Tag: emplois

  • L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    Nous avons pris la décision d’arrêter le projet. » La promesse de 3 000 emplois directs dans une grande usine de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer, faite par la startup Carbon en 2022, s’est officiellement envolée, ce mardi, avec la publication d’un communiqué de l’entreprise sur ses réseaux sociaux, après plusieurs mois de rumeurs persistantes.

    L’entreprise met en cause la politique européenne de libre-échange. « Un projet d’une telle ampleur exige l’existence d’un marché spécifiquement dédié aux acteurs européens et soutenu par les États membres », affirme-t-elle, en référence à son objectif de production de 5 GW de cellules d’ici 2027.

    Made in Europe… en Inde ?

    Plus précisément, Carbon pointe « l’absence de préférence pour une production photovoltaïque européenne malgré l’affirmation d’une volonté de relocaliser la chaîne de valeur dès 2023 ». Une dynamique confirmée par la loi sur l’accélérateur industriel (IAA), voté par la Commission européenne en mars dernier, qui « élargit le périmètre du Made in Europe à l’ensemble des pays disposant d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, incluant potentiellement la Turquie, le Vietnam ou encore l’Inde », repoussant à 2030 une éventuelle préférence européenne.

    C’est dans ce contexte que Carbon jette l’éponge, arguant de « l’absence de visibilité » et de « divergences persistantes entre les États membres » pour créer un marché protecteur, ainsi que l’impossibilité de sécuriser les financements du projet. 100 millions d’euros d’aides publiques avaient été débloqués par l’État via France 2030, ainsi que 70 millions d’euros supplémentaires par la Région Sud et la Métropole.

  • Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    « On part en croisade pour l’emploi. » Ce lundi, Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, donne le ton des échéances à venir pour son organisation.

    Et autant dire qu’elle va prochainement avoir plusieurs fers au feu. « Il y a urgence à agir face à tous les plans sociaux qui se multiplient dans le département. On ne laissera pas les Bouches-du-Rhône devenir une zone qu’axée sur les emplois tertiaires du tourisme », campe le syndicaliste, le ton grave. Une inquiétude qui ne vient pas de nulle part mais bien d’incertitudes concrètes autour de l’avenir de sites de plusieurs industriels phares du département : « Il y a des menaces particulièrement visibles, qui concernent des dossiers industriels tels qu’ArcelorMittal, Kem One ou Fibre Excellence, avec des milliers de salariés menacés directement. » Trois usines d’importance pour le département et les filières qui dépendent de leur production respective (lire nos articles du 30/03, 02/04 et 27/04). « Arcelor, c’est 20 000 emplois directs et indirects. Fibre, c’est 5 000 emplois induits… », calcule François Canu, secrétaire de l’UD CGT 13, pour donner un ordre de grandeur.

    « Monter le rapport

    de force »

    D’autant qu’il faut aussi ajouter « des suppressions d’emplois moins visibles » « Dans le commerce avec la location-gérance qui aboutit à la perte des deux tiers des effectifs par magasin, dans la fonction publique avec des non-renouvellements de postes… », énumère Marc Pietrosino.

    L’UD CGT 13 met aussi le curseur sur deux collectivités territoriales en difficulté financière : « Il y a la situation très particulière de la Métropole Aix-Marseille qui n’a pas voté son budget mais qui emploie 1 200 contractuels… Sans être alarmiste, on est inquiets pour leur avenir. » « Et le Département qui réduit son budget de plus de 10% pour la protection sociale, c’est un autre mauvais signal », ajoute François Canu. L’organisation évoque aussi le cas de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) qui s’inquiète de sa viabilité économique à terme au regard de « l’absence d’aides de l’État ».

