Tag: enseignants

  • Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    Des annonces sur l’essence, rien sur les lycéens

    « La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment » : les propos Sébastien Lecornu, mercredi soir, dans une allocution enregistrée et prononcée depuis Matignon. À la veille d’une nouvelle journée de manifestation lycéenne et au surlendemain d’une très importante mobilisation, le Premier ministre a voulu tenter l’apaisement. Sans aucune annonce cependant pour répondre à la colère des lycéens qui exigent des moyens pour étudier dans de bonnes conditions que ce soit en termes d’enseignants présents ou de bâtiments, ou la fin de parcoursup.

    Il n’a en effet que réaffirmé que « les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d’octobre » afin de répondre à la crise. Ou ressorti la carte du « temps de dialogue » dans les établissements en précisant que ceux-ci se poursuivraient « à partir de demain [jeudi], dans chaque lycée et jusqu’à la semaine prochaine ». Ou celle de la plateforme de dialogue ouverte par le ministère de l’Éducation se félicitant de voir qu’elle avait déjà recueilli plus de 40 000 contributions.

    Pas d’annonces supplémentaires non plus concernant la doctrine du maintien de l’ordre qui émeut le pays après 215 élèves et 89 personnels de l’Éducation blessés parmi les manifestants. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez ayant annoncé dès le matin, au lendemain de la réunion autour d’Emmanuel Macron, la décision de suspendre l’usage des grenades assourdissantes pour ce mouvement, le Premier ministre s’est contenté de marteler que « les forces de l’ordre n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens ».

    Des propos qui n’ont pas convaincu les lycéens et les étudiants qui appellent à un Acte IV de la mobilisation ce jeudi, soutenus par les syndicats de l’Éducation – le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud – qui ont appelé à une journée de grève. Les organisations de jeunesse ont demandé à être reçues par le Premier ministre. « Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter et c’est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec » le Premier ministre, a déclaré à la presse Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL) devant le ministère de l’Enseignement supérieur.

    Baisse de 12 à 18 centimes du litre à la pompe

    Craignant la convergence des colères, si celle de la jeunesse rencontre les mécontentements d’autres secteurs, Sébastien Lecornu a concentré sa réponse sur le ras-le-bol social en annonçant une baisse à venir des prix à la pompe pour les carburants. « Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse », a-t-il dit avant de décliner des mesures susceptibles d’alléger la pression sur les prix des carburants et de l’électricité qui entament le pouvoir d’achat, thème majeur de la présidentielle.

    Il a annoncé qu’il mettrait 10 millions de barils de gazole, issus des stocks stratégiques, à la disposition des distributeurs en France « au prix de revient ». « Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours et sera mis à disposition au prix de revient [et] permettra mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole », a-t-il affirmé. En ce sens, Sébastien Lecornu a annoncé qu’il réunirait à Matignon les distributeurs « pour y travailler dans les tout prochains jours ».

    Le Premier ministre a aussi indiqué que « le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver », et « demande » à EDF « de mobiliser au maximum ses capacités de production », tout en précisant qu’il reviendra prochainement sur le sujet.

    Soutien italien à la jeunesse

    Refondation communiste et les jeunes communistes italiens ont tenu à apporter leur soutien à la mobilisation lycéenne dans un communiqué. Les jeunes « soulèvent une question majeure : Que deviendra notre avenir ? L’avenir d’une génération qui vit dans une Europe où, presque partout, on réduit les dépenses sociales pour financer des allègements fiscaux en faveur des riches et l’achat d’armes ; une Europe où les jeunes sont souvent prisonniers de vies précaires et risquent désormais, en outre, de servir de chair à canon », écrivent-ils notamment. « Ils demandent des choses simples », ajoutent-ils, avant de conclure : « Leur lutte est la nôtre. »

  • [Entretien] Murielle Pilorge, FCPE du Var : « Cette génération de lycéens peut être un moteur pour toute la société »

    [Entretien] Murielle Pilorge, FCPE du Var : « Cette génération de lycéens peut être un moteur pour toute la société »

    La Marseillaise : Pourquoi faut-il se tenir aux côtés des lycéens dans leurs mobilisations ?

