Tag: Environnement

  • À Oraison, le projet de centrale photovoltaïque avance contre vents et marées

    À Oraison, le projet de centrale photovoltaïque avance contre vents et marées

    Le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), a reconnu lundi avoir « commis une erreur » en décidant, seul, le huis clos du conseil municipal, sans le mettre au vote, ce qui est pourtant obligatoire selon le Code général des collectivités territoriales. Les délibérations votées après l’exclusion du public et de la presse pourraient ainsi être irrégulières, et devront être à nouveau examinées par le conseil.

    Les militants du collectif contre les centrales photovoltaïques ont dénoncé lundi « un déni de démocratie ». Ils avaient appelé à manifester contre le projet d’implantation d’une centrale solaire pendant la séance et étaient venus munis de pancartes. La délibération contre laquelle ils protestaient, modifiant le PLU pour permettre l’implantation de cette centrale, sera donc à nouveau votée, mais « des mesures seront prises », les pancartes seront interdites et le public sera « filtré », a annoncé lundi le maire. Les militants du collectif Elzéard Lure en Résistance ont promis d’être à ce rendez-vous, dont la date n’est pas encore connue. « Chaque personne qui manifestera quelque chose sera de fait exclue de la salle », a prévenu l’édile. Les délibérations adoptées à huis clos seront annulées et remplacées.

    En deuxième partie de sa conférence de presse, retransmise en direct sur Facebook « pour être sûr que l’information se diffuse le mieux possible », Benoît Gauvan a défendu « l’intérêt général » de ce projet de centrale photovoltaïque, affirmant avoir examiné toutes les possibilités.

    « On efface la dette de la commune avec cet argent »

    La mairie avait publié un appel à manifestation d’intérêt à destination des entreprises intéressées pour installer des panneaux photovoltaïques sur des surfaces construites comme des toitures ou des parkings, mais cet appel a été « infructueux », a expliqué le maire. « Aujourd’hui, un porteur de projet photovoltaïque, ça ne l’intéresse pas de mettre des panneaux photovoltaïques sur des toitures existantes, parce que 9 fois sur 10, il y a un problème de structure du bâtiment, et donc un problème de coût de l’installation », a-t-il expliqué. La mairie avait par exemple voulu installer des panneaux sur le toit du gymnase, mais, « si on veut faire en sorte que la toiture supporte les panneaux photovoltaïques, il faut revoir la structure complète du bâtiment ». « On arrivait à même pas 3 hectares si on couvrait les bâtiments communaux. Pour un opérateur, c’est largement insuffisant en matière de rentabilité, de production énergétique », a justifié Benoît Gauvan.

    Les premières délibérations concernant ce projet de centrale solaire contesté au Bois Saint-Martin datent de 2019, a rappelé l’édile. « La puissance de ce parc, c’est à peu près la consommation électrique de 12 000 foyers, donc le double d’Oraison », a-t-il affirmé. « L’économie de carbone calculée avec la production d’électricité du parc, sur les 30 ans d’exploitation, c’est 60 000 allers-retours Aix-Marseille avec un véhicule diesel », a martelé Benoît Gauvan.

    Le terrain sur lequel le parc doit être construit appartient à la commune, qui a signé une promesse de bail et toucherait donc un loyer de 500 000 euros par an. « On efface quasiment la dette de la commune avec cette somme d’argent », a avancé le maire. S’il met en avant le fait que le parc « va créer des zones coupe-feu » dans la forêt, les militants du collectif Elzéard Lure en Résistance craignent de potentiels incendies provoqués par la centrale. « Les panneaux montent à 85 degrés l’été » et les centrales peuvent « prendre feu et embraser la forêt », ont-ils affirmé, rassemblés devant la mairie, déplorant une « destruction de la biodiversité ».

  • À Oraison, le photovoltaïque fait disjoncter la séance

    À Oraison, le photovoltaïque fait disjoncter la séance

    Jeudi, le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), évacuait la salle du conseil municipal de tout le public et les journalistes présents, sans aucune concertation avec les conseillers municipaux. Agacé par le bruit et l’agitation provoqués par la vingtaine de militants présents pour protester contre la construction d’une centrale photovoltaïque, il déclarait d’office le huis clos à la fin du conseil, avant la délibération en question. La mise au vote est pourtant obligatoire pour décider le huis clos, comme l’indique l’article L. 2121-18 du Code général des collectivités territoriales : le conseil municipal doit « décider (…) à la majorité absolue (…) qu’il se réunit à huis clos ». « Sans ce vote préalable, la séance est irrégulière », selon un arrêt du Conseil d’État du 18 janvier 1967.