    En résumé, la situation économique décrite par la CGT est particulièrement terne. « On a déjà 200 000 demandeurs d’emploi localement selon les chiffres de France Travail », s’alarme Marc Pietrosino. D’où la volonté de relancer un processus de mobilisation autour d’un triptyque revendicatif cher à la CGT : « Vivre, travailler
    et vieillir dignement dans les Bouches-du-Rhône.
     »

    Concrètement, l’organisation affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles d’ici la saison estivale. « On commence avec une action dès le 21 mai, avec une mobilisation devant le Medef local. On va l’interpeller, il a sa responsabilité dans la situation actuelle », annonce le secrétaire général. Après des interpellations de la préfecture et de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), l’objectif est donc de viser le patronat. « La restructuration du monde du travail est impulsée par le patronat, l’emploi ne peut plus être la variable d’ajustement des comptes d’exploitations », juge Marc Pietrosino. Avant de développer le calendrier : « On déclinera avec d’autres actions sur le territoire par la suite. Ce mardi, on a une réunion à l’Union locale de Fos-sur-Mer avec plusieurs acteurs. »

    Quid de mouvements de grève à venir ? « Plusieurs acteurs sont déjà partants pour monter le niveau du rapport de force. Des actions de grève d’ici fin juin dans la zone ont été évoquées », répond François Canu, secrétaire de l’UD. Avant de résumer le plan : « On va solliciter tous azimuts les acteurs politiques et économiques. »

  • À Istres, un « jeu d’acteurs » au service du bénéficiaire

    À Istres, un « jeu d’acteurs » au service du bénéficiaire

    Attirer, former et recruter. C’est l’objectif poursuivi par la Halle immersive, inaugurée en novembre dernier au sein du Centre de formation des apprentis (CFAI) istréen de l’Union des industries et métiers de la métallurgie. Depuis l’ouverture, plus de 1 000 visiteurs sont passés dans ce lieu. Derrière, les Missions locales et France Travail se mobilisent pour présenter les parcours proposés par les organismes partenaires.

    Dans la région, les enjeux sont grands : 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés sont annoncés d’ici 2030-2040, soit, possiblement, 10 000 emplois supplémentaires dans l’industrie. Sans oublier 60 000 recrutements pour remplacer les départs à la retraite.

    Pour relever le défi, le « jeu d’acteurs qu’on a réussi à mettre en place avec l’ensemble d’un collectif qui réunit les branches, l’État, le rectorat, France Travail, les Missions locales » est essentiel, confie le directeur du CFAI d’Istres, Jean-Pierre Dos Santos. « Il faut se focaliser sur ce que veut le demandeur, sinon, on passe à côté. » À propos de la visite de Sabrina Roubache, le directeur affirme : « C’est important d’avoir un relais au plus haut niveau de l’État qui comprend ces mécanismes-là et qui va être capable d’encourager l’ensemble des acteurs à continuer de faire ce travail de concertation, de collaboration au service du bénéficiaire. »

    Du côté des formations en alternance, « l’offre n’est pas un problème », assure-t-il. D’autant que « le secteur, particulièrement la chaudronnerie et la soudure, recrutent énormément » d’après la chargée de mission Céline Longobardi.

    Un point d’interrogation subsiste néanmoins pour la rentrée prochaine : les effets de la baisse des aides à l’apprentissage allouées aux entreprises. La ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels précise : « Les aides à l’apprentissage ont été diminuées pour les entreprises de plus de 250 employés, passant de 6 000 à 2 000 euros. (…) On a réajusté. Je pense que les grandes entreprises qui ont besoin de recruter sont capables de le faire et n’ont pas besoin de l’aide de l’état pour investir dans les compétences. » Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’aide est maintenue à 5 000 euros pour la première année, contre 6 000 auparavant.

  • La CGT présente son projet de décarbonation

    La CGT présente son projet de décarbonation

    L’urgence d’un projet de décarbonation de l’usine ArcelorMittal se mesure à l’échéance 2030 pour les quotas carbone, ou les droits à émettre du CO2 moyennant finance. En l’absence de plan d’investissement de la direction, la CGT ArcelorMittal Fos-sur-Mer a présenté son propre plan en cas de nationalisation lors de l’assemblée générale de mercredi dernier.

    Il s’agit d’un « mix technologique équilibré » selon Tibor Sarcey de JDS Experts, missionné par la CGT. D’une part, « un haut-fourneau avec unité de captage de CO² en sortie de cheminée. Son maintien est nécessaire pour garantir la production d’acier neuf. Il s’agit aussi d’assurer la continuité industrielle et de sécuriser les emplois et les compétences de la cokerie, de l’agglo et de tout l’écosystème », de l’usine.

