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  • À Marseille, minots et artistes préparent le roi des carnavals populaires

    À Marseille, minots et artistes préparent le roi des carnavals populaires

    « Pour l’instant, essayez de décorer vos couronnes en choisissant tous les matériaux que vous voulez », encourage l’animateur du centre social Saint-Mauront, ce mercredi. L’espace Jeanne-Barret, dans le 15e arrondissement, s’est transformé en ateliers préparatifs des costumes pour les enfants, sous la houlette des plasticiens de Shoglu.

    Concentrée à appliquer, au pistolet à colle, des perles sur sa couronne dorée, Mayissara, 10 ans, explique s’être inspirée « de la vie des rois qui devaient être élégants, comme sur les livres de contes ». à ses côtés, Sunnah, 7 ans, déjà coiffée de sa création, tire un peu la langue pour réaliser une rosace sur sa deuxième œuvre d’orfèvre, « parce que j’aime bien faire ça et, comme ça, je peux la donner à ceux qui n’en auront pas ». Fabriquer des costumes et des décors c’est tout un art que les enfants explorent. Idriss fait l’expérience des difficultés du métier et interrompt la séance en désignant une blessure invisible sur le bout de son index : « Je me suis brûlé cinq fois avec la colle. » Son collègue s’inquiète d’une paire d’ailes en carton passées à l’aérosol cuivré : « C’est du produit de mourir ? » Un peu d’eau et un pansement feront leur effet placebo pour le premier, un simple « mais non, c’est un spray à paillettes ! » pour le second.

    Clémence veille au grain. « Excentricité et extravagance ne sont pas des mots simples pour les plus petits. On a travaillé en fonction des âges. L’idée est plutôt de laisser libre cours à leur imagination, au final, on aura une explosion de couleurs. » Les artistes travaillent depuis février sur la récupération des matériaux pour un maximum de réemploi. « Pour les cheveux, on a tressé la cellophane qui enveloppe les palettes ou des bandes de tissus », précise Clémence, une perruque de Marie-Antoinette « inspirée du film de Sofia Coppola » dans les mains.

    Amateurs et pros

    dans le même carosse

    Dans le carnaval, « ce qui est important, c’est surtout ce qui se passe avant, la participation de tous les centres, des bénévoles, des enfants, de l’histoire qu’ils ont à raconter », estime Ahmed Heddadi, adjoint au maire de Marseille en charge des fêtes de quartiers, qui accueillera l’arrivée des festivaliers devant l’hôtel de ville, où l’orchestre d’Éric Ry offrira un baletti.

    Le défilé de quelque 450 carnavaliers, ponctué de chars plus ou moins imposants -équipés de machines à bulles ou à mousse, de sonos, dont l’un diffusera du Jul à la demande des minots- ou encore encadré d’échassiers bigarrés, parcourra près de 800 mètres en… deux heures. Marseille, ville de tous les records oblige.

    Si la royauté a pris le dessus dans la thématique de l’extravagance, c’est le fruit d’une sorte de « brainstorming » au terme duquel le metteur en scène du collectif Charivari (16e arrondissement), associé à la Maison du carnaval, a dû trancher. « Le plus dur, c’est de dire non. Donner ma vision personnelle n’a pas d’intérêt et opter pour 450 avis est impossible. C’est ce qui revenait le plus dans les propositions. Tout le monde a validé et j’ai créé l’histoire avec ce fil. » On trouvera aussi bien le char de la cour royale qu’une fanfare punk accompagnée de la Pompadour ou une grosse bestiole. Marseille a pu compter sur la participation de Planète Vapeur à Nice, spécialisée dans la fabrication des gros chars, d’une centaine de danseurs du groupe NS World, du Pompiers Poney Club, du Vacarme Orchestra, de Zic et Zen, de KLS Danse… Plus d’une douzaine d’associations et compagnies participent à la fête. Certains y travaillent depuis juin dernier.

    « C’est un carnaval exceptionnel parce qu’il est ouvert et populaire », apprécie Maxime, des Spectacles Alizés, qui a travaillé en binôme sur la programmation artistique avec André, du collectif Charivari. également co-directeur de l’Astronef, Maxime précise : « Une association parisienne nous a contactés pour venir faire le carnaval de Marseille parce que c’est le plus populaire en France, ce n’est pas un spectacle confié uniquement à des professionnels. » Ce qui lui confère ce caractère unique.

