Tag: enfants

  • À Miramas, l’éducation est le « premier poste de dépense »

    À Miramas, l’éducation est le « premier poste de dépense »

    À Miramas, près d’un tiers du budget est dédié à l’éducation. « 31% », précise le maire sortant candidat à sa succession Frédéric Vigouroux (DVG). « C’est le premier poste de dépense de la Ville, c’est une priorité absolue depuis toujours », affirme-t-il. En 2025, 8 millions d’euros de fonctionnement ont été alloués aux 24 écoles publiques de la commune, qui drainent 130 classes et 2 900 élèves. « Ça représente 2 044 euros par enfant, alors que c’était 1 936 euros en 2024 », précise l’élu.

    En septembre 2021, la commune est labellisée Cité éducative, un dispositif d’État, créé en 2019, pour renforcer l’accompagnement des jeunes de 0 à 25 ans des quartiers prioritaires grâce à une grande alliance des acteurs du secteur, qu’ils soient institutionnels ou associatifs. « Nous avons d’emblée choisi de le faire sur l’ensemble de la ville avec une position qui est de dire que tous les enfants n’ont pas les mêmes niveaux sociaux, mais beaucoup ont les mêmes problèmes, explique Frédéric Vigouroux. (…) Pour nous l’école doit être un lieu d’égalité et de laïcité, et l’éducation, c’est offrir aux enfants un ensemble de programmes d’accompagnement pour qu’ils aient tous les mêmes chances. » 19 groupes scolaires du 1er degré et six établissements du 2nd degré sont concernés.

    Depuis, de nombreuses actions ont été financées par la subvention de l’Éducation nationale de 375 000 euros, à laquelle la municipalité rajoute près de 112 000 euros de sa poche. Parmi les réalisations : de la sensibilisation sur les usages des réseaux sociaux, l’événement « Athlé dans la cité » ou encore le Festival de la petite enfance et de la parentalité, pour n’en citer que trois. « On travaille sur tous les aspects émancipateurs de la vie d’un jeune en incluant les parents, détaille le maire. Le sport, la culture, les sciences, le numérique, la santé par l’alimentation… »

    Une unité de préparation culinaire

    Sur ce dernier sujet, Frédéric Vigouroux a de grandes ambitions. D’ici deux ans, une unité de préparation culinaire devrait être construite en partenariat avec Saint-Chamas sur un terrain d’ores et déjà acheté, situé au Nord de la ZAC des Molières. « Nous sommes en recherche de subventions, nous en avons déjà mais il nous en faut d’autres, révèle l’élu. L’idée, c’est d’avoir du bio et du local dans les assiettes de nos enfants, ce qui résonne avec notre volonté de pouvoir accueillir des exploitants et notamment des maraîchers sur nos terres. »

    La Ville met également la main à la poche pour financer les projets pédagogiques des établissements scolaires. « Ce n’est pas dans notre compétence, mais nous aidons aussi parfois les collèges pour que le coût résiduel des parents ne soit pas trop élevé et que tous les élèves puissent participer sans que leur milieu social ne soit un frein », glisse Frédéric Vigouroux.

  • Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Leur départ était prévisible. Installée depuis 1845 sur les hauts de la Blancarde, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion n’existera bientôt plus. Avec son majestueux portail, se refermera fin juin un grand livre d’histoire. L’annonce émeut et inquiète les riverains de la longue allée de la Compassion. Ce territoire bastidaire suspendu au-dessus de la ville, constitue un havre de verdure et de quiétude hors du commun.

    Après la fermeture et la vente l’an dernier du foyer pour étudiants de la rue Saint-Savournin (1er) que la Ville a pu préempter, et la cession en cours du couvent de la Petite Compassion avec son domaine fermier d’un hectare, rue du Docteur Cauvin (12e), la fermeture de la Grande compassion et de son domaine unique de trois hectares, scelle le dernier acte et la dissolution d’une congrégation dont les religieuses s’éteignaient les unes après les autres.

    Le vaste domaine bastidaire des Blancard

    Les familles des dix derniers seniors de cette résidence autonomie qui en avait compté jusqu’à trente, doivent leur trouver une nouvelle destination. Les deux dernières religieuses vont s’en aller comme les huit personnels de ce domaine qui vivait aussi de la location des chambres de deux hôtelleries aménagées dans des corps de ferme. Ce serait d’ailleurs une piste de développement idéal pour un futur acquéreur.