    Une nouvelle technologie

    Le deuxième volet de ce projet est l’implantation d’un four électrique à fer de réduction directe. « Cela permet de produire de l’acier pas seulement recyclé avec du gaz naturel, en restant compatible avec l’hydrogène » d’après l’expert, en attendant sa disponibilité. « Cette technologie permet d’accélérer la décarbonation plus profonde et de dépasser la limite technique de deux unités de captage » explique Tibor Sarcey, estimant « réduire de 50 à 70% des émissions de CO 2 d’ici 2030 » avec un déploiement rapide mais progressif.

    Un projet à 1,5 millard d’euros. « À l’échelle de vie de ces installations c’est rien » selon l’expert, pour un investissement ponctuel pour 40 ans. « Ne rien faire, c’est 8 milliards d’euros par an de chômage, de perte de richesse et de dégradation de balance commerciale », abonde Tibor Sarcey.

  • [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    Martigues est une ville ouvrière, populaire, profondément attachée à la solidarité et à la défense de l’industrie, de l’emploi et des services publics », lance Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues, au moment d’entamer la manifestation du 1er-Mai organisée par l’Union locale CGT de Martigues sur l’esplanade Félix-Ziem.

    La journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs prend une dimension particulière sur ce territoire industriel. Si les industries martégales et du bassin d’emplois sont citées par le maire, c’est qu’elles arrivent à un tournant. Le secrétaire du syndicat CGT Kem One Lavéra Geoffrey Del Baldo, dans le cortège, l’illustre. « Il faut maintenir cette date de lutte, particulièrement quand on voit l’industrie qui s’appauvrit de plus en plus. Chez nous, les fonds de pension qui ne mettent pas d’argent dans nos outils les transforment en mini-bombes ! », ose le syndicaliste, en référence aux propriétaires de Kem One, 1er producteur français de PVC. Il précise son propos : « La moindre fuite chez nous aura un impact sur les salariés, mais aussi sur la population. On parle de composés volatils cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques CMR. » Alors pour Geoffrey Del Baldo, « la première priorité est de maintenir et pérenniser les outils, donc les emplois et la richesse de la région », à l’heure des grandes annonces de nouveaux projets industriels et de décarbonation.

    « Lavéra a été payé par les impôts des Français »

    Le secrétaire général de l’UL CGT Daniel Bretonès, originaire du syndicat de Naphtachimie, abonde en ce sens. « Toutes les industries du bassin sont vieillissantes. Il faut qu’elles transitionnent car on ne peut plus polluer et consommer autant qu’avant. On jette de l’énergie, cramée à la torche alors que des idées de recyclage ont été abandonnées faute d’investissements », explique-t-il. Avant de parler décarbonation, le syndicaliste est catégorique : « La première condition est que l’outil soit fiable et sécurisé face aux risques de feu, d’explosion ou autres. »

    Daniel Bretonès rappelle que « Lavéra a été payé par les impôts des Français, mais depuis que le privé a racheté, il encaisse les ronds mais n’investit pas dans l’outil vieillissant, datant des années 1960-1970 », déplore-t-il. Pire, « ces fonds de pension qui rachètent tout sont des vampires : ils font des montages financiers pour racheter une boîte sans investir, les mettent en déficit et l’État ne fait rien », en référence à la situation de Kem One. Ce n’est pas un hasard : « Kem One est le premier client de Naphtachimie et LyondellBasell. S’ils ferment, c’est toute la chimie locale et les 20 000 emplois induits qui tombent avec », avertit le responsable.

    ArcelorMittal est aussi source d’inquiétudes. Jean-Luc Ruffin, secrétaire CGT du comité d’entreprise européen présent dans le cortège, affirme que « le redémarrage du 2e haut-fourneau est court-termiste. On sera le 11 juin devant l’Assemblée pour défendre la niche parlementaire du PCF sur la nationalisation d’ArcelorMittal » proposée par la CGT. Martigues donne sa raison d’être à la journée de lutte des travailleurs.

