Tag: enfants

  • Petitapeti en besoin de nouveaux locaux

    Petitapeti en besoin de nouveaux locaux

    Les familles se regroupent jeudi 12 mars en face de l’école Hozier, dressant des pancartes avec inscrit : « Notre association ! Touche pas à mes enfants ! » ou encore « Sans local fixe, on sera dehors ! ». Pour cause, « le local de l’association Petitapeti a été racheté en juin dernier. Le bail arrivant à expiration, nous ne disposons plus que de quelques mois pour trouver un nouveau local », explique Camille Perdreau, coordinatrice de l’association.

    Véritable poumon du quartier de la Joliette, Petitapeti est un lieu de rencontre pour les enfants et leurs parents. L’association propose un accompagnement éducatif avec des activités culturelles et de loisirs pour les enfants de 6 à 12 ans. Camille Perdreau est consternée : « Les enfants ne doivent pas être les oubliés de la rénovation urbaine. »

    Un besoin de locaux

    L’association a tenté de mobiliser par une pétition, mais après 600 signatures, « aucune réponse concrète des collectivités », déplore la coordinatrice. « On nous parle de lutter contre l’errance de nos enfants, mais ils n’ont aucun endroit où aller ni où s’épanouir », déplore Nesrine Abdessade, mère de deux enfants et habitante du quartier. Elle rappelle qu’une de ses filles est restée un an et demi sur liste d’attente pour rejoindre l’association.

    Depuis 10 ans déjà, cette dernière bataille pour avoir accès à un local plus grand : l’actuel ne fait que 40m². Conséquence, un grand nombre de familles reste en attente. La coordinatrice précise : « Le problème n’est pas ce propriétaire, mais plutôt pourquoi il n’y a pas plus de réquisitions de locaux vides dans le secteur. Toute la rue Vincent-Leblanc, la rue de la Joliette, les rez-de-chaussée sont vides. »

  • [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    Des babouins ont été suivis pendant des mois dans un parc de Namibie. En milieu naturel, donc. « C’est une force de l’étude », insiste la chercheuse. Un moment était particulièrement scruté : celui du toilettage des enfants par la mère. Les scientifiques observaient alors le comportement des frères et sœurs qui, souvent, s’approchaient et restaient là, à côté, l’air de rien. « C’est souvent très subtil, note Axelle Delaunay. Ce sont rarement des explosions de colère ou des agressions. » Même si les plus petits pouvaient faire des caprices. Dans un unique cas, une tentative de jeu avec le frère en cours de toilettage pour l’attirer ailleurs et prendre sa place a été observée.

    Favoritisme

    Comment être sûr qu’il s’agit de jalousie et non pas de recherche d’attention de la mère, du frère ou de la sœur ? « Un faisceau d’indices nous le laisse penser, résume Axelle Delaunay. Nous avons testé différentes hypothèses et ce que nous avons observé se rapproche plus du comportement attendu dans le cas de la jalousie. » D’abord, les enfants interfèrent plus avec leur mère quand elle est occupée à toiletter quelqu’un. « Ce n’est pas le meilleur moment s’ils veulent se faire toiletter ou jouer », glisse la chercheuse. De plus, ils ciblent plus volontiers les enfants de leur âge ou du même sexe. Enfin, le comportement avait deux fois plus de chances de perturber le toilettage que d’obtenir l’attention de la mère, du frère ou de la sœur. En résumé : « S’ils cherchent à se faire toiletter ou à jouer avec leur frère ou leur sœur, ça ne fonctionne pas du tout », s’amuse Axelle Delaunay.