    Cet enclos religieux est le fleuron d’un territoire unique et confidentiel qui compte plusieurs bastides et maisons de maître protégées, un étang. La Grande compassion, c’est une suite de quatre bâtiments reliés avec la chapelle de 1848 à la bastide Blancard posée sur un promontoire avec vue imprenable sur la Bonne mère. Elle possède même un petit musée. Orienté sud-ouest, son jardin à la française est organisé autour d’un bassin rond, des bosquets de buis et des pins centenaires remarquables. Les Blancard étaient une riche famille qui possédait au XVIIe les terres agricoles et des vignes le long de la vallée du Jarret. Le bâti le plus ancien est en réalité antérieur à la bastide. Sa cave exceptionnelle et remarquablement conservée sur double voûte en berceau brisé est de la fin du XVe siècle.

    La congrégation a été fondée en 1843 par Jean-François Régis Barthès (1790-1861) un père jésuite qui repose dans une petite chapelle du parc aux côtés de nonnes. Sa vocation initiale était de s’occuper des enfants. C’est en 1907 qu’elle se transforme en maison de repos pour dames âgées. Plus tard en 1930, elle est reconnue de droit pontifical, ce qui explique que la décision de fermeture a été prise directement au Vatican par le Dicastère des Instituts de Vie Consacrée. Contactée, la Prieure générale de la Congrégation, Marisa Adami, n’a pas répondu à notre demande d’entretien.

    « Que la beauté du lieu soit préservée »

    Une période d’incertitude s’ouvre pour ce site exceptionnel à forte valeur patrimoniale et historique, convoité par les promoteurs et marchands de biens. La reprise idéale par un Ehpad exigerait de lourds investissements. « On nous a dit que la décision a été prise au Vatican et que la résidence devait fermer fin juin », confie une des propriétaires croisée dans l’allée. « On accueille cette nouvelle avec beaucoup de tristesse et de préoccupation aussi, car c’est un pan de l’histoire de notre allée qui s’en va. Ce n’était pas une maison de retraite comme une autre. Il y a une sérénité, une ambiance très particulière. On est éminemment triste et dans l’incertitude de ce que cela va devenir. Nous voulons que la beauté du lieu soit préservée, que ce ne soit pas rasé et loti » nous dit-elle, ne nous cachant pas qu’à ses yeux, « il y a péril en la demeure ».

    « On se méfie des promoteurs » claque un autre propriétaire qui tient à souligner que lui et ses voisins ont toujours eu à cœur de laisser l’allée ouverte aux promeneurs. « On n’a pas voulu garder jalousement l’allée pour nous en installant un portail à digicode comme on le voit dans tant d’endroits à Marseille. C’est un joyau patrimonial dans la ville qui doit le rester et on aimerait que cette maison protégée reste telle qu’elle est. »

    Le domaine constitue un ensemble paysager exceptionnel qui jouit de protections au PLUi : les bois centenaires de haute tige sont classés en EBC et les bâtiments reconnus comme des éléments bâtis remarquables (EBR) du patrimoine bastidaire. La protection s’étend au portail du couvent orné d’une pietà avec l’inscription en latin « Monstra Te Esse Matrem » (montre que tu es mère) mais aussi aux piliers monumentaux près de l’avenue de Saint-Barnabé, vestiges du grand domaine agricole originel. En cas d’urgence, une instance de classement aux monuments historiques préserverait l’intégrité du site.

  • [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    La Marseillaise : Ce salon est organisé à quelques jours de l’ouverture de Parcoursup. Quel regard portez-vous sur ce système où un algorithme décide de l’avenir des lycéens ?

    Éric Berton : C’est un système qui a le mérite d’exister, qui s’améliore chaque année. Mais c’est vrai que l’on retrouve souvent des parents et des étudiants qui se posent des questions, que cela angoisse un peu. Et certaines formations, privées en particulier, en profitent pour se vendre avec des produits… Pas toujours vendables.

    Dans ce contexte concurrentiel, comment défendez-vous l’université ?