    « Si Kem One tombe, toute la chimie locale tombe avec les 20 000 emplois concernés »

  • Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Des erreurs de gestion manifestes, au détriment des salariés… En visite à Marseille ce mardi 28 avril, Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC d’Orange, est revenu notamment sur la situation de l’entreprise à Saint-Mauront (3e), site que la direction a finalement décidé de fermer en partie, suite aux alertes successives du syndicat sur la sécurité. Rappelant les « rixes [malgré] les démentis de la préfète de police déléguée, puis les tirs sur les fenêtres du bâtiment », il estime qu’il s’agit néanmoins d’un « site pérenne techniquement » puisqu’il permet l’arrivée de câbles sous -marin.

    « On ne peut pas faire une valorisation immobilière comme à Nédelec », analyse le responsable syndical, précisant que depuis le départ, son organisation estimait que Saint-Mauront n’était pas un bon choix pour rapatrier quelque 800 salariés.

    Des décisions de loin

    Convenant qu’Orange a perdu son ancrage dans le quartier, supprimant notamment les « journées de convivialité et portes ouvertes (…) au nom de la réduction des coûts », il estime toujours possible d’y créer de l’emploi local en rapatriant des centres d’appels délocalisés « en Tunisie ou à Maurice ». Il déplore un « immense gâchis et l’absence de vision », en raison de décisions prises depuis Lyon ou Paris alors que Marseille est en train « d’exploser en compétences ».

    Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouyges l’inquiète aussi grandement. « Pas moins de 8 000 emplois vont sauter » évalue-t-il.

  • Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Premier port militaire d’Europe, Toulon s’impose depuis des décennies comme l’un des piliers de l’appareil de Défense nationale. Dans le Var, la filière revendique quelque 30 000 emplois directs, 13 000 emplois induits et près de 2 500 entreprises liées à la Défense. Toulon constitue un enjeu stratégique majeur pour le secteur à l’échelle nationale. Un territoire appelé à jouer un rôle central dans la montée en puissance affichée par le gouvernement. Car cette dynamique locale s’inscrit dans un cadre national et international précis.

    Les effectifs sont appelés à être encore renforcés dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Votée en 2023, celle-ci prévoyait déjà 413 milliards d’euros de dépenses sur six ans. Mais dans la lignée des engagements pris par la France lors du sommet de l’Otan à La Haye, en juin 2025, et au regard d’un contexte international explosif, marqué par le bellicisme de plusieurs gouvernements d’extrême droite (États‑Unis, Israël et Russie en tête), Emmanuel Macron a annoncé, en juillet, que l’effort de Défense serait porté à 2,5% du Produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2030, soit environ 76,3 milliards d’euros. Conséquence directe : une augmentation du budget de la Défense de 6,7 milliards d’euros en 2026, pour atteindre 57,1 milliards. Ce budget est soumis depuis mardi à l’examen de la commission Défense de l’Assemblée nationale, avant d’être débattu en séance plénière dès le 4 mai.

    Une logique politique

    Pour traduire cette orientation sur le plan industriel, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, s’est rendu dans le bassin toulonnais le 17 janvier, sur deux sites liés à la Défense, Naval Group et Acti. Il y a annoncé la création d’une « organisation particulière au sein de France Travail », « sous les ordres du ministère de la Défense », pour « aider les entreprises à trouver les compétences et ressources dont elles ont besoin ».

    Une semaine plus tard, la ministre de la Défense, Catherine Vautrin, s’est à son tour déplacée dans le département, en visitant la Direction générale de l’armement (DGA) à Toulon. Elle y a notamment suivi l’évolution du projet Drone de surface autonome naval à capacité d’armement embarqué (Danae), destiné à la protection des ports et à l’escorte de navires militaires. La ministre y a également affirmé la nécessité d’être « plus européen dans notre stratégie industrielle, avec des équipements capables d’agir de concert », appelant à une Europe de la défense « pour mieux peser sur l’Otan ». Catherine Vautrin a insisté sur le renforcement de la Base industrielle et technologique de défense (BITD), présenté comme « une condition de survie industrielle et un outil de puissance. Car là ou nos équipements sont déployés, notre influence stratégique s’enracine », avait-elle déclaré, rappelant que la France était le deuxième exportateur d’armes au monde, au terme d’une année 2025 au cours de laquelle les conflits armés ont fait des centaines de milliers de victimes.