    « Cette situation soulève la question sur la régularité des délibérations adoptées ensuite qui pourraient être contestées et annulées par le juge. Il est également possible de saisir le préfet pour examen de la légalité », a réagi Isabel Gamba, à la tête de l’opposition DVC, qui avait voté contre la délibération. Elle attend des précisions et des réponses du maire « avant de décider des suites à donner ».

    Le collectif contre les centrales photovoltaïques qui a appelé à manifester pendant le conseil, Elzéard Lure en Résistance, indique également être en train d’étudier « toutes les suites juridiques possibles ». Le chef de file de l’opposition RN, Jean-Michel Angelvin, qui s’était abstenu, indique de son côté compter « sur la bonne foi du maire » et ne pas initier de démarche. Contacté, Benoît Gauvan n’a pas souhaité s’exprimer avant la conférence de presse qu’il organise ce lundi soir.

  • Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Après l’été qu’on vient de passer à cause de la chaleur et de la sécheresse, on s’aperçoit qu’il y a des biens qui sont indispensables à notre survie : l’eau et la biodiversité » : à travers la première édition de son festival Durance Nature, qui commence lundi, l’association la Cistude alerte sur la fragilité de la biodiversité de la vallée de la Durance. L’association environnementale née il y a 18 ans lance cette année ce rendez-vous, voué à se reproduire tous les deux ans.

    « On ne peut que se battre pour essayer de préserver » cette vallée de la Durance, lance Daniel Madeleine, le fondateur de la Cistude, qui travaillait pour la réserve naturelle géologique de Haute-Provence avant de prendre sa retraite et de laisser la main à l’actuel président de l’association, Marc Linares. « Depuis très longtemps, je suis convaincu que la nature et la biodiversité sont des atouts incontournables pour ce département », poursuit le fondateur.

    Au programme du festival, qui se poursuit jusqu’à dimanche, des sorties en nature à la découverte des castors, des conférences d’experts de l’environnement, des projections de films sur la biodiversité, ou encore des ateliers proposés à de très nombreux enfants qui seront accueillis, accompagnés de leurs professeurs.

    « Pas le poids face aux intérêts économiques »

    La cohabitation entre touristes et biodiversité est « de plus en plus difficile » pour les espèces animales et végétales, qui « ne font pas le poids face aux intérêts économiques », déplore Daniel Madeleine. Son association se bat depuis 18 ans pour « obtenir un classement en réserve naturelle régionale, pour impliquer la région et avoir des financements conséquents ». « Jusqu’à présent, on n’y est pas arrivé, parce qu’il y a des intérêts divergents là-dessus et que, malheureusement, on ne fait pas le poids », regrette le fondateur.

    « Le festival, c’est notre manière d’essayer de faire passer le message qu’on est face à un trésor qui devient incontournable pour le bien de l’humanité », explique Daniel Madeleine. « Est-ce qu’il vaut mieux avoir de l’eau et de la biodiversité, ou des pédalos et des chalets ? », lance-t-il, faisant référence à un projet de la municipalité
    de Château-Arnoux-Saint-Auban auquel l’association s’oppose. Ce projet prévoit l’installation de 160 chalets pour accueillir 900 touristes le long de la Durance, et constitue pour la Cistude l’une des menaces qui pèsent sur la biodiversité de la Durance. « Il y a des projets de développement écotouristique qui au fur et à mesure gagnent du terrain et qui, par la suite, vont être encore beaucoup plus destructeurs », avance le président de l’association, Marc Linares, qui espère être « associé » au projet d’implantation de chalets à Château-Arnoux-Saint-Auban.

  • Les ex-salariés de Fibre Excellence passent le relais

    Les ex-salariés de Fibre Excellence passent le relais

    « Pour la population, pour le Rhône ». En dépit « des intimidations » des liquidateurs, les ex-salariés de l’usine de pâte à papier ont tenu bon derrière les manettes, les vannes et les écrans de contrôle pour s’assurer du maintien en fonctionnement des installations et vérifier les valeurs des eaux pluviales. En somme, ils ont limité la casse.