    E.B. : Nous, nous sommes l’université de toutes les jeunesses et on revendique le fait d’accueillir le maximum d’étudiants. On est la plus grande université en termes de nombre avec 82 000 étudiants, 12 000 étrangers. On revendique le fait de donner l’accès à l’éducation, à l’enseignement supérieur, au plus grand nombre. Le but, c’est de faire réussir l’ensemble de nos étudiants, de leur trouver un avenir et au-delà de ça, d’en faire des citoyens éclairés qui peuvent réfléchir par eux-mêmes, qui sont curieux. On ne les enferme pas dans des cases, des castes. Ils peuvent changer de parcours, on a une certaine fluidité. Et nos étudiants ont le droit de se tromper, ils peuvent se réorienter. C’est ça, le service public.

    Qu’est-ce qui fait la différence avec les autres formations proposées ?

    E.B. : Justement cet état d’esprit, mais aussi la qualité de cette formation par rapport à d’autres, même s’il existe des écoles privées de qualité évidemment. Nous, nous pouvons aussi dire que nous sommes évalués, renouvelés. Nous avons un contrat avec l’État. Nous sommes accrédités. C’est ça aussi ce qui fait la force de notre université et de nos formations.

    À raison de 175 euros l’année en licence, 230 en master, les frais de scolarité sont relativement accessibles pour AMU. De quels moyens disposez-vous ?

    E.B. : Actuellement, c’est vrai que nous sommes dans un flou budgétaire, comme toute la fonction publique. Et c’est vrai que je revendique depuis longtemps un accroissement du soutien financier de l’État à l’enseignement supérieur et à la Recherche. C’est nous qui formons toutes les jeunesses et un pays doit investir dans sa jeunesse. C’est son avenir. Tous les conflits que nous vivons actuellement sont la conséquence d’un sous-investissement dans l’enseignement supérieur et la Recherche. Quand on enseigne, quand on cherche, on apprend à connaître l’autre, à ne plus en avoir peur. C’est ça, l’université. Elle est liée à la démocratie. Elles doivent prendre soin l’une de l’autre. On a besoin vraiment que la France, pays de liberté, de culture, réinvestisse dans sa jeunesse. Un pays qui ne le fait pas est un pays qui va dans le mur.

    Ce modèle français, vous l’avez également défendu avec le programme « Safe Place For Science », qui permet d’accueillir des chercheurs américains s’estimant menacés dans leur liberté académique par la politique de Donald Trump. Où en est-on ?

    E.B. : Ils arrivent et vont arriver tout au long de l’année. Même si certains sont déjà sur place, on leur laisse le temps. D’autres publient déjà sous notre nom. On ne les presse pas. Il y a des contingences matérielles avec des enfants encore à scolariser ou des parents dont il faut s’occuper. Cela se passe plutôt bien, ils ont l’impression ou le sentiment d’être chanceux par rapport à ceux que l’on n’a pas accueillis, ressentent parfois de la culpabilité. Là, pour le coup, l’État nous a beaucoup aidés. Avec 30 personnes au total, 20 sur le programme Amu « Safe place for Science » et 11 sur le programme « Choose France », c’est nous qui avons le plus de lauréats au niveau national. Il faut dire aussi que nous avons bien préparé leur venue. Ils arrivent aussi avec leurs étudiants et cela nous amène beaucoup d’échanges et de culture. C’est également l’occasion de montrer que notre modèle universitaire doit être préservé. Et je vous avoue que dans le cadre des prochaines élections… Je ne voudrais pas qu’ils aient fui Trump pour se retrouver dans un système similaire.

  • Les jeunes disposent d’un nouveau lieu de vie encadré à Port-de-Bouc

    Les jeunes disposent d’un nouveau lieu de vie encadré à Port-de-Bouc

    L’ancienne criée de Port-de-Bouc revit à sa manière. Samedi, la nouvelle mouture de la maison des jeunes s’y est installée, inaugurée par le maire (PCF) Laurent Belsola, son équipe, la Caf, les agents et bien sûr les usagers.

    Le lieu est comme un grand foyer. Canapés, console de jeu, télé, enceintes Hi-Fi sont à disposition des jeunes, tout comme une cuisine et une salle informatique équipée d’ordinateurs et d’un projecteur.