    Ces positions complémentaires trouvent écho dans le Toulon Défense Event, où Jean-Pierre Farandou sera présent, ce jeudi. L’événement, porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa), présentera, à travers 80 exposants, plus de 200 métiers liés à la Défense.

    De nombreuses animations 
    -échanges avec des professionnels, simulateurs de vol et d’aérocombat, démonstrations de drones, dispositifs des forces navales- seront proposées pour permettre aux visiteurs de découvrir métiers et équipements, « mais aussi de se projeter » et « susciter des vocations ». Car l’objectif principal de la journée sera de promouvoir plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir dans le secteur, l’augmentation des capacités défensives ne pouvant se faire sans main-d’œuvre.

    Pragmatique ? Nécessaire ? L’opération, éminemment politique, s’inscrit en tout cas pleinement dans les orientations budgétaires du gouvernement. Et induit des coupes budgétaires dans des domaines essentiels précarisés, de la santé à l’éducation, en passant par la culture.

  • Le pire mais aussi le meilleur

    Le pire mais aussi le meilleur

    L’intelligence artificielle est là. Dès aujourd’hui, et il n’y a aucun déni à faire ou à entretenir sur la portée potentiellement dramatique de cette irruption dans les différents secteurs et domaines d’activité, lorsque « 5 millions d’emplois en France » sont potentiellement menacés par son avènement dans les cinq prochaines années, comme le stipule le rapport publié par Coface et l’Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM). Une nouvelle phase d’automatisation des tâches est devant nous, pour des métiers jusque là considérés comme « protégés » : ingénieurs, juristes, administratif, métiers créatifs…

    L’intelligence collective

    Mais cette technologie est aussi ce que l’on en fait, comme l’ont démontré ces intervenants lors des rencontres régionales autour de l’IA et la Santé. Il n’est pas tant question de « remplacer » des médecins ou les personnels soignants par des robots mais d’aider à une meilleure prise en charge personnalisée, à gérer des situations d’urgence ou d’accompagner au mieux les patients. Bref, de sauver des vies. C’est là toute l’ambivalence de cette nouvelle technologie aux applications innombrables. Et d’un choix de société : laisser faire les grands groupes privés, qui s’efforceront de développer des IA pour améliorer le rendement boursier de leurs entreprises, ou miser sur l’intelligence collective, la force des services publics et de l’intérêt général, pour développer des outils à destination de tous, pour répondre à des besoins vitaux ? Des logiques diamétralement opposées. Du pire au meilleur.

  • Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    C’était une première amenée à devenir un rendez-vous annuel. Les Assises du tourisme du Var se sont tenues jeudi à l’hôtel du Département, à l’initiative de l’agence Var Tourisme. Environ 230 acteurs locaux et nationaux, issus des collectivités et du domaine touristique, se sont donné rendez-vous pour une journée organisée autour de quatre tables rondes thématiques.

    Celles-ci ont permis de rappeler les priorités et d’ouvrir les perspectives à venir. Et une volonté revient souvent : « aller plus loin ». Notamment dans le développement d’une clientèle quatre saisons, pour laquelle Var Tourisme a mis en place « une stratégie depuis 2023, qui paye sur le printemps et l’automne », développe Guillaume Décard, son président, qui indique que ce résultat est lié « à la clientèle internationale, qui a plus de pouvoir d’achat que la clientèle française ».

    « Les Varois savent qu’en été, on prête le Var »

    Et Var Tourisme ne compte pas s’arrêter là : après être parvenu à consolider la clientèle européenne de proximité (Italie, Grande-Bretagne, Autriche et Pologne plus récemment), elle s’attaque désormais à la Scandinavie et aux États-Unis, dans un élan « d’augmentation considérable du tourisme américain dans le Var », ajoute Guillaume Décard.