    Murielle Pilorge : Parce que leurs revendications sont légitimes. Ça fait des années qu’il y a de moins en moins de moyens pour l’éducation et ils le vivent au quotidien. Cette génération a la capacité d’être un moteur pour toute la société. Ce n’est pas leur rôle, ils se retrouvent avec des responsabilités trop importantes pour les enjeux qu’ils ont à côté, c’est-à-dire tout simplement de pouvoir réussir leur vie. Mais ils y sont obligés parce que nous, parents, n’avons pas su le faire.

    En tant que parent, quel regard portez-vous sur la dégradation des conditions d’enseignement ?

    M.P. : Les effectifs sont de plus en plus importants. Ils sont plus de 35 par classe au lycée. C’est beaucoup trop. Ils ont à peine assez de tables et de chaises. Cette année, ils ont eu des correspondants. Ils ne pouvaient pas les recevoir dans la classe tous en même temps par manque de chaises. C’est une génération qui est rentrée à la maternelle avec le plan Vigipirate. Ils avaient 5 ans, on leur a appris à se cacher dans l’école. Après, ils ont eu le Covid, le confinement. Ils ont un rapport à l’école vraiment différent des autres, cela n’a jamais été un endroit préservé pour eux. Ils ont été impactés par la société en permanence.

    Comment cette situation affecte-t-elle les activités de la FCPE ?

    M.P. : Dans l’établissement où j’ai été représentante des parents d’élèves, on a toujours été écoutés et on a toujours participé aux administrations. Aujourd’hui, on peut parler, mais il n’y a pas de réponse. C’est la même chose pour les élèves. Il n’y a pas d’espace pour avoir vraiment un dialogue. Lorsque le ministère reçoit les enseignants ou les fédérations des parents d’élèves, il n’y a pas d’acte concret. C’est toujours reporté. On va créer une plateforme, on va créer un lieu d’écoute, etc. Mais les moyens sont toujours en diminution.

  • À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    Pas de grasse matinée pour les lycéens toulonnais. Dès 7h, nombre d’entre eux, en provenance de plusieurs établissements de la ville, se sont réunis devant le lycée Bonaparte, bloqué pendant une partie de la matinée. Entourés de militants syndicaux (CGT, FSU, FO, Solidaires), ainsi que de nombreux parents et enseignants venus les soutenir et les protéger, ils se sont ensuite mis en marche aux alentours de 9h.

    « Sarcastiques et dédaigneux »

    En tête de cortège, Denis Sincu, élève en terminale au lycée Bonaparte, leader de la mobilisation, haranguait une foule d’environ 2 000 personnes, déterminée, mais respectueuse du cadre de la manifestation, autour d’une revendication : être entendue. Une délégation composée de représentants syndicaux, de professeurs, de lycéens et d’étudiants, dont il faisait partie, a été reçue en fin de matinée par le préfet et le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). « On veut demander au préfet qu’il nous ouvre une porte de dialogue avec les institutions », clamait-il avant ce rendez-vous. Derrière cette demande, des revendications précises : la fin de Parcoursup, des bâtiments rénovés, des outils numériques fonctionnels, du personnel enseignant en nombre suffisant et des emplois du temps cohérents.

    Mais à l’issue d’une réunion qui a duré un peu plus d’une heure, c’est la colère qui dominait parmi les principaux concernés. « Ils ont été sarcastiques et dédaigneux. C’est un manque de respect envers la jeunesse, qui a le droit de s’exprimer », s’indigne Camille, membre du conseil de la vie lycéenne du lycée Bonaparte. « Ils parlent de dialogue social, parce qu’ils ont reçu une délégation d’étudiants et de syndicats, mais il n’y a pas de réponse, c’est de l’enfumage. Ils se renvoient la balle sur les responsabilités », dénoncent les syndicats, qui se disent prêts à soutenir la prochaine mobilisation, annoncée pour le 15 octobre.

  • À Manosque, élèves et profs main dans la main

    À Manosque, élèves et profs main dans la main

    Plus de 400 lycéens ont à nouveau manifesté, mardi, devant trois lycées de Manosque, bloquant les routes en se déplaçant entre les établissements. Ils déploraient notamment leurs emplois du temps chargés qui leur laissent très peu de temps libre, particulièrement dans ce département rural, où ils doivent souvent faire beaucoup de route pour se rendre à l’école, et où l’offre de transports est limitée.