    Un dernier élément fait pencher la balance en faveur de la jalousie : les frères et sœurs ciblent plus volontiers l’enfant favori. Car oui, le favoritisme semble exister chez le babouin : certaines mères passent plus de temps à toiletter certains de leurs enfants. « Cela n’avait jamais été vraiment montré », assure Axelle Delaunay, qui admet que l’idée ne lui était pas venue à l’esprit avant l’étude. « Nous l’avons constaté sur le terrain, indique-t-elle. Cela donne envie d’y revenir pour étudier ce phénomène plus en détail. »

  • Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    À peine la paille posée, une tourterelle atterrit. En face du bâtiment banane des Comtes, en lieu et place de l’ancien city-stade, une micro-forêt prend désormais racine. Depuis trois jours, l’entreprise OliviAnne, mandatée par Erilia, encadre des enfants et des collaborateurs du bailleur social dans l’opération de renaturation. Celle-ci s’inscrit dans la transformation globale du quartier prioritaire, menée dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain. Ce jeudi 12 mars en milieu d’après-midi, 300 jeunes port-de-boucains et une soixantaine de salariés peuvent se féliciter d’avoir planté 2 445 arbres et buissons de trente espèces différentes sur une parcelle de 815 m2.

    « Ce sont les mêmes que la forêt du Castillon : il y a du pistachier, de l’olivier sauvage, du romarin, du chêne… », énumère Anne Desmaison, fondatrice de la société en charge du chantier. D’après l’oléicultrice, « deux ans et demi après plantation, les amandiers peuvent déjà mesurer plus de 2 mètres ».

    Biodiversité et fraîcheur

    Les bienfaits d’une telle micro-forêt sont nombreux : « Production d’oxygène, séquestration du carbone, désimperméabilisation des sols qui permet une meilleure infiltration des eaux en cas de pluie, création d’îlots de fraîcheur », cite Anne Desmaison. La spécialiste de la renaturation a effectué des relevés sur l’une des douze parcelles qu’elle a plantées à Salon-de-Provence : « À 20 mois, à l’extérieur, on avait 56 degrés au sol, à l’intérieur, on avait 36 degrés. On a gagné 20 degrés sur une forêt pas du tout arrivée au terme de sa maturité ! »

    Côté biodiversité, ces végétaux permettent le développement de pollinisateurs et apportent un habitat aux insectes et aux oiseaux. « L’intérêt d’avoir planté avec les enfants, c’est qu’on les a sensibilisés avec une activité ludo-pédagogique en rapprochant la nature d’eux, explique Julia Riccio, fondatrice des Créations du hérisson. Et la biodiversité ne s’arrête pas aux animaux et aux plantes, je leur ai expliqué que dans une poignée de terre, il y a autant de bactéries qu’il y a d’humains sur terre. C’est dingue ! On a aussi parlé des propriétés des plantes… Savoir tout ça leur donne envie de protéger ce nouvel endroit. »

  • Des écoles du Front populaire protégées

    Des écoles du Front populaire protégées

    Treize édifices marseillais de plus enrichissent la base nationale Mérimée. Sur avis de la Commission régionale du Patrimoine et de l’Architecture, le préfet les a inscrits au titre des monuments historiques. Les arrêtés viennent d’être publiés. D’abord deux églises : celle de Saint-Lazare dans le 3e, œuvre de l’architecte Pascal-Xavier Coste (1838) et l’église de Saint-André dans le 16e, inaugurée en 1862.

    Sur la corniche Kennedy, le Monument des Rapatriés (1970) est protégé en tant que « témoignage d’une période douloureuse de l’histoire française et des relations franco-algériennes, d’un épisode exceptionnel de l’histoire de Marseille et de l’œuvre du sculpteur marseillais César ». La Villa Valmer (1865), demeure de l’industriel Charles Gounelle et propriété de la Ville de Marseille, est désormais inscrite « en totalité avec le pavillon de concierge, son parc et l’ensemble de ses parties constituantes, et le sol des parcelles ».

    Vient enfin la série remarquable de neuf écoles bâties dans les années 30 par les architectes municipaux Eugène Sénès, Marcel Peyridier et Félicien Dallest. Représentatives d’un Art déco parfois néoprovençal, elles témoignent de l’effort considérable porté par les municipalités successives pour résoudre la « question des écoles » et les faire entrer dans la modernité, une préoccupation constante de l’entre-deux-guerres et du Front populaire relayé dès mai 1935 par la municipalité socialiste d’Henri Tasso.

