Tag: enseignants

  • Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Alors que la sonnerie retentit, des dizaines de parents, de professeurs et d’élèves inquiets se rassemblent devant le lycée Paul-Langevin. En cause : les manques de moyens qui s’accentuent année après année, dégradant les conditions d’enseignement et de travail.

    À la rentrée scolaire 2026, 4 000 postes seront supprimés dans les collèges et les lycées. « Sur la France, ça paraît pas tant que ça, commence le professeur de mathématiques Akrem M’Hamdi. Pourtant si. Ce sont des groupes en moins, donc la fin d’une pédagogie différenciée, individualisée. Ce sont des classes de 35, alors qu’on s’est battus pendant des années pour que les élèves de seconde soient 24 par classe. C’est aussi moins d’accompagnants des élèves en situation de handicap, moins de surveillants. C’est une nouvelle attaque portée à l’école publique. C’est dangereux pour la France de demain. »

    Devant l’établissement, les enseignants distribuent un graphique montrant l’évolution du nombre d’heures par élève entre 2013 et 2026. En 13 ans, la baisse s’établit à 17,08%. « Avant la réforme du lycée, les élèves avaient 32 heures par semaine, rappelle Akrem M’Hamdi. Après, c’est 28 heures par semaine, c’est-à-dire deux mois de cours en moins par an. »

    À Paul-Langevin, les effets de cette « austérité budgétaire » se font déjà ressentir. Élèves en terminale, Lou et Léna témoignent. « On est 36 dans notre classe, donc il y a facilement du bruit, c’est dur d’étudier. On prend du retard sur le programme. Les heures en moins obligent à supprimer des options. L’an dernier c’était l’anglais. L’année prochaine ce sera probablement le latin. On pourra bientôt plus faire de demi-groupe pour les langues, donc on n’aura plus d’oral, alors que c’est nécessaire pour apprendre. Bref, on fait les frais de cette politique et c’est plus vivable. »

    Présents sur place, le maire communiste Gaby Charroux et ses élus annoncent leur intention d’intervenir auprès du rectorat. L’équipe pédagogique annonce quant à elle un mouvement où « deux fois par semaine, des collègues feront grève et se mettront devant le lycée », détaille Akrem M’Hamdi.

  • Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Appel à la grève coordonnée sur les différents établissements de l’Institut méditerranéen de formation (IMF), ce jeudi.

    Un collectif de salariés des trois sites de l’IMF appelait à une grève et un rassemblement, notamment suivi sur Marseille, sur fond de « refus de la dégradation des conditions de travail » pour cet institut qui forme au travail social : futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs… Le collectif dénonce notamment « une surcharge de travail devenue insoutenable […] et une dégradation de la pédagogie ». Le tout, sur fond de baisse de moyens.

    Pour rappel, il y avait déjà eu un premier mouvement social, de la part des étudiants cette fois, début février (lire notre article du 11/02), dénonçant « des restrictions budgétaires qui dégradent la qualité de l’enseignement ». D’où « l’inquiétude réelle de la pérennité de notre outil de travail » de la part du collectif qui a établi un cahier revendicatif de plus d’une page. À Marseille, la mobilisation a duré une partie de la matinée.

  • Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    « Nous voulons que la mobilisation devienne nationale pour les jeunes », revendique Patrick Moreno, professeur d’anglais depuis 2003 et responsable FO au lycée Jean-Perrin (10e). Des professeurs réunis avec les sections syndicales, Snes-FSU, CGT Educ’Action et SNFOLC du lycée qui étaient en grève, jeudi 19 mars.

    Ils ont été prévenus en février de la suppression de 121 heures de la dotation globale horaire (DGH) allouée par le Rectorat de l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée prochaine. Ce jeudi matin, devant les grilles de l’établissement, une quarantaine d’entre eux tractaient et ont pris la parole à destination des élèves. « Cette journée a été mobilisatrice », se satisfait Patrick Moreno. « Les étudiants commencent à s’intéresser à la mobilisation et à avoir les informations », s’enthousiasme une professeure d’anglais.

    « Le ministère n’est pas à l’écoute »

    Teresa et Christell, représentantes des parents d’élèves du Mouvement départemental des parents d’élèves de l’enseignement public des Bouches-du-Rhône (MPE13) s’inquiètent de l’impact de cette baisse de moyens sur leurs enfants, leurs apprentissages et leur futur : « Ce qui en découle, ce sont des classes surchargées ou même des suppressions de classes et de professeurs », soulignent-elles. Alors que chaque année, le lycée accueille une centaine d’élèves en plus. Elles se désolent de voir que « le ministère n’est pas à l’écoute, l’Éducation nationale s’affaiblit » et les « élèves ne sont pas mis au centre de la table ».