    « Ceux qui habitent loin, on doit se lever à 5h du matin pour prendre le bus, et on n’est pas chez nous avant 20h30, car il n’y a pas beaucoup de bus. Les emplois du temps sont beaucoup trop chargés avec des heures de trou. On a pas de vie, on vit au lycée », regrette Océane, élève en classe de première au lycée Martin Bret. « C’est une catastrophe. On se lève à 6h et on rentre à 19h. On est obligés d’aller dans un autre lycée pour nos spécialités artistiques, donc on arrive toujours en retard et on perd 30 minutes de notre cours. 17 ans de souffrance ! », déplorent Jeanne et Odelya, élèves en terminale au lycée des Iscles. « On ne peut pas rester concentrés de 8h à 18h à 15 ou 18 ans », regrettent Khelya et Shaina, 16 ans, élèves en première au lycée Martin-Bret, déplorant le non-remplacement des professeurs absents. « On n’arrive jamais à être concentrés toute la journée, même si on aimerait », abonde Clémence, élève au lycée Esclangon.

    Les lycéens se réjouissaient de voir cette fois de nombreux adultes, enseignants, parents d’élèves, syndicalistes et représentants politiques à leurs côtés, avec des pancartes « touche pas à mon gosse » ou encore « lycéens en colère, profs solidaires ». « Cela fait plaisir. Cela montre qu’on n’est pas tous seuls dans notre lutte. On est tous solidaires, tous là pour se soutenir les uns les autres », saluait Lucie, élève au lycée Esclangon. « Il y a les profs et tout, c’est trop bien ! », s’exclamaient des jeunes devant le lycée des Iscles.

    Les lycéens déploraient, mardi, la réponse à leur mobilisation, aussi bien au niveau national que local. À Manosque, le maire a annoncé l’annulation d’une soirée rap pour punir les lycéens et les dégradations commises jeudi. « Ils répondent avec encore plus de restrictions ! », a regretté Océane.

    « On veut des classes, pas des boîtes de sardines », « l’argent pour les lycées, pas pour l’armée », « nos rêves ne rentrent pas dans une case Parcoursup », « trop jeunes pour être écoutés, mais assez grands pour être gazés ? », « 35 degrés, 35 par classe, mais le problème, c’est le voile », pouvait-on lire sur les pancartes.

    Après avoir fait le tour des trois lycées, les manifestants se sont assis sur les bancs de l’amphithéâtre du parc de Drouille et ont pris la parole chacun leur tour « pour montrer qu’on a des choses à dire et qu’on n’est pas là pour s’énerver ».

  • À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    Jean-Yves n’est pas descendu. Les appels de la foule massée devant la Direction des services de l’éducation nationale à l’arrivée de la manifestation, ne l’ont pas convaincu. Jean-Yves Bessol, le directeur académique, a refusé de venir rencontrer les lycéens. Une contre-proposition validée par un vote à main levée au départ de la manifestation, après que l’interlycéenne se soit vue proposer d’être reçue en délégation dans les locaux de la DSDEN.

    Jean-Yves Bessol, qui a fait photographier l’an dernier des lycéens mobilisés contre la réforme des lycées pour leur mettre un coup de pression, aurait pourtant pu faire de belles images. Ils étaient plusieurs milliers, 30 000 selon les organisateurs, 4 800 selon la police (sic), à réclamer des moyens pour l’éducation. Dans le calme et la bonne humeur, avec de l’enthousiasme et une ferme détermination, malgré la répression policière opérée dans le pays.

    Cette violence était sur beaucoup de pancartes. « 1 prof pour 35 élèves, 5 CRS pour 1 élève », peut-on lire sur ce carton tenu par une élève. « On ne sait plus si on est en manif ou dans GTA », affiche sa voisine. « Gazez les violeurs pas les mineurs » ou « Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter », lit-on encore là. Cette « génération 67 » (lire six/seven), disposée à refaire mai 68 avant un 69 (« La nuit c’est pour baiser, pas pour travailler »), a été exemplaire ce mardi matin.

