Tag: enseignement supérieur

  • Admis au bac avec mention mais recalé par l’algorithme

    Admis au bac avec mention mais recalé par l’algorithme

    Quand Manuel*, lycéen dans un établissement privé de Marseille, formule ses vœux sur Parcoursup, rien ne laisse présager du parcours du combattant qui attend sa famille. Pour faire des études de kiné, il envisage une première année de médecine. « C’est un profil d’élève qui a suivi une scolarité classique sur des spécialités scientifiques », raconte sa mère.

    Consciente de l’incertitude qui accompagne désormais l’orientation post-bac et forte de l’expérience de sa fille aînée, cette dernière prend les devants. 24 vœux sont formulés : médecine, licences scientifiques, psychologie, Staps mais aussi des BTS « au cas où ». « Je lui disais : c’est le plan B, le plan C… ».

    Bon à rien, sans avenir

    Mais très vite, c’est l’incompréhension. Les BTS sont refusés. Les formations sélectives de médecine le placent trop loin sur des listes d’attente pour espérer une admission. Même les licences universitaires non-sélectives semblent inaccessibles. « On se demande comment font les enfants qui n’ont pas les parents derrière » souffle sa mère, écœurée du manque d’accompagnement et du timing.

    Car les premières réponses brutales, coïncident avec les épreuves du bac. « Il est allé passer ses épreuves en pleurant, en disant : je ne veux plus y aller, ça ne sert à rien. Il disait qu’il était bon à rien, qu’il n’avait pas d’avenir. » À la maison, il faut alors convaincre l’adolescent d’aller au bout : « Sa fin de lycée s’est faite dans les larmes, il ne voulait même pas aller au bal de fin d’année… » Avec la phase complémentaire, le 11 juin, l’espoir renaît. De nouvelles candidatures sont déposées. Sans succès. « On avait un retour en trois minutes : dossier non retenu. On imagine qu’il est bloqué par l’algorithme », reprend sa mère

    Malgré de nombreux appels à la plateforme, elle ne comprend pas pourquoi son fils reste sans proposition. Un paradoxe encore plus difficile à accepter que Manuel obtient son bac avec mention. « Là il se dit, je vais avoir au moins une licence », poursuit-elle sauf que les listes ne bougent pas. Avant la fermeture de la phase complémentaire, elle apprend « que les notes du bac ne comptent pas ». Ce même algorithme…

    « Une fois on m’a dit qu’ils étaient coincés par le nombre de demandes », poursuit-elle, « une autre on m’a dit qu’avec un service civique, il aurait des points pour faire la licence qu’il voulait. Mais quel rapport ? » Un accompagnement pouvant déboucher sur des places disponibles en septembre, est proposé… Mais tout va se débloquer de façon inattendue. Après avoir directement contacté un établissement dont les formations étaient ouvertes en complémentaire, elle envoie ses notes du bac et Manuel est « pris dans la journée… »

    Aujourd’hui soulagée, elle reste marquée par l’expérience. Assistante sociale à l’enfance, elle s’inquiète des conséquences psychologiques pour des jeunes déjà fragilisés par cette période charnière. « On est sur une tranche d’âge où apparaissent les premières maladies mentales, on est sur un risque psychique maximum, et leur faire vivre ça… Si je n’avais pas passé un mois à lui dire que ça ne définissait pas ce qu’il est, qu’il allait y arriver, mon gamin aurait fini terré au fond de son lit. C’est complètement inégalitaire. »

