élevage, aujourd’hui soumis à la réglementation, plus stricte, sur les ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement). « Mais on n’arrivera jamais à rivaliser avec les prix de production d’Europe de l’Est, ni à les concurrencer. Ça fera peut-être l’affaire de l’agro-industrie mais ça ne résoudra aucun problème des nombreuses exploitations familiales qui maillent nos territoires. L’urgence c’est elles », insiste Fanny Dombre-Coste.

    Des reculs environnementaux sont également relevés sur la question de l’eau. Les constructions d’ouvrages de stockage d’eau (retenue collinaire, mégabassines) sont facilitées. « Il va y avoir un conflit d’usage de l’eau. Qui va utiliser cette eau ? Même pour les agriculteurs qui sont favorables à l’irrigation, on parle de 5 000 euros à l’hectare pour installer un arrosage goutte-à-goutte. Tout le monde ne peut pas les mettre. On condamne les agriculteurs à investir dans ce modèle agricole qui va droit dans le mur et qui n’offre aucune garantie », fait valoir Sylvain Carrière. Et s’opposer à ce type de projets sera plus difficile : l’obligation de tenue de réunions publiques pour leur autorisation environnementale est supprimée et les pouvoirs du préfet sont renforcés. Tout comme ceux des lobbys, dont leur rôle est renforcé au sein des commissions locales de l’eau au détriment de celui des élus.

    Néanmoins, des avancées ont été obtenues grâce à la gauche. Notamment sur les pesticides. Alors que le gouvernement entendait interdire l’importation de produits contenant des substances interdites dans l’Union européenne, un amendement déposé par LFI est venu étendre cette interdiction aux pesticides interdits en France. Par ailleurs, les cantines publiques devront se fournir sur le territoire français et non dans l’UE, comme prévu initialement dans le texte. Mais, selon le gouvernement, ces dispositions sont contraires au droit européen. Le texte va maintenant arriver au Sénat, acquis majoritairement à la droite, où il sera débattu le 28 juin. Et pourrait être une nouvelle fois mis à mal d’un point de vue environnemental.

  • Région Sud : Erilia et Citeo renforcent le tri

    Région Sud : Erilia et Citeo renforcent le tri

    À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, Erilia, 4e entreprise sociale pour l’habitat en France avec 74 000 logements en Paca et Corse, et Citeo, éco-organisme agréé pour la Responsabilité élargie du producteur (REP) des emballages ménagers ont signé une convention de partenariat de trois ans visant à développer le geste de tri dans l’habitat collectif social et améliorer le cadre de vie.

  • À Sisteron, un site spécialisé dans le réemploi des bouteilles en verre

    À Sisteron, un site spécialisé dans le réemploi des bouteilles en verre

    La coopérative de réemploi du verre Revera a inauguré, mardi, son site de tri de Sisteron, où toutes les bouteilles en verre récupérées dans les points de collecte des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes transitent avant d’être envoyées au lavage, puis aux producteurs, pour être réutilisées. Une session de tri y est organisée toutes les trois semaines avec des bénévoles volontaires.

    « Il faut avoir l’œil : la bouteille doit être porteuse du pictogramme qui garantit qu’elle respecte le cahier des charges. Rien ne doit être imprimé sur la bouteille et l’étiquette doit pouvoir partir au lavage », explique Nicole, l’une des bénévoles. Les bouteilles sont triées par catégorie, par format et par boisson, avant de partir au lavage dans l’un des deux sites près de Valence ou de Montpellier. Elles sont ensuite distribuées aux producteurs du réseau les plus proches.

    Les utilisateurs récupèrent une consigne de 20 centimes pour les petits formats et de 50 centimes pour les grands, lorsqu’ils ramèrent leurs bouteilles usagées dans l’un des points de collecte. Les bouteilles en verre triées et lavées sont ensuite revendues aux producteurs du réseau. La mise en place de cette consigne a été « un accélérateur flagrant du taux de retour », des bouteilles en verre : il est passé de 15% à 60% avec cette incitation monétaire.

    Jusqu’à 50 lavages

    « Ces bouteilles ne sont pas des déchets, mais des ressources, a avancé Lisa Tichané, directrice régionale Paca de la coopérative Revera. Pourtant, la quasi-totalité sont jetées après une seule utilisation ou laissées dans la nature ou l’espace public. Mais, si on lave ces bouteilles, on utilise deux fois moins d’eau, quatre fois moins d’énergie et on émet cinq fois moins de CO2. »

    Revera est le fruit d’une fusion entre plusieurs structures de réemploi du verre. « On ne pouvait pas piloter bénévolement une filière industrielle », explique Lisa Tichané. Les volumes de bouteilles collectées dans les Alpes du Sud avaient augmenté de plus de 100% suite à cette fusion, se réjouit-elle.