    Modernité pédagogique, triomphe de l’éducation

    Neuf d’entre elles sont donc inscrites : l’école Bois-Luzy, allée des Primevères (12e), l’école Châteaubriand à Saint-Lambert (7e), l’école Édouard-Vaillant (3e) près du Toursky avec l’ancienne école maternelle et la crèche Ceylan, l’école Malpassé-Grenier, rue du Docteur-Grenier (13e), l’école Michelet-Foch, boulevard du Maréchal Foch (4e), l’école Saint-Marcel, rue du Queylar (11e), l’école Saint-Pierre, boulevard Louis-Frangin (5e), l’école Verduron-Haut, boulevard Marius-Brémond (15e), l’école Château-Gombert-Village, boulevard Fernand-Durbec (13e).

    Outre l’intérêt architectural, c’est aussi la qualité des décors et parfois des œuvres d’art que certaines possèdent qui justifient cette protection. L’école Bois-Luzy inaugurée en décembre 1936 fait partie du programme des écoles décidées en 1933 et réalisées en 1935-1936 qui intègrent garçons et filles. C’est l’exemple de cette première série conçue dans le goût de la Troisième République avec ses coursives extérieures modernisées et qui s’inscrit dans le courant Art déco régionaliste.

    La seconde série de 1936-38 est une œuvre considérable. C’est déjà un Plan École pour faire disparaître des écoles indignes, aux locaux insuffisants et inadaptés. À la poussée démographique exceptionnelle – Marseille passe de 586 000 habitants en 1921 à 914 000 en 1936 – allait s’ajouter les effets immédiats de la loi d’août 1936 votée par le gouvernement du Front populaire porté par Léon Blum et son ministre de l’Éducation nationale Jean Zay, qui prolongeait la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans.

    Les nouvelles écoles s’affirment dans le tissu urbain avec des entrées marquées, de grands portiques, un décor, un nom et le blason de la Ville. « Tout le “confort moderne” a été dispensé dans ces écoles : douches, eau chaude, sanitaires intérieurs, chauffage central pour toutes les écoles, horloges et sonnerie électriques, plus des innovations comme celles d’une salle de thérapie par UV dans la crèche du groupe Ceylan ou le solarium de la maternelle Ruffi », décrivent les historiens de l’art. L’architecture se met au service d’une modernité pédagogique. L’engagement considérable de la Ville de Marseille se traduit aussi dans l’attention portée aux enfants en dehors du temps scolaire.

  • À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    Est-ce que vous êtes Jauuuuuu ? » Ambiance au théâtre des Chartreux (4e) plein à craquer ce jeudi 12 mars. Avec pour commencer un avertissement. « Les choix que nous allons faire sont essentiels » alerte Anne Vial, adjointe d’arrondissements sortante, déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits. Elle insiste : « L’extrême droite raciste, antisémite, xénophobe, anti-féministe est à nos portes, les ingénieurs du chaos sont à la manœuvre et notre liste porte la résistance. »

    Elle aussi sortante, adjointe au maire de Marseille en charge de la valorisation du patrimoine, Perrine Prigent (PM) enchaîne. « Six ans c’est court et c’est long, ça marche quand la gauche est unie, le deuxième mandat c’est aller plus vite, plus loin », pose-t-elle, estimant que « les 4-5 c’est le reflet de ce que peut être Marseille ».

    Sur scène défilent les colistiers issus de collectif ou encartés au sein de Génération.s, du PCF ou du PS, pour une présentation du programme quartier par quartier avec des zooms de Beausoleil aux Chutes Lavie et son fameux portail de la discorde, en passant par Chave et Baille, sans oublier un détour par le programme pour la jeunesse et l’éducation, parce que « l’avenir ce sont nos enfants », un peu de santé publique au passage, beaucoup de réaménagement de places, d’espaces publics, de modes de mobilités apaisés entre vélos, voitures et trottinettes… De quoi préparer le terrain à « Didier », galvanisé. « Dimanche l’objectif est clair, il s’agit de relever le défi de défendre la Marseille qu’on aime, de diversité, de solidarité, d’entraide, antiraciste, antifasciste », insiste le maire EELV sortant.