    * son prénom a été changé

  • Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    C’est un été compliqué qui s’annonce pour des milliers de lycéens et étudiants en réorientation. La phase principale d’affectation de Parcoursup s’est clôturée samedi 11 juillet, la plateforme recense 126 652 candidats, parmi lesquels 57 024 bacheliers, 46 216 étudiants en réorientation et 23 412 candidats scolarisés à l’étranger, n’ayant pas reçu de proposition positive à l’un de leur vœu formulé. Cela équivaut à près de 15% des demandes, quand 576 749 bacheliers et 152 351 étudiants ont reçu au moins une proposition d’admission. À titre comparatif, le nombre de candidats sans proposition était de 103 582 en 2025. « Comme l’an dernier, ce sont des dizaines de milliers de bacheliers qui ont des réponses négatives à leurs vœux, des dizaines de milliers qui sont affectés dans une filière “par défaut”, parfois loin de chez eux, avec tous les frais et les difficultés que cela engendre… », dénonce dans un communiqué la Fédération nationale de l’enseignement de la culture et de la formation professionnelle Force ouvrière (Fnec FP- FO).

    Huit ans après son instauration, l’outil reste plus que jamais décrié. « La logique de Parcoursup a été faite pour créer une espèce de goulot d’étranglement qui s’inscrit dans la volonté de tri des élèves qu’on a vus à tous les niveaux, jusqu’au collège avec “le choc des savoirs” », fustige Marion Chopinet secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille. Dans un communiqué, le ministère de l’Enseignement supérieur pointe un « contexte de croissance forte du nombre de candidats inscrits cette année sur Parcoursup », soit 66 000 supplémentaires, en particulier du nombre de lycéens +10 000 par rapport à 2025 (660 000 lycéens au total) et davantage d’étudiants, 206 000 étudiants en réorientation (soit +23 000 par rapport à 2025).

    Une hausse démographique qui s’accompagne d’une suppression de 10 300 places cette année par rapport à 2025 selon Snesup-FSU. Auxquelles s’ajoutent les 43 000 places en moins par rapport à 2024. « Au lieu de mettre les moyens sur le supérieur et sur l’université pour ouvrir des places à tout le monde, on a pris le prétexte des taux de réorientation ou d’échec en première année pour créer un système de sélection extrêmement difficile. C’est-à-dire que maintenant, même sur un accès à l’université, la place n’est pas acquise », tempête Marion Chopinet.

    « Même à l’université,

    la place n’est pas acquise »

    Dès lors, et pour éviter que les élèves ne subissent le stress de se retrouver sans orientation, les professeurs les incitent à choisir des filières moins sélectives, à défaut de s’orienter vers celles qui leur plaisent… « On est hyper attentifs à ce que les élèves mettent des vœux de sécurité. C’est dans toutes les stratégies expliquées partout qu’on ne fait pas que des vœux sélectifs sur Parcoursup, puisque même les universités s’intègrent là-dedans, mais là aussi, même quand on demande une fac de sciences ou de langue, on n’est pas du tout sûr d’avoir de la place », déplore la syndicaliste. Quelque 5 781 bacheliers et 719 étudiants sans proposition d’admission ont depuis le 1er juillet sollicité l’accompagnement personnalisé des commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) pour les aider à trouver une place.

    La phase complémentaire se poursuit sur Parcoursup jusqu’au 10 septembre. Les candidats pourront se tourner d’ici là vers les formations où des places sont encore disponibles. Quelque 83 000 places sont vacantes dans 6 000 formations diversifiées (licences, BTS, BUT, classes préparatoires, écoles, etc.), selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Si l’on se fie à la carte interactive des formations disponibles, il reste par exemple des places en prépa au lycée Saint Exupéry à Marseille (15e), ou encore en licence de lettres à l’université d’Avignon, en BTS négociation et digitalisation de la relation client au lycée Dominique-Villars de Gap, en BUT génie biologique parcours agronomie au site de Digne-les-Bains de l’IUT d’Aix-Marseille, ainsi qu’en apprentissage certificat de spécialisation sommellerie au sein du lycée des métiers d’hôtellerie et tourisme Anne-Sophie-Pic à Toulon.

    Explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif

    « En parallèle, le gouvernement Macron-Lecornu fait tout pour diriger les jeunes vers des formations payantes… ou bien vers l’armée », fustige la Fnec FP-FO, qui appelle à abroger Parcoursup. Et pour cause : sur les 16 635 formations consultables sur la carte interactive du ministère en charge, 6 646 le sont au sein d’établissements publics, 4 425 vers des structures privées en contrat avec l’État ou d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), quand 5 564 sont exclusivement privés, allant de l’apprentissage rémunéré par l’entreprise à des formations facturées à 9 700 euros l’année ! « Parcoursup, ce n’est pas seulement le stress et la sélection. C’est aussi l’explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif. Un marché parallèle s’est développé, financé par la taxe d’apprentissage et par des familles laissées seules face à un algorithme. Les jeunes sont l’avenir du pays, pas une marchandise. », alertait en janvier le sénateur communiste Pierre Ouzoulias.

  • L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    Un pillage en règle des fonds de la recherche publique. Comme à Paris, Toulouse ou Grenoble, ingénieurs, chercheurs, directeurs de recherche se sont retrouvés ce jeudi 11 juin sur la place Charles-de-Gaulle pour dénoncer les baisses de subventions successives opérées par l’État envers les établissements publics de recherches. CNRS, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)… Tout le monde est concerné.

    « Ils sont allés taper dans les fonds de roulement, les ressources propres fléchées et non fléchées. On est à l’os », résume Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS (Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique)-CGT Provence Corse, ingénieur chimiste de l’environnement.

    Concrètement, toutes les strates du budget des laboratoires sont touchées. D’abord l’argent que ces derniers réussissent à décrocher dans le cadre de partenariat avec les entreprises, « qui améliore l’ordinaire et permet notamment d’acquérir du matériel ou de l’entretenir », commente le syndicaliste. C’est sur cet apport aussi que « nous réalisons les travaux préliminaires de nos recherches qui vont nous servir à décrocher des projets, car nous devons tout justifier », ajoute Véronique Alphand, du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS)-FSU, chercheure en chimie « en interface avec la biologie ».

    Les financements obtenus auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR), de l’Europe sont aussi concernés assurent les syndicats. L’Agence voyant ses possibilités revues à la baisse de 9% s’indigne Didier Gori. « France 2030 sera impactée de 100 millions, la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (Mires) de 139 millions d’euros », liste-t-il. Des coupes qui s’ajoutent au milliard d’euros d’économie annoncé par le gouvernement sur les services publics, avec 62,2 millions en moins pour les établissements de recherche publique.

    Les CDD gelés au CNRS

    Les conséquences se font sentir. Dans une lettre adressée ce vendredi 8 juin aux directeurs d’instituts, délégués régionaux et directeurs d’unités, le patron du CNRS détaille des mesures conservatoires pour coller au budget « rectificatif » où Bercy réclame l’annulation de 20 millions d’euros supplémentaires. Sur la « masse salariale limitative », 70% des recrutements ou renouvellement d’agents en CDD sont gelés jusqu’au 30 septembre. Sur les fameuses « ressources propres », 100% des recrutements d’agents en CDD sont gelés. À noter que le CNRS Paca Corse, avec ses 82 structures de recherche, 1 008 chercheurs, 1 238 ingénieurs, techniciens et administratifs dont 727 contractuels, 222 doctorants, et 277 millions d’euros de budget annuel est parmi « les investissements les plus conséquents du CNRS en région », indique son site Internet.

    Conditions de travail dégradées, turn-over important dans l’administratif, manque d’attractivité, s’ajoutent à la mise en péril des projets témoignent les manifestants. Nathan qui travaille au laboratoire d’astrophysique de Marseille, déplore la mise en concurrence à l’intérieur même de l’unité. « On met à mal la recherche fondamentale », se désole un autre collègue. Tout ça au profit d’une « économie de guerre », s’agace Didier Gori, alors que face « aux défis environnementaux, climatiques, sociétaux », la recherche a toute sa place, estime-t-il, lui qui travaille justement au quotidien sur la pollution.

