Tag: enfants

  • [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    L’association l’Atelier Bleu CPIE Côte Provençale emmène les curieux, dès six ans, à la découverte des sentiers sous-marins sur le littoral de La Ciotat et de Saint-Cyr. Une fois équipé de combinaison, palmes, masque et tuba fournis par l’association, direction le site de Mugel ou Port d’Alon pour une heure dans l’eau aux côtés d’un éco-guide diplômé d’État de plongée. « On fait découvrir les espèces et leurs interactions. On parle aussi des marées en Méditerranée, puisque la plupart des gens sont persuadés qu’il n’y en a pas, alors que certaines espèces en dépendent pour survivre », décrit Damien Braconnier, moniteur de plongée à l’Atelier Bleu.

    Une expérience personnalisée

    Éducateur sportif formé à la biologie marine, il insiste sur la dimension éducative de l’activité : « Contrairement au snorkeling, on apporte un vrai contenu pédagogique qui demande au guide des connaissances écologiques conséquentes ». Les groupes, limités à huit personnes, évoluent selon la saison. « Pendant l’année je travaille surtout avec des enfants. L’été, on a des touristes, mais aussi des locaux intrigués, qui ne savent pas où regarder dans les fonds marins », indique Damien Braconnier. Il évoque notamment le site de Mugel où « des formations rocheuses appelées poudingues donnent un fond différent du calcaire habituel de Provence ».

    À l’Atelier Bleu, aucune sortie n’est identique : « Il n’y a pas de déroulé type, ça dépend de la curiosité des gens. Le guide choisit le trajet le jour même. Ça permet de s’adapter au public, à la météo et d’être plus réactif aux questions qui nous sont posées, précise le moniteur. Ça m’est arrivé d’avoir des gens qui n’y connaissaient rien, comme j’ai pu avoir des biologistes ! » Pour les nageurs moins aguerris, les moniteurs disposent de bouées afin de garantir un point d’appui tout au long de l’activité.

    Toute l’année, l’association assure un suivi biologique des espèces dans les calanques. Damien Braconnier alerte d’ailleurs sur leur souffrance face à « des hausses de température brutales de l’eau, comme on en a eu dernièrement ».

    Réservations sur :
    cpie-coteprovencale.org

  • Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un enfant sur cinq privé de vacances : le Secours populaire français agit

    Un lac, des forêts à perte de vue et surtout un endroit loin de la ville. « Chaque année, plus d’un enfant sur cinq n’a pas ce droit aux vacances », rappelle Gilles Loison, secrétaire fédéral du Secours populaire de l’Hérault. C’est tout l’enjeu de la Journée des oubliés des vacances (JOV), une opération qui permet, chaque année, à des enfants de six à douze ans de s’évader le temps d’une journée. « L’essentiel est qu’ils aient vécu quelque chose dont ils puissent parler. C’est pour cela que ces journées se déroulent souvent à la mer ou à la montagne », explique Gilles Loison. Le site, un espace de loisirs habituellement ouvert au public, sera entièrement réservé aux enfants du Secours populaire pour l’occasion.

    Les vacances, un luxe pour un Français sur trois

    Au programme : activités nautiques, sorties en bateau, accrobranche et de nombreux jeux. « L’objectif est qu’ils passent une journée entièrement consacrée au plaisir et aux loisirs », résume le secrétaire fédéral.

    Selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), environ 35% des Français ne partiront pas en vacances cet été. Parmi les plus modestes, la proportion est bien plus élevée, elle s’élève à 51% des Français.

    « Si l’on revient à l’Histoire, le droit aux vacances date de 1936. Mais avoir un droit ne signifie pas forcément avoir les moyens d’en profiter. À l’époque, partir en vacances coûtait beaucoup moins cher, ajoute Gilles Loison. Aujourd’hui, les vacances représentent une dépense importante et elles ne sont plus accessibles à tout le monde. Pourtant, elles devraient être considérées comme un droit fondamental, car elles participent à l’éveil des enfants et sont essentielles à leur développement », estime-t-il. Pour mener à bien cette journée, la fédération cherche encore de nouveaux bénévoles : une dizaine à une quinzaine de volontaires supplémentaires seraient les bienvenus, tout comme des dons financiers. Ces derniers permettent de financer le transport en bus, les repas, les goûters et une partie des activités proposées aux enfants, pour de prochains événements.

