Tag: enseignants

  • [Entretien] Amélie Barbet : « La méritocratie n’existe plus »

    [Entretien] Amélie Barbet : « La méritocratie n’existe plus »

    La Marseillaise : Partagez-vous la colère de vos élèves ?

    Amélie Barbet : Oui. Il y a plein de problématiques, à commencer par l’école inclusive. On accueille toutes sortes de pathologies, ce qui est formidable, mais il n’y a pas de moyens. Donc c’est une inclusion qui ne se fait pas, ou à moindres frais, ça nous mobilise beaucoup au détriment des autres élèves. Ils sont nombreux, il fait chaud, les emplois du temps sont intenables à cause de la réforme Blanquer, on leur vend un Parcoursup qui ne fonctionne pas, ou on ne sait pas bien comment… On ne peut pas dire que le lycée aille bien en France.

    Est-ce une « génération sacrifiée » ?

    A.B. : C’est le service public et la vision du bien public qui est sacrifié. Tout le modèle se tourne vers le privé, c’est pareil à l’hôpital, c’est pareil partout… C’est un projet de société. Nous, à Martigues, petite ville de province, tout le monde s’en fout. On n’a plus d’option latin, on n’a plus de théâtre, on n’a plus rien et ce n’est pas grave. Par contre, dans les bahuts privés d’exception, ça va.

    La méritocratie existe-t-elle encore ?

    A.B. : Moi, je suis un pur produit de l’école publique. J’ai eu des profs formidables, j’ai fait une classe prépa alors que mes parents n’avaient pas fait d’études. Elle a existé, mais elle n’existe plus.

    Quel regard portez-vous sur les violences en marge des blocus ?

    A.B. : On condamne à 100%, c’est pour ça qu’on est là, pour calmer le jeu. Après, il ne faut pas oublier qu’on est sur un public adolescent. Et on se demande dans quelle mesure la violence n’est pas attisée parfois. Ce serait bien de dire que ce ne sont que des casseurs, mais c’est pas le cas. Ça fait 10 ans qu’on est gouverné par le 49.3. On a mené des luttes pour les retraites, on a laissé des semaines de salaire pour ne rien obtenir. Il y a un message de surdité totale de la part du gouvernement. Ça finit par avoir des conséquences.

  • À Martigues, les élèves veulent l’égalité des chances

    À Martigues, les élèves veulent l’égalité des chances

    Deux salles, deux ambiances aux lycées Paul-Langevin et Jean-Lurçat. Dans le secteur de l’hôpital, les élèves ont animé un blocus dans le calme en condamnant le portail de l’établissement à l’aide de grillages et de pancartes revendicatives. Dans le quartier Tourret-de-Vallier, la situation était un peu plus tendue.

    Des élèves ont mis le feu à des poubelles à proximité de l’enceinte de leur lycée. Les forces de l’ordre, qui encadraient l’action des sapeurs-pompiers venus éteindre le sinistre, ont usé de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants après avoir reçu des tirs de mortiers. Une élève a été blessée pendant les heurts. La veille, deux jeunes ont été placés en garde à vue en marge du blocus, ce qui a mis le feu aux poudres auprès de leurs camarades. L’UL CGT dénonce une « pratique de terrorisation » malgré des « mouvements pacifistes » et appelle à se mobiliser aux côtés d’une jeunesse qui n’est « pas dissociable du monde du travail ». « Notre solidarité doit être complète et notre réponse collective. »

    Thomas, 18 ans, témoigne : « Il y a de la violence de notre côté parce qu’on ne se fait pas entendre et qu’on ne se fait pas respecter. Les forces de l’ordre répondent de manière disproportionnée. » Son amie Océane ajoute : « On fait du 8h-18h, parfois avec des trous de 4h. Il y en a qui habitent loin, ils se lèvent à 6h et rentrent à 19h, sans compter les devoirs… On n’a plus de temps pour nous. Ça fait des années qu’on essaye d’alerter l’Éducation nationale. On nous écoute pas, on nous dit qu’on n’a qu’à écouter et aller en cours, donc oui, on en a marre. »

    Le groupe de lycéens veut pouvoir retourner en cours dans de bonnes conditions, ce qui n’est pas le cas actuellement, entre les « classes surchargées », le manque « d’accompagnement pour les élèves en situation de handicap » ou la mauvaise isolation thermique des bâtiments. « En STMG, on était 35 l’an dernier alors que c’est censé être des classes à effectif réduit pour permettre à des élèves en difficultés scolaires de mieux apprendre », dénonce Thomas. À côté de lui, Mathis s’agace des inégalités qui persistent alors que l’école « devrait tous nous remettre au même niveau ».

    Organiser la mobilisation

    Parcoursup leur apparaît également comme une injustice. « C’est un algorithme qui va décider de notre avenir, souffle Mathis. Ça met en concurrence des élèves de tout le pays, qui n’ont pas du tout les mêmes conditions sociales. Les élèves de Paris ou de lycées privés ont de bien meilleures chances que nous, qui sommes dans un lycée où il fait 40 degrés en été. »

    L’Union locale CGT et la section PCF étaient présentes devant les deux lycées martégaux. Laetitia Sabatier, secrétaire communiste, affirme : « Les lycéens subissent la casse des services publics par effet ricochet. Ils sont en colère et veulent revendiquer, ce qui est légitime. On soutient cette mobilisation, mais pas la forme. On a décidé d’accompagner les jeunes pour leur expliquer comment se faire entendre hors de toute violence. »

    Parti à la rencontre de la jeunesse dans la matinée pour lui dire son soutien, Gaby Charroux précise toutefois : « Des revendications légitimes doivent pouvoir s’exprimer dans le calme et ne sauraient justifier (…) les dégradations ou la mise en danger de quiconque. » À Jean-Lurçat, ce discours a trouvé écho. Aïda, Esther, Léa et Mathéo veulent « essayer de monter un comité et d’organiser une réunion avec les professeurs pour faire remonter ce qui ne va pas au proviseur puis au rectorat et avoir un bon cadre lors de nos manifestations ». « On a des appuis sérieux, entre les enseignants et la mairie, ça fait plaisir de voir qu’on est entendus. »

    RÉACTIONS

    Pierre Dharréville, adjoint (PCF) au maire de Martigues

    « Les débordements ne servent pas la cause des lycéennes et des lycéens. Et ce mouvement sera gagnant s’il continue de rassembler largement et incarne la responsabilité, celle-là même que le pouvoir exécutif n’assume pas. Mais plutôt que de chercher à détourner le débat, à réprimer et à criminaliser le mouvement, le gouvernement a le devoir d’écouter. »

  • Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    Dans le Gard, l’École fait sa rentrée à moyens comptés

    La rentrée est passée, mais les difficultés, elles, restent bien installées. Classes fermées, postes vacants, AESH en nombre insuffisant, bâtiments surchauffés : dans le Gard, la FSU décrit une école publique sommée de faire toujours plus avec des moyens qui, eux, ne suivent pas.

    « Du point de vue de l’administration, la rentrée peut sembler réussie. Sur le terrain, le constat est beaucoup plus inquiétant », résume Pascale Thoirey, secrétaire de la FSU 30. Dans le premier degré, le syndicat dénonce notamment les fermetures de classes décidées à la rentrée, une fois les équipes et les familles déjà organisées. Enseignants déplacés après avoir préparé leur année, matériel commandé, élèves redistribués : « Derrière une ligne supprimée sur la carte scolaire, c’est toute la vie d’une école qui doit être réorganisée en urgence. »

    Pour la FSU, la baisse démographique devrait pourtant être l’occasion de faire respirer les classes. Moins d’élèves pourraient permettre de réduire les effectifs, de mieux accompagner. « Cette baisse du nombre d’élèves devrait être une opportunité pédagogique, pas un prétexte à de nouvelles suppressions de postes », insiste Pascale Thoirey. Le syndicat redoute au contraire de voir s’imposer une nouvelle fois la logique comptable.

    Dans le secondaire, les manques sont déjà visibles. Dans le Gard, 16 postes d’enseignants d’EPS sont vacants et 225 heures de cours restent non attribuées, soit l’équivalent de 13 temps pleins. Dix postes d’assistants d’éducation ont également été supprimés. Quant aux moyens de remplacement, ils servent déjà en partie à combler les postes laissés vacants, réduisant la capacité à répondre aux arrêts maladie ou aux congés maternité.

    Une école inclusive… sans les moyens

    « On demande aux équipes de rendre l’école inclusive sans leur donner les moyens de l’être réellement », résume Pascale Thoirey. Les AESH en sont l’un des exemples les plus criants : souvent recrutées sur des temps partiels imposés autour de 62%, certaines débutent avec seulement 800 à 900 euros par mois. De plus, des élèves censés être accompagnés toute la semaine ne le sont parfois qu’à temps partiel, les heures étant réparties entre plusieurs enfants. Et le manque de moyens ne s’arrête pas aux effectifs. La syndicaliste raconte le cas d’une collègue AESH qui a dû financer elle-même une formation en langue des signes pour accompagner une élève sourde, l’Éducation nationale ayant refusé de la prendre en charge.

    Comme si les tensions n’étaient pas suffisantes, la chaleur s’est aussi invitée dans les classes dès les premiers jours de septembre. Jusqu’à 38°C ont été relevés dans un atelier du lycée Hemingway à Nîmes. Plusieurs établissements nîmois ont même dû suspendre des cours. « Ma propre classe est à 30°C quand j’arrive le matin, à 7h », témoigne Pascale Thoirey. Ventilateurs, volets fermés, changement de salle : dans bien des établissements, l’adaptation repose encore sur le système D. « On ne peut plus considérer ces épisodes comme exceptionnels. Le bâti scolaire n’est pas adapté aux chaleurs que nous connaissons désormais, surtout dans certains quartiers », alerte-t-elle.

    À l’usure matérielle s’ajoute celle des personnels. Injonctions administratives, manque de médecins du travail, difficultés à accompagner les élèves, sentiment de ne plus pouvoir exercer correctement son métier : la secrétaire de la FSU décrit une fatigue qui dépasse largement le coup de mou de rentrée. « Des collègues très investis finissent par douter de leur utilité et de leur capacité à faire correctement leur travail. »

    La FSU entend porter ces revendications lors de la mobilisation interprofessionnelle du 29 septembre. Mais pour Pascale Thoirey, la question dépasse la seule journée de grève : c’est celle d’un service public d’éducation qui continue d’afficher de grandes ambitions tout en rognant, année après année, sur les moyens nécessaires pour les tenir.

  • Une action en soutien à l’enseignante agressée au lycée Rimbaud d’Istres

    Une action en soutien à l’enseignante agressée au lycée Rimbaud d’Istres

    « Les effectifs ont bondi de 50 cette année, mais le nombre d’encadrants est resté le même », dénonce Rachel Véran, représentante syndicale Snes-FSU.
    « On manque d’AED pour surveiller, d’AESH pour accompagner les situations de handicap, poursuit-elle.
    Il nous manque des formations, des heures supplémentaires pour pouvoir proposer du soutien à nos élèves. Il nous manque de tout
    . »

  • à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    Ce lundi matin, quasiment aucun élève n’a franchi les grilles de l’établissement. Sur l’esplanade, une quarantaine de professeurs tenaient des banderoles. On pouvait y lire « On est des humains, pas des numéros » ou « Rendez-nous Sophie Jaboulin ».

    Affectée provisoirement à Jean Cocteau en 2022 suite à une « erreur administrative » lors d’une précédente mutation, Sophie Jaboulin subit de nouveau les dysfonctionnements du rectorat, qui veut lui faire « regagner le lycée de l’Empéri » à Salon-de-Provence contre son gré, explique Philippe Caracchioli, élu du personnel. Ses collègues dénoncent une injustice, une « non-gestion », voire un manque d’humanisme de l’académie, pourtant alertée de la situation à de multiples reprises depuis le mois de février. Ils souhaitent que Sophie Jaboulin puisse être, a minima, réintégrée la rentrée prochaine. Dans l’immédiat, l’équipe pédagogique demande une réponse « satisfaisante pour la santé » de leur collègue, en arrêt maladie.

    Gestion « incohérente »

    Les élèves de cette professeure d’EPS demandent aussi son retour. Six d’entre-eux se rendront à Aix-en-Provence vendredi pour demander une audience au rectorat. Gaspard sera de la partie. Il explique : « J’ai intégré la section sport étude l’an dernier, quand la structure a été créée par Madame Jaboulin, qui a porté ce projet à bout de bras : elle s’est occupée de l’administratif, de la recherche de sponsors, de nos emplois du temps, venait avec nous en compétition, a réuni les fonds pour les championnats de France… Ce qui nous a permis de ramener des médailles. Ce qu’on critique, c’est l’incohérence du rectorat qui a mis des mois à répondre à Madame Jaboulin qui demandait à ce que son dossier soit ré examiné, tout en nous félicitant pour ces résultats. » Aujourd’hui, sans la professeure, la section sport étude est « en péril », assure l’élève de terminale. Le rectorat aurait proposé à d’autres enseignants de prendre le relais, ce qu’ils refusent « pour ne pas prendre la place », de la professeure mutée.

    Au-delà du cas de Sophie Jaboulin, les revendications des élèves sont plus larges. Ils dénoncent les travaux perpétuels du lycée, qui auraient dû s’achever il y a des années mais qui s’éternisent en raison, notamment, du dépôt de bilan du maître d’œuvre. À l’extérieur de l’établissement, des filets retiennent les parements de briques qui s’effondrent. Ajax, en spécialité théâtre, pointe la présence « d’amiante » dans la salle de pratique. Mathieu, Léa et Salomé, porte-paroles du mouvement s’agacent des conditions d’apprentissage : des plannings trop denses, un manque de moyens humains et d’accompagnement. Les forces progressistes (PCF, insoumis, socialistes, UL CGT) ont envoyé un courrier au recteur, au président de Région et au ministère pour demander un rééquilibrage des budgets publics, des « rythmes scolaires viables », des embauches massives et un « investissement à la hauteur des besoins pour la rénovation des bâtiments ».

  • Des tensions au lycée Briand d’Orange

    Des tensions au lycée Briand d’Orange

    Ils dénoncent notamment une « baisse du pouvoir d’achat du personnel », due à l’arrêt du remboursement des frais de déplacement pour visiter les élèves en stage ou à l’arrêt de l’indemnité ZEP. Mais aussi des problématiques de chaleur et d’inclusion scolaire, avec un manque d’AESH.

  • Dans les classes, la rentrée en Occitanie vire au coup de chaud

    Dans les classes, la rentrée en Occitanie vire au coup de chaud

    La rentrée n’avait qu’une semaine, mais certaines salles de classe étaient déjà devenues impraticables. Lundi 7 septembre, dans l’Hérault placé en vigilance orange canicule, les cours de l’après-midi ont été suspendus aux lycées Léonard-de-Vinci et Jean-Monnet de Montpellier. De même pour le lycée Joliot-Curie de Sète, où près de 1 900 élèves ont été libérés : jusqu’à 35 à 36°C ont été relevés dans certaines salles, avec une humidité étouffante et des premiers malaises.

    Le lendemain, mardi 8 septembre, le thermomètre fait cette fois dérailler les emplois du temps gardois. À Nîmes, les lycées Philippe-Lamour, Alphonse-Daudet et Dhuoda suspendent leurs cours dans l’après-midi. À Lamour, le Snes-FSU mesure déjà 30°C au CDI à 9 heures, puis 33 à 34°C dans les classes. À Daudet, les laboratoires de physique atteignent 35°C.

    Gourdes, ventilateurs, cours en extérieur quand cela est possible : dans les établissements, l’adaptation ressemble encore souvent à un système D. Pour Jérôme Amicel, secrétaire départemental du Snes-FSU dans le Gard, le problème « dépasse l’épisode météo » : une partie des bâtiments scolaires reste mal adaptée aux chaleurs extrêmes. Huisseries vieillissantes, protections solaires insuffisantes, ventilation inadaptée : une rénovation thermique d’ampleur de ces « véritables passoires thermiques » devient essentielle, plutôt qu’une succession de solutions provisoires.

    Même constat à Joffre. Les représentants Snes-FSU disent avoir observé chez les élèves et les personnels migraines, épuisement ou chutes de tension. Eux réclament des fenêtres ouvrantes, des protections solaires, des brasseurs d’air, voire des systèmes de rafraîchissement dans les salles les plus exposées. Les fédérations de parents d’élève du Gard et de l’Hérault réclament elles aussi un plan d’urgence pour le bâti scolaire, dénonçant des classes « bouilloires » et une gestion trop variable d’un établissement à l’autre. SUD Éducation dénonce de son côté « un manque d’anticipation face à des épisodes appelés à se répéter ».

    Le coût du retard

    Le paradoxe est que l’Éducation nationale dispose depuis mai d’un plan de gestion des vagues de chaleur. Il prévoit l’identification des établissements les plus vulnérables, l’aménagement des horaires et des espaces et, en dernier recours, la fermeture lorsqu’aucune solution ne permet d’accueillir élèves et personnels en sécurité. Mais aucun seuil n’impose automatiquement d’arrêter les cours : à 33, 35 ou 36°C, les décisions restent donc largement prises au cas par cas.

    La Région Occitanie a annoncé, en réponse, 10 millions d’euros supplémentaires au budget 2027 pour les lycées, tandis que le Gard a commandé 100 brasseurs d’air pour dix collèges. À Nîmes, la Ville prévoit de rénover énergétiquement six écoles par an et de renforcer végétalisation et protections solaires. Mais ces efforts locaux se heurtent au recul des moyens nationaux : l’enveloppe dédiée à l’adaptation des bâtiments scolaires a été amputée de 40 millions. Or le mercure, lui, rappelle à chaque rentrée l’urgence des travaux.

  • Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Tout vient à point à qui sait attendre. « Et ce n’est pas qu’un plaisir, c’était une impatience ! », s’exclame Christophe Garrione, nouveau proviseur du lycée Golf-Hôtel de Hyères, après avoir inauguré, ce lundi, les locaux du lycée de l’Hôtellerie, des arts et du commerce (LHAC), composante de l’établissement situé dans la ZAC de la Crestade. Après un chantier qui aura duré plus de quatre ans, une inauguration préalablement prévue en 2024, repoussée à 2025 puis à 2026, et décalée de deux semaines lors de cette rentrée pour cause de problèmes techniques, les 600 élèves des filières concernées ont enfin investi leurs nouvelles salles de classe. Un chiffre voué à grimper à terme à 675 avec, entre autres, l’ajout de BTS.

    Ce bâtiment de 14 000 m² vient suppléer l’ancien, construit en 1975 et en proie à des inondations régulières depuis une vingtaine d’années, sur une partie de ses formations et dans 28 divisions différentes. Avec 90 salles de classe, dont plusieurs équipées en ordinateurs, trois restaurants d’application dédiés aux élèves des cursus d’hôtellerie/restauration, ou encore d’une salle d’analyse sensorielle, une innovation qui permettra à ces derniers d’entraîner leur goût et leur odorat, le LHAC est doté de 2,8 millions d’euros de matériel pédagogique, numérique et mobilier financés par la Région. « Tout ce qui est fait est ce qu’on peut faire dans les lycées aujourd’hui », se félicite François de Canson, vice-président de la Région Sud en charge du développement économique. Cela, en concertation avec les enseignants, qui ont pu exprimer leurs besoins spécifiques : « On a écouté, on a pris le temps de concerter, ce qui fait qu’aujourd’hui, chacun rentre dans des salles qui lui conviennent. » De quoi poursuivre dans la lignée d’excellence du lycée, qui forme régulièrement des lauréats des concours des « Meilleurs apprentis de France ».

    De futurs logements pour les travailleurs saisonniers sur le site de l’ancien lycée

    Au-delà de l’aspect purement pédagogique, le site compte par ailleurs un internat de 150 places, un gymnase, ou encore un plateau sportif mis à la disposition des élèves. L’architecture du bâtiment a été pensée pour répondre aux défis de l’époque : outre sa modernité visuelle, il s’inscrit dans une vision durable, avec, entre autres, l’utilisation de bois, de nombreux espaces végétalisés (dont les toits terrasses), 500 m² de panneaux photovoltaïques, ventilation naturelle… Il est, enfin, desservi par des autobus zéro émission.

    Le coût du projet est estimé à 65 millions d’euros, bien loin des 46,5 millions annoncés en 2020 lors de son lancement. Un autre établissement va également être construit au Luc-en-Provence, à horizon 2030, permettant de tourner définitivement la page d’un lieu devenu désuet en accueillant les 400 élèves des formations (mécanique, travaux publics, électricité) qui y sont restés. Quant à ce dernier, il convient encore de savoir ce qu’il en sera fait sur le long terme, mais dans un premier temps, « on fera certainement des logements pour les saisonniers sur une partie », annonce François de Canson. « On gérera avec des associations adaptées à ce genre de gestion. Ces logements pourront aussi servir de logements pour les entreprises quand elles viennent faire des chantiers sur le secteur », ajoute-t-il.

  • [Passerelle interculturelle] C’est la journée des enseignants en Chine

    [Passerelle interculturelle] C’est la journée des enseignants en Chine

    Cette importance accordée aux enseignants reste très présente dans la Chine d’aujourd’hui. Le président chinois Xi Jinping a déclaré : « Rencontrer un bon enseignant est une chance dans la vie d’une personne ; pour une école, avoir de bons enseignants est un honneur ; et pour une nation, voir émerger sans cesse de nouvelles générations de bons enseignants représente un espoir pour son avenir. »

    En Chine, le respect pour les enseignants ne date évidemment pas de la création de cette journée. Il s’inscrit dans une histoire beaucoup plus ancienne, notamment marquée par Confucius, penseur chinois né il y a plus de 2 500 ans, que les Français connaissent également assez bien.

    Confucius accordait une importance fondamentale à l’éducation. Pour lui, apprendre ne consistait pas seulement à accumuler des connaissances. Il s’agissait aussi d’apprendre à devenir une personne meilleure, à comprendre les autres et à trouver sa place dans la société.

    L’une de ses phrases les plus célèbres reste aujourd’hui familière à presque tous les Chinois : « N’est-ce pas une joie d’accueillir des amis venus de loin ? »

    Ce simple mot, « joie », dit peut-être quelque chose de plus profond sur la pensée chinoise.

    La philosophie de Confucius insiste beaucoup sur les relations entre les êtres humains : le respect, la bienveillance, la responsabilité envers les autres, mais aussi la recherche d’un certain équilibre. Le concept de « juste milieu », que l’on associe souvent à la pensée confucéenne, ne signifie pas l’absence de position ou de caractère. Il invite plutôt à éviter les excès, à prendre en compte les circonstances et à chercher une manière harmonieuse d’agir.

    18,7 millions de professeurs

    Cette importance accordée à l’éducation se reflète aussi dans la réalité d’aujourd’hui. La Chine compte plus de 18,7 millions d’enseignants à temps plein dans les différents niveaux d’enseignement. Parmi eux, près de 10,7 millions travaillent dans l’enseignement obligatoire, principalement dans les écoles primaires et les collèges. Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur du système éducatif chinois, mais aussi du rôle considérable que jouent les enseignants dans la société.

    De Confucius aux salles de classe d’aujourd’hui, une même conviction semble ainsi traverser les siècles : l’éducation ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais aussi à former des personnes et, à travers elles, à préparer l’avenir d’une société. C’est peut-être aussi pour cela qu’en Chine, chaque 10 septembre, rendre hommage aux enseignants dépasse largement le cadre d’une simple célébration.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Des chiens, des policiers et des gendarmes devant les grilles du nouveau bahut. C’est ce qu’ont vécu des élèves de seconde des lycées Nelson-Mandela à Marseille (12e) et Fourcade à Gardanne, mardi, le jour de leur rentrée. Au programme : fouille des sacs des élèves sélectionnés et contrôle des chauffeurs de bus. Une pratique possible depuis la circulaire de mars 2025, conjointement signée par Élisabeth Borne et Bruno Retailleau, alors respectivement ministre (Ren.) de l’Éducation nationale et ministre (LR) de l’Intérieur, qui autorise donc aux forces de l’ordre des fouilles aléatoires et inopinées des sacs et cartables aux abords ou à l’entrée des collèges et lycées.

    Des méthodes déjà dénoncées dans le passé par l’intersyndicale des enseignants du secondaire et que le Snes-FSU juge d’autant plus violentes le jour d’une rentrée. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que ça se fasse le jour de la rentrée des secondes, s’indigne Salima Ouannaï, secrétaire académique adjointe du Snes-FSU Aix-Marseille. Nous avons été contactés par les personnels des établissements en question, qui ont été particulièrement choqués, de même que les élèves. »

    L’opération a en effet fortement mécontenté plusieurs enseignants du lycée Fourcade, prévenus lundi, lors de la pré-rentrée, de la venue des officiers de gendarmerie. Ils parlaient alors, dans un communiqué de presse, d’un déploiement « inadapté » et susceptible de « créer un stress inutile pour les enfants et leurs parents », cités par La Provence. « Voilà donc le message envoyé à la jeunesse pour son premier jour au lycée : bienvenue, vous êtes d’abord considérés comme une menace. (…) Beaucoup de stress, aucun objet découvert et une rentrée transformée en opération de communication sécuritaire. Nous dénonçons fermement ces pratiques. Elles instaurent un climat de suspicion et stigmatisent les élèves », fronde de son côté le Snes-FSU.

    « Masquer un manque

    de moyens »

    Au-delà des méthodes jugées inadéquates, c’est l’utilité même de ce genre d’opération que le Snes-FSU réfute. « On envoie un mauvais message aux jeunes, en leur faisant comprendre que ce sont des fauteurs de troubles, tout en suggérant que l’école est un lieu dangereux, note Salima Ouannaï. Une vision passéiste d’abord, mais aussi totalement inefficace. » Pour elle, comme pour ses camarades du Snes-FSU, c’est de personnels dont a besoin l’Éducation nationale pour lutter contre les violences scolaires, pour que les élèves puissent être accompagnés. « On veut de la prévention et des solutions qui soient éducatives, poursuit-elle. On manque de CPE, d’AED [surveillants], de psychologues et d’assistantes sociales et, à Marseille comme ailleurs, on refuse la création de postes. Cette circulaire est juste une façon de communiquer pour masquer le manque de moyens. »