    Une trentaine de points de collecte sont disponibles dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, et 140 dans la Région Sud. Les magasins Biocoop, La Vie Claire et Bio c’ Bon y participent. La coopérative espère les développer et aide les producteurs à obtenir des financements pour compenser les coûts de changement des étiquettes de leurs bouteilles. Une bouteille peut être réemployée jusqu’à 50 fois grâce à ce système vertueux.

    La coopérative couvre 13 départements et emploie 17 salariés, dont cinq dans la Région Sud. Elle espère se développer dans la moyenne et grande distribution.

  • Aix-Marseille : les écoliers collectent 27 tonnes de textiles

    Aix-Marseille : les écoliers collectent 27 tonnes de textiles

    Au total, 8 964 élèves ont permis de collecter près de 27 tonnes de textiles. L’école Olivier-Guirou, à La Fare-les-Oliviers, s’impose avec 2 394 kg récoltés. Les écoles Alain-Tertzagian (Meyreuil) et Claret-Matéos (Vitrolles) ont également été distinguées pour leurs résultats et la qualité de leurs actions de sensibilisation. Un succès qui confirme l’engagement des jeunes pour une consommation plus responsable.

  • Lee Ufan investit le Palais des Papes avec « Relatum »

    Lee Ufan investit le Palais des Papes avec « Relatum »

    Du 3 juillet au 15 novembre 2026, le Palais accueille « Relatum », installation « exceptionnelle » de l’artiste contemporain sud-coréen Lee Ufan. Invité « par la Ville », ce maître international proposera une immersion entre art, architecture et spiritualité au cœur du monument. Figure majeure de l’art minimal et conceptuel, Lee Ufan explorera la relation entre matière et espace. Dans la Grande Chapelle, plus de 60 tonnes d’ardoise déployées sur 650m² vont dialoguer avec le lieu, tandis que plusieurs créations inédites investissent cloîtres et chapelles. L’exposition révèlera « la force des interactions entre nature, objet et environnement ». Une expérience sensible et méditative, conçue comme « la respiration de l’infini », qui s’inscrit dans le 140e anniversaire des relations franco-coréennes.

  • Des opérations pour préserver la Méditerranée

    Des opérations pour préserver la Méditerranée

    À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année à la date du 8 juin, l’Institut océanographique Paul-Ricard organise son traditionnel BiodiverSeaDay sur l’île des Embiez. Depuis près de 25 ans, cette opération de nettoyage du littoral engage le grand public autour de la pollution marine grâce au ramassage des déchets accumulés sur les plages et dans la mer.

    Menée en partenariat avec la Capitainerie du port des Embiez, l’initiative se distingue par une collecte réalisée à pied et en plongée sous-marine. « Le ramassage est suivi d’une caractérisation des déchets collectés, pour sensibiliser et prévenir les pollutions marines », explique Marion Djama, chargée de mission à l’Institut océanographique Paul-Ricard.

    Pour l’édition 2026 du BiodiverSeaDay, 60 collaborateurs du groupe Pernod Ricard France participeront à l’initiative, en plus des plaisanciers et des bénévoles conviés chaque année à l’événement. En 2024, cette mobilisation avait permis de ramasser pas moins de 780 kg de déchets, selon l’Institut.

    Au-delà de la recherche, l’Institut Paul-Ricard a aussi pour mission de faire connaître la Méditerranée. La sensibilisation et l’éducation à l’environnement sont un axe fort de l’Institut, que ce soit à destination du grand public ou des scolaires. Chaque été, des ateliers sont organisés sur l’île des Embiez, notamment des balades naturalistes et des énigmes, qui se font en présence d’un membre de l’équipe scientifique.

    « Depuis sa création, l’Institut cherche à vulgariser ses connaissances scientifiques pour familiariser le plus grand nombre avec le milieu marin, précise Marion Djama. Ces événements clés permettent une transmission du savoir qui est essentielle car lorsqu’on connaît bien, on protège bien. »

    Des ateliers ouverts

    au grand public

    Pour célébrer ses 60 ans, l’Institut dévoilera par ailleurs une nouvelle programmation, le 11 juin, ouverte au grand public. À cette occasion, plusieurs activités seront proposées sur l’ensemble de la journée. L’Institut inaugurera ses nouveaux outils et supports de sensibilisation, parmi lesquels un cabinet de curiosités et les ateliers de la mer, pour faire découvrir les espèces marines, ainsi que leurs différents habitats. Cette année est aussi marquée par l’installation d’un récif artificiel dans le port, destiné à contribuer à la restauration de la biodiversité en zone portuaire.