    « Un pays qui n’investit plus dans sa recherche, c’est un pays qui perd sa souveraineté », pose le syndicaliste. Et un « déni démocratique », embraye Véronique Alphand. « Lutter contre le complotisme ambiant, montrer que la science ça sert c’est aussi ça l’intérêt de la recherche », assène-t-elle.

  • Le département du Var récompense la recherche et l’innovation

    Le département du Var récompense la recherche et l’innovation

    Lancés fin 2024 par le conseil départemental, les Prix de l’innovation et de la recherche du Var s’inscrivent dans le cadre de la politique « Var, terre d’innovation », qui entend mettre en relation le domaine public, la recherche, la formation et les activités économiques, en promouvant de nouveaux modèles de développement territorial pour les années venir.

    Cette année, plus de 50 candidats, étudiants, associations, chercheurs, acteurs de l’économie sociale et solidaire, entrepreneurs ou collectivités locales ont concouru dans cinq catégories (innovations technologique, sociale et environnementale, prix des collectivités et le prix nouvellement créé « valoriser notre territoire »), auxquelles s’ajoutait le prix « coup de cœur du jury ».

    « Comme en matière de protection de l’environnement, nous avons l’ambition de fédérer l’innovation. Nous avons eu des projets de qualité, compliqués à départager », a salué le président du Département, Jean-Louis Masson.

    Ont ainsi été récompensés, entre autres, le projet Stop Crabe 83 (innovation environnementale), qui vise à limiter la prolifération du crabe bleu par des moyens scientifiques et sociaux, le dispositif Seat Up (innovation sociale) destiné à favoriser l’accueil des personnes à mobilité réduite lors des concerts grâce à des sièges ajustables en hauteur, et le projet de chauffage solaire Sunaero (innovation technologique), qui permet de diffuser un air chauffé jusqu’à +30 °C par rapport à la température extérieure. Chacun d’entre eux a reçu une aide de 10 000 euros. « Et on réfléchit à accompagner les projets pas encore mûrs dans leur progression », note Laetitia Quilici, vice-présidente du Département à la commission numérique, enseignement supérieur, recherche et innovation.

  • Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Gardanne : Sabrina Roubache en visite au lycée de l’étoile

    Dernière étape de la visite de la ministre déléguée Sabrina Roubache, ce lundi : la section professionnelle du lycée Fourcade de Gardanne, site du lycée de l’Étoile. Celui-ci regroupe plus de 300 élèves contre 1950 sur la totalité du site. Après ses visites à Istres et Salon-de-Provence, Sabrina Roubache a rencontré les équipes pédagogiques avant d’échanger avec les élèves en formation dans les services d’aide à la personne.

    Une problématique bien spécifique a été portée à sa connaissance par le proviseur, Jean-Paul Peyrache. Il y a 9 ans, le lycée professionnel de l’étoile a été rattaché au lycée général et technologique (LGT) de Fourcade. « Une fusion qui demeure insatisfaisante à ce jour. Les professionnels que nous sommes ont su s’adapter. Mais, là ou l’école doit œuvrer à la mixité sociale et l’intégration, nos élèves de la Section d’enseignement professionnel (SEP) vivent leur scolarité à un kilomètre de leurs camarades du LGT », a expliqué le proviseur. Il a aussi rappelé que « le LGT affiche un IPS [indice de position sociale] de 126,8, quand celui de la SEP est de 92,3, soit 34 points de moins. Quand le recrutement des filières générale et technologique s’effectue à 75% sur un secteur résidentiel privilégié, celui de la SEP a le même taux sur des quartiers marseillais défavorisés et éloignés. Ce qui pourrait n’être qu’un constat classique des différences habituelles entre enseignement pro, général et technologique, prend une dimension bien plus stigmatisante dans ce lycée ». Une seule solution pour Jean-Paul Peyrache : implanter l’étoile sur le site du lycée général et technologique. Le foncier, selon lui, est disponible.