    Des bureaux mis à sac, un parc d’ordinateurs disparu, des placards éventrés… jusqu’au matériel du CSE bazardé dans un fossé. C’est ce à quoi ont assisté les anciens salariés et leurs syndicats CGT et FO depuis la prise en main de l’usine par les mandataires judiciaires. Avec pour geste inaugural, la mission de mise en sécurité du site confiée par le tribunal de commerce, l’arrêt de la station d’épuration et du système incendie, la méthode employée a heurté jusqu’au préfet des Bouches-du-Rhône. Dès le 3 septembre, Jacques Witkowski prenait en effet des mesures. Huit arrêtés préfectoraux ont été publiés pour stopper les mauvaises manœuvres.

    En vain. Tandis que les employés de la société Realtec continuaient à déménager du matériel sur le site, les anciens salariés ont décidé « d’agir en responsabilité » le 17 septembre en réinvestissant les postes clés pour la mise en sécurité. Depuis, ils n’ont eu de cesse de tourner en 3/8 pour éviter une pollution et sauver l’outil industriel. La CGT défend un projet de revitalisation de l’usine. Le 18 septembre, « devant l’incurie et les mises en danger réitérées de l’environnement du fait du liquidateur, l’État lui a substitué, de manière exceptionnelle et déterminée, l’Ademe » indiquait Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique. L’agence de la transition écologique (Ademe) est sur place pour prendre le relais des opérations avec Suez.

  • À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    Dans son exposition visible jusqu’à dimanche au centre Carzou, la photographe Marie Calmes raconte le parcours de travailleurs en réinsertion professionnelle, qu’ils soient en situation de handicap, immigrés ou trop âgés pour être embauchés. « La ressourcerie rassemble de nombreux sujets de société », explique l’artiste : intégration, marché du travail, « difficultés à trouver un emploi pour des publics étrangers, en rupture sociale, familiale ou professionnelle, sans papiers, à la rue ». Dans la salle d’exposition, un enregistrement audio donne la parole aux salariés en réinsertion, qui y racontent leur parcours semé d’embûches, que ce soit lié au handicap, à la migration ou encore à des problèmes familiaux. « Parfois, c’est la boîte pour laquelle ils travaillaient qui a fermé et ils n’ont pas retrouvé de travail après, ou c’est un burn-out, une dépression, un deuil… », cite par exemple l’artiste. « C’est des gens qui ont totalement perdu confiance en eux », ajoute-t-elle. À travers son travail, elle souhaite « interroger les regards qu’on peut porter sur ce genre de publics, qui sont souvent stigmatisés ».

    « Il y a des gens qui viennent de pays en guerre, ou même des Français, qui ne trouvent pas de travail. C’est pas en traversant la rue qu’on trouve du boulot. La plupart de ces gens veulent travailler, s’intégrer, mais ce n’est pas simple », déplore Marie Calmes. « Ces gens m’ont touchée, j’ai vu leurs difficultés, et je me suis dit qu’il fallait le partager, parce qu’il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent au quotidien. Je voulais les mettre en lumière.»

    « Un pied de nez

    à la hiérarchie sociale »

    Les portraits des salariés en réinsertion sont présentés dans des cadres d’époque dorés, tous trouvés à la ressourcerie. « Je trouvais que c’était un bon moyen de faire un pied de nez à la hiérarchie sociale, en mettant les salariés en valeur dans des cadres issus de castes bourgeoises », lance Marie Calmes.

    Pour la photographe, la ressourcerie est « un lieu de résilience, de transition, où chacun peut retrouver une place », ou encore « une famille pour retrouver le chemin vers le travail ». « On y prend en considération le handicap, les difficultés, cela permet de remettre le pied à l’étrier », avance-t-elle.

    L’exposition a également un aspect écologique, mettant en avant le travail de recyclage et de récupération de la ressourcerie, et dénonçant la pollution au travers de photos de machine à laver et de fauteuils jetés en pleine nature aux alentours de la ressourcerie.