    « Ça permet d’être tranquille pour venir faire ses devoirs ou juste venir rigoler avec mes collègues », estime Sidar Akdag, lycéen de seconde. « J’aimerais organiser un séjour à Amsterdam et faire du laser game » projette-t-il. Assise avec ses copines, Jade Lutz, en terminale, relève qu’« à certains en droits, on peut se sentir regardées, mais pas ici. Tout le monde est respectueux et se mélange ».

    Au programme en 2020

    Comme le rappelle le conseiller municipale Mohammed Ladjal, la Maison des jeunes est « l’aboutissement de plusieurs années de travail, (…) de confiance dans les jeunes qui ont leur mot à dire pour imaginer leur espace ». Le maire (PCF) Laurent Belsola rappelle qu’il s’agit d’une promesse « de 2020 que l’on voulait hors des quartiers, spacieux pour tous les jeunes. (…) La jeunesse est parfois confrontée a des interrogations et le rôle de la Ville est de fournir des espaces ouverts pour leur émancipation. Cet équipement polyvalent favorise le lien social et le vivre ensemble et permettra l’organisation d’activités culturelles et de loisir », complète-t-il.

    Une vision partagée par le représentant de la Caisse d’allocations familiale présent. La branche famille de la Sécurité sociale a en effet financé 80% de la structure soit 23 700 euros.

  • Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Dimanche, 39 hommes sans abri ont dormi sur ces lits de camp et 38 femmes et enfants qui étaient à la rue ont été hébergés en hôtel. » Au stade Vallier, Audrey Garino est venue faire un point avec les équipes partenaires du SIAO (Ville, Samu social, Croix Rouge et Direction des services de solidarité de la préfecture), soit une vingtaine d’agents qui se relaient sur l’accueil.

    Il est 10h30 et une dizaine d’hommes y sont encore à se réchauffer. « Il y a déjà 50 inscriptions pour la soirée, précise l’élue municipale (PCF) en charge de la solidarité. On reste ouvert au moins jusqu’à jeudi ou vendredi. » Dans l’ambiance feutrée dans ce gymnase réquisitionné, encore plongé dans l’obscurité, ils sont quelques uns à émerger des couvertures sur les lits de camp. La nuit a été dure. « J’étais depuis une semaine près des Docks, mais avec le vent qui traverse le duvet, on n’arrive plus à dormir », explique Maxime, 43 ans, agent d’entretien intérimaire, qui vit depuis quelques semaines dans la rue, après 3 ans d’hébergement « à droite, à gauche ». Il a fait la route depuis Toulouse avec Ludo, 51 ans, parti se resservir une tasse de café et embarquer une madeleine « pour reprendre des forces avant d’aller faire la manche ». Ils rejoignent Tony, marseillais « à la rue depuis trois ans » à une table. Tous sont chaudement vétus, mais ont encore du mal à se réchauffer.

    « Le 115 n’a pas de place »

    « La douche est glacée », regrette Ludo. Habitué du dispositif d’urgence, Tony les rassure : « Il y a toujours un temps de mise en route. Le disjoncteur pète, après ça va… » Gilles Aspinas, délégué (PCF) aux affaires sociales confirme : « Vous pouvez y aller, tout est rétabli. » Pour Ludo, « le problème c’est le manque de logements sociaux, à la base ». Comme les deux autres, il est célibataire « donc pas prioritaire. Alors difficile de se remettre en selle. D’autant que je me suis fait volé mes papiers ». Tony lui indique les agents à l’accueil : « Les services sociaux sont réactifs, ils vont t’aider. »

    Hamad s’avance sur ses béquilles pour demander « un gros sweat ». Emmitouflé dans une parka élimée et trop large, il décrit : « J’ai tout perdu d’un coup, mon logement, mis en péril. Mon boulot, mis en liquidation. » En un an et demi de rue, il n’a décroché « que des jobs au black, du coup, personne ne me loue ». Comme les trois autres, il « refuse de squatter ». Depuis, sa « bascule », il a tenté comme les autres « le 115, à de nombreuses reprises, mais il n’y a jamais de place ».

    En novembre dernier, durant la première vague de froid de cet hiver, Vallier a abrité 81 personnes. Ces ouvertures récurrentes restent temporaires. Un manque de places structurel sur lequel la Ville alerte depuis des années les services d’un gouvernement loin de son objectif « Zéro SDF ».

  • [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    Cela rejoint ce qu’il avait déjà observé dans deux précédentes études réalisées avec ses collègues Aurélien Miralles (Muséum national d’histoire naturelle) et Marine Grandgeorge (Université de Rennes) : l’une chez des adultes de la population générale et l’autre chez des adultes diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique (TSA). « Une hypothèse veut que plus une espèce est proche de nous, plus nous partageons de similarités avec elle », explique Michel Raymond. Qu’elles soient morphologiques ou comportementales. « Or, plus une espèce nous ressemble, plus cela active facilement les modules de notre cerveau qui nous font reconnaître un humain et déclenchent l’empathie », poursuit le chercheur.

    Construction avec l’âge

    Toutefois, si la tendance est la même chez les adultes et les enfants, il existe quelques différences : quand l’espèce est très éloignée de nous, les enfants éprouvent généralement plus d’empathie envers elle que les adultes. À l’inverse, quand l’espèce est très proche de nous, les adultes éprouvent plus d’empathie envers elle que les enfants. « Cela laisse penser qu’il y a une construction d’un module empathique envers l’humain qui se forge au fil des expériences vécues », indique Michel Raymond. Avec l’âge, l’humain renforce son empathie envers sa propre espèce – et celles qui lui ressemblent.

    Enfin, la comparaison des courbes d’empathie en fonction de la distance phylogénétique chez les enfants et les adultes ayant un TSA est surprenante. « C’est un des résultats les plus frappants », notent les chercheurs. Les deux courbes sont presque identiques, sauf pour l’empathie envers les humains – la faible empathie envers sa propre espèce étant un symptôme du TSA. Dans l’expérience publiée en 2022, les adultes ayant un TSA éprouvaient autant d’empathie envers l’humain qu’envers des espèces de vertébrés à sang froid. Difficile d’expliquer cette similarité des courbes pour l’instant. Il serait intéressant d’établir celle de l’empathie envers d’autres espèces chez des enfants diagnostiqués avec un TSA, et son évolution. « C’est une suite évidente de notre étude », conclut Michel Raymond.

  • Le port d’Hyères fait son cirque !

    Le port d’Hyères fait son cirque !

    Les enfants sont à l’honneur

    Petits et grands y sont invités tout au long du week-end pour plonger dans l’univers à la fois joyeux et poétique du cirque, à travers de nombreux spectacles et animations dédiés majoritairement au monde circassien.

    Un village des enfants est ouvert de 10h30 à 17h avec au programme, pour les petits de 2 à 12 ans, des ateliers découverte des arts du cirque, de la magie, mais aussi un stand de maquillage, des jeux de fête foraine et jeux gonflables ainsi qu’un carrousel.

    Des spectacles de cirque seront également proposés sur les deux jours, à 14h et 15h30, alliant illusions, animations comiques et acrobaties aériennes à couper le souffle, sans oublier la Boum des petits où les minots pourront se défouler sur la piste de danse avec des chorégraphies pensées spécialement pour eux dans une ambiance festive et conviviale de 17h à 18h, chaque jour.

    Un espace dédié au monde maritime

    Enfin, l’un des temps forts du week-end tournera autour des bateaux et de la découverte maritime. Accessible sur les deux jours, cette zone réservée offrira aux familles des démonstrations de maquettes de bateaux et proposera une initiation au pilotage de bateaux radiocommandés. Sans oublier une présentation des divers navires de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), avec l’objectif de sensibiliser le grand public au monde maritime et au sauvetage en mer.

    Samedi et dimanche, de 10h30 à 18h. Entrée et animations gratuites dès 2 ans.

  • Drôle de quête au Muséum d’histoire naturelle de Marseille

    Drôle de quête au Muséum d’histoire naturelle de Marseille

    Au deuxième étage du musée se trouve un véritable cabinet de curiosité, où le temps semble s’être arrêté pour laisser place à l’imagination. Sculptures difformes, potions et théiers insolites : les petits aventuriers sont tombés dans le terrier du lapin blanc. La mission est de le retrouver. Tous sont accompagnés de leurs parents ou grands-parents pour découvrir les mystères du pays des merveilles. Rien ne semble les perturber, ou presque. « On dirait un œuf au plat raté », s’exclame l’un deux en voyant une réplique d’un œuf de Dodo.

    Découvrir autrement

    Au-delà de la découverte des collections, le public est invité à interagir et prendre la parole pour s’approprier les différentes œuvres. Pour introduire l’animation, le médiateur du musée enfile son chapeau bleu. « Que trouve-t-on habituellement dans un musée d’histoire naturelle ? », demande-t-il. « Des animaux ! », répondent en chœur plusieurs enfants.

    Les petits comme les grands se lancent à la poursuite du lapin blanc à travers les œuvres du plasticien Bernard Briançon. Les enfants s’attroupent autour de la table, c’est l’heure du thé. A tour de rôle, les minots plongent leur nez dans les petites tasses aux parfums renversant : poudre de riz, mimosa ou encore cassis. Au total, ce sont sept senteurs qui fusionnent pour concocter le fameux parfum « Mirlando » inventé par Briançon lui-même.

    La quête touche à sa fin, les enfants sont sur le point de retrouver le lapin blanc. Un obstacle se dresse sur leur chemin : une partie de cartes avec la reine rouge s’impose pour s’échapper. Une main innocente tire la première carte… c’est raté, mais pas de panique, il reste une devinette. « Quel est le nom de l’artiste plasticien de l’exposition ? », questionne le médiateur. Les enfants scandent en chœur « Bernard Briançon ! ». Les jeunes sont alors sauvés.

    Le Muséum d’histoire naturelle propose une dernière animation samedi 3 janvier à 15h. Palais Longchamp. Gratuit.

  • [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    Il chuchote au micro, droit, figé dans le déni le plus parfait. « Je n’avais aucune intention sexuelle. Je suis non violent, en particulier envers les enfants. Je cherchais juste un mannequin pour l’articuler de manière à l’asseoir sur une table, car j’avais dans l’idée de simuler des cours scolaires pour faire une autoévaluation de ma manière d’être et de m’exprimer, car ça fait longtemps que je rêve d’enseigner. C’était une démarche à but thérapeutique car j’ai totalement perdu confiance en moi », brode David, 56 ans, électromécanicien qui vit à Bouc-Bel-Air, condamné en 2005 pour l’agression sexuelle de sa fille de 4 ans.

    « Vous avez commandé une poupée enfantine avec un vagin destiné à être pénétré », lui rappelle la présidente Charlotte Joubert, qui décrit l’objet de 20 kg pour 1,32 m aux traits enfantins. Un modèle baptisé « Teen Sex Doll » vendu 539 dollars sur une plateforme chinoise. « Ça a sauté aux yeux du livreur d’UPS qui a donné l’alerte en voyant, au travers du colis endommagé, une poupée d’apparence de 6 ans ! », lance Me Joanny Moulin, avocat de l’association Parole d’enfant, partie civile qui lui fait confirmer que devant les gendarmes, il a reconnu s’être masturbé avec cette poupée.

    Quand la présidente rappelle au prévenu la découverte un an avant les faits, sur son ordinateur, de « sept images de gosses qui font des fellations », il nie encore. « Avez-vous un double maléfique qui télécharge malgré vous ? » – « J’ai jamais voulu les télécharger, ce sont des fichiers corrompus, indésirables. » Devant les gendarmes, il a bien admis regarder des « vidéos sur l’inceste ». à la barre, ce père aux cheveux blancs justifie : « J’ai été agressé sexuellement dans ma famille quand j’étais enfant et adolescent. C’est quelque chose dont je n’arrive pas à me débarrasser. Mon père ne s’est jamais aperçu de rien, mais je suis persuadé que ma mère le savait. »

    Une expertise psychiatrique antérieure aux faits décrit « une personnalité de type pervers dans le déni absolu ». « Non, je ne suis pas pervers », réfute encore le prévenu. Même déni sur la plainte récente d’une autre de ses filles, qui s’est souvenue qu’il l’avait fait venir deux fois dans son lit alors qu’il était tout nu.