    La foule massive s’est élancée à 10h des Réformés. Un rendez-vous bien travaillé la veille, lors d’une réunion à la Bourse du travail avec les organisations syndicales. Dans le cortège, encadré par le service d’ordre de la CGT, des lycéens, des étudiants, des parents, des professeurs. Autocollant du Snes-FSU sur l’épaule, Séverine partage « des revendications qu’elle porte depuis des années ». « Le non-remplacement des personnels se retrouve partout dans le second degré », justifie cette enseignante du collège Malraux (13e). Là-bas, plus d’assistante sociale, ni de secrétaire général. « C’est émouvant de voir cette jeunesse qui s’engage pour défendre ses conditions d’études et son avenir. »

    « Des années que nos profs manifestent »

    Soline et Anaïs sont venues du lycée Nelson Mandela (11e) avec d’autres camarades et des professeurs. « Dans notre lycée, les toilettes n’ont jamais été réparées et quand il pleut, l’eau coule sur les panneaux électriques. On est souvent dans des classes à 35, sans chauffage ni clim, avec des ventilateurs qu’on doit éteindre parce qu’ils sont trop bruyants », explique la première. « ça fait des années que nos profs manifestent sans être entendus, c’est dommage qu’on ne parle de nos problèmes que parce qu’il y a une violence… qu’on condamne. »

    Amandine et Lili, scolarisées en première à la cité scolaire internationale Jacques-Chirac (2e), sont venues en soutien des autres lycées. Le leur, ouvert en septembre 2024, est en bon état, mais le sujet du non-remplacement des profs est le même qu’ailleurs. Depuis la rentrée, leurs cours d’histoire en anglais ne sont pas dispensés. « L’Éducation nationale ne veut pas investir, on manque de budget ici aussi, les photocopieuses et les ventilateurs ne fonctionnent plus », ajoute son amie.

    Plus loin dans le cortège, Thomas marche avec d’autres camarades de Marseilleveyre (8e), « un lycée de bourges assez privilégié », mais qui « manque d’enseignants aussi ». « J’ai en tête une prof de spécialité SVT qui ne sera pas là une bonne partie de l’année », note le jeune. « Puis on est là en soutien des lycéens des quartiers populaires qui se font beaucoup réprimer. »

    à Thiers (1er), Ysé, élève en terminale, déplore le manque de personnel de vie scolaire, AED et psychologues. « On est dans les années bac et on a des profs de SES, SVT ou philosophie qui ne sont pas remplacés sur des mois », glisse-t-elle encore avant de pointer des locaux de plus en plus délabrés. Milo étudie à Montgrand (6e). 100 heures de demi-groupe et d’options y ont été supprimées au printemps, rappelle le garçon qui a vu son option provençale amputée d’une heure par semaine : « C’est quand même coefficient quatre au bac… »

    Jules, 19 ans, est étudiant en droit. « Lycéens, étudiants, on est tous ensemble, nos galères sont les leurs et vice versa. On demande juste à étudier dignement », explique le jeune homme. Lui a fait sa scolarité à Muret, du côté de Toulouse. « J’ai des collègues en terminale STMG qui n’ont pas eu de prof dans leur matière principale sur tout le second semestre. C’est récurrent dans tous les lycées de France. Le budget 2027 prévoit 1 500 suppressions de professeurs, il y a un trop grand écart entre ce qu’on vit et ce que les politiques veulent faire pour nous. »

  • À Aix, une assemblée pour s’inscrire dans la durée

    À Aix, une assemblée pour s’inscrire dans la durée

    Avant de poursuivre leur mobilisation, les étudiants ont pris place une nouvelle fois au pied de la Rotonde. Cette fois, une assemblée générale y a été organisée. À la fois pour faire le point sur la manifestation de la matinée de ce lundi, qualifiée « d’historique » par les porte-parole de syndicats, mais aussi pour décider de la suite du mouvement, dans les jours et semaines à venir. Les étudiants ont rapidement été rejoints par des professeurs d’Aix-Marseille université.

    Initialement, l’assemblée générale devait se tenir sur le parvis Schuman. Les étudiants expliquent toutefois avoir changé de lieu en raison, notamment, d’une importante présence policière. Première échéance pour les mobilisés : la journée d’action de ce mardi 6 octobre, soutenue par plusieurs syndicats de travailleurs. « Les AG doivent servir à discuter de nos problèmes (…) et du fait qu’aujourd’hui, on a la police, on a des directions qui essaient de faire des politiques de terre brûlée. Ils essaient de réprimer ardûment, de manière ultra-dure dès le début, pour qu’il n’y ait pas de mouvement de jeunesse (…). Quand bien même il y aurait des flics en civil ou des fachos, on doit se réapproprier l’espace public et on doit discuter », lançait l’une des syndicalistes du Poing Levé. « On doit discuter d’une stratégie ensemble. Déjà, pour faire face à une répression policière, on doit faire front », poursuit la syndicaliste.

    Deuxième problématique : « Les fermetures administratives (…). Où va-t-on pouvoir s’organiser concrètement pour lutter et pour parler ? Il faut qu’on puisse continuer à structurer notre mouvement. » « La réponse du gouvernement est la répression, celle de l’université, de fermer ses sites d’Aix-Marseille, ce qui est inacceptable et illégal. On va déposer un référé liberté pour ouvrir les sites de l’MMSH et d’Aix », appuie Mohamed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. à ses côtés, une enseignante précise : « L’université n’est pas passée en distanciel, c’est interdit (…). Dans le communiqué qu’on a eu, on nous laisse le choix ou non de la liberté pédagogique. »

    Pour Christophe Demarque, de Sud Éducation, les mobilisations chez les lycéens et les étudiants « se rejoignent » : « Ce qu’il y a en commun, c’est la destruction du service public de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. En tant que personnel mobilisé, on ne peut que soutenir ces revendications. »

  • Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    « Notre but vraiment, c’est d’être leur service d’ordre et de faire en sorte que tout se passe bien. » Pour Anaïs Pascual, membre de l’UD CGT 83, pas question de laisser les lycéens seuls face à une police « sur les dents ». Encadrer et protéger seront les maîtres mots des militants CGT, mais aussi de la FSU, mobilisés, ce mardi 6 octobre, que ce soit au lycée Bonaparte à Toulon dès 7h30, au lycée Jean-Moulin à Draguignan à 8h et au rond-point Kennedy à 10h30.

    « On a vu, vendredi, une police très énervée, prête à en découdre avec des jeunes de 15 ans. C’est inquiétant pour nos enfants », estime Anaïs Pascual, alors que 30 « minots ont été interpellés à Toulon et qu’il n’y a pas eu de dégradations ». Une attitude qu’elle considère aussi comme très politique. À l’heure où « il y a l’examen du budget, cette mobilisation tombe mal dans le calendrier du gouvernement », analyse-t-elle.

    Revendications communes

    Les revendications portées par les lycéens, dont les chaînes infos ne disent souvent pas un mot, déplore la syndicaliste, rejoignent celles des enseignants mobilisés le 29 septembre pour la défense des services publics. « Ils dénoncent un manque de personnel, de surveillants, d’AESH, d’infirmières… » rappelle Anaïs Pascual. Une certaine convergence des luttes « sur le fond », reconnaît-elle, mais tient-elle à préciser, pas question de déposséder les jeunes de leur mouvement. « Cela reste le leur, nous sommes là en soutien, il va falloir rester zen… », martèle-t-elle.

  • Des revendications lycéennes identiques à celles de la FSU

    Des revendications lycéennes identiques à celles de la FSU

    La FSU, la CGT et Solidaires appellent, ce mardi, à manifester en soutien aux lycéens mobilisés à Manosque et à Digne-les-Bains. « On appelle à rejoindre cette mobilisation des lycéens le plus massivement possible, parce qu’au fond, les revendications des lycéens sont les mêmes que celles de tous les syndicats de salariés depuis des années, c’est-à-dire en finir avec une politique dramatique à tous les points de vue, et qui n’a comme seule réponse que la répression et le passage en force à chaque fois », explique Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04.

    « On a une réponse qui est délirante, aussi bien d’un point de vue policier qu’à l’éducation nationale. Vendredi, on avait la police dans le lycée des Iscles, à Manosque. Aujourd’hui, il y avait les gendarmes dans le collège de Château-Arnoux », regrette le cosecrétaire de la FSU.

    Des revendications noyées

    par les images de feux de poubelle

    Le syndicat continue à demander le désarmement des forces de l’ordre pendant ces manifestations lycéennes « plus que jamais, puisqu’on a encore un lycéen qui a été blessé ce lundi par une grenade de désencerclement ». La FSU espère aider à faire entendre les revendications des lycéens « qui sont noyées par les images de feux de poubelle qui tournent en boucle ».

  • « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    Les lycéens essayent de transformer l’essai. Après une semaine de blocus dans les établissements de France, les organisations syndicales rejoignent le mouvement, ce mardi ,pour une « journée noire ». À Martigues, la veille, les enseignants de Jean-Lurçat ont proposé aux élèves, aux parents, à la communauté éducative et au monde du travail de se retrouver à la Maison des jeunes et de la culture pour penser aux suites de ce mouvement social inédit.