    La photographe a réalisé ce travail dans le cadre d’une résidence au sein de la ressourcerie, à Sainte-Tulle, où elle est restée deux semaines en octobre 2024. Elle a même pensé à faire un livre où elle raconterait les histoires de toutes les personnes en réinsertion rencontrées.

    Une dizaine de salariés étaient présents au vernissage samedi, et certains reviendront lire leurs témoignages ce jeudi à 14h et samedi à 11h. « Je voulais les remercier publiquement de la confiance qu’ils m’ont accordée et du courage de raconter son histoire, d’avouer ses fragilités, parce qu’il y en a qui m’ont confié des choses intimes qui ne sont pas faciles à regarder en face », explique Marie Calmes. Une salariée a par exemple raconté à la photographe avoir été interpellée à son arrivée à la gare de Marseille, accusée de « venir en France pour voler le pain des Français parce qu’ici il y a des aides », alors qu’elle avait fui son mari qui menaçait de l’assassiner et avait dû « laisser ses enfants au pays ».

    D’autres textes faisant écho aux thématiques de l’exposition seront lus dans le cadre des Correspondances de Manosque.

  • [Sénatoriales] Jean-François Baudin propose une alternative de gauche

    [Sénatoriales] Jean-François Baudin propose une alternative de gauche

    Ancien accompagnateur en montagne, actuellement bibliothécaire départemental et élu à Guillestre, c’est à présent vers le Sénat que se portent les ambitions de Jean-François Baudin. Sa candidature, avec son adjointe Joëlle Vatain, conseillère municipale à Montjay, est soutenue par l’alliance des écologistes, du Parti communiste français et du Parti socialiste.

    Militant « de longue date », le sexagénaire a débuté son engagement au Ceméa, une association d’éducation populaire. Puis, soucieux de ce qu’il donnait à manger à ses enfants, il a milité au sein des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), où il se trouve encore aujourd’hui en tant qu’administrateur de l’Amap du Guillestrois. Il a adhéré au parti des Écologistes autour de 2010, et a porté les couleurs de la Nupes dans la 12e circonscription du Rhône lors des élections législatives en 2022. Il fait partie de la liste citoyenne élue cette année aux élections municipales de Guillestre, et est actuellement le cinquième adjoint au maire Emmanuel Molle, délégué à l’environnement, l’alimentation et l’agriculture.

    « Quand on fait de la politique, on use de toutes nos ficelles pour faire en sorte que nos idées avancent, et pour, en quelque sorte, changer le monde », dit-il. Avec sa candidature réunissant différents partis de la gauche, il espère proposer une alternative solide au candidat sortant, l’actuel sénateur centriste Jean-Michel Arnaud. Jean-François Baudin n’était pas contre le fait d’ouvrir la porte à La France insoumise, qui a décidé d’investir son propre candidat, Michel Pons. « Je suis pourtant convaincu que la gauche n’arrivera au pouvoir que si elle parvient à s’unir », lance-t-il.

    Des enjeux de ruralité

    La justice territoriale est l’une des priorités du candidat : « Il faut que les lois correspondent aussi aux spécificités de notre département », comme l’enclavement, les risques naturels ou l’impact des touristes. L’élu souhaite notamment mettre l’accent sur le ferroviaire. « On n’a pas besoin des Jeux Olympiques pour cela, prévient-il. Ce qu’il nous faut, ce sont des trains du quotidien pensés pour les Haut-Alpins, pas une ligne pour les touristes ». Sur l’agriculture, il aimerait aller vers une autonomie alimentaire territoriale, en prônant la diversité agricole et l’installation des agriculteurs : « Restaurer des paysans, c’est créer du dynamisme ». Le maintien des services publics, le développement des offres de formation post-bac et l’essor de la culture « pensée pour la ruralité » sont également au cœur de son projet. Concernant la gestion des risques, il souhaite renforcer la solidarité Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et le financement de la sécurité civile. Sur ce dernier sujet, il dénonce la position de Jean-Michel Arnaud, « dont le discours n’est pas aligné avec les actes ».

  • Ligne THT : le territoire arlésien affiche son unité contre la méthode du gestionnaire

    Ligne THT : le territoire arlésien affiche son unité contre la méthode du gestionnaire

    C’est une véritable démonstration de force qu’ont livrée les opposants à la ligne aérienne 400 000 volts samedi soir. Près de 2 500 personnes se sont réunies dans le Théâtre antique d’Arles -la jauge maximale- à l’appel du Collectif THT 13/30, représentant lui-même 36 associations.