    Et ce développement passe par la diversification de l’offre. Pour ce faire, l’accent doit être mis sur « le Var des terres », où « l’authenticité est beaucoup plus forte ». Dans cette optique, le tourisme mémoriel a notamment été usité dans le cadre des 80 ans du débarquement de Provence, et l’agritourisme apparaît désormais comme la perspective d’avenir. « En un an et demi, nous sommes devenus département pilote auprès d’Atout France [agence de développement touristique nationale, Ndlr] », souligne le président de Var Tourisme. Un domaine vecteur d’emplois et « intégré dans le dispositif Var insertion emploi », ajoute Jean-Louis Masson, qui certifie que « l’offre dépasse même la demande ». Et pour loger les saisonniers, question mise sur la table par plusieurs candidats aux élections municipales, le président du conseil départemental propose de généraliser la mise à disposition des résidences étudiantes durant l’été. Une solution qui paraît limitée, puisque seuls les bassins toulonnais et fréjusiens disposent de telles infrastructures.

    Et le tourisme engendre aussi une augmentation des prix, et parfois des situations difficiles à vivre pour les locaux. « Nous sommes la première destination de France à avoir mené une étude anthropologique pour abolir les croyances limitantes sur le tourisme », indique Martine Felio, directrice générale de Var Tourisme, qui affirme que « les entretiens montrent que les Varois savent qu’en été, on prête le Var ». Un panier de consommation témoin est par ailleurs utilisé pour surveiller l’augmentation des prix dans un contexte déjà inflationniste.

  • Une nouvelle usine Haribo à Uzès pour 2029

    Une nouvelle usine Haribo à Uzès pour 2029

    Haribo, le leader du bonbon en France, a annoncé le 1er avril le lancement d’un investissement majeur : la construction d’une nouvelle usine sur le site d’Uzès, dans le Gard. Les travaux débuteront début 2027, pour une mise en service prévue en 2029. « Ils vont abattre le dépôt actuel pour construire la nouvelle usine, tandis que l’usine actuelle sera convertie en dépôt, précise Guillaume Brante, délégué syndical CGT Haribo à Uzès. C’est une très bonne nouvelle dans l’ensemble, parce que l’usine était vieillissante et qu’ils vont remplacer presque toutes les machines. »

    Dans son communiqué, l’entreprise promet bien des technologies de production de dernière génération : « La nouvelle unité d’Uzès intégrera notamment de nouvelles lignes de fabrication et de conditionnement et permettra d’augmenter certaines capacités, notamment sur les dragées. » L’objectif affiché est aussi de réduire l’empreinte carbone de Haribo France, puisque la nouvelle usine devrait avoir un impact carbone réduit de 90% par rapport à l’actuelle et qu’elle sera conçue « selon les standards les plus avancés en matière d’efficacité énergétique et de performance environnementale ».

    Dans son communiqué, l’entreprise déclare également que le futur site d’Uzès concentrera les nouvelles capacités de production modernisées, tandis que le site de Marseille « continuera de jouer un rôle essentiel en se spécialisant sur la fabrication de produits emblématiques tels que les Schtroumpfs, Croco, PIK ou Rotella, renforçant ainsi sa performance opérationnelle et son savoir-faire historique ».

    Un mauvais présage pour l’usine de Marseille ?

    Sur ce dernier point, Guillaume Brante reste nuancé, puisque cela signifie que la nouvelle usine d’Uzès doit récupérer une partie de la production de l’antenne située à Marseille. « Nous allons passer de 26 000 à 40 000 tonnes de production, ce qui enlève une partie du tonnage de Marseille, explique le syndicaliste. Il y aura des possibilités de mutation, mais notre crainte est que cela engendre quand même des suppressions de postes à Marseille. Nous devons donc rester vigilants. »

    Par ailleurs, l’usine d’Uzès embauche actuellement 260 personnes et, contrairement à ce que promet l’entreprise, ce projet ne devrait pas permettre de créations directes d’emplois : « La direction parle d’une trentaine de nouveaux emplois, poursuit Guillaume Brante. Or c’est l’équivalent des départs en retraite d’ici 2029, donc l’effectif restera identique. La construction de l’usine devrait cependant permettre de faire travailler indirectement des entreprises locales, ce qui est une bonne chose pour le département du Gard et nous nous en réjouissons. » Il conclut : « Depuis 2016, nous réclamons du capacitaire en France. Avec cette nouvelle usine, le tonnage total produit à Uzès et Marseille restera le même, il sera juste fabriqué différemment. »