    Et il y en aura une. Les lycéens ne sont pas près de lâcher l’affaire. « Il ne faut pas que ça s’atténue, plaide l’une d’entre eux dans l’audience. Le gouvernement prépare son budget et a encore proposé de couper 1 500 postes d’enseignants, dont 1 200 dans le public. Ils mettent de l’huile sur le feu et en même temps ils essayent de l’éteindre de manière forcée, sauf que ça ne marchera pas. »

    Ce mardi, trois rassemblements sont d’ores et déjà prévus sur le territoire. À Martigues, une marche partira de la place Jean-Jaurès pour arriver devant l’hôtel de ville, où le maire recevra une délégation d’élèves. À Istres, rendez-vous est donné devant l’établissement Arthur-Rimbaud à 7h puis à 8h15 devant la sous-préfecture. À Salon-de-Provence, l’action a lieu à 10h devant Adam-de-Craponne.

    Le monde du travail

    à disposition des lycéens

    Pour la suite, les lycéens plaident pour l’unité et la transversalité. Avec un mot d’ordre : l’organisation. La communication se met en place, à travers la création de groupes sur des messageries sécurisées. Daniel Bretonès, secrétaire syndical de l’Union locale, propose : « On peut vous imprimer des tracts, vous prêter des locaux pour des assemblées générales, vous acheter des bombes de peinture ou des draps pour faire des banderoles. N’hésitez pas, sollicitez-nous et tenez-nous au courant pour qu’on puisse être là pendant les blocages, pas pour faire à votre place, mais être là pour vous protéger en cas de débordements ».

    La communauté éducative se met aussi à disposition de ses élèves, qui pointent du doigt « ce dont on se plaint depuis des années en menant des mouvements bien sages qui sont pas entendus », salue Amélie Barbet, enseignante de français, qui interroge : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous aider ? »

    Pour Victoria, élève de terminale à Paul-Langevin, la réponse est claire : « Il faut qu’on soit accompagnés, aidés et soutenus par les professeurs et tous les corps de métiers pour que notre message soit porté plus haut, plus loin et plus fort. Cependant, il ne faut pas que les adultes s’approprient cette lutte qui est la nôtre. » Et de résumer : « Soutenir et protéger oui, mais en aucun cas contrôler ou s’approprier nos revendications ».

  • Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    « Les revendications lycéennes sont légitimes, nous les soutenons et les partageons, le gouvernement doit y répondre ! ». Voilà le message limpide délivré par l’intersyndicale des personnels de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône, dans un communiqué de presse diffusé ce week-end. Une large intersyndicale (CGT, CNT, FO, FSU, Unsa et Sud) qui appelle même à la grève et « à participer aux rassemblements et manifestations aux côtés des lycéens », ce mardi en partageant le rendez-vous marseillais : 10h aux Réformés. « L’ensemble des syndicats éducation de la FSU 13 appelle à la grève mardi 6 octobre, et sera présent dans la manifestation pour encadrer et protéger la jeunesse », développe de son côté la FSU des Bouches-du-Rhône, principale organisation syndicale chez les enseignants. Même principe en Vaucluse où l’Union Départementale CGT « met à disposition des lycéens toute sa logistique ».

    « Journée noire »

    Autant d’échos locaux à la multitude d’appels lancés au niveau national par différentes organisations syndicales de travailleurs (lire notre article du 03/10). Des appels qui se sont multipliés dans le week-end avec une dimension interprofessionnelle puisque plusieurs fédérations CGT appellent désormais à la grève ce mardi 6 octobre, comme celle de l’énergie ou encore des industries chimiques. De quoi surtout appuyer sur le terrain les mobilisations lycéennes puisque dans le Var, comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, les syndicats prévoient concrètement d’être présents sur les blocus et actions prévues. Car le Mouvement national lycéen (MNL) prévoit bien une « journée noire dans les lycées ». Et même les parents d’élèves s’y mettent puisque le Mouvement des Parents d’Élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) a également apporté son soutien au mouvement social des jeunes : « En tant que représentants de parents d’élèves, nous considérons que les préoccupations exprimées par les lycéennes et les lycéens sont légitimes et doivent être entendues ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 7h. Lycée Paul Eluard.