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  • [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ? Est-ce que ça a toujours été une passion pour vous ?

    Mélissa Laveaux : Non. Je voulais être médecin, puis peintre et ballerine. Je me suis mise à faire de la musique pour soutenir des associations pour lesquelles j’étais bénévole, comme des associations féministes d’Ottawa, la ville où j’ai grandi, qui soutiennent les femmes qui sont victimes de violences sexuelles, des associations punk. C’était mes communautés et c’est pour ça que je me suis lancée dans la musique. Tout le monde m’a dit qu’il fallait que je mette ma musique sur Myspace. Cela fait plus de 20 ans que je fais de la musique, donc Spotify n’existait pas encore. Pas mal de gens m’ont découverte sur Myspace, et c’est là où mon ancien label m’a repérée. Maintenant, je suis devenue une artiste indépendante et autoproduite.

    La Marseillaise : Vous chantez en plusieurs langues, mais plus en français. Pour quelle raison ?

    Mélissa Laveaux : Je chantais en français, mais on m’a dit que mon français n’était pas correct, alors que je suis francophone, c’est ma langue maternelle. Du coup, j’ai arrêté de chanter en français en France. Je l’ai vraiment pris comme une insulte personnelle. Je refuse de chanter en français en France. J’ai perdu l’envie. Par contre, je chante en français au Québec. Et je chante en créole parce que physiquement, sensoriellement, c’est hyper délicieux. C’est comme manger un bon dessert. Je compose par rapport au goût.

    La Marseillaise : Quelles sont vos inspirations musicales ?

    Mélissa Laveaux : J’aime beaucoup le groupe écossais Young Fathers. J’ai toujours aimé Nina Simone. Après, il y a une énorme panoplie de chansons qu’on m’a fait écouter quand j’étais plus jeune. J’étais beaucoup inspirée par la Tropicalia brésilienne, par des artistes cubains, des femmes à la guitare. C’est ce qui m’intéresse beaucoup.

    La Marseillaise : Vous vous considérez comme un ovni ?

    Mélissa Laveaux : Oui. J’aimerais beaucoup qu’il y ait d’autres personnes qui fassent de la musique bizarre. Je trouve que je fais de la musique bizarre parce que j’écris pas de chansons d’amour. J’écris des chansons sur la mort, sur la maladie, sur la destruction de la planète. Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je chanterais des chansons d’amour et je me tairais politiquement.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués »

    [Entretien] Renaud Muselier : « On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués »

    La Marseillaise : Que vous inspire l’emblème ?

    Renaud Muselier : Il raconte une belle histoire. Il y a cette pureté et cette simplicité qui « matchent » sur quelque chose de grand, mais avec humilité, nécessaire quand on est en montagne. On fait un truc exceptionnellement difficile, mais incroyablement motivant, qui enthousiasme tout le monde. Aujourd’hui est une étape importante, très positive et maintenant, les choses vont s’enchaîner. On sera prêt. Le train sera là, le fort sera là, les sportifs seront là… Il y aura encore quelques turbulences. Mais nous, on est des marins, on sait tenir la rame. Ou on est des montagnards et on n’a pas peur du froid.

    Quelles sont les prochaines grandes échéances ?

    R.M. : Définir la carte des sites, car il y a encore des flottements puisqu’on a quand même eu un problème sur un des sites. Mais on a trouvé une solution car on en trouve toujours quand on veut. Et je trouve que ceux qui n’ont pas voulu ont fait une grosse « ciottise ». Reste un autre enjeu : l’organisation pour la livraison. Il y a des endroits sur lesquels il faut être très attentifs – comment vont se traiter les patinoires à Lyon, qu’est-ce qui va se passer dans le nord, dans les sites qui seront retenus… – Mais c’est une livraison de Jeux classiques et on saura le faire.

    Des associations se demandent si les 133 millions annoncés prennent en compte tous les coups de viabilisation. Pouvez-vous garantir qu’il n’y aura pas de surcoût ?

    R.M. : Il y a eu une réunion hier soir [mercredi] ici avec beaucoup de monde : ceux qui viennent se renseigner, les militants pour les jeux, les anti-jeux… C’est un lieu de discussion et quelque part d’explications. C’est normal. Mais, comme le dit le maire, il y avait 1 000 militaires avant, il y aura 1 000 athlètes. On a trouvé une solution et c’est ce qui m’importe pour la suite. On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués et dans lesquels on restera. Il y a beaucoup de forts Vauban dans la région et si on est capable de le faire ici, on sera capable de le faire ailleurs. On nous disait que tout était impossible dans les forts Vauban. Aujourd’hui, on montre qu’avec un beau projet, on ramène de la vie sur un territoire plein de nostalgie.