    « On ne vous vend pas

    du rêve »

    Plus important pour lui encore, il faut « préserver nos libertés individuelles » quand elles sont mises à mal. Ce qui se passe dans l’Amérique de Trump ne tardera pas à « arriver chez nous » prévient le candidat. Et de remettre sur la table, les valeurs du Printemps marseillais. « On ne vous vend pas du rêve, le chantier a commencé il y a 6 ans, c’est toute une démarche que nous défendons, la reconstruction du lien démocratique qui nous lie à toute la population, c’est fini les réseaux ! », assure-t-il. Il martèle : « Nous avons dit ce que nous allions faire et on a fait ce qu’on a dit. » Parce qu’il reste trois jours jusqu’à dimanche, « y a-t-il encore une place au doute ? », interroge le candidat du Printemps marseillais, insistant lourdement sur l’utilité d’un seul bulletin de « presque » toute la gauche unie. Il assène : « Nous sommes au pied du mur. »

  • [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi êtes-vous devenue marraine de la maison des femmes à Manosque ?

    Karen Sadlier : La maison des femmes de Manosque m’a invitée à être marraine, et j’étais très contente de le devenir parce que je trouve que toutes les maisons des femmes sont extrêmement importantes pour le suivi, l’accompagnement et la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants. Je pense qu’ils m’ont connue parce que je donne beaucoup de conférences et j’écris des livres sur le sujet, surtout sur l’impact des violences au sein du couple sur les enfants. L’agresseur peut utiliser son autorité parentale et son droit de visite pour continuer à exercer les violences.

    Pourquoi le sujet de la conférence, l’impact des violences au sein du couple sur les enfants, est-il important pour vous ?

    K.S. : C’est un sujet très important parce que les enfants sont co-victimes des violences dans le couple. Les violences continuent après la séparation et s’exercent dans la parentalité. 80% des enfants sont témoins oculaires ou auditifs des violences au sein du couple. 50% sont aussi victimes de maltraitances physiques de la part de l’auteur. 60% de ces enfants ont présenté des troubles post-traumatiques en lien avec les violences dans le couple. En France, pendant longtemps, on avait l’idée que l’enfant restait indemne, alors que les enfants sont en grande souffrance par rapport à ces violences et doivent être vus comme des victimes.

    De quoi allez-vous parler à la conférence ?

    K.S. : Je vais parler de comment la violence au sein du couple va s’exercer dans la parentalité. L’idée « ça peut être un mauvais conjoint, mais un bon parent », on a des centaines d’études qui montrent le contraire. Ils sont en difficulté sur la parentalité.

  • Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère isolée veut quitter l’immeuble en péril où elle demeure avec ses cinq enfants. En septembre dernier, le 25 rue Fongate (6e) à Noailles a été frappé par un arrêté de mise en sécurité, sans évacuation, pour des pathologies diverses dont la corrosion et la putréfaction des poutres dans les caves, des fissurations dans un logement et sur le mur de clôture limitrophe. Mise en demeure, la propriétaire de l’immeuble dispose de 12 mois pour réaliser une liste de travaux exigés par la mairie.

    « Depuis cet arrêté, on ne vit plus normalement. Les enfants ont peur. Ma plus jeune fait des cauchemars qui la réveillent. Mon deuxième garçon préfère dormir chez ses amis tant il a peur de rester dans l’immeuble », raconte Ilham Belbard, cette mère courage de 52 ans, qui porte encore son tablier de cuisinière du restaurant qui l’emploie. « Vous savez on a le souvenir de la rue d’Aubagne qui est juste à côté. Heureusement que je les ai mis au sport. » Le péril a suspendu le loyer de 954 euros.