  • [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    Des professeurs en grève et des écoles fermées à Sète (Michelet, Renaissance, Boucher, Pasteur, Macé). Des rassemblements de parents en Agde (écoles V. Hugo, Littoral) ou à Montpellier (E. Combes, P. Langevin). Des mobilisations parents-enseignants à Lodève qui ont permis le sauvetage d’une classe (Prémerlet)…

    Dans l’Hérault, la période cruciale de validation de la carte scolaire a donné lieu à un vent d’indignation et de révolte ces derniers jours. Avec pour dénominateur commun des colères, le choix comptable de réduire la voilure. « Sur les 603 écoles de l’Hérault, la diminution qu’on nous annonce (-1 818 élèves) ne représente que 3 élèves de moins par école. La baisse démographique n’est qu’un prétexte, personne n’est dupe », enrage Sabine Raynaud. Encore mobilisée mercredi 15 avril devant le Rectorat avant le Comité social d’administration (CSA) académique dit « de repli », la secrétaire départementale du Snudi FO 34 ne digère pas la nouvelle carte scolaire dont les grandes lignes ont été entérinées le lendemain en préfecture lors du Comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN). « On a besoin d’assurer les remplacements, d’avoir davantage d’Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) (…). On nous retire des moyens alors qu’on est à l’os », déplore-t-elle.

    Avant que le CSA de repli du 14 avril et le CDEN du 15 ne revoient certaines situations à la marge, le bilan était de 98 fermetures de classes pour 60 ouvertures, soit un solde, éducation prioritaire comprise, de -38 classes pour 20 suppressions de postes. Si les mobilisations et le travail de sape des syndicats ont un peu limité la casse (4 fermetures évitées et 4 ouvertures obtenues avant même le premier CSA du 7 avril), le compte n’y est pas du tout. Dans la lignée des 1 891 suppressions prévues dans le premier degré en France, « c’est très mauvais », résume Rémi Combettes qui espère encore quelques « ajustements » en septembre. « La démographie n’est pas identique partout, il y a un risque d’erreurs sur les prévisions », prévient le représentant des personnels du SNUipp-FSU 34.

    L’Armée plutôt que l’École

    Dans tous les cas, il n’est pas ravi à l’idée que quelques contractuels supplémentaires sans statut puissent être appelés à la rescousse. « On préfèrerait que soit ouverte la liste complémentaire au concours pour recruter des titulaires », ajoute Rémi Combettes. Comme les autres syndicats, le sien a voté contre cette carte scolaire qui prétend faire plus mais sans renforts. « Les 19 postes d’accompagnants à la scolarité sont pris sur les effectifs d’enseignants. Ils disent vouloir développer l’inclusion mais cela se fait à moyens constants », déplore le professeur des écoles qui siège au CSA et au CDEN. De la même manière, il dénonce le « gros manque » d’AESH dans l’Hérault dont les conditions de travail sont difficiles et le déclassement salarial certain.

    Quant aux chiffres édulcorés du ministère qui prétend que les classes ne seront pas surchargées (officiellement 24 élèves en moyenne), Rémi Combettes démystifie son « tour de passe-passe ». « Il compte les dispositifs dédoublés et les écoles rurales. » Lesquels font baisser la moyenne mais ne reflètent pas la réalité vécue dans la plupart des classes. « En Europe, seules la Hongrie et l’Irlande font pire que nous. » Au Snudi-FO34, Sabine Raynaud va plus loin. « Pour la première fois, le budget de l’Armée dépasse celui de l’Éducation nationale. Entre les coupes budgétaires, le service civique, les classes défense et les révérenciels défense dans les collèges, ils nous entraînent dans une économie de guerre. » Se préparer à l’avenir à « perdre nos enfants » comme prophétisait le général Mandon ? Les syndicats héraultais s’y refusent et veulent pouvoir les éduquer dans de bonnes conditions.

  • Dans les yeux des minots du Secours populaire

    Dans les yeux des minots du Secours populaire

    Dans le cadre du Printemps des solidarités, la fédération varoise du Secours populaire avait invité mercredi après-midi les enfants dans le Parc des oiseaux, au Pont du Las à Toulon, pour une très motivante chasse aux œufs. « Cette période est importante pour rappeler que, pour nous, la solidarité n’a pas de frontières », commence Olivier Masini, le secrétaire départemental.

    Et d’expliquer les multiples projets montés, notamment « pour répondre aux nombreuses urgences dans plus de 60 pays, avec des partenaires locaux ». Olivier Masini insiste sur le fait que le Secours populaire n’exporte pas la solidarité mais s’appuie sur place sur un maillage associatif déjà existant et avec lequel il travaille parfois depuis 30 ou 40 ans, selon les pays. « On a à peu près 200 partenaires et 250 projets qui sont suivis », ajoute-t-il.

    Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on veut mettre l’accent sur la situation que nous connaissons, avec des enjeux majeurs, comme la question des urgences climatiques, environnementales, qui se multiplient, quels que soient les continents, et en France aussi, on l’a bien vu, avec l’augmentation des phénomènes d’inondations, parfois meurtrières, d’ailleurs. » Mais aussi pour faire face aux conséquences des conflits armés qui se multiplient à travers le monde. Et qui s’intensifient.