  • [Entretien] Adel Bakawan : « C’est la capitulation de Donald Trump »

    [Entretien] Adel Bakawan : « C’est la capitulation de Donald Trump »

    La signature officielle du protocole d’accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre doit se tenir, dans la journée, dans un hôtel de luxe en Suisse. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fait savoir qu’il ne viendrait pas. La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance avaient été annoncées en début de semaine, mais aucune information n’a filtré depuis. Le président américain tente, lui, de défendre ce texte face au scepticisme dans son pays. Faut-il s’attendre à un nouveau revirement ?

    La Marseillaise : Quels sont les points à retenir dans cet accord ?

    Adel Bakawan : Tous les éléments qui sont considérés comme urgents et importants. L’urgence, c’est le détroit d’Ormuz, les avoirs iraniens gelés, les sanctions primaires et secondaires sur la République islamique d’Iran et, bien évidemment, la guerre qui doit s’arrêter immédiatement, pas seulement entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi sur tous les fronts, notamment au Liban. Les points importants sont ceux qui concernent l’avenir du programme atomique iranien et des 440 kilos d’uranium enrichi. Des points sur lesquels nous n’avons aucune précision, aucun détail et dont les négociations sont reportées dans 60 jours. Cette période est prolongeable de manière illimitée. Ça pourrait donc aller jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump et il pourrait laisser ce dossier, après son départ, à celui ou celle qui arrive après lui.

    Sur ces seuls éléments, peut-on dire que l’Iran est vainqueur ?

    A.B. : Le 6 mars 2026, Donald Trump dit la chose suivante : « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran autre qu’une capitulation sans conditions ! » Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on a comme accord ? Est-ce que Donald Trump a récupéré le programme atomique iranien ? La réponse est non. Est-ce que les Iraniens lui ont livré les 440 kg d’uranium enrichi ? Non. Les Iraniens ont-ils fourni leur programme balistique à l’administration américaine ? Non. Est-ce qu’ils ont coupé leurs liens, soutiens financier et militaire aux proxys qui sèment la terreur au Moyen-Orient : le Hezbollah, les houthis, les milices irakiennes, le Hamas, le Jihad islamique etc. ? Non, ce n’est absolument pas abordé. En revanche, est-ce que les Iraniens ont obtenu la levée du blocus américain sur le détroit d’Ormuz ? Oui, bien sûr, immédiatement. Autrement dit, les Américains ont donné l’occasion aux gardiens de la Révolution islamique de récupérer, sans péage, sans frais de service, juste par la vente du pétrole et des produits pétrochimiques 100 milliards de dollars par an. Est-ce que les Iraniens vont avoir accès à la totalité de leurs avoirs gelés ? La réponse est oui. Verront-ils la suppression de toutes les sanctions non seulement américaines mais aussi des Nations unies ? Oui. C’est la capitulation de Donald Trump. Et oui, clairement, les Iraniens ont gagné.

    De qui proviendront ces 300 milliards de dollars du plan visant à reconstruire le pays ?

    A.B. : Les États-Unis disent que ça ne proviendra pas d’argent public mais privé. Au moins 100 milliards de dollars devraient provenir d’entreprises américaines, européennes et golfiennes qui seront sollicitées. On mettra des centaines de milliards de dollars à la disposition des gardiens de la Révolution, une organisation qu’on a considérée comme terroriste il y a quelques mois.

    Comment expliquer que tous les États du G7 aient salué ce texte ?

    A.B. : Tous les pays du G7 saluent cet accord parce que tout le monde souhaite la fin de cette guerre. Ce ne sont pas eux qui perdent contre l’Iran. Au contraire, ils ne sont absolument pas mécontents de cet accord, de cette capitulation de Donald Trump. Il a maltraité la totalité des chefs d’État du G7, des pays européens et arabes, puis désormais, le Premier ministre israélien. Tous les médias au monde vont monter en puissance pour aborder la capitulation de Donald Trump. Avec cet accord, on enterre ce Donald Trump historique qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. C’est la fin, plus personne n’a peur de lui. Tout le monde a compris que c’était un homme avec une grande gueule qui a la main qui tremble. Les États du Moyen-Orient qui avaient acheté avec des milliards de dollars le parapluie sécuritaire américain se voient dans l’obligation à la fois de négocier individuellement avec les Iraniens parce que Téhéran a parfaitement réussi à fracturer les pays du Golfe, et à chercher d’autres alternatives.