    « Grande précarité domiciliaire »

    L’association de médiation Asmad du groupe Addap13 a alerté depuis longtemps les autorités sur la situation de « grande précarité domiciliaire » qui « s’aggrave de jour en jour » avec en novembre dernier « l’effondrement partiel du sol dans une des chambres », conduisant la mairie à demander de ne plus utiliser cette pièce. Le logement ne comporte plus que deux chambres pour une famille de cinq enfants. Un relogement adapté s’impose. « Il en va de la sécurité de la famille et du bien-être des enfants notamment mineurs », a écrit l’association tout en rappelant qu’un inspecteur de salubrité de la Ville avait émis en juin 2020 une mise en demeure pour non-décence du logement. Un rapport de 2021 des Compagnons Bâtisseurs Provence, missionnés par la CAF, diagnostiquait déjà l’« affaissement du sol dans une chambre » et conduisait à un constat de non-décence qui suspendait l’allocation logement versée au bailleur. Le propriétaire est décédé depuis. Sa veuve qui vit en dessous, s’est vue réclamer de la CAF un rappel de 23 000 euros d’allocations versées et reste redevable de 13 500 euros à l’égard de sa locataire. Des travaux ont remédié depuis à l’indécence, mais reste le péril. Entre-temps, en août dernier, la commission Dalo a reconnu pour la seconde année de suite le caractère prioritaire de sa demande d’attribution en urgence d’un logement social qu’elle réclame depuis huit ans et il lui a été proposé un logement T5, avenue de la Croix-Rouge (13e) relevant du contingent réservé de l’État auprès du bailleur social 13 Habitat. Ce qu’elle a accepté mais saisis de deux autres candidatures, la commission Caleol a préféré allouer le T5 à une autre famille.

  • Camions bennes et peintres à l’assaut des points de deal

    Camions bennes et peintres à l’assaut des points de deal

    « Voilà un exemple concret de ce qui pourrit la vie des habitants. » Céline Lefléfian, directrice de la police municipale, pointe du doigt les meubles, portes et autres morceaux de tôles qui obligent les voitures à faire du gymkhana pour entrer ou sortir de la cité de la Bricarde (15e). Avec une vingtaine d’agents pour encadrer des peintres, des camions de chantier et la fourrière, elle a organisé une nouvelle opération « grappin ».

    L’idée : améliorer le cadre de vie, apaiser l’espace public là où les réseaux ont installé leurs points de deal tout en jouant un rôle de police de proximité, en complément du volet judiciaire assuré par la police nationale. Un travail de fond entamé en octobre dernier qui s’est accéléré depuis fin 2025, avec des interventions devenues hebdomadaires.

    Un peu plus tôt, à la brigade Nord de la police municipale, instructions ont été données de se positionner sur les trois points de deal recensés. Tandis que les agents à moto tournent pour assurer la sécurisation des lieux, les checks points artisanaux sont démantelés à la main ou avec le fameux « grappin ». Armés de leurs rouleaux, les agents de la Ville et les prestataires fournis par le bailleur, Erilia, enlèvent et repeignent à toute vitesse les tarifs et autres flèches qui emmènent les clients jusqu’à leurs doses. Côté choufs, on ne cache pas son agacement, refusant de répondre à nos questions. Empêchés de poursuivre leur business, les ados, bravaches mais à bonne distance, dégainent les portables et filment.

    Près de 10 tonnes d’encombrants ramassés

    Parpaings, chariots de supermarché, barils, barrières, canapés ou encore frigos : près de 10 tonnes d’encombrants ont été retirées depuis le début de ces opérations et près d’un kilo de produits stupéfiants retrouvés, précise Céline Lefléfian. Et si la fourrière se charge des « véhicules ventouses », c’est aussi parce qu’ils peuvent constituer des caches. « Certains, volés, ont aussi servi à des braquages, mais surtout, ils gênent les gens qui rentrent chez eux », ajoute-t-elle.