    Créé en 1966 par Paul Ricard et Alain Bombard, l’Institut océanographique est né avec l’ambition de lutter contre les premières pollutions industrielles en Méditerranée. Dès les années 1950, Paul Ricard avait acquis l’île des Embiez pour y préserver la faune et la flore, avant d’y installer son centre de recherches. Au fil des décennies, ses missions se sont élargies jusqu’à lui conférer une renommée internationale aujourd’hui. Lors d’une conférence de presse organisée le 1er juin au Club Pernod Ricard à Marseille, sa directrice, Patricia Ricard, petite-fille du fondateur, a rappelé la philosophie qui anime toujours l’établissement : « Soixante ans ont passé, mais notre méthode reste la même. Nous travaillons avec des entreprises responsables et compétentes, avec les acteurs locaux et les enfants. Surtout, nous mettons la science au service de la connaissance. »

    Si la lutte contre la pollution demeure une priorité, Patricia Ricard insiste sur l’urgence climatique : « Le défi majeur est la décarbonation de la société car l’océan se réchauffe à une vitesse inédite. » L’Institut poursuit sa mission fondatrice : mieux connaître la Méditerranée pour mieux la préserver.

  • Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Une réunion pour faire un point de situation. C’est ce que proposent, ce lundi 8 juin, Union Calanque littoral, l’association Santé Littoral Sud, Fare Sud au centre social Mer et Colline, engagées depuis des années pour réduire l’exposition des habitants et des visiteurs du littoral Sud aux polluants.

    Leur recours a permis de contraindre l’État, par une décision de justice en décembre 2024, de mener à bien un vaste chantier de dépollution entre le Mont Rose et Callelongue d’ici juin 2038. Si les associations se félicitent de « l’engagement de la préfecture » et « du professionnalisme des équipes de l’Ademe (Agence pour la transition écologique) qui ont appliqué les normes en vigueur », lors des travaux menés du 1er septembre au 31 mars, elles posent la question de l’avenir de l’usine Le gré Mante.

    Un véritable serpent de mer. Fermée en 2009, l’usine de production d’acide tartrique, précédée par une activité de traitement du plomb et de soude, a laissé près de 8,5 hectares de sol pollué au plomb, à l’arsenic, au zinc ou au cadmium, avec des « seuils inacceptables dépassés », pointe dans une étude l’Institut national de veille sanitaire.

    Une lettre au préfet

    Ce qui n’a pas empêché les promoteurs de proposer de nombreux projets immobiliers, au grand dam des riverains, qui ont soulevé les conséquences de l’arrivée massive de nouveaux habitants, sans moyens de transport supplémentaires, ni équipements publics. Le dernier, déposé en août 2025, porté par le fonds d’investissement Ginkgo propriétaire du site, et le promoteur Constructa, prévoit environ 130 logements, et reste pour le moment suspendu. Ginkgo a également été condamné par la justice à dépolluer et mis en demeure par la préfecture de sécuriser le site.

    Inquiètes, les associations relèvent elles que « ces travaux de dépollution (…) n’appliquent pas les mêmes standards que sur les calanques » et de s’interroger : « La dépollution sera-t-elle conforme à la réglementation des sites et sols pollués, la seule pouvant garantir la sécurité des futurs habitants et des riverains ? » Dans une lettre adressée au préfet le 13 mai, l’association santé littoral Sud rappelle que les trois parcelles du site « qualifiées de zones concentrées » en termes de pollution « au sens de la réglementation actuelle » nécessitent des « mesures de gestion adaptées au niveau de la pollution ». Elle s’inquiète d’un plan qui prévoit « un simple recouvrement de terre de 50 cm », alerte sur les jours d’épisodes orageux méditerranéens qui peuvent faire subir au terrain « en déclivité », un « fort lessivage » entraînant des « déchets en contrebas jusqu’au village de la Madrague ». Elle se demande également comment concilier « l’extrême sensibilité d’un secteur résidentiel où vivront des familles avec une utilisation limitée des espaces communs des résidences… »

    À 18h au 16 bd de la Verrerie (8e)

  • Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Près de 200 personnes se sont réunies ce jeudi au Stade marseillais université club (Smuc) à Marseille à l’occasion de la 12e édition des trophées des entrepreneurs positifs organisés par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) des Bouches-du-Rhône. Sur 75 TPE et PME candidates, six entreprises du département ont été récompensées selon 6 catégories pour leur engagement social ou environnemental et représenteront le département lors de la finale régionale en novembre. Parmi les lauréats figurent Benmecheta à Martigues, distinguée pour sa préservation des écosystèmes marins, bAAM! à Marseille pour son engagement pour une nutrition bio, Tiers-Lab des transitions à Marseille pour sa coopération avec des associations locales, VB Tech à Marseille pour son innovation sur les maladies neurologiques, Ma petite fraterie à Tarascon pour son travail sur le bien commun, ou encore Jouga à Aix-en-Provence pour son modèle de réemploi de jouets.

    Un territoire qui regorge de talents

    Cette cérémonie a récompensé des dirigeants qui ont choisi d’entreprendre « autrement », en conciliant performance économique et impact positif. « Être entrepreneur aujourd’hui n’est pas un long fleuve tranquille. Face aux tensions, ils prennent des risques (…) Ces trophées sont la preuve que notre territoire regorge de talents, d’énergie et d’engagement », a souligné Corinne Innesti, présidente de la CPME 13.

  • Préjudice écologique : le tribunal maritime de Marseille a considéré comme tel la destruction d’herbiers de posidonie

    Préjudice écologique : le tribunal maritime de Marseille a considéré comme tel la destruction d’herbiers de posidonie

    Par Elohane Durand, avocate fondatrice du cabinet Natur’avocat et membre de la Commission environnement du SAF

    La notion de préjudice écologique : Le préjudice écologique, inscrit dans le Code civil en 2016, est défini comme « une atteinte non négligeable aux éléments ou fonctions des écosystèmes ou aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement ». La réparation en nature doit être ordonnée en priorité : le responsable d’un préjudice écologique doit être condamné à remettre les choses dans l’état où elles se trouvaient avant sa faute. Si cette réparation en nature s’avère impossible, le responsable peut être condamné à verser des dommages et intérêts que le demandeur doit affecter à la réparation de l’environnement. Peuvent notamment intenter une action en réparation du préjudice écologique les associations de protection de l’environnement créées depuis au moins cinq ans et celles agréées.

    Sur la Côte d’Azur, les herbiers de posidonie sont, d’après l’OFB, des écosystèmes pivots qui permettent notamment l’oxygénation de l’eau, le stockage du carbone, et constituent des zones de refuge pour de nombreux organismes. Or, ils se retrouvent menacés par les mouillages des bateaux de plaisance qui, en remontant leur ancre, peuvent les dégrader, voire les arracher. Fin 2024, le tribunal maritime de Marseille a donc reconnu que ces mouillages causent un préjudice écologique.

    Deux méthodes de calcul

    Dans cette instance, pour évaluer le montant des dommages et intérêts, FNE Paca, requérante, propose deux méthodes de calcul envisagées. D’une part, la réparation peut être fondée sur la valeur écosystémique de l’herbier, c’est-à-dire la valeur économique des services rendus par l’herbier, multipliée par la durée pour que la réparation en nature soit aboutie (en l’espèce l’herbier retrouverait son état initial ante-destruction après 25 ans). D’autre part, la réparation peut être fondée sur le coût de restauration de l’herbier. Le bouturage et la transplantation ont un coût d’environ 170 euros le mètre carré. Il faut ensuite y ajouter le suivi de la transplantation et les coûts de surveillance. Dans les deux cas, le préjudice écologique est évalué aux alentours de 200 000 euros. Le tribunal a condamné les capitaines de yachts jugés responsables de ces destructions à verser des dommages et intérêts d’une somme de 108 000 euros au total. Ce montant ne permettra donc de réparer qu’en partie seulement le préjudice écologique.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • Une association de producteurs en difficulté

    Une association de producteurs en difficulté

    Après deux ans et demi d’existence, l’Amap de Forcalquier peine à trouver sa place dans le paysage local, riche en offres bio et locales. « On peine à décoller et à dépasser les 20 paniers, ce qui est insuffisant », regrette Helory Blot, maraîcher avec sa compagne LizAnjela Kermarrec. « On voudrait toucher davantage de gens, et notamment les classes populaires. Pour l’instant, nos clients sont plutôt issus des classes moyennes ou aisées », explique-t-il. « Ils ont tout à y gagner, c’est moins cher et en circuit court », affirme-t-il.

    « Un engagement militant »

    « Faire partie d’une Amap, c’est aussi un engagement militant et politique sur son territoire, puisque cela nous soutient, nous agriculteurs », avance le maraîcher. « Cela nous assure d’avoir de la trésorerie pour les mois de février, mars, avril, mai et juin, qui sont les plus difficiles. C’est là où on a le plus de dépenses et où le moins d’argent rentre », explique-t-il. Avec l’Amap, « on sait que, ce qu’on produit, on va le vendre », se réjouit le couple de maraîchers. « Les Amapiens viennent même parfois nous aider lorsqu’il y a des aléas climatiques ou des insectes ravageurs », souligne LizAnjela.

    Tous les lundis, de 18h à 19h, les Forcalquiérens peuvent venir chercher leur panier de légumes, mais aussi du pain, du fromage et des œufs frais, devant la biscuiterie. Les clients, surnommés les Amapiens, signent un contrat de six mois ou d’un an avec leur producteur pour pouvoir récupérer leur panier toutes les semaines. Chaque panier a une valeur de 20 euros.

    Anciens travailleurs sociaux, LizAnjela et Helory reçoivent aussi des prisonniers et des jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse sur leur ferme.