    « La voie pro attire »

    « Vous avez une ministre qui a été choisie par le président pour reprendre ce portefeuille qui, depuis 2024, n’existait plus trop, rappelle Sabrina Roubache. Je suis venue vous voir pas seulement pour visiter, mais pour prendre votre dossier, travailler et vous apporter le maximum de solutions. » La ministre a précisé que, sur ce dossier, « ce qu’on nous demande, c’est d’avoir quelque chose qui ressemble plus à une cité scolaire, plutôt que deux pans de formation qui ne se croisent pas. C’est un problème de bâti, de structure, de foncier ».

    Ce point local abordé, la ministre a élargi les échanges aux enjeux plus globaux de la voie professionnelle, qu’elle affirme toujours attractive. Et rappelle que « 650 000 lycéens professionnels représentent un tiers des lycéens ». En apprentissage, les apprentis seraient passés de 300 000 en 2017 à un million à ce jour. « Que la voie professionnelle n’attire pas, ce n’est pas vrai », assure la ministre, qui souhaite « déployer les internats, donner des possibilités d’hébergement aux familles pour que chaque enfant qui a envie de faire une formation [puisse la faire] ».

    Elle réitère son projet de « réforme de carte des formations professionnelles » articulée autour d’une question : « Comment créer, dans des bassins d’emploi, notamment chez nous avec Gardanne, Istres, Fos et Berre, des formations qui vont donner d’ici 2030 entre 6 000 et 10 000 emplois ? » Et assure, sur les baisses des aides aux entreprises pour le recrutement en alternance : « Il n’y a pas de baisse drastique, il y a un réajustement à la maille, mais c’est une politique qui a démarré il y a 9 ans. »

  • L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    « Bonjour Madame, voilà le bilan de ce qui a été fait par l’équipe municipale sortante de Gaby Charroux ! » Ce mardi soir, à Paradis-Saint-Roch, ils sont une vingtaine, comme Marianne Bocca, à se répartir dans tout ce quartier de Martigues pour distribuer le bilan de la majorité du maire (PCF) Gaby Charroux et de son équipe.

    Les militants sont souriants, motivés. Sportifs même, parfois. Notre militante communiste fraîchement retraitée monte les escaliers d’un immeuble et sonne à deux portes. « Et si ça répond aux deux, eh bien, je discute avec les deux à la fois » répond-elle candidement. L’accueil des habitants est positif : « Les gens ouvrent, prennent le bilan, sont polis… Je suis même tombé sur des employés municipaux qui m’ont reconnu », confie Béatrice, une militante et ancienne agente.

    Thomas, doctorant trentenaire, est porté sur la discussion. Une habitante qui ouvre sa porte, Angèle Vellan, l’interpelle non pas sur le bilan qu’elle vient de recevoir, mais sur l’avenir. « Je trouve qu’on n’aide pas beaucoup les jeunes », estime-t-elle.

    « Le sport est gratuit avec les Centres d’initiation sportive, le conservatoire est gratuit, sinon parmi les moins chers selon l’âge », défend le militant. « Oui, j’y emmène ma petite-fille, reprend la septuagénaire, mais je parle surtout pour l’après-bac, ça peut angoisser d’aller à Aix ou Marseille pour les études », fait-elle remarquer.

    « Une ville universitaire »

    Le doctorant originaire de Carro est bien placé pour en parler. « Je suis d’accord avec vous, il y a besoin de faire revenir des études supérieures à Martigues, que nos jeunes ne partent pas tous à Aix ou Marseille. Et ça commence avec la licence pro industrielle que va ouvrir l’université d’Aix-Marseille bientôt », détaille Thomas. « Il y a aussi les formation aux métiers du cinéma », abonde-t-il. « C’est très bien » reconnaît Angèle Vellan sur ce point.

    Le militant, non encarté, estime en aparté qu’« il y a une dynamique, la mairie actuelle a pris en compte cette attente des gens d’avoir des études sur place, c’est un enjeu », estime-t-il. Lui qui a effectué ses études à Marseille considère que « la nouvelle licence entre dans ce cadre ». Et ce, aux côtés de l’Institut de soins infirmiers, entre autres.

  • Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Campus Hoche : l’Université de Nîmes entre dans une nouvelle ère

    Sous la chapelle restaurée, baignée de lumière et surmontée de son dôme majestueux, l’émotion était palpable ce mardi 20 janvier. Devant élus, représentants de l’État, partenaires institutionnels, personnels et invités, Benoît Roig, président de Nîmes Université, a inauguré la seconde et dernière tranche du site Hoche. Un moment attendu de longue date, qui marque l’aboutissement d’un projet engagé au milieu des années 2000 et devenu, au fil du temps, bien plus qu’un simple chantier immobilier.

    Installé dans l’ancien hôpital Gaston-Doumergue, fermé après les inondations de 1988 et les fragilités structurelles révélées par le temps, le site Hoche raconte à lui seul une histoire nîmoise : celle d’un patrimoine transformé en lieu de savoir. Racheté par la Ville en 2003, réhabilité par étapes successives – ouverture de Hoche 1 en 2013, livraison du bâtiment de recherche en 2023, puis restauration de l’aile sud-ouest et de la chapelle en 2026 –, le campus est désormais pleinement achevé.

    La dernière tranche inaugurée représente près de
    2 400 m² supplémentaires, avec dix salles de cours et douze salles de travaux pratiques dédiées aux pôles scientifiques (physique, chimie, biologie). Dès la rentrée prochaine, les formations scientifiques quitteront le site des Carmes pour rejoindre Hoche, permettant à terme l’accueil d’environ 1 500 étudiants sur ce campus en cœur de ville. Un équipement moderne, pensé pour les usages pédagogiques actuels, avec une attention particulière portée au confort thermique, visuel et acoustique.

    Au total, le projet représente un investissement d’environ 53 à 54 millions d’euros, financé dans la durée par l’État, la Région, le Département, l’Agglomération, la Ville et l’université elle-même. Un engagement collectif salué par le président de Nîmes Université, qui voit dans cette inauguration « l’aboutissement d’un projet mené sur le long terme », rendu possible par « l’appui constant de l’État et l’engagement déterminant des collectivités ».

    « Un nouveau chapitre »

    Mais pour Benoît Roig, pas question de parler de consécration ou de point final. « Ce n’est pas une fin, c’est un nouveau chapitre », a-t-il insisté, inscrivant cette inauguration dans une trajectoire plus large : celle d’une université construite progressivement, avec parfois peu de moyens mais une volonté intacte. De simples antennes universitaires dans les années 1980 à une université forte de plus de 6 000 étudiants aujourd’hui, implantée à Nîmes, Mende, Le Vigan et demain à Alès, le chemin parcouru est considérable. Lors de ses vœux pour 2026, prononcés à l’issue de l’inauguration, le président a réaffirmé la vocation profondément territoriale de l’établissement. Plaidant pour une université « ouverte sur les bassins de vie et les réalités sociales du département », il a rappelé que près de la moitié des nouveaux étudiants sont les premiers de leur famille à accéder à l’enseignement supérieur. Une donnée qui dit beaucoup de la mission sociale de Nîmes Université et de son rôle comme levier d’émancipation.

    Le message s’est aussi adressé aux élus et acteurs économiques présents : l’université doit être pleinement considérée comme un moteur d’attractivité, de cohésion sociale et de développement. « Il n’est pas nécessaire de passer le Vidourle ou le Rhône pour trouver des talents », a lancé Benoît Roig sous la chapelle, dans une formule qui a fait mouche. Avec son dôme reconstruit par les compagnons du devoir, sa chapelle transformée en salle de prestige, ses bâtiments mêlant mémoire et modernité, le site Hoche est désormais bien plus qu’un campus. Il devient un symbole : celui d’une ambition universitaire assumée pour Nîmes et pour tout un territoire qui, longtemps, a dû se battre pour faire reconnaître sa place dans le paysage de l’enseignement supérieur.