    En janvier, Trump avait appelé les Iraniens à poursuivre leur mobilisation. Puis, le peuple a subi les bombardements israélo-américains et le régime s’est renforcé. C’est le grand perdant ?

    A.B. : Avant la guerre, il y avait une marge de manœuvre pour manifester. Il y avait à la fois les ayatollahs qui modéraient l’action des Pasdaran et des modérés étaient arrivés au pouvoir comme le président Massoud Pezechkian. Désormais, les gardiens de la Révolution pensent que grâce à eux l’Iran a gagné la guerre et donc doivent avoir le dernier mot sur tout. Le régime s’est militarisé et va probablement se brutaliser davantage. La première victime sera le peuple iranien et tous les autres peuples de la région, les Arabes, les Israéliens, les Kurdes, les Turcs, qu’on a jetés dans les bras des gardiens de la Révolution.

  • [Entretien] Jacqueline Bouyac : « Six ans après, le parc régional du Ventoux a fait taire les détracteurs »

    [Entretien] Jacqueline Bouyac : « Six ans après, le parc régional du Ventoux a fait taire les détracteurs »

    La Marseillaise : Le parc a vu le jour en juillet 2020, vous en êtes la seule présidente à ce stade. Quel bilan tirez-vous de ces six premières années ?

    Jacqueline Bouyac : C’était une aventure collective, le fruit d’un long travail qui n’a pas été de tout repos. Il a fallu convaincre, dialoguer, avoir beaucoup de patience avec les uns et les autres, avec les élus, les associations, les agriculteurs, les chasseurs… Sans verser dans l’autosatisfaction, je dirais que le parc est désormais bien apprécié, il n’entraîne pas de remarques, ni vraiment de contraintes. Tous ceux qui disaient qu’avec le parc, on ne pourrait plus accueillir le Tour de France dans le Ventoux [l’épreuve cycliste est arrivée au sommet l’été dernier et, en août, le Tour féminin y fait étape], qu’on ne pourrait plus aller ramasser des champignons, qu’on ne pourrait plus chasser, en sont pour leur frais aujourd’hui. On a fait taire les détracteurs. Même chez les maires. Celui de La Roque-sur-Pernes est désormais prêt à adhérer [37 communes en sont membres pour 90 000 habitants]. Il y a une super équipe compétente de 21 agents, plus 24 écogardes l’été. À chaque réunion, il y avait le quorum, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’enthousiasme chez tout le monde. La méthode de travail est d’abord de réunir les neuf communes en cœur de massif. Si elles acceptaient tout l’ordre du jour, qu’il n’y avait pas de soucis, après, on le présentait aux autres maires. Je n’ai jamais travaillé à l’envers.

    Vous étiez la seule candidate en lice, quels seront vos objectifs désormais ?

    J.B. : Oui, j’étais la candidate légitime, parce que cette fois, c’est pour 2 ans, puisqu’après, il y aura les élections régionales, donc les cartes seront rebattues. On verra à ce moment-là. D’ici là, on aura ouvert notre belle maison du parc à Bédoin, qui sera inaugurée en mars prochain. Actuellement, le parc loue des locaux à côté de l’office de tourisme. Là, on aura un bâtiment en propre à la sortie du village avec vue sur le Ventoux. Plus largement, nous allons poursuivre nos missions auprès des communes et des intercommunalités, gérer les espaces sensibles, éduquer à l’environnement, s’adapter au changement climatique. Je n’oublie pas que nous venons de créer la première Réserve naturelle régionale du territoire à Villes-sur-Auzon (notre édition du 9 mai). Les Atlas de la biodiversité communale continuent à se déployer, nous allons amplifier le soutien à l’agriculture et à l’alimentation locale et encourager à un tourisme durable.

    Avez-vous les moyens financiers de vos ambitions ?

    J.B. : Le parc est doté d’un budget annuel de 3,1 millions euros en fonctionnement et d’1 million d’euros en investissement. On va dire que l’on gère en bon père de famille, avec prudence en reconduisant nos budgets sans partir à la hausse car il y a beaucoup d’incertitudes chez nos financeurs que sont l’État, la Région et le Département. On ne cherche pas des projets grandioses, en tout cas le manque d’argent n’a jamais été un frein.

  • [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    La Marseillaise : D’où vient l’idée de cette caravane européenne solidaire avec Cuba ?