    Comme cette habitante, qui vit là depuis 25 ans et a vu la situation se dégrader. « Avant ici, il y avait un champ de lavande, des arbres, des oiseaux, des aires de jeux pour les enfants », se souvient-elle. Et puis il y a eu « plusieurs agressions », et si la police « est souvent là, il faut le reconnaître, ce ne sera jamais assez », estime-t-elle. « On paie notre loyer, mais pour rentrer chez soi, il faut faire des zigzags » et « le soir ici, c’est barbecue, tout brûle », décrit-elle. Désabusée, elle prévient : « Dès que la police sera partie, ils vont revenir. » Un peu plus loin, tout en réparant leur voiture, deux mécanos amateurs commentent l’action de la municipale. « C’est bien, mais ici depuis le biberon, ils crient araaaaah, et après à 14 ans, ils quittent l’école, que voulez-vous, quand vous n’avez connu que ça… », déplore l’un d’entre eux, à la retraite, qui a habité à la Bricarde durant 45 ans.

    Ce jour-là, 350 m2 de tags ont été effacés, 3,5 tonnes d’encombrants retirées, trois voitures mises en fourrière, dont une épave brûlée. Des quantités qui s’amenuisent d’intervention en intervention, assure Céline Lefléfian, signe pour elle que le travail porte ses fruits. « On reviendra autant de fois qu’il le faudra. C’est une guerre psychologique », promet-elle, nullement découragée.

  • Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Sur injonction du préfet, le bailleur social Erilia a plaidé, vendredi, devant le tribunal de proximité de Marseille, pour la résiliation du bail de deux familles de la cité de la Castellane (16e) en invoquant la condamnation d’un des enfants pour trafic de stupéfiants. Erilia est le premier bailleur social, à Marseille, à activer ce nouveau modèle d’expulsion, instauré par la loi contre le narcotrafic du 13 juin 2025 et laissé à la discrétion des préfets.

    Plusieurs conditions doivent être réunies : des « agissements » en lien avec le trafic de stupéfiants qui troublent l’ordre public de « manière grave ou répétée » et perturbent la jouissance paisible « aux abords du logement ou dans le même ensemble immobilier », ou des « comportements » qui portent « atteinte aux équipements collectifs utilisés par les résidents, à la sécurité des personnes ou à leur liberté d’aller et venir ».

    Partenaires d’expulsions en « circuit court »

    En dialogue avec la préfète de police déléguée, le tribunal judiciaire de Marseille a instauré un « circuit court » pour prioriser et accélérer ces expulsions déjà dérogatoires au droit commun. Erilia demande ainsi l’expulsion d’une mère et de ses enfants de 17 ans, 23 ans et 25 ans pour les agissements de Chamsedine, 21 ans. Le bailleur invoque une décision qu’il ne produit pas, selon laquelle il a été condamné, il y a six mois, à 18 mois de prison dont 9 avec sursis pour trafic de stupéfiants.

    Présent à l’audience, le bailleur social est au garde-à-vous. « Erilia a répondu positivement au préfet car elle est soucieuse de participer activement à la politique publique de la lutte contre les trafics. Cette loi a un côté moralisateur, c’est vrai, mais le législateur l’a voulu ainsi », plaide son avocat, Me Janis Leclanche. Elle rappelle « la violence extrême du narcotrafic avec 85 morts en 2023 dont 49 à Marseille », « le climat insoutenable qu’il fait peser sur les habitants ». Erilia affirme sur la foi d’un compte rendu d’enquête que le jeune a été arrêté avec deux individus déjà condamnés dans un véhicule quittant la cité avec 1,2 kg de résine de cannabis et 630 gr de cocaïne à bord. Que Chamsedine s’était proposé d’aller « travailler en bas » comme « ravitailleur » du réseau pour « rembourser une dette ». Pour Erilia, « le titulaire du bail est responsable des troubles des occupants habituels de son logement ». « Peut-être est-ce sévère, mais il faut des exemples. Peut-être s’agit-il d’une petite main, mais s’il n’y avait pas de petites mains, il n’y aurait plus de trafic. »

    « Vous, magistrats, gardez votre pouvoir d’appréciation ! » insiste Me Marilou Poisot pour la famille menacée qui n’a tiré aucun profit du trafic. Leur logement n’est pas en cause. Ce n’est pas un appartement nourrice. Le fils majeur vit désormais chez un oncle. Il serait disproportionné d’expulser une mère et ses trois enfants scolarisés, dont une mineure, et qui a toujours payé ses loyers. « Cette loi a un caractère moralisateur qui revient à dire qu’elle a mal éduqué son enfant. Cela heurte les principes du droit au logement, du droit au respect de la vie privée, de l’intérêt supérieur des enfants. C’est la porte ouverte à l’expulsion de familles entières. » Assise dans la salle, la maman pleure. Sa santé s’est dégradée. Toute la famille vit dans le stress de se retrouver sans toit.