    Le responsable associatif rappelle l’implication du SPF il y a trois ans, avec l’Ukraine, pour aider sur place, à la frontière, les personnes qui quittaient leur pays. Mais aussi, après, dans l’accueil des familles : « Dans le Var, en 2024, on suivait à peu près 400 familles ukrainiennes, ce qui est énorme. » Et aujourd’hui, avec la situation au Proche-Orient catastrophique, notamment au Liban, pas question de baisser les bras.

    « On n’oublie pas bien entendu la Palestine, parce que là, maintenant, on a l’impression que c’est réglé et qu’on peut passer à autre chose alors que la situation est dramatique pour les populations », insiste-t-il. Ni, bien sûr, « les amis de Cuba qui subissent un blocus qui ne date pas d’hier mais qui s’intensifie là aussi ». Pour faire face aux problématiques d’énergie, explique-t-il, le Secours populaire a lancé une opération visant à acheter 1 000 kits de panneaux solaires afin d’aider les familles sur place.

    La solidarité en partage

    Pendant la conférence de presse les minots des familles accueillies apprennent avec les autres à se connaître pour mener ensemble leur quête de l’après-midi.

    En les regardant passer devant le stand, Olivier reprend : « Ce qui est important, dans le climat dans lequel nous vivons aujourd’hui, c’est de montrer que la différence de culture est une véritable richesse. C’est important dans un monde où on voit, malheureusement, les situations de racisme, d’antisémitisme, de xénophobie monter en flèche. »

    Et de poursuivre : « On est là pour construire des ponts, pour communiquer. » Une culture à l’opposé, cela dit en passant, des valeurs portées par l’extrême droite qui propose, au contraire, de bâtir des murs et le repli sur soi.

    Au sujet des programmes de développement suivis par la fédération varoise, le secrétaire départemental met également en avant la construction d’une maison des femmes, au Népal, pour la défense de leurs droits. Mais aussi des forages de puits, dans le sud de Madagascar pour faire face aux sécheresses de plus en plus graves chaque année.

    Un Secours populaire on le voit sur tous les fronts pour faire vire la solidarité ici, où la pauvreté continue de gagner du terrain, comme à l’international où la guerre et les catastrophes font des ravages, parce « le combat est le même », insiste Olivier Masini.

    Et pour pouvoir continuer de construire et d’élargir cette solidarité sans frontière, le Secours populaire a bien conscience que le meilleur vecteur c’est les enfants. « Ils sont les citoyens de demain », réaffirme le militant. D’où le travail réalisé sur l’accès aux droits pour que tous puissent exprimer demain leur pleine citoyenneté.

    Pour l’heure tout le monde goûte le plaisir d’être ensemble, dans le partage.

  • À Martigues, les vacances scolaires sont synonymes de loisirs

    À Martigues, les vacances scolaires sont synonymes de loisirs

    Difficile de s’ennuyer durant ces vacances de Pâques pour les jeunes Martégaux. Les services de la Ville déploient tout un programme à leur destination, à l’image de la ferme pédagogique de Figuerolles qui propose des activités chaque jour.

    Cette semaine, il est possible pour les enfants de 4 à 10 ans de se promener en calèche mardi après midi entre 14h30 et 15h30. Mais aussi d’assister à la tonte des moutons de la ferme pédagogique, qui ne se produit qu’une fois par an. Ou encore découvrir les petits animaux jeudi matin pour les 3 à 5 ans, l’après-midi pour les 6 à 10 ans, ainsi que le potager vendredi matin de 9h à 11h. Le programme complet est à retrouver dans la rubrique loisirs du site internet de la Ville. La présence des parents est obligatoire tout comme l’inscription au 04.42.49.03.22 ou 04.13.93.96.02.

    Du jardin au numérique

    Si le temps n’est pas au beau fixe ou que l’on préfère la technologie au vert, les Espaces publics numériques (EPN) de la Ville proposent eux aussi nombre d’activités. Par exemple, samedi 18 avril, un atelier de création d’un jeu vidéo de plateforme comme Mario ou Sonic, est proposé aux EPN de la médiathèque Louis-Aragon jeudi 16 et vendredi 17 avril de 10h à 12h, pensé pour les 9 à 13 ans. Il est aussi possible de découvrir l’univers de l’impression 3D au travers de la séance de modélisation et d’impression d’une figurine jeudi 16 avril de 14h à 16h30, à la médiathèque. Le programme complet des EPN est à retrouver dans l’onglet Services en ligne du site internet de la Ville. Les inscriptions se font au 04.42.49.45.98 ou à epn@ville-martigues.fr.