    Dans les gradins : des représentants de l’agriculture, du monde culturel, touristique, des défenseurs de l’environnement, des riverains et une centaine d’élus de tous bords venus dénoncer la méthode employée par le gestionnaire RTE pour « passer en force ». Car si l’État veut implanter 145 pylônes entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer le plus rapidement possible, à l’échelle locale, le territoire arlésien fait bloc. En témoigne la présence d’une vingtaine de maires, quatre députés, cinq sénateurs, deux parlementaires européens, trois anciennes ministres, d’élus locaux… *

    L’objectif affiché : « S’adresser de manière unie, dans une cohésion inédite, à l’État pour montrer notre attachement à nos patrimoines environnementaux, agricoles, culturels, sociaux », détaille Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du Collectif THT 13/30.

    Pour une approche globale

    Le projet aérien suscite de nombreuses inquiétudes. « Le premier impact est paysager, dans un territoire qui base sa valeur sur la notion d’horizon », poursuit Jean-Laurent Lucchesi, qui note : « 35% du PIB du Pays d’Arles provient du tourisme. » Le monde agricole craint de « perdre ses sept labels qui font sa fierté », alerte Anne Collard, vigneronne, alors que « 80 à 90% des pylônes doivent être plantés sur des exploitations ». Côté biodiversité, les associations pointent le risque de collision des oiseaux, la ligne étant placée « au carrefour de l’une des plus grandes voies migratoires d’Europe », souligne Jean Jalbert, directeur de la Tour du Valat.

    Depuis trois ans, les opposants travaillent à une solution alternative basée sur les technologies « maîtrisées par RTE » qui consisterait à construire une ligne souterraine de 2GW de courant continu entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos, complétée par la suite par une ligne sous-marine de 2GW en provenance de Port-la-Nouvelle (projet Midi-Provence). Les élus ont signé un serment en faveur de celle-ci. « La décarbonation de Fos et la préservation de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence (…) doivent être pensés ensemble, dans une approche globale », déclarent-ils, affirmant leur « attachement au dialogue » et appelant à l’examen sans a priori des « différents scenarii ».

    * Notamment le maire d’Arles, Patrick de Carolis (Horizons)
    et le conseiller municipal d’opposition (PCF)
    Nicolas Koukas.

  • Un parc photovoltaïque « citoyen » inauguré pour alimenter la vallée

    Un parc photovoltaïque « citoyen » inauguré pour alimenter la vallée

    Un ancien champ de tir militaire transformé en parc photovoltaïque de 4,5 hectares : l’aboutissement d’un projet mûri depuis sept ans, parti de la volonté d’une association d’habitants de la vallée, a été inauguré vendredi. Le chantier a commencé à l’été 2025, avec la dépollution complète du site. De nombreux explosifs, grenades ou encore obus ont alors été retrouvés et déterrés. L’armée avait quitté cet ancien champ de tir en 2009, sans le dépolluer. Ne sachant que faire du terrain, l’association d’habitants propriétaire du terrain a alors eu l’idée d’y implanter une centrale solaire pour reconvertir le site dégradé.

    « L’idée était de profiter de ce terrain qui ne pouvait pas être cultivé, qui était impropre à d’autres activités, et qui est très bien exposé pour une centrale solaire », explique Virginie Gallon, codirectrice du fournisseur d’électricité renouvelable et citoyenne Enercoop Paca. « L’Ubaye est encore largement importatrice d’énergie, de l’ordre de 60 à 70%. C’est un vrai souci, parce que cette énergie vient des pays du Golfe, du Nigeria, du Venezuela, avec des impacts environnementaux très forts. C’est de ça qu’est partie cette volonté d’essayer de voir ce qu’on pouvait faire pour l’Ubaye », explique Denis Roche, de la coopérative locale d’habitants EMU (Energies Modernes Ubaye).