    Le second dossier, toujours de la cité de la Castellane, vise un couple avec quatre enfants, dont deux mineurs. Erilia invoque, sans en rapporter la preuve, l’existence de trois
    condamnations en 2025 pour trafic de stupéfiants de Mouhamadi, le fils de 22 ans, à une peine de travail d’intérêt général, et pour sa dernière en septembre à deux ans de prison, dont un avec sursis et à l’interdiction de paraître à la Castellane. « Il y a de grandes chances qu’il récidive s’il reste chez ses parents et il semble bien être un acteur à part entière de ce trafic », suppute le bailleur.

    « Erilia est sous la coupe d’un préfet sous pression, dénonce Me Sofien Dridi. Leur fils ne vit plus chez eux depuis octobre 2024 et on vous demande avec une célérité exceptionnelle l’expulsion de gens qui n’ont rien commis, aucun trouble de voisinage, qui ont toujours payé leur loyer. C’est mettre à la rue une famille qui ne vit qu’avec les 1 600 euros du travail du père. » Dénonçant une procédure abusive, il réclame d’Erilia 1 000 euros pour chacun des membres de la famille et autant en préjudice moral.

    Délibéré le 19 mai.

  • Une micro-crèche fermée à Marseille pour « attitude inadaptée du personnel »

    Une micro-crèche fermée à Marseille pour « attitude inadaptée du personnel »

    Une de plus. Le 11 février dernier, la micro-crèche privée Zola, dans le quartier de Mazargues, avait été fermée en raison d’une présence importante d’humidité et de moisissures (lire notre édition du 17/02). Cette fois, c’est la micro-crèche des Petits Petons, dans le quartier des Caillols (12e), qui a été fermée pour une durée de quatre mois, à compter du 19 février.

    L’entreprise gestionnaire, Les petits petons, possède deux micro-crèches. La seconde se trouve à Auriol. L’arrêté du conseil départemental des Bouches-du-Rhône signale des « règles d’hygiène élémentaires non respectées et une attitude des professionnels envers les enfants inadaptée ».

    Une accumulation de fautes

    L’arrêté départemental s’appuie sur une visite de contrôle effectuée le 13 janvier 2026, qui n’aurait pas permis « de constater la présence de référente technique selon les quotités de travail prévues ». La présence d’une référente technique, censée accompagner et coordonner les personnes chargées de l’encadrement des enfants, est obligatoire dans une micro-crèche, selon l’article R2324-36-1 du Code de la santé publique.

    Les problèmes structurels signalés par l’arrêté s’additionnent : « Le turn-over de personnel ne permet pas d’assurer la sécurité et l’épanouissement des enfants. » Le Département évoque « l’impossibilité d’assurer le respect du taux d’encadrement », qui est d’un adulte pour huit enfants qui marchent et d’un adulte pour cinq enfants qui ne marchent pas.

    Est également citée « une absence de contrôle de l’attestation d’honorabilité en amont du recrutement », un document qui garantit qu’un adulte n’a pas de condamnation l’empêchant d’intervenir auprès de mineurs. Il est obligatoire depuis le 1er octobre 2025. L’arrêté dénonce « des inquiétudes sur le bien-être des enfants et des attitudes maltraitantes, ainsi qu’une non-prise en considération des besoins de l’enfant », précisant qu’il n’y a pas « de surveillance constante des enfants, notamment au moment de l’endormissement ». Le Département affirme que « les faits évoqués et l’urgence sont de nature à justifier la fermeture immédiate et provisoire de l’établissement ».

    Contactée, la direction de l’entreprise n’a pas donné suite à nos sollicitations.