    Le service Arts, histoire, archéologie n’est pas en reste avec l’atelier de gravure sur pierre comme à la préhistoire mercredi 15 avril à 14h, accessible à partir de 8 ans.

    Et toutes ces activités sont proposées gratuitement.

  • Les cerfs-volants ont le vent en poupe

    Les cerfs-volants ont le vent en poupe

    Tout juste arrivée sur la plage du Verdon, une petite fille pointe le doigt vers le ciel pour montrer son cerf-volant préféré à sa tatie. « Regarde, elle est là ma raie ! » s’exclame-t-elle, ravie. D’autres animaux marins sont sortis de la Méditerranée pour rejoindre les airs. Un banc de requins flotte au-dessus du sable, accompagné de crevettes, d’un bernard-l’ermite et d’un poulpe.

    Pour cette 19e édition du festival du cerf-volant, une quarantaine de passionnés des quatre coins du monde se sont réunis à La Couronne à l’initiative de l’association Coup de Vent et de la Ville de Martigues pour trois jours, du 11 au 13 avril. Et le succès est au rendez-vous. Parents et enfants se pressent aux ateliers de fabrication. Pour Frédérique Riquier, à l’origine de cet événement, ça s’explique facilement : « C’est une activité qui est simple à pratiquer, écologique, et qui est familiale et intergénérationnelle ! »

    Sylvie, venue tout droit de Savoie avec son compagnon Marc pour présenter leurs créations, précise : « Il y a plusieurs écoles de cerf-volant. Il y a ce qu’on appelle le mono-fil, c’est ce qu’on a là : on fixe des animations faites maison sur un porteur. Il y a aussi du pilotable avec des manettes, qui trouve plus son public. »

    Une bulle pour rêver

    Le couple regrette l’absence de « relève » pour la pratique qu’ils affectionnent. Pour eux, le plaisir réside dans la création des structures et les voyages pour aller de festival en festival et sillonner l’Europe à la rencontre de personnes qui partagent la même passion. Marc développe : « 25% c’est la fabrication, 25% c’est le plaisir de faire voler et 50% c’est la joie d’être avec les copains. » Sylvie approuve : « C’est un prétexte. On se réunit autour d’une table et on partage des choses de nos régions et de nos pays respectifs. »

    « Le cerf-volant c’est quelque chose qui se partage, confirme Frédérique Riquier. Il y en a un qui a quelque chose en tête, un deuxième qui a un bout de solution et hop ! quelque chose de nouveau naît. Et puis il y a de la convivialité, on se connaît tous à force de traîner dans ces événements. On est des gens très différents mais on a tous à cœur de partager. On ne parle plus d’actualité, ni de religion, ni de politique, c’est une bulle qui nous protège un peu du monde extérieur et qui nous permet de rêver. »

    Et puis, au quotidien, « c’est une détente », reprend Marc. « De la même manière que les gens qui font du tricot, sauf que le tricot ça vole moins bien », plaisante-t-il.

    Leur ami Jean-Philippe, Marignanais de 52 ans passionné depuis ses 8 ans, préfère quant à lui l’aspect « modélisme ». Il assure : « Les éléphants roses, ça vole. Il suffit juste de trouver comment. » Lui n’a qu’une obsession : les airs. « C’est simple, je fais du kite, du parapente, de l’aviation… Y’a que ça qui me plaît. Il y a quelque chose de méditatif, on est pénard. »

  • À Aubagne, des parents de collégiens inquiets pour l’avenir de leurs enfants

    À Aubagne, des parents de collégiens inquiets pour l’avenir de leurs enfants

    « Vous vous rendez compte, pas de prof de français en sixième ? Et en troisième alors avec le brevet ? » Devant le collège Lou Garlaban, au Charrel à l’entrée d’Aubagne, ce sont des parents d’élèves inquiets qui brandissent des pancartes pour dénoncer le non-remplacement des enseignants. Un manque d’effectif qui touche un peu tous les établissements du département, de l’école au lycée, provoquant une série de rassemblements depuis plusieurs semaines.

    Dans ce collège de plus de 750 élèves, en pleine rénovation, classé en réseau d’éducation prioritaire, toutes les matières sont touchées témoignent les manifestants. « Sciences et vie de la terre, physique-chimie, musique… On a rencontré la principale, on a fait un courrier début mars, au recteur, à ce jour pas de réponse », assure Laurence, maman d’un élève de 4e. À ses côtés, Jadran Svrdlin, professeur des écoles, syndiqué à la CGT Educ’action et parent d’une collégienne, rappelle que le syndicat a demandé « depuis le 5 mars, date à laquelle le mouvement a commencé dans les lycées, une audience commune mais elle n’a pas été accordée ».