  • [C’est l’été] À Marseille, Saint-André se jette à l’eau

    [C’est l’été] À Marseille, Saint-André se jette à l’eau

    Avec ses 27 000 documents pour adultes et enfants elle offre une riche programmation culturelle et des animations variées. Trois dates à retenir pour finir l’été en fraîcheur, des matinées animées par les bibliothécaires à partir de 10h : « Jeux d’eau et ateliers créatifs » pour les 2-4 ans, vendredi 21 août. « Tous à l’eau » pour les 0-3 ans mardi 25 août. Et « Décore tons sac ou ta trousse » pour les 6-10 ans vendredi 28 août. Sur inscription au : 04.13.94.82.00.

    Adresse : 6 boulevard Salducci, 13016.

  • [C’est l’été] Les petits débrouillards aux Serrets à Manosque

    [C’est l’été] Les petits débrouillards aux Serrets à Manosque

    Les savoirs prennent sens lorsqu’ils répondent aux préoccupations des personnes. Les animations scientifiques commencent souvent par une question : Pourquoi le ciel est-il bleu ? Comment fonctionne un panneau solaire ? Pourquoi certains déchets se recyclent-ils ?

    Les Petits Débrouillards s’appuient sur les interrogations des habitants pour construire les activités. Cette démarche permet de montrer que chacun possède déjà des connaissances et que la science est un outil pour mieux comprendre son environnement.

    À Manosque, aux côtés de Perrine et Mathilde, les enfants se sont interrogés sur le thème des saveurs savantes : comment décrire un goût ? Peut-on manger du requin ? Que fait une abeille de ses journées ? Des jeux autour de ces questions ont été proposés : sentir et toucher à l’aveugle, cap ou pas cap de tester des plats du monde, une course par équipe pour aller polliniser un max de fleurs… ça a bien plu !

  • [C’est l’été] Atelier d’art à Quinson

    [C’est l’été] Atelier d’art à Quinson

    Les participants réaliseront leur propre fresque à partir d’outils et de techniques inspirés de l’époque, en s’inspirant des chefs-d’œuvre des grottes ornées.

    G.C.

    À partir de 3 ans, sur réservation de 14h30 à 15h30.

  • Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Un terrain à la Valentine dans le 11e arrondissement, un autre dans le 15e, une caserne dans le 3e à l’abandon depuis des lustres et squattée à plusieurs reprises. Seule certitude sur ces sites occupés depuis des années par des familles originaires de Roumanie, les expulsions sont pendantes. Et « le concours de la force publique est accordé », précise maître Adam Borie, avocat au barreau de Marseille. Quant aux dates ?

    Sollicitée à plusieurs reprises, la préfecture ne répond pas. De quoi laisser l’angoisse s’installer. D’autant plus que la rentrée scolaire approche et que sur chacun des sites, de nombreux enfants sont scolarisés. La Ville, propriétaire du site, motive quant à elle la demande d’évacuation par : « Un danger sur un bâtiment qui reste occupé, une activité de ferraille et des conditions d’occupation qui présentent un danger pour eux comme pour les riverains, le non-respect des installations d’accès à l’eau, à l’électricité et à l’hygiène en dépit d’un grand travail d’accompagnement pour sécuriser le site. » Pour autant, elle avait porté « une exigence de relogement », qui incombe à l’État.

    « Les expulsions produisent une rupture dans le parcours de soins des personnes malades, le suivi des femmes enceintes et l’accompagnement social », ajoute Laurent Sapin, à l’origine de la conférence de presse. Car il se dégage un scénario trop couru pour être ignoré, dans ces injonctions à quitter le terrain. À l’écoute, le père Paul Daniel, qui a officié à la Belle de Mai, se souvient avoir ouvert les portes de la paroisse à des familles expulsées, un soir d’octobre 2012, par un fort mistral, « des enfants, des personnes âgées, des malades, épuisés par la marche », traquées par les CRS pour les empêcher de s’installer dans une nouvelle friche.

    Des droits à défendre

    Elena, qui vit à Marseille depuis 15 ans, « représente une association de soutien aux familles roms » et témoigne : « On en a marre de changer d’endroit à chaque fois que la police vient nous déloger. À chaque fois, c’est justifié par la question de la sécurité. Mais il n’y a jamais de solution durable. » Elle argumente et interroge : « Quand dans les bidonvilles ont été évacués, des logements ont été construits pour reloger. Pourquoi les autorités ne choisissent pas le dialogue plutôt que l’expulsion qui coûte plus cher. Évacuer un terrain, c’est 4 000 euros. » Et répond à son tour : « On nous demande pourquoi on vit en groupe. C’est pour se protéger des violences. » Car les cas n’ont pas manqué, d’attaques violentes, de tentatives d’incendie.

    « Oui, il y a des nuisances qui peuvent excéder les voisins », reconnaît Framboise Robert, responsable de l’association culturelle Arte Cavhalo. Rare signataire à connaître la situation de très près pour avoir travaillé plus de 16 ans avec les enfants des squats. « Mais si on nous laissait le temps d’organiser des activités avec des aides, bien encadrées, bien gérées, avec un budget au lieu de couper les subventions des associations, ça pourrait bien se passer. » À Gardanne ou à Lyon, des expériences d’accompagnement ont fait leurs preuves. « Ici, les projets sur les friches Euromed n’ont fait que repousser les squats, de Bougainville à Gèze, à la Belle de Mai », regrette-t-elle.

    « Nous devons faire entendre notre voix » ont convenu les familles. « Nous sommes ici pour dire que ces familles ne sont pas seules », a rappelé Laurent Sapin avec à ses côtés une militante de Front commun et Imram Trocmé, élu LFI des 4-5. Une représentante d’Un centre-ville pour tous et du Collectif d’habitants organisés du 3e (CGO3) propose « d’agir ensemble, de créer des liens ». Le premier pas se fera sur le plan judiciaire. Sans toit, ces familles ne sont pas sans droits. Maître Adam Borie annonce : « Ces familles n’étaient pas représentées lors de l’ordonnance. Elles ont droit au débat devant un juge. Nous allons saisir le Juge de l’exécution. » De quoi gagner un délai.

  • [C’est l’été] Un atelier à l’ombre du musée Ziem

    [C’est l’été] Un atelier à l’ombre du musée Ziem

    Depuis 1908, le musée expose les œuvres de Felix Ziem et d’autres peintures et arts graphiques du XIXe et XXe siècle. Ce mercredi, ce sera au tour des visiteurs de créer au cours d’un atelier « à l’ombre du musée », entre amis en famille ou seul, guidé par un professionnel de 10h à 11h, les visiteurs découvrent une œuvre avant de s’initier aux différentes pratiques artistiques (peinture, collage ou dessin). Il sera tout de même possible de visiter le musée librement et gratuitement comme à l’accoutumée, ainsi que d’assister à la présentation d’une œuvre par un médiateur. La moitié de l’établissement est consacrée aux œuvres de l’artiste qui lui a donné son nom : Felix Ziem. Il était un peintre Français précurseur du mouvement de l’impressionnisme et a peint en grande partie des paysages. L’autre partie du musée est dédiée à divers artistes contemporains de Felix Ziem tels que Emile Loubon ou Ernest Pignon-Ernest. Le musée est ouvert du mercredi au dimanche inclus, de 14h à 18h. Pour s’inscrire à l’atelier, plus d’informations sont disponibles sur le site de la ville de Martigues.

    Louis Golliot

  • [C’est l’été] Six siècles d’histoire de La Ciotat racontés sur les planches

    [C’est l’été] Six siècles d’histoire de La Ciotat racontés sur les planches

    « Le concept de ce spectacle, c’est de mettre en valeur des personnages qui ont marqué l’histoire de La Ciotat et La Provence », explique Mireille Benedetti, présidente de l’association « La Ciotat, il était une fois » et scénariste et metteuse en scène du spectacle La Ciotat, il était une fois 600 ans d’histoire. « Je voulais mettre en valeur la particularité de La Ciotat : les habitants se sont toujours battus pour préserver l’authenticité et les valeurs de la ville », ajoute-t-elle. Le spectacle commence en 1429, date de création de la ville, marquant la prise d’indépendance par rapport à la ville voisine, Ceyreste. « Il y a neuf actes, un final et un entracte », précise Mireille Benedetti.

    Pour petits et grands

    Le spectacle « est prévu pour touristes et locaux, petits et grands », insiste-t-elle. La scénariste travaille depuis six mois sur le spectacle. Au printemps, l’association a lancé des castings pour réunir 100 acteurs, « la plus petite à 2 ans et demi, le plus âgé 83 ans », dit-elle. Pour les combats, ce sont des escrimeurs professionnels, provenant de la troupe des Dragons de Condé de Fréjus. Les 100 comédiens incarneront au total 500 personnages.

    Les portes du Théâtre de la mer s’ouvriront, jeudi et vendredi, à partir de 18h. Dès 18h30, des animations sont prévues pour « vivre agréablement l’attente ». Une taverne gourmande tenue par l’association sera sur place. Le spectacle commence à 20h. « Il reste des places ! », indique Mireille Benedetti. Pour s’en procurer, il y a une billetterie en ligne sur « Helloasso.com La Ciotat, il était une fois ». Il est également possible d’obtenir des billets, ce mardi matin et à partir de 20h au comité des fêtes de La Ciotat, puis mercredi, jeudi et vendredi dès 17h au Théâtre de la mer. Un accès PMR est prévu. Le tarif est de 20 euros pour les adultes, 15 euros pour les enfants de moins de 12 ans et pour les groupes à partir de 10 personnes.

    Gabrielle Cartellier

  • [Hébergement d’urgence] Ces villes qui attaquent en justice… Et gagnent

    [Hébergement d’urgence] Ces villes qui attaquent en justice… Et gagnent

    La justice administrative a condamné l’État fin juillet à indemniser à hauteur de plus de 500 000 euros la Ville de Strasbourg, qui le poursuivait avec quatre autres grandes municipalités pour « carence » en matière d’hébergement d’urgence. Une somme de 242 284 euros va être versée à la commune, 294 669 au Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville ainsi que 3 000 euros pour frais de procès, indiquait nos confrères de Rue 89.

    Des sommes qui correspondent aux frais d’hébergement dans un gymnase municipal de plusieurs sans abri, à la suite notamment des évacuations successives d’un campement du centre de la ville, entre 2022 et 2023. « L’État n’a pas respecté ses obligations légales en laissant des familles entières à la rue et en refusant de financer l’hébergement d’urgence à la hauteur des besoins », a réagi dans un communiqué l’ancienne maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, qui avait initié le recours pendant son mandat.

    « Un système à bout de souffle »

    Son ancienne adjointe aux solidarités, Floriane Varieras a rappelé « qu’aujourd’hui des enfants, des femmes, des hommes dorment à la rue par centaines », estimant que ce jugement doit « pousser la ville à les mettre à l’abri immédiatement, et à demander le remboursement de ces hébergements à l’État ». Quatre mairies écologistes, Grenoble, Lyon, Bordeaux et Strasbourg et une socialiste, Rennes, avaient lancé une action en justice contre l’État en février 2024 afin de réclamer la « refonte » d’un système jugé « à bout de souffle ». En mars et novembre 2025, l’État avait déjà été condamné à indemniser Grenoble et Bordeaux.

  • [C’est l’été] Lyudmyla Tsivka, quatre ans de guerre sans « après »

    [C’est l’été] Lyudmyla Tsivka, quatre ans de guerre sans « après »

    Pour Lyudmyla Tsivka, le temps s’est arrêté le 24 février 2022. Plus de quatre ans après le début de l’invasion russe, la présidente de SOS Montpellier-Ukraine distingue toujours deux périodes : « Il y a un avant et un pendant. Il n’y a toujours pas d’après ». Avant, elle était une mère de famille d’origine ukrainienne installée en France, assistante maternelle et étrangère au monde associatif. Puis son pays a été attaqué et elle n’a pas pu « rester à côté ».

    Les premiers jours demeurent noyés dans un brouillard. « J’étais perdue. Je ne comprenais pas ce qui arrivait à mon pays. La vie s’est arrêtée. » Depuis, l’engagement a rempli presque tout l’espace. La guerre a endurci Lyudmyla, mais elle l’a aussi privée d’une part d’elle-même. « Je ne me permets plus de vivre. J’existe, je subsiste », confie-t-elle. Les anniversaires, les fêtes ou les éclats de rire de ses proches lui rappellent qu’au même instant, en Ukraine, d’autres familles pleurent leurs morts. Elle participe, sourit parfois, puis préfère s’isoler. À la maison, ses enfants la voient rester devant son téléphone et fondre en larmes au fil des nouvelles. « C’est compliqué de leur expliquer que ce n’est pas à cause d’eux, que cela ne les concerne pas complètement, alors qu’ils ont aussi des origines ukrainiennes. » Une angoisse qu’elle refuse pourtant de transmettre aux autres.

    Transformer la douleur

    en action

    Dès les premiers jours de l’invasion, la Ville de Montpellier, l’avocate Sophie Mazas et des habitants se mobilisent. Dans l’urgence naît SOS Montpellier-Ukraine. « C’était vital. Il y avait une solidarité immense. Les gens arrivaient avec des dons, proposaient des logements. Dans toute cette douleur, cela faisait chaud au cœur. Je ne pensais pas que c’était possible. »

    L’association accueille d’abord les Ukrainiens qui fuient la guerre, à une période où aucun dispositif institutionnel n’est encore réellement organisé. Deux mois plus tard, lorsque l’État et les collectivités mettent en place des circuits plus administratifs, les bénévoles se tournent vers l’aide humanitaire, sans abandonner l’accompagnement des réfugiés installés à Montpellier. Grâce aux donateurs et aux bénévoles, 38 camions de matériel ont été envoyés en Ukraine. Aujourd’hui, l’association ne dispose plus de lieu de stockage et ne peut plus organiser des convois de la même ampleur. Elle poursuit néanmoins ses collectes pour financer des générateurs, du matériel de première nécessité ou soutenir les soldats ukrainiens accueillis en France pour leur rééducation.

    Parmi eux, Lyudmyla n’oublie pas un jeune homme de 1,89 mètre, amputé des deux jambes après l’explosion d’une mine. Des doigts sectionnés, un fauteuil roulant et une vie entière à reconstruire. « Il ne regrettait rien. Il ne se considérait même pas comme handicapé. Moi, je suis entière et je suis complètement à la ramasse », souffle-t-elle. Son optimisme, comme celui d’autres blessés âgés d’à peine 23 à 40 ans, lui interdit de baisser les bras. « Quand je les regarde, je me dis que je n’ai pas le droit de dire que je ne peux plus. Leur joie de vivre me dépasse. »

    Cette force n’efface pas l’essoufflement de la solidarité. Depuis un an et demi, les dons diminuent et l’Ukraine disparaît des conversations, malgré des attaques presque quotidiennes. Lyudmyla souffre aussi des discours qui présentent les réfugiés comme des privilégiés. Elle rappelle les familles séparées et les jeunes revenus combattre une fois majeurs : « Il ne faut pas envier cette vie-là ». Elle préfère retenir les gestes d’entraide, comme celui des pompiers ukrainiens venus soutenir leurs collègues français en Gironde. Lyudmyla dit continuer pour les enfants d’ici et de là-bas. Tant qu’il n’y aura pas d’« après », elle poursuivra son engagement.