    Des enseignants du lycée et les syndicats exigent auprès du Rectorat, le maintien de toutes les heures supprimées, le maintien de toutes les classes, tous les dédoublements et le maintien ou l’augmentation des moyens horaires à hauteur des besoins des élèves.

    Rassemblés en assemblée générale, les syndicats, représentants des parents d’élèves, représentants des lycéens et enseignants grévistes ont voté unanimement pour être reçus par l’administration de l’établissement sur ces suppressions d’heures. Un conseil d’administration du lycée devrait d’ailleurs avoir lieu le 30 mars sur la répartition des moyens pour la rentrée 2026.

    Une demande d’audience auprès des services du Rectorat avait été déposée pour ce jeudi 19 mars, et a été « relayée à trois reprises » selon Patrick Moreno. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils n’ont pas obtenu de retour. Contacté, le Rectorat n’a pas souhaité se prononcer en raison de la période de réserve électorale.

    La suppression de 3 256 postes annoncée, dans le projet de loi de finances 2026, du personnel enseignant de l’Éducation nationale à la rentrée prochaine impacte directement les établissements et les élèves. Jean-Michel, professeur en génie mécanique à la Section d’enseignement professionnel (SEP) et syndicaliste à la CGT Educ’Action, affirme que le retard de vote du budget pour 2026 a « un effet boule de neige » sur les décisions et les moyens alloués.

    « Situation de pourrissement »

    « Solidaire » avec ses collègues, c’est ce que souhaite montrer Bastien, professeur de lettres et histoire en SEP. Même si cette section n’est pas concernée par les baisses, il déplore tout de même « le manque de moyens mis en œuvre » pour répondre aux besoins particuliers des élèves en situation de handicap. « Avec une classe de 30 élèves, nous sommes censés être en demi-groupe, mais nous sommes en classe entière et il y a un manque de matériel pédagogique », explique-t-il.

    « Le budget pour l’économie de guerre augmente, mais les coupes sont drastiques pour les hôpitaux et l’éducation », s’indigne Patrick Moreno. « La jeunesse a raison de se mobiliser, c’est une situation de pourrissement », conclut-il. Il aimerait que les lycéens de Jean-Perrin s’organisent pour faire entendre leur voix dans ce mouvement.

    La mobilisation se poursuit dans le département. L’intersyndicale éducation des Bouches-du-Rhône appelle à la grève le jeudi 26 mars avec un rassemblement à 11h aux Réformés, suivi par une manifestation jusqu’à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN) et à 14h une assemblée générale des personnels en lutte à la Bourse du Travail pour décider des suites.

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • La droite détaille son plan Condorcet pour les écoles

    La droite détaille son plan Condorcet pour les écoles

    Les écoles marseillaises consacrées honte de la République après deux décennies d’abandon étaient un gros point noir de la municipalité de droite sortante en 2020. Six ans plus tard, ses héritiers voient grand et font la leçon. Mardi, Robert Ciampi (HOR), proviseur de la cité scolaire Marseilleveyre et rédacteur du programme, présentait avec Romain Simmarano (Ren) et Laure-Agnès Caradec (LR), son projet pour les écoles de la ville. Un « plan Condorcet », inspiré du plan Charlemagne des collèges destiné à rattraper le retard. Il se décline en six axes et démarrera sur un audit mené avec les agents, parents et la DSDEN, pour établir un diagnostic de l’état du bâti, du matériel, des personnels et des besoins. Classique.

    Objectif ? « Dans tous les quartiers, une école sûre, entretenue, moderne, accessible et remplie de projets », glisse Robert Ciampi pour qui la rénovation constitue le pilier majeur « même si ne parler que du bâti, c’est se tromper ». Au-delà d’un « audit flash » de la SPEM, le programme table sur un Pôle de rénovation des écoles chargé de traiter 60 écoles par an. Mais pas que donc.

    Sur le plan pédagogique, la droite promet une hausse de 20% du budget par élève, des bibliothèques numériques et des études surveillées par des enseignants revalorisés. Le programme prévoit aussi un parcours éducatif adapté à chaque niveau – de l’initiation au goût en maternelle à l’apprentissage des premiers secours en CM2 -, une « maison médicale éducative », une « brigade d’infirmières », un plan DYS, ou la réhabilitation des conciergeries. Tout y est jusqu’à la création d’espace de répit pour les AESH. Pour l’encadrement des élèves en revanche, aucun chiffre n’est donné, si ce n’est celui d’une Atsem par classe de maternelle.

    Les abords des écoles seront sécurisés, avec contrôle d’accès vidéo et médiateurs. Enfin, côté restauration scolaire, Robert Ciampi promet de « travailler avec ceux qui ont le marché » sur des « assiettes de Provence » et d’œuvrer à trouver des cuisines centrales.

  • À Montpellier, le collège Gérard-Philipe se bat pour arracher des moyens

    À Montpellier, le collège Gérard-Philipe se bat pour arracher des moyens

    Il ne manquait plus que ça : l’ouverture à la rentrée prochaine, sur décision du rectorat, d’une nouvelle classe de 3e« sans les moyens horaires réglementaires. On nous allouait 21 heures alors que la loi prévoit un horaire plancher à 29 heures. Cela nous obligeait donc à aller chercher des heures sur notre marge, en réduisant par exemple les heures d’accompagnement en demi-groupe », explique Guillaume Delteil, professeur d’histoire-géographie et élu du personnel Sud Éducation.

    Classé en éducation prioritaire (REP), le collège Gérard- Philipe, à Montpellier, fait pourtant partie des 800 collèges listés par le gouvernement comme concentrant les situations de plus grande difficulté scolaire : au moins 4 élèves sur 10 y obtiennent moins de 8/20 en français et en mathématiques au brevet. « On est déjà confrontés à un manque de moyens globaux pour notre établissement, qui recrute une grande majorité d’élèves dans trois quartiers prioritaires de la ville (Saint-Martin, Tournezy et Lemasson). On n’avait vraiment pas besoin de ça. »

    Aussi, le 12 février, enseignants, personnels administratifs et parents d’élèves se sont rassemblés devant l’établissement autour d’un piquet de grève, avant de se rendre au rectorat, où une délégation a été reçue. Une rencontre qui s’est avérée fructueuse, le rectorat ayant pris, selon le représentant de Sud éducation, l’engagement oral de renoncer à l’ouverture de cette classe de 3e supplémentaire. Un soulagement, certes, mais la situation globale de l’établissement reste inquiétante : « Le contexte économique, social et sécuritaire se dégrade fortement dans ces quartiers. Nous constatons toutes et tous une dégradation de la santé sociale et mentale de nos élèves et de leurs familles », déplore dans un communiqué une intersyndicale Sud Éducation, Snes-FSU, Snalc, FO et Sgen-CFDT.

    L’établissement se bat donc pour obtenir son classement en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+), et les moyens qui vont avec. La dernière fois que la carte d’éducation prioritaire a été redessinée, c’était en 2014… « Elle est complètement dépassée. Aujourd’hui, si on prend nos taux de boursiers échelon 3, notre pourcentage de redoublement, d’élèves vivant en quartiers prioritaires de la ville et notre pourcentage de catégories socio professionnelles défavorisées, on est en plein dans les indicateurs REP+ », assure Guillaume Delteil.

    Conséquence de ce manque de moyens, « le climat s’est nettement dégradé depuis 3-4 ans. On a de plus en plus de violences. On est le collège qui a le plus fait remonter de faits d’établissement graves au ministère », relate Guillaume Delteil. « On n’a quasiment plus de mixité sociale, il est là le problème aussi. Toutes les classes moyennes qui vivent sur le bassin choisissent le privé. » La communauté éducative réclame donc également des postes de surveillants (AED) supplémentaires. Ainsi que des postes d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), « car nous avons de plus en plus d’élèves avec des besoins particuliers. »

  • Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Les syndicats des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale dans l’académie d’Aix-Marseille ne décolèrent pas.

    Du côté de l’académie, et donc du ministère de l’Éducation nationale, le calcul est simple : le nombre d’élèves scolarisés est en baisse : près de 4 600 élèves en moins dans les écoles primaires : 36 postes en moins dans quatre départements de l’académie (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône et Vaucluse). Même tendance et même résultat pour le second degré, en collège et lycée : 883 élèves en moins globalement, 40 emplois supprimés. Du côté de l’administration, cette « forte baisse des effectifs » va de pair avec « l’augmentation des moyens d’enseignement » depuis 2020. Les dispositions pour cette rentrée permettraient, toujours selon les documents officiels de l’Académie que La Marseillaise a pu consulter, une « convergence des taux d’encadrement par types d’établissements par rapport aux ratios nationaux ».