    Depuis deux ans, tous dénoncent une aggravation de la situation où les remplaçants, en nombre insuffisant, sont devenus « une variable d’ajustement ». « Ils font partie des effectifs et on voit moins les suppressions de poste jusqu’au moment où ça explose », témoigne Jadran, lui-même confronté au non-remplacement dans son école primaire de la Tourtelle. Concrètement à Aubagne deux fermetures de classes, à Beaudinard et au Pin Vert ont été actées pour trois ouvertures à Victor Hugo et Louise Michel, selon le décompte du 2 avril publié par le Snuipp 13.

    Venue « en soutien », Laurence Baussant, nouvellement élue de la majorité de gauche de Jean-Pierre Squillari, et surtout enseignante retraitée spécialisée auprès d’élèves en difficulté alors syndiquée FSU, en convient : « On nous dit qu’il y a une baisse de la démographie, c’est vrai, il y a moins d’enfants. »

    Une spirale infernale

    Mais « quand il y a une baisse drastique des postes, des emplois temps plein dans le premier et second degré, qu’il y a moins d’enseignants, et que l’attractivité du métier n’est pas non plus pour compenser, on en arrive à cette spirale infernale », analyse-t-elle. Si les conseillers municipaux ne peuvent pas agir directement, « on va relayer », promet-elle.

    Car il y a urgence. Des « solutions en interne » ont bien été trouvées mais « c’est déshabiller Pierre pour habiller Paul » déplore Laurence. Tous sont unanimes, pas question de remettre en cause l’implication des enseignants qui gagneraient à avoir « de la reconnaissance et de meilleures conditions de travail » mais ils s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. « Il y a un problème d’égalité des chances. Ils sont dans une période compliquée, l’adolescence, où on leur en demande toujours plus. Et c’est difficile de leur dire “travaille à la maison”, l’école c’est pas ça », s’indigne Marlène, mère d’élève. Remerciant « les trois profs de français qui se sont portés volontaires » pour combler les trous, elle estime que « c’est une génération sacrifiée ». En attendant, les parents d’élèves aubagnais se coordonnent. Un nouveau rassemblement est prévu à 16h30 ce vendredi devant l’école de la Tourtelle.

    ET AUSSI

    La CGT reçue après l’agression de l’AESH

    Les personnels AESH (accompagnante d’élève en situation de handicap) et enseignants de l’école Kalliste, dans le 15e arrondissement de Marseille, étaient à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), ce mercredi, pour une audience avec le soutien de la CGT Éduc’Action 13. Une audience qui fait suite à l’agression d’une AESH par un élève à ladite école le 30 mars dernier, dans le 15e arrondissement de Marseille, et l’alerte sociale faite dans la foulée par la CGT Éduc’Action 13. « L’audience a mis en lumière une gestion institutionnelle jugée défaillante », relate l’organisation syndicale. Avant de développer : « L’élève en question, ayant déjà fréquenté six établissements, présente une dangerosité connue de l’institution. Pourtant, l’administration a maintenu son accompagnement par les AESH hors cadre réglementaire. » Et de conclure : « Les mesures d’urgence pour sécuriser le quotidien restent dérisoires face à la gravité des faits. »

    Situation critique au lycée de Salon-de-Provence

    Les élus du Snes-FSU font un bilan critique de la situation du Lycée Adam-de-Craponne, de Salon de Provence, avec « des dysfonctionnements structurels qui minent le lycée, où les conditions de travail, de sécurité et de santé sont gravement compromises », n’hésitent-ils pas à écrire. Et de lister : le surnombre d’élèves, une dotation globale horaire en baisse, le non-remplacement d’enseignant… Concernant les A ESH, « les personnels sont sous pression, et le droit des élèves bafoué », quant à la « santé mentale des personnels », il s’agit selon les représentants des enseignants et des agents, d’une « maltraitance institutionnelle ». Ils exigent une série de mesures concrètes pour mettre un terme à cette dégradation.

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez

  • [Maj] Didier Jau de nouveau élu dans le 3e secteur pour « une ville plus juste »

    [Maj] Didier Jau de nouveau élu dans le 3e secteur pour « une ville plus juste »

    « Aujourd’hui, je peux vous l’affirmer, Marseille restera Marseille. Une ville plus juste, plus verte et plus solidaire. » Tels sont les premiers mots de Didier Jau, sous les applaudissements. L’élu écologiste rappelle combien, « pour les novices qu’ils étaient il y a six ans, rien n’a été simple. Covid, drame de la rue Tivoli… Nous avons été violemment confrontés au réel. » Ce dimanche, la petite mairie est en fête : on se bouscule un peu à l’entrée pour assister à l’événement. Pas de panique : la cour intérieure est ouverte, équipée d’un écran et de sièges, permettant à chacun d’assister à la séance. Sur 32 votants, l’écologiste Didier Jau (Printemps marseillais) obtient 24 voix. Léa Bijaoui (LFI) en recueille 3, auxquels s’ajoutent 4 bulletins blancs et 1 nul. Patricia Rolland (LR), qui remplace Bruno Gilles pour la liste « Marseille je t’aime », étant absente, le nombre de votants est ramené à 32.