    De nombreuses réunions de concertation avec les habitants ont été organisées dès le départ pour faire en sorte qu’ils « puissent être informés, mais aussi avoir leur mot à dire », insiste Virginie Gallon. « À chaque fois qu’on a un projet, on a un groupe moteur, de suivi, avec des habitants, des élus, des acteurs locaux, qui va suivre le projet tout le long du développement et émettre des avis, notamment sur l’implantation des panneaux, la taille de l’emplacement du parc » ou encore les mesures environnementales mises en place, détaille la codirectrice d’Enercoop Paca. « On a essayé de faire remonter les attentes des habitants plutôt que d’être dans une logique descendante pour faire quelque chose qui ait du sens », avance Sylvain Gombert, responsable d’investissement pour Energie Partagée, qui accompagne et finance les projets locaux de production d’énergie renouvelable portés par des citoyens. L’idée est également « de ne pas venir en mode colonial sur le territoire, mais bien comprendre toutes les appréhensions, le fonctionnement des associations locales », lance Sophie Picard, chargée de concertation chez Enercoop Paca.

    Investissement

    « L’une des grosses particularités du projet, c’est qu’il y a plus de 85% qui sont détenus par de l’épargne citoyenne, donc de l’actionnariat citoyen », explique Sylvain Gombert. 7 600 citoyens investissent leur épargne chez Energie Partagée, qui sert donc à investir dans ce type de projets de parcs photovoltaïques. « C’est un acte militant », affirme Sylvain Gombert.

    La coopérative d’habitants EMU fait partie des actionnaires du projet. « On va leur céder nos participations, s’effacer, pour faire entrer une coopérative plus locale », explique Sylvain Gombert. « Le pire du pire, c’est quand c’est des fonds de pension, des investisseurs étrangers qui n’ont rien à voir avec le territoire qui sont actionnaires de ces projets-là. La valeur s’enfuit complètement du territoire », regrette le responsable d’investissement.

  • Santés humaine, animale et environnementale sont interdépendantes

    Santés humaine, animale et environnementale sont interdépendantes

    « Le principe “Une seule santé” consiste en une approche intégrée et unificatrice qui vise à équilibrer et à optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Il reconnaît que la santé des humains, des animaux […] et de l’environnement […] est étroitement liée et interdépendante. » La définition est donnée immédiatement. Soigner n’est pas une affaire de médicament, mais d’interdépendances : une seule santé.

    Mercredi s’est tenu dans la grande salle de la brasserie Zoumaï la reprise du Bar des sciences, une rencontre mensuelle organisée par les chercheurs de l’Observatoire des Sciences de l’Univers. L’objectif : rendre accessible les recherches des scientifiques du laboratoire. Animée par deux étudiantes du master Information scientifique et médiation en environnement, trois experts aux postures complémentaires y sont conviés : Thierry Tatoni, professeur d’écologie, Zoé Le Monnyer, chargée de mission « Une seule santé » à L’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement et Anthony Gonçalves, adjoint au Maire de Marseille délégué à la Santé.

    Le concept d’Une seule santé émerge dans les années 1990, dans un contexte de lutte contre la rage et du développement de l’antibiorésistance. Il est redéfini en 2022 par l’OHHLEP, groupe d’experts conseillant sur le sujet plusieurs organisations internationales comme l’OMS et la FAO.

    La destruction de notre habitat

    Thierry Tatoni, professeur d’écologie à l’Institut méditerranéen de biologie et d’environnement (IMBE), rappelle que l’écologie, du grec oikos logos, est l’étude de l’habitat, des conditions d’existence du vivant. Son regard sur les enjeux de santé publique est systémique.

    Remontant le temps au milieu du XIXe siècle, le chercheur revient sur la période de la révolution industrielle et du début de l’exploitation des matières fossiles. Production massive d’énergie et explosion démographique, ces changements majeurs ont été le point de départ d’une profonde déstabilisation de l’ensemble des dynamiques du vivant.

    Selon le dernier rapport du Planetary boundaries science Lab (2025), sept des neuf limites planétaires ont été dépassées, menaçant l’habitabilité même de la Terre pour l’espèce Humaine. Un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction, selon l’ONU.

    « L’espèce humaine, qui est la seule à expérimenter la notion de futur, est aussi la seule qui fait tout pour le flinguer », conclut le chercheur.