    Effectivement, « l’académie a un niveau d’encadrement bien inférieur à la moyenne nationale », confirme Charlotte Bourgougnon, enseignante et cosecrétaire départementale du SNUipp-FSU des Bouches-du-Rhône. « Cette baisse des effectifs aurait pu nous permettre d’améliorer les conditions d’enseignement, mais au contraire, ces suppressions vont encore plus les affaiblir. Elles vont notamment toucher les remplacements, les enseignements spécialisés, et les établissements des quartiers prioritaires », détaille-t-elle. « Cela va être encore plus difficile voire impossible de dédoubler les classes » dans ces établissements, poursuit Françoise Julia, représentante CGT. Alors que le nombre de ces établissements devrait être à la hausse, théoriquement. « C’est un budget de guerre contre l’Éducation nationale ! », résume Tanguy Langlet, délégué des enseignants FO du Vaucluse, qui a claqué la porte de cette réunion. « Ces suppressions résultent d’un véritable choix politique. L’Éducation n’est clairement pas une priorité pour ce gouvernement ! », dénonce-t-il. Les syndicats ne comptent pas en rester là.

  • Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    « La sirène a retenti, on a dû sortir. » Ce jeudi matin, Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) à la culture à la mairie de Marseille, comme les autres membres du conseil d’administration de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée (Inseamm), dont le directeur général Raphaël Imbert, ont dû quitter l’instance après son interruption fortuite… Et devant une « haie du déshonneur » faite par plusieurs dizaines d’agents, enseignants aux Beaux-Arts, du conservatoire ou encore agents d’accueil. Lesquels ont largement hué la direction avec des slogans sans fausse note : « La direction s’engraisse, la pédagogie régresse » ou encore « direction gavée, école asphyxiée ». La veille, le conservatoire Pierre-Barbizet était fermé du fait d’une grève des agents d’accueil, en lutte depuis plus d’une semaine, pour « plus de reconnaissance » (lire nos articles du 07/01 et 15/01).

    En bref, la colère monte crescendo et les différents corps de l’Inseamm accordent leur violons pour se faire entendre. « Je suis agent ici depuis 1985 et c’est la première fois que je vois un tel mouvement », glisse un travailleur de la culture. Vincent Robinot, élu du Snam-CGT, résume la problématique : « On a le sentiment que la direction générale est sourde aux inquiétudes que l’on exprime depuis bien longtemps. Le projet du campus Art Méditerranée met à mal l’enseignement des arts dans nos établissements. » Avant de prendre un exemple concret : « On voit des embauches au secrétariat général, chez les hauts-cadres, mais aux Beaux-Arts et au conservatoire, pour les agents au contact, il y a des baisses de budgets. » L’écho est sensiblement le même chez les agents d’accueil : « Un sous-effectif, des horaires qui explosent, des missions qui s’alourdissent et des salaires qui stagnent. »

    « Des mesures d’avancées sociales »

    En bon chef d’orchestre puisque président du conseil d’administration, Jean-Marc Coppola veut calmer le tempo : « Il y a des revendications légitimes des agents d’accueil, on a fait des propositions qui ne les satisfont pas, on peut l’entendre. On va se remettre autour de la table. » Sur les critiques de gestion et autour du campus Art Méditerranée, il hausse le ton : « Il y a de l’incompréhension de la part des représentants des personnels. On a un projet qui vise à créer de nouveaux partenariats, à aller chercher des moyens supplémentaires. » Et rappelle tout un panel de « mesures d’avancées sociales » à la fois salariales et indemnitaires mises en place.

    Sur le fond, il renvoie à une situation budgétaire complexe : « Les moyens de l’établissement sont assurés à 80% par la Ville de Marseille, c’est plus de 16 millions d’euros. La contribution a augmenté depuis le début du mandat. Par contre, celle de l’État a diminué et il n’y a aucune contribution de la Région, ni du Département, ni de la Métropole. » Une nouvelle réunion est prévue, ce vendredi entre grévistes, direction et présidence du conseil d’administration.

  • Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    « On s’est levé pour rien ! » Ce mercredi matin, les minots repartent du conservatoire Pierre Barbizet à Marseille, sans avoir pu mettre la main sur leurs instruments. Sur place, des salariés annoncent, avec un air désolé : « Les cours sont annulés toute la journée. » En cause ? Le mouvement de grève lancé par les agents d’accueil et de sécurité du site, sur un préavis de grève de la CGT, se durcit. « On était sur deux heures le matin et deux heures l’après-midi depuis plus d’une semaine, mais on passe sur une grève toute la journée », explique un agent gréviste de l’établissement qui fait partie de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm).