    Béatrice Abella : Elle est née de la volonté de parler de ce blocus lors d’une réunion en visio qui réunissait plusieurs associations européennes ( d’Angleterre, d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, de France…) au cours de laquelle nous nous sommes inquiétés des difficultés de plus en plus grandes à faire parvenir l’aide à Cuba. C’est l’association italienne qui a lancé cette idée de caravane solidaire qu’on a appelé « Let Cuba Breathe ».

    Aujourd’hui, l’aide ne parvient plus à Cuba ?

    B.A. : Non. Jusqu’ici, on arriverait à acheminer la solidarité matérielle. Aujourd’hui avec ce siège imposé par Trump, on ne peut plus. Par exemple dans l’Hérault on parraine trois orphelinats proches de La Havane. On passait nos commandes de lait infantile et de vivres par un magasin espagnol en ligne installé à Cuba mais depuis une dizaine de jours, les cartes Visa et Master Card ne fonctionnent plus dans l’île. Donc les Cubains ne reçoivent plus cette aide et pas non plus celle de leurs familles installées à l’étranger.

    Et l’aide matérielle que vous collectez n’arrive plus non plus ?

    B.A. : Non. Un conteneur devait partir de Midi-Pyrénées, mais on ne trouve pas de bateau. Notre économie est tellement dépendante de celle des États-Unis, que tout le monde baisse la tête aux injonctions de Trump et à ses lois extraterritoriales qui menacent tous ceux qui veulent aider Cuba ou même commercer avec Cuba. Même Air France a arrêté ses liaisons avec Cuba depuis mars. On est passé de l’asphyxie d’un embargo qui dure depuis 64 ans à l’assassinat de tout un peuple. Et les gouvernements européens sont complices par leur silence face à Trump qui bafoue le droit international. Il n’y a qu’une exception celle du gouvernement espagnol courageux malgré les menaces et les sanctions nord-américaines.

    La caravane s’est arrêtée
    le 10
     juin à Strasbourg devant
    le Parlement européen.
    à quelle occasion ?

    B.A. : C’est qu’une résolution du groupe de droite souverainiste qui demande la suspension formelle de l’Accord de dialogue politique et de coopération (ADPC), qui lie l’Union européenne à Cuba depuis plusieurs années doit être soumise au vote des députés le 18 juin. On se rend compte que c’est une bataille idéologique qui n’est pas menée que par Trump mais par tous les députés libéraux qui veulent comme lui faire tomber ce symbole qu’est Cuba dont les dirigeants Che Guevara et Fidel Castro qui continuent, même disparus, à parler au monde entier.

    Le 11 juin, la caravane était à Paris, à l’Assemblée nationale pour soutenir un texte complètement à l’opposé.

    B.A. : Oui une proposition de résolution présentée par Stéphane Peu du groupe GDR, visant à soutenir Cuba face au blocus américain. Le texte qui était prévu en fin de la niche parlementaire de ce groupe n’a pas pu être débattu ni voté mais il était un signal de solidarité internationale à La Havane au moment même où les institutions européennes s’orientent vers un durcissement de leurs relations avec l’île.

    Que se passera-t-il exactement
    le 20
     juin à Béziers ?

    B.A. : à 16h, un grand rassemblement accueillera la caravane au Champ de Mars ? Nous avons invité la population mais aussi les élus. Il sera suivi d’une manifestation en ville, puis une soirée musicale de solidarité* aura lieu à la Bourse du Travail animée par le groupe les Zétourdis.

    On vous sent particulièrement révoltée par ce qui est imposé
    au peuple cubain
     ?

    B.A. : Oui car pendant que d’autres pays exportent des armes ou font la guerre, Cuba envoie des brigades médicales dans le monde entier. Elles ont combattu le choléra en Haïti, Ebola en Afrique, le Covid dans une vingtaine de pays du monde… Cuba mérite le soutien solidaire du monde entier.

    * Avec restauration sur place

  • [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir quitté vos responsabilités au PCF ?

    Jean-Frédéric Déjean : Car les statuts du PCF préconisent de ne pas occuper le même poste plus de neuf ans. Après trois mandats, c’est l’occasion de donner des responsabilités à quelqu’un d’autre. Je ne quitte pas le Parti ! J’accompagnerai la suivante, Margaux Efthimiadi-Alpe, élue le week-end dernier, je continuerai à militer activement et à jouer le rôle d’élu municipal et communautaire.

    Quels sont les enjeux du mandat municipal malgré la défaite ?