    Faire le pont entre biodiversité et santé

    Pour Zoé Le Monnyer, le concept « Une seule santé » est porteur d’espoir car porteur d’un pouvoir transformateur fort. Et si la santé devenait la boussole de nos politiques publiques ? Chaque année, 33 000 décès sont liés à la chaleur en France et 40 000 à la pollution de l’air, selon Santé Publique France.

    Missionné par l’ARS Paca dans le cadre d’un Plan Régional Santé Environnement, l’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Environnement vise à faire dialoguer les acteurs de la biodiversité et de la santé. L’ARBE coordonne depuis juin 2026 un réseau régional opérant plusieurs projets en cours : partenariat entre l’Hôpital du Pays salonais et le Conservatoire d’espaces naturels, surveillance de la faune locale en Camargue…

    À terme, l’objectif est de construire une vision macro de l’état de santé global du territoire.

    Un public participatif

    Dans la salle, les questions fusent, entre scepticisme et incompréhension. Comment gérer l’impact environnemental désastreux des projets de data center ? Des études sur l’impact des travaux dans le quartier de la Joliette sur la santé de ses habitants ont-elles été réalisées ? Le développement d’une gentrification verte liée à la création d’espaces verts dans les quartiers populaires est-il pensé

    L’adjoint au Maire de Marseille délégué à la santé Anthony Gonçalves rappelle l’importance d’une gouvernance démocratique de ces questions sensibles. Les compétences, souvent partagées, sont parfois difficilement mobilisables sans l’appui de la métropole ou de l’État, et la municipalité peut se retrouver bloquée. « Sans une impulsion nationale, la mairie restera un petit bras », regrette-t-il.

    Thierry Tatoni lui fait part de l’importance de la réhabilitation du Jarret et des Aygalades, cours d’eaux traversant les 14 et 15e arrondissements de Marseille. Aujourd’hui bétonnés, leur réhabilitation permettrait de changer radicalement le visage de ces quartiers.

    Prendre soin de la ville pour la santé de tous.

  • France Nature Environnement privée de local à Carpentras

    France Nature Environnement privée de local à Carpentras

    Plus de local pour l’association France Nature Environnement de Vaucluse. La municipalité conduite par le député-maire Hervé de Lépinau (RN) a décidé de ne pas prolonger le bail de l’espace qu’occupait la structure depuis une vingtaine d’années.

    La FNE, organisation agréée protection de l’environnement, reconnue d’Intérêt Général, habilitée à participer au débat public, agréée par l’Éducation Nationale, y fédérait 30 associations locales de défense de la nature. Dans un communiqué, elle regrette la décision du premier édile d’extrême droite, estimant qu’il « envoie un très mauvais signal à tous nos concitoyens, comme à tous nos partenaires publics et privés concernant sa conception de la vie démocratique locale ». « C’est dommage d’en arriver là car on fait un gros boulot. On fait avancer la cause environnementale sur le département en se tenant aux côtés des assos quand on conteste les projets qui ont un impact sur les terrains agricoles, les terrains naturels, on siège dans plusieurs commissions », expose la présidente de France Nature Environnement 84, Claude Ranocchi.

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité n’a pas répondu sur les raisons de cet arrêt de la location du local, qui est de 500 euros par mois. En conseil municipal ce jeudi 17 septembre, le maire Hervé de Lépinau a estimé que « s’ils ont des salariés, ils ont un budget » et que « ce n’est pas une obligation communale ». Et assure qu’il a « demandé à l’association de se rapprocher de la mairie pour des mises à disposition ponctuelles. Il y a actuellement des échanges mais rien n’est acté ».

    Appel à mobilisation

    La FNE cherche donc un nouveau local. Et lance un appel « solennel à la mobilisation de toutes celles et ceux qui considèrent que son action, reconnue au niveau départemental, mérite mieux qu’une salle prêtée ponctuellement. Un local pour FNE Vaucluse, c’est un lieu de travail pour l’intérêt général. Mobilisons-nous pour le trouver et le financer ». « S’il y a eu un déchaînement de haine, il y a surtout eu un formidable élan de solidarité » ajoute Claude Ranocchi. En quelques jours, une demi-douzaine de propositions sont arrivées dans plusieurs villes du département comme Sorgues ou encore Orange.

    Contact de la FNE :
    presidence@fne-vaucluse.fr
    fne-vaucluse.fr/presentation