    « Nous voulons que par votre décision, vous protégiez les enfants de l’extrême dangerosité que représente l’achat de ce type d’objet et que vous donniez un signal ferme à l’ensemble des pédocriminels », demande Me Moulin, partie civile qui obtiendra l’euro symbolique demandé. « à l’heure de l’invasion chinoise de notre économie, ces poupées pédocriminelles font le buzz. Elles ne sont pas un substitut pour ne pas passer à l’acte, sinon l’état en vendrait ! Tout au contraire, une personne sur deux qui ont procédé à cet achat passe à l’acte. »

    « Le danger est là et prévisible de passer à l’acte », confirme le procureur adjoint, Olivier Poulet, devant ce prévenu « dans le déni absolu de sa déviance avec des histoires à dormir debout ». « Ce n’est rien d’autre qu’une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné en 2005 pour agression sexuelle par ascendant ». Il requiert 12 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de soins psychiatriques et une interdiction d’exercer toute activité en lien avec l’enfance.

    « C’est un procès honteux, la relaxe s’impose ! » tonne Me Nicolas Perrin, pour qui « on a voulu faire du médiatique, on a pris le premier malheureux venu avec la polémique Shein. On met des bûches dans le feu pour alimenter l’étiquette de pédophile qu’on veut lui coller. Rien ne relève d’un caractère pénal. Il a acheté légalement et pas sur le darknet une poupée qui n’a rien d’enfantine ». Son client écope de 18 mois de prison, dont 6 ferme sous bracelet avec 2 ans de soins psychiatriques, et 5 ans d’interdiction d’activité en lien avec les mineurs.

    « Une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné »

  • Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    L’acheteur de 56 ans d’une poupée pédopornographique proposée sur une plateforme de vente en ligne comparaît libre, ce vendredi, devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, pour « détention ou acquisition d’images ou de représentations de mineurs à caractère pornographique ». Il encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

    Le quinquagénaire, domicilié à Bouc-Bel-Air, avait reconnu en garde à vue avoir « commandé cette poupée à des fins sexuelles ». Il a été déféré le 5 novembre au parquet d’Aix-en-Provence et placé sous contrôle judiciaire jusqu’au procès. Le procureur avait précisé que le colis n’était pas de la plateforme Shein.

    Deux jours plus tôt, des employés d’une société de livraison avaient alerté la gendarmerie de la découverte d’un colis plutôt lourd et en partie ouvert qui contenait une poupée pédopornographique en silicone de 1,30 mètre, expédiée par la société chinoise Zech. Le destinataire est tout sauf inconnu, étant déjà inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles (Fijais), à la suite d’une condamnation pour agression sexuelle sur mineur.

    Prison ferme et obligation de soins

    Le scandale de la vente en ligne décomplexée de ces poupées remonte au 3 octobre, quand la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a alerté la justice sur la présence de ces produits sur plusieurs plateformes asiatiques de e-commerce, d’abord sur le site chinois Shein, puis ensuite AliExpress, désormais sous enquête.

    La Répression des fraudes a rendu public la découverte et rappelé aussi aux diffuseurs qu’ils engageaient leur responsabilité pénale : la diffusion, via un réseau de communications électroniques, de représentations à caractère pédopornographique, est passible de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Le communiqué fustigeait en particulier Shein, « un site et une marque pour lesquels des pratiques commerciales trompeuses et des allégations mensongères, ainsi que plusieurs non-conformités, ont déjà été largement constatées et sanctionnées précédemment ».

    En France, une vingtaine d’acheteurs âgés de 20 à 70 ans ont été interpellés et certains déjà traduits en justice. Le 15 décembre, un homme de 41 ans a été condamné à Tarbes à 2 ans de prison ferme avec mandat de dépôt, ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire de 5 ans avec obligation de soins pour cet achat, mais aussi pour une agression sexuelle sur une fillette de 8 ans. « Il n’y a pas de doute dans ce dossier. Les jouets sexuels évoquaient clairement des enfants. Il a reconnu l’agression sexuelle. C’est un passage à l’acte pédophile. Nous sentons que ses pulsions prennent clairement le pas sur sa raison », avait lancé le procureur, cité par La République des Pyrénées.