    Pour rappel, ils revendiquent une « meilleure reconnaissance » de leur travail essentiel au fonctionnement du conservatoire, via une hausse salariale et une amélioration de leurs conditions de travail (lire notre article du 07/01). Et si la direction, par la voix du saxophoniste Raphaël Imbert, affiche une ouverture au dialogue social et dit « entendre les revendications », reste que les agents ne sont pas convaincus par ses propositions. « Elles ne sont clairement pas à la hauteur », dénoncent les agents, après un premier round de discussion.

    En parallèle, un collectif d’agents, notamment des enseignants, des Beaux-Arts de Marseille toujours de l’Inseamm, mais situé à Luminy, fait aussi part de son opposition quant « à l’évolution » de l’institut public, avec le lancement d’une pétition. Ils citent « des conditions salariales dégradées » sur fond de « réduction des moyens alloués au Conservatoire comme aux Beaux-Arts ». De quoi animer le conseil d’administration prévu ce jeudi.

  • À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    À Sète, le lycée Joliot-Curie se bat pour arracher des moyens

    Ils n’en peuvent plus de gérer la pénurie. Les personnels du lycée Joliot-Curie, à Sète, ont décidé de tirer la sonnette d’alarme et d’afficher un front intersyndical uni face à une situation qui se dégrade dangereusement.

    Après s’être rassemblés le 2 décembre devant l’entrée principale du lycée, ils ont sollicité, par le biais d’une intersyndicale au complet*, une audience au rectorat. Le 4 décembre, les représentants des parents d’élèves, des personnels et des élèves ont par ailleurs voté contre le budget du lycée lors du conseil d’administration.

    Au cœur de cette mobilisation : le manque de moyens. En termes de personnels, d’abord.  « Il manque au moins trois postes d’AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] pour être en mesure d’accompagner tous les élèves qui ont une notification », assure Marine Trégan, professeure de philosophie au lycée Joliot-Curie et représentante de SUD Éducation. Les AED, assistants d’éducation, seraient également en sous-effectifs. « Certes leur nombre correspond à une moyenne académique, mais cela ne tient pas compte des spécificités de notre établissement. Le lycée est très grand, avec beaucoup de bâtiments, si bien que pour assurer une surveillance optimale et permettre une sécurité des élèves dans l’ensemble de l’établissement, on a besoin de plus d’AED. En outre, il se situe dans une zone particulièrement difficile socialement, sans que cela ne se traduise par un nombre accru d’AED », relève Marine Trégan. « Or il y a régulièrement des violences entre élèves dans notre lycée, et cette année on a une explosion », s’inquiète-t-elle.

    Le dispositif de lutte contre le harcèlement menacé

    Autre point noir soulevé par l’intersyndicale : la baisse globale du nombre d’heures allouées à l’établissement, « notamment des heures qui permettent aux collègues d’assurer des missions supplémentaires, alors même que ces missions ne cessent d’augmenter. Et on les trouve importantes », insiste Marine Trégan. Elle prend l’exemple du dispositif Phare de lutte contre le harcèlement scolaire. « À l’échelle d’un lycée de 2 000 élèves, c’est un travail colossal. Chaque semaine, une équipe réalise des entretiens avec des élèves témoins ou acteurs du harcèlement pour désamorcer des situations. Grâce à ce dispositif, l’année dernière plus de 80% des situations gérées ont été réglées. Sauf que les collègues ont déjà un arriéré de 80 heures qui n’ont jamais été payées et cette année, on nous a annoncé que les caisses étaient vides. Or une centaine d’heures Phare ont déjà été effectuées depuis septembre. Du coup le dispositif risque de s’arrêter », prévient la syndicaliste, inquiète de l’ampleur que pourrait prendre le harcèlement au sein de l’établissement. Pour les mêmes raisons de dotation horaire insuffisante, les enseignements obligatoires d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) pourraient également être remis en cause.

    Par ailleurs, contrainte de gérer la pénurie, la direction envisage de supprimer les primes pour les coordonnateurs de disciplines, ce qui « remettrait notamment en cause l’organisation des épreuves d’entraînement aux différents examens (Bac blancs, entraînements oraux, etc.) », explique la représentante de SUD Éducation. « Nous refusons de devoir sacrifier une de ces missions, et de les exercer de façon précaire ou bénévole ! » La balle est désormais dans le camp du rectorat.

    * SUD Éducation, CGT, FSU, CNT, Snetaa FO, Snalc