    J.-F.D. : Je retiens que malgré tout, les scores ont placé une liste d’union de la gauche portée par un communiste en tête. Il faut mesurer la qualité de notre travail : nous avons augmenté notre score de plus de 2 000 voix au 1er tour comparé aux municipales de 2020. Idem au 2nd tour, où on en fait 600 de plus, alors que Patrick de Carolis en perd au lieu d’être réélu au 1er tour. Cela démontre que notre démarche unitaire est pertinente et que la gauche n’est pas morte à Arles.

    Quelle est votre plus grande fierté après 10 ans à la tête de la section du PCF arlésien ?

    J.-F.D. : Notre capacité à renouveler nos adhérents. Nous avons perdu des camarades âgés, mais aussi réussi à faire venir de nouvelles adhésions et maintenir un effectif équivalent à mon arrivée en 2016. La section est active en dehors de la vie municipale : loto, ferrade, drôle de Noël, solidarité avec Cuba et 1336… Je retiens les 3 semaines de législatives en 2024 où tout le peuple de gauche s’est rassemblé sans se disputer, c’était la première fois que je voyais un tel enthousiasme. C’est là que le désir d’Union pour Arles s’est créé.

    Quel rôle a tenu le PCF dans votre parcours personnel ?

    J.-F.D. : Avant d’être secrétaire de section en 2016, j’ai effectué une formation de cadre. Il y a une volonté dans le Parti d’accompagner les adhérents dans l’acquisition de connaissances économiques, philosophiques et sociologiques, ou l’animation de collectif. Entre mon adhésion en 2013 et aujourd’hui je ne suis plus le même homme. Je le dois à la bienveillance de mes camarades.

    Que comptez-vous faire lors des prochaines échéances électorales ?

    J.-F.D. : Mon engagement c’est avant tout de consolider le rassemblement de la gauche citoyenne et écologiste à Arles, d’être présent sur le terrain dans le cadre de mes mandats. Concernant les échéances électorales, je n’ai pas de plan de carrière, ce n’est pas pour cette raison que je me suis engagé. Tout dépendra de l’état de l’union de la gauche, de ce que veulent les communistes et l’Appel d’Arles. Mais ça ne me ferait pas peur.

  • [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    La Marseillaise : La Résistance a été une aventure minoritaire, difficile. Est-ce compliqué de jouer de Gaulle en sachant l’icône qu’il est devenu ?

    Simon Abkarian : Non, car mon travail est d’être au présent de ce que je raconte dans le film. Il faut donc que j’oublie ce qu’il s’est passé. Après, c’est sûr que ça peut paraître casse-gueule d’incarner de Gaulle vu que c’est une icône pétrifiée dans le panthéon de l’histoire de France.

    Qu’est-ce que vous inspire la récupération politique de son héritage par l’extrême droite qui en est pourtant, dans son essence, un ennemi héréditaire ?

    S.A. : Ils se réclament de figures tutélaires comme lui pour faire avancer leur affaire. Mais il faut tenir compte de la matrice du RN qui est celle que l’on connaît.

    Celle que l’on connaît, mais que beaucoup de gens ont visiblement tendance à oublier…

    S.A. : Ça, c’est surtout à cause de certains médias qui s’appliquent à le faire oublier. Mais c’est comme l’histoire de la grenouille et du scorpion. La grenouille traverse la rivière avec le scorpion sur le dos de la grenouille qui dit : « pourquoi tu m’as piquée ? on va se noyer tous les deux ». Et le scorpion lui répond : « parce que c’est ma nature ». Il y a quelque chose de cet ordre. Dans le Rassemblement national, il y a le mot rassemblement qui cloche. Quand on veut rassembler, il faut rassembler tous les Français, quelles que soient leurs origines, naissances, confessions et couleurs de peau. Je trouve dommage qu’on parle toujours de cette ethnicité de la France et jamais du fait social, alors que la misère participe à ce que certaines régions, villes ou quartiers soient livrés à eux-mêmes.

    La perte des repères, les fissures des digues républicaines, le révisionnisme de l’histoire… qu’est-ce que cela dit de la société française actuelle et de ses dirigeants selon vous ?

    S.A. : L’histoire de France, c’est l’histoire de France. De sujets du roi, on est passé à citoyens. De citoyens, on est passé à citoyens éclairés. De citoyens éclairés, on est passés à consommateurs décérébrés. Et après, on nous dit de réfléchir. Mais on n’a plus les outils pour le faire. À mon époque dans les années 1970, on était politisé. On savait qui faisait quoi, où étaient la droite et la gauche. Maintenant, les choses sont ce qu’elles sont sur la planète, le mur est tombé et le capitalisme a gagné la guerre. Il roule sur tout ce qu’il trouve.