    La relève

    Sur les murs de la salle, des plaques rappellent les maires successifs de ce secteur. Elles témoignent notamment des cinq mandats remportés jadis par Bruno Gilles, dont le dernier fut transmis en cours de route à Marine Pustorino. En 2026, seuls deux sièges reviennent désormais aux élus LR. Un autre temps.

    Léa Bijaoui, élue LFI, n’a pas manqué d’intervenir dès ce conseil d’installation, déplorant « le manque de démocratie », malgré « le choix du dialogue » évoqué par l’édile fraîchement élu. Avec 24 sièges pour le Printemps marseillais, le premier point à l’ordre du jour est adopté rapidement : il y aura 9 adjoints d’arrondissements et 3 adjoints de quartier.

    Dans un esprit de renouveau, Lucile, Milo, Louana et Driss, du conseil municipal des enfants, ont revêtu leurs écharpes tricolores. Avec sérieux, ils entourent Didier Jau après la remise de l’écharpe par la présidente de séance. Sous les applaudissements, ils ne cachent pas leur joie d’être associés à ce moment solennel.

    Les adjoints

    Anne Vial, 1ère adjointe ; Jean-Pierre Rolland, 2e adjoint ; Jacqueline Vesperini, 3e adjointe ; Vincent Kornprobst, 4e adjoint ; Michèle Nonotte-Varly, 5e adjointe, Hervé Street, 6e adjoint ; Marie-Luce Massot, 7e adjointe ; Gérard Orregia, 8e adjoint : Enja Boutin, 9e adjointe.

    Les adjoints d’arrondissements chargés de quartiers : Marcel Touati, Coralie Matrat et William Leday.

  • À Nîmes, l’ère Bouget démarre à hauteur d’habitants

    À Nîmes, l’ère Bouget démarre à hauteur d’habitants

    Il y a des mandats qui s’installent en douceur. Et puis il y a ceux qui prennent la ville à bras-le-corps, dès la première semaine, comme si le temps pressait. À Nîmes, celui de Vincent Bouget (PCF) a commencé le soir même de son installation, vendredi 27 mars, dans un Palais des Congrès rempli à craquer, jauge bousculée, des dizaines de personnes restées dehors. Ce premier conseil municipal ressemblait à une scène de bascule : l’ancienne ville LR s’asseyait face à la nouvelle majorité, et la foule venait vérifier, à hauteur d’humain, que l’alternance n’était pas qu’un score. D’abord, les leaders de l’opposition enchaînent les prises de parole. Julien Plantier promet « une opposition de terrain », Franck Proust une « opposition constructive », et enfin Julien Sanchez allume la mèche, annonce un recours, attaque la droite « la plus bête du monde » et prévient qu’il « ne laissera rien passer ». Puis le dépouillement ramène tout le monde au réel : 42 voix pour Vincent Bouget, correspondant à sa majorité, et 11 pour le RN. L’écharpe tricolore est remise dans l’émotion par Amal Couvreur, désormais première adjointe.

    Délégations, terrain, premiers signaux

    Dans son premier discours de maire, Vincent Bouget joue la hauteur et l’adresse directe : « Nîmes est une ville qui oblige. » Il promet de n’être « le maire d’un clan », parle de solidarité, de dignité, de quartiers, d’une ville méditerranéenne « où chacune et chacun compte ». Et très vite, il met un mot sur le fil rouge de son début de mandat : « Tout écouter, pour réussir. » Dans la foulée, il mène son premier conseil comme on tient une promesse d’efficacité : création de 22 postes d’adjoints, dont cinq tournés vers les quartiers, installation de la machine municipale, votes procéduraux, avec un RN qui choisit l’abstention systématique, façon de dire « nous surveillons » sans encore entrer dans le fond. La séance levée, place aux accolades, au buffet, et aux discussions avec les habitants : la politique, version « à portée de voix ».

    Dès les jours suivants, le nouveau maire s’attaque à ce qui, dans une mairie, fait tenir -ou craquer-un mandat : l’administration. La rencontre avec les agents municipaux devient un marqueur, presque un rituel inaugural. « Ce qu’on a fait pour la ville, on va le faire pour les agents », répétait-il pendant la campagne ; il l’a remis au centre. Rencontrer, écouter, rassurer, remettre de la confiance dans une administration marquée par 25 ans d’habitudes. Dans cette première semaine, l’image revient : Vincent Bouget et ses proches « au contact », comme un contre-modèle à la mairie forteresse.