    Pensez-vous que « La Bataille de Gaulle » peut permettre de reposer certains repères ?

    S.A. : Alors là, bien sûr qu’il va en poser des repères, ne serait-ce que sur la question de la probité politique, sur l’honneur et la morale, les droits et les devoirs. De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans. Je ne pense pas qu’Antonin Baudry ait réalisé ce film pour que cela résonne politiquement, même si cela va le faire à son corps défendant. Car tout est politique. Moi, j’ai une grande idée de la France. Les gens qui ne font que parler de « grand remplacement » ont une piètre idée de la France et de sa force.

    Quelle était votre image de
    de Gaulle avant de l’incarner
     ?

    S.A. : Chez moi, mon père en parlait en disant qu’il avait sauvé la France et lavé son honneur. Mais je ne savais pas, par exemple pas qu’il avait été condamné à mort par Vichy et déchu de sa nationalité. Mon père était un Arménien du Liban. Il était politiquement engagé à gauche dans la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA). Chez nous, l’éducation était de base : injustice-justice, héroïsme-lâcheté. On me demande souvent de quelle origine je suis. Je réponds d’abord que je suis d’origine pauvre.

    Arménien et pauvre comme Missak Manouchian. Un apatride, un ouvrier, un poète, un résistant communiste et une figure dont le RN a aussi voulu s’emparer au moment de sa panthéonisation ?

    S.A. : Ils veulent se laver de leur passé et faire peau neuve pour pouvoir accéder au pouvoir. Après, je pense qu’on n’échappe pas à sa nature. Je suis sûr qu’ils vont finir par se réaffirmer tels qu’ils sont avec leur idéologie mortifère.

  • [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    Oriane Castan : France Victimes 34 est une association d’information et d’aide aux personnes victimes. Dans quel domaine se situent ces personnes victimes et comment se traduisent ces deux pôles, informer et accompagner ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : L’information est destinée au grand public mais aussi à tous les professionnels avec qui nous travaillons et qui ne sont pas forcément du milieu judiciaire. Nous travaillons bien évidemment de façon très étroite avec les représentants du Parquet, les avocats, tous les services qui interviennent dans le cadre des procédures judiciaires mais aussi les hôpitaux, les autres associations et avec tous ceux qui peuvent nous aider à être en bonne connaissance des difficultés que rencontrent les victimes.

    Olivier Nottale : Des psychologues aussi ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, des psychologues, des travailleurs sociaux. C’est toujours très compliqué de parler d’une association qui intervient dans des procédures judiciaires, des parcours judiciaires. J’utilise un langage qui n’est pas toujours compris du grand public. Je discutais récemment avec quelqu’un et on parlait des classements sans suite. Moi je sais précisément de quoi il retourne mais dans le grand public, à moins d’avoir été soi-même concerné, on ne connaît pas les définitions.

    Oriane Castan : Pour bien comprendre, concrètement, c’est quoi le parcours « type » d’une personne victime ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Vous êtes, Madame, Monsieur, victime d’un vol de carte bleue, d’une agression ou d’insultes dans les transports, de harcèlement sur la voie publique ou, plus grave, d’une atteinte à la personne. En principe, on intervient à partir de la plainte et le temps de la procédure judiciaire.

    Oriane Castan : Votre accompagnement se fait de manière automatique ou la personne doit en faire la demande ?

    Roselyne Leplant-Duplouy :

    On ne travaille jamais sans que la personne victime nous donne son accord, évidemment. Il nous arrive d’aller au devant, d’être proactifs. Les services de police et de gendarmerie ont tout un protocole qui induit une orientation vers France Victimes pour toutes les plaintes, quelle qu’en soit la nature. Dans ce cas de figure là, quand on a la saisine, c’est-à-dire le signalement par les services de police, de gendarmerie, voire les juges d’instruction, on contacte la personne victime et on lui propose nos services. Il n’y a pas de contraintes. La justice ne contraint pas à être accompagné par France Victimes. Il faut vraiment qu’il y ait une adhésion. Cela ne pose aucun problème dans 90% des cas.

    Olivier Nottale : La personne est rassurée de trouver une oreille attentive ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, une oreille attentive et des professionnels qui vont lui expliquer quel va être son parcours. Car le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant.

    Oriane Castan : Comment
    ce parcours se traduit-il
     ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : La plupart des associations du réseau national de France Victimes – nous sommes 130 associations sur le territoire, en métropole et outremer – nous avons des juristes formés en droit pénal et des psychologues formés en victimologie. C’est l’équipe de base. Après, il y a le volet social dont on s’occupe avec notre partenaire, le Département [de l’Hérault] qui depuis de nombreuses a engagé des fonds pour mettre à disposition des commissariats et des gendarmeries des assistants du service social. Ils sont spécifiquement là pour compléter notre travail.

    Oriane Castan : Si vous n’intervenez pas pour accompagner ces personnes victimes qui le fait ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Personne. Les avocats font leur travail. Après on a tout un réseau d’associations partenaires et de services qui nous connaissent. On peut venir taper à notre porte quelle que soit l’étape du parcours judiciaire.

    Olivier Nottale : Les personnes victimes se trouvent confronter à un mur, celui de la justice…

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, vous avez complètement raison. On n’est pas là pour minimiser la nature de l’infraction. Un vol de carte bleue, par exemple, je vais savoir quoi faire. Mais un vol de carte bleue chez une personne qui est fragilisée sur le plan social, psychologique ou voire en situation de handicap ou âgée, peut représenter un traumatisme. Tout le monde peut être victime à un moment de sa vie, potentiellement.

    Olivier Nottale : Il y a la question du temps de la justice, des moyens mis à disposition…

    Roselyne Leplant-Duplouy : La France a un des dispositifs sociaux, dans son ensemble, qui ne ressemble à aucun autre pays en Europe. On a des choses très structurées depuis des lustres qui ont besoin d’être mises au goût du jour. On a un système judiciaire très structuré et, en même temps, ces rouages font que, lorsque l’on fait remonter, cela prend du temps.

    Les choses sont faîtes très sérieusement en matière judiciaire, je le dis haut et fort parce qu’il y a des discours en ce moment. Il faut avoir les moyens et se focaliser sur ce que l’on peut améliorer.

  • [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    [Entretien] Gaëlle Rodeville : « Renforcer la vie du centre-ville d’Aubagne »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif principal de la braderie prévue à la fin du mois ?

    Gaëlle Rodeville : Il y a plusieurs buts. Le premier, c’est de revitaliser le centre-ville et de trouver un événement qui permet aux Aubagnais et aux Aubagnaises de se réapproprier à la fois les commerces, leurs rues et le centre-ville, déserté depuis plusieurs années par les habitants. Le deuxième objectif, c’est de faire de cette braderie un moment de fête et de convivialité, puisqu’il y aura notamment des animations culturelles comme de la danse, du théâtre et du chant. Tout sera fait pour que les gens aient plaisir à rester à la braderie et y passer la journée.

    Quelles sont les raisons qui expliquent la désertion progressive du centre-ville par ses habitants ?

    G.R. : Aujourd’hui, on a une ville qui est nue, si je puis dire. Il n’y a plus d’animation ou d’événement qui permettent à la population de se retrouver dans le centre-ville. En fait, la ville d’Aubagne n’a pas la chance d’avoir ni la mer, ni une activité particulière. Elle a donc besoin d’activités culturelles ou commerciales de façon à ce que les gens se réapproprient le centre-ville. Aujourd’hui, on a un centre-ville qui est finalement un peu dénué d’espaces agréables. Il n’y a pas de zone ombragée, par exemple.

    Souhaitez-vous inscrire la braderie dans la durée et en faire un rendez-vous pérenne ?

    G.R. : Oui, absolument, c’est plus qu’un objectif. Nous souhaitons effectivement inscrire l’événement dans la durée et le renouveler de façon consécutive, au moins trois ou quatre fois dans l’année. Au fur et à mesure, nous aimerions pouvoir le déployer sur plusieurs jours. La braderie sera une manière de renouveler la qualité de vie, mais aussi de renforcer l’activité culturelle de la ville. À long terme, l’idée est qu’elle amène aussi des touristes ou des gens venus d’autres communes qui ont envie de participer à cette journée-là.

    Constatez-vous un engouement de la population autour de cette future braderie ?

    G.R. : Oui, le signe positif, c’est qu’il y a énormément de participants. Nous avons pu constater l’enthousiasme des habitants, mais aussi celui des associations et des commerçants. Il y a une envie commune de renforcer la vie du centre-ville.

    La redynamisation du centre-ville constitue-t-elle une priorité de votre action ?

    G.R. : La problématique et le regard sont complètement différents je pense. C’est-à-dire que le vivre ensemble et le croisement des publics sont une priorité. Nous souhaitons que toutes les propositions, qu’elles soient culturelles, commerciales ou sociales, soient pour toutes et tous, pour garantir l’accessibilité. Nous voyons bien, aujourd’hui, l’état de notre centre-ville et nous déplorons qu’un tas de choses aient été retirées, comme les porches qui permettaient d’avoir de l’ombre sur la place principale. Cela dénature la ville et c’est ce qui explique aussi qu’il y a eu finalement très peu d’activités, ces dernières années. Il y a tout un programme à revoir en tenant compte de ce que souhaitent aussi les Aubagnais.

    Grande braderie d’Aubagne, le 28 juin 2026, de 8h à 18h.

  • [Entretien] « L’avancée du nouvel hôpital d’Aubagne dépend du préfet »

    [Entretien] « L’avancée du nouvel hôpital d’Aubagne dépend du préfet »

    La Marseillaise : Vous attendiez-vous à cette nomination en tant que délégué spécial ?

    Mohammed Salem : Oui, complètement. Je discute avec le maire actuel depuis deux ans et nous avons de bonnes relations, malgré le fait que je me sois présenté aux élections municipales [d’Aubgane, Ndlr.]. On est en phase sur ce projet qui est plus que nécessaire pour Aubagne et pour le territoire dans sa globalité. Je discute avec tous les maires du territoire, au-delà des étiquettes partisanes. Aujourd’hui, c’est une nécessité d’avoir un hôpital qui répond aux normes modernes et qui s’inscrit dans l’évolution de la médecine publique.

    Concrètement, quel est votre rôle ?

    M.S. : Ce projet a 7 ans et nous n’avons toujours pas réussi à en sortir quelque chose de complet et cohérent. Il s’agit d’un dossier avec beaucoup de protagonistes : l’ARS [Agence régionale de santé, Ndlr.] Paca, l’État, l’hôpital qui porte le projet, mais aussi la Ville d’Aubagne, la Métropole, pour l’aménagement et la mobilité, puis la Région et le Département. Tout cela nécessite beaucoup de travail de coordination. Aujourd’hui, une version du projet, retravaillée par les équipes de l’hôpital après avoir été retoquée par l’ARS, a été approuvée par le cabinet du Premier ministre, même si plusieurs recommandations ont été faites.

    Quelle est la prochaine étape ?

    M.S. : La question du foncier pose aujourd’hui quelques problèmes. Le terrain où est envisagée la construction, celui des Gargues, n’appartient pas à Aubagne, mais à des propriétaires privés. Nous avons donc fait une demande de DUP [Déclaration d’utilité publique, procédure administrative permettant de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant, précisément pour cause d’utilité publique, Ndlr.]. Elle a été validée par le commissaire-enquêteur et attend aujourd’hui la signature du préfet. Une fois cette signature obtenue, tout le reste devrait découler. C’est une priorité. Même si, bien sûr, nous comptons aussi sur le bon sens des propriétaires et ne souhaitons pas forcément passer par une procédure d’expropriation.

    Ensuite, un comité de pilotage avec toutes les parties prenantes est prévu le 26 juin. C’est l’occasion de commencer à piloter ce projet qui nécessite vraiment d’être centralisé. Je pense qu’il faut vraiment que nous parlions d’une seule voix avec toutes les communes concernées [le conseil municipal d’Aubagne a appelé, vendredi 5 juin, à la création d’un « front commun territorial » avec les 19 communes directement touchées par l’arrivée du nouvel hôpital, Ndlr.].

    Un plan d’efficience, impliquant une potentielle réduction de la masse salariale de l’hôpital pour réduire son déficit, a été évoqué par l’ARS. Quelle est votre position ?

    M.S. : Moi, j’ai l’intention de mener ce projet sans toucher, bien sûr, à la masse salariale de l’hôpital. Le service pédiatrie d’Aubagne est le seul à l’est de Marseille jusqu’à Toulon. Il est très reconnu au niveau de la région. Nous avons également un service d’urgences ultra-performant. L’été, on donne souvent un coup de main à l’hôpital d’Aix-en-Provence ou de La Ciotat. Il y a le déficit, d’accord, mais il y a aussi tout cela à mettre sur la balance. Si on s’engage à faire un projet de nouvel hôpital avec moins de personnel, ce n’est même pas la peine.