    Dans le même mouvement, l’exécutif se structure. Le 1er avril, le nouveau maire dévoile l’architecture politique : 22 adjoints et 18 conseillers délégués, avec une idée martelée : transversalité, proximité, présence permanente. Amal Couvreur aux solidarités et à la prévention, Pierre Jaumain à l’urbanisme et au logement, Denis Lanoy à la culture, Bruno Ferrier aux sports, Nicolas Nadal à la sécurité, Maya Amer-Moussa aux « Places communes » et à la vie de quartier… Une équipe large, censée couvrir la ville quartier par quartier, et donner corps à la promesse de démocratie du quotidien.

    Sur le terrain, ces mêmes adjoints se mettent déjà en mouvement. Denis Lanoy représente la Ville à la Maison de Ma Région pour une inauguration culturelle avec l’École de la deuxième chance : un symbole de plus dans un mandat qui veut remettre la culture et l’éducation populaire au cœur. Dans le cadre du tournoi de tennis Bastide UTS organisé dans les Arènes les 3 et 4 avril, Vincent Bouget et Bruno Ferrier vont à la rencontre des enfants, plus de 300 élèves invités, ateliers, initiation, sport accessible à tous. Même si l’événement est hérité de la mandature précédente, la nouvelle équipe s’y montre : présence, transversalité, terrain.

    La semaine est aussi celle des premières mesures, modestes en apparence, significatives politiquement. Sur les épiceries de nuit, la nouvelle équipe met en œuvre l’arrêté pris sous Fournier : fermeture entre 22h et 6h dans un périmètre ciblé, pour six mois. Nicolas Nadal, nouvel adjoint à la sécurité, assume la ligne : répondre au « besoin d’apaisement », limiter les nuisances, réaffirmer un cadre. Un choix qui veut dire : pas de posture, mais du concret, même quand la mesure vient de l’ancienne majorité.

    Enfin, la semaine est faite de rendez-vous politiques : échanges avec Françoise Laurent-Perrigot, présence dans la ville, rencontres répétées avec les habitants. Les poignées de main, les discussions sur les marchés, les attentes qui tombent sans filtre (propreté, écoles, santé, sécurité, pouvoir d’achat) dessinent vite une évidence : la première semaine se joue à hauteur de rue, là où la parole remonte brute. C’est précisément dans ce va-et-vient entre institutions et terrain que Bouget choisit de frapper fort sur la sécurité. Le 31 mars, il rencontre le préfet Jérôme Bonet ; le 1er avril, deux courriers partent vers le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour réclamer une réponse « durable et structurée » dans un contexte local marqué par le narcotrafic. Le maire demande des renforts d’effectifs pour la police nationale, mais insiste surtout sur le nerf de la guerre : des moyens judiciaires à la hauteur pour que la réponse ne soit pas seulement ponctuelle. Il remet aussi sur la table un dossier attendu : la confirmation d’un poste de police à Pissevin, pensé comme un point d’appui partagé entre police nationale et police municipale. La nouvelle majorité le sait : elle est attendue au tournant, sommée de prouver qu’une gauche de proximité peut parler sécurité sans slogans.

    Une semaine, ce n’est rien. Et pourtant, à Nîmes, cette première semaine de mandat a déjà dessiné une méthode : ouvrir les portes, occuper le terrain, et envoyer des signaux aux agents, aux quartiers, à l’État, aux oppositions. La suite dira si l’élan tient. Mais le démarrage, lui, a un tempo : celui d’un mandat qui refuse de s’installer dans les bureaux.

    Les adjoints

    1. Amal Couvreur

    Première adjointe comprenant la solidarité, l’inclusion, la prévention et la sécurité. Assistante sociale de formation, figure de la société civile, vice-présidente du Département.

    2. Pierre Jaumain

    Adjoint à l’urbanisme et au logement. Patron du PS gardois, passé par des exécutifs locaux. Il porte un dossier explosif : logement, rénovation, vacance et rééquilibrage des quartiers.

    3. Sibylle Jannekeyn

    Adjointe au patrimoine municipal, à la rénovation énergétique et thermique des bâtiments communaux. Co-responsable des Écologistes, elle incarne l’axe sobriété.

    4. Bruno Ferrier

    Adjoint aux sports. Conseiller municipal sortant, ancien élu de l’époque Clary, vice-président du PRG dans le Gard. En charge d’un chantier massif sur les équipements sportifs.

    5. Soukaina Benjaafar

    Adjointe chargée de l’administration générale et à l’accès aux services publics. Juriste, présidente associative au Mas de Mingue. Elle symbolise l’entrée des quartiers populaires à l’hôtel de ville.

    6. Denis Lanoy

    Adjoint aux arts, à la culture, aux équipements culturels, et à l’éducation populaire. Homme de théâtre, responsable du PC nîmois. Il porte la ligne de la culture pour tous.

    7. Marianne Bernède

    Adjointe à l’égalité, au handicap et à la lutte contre les discriminations. Conseillère sortante, co-référente Génération.s, pour une délégation mêlant social et services publics.

    8. François Séguy

    Adjoint à la qualité des espaces publics et à la propreté. Élu d’opposition depuis 2014, figure de terrain chargée du quotidien.

    9. Corinne Giacometti

    Adjointe aux festivités et grands événements. Socialiste, ancienne élue de l’exécutif régional. En première ligne sur les temps forts (Feria, etc.) pour populariser et apaiser.

    10. Colin Gril

    Adjoint à la transition écologique. Agronome, ingénieur, écologiste : un profil technique pour traduire en actes le plan de végétalisation.

    11. Sylvette Fayet

    Adjointe à la tauromachie, à l’alimentation et à l’agriculture locale. Élue municipale depuis 1989, très identifiée sur la culture taurine et le lien ville-campagne.

    12. Nicolas Nadal

    Adjoint à la sécurité, tranquillité publique et prévention de la délinquance. Sapeur-pompier professionnel et responsable PS local.

    13. Cécile Jourdan

    Adjointe à la ville inclusive, au handicap et à la mobilité active. Ancienne travailleuse sociale : elle devra incarner la ville pour tous et les mobilités du quotidien.

    14. Pierre-Edouard Détrez

    Adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire. Ancien international de rugby, élu sortant de l’opposition : il hérite de la promesse de l’école comme priorité.

    15. Jo Menut

    Adjointe au social et au CCAS. Élue d’opposition sortante, très investie sur les politiques de solidarité.

    16. Laurent Mespoulet

    Adjoint au développement économique, tourisme, emploi et insertion. Socialiste, ancien directeur de développement : un portefeuille clé dans une ville marquée par le chômage et la bataille de l’attractivité.

    17. Sabine Oromi

    Adjointe à la jeunesse. Communiste, professeure d’espagnol, syndiquée : elle porte la promesse de redonner du pouvoir aux jeunes.

    18. Gilles Guillaud

    Adjoint aux finances et affaires juridiques. Fonctionnaire d’État, passé par la préfecture du Gard : l’homme des arbitrages budgétaires.

    19. Maya Amer-Moussa

    Adjointe aux places communes et vie de quartier. Enseignante et syndicaliste : chargée de déployer le projet dans les quartiers.

    20. Emmanuel Bois

    Adjoint aux commerces, foires, marchés et halles. Professeur, ex-responsable FSU : au cœur des dossiers sensibles du centre-ville.

    21. Catherine Fénech

    Adjointe à la santé publique et environnementale. Médecin de PMI : elle pilote une urgence nîmoise, l’accès aux soins.

    22. Jean-Yves Chabanel

    Adjoint au personnel et à la sécurité des bâtiments communaux. Professeur d’éco-gestion : dédié à l’administration et aux agents.

  • [Vidéo] Les yeux pleins d’étoiles pour les petits bouts à l’Opéra

    [Vidéo] Les yeux pleins d’étoiles pour les petits bouts à l’Opéra

    Devant des tout-petits, c’est une première. Ça m’a beaucoup touchée, car j’ai majoritairement bien senti les enfants dans l’histoire et les parents aussi », relate tout sourire Muriel Tschaen, récitante du spectacle. Elle poursuit : « Au vu des retours faits à la sortie, on sent que tout le monde a passé un excellent moment. Je trouve ça génial ! »

    Les enfants, leurs parents ainsi que les professionnels des crèches accompagnants, soit environ 400 personnes, ont profité de cette matinée artistique. Une deuxième édition pour ce dispositif remarquable, axé sur le développement de l’éveil des enfants, le renforcement des liens familiaux et les échanges avec les crèches.

    « On a pu voir la joie et les sourires des bébés et des parents devant ce spectacle vivant, mais aussi la découverte d’un lieu de culture, d’un orchestre, et peut-être des vocations », note Guillaume Schmitt, responsable des relations extérieures et de l’action culturelle de l’Opéra municipal.

    À la sortie, la famille de Coralie, Julien et Li-Anna s’enthousiasme. « Ça lui a plu ! Très enrichissant, merci », dit le papa. « C’est super pour l’éveil musical des enfants », dit la maman. Et « le chaaat » remporte le cœur de la petite fille.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »