Tag: Elections

  • La primaire, « outil de refondation » de la gauche ?

    La primaire, « outil de refondation » de la gauche ?

    La primaire est-elle, comme le dit désormais tout haut François Hollande, une « machine à diviser » ou au contraire un gage de légitimité qui permet au vainqueur de rassembler à la Présidentielle ?

    Dans l’Hérault, les responsables des trois formations (PS, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste, GRS) qui co-organisent les 9-10 (1er tour) et 16-17 octobre (2e tour si nécessaire) la primaire de la gauche sociale démocrate en sont convaincus. L’exercice serait un formidable tremplin au-delà même de 2027, en vue de la « reconstruction de la gauche » qu’ils espèrent, l’arc socialiste ayant perdu beaucoup de poids électoral depuis le quinquennat décevant de François Hollande (2012-2017). Désormais, ils sont cinq sur la ligne de départ (lire page 24). « À gauche, on ne se parle plus, on ne nous entend plus ensemble dans une société individualiste où l’extrême droite inquiète. On n’est pas dans l’attente d’un homme ou d’une femme providentiels, on veut un programme providentiel. La primaire est un outil pour cela », estime Nelly Lacince (GRS 34), soutient d’Emmanuel Maurel*. « Ce qui divise c’est se présenter en nombre à la Présidentielle », ajoute Christophe Bourdin (PP 34). à ses yeux, la primaire a trois vertus essentielles : elle est « utile, responsabilise et démocratique ». « Nous sommes les seuls partis à proposer un moment de démocratie ouverte », renchérit Julien Pradel. Aux yeux du secrétaire pro-Glucksmann* du PS34, il existe un « passage pour que la gauche soit majoritaire au second tour » qui passe par cette primaire.

    « Ouverte », cette primaire l’est aux sympathisants de gauche. Mais en plus de penser à s’inscrire (sur choisir2027.fr) avant le 5 octobre (ou le 12 pour le second tour), il leur faudra le jour J s’acquitter de 15 euros (10 euros pour les étudiants et faibles revenus). Quand bien même la primaire de 2006 coûtait 20 euros, la somme qui doit servir à financer la campagne est jugée prohibitive par François Ruffin (Debout !, ex-LFI), qui devrait rester à la porte de la primaire (comme Philippe Brun, suspendu du PS). « Il voulait une primaire 100% ouverte à 2 euros. Ce n’est pas ce qu’on a décidé. Ruffin ne respecte pas les règles du jeu », justifie Julien Pradel. Le premier fédéral du PS34 ajoute que le dispositif sécurisé par vote électronique avec « double authentification » (mail, téléphone) a vocation à prémunir la primaire des ingérences de la droite ou d’une puissance étrangère ennemie. « Il n’est pas question de se faire financer par un État russe ou trumpiste. Et on n’a pas l’intention de faire voter le chien de Valérie Pécresse. »

    * Emmanuel Maurel rencontre
    les militants de GRS34 ce 18
     septembre à 18h au café
    de l’Esplanade à Montpellier. Raphaël Glucksmann sera lui en meeting
    au Gazette Café à 19h
    le même jour.

  • Die Linke en tête à Berlin, l’AfD poursuit sa progression

    Die Linke en tête à Berlin, l’AfD poursuit sa progression

    Explosion de joie dimanche en début de soirée dans une salle du quartier branché de Kreuzberg à l’annonce des premières estimations du scrutin qui se déroulait à Berlin. Die Linke est donné en tête du scrutin avec autour de 25% des voix. La candidate qui avait fait campagne sur la crise du logement, Elif Eralp, juriste d’origine turque, peut devenir la première maire de gauche radicale.

    Si elle parvient à bâtir une coalition avec d’autres partis de gauche, elle serait aussi la première maire de Berlin issue de l’immigration. Pour cela, elle doit convaincre les écologistes, forts de 15% des voix, et le SPD, qui a longtemps dirigé la capitale mais réalise son pire score avec environ 12%. Sa mesure phare : l’expropriation des grands groupes immobiliers pour transférer, selon le parti, 270 000 logements à la propriété publique. Les écologistes y sont favorables, mais le candidat du SPD Steffen Krach a déploré jeudi le temps nécessaire et l’effort financier – 20 à 30 milliards d’euros selon lui – pour conclure que ce n’était « pas la bonne voie ».

    Encore inconnue il y a quelques mois, cette fille de syndicalistes turcs ayant fui leur pays en 1980, née à Munich, a orienté sa carrière de juriste vers la défense des droits humains, en particulier ceux des migrants, avant de rejoindre Die Linke. « Ce serait vraiment un signal fort si, à Berlin, une personne avec une histoire migratoire devenait maire », a affirmé la jeune femme, estimant être «la réponse à la Saxe-Anhalt ». Une référence à la récente victoire de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans cet autre Land de la partie orientale du pays, bastion de cette formation d’extrême droite antimigrants.

    Le parti d’extrême droite a poursuivi sa progression dimanche que ce soit à Berlin ou dans la région du nord-est de Mecklembourg-Poméranie occidentale, selon des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote pour l’audiovisuel public allemand.

    Merz persiste

    et s’accroche

    Dans la capitale, réputée ouverte et tolérante, l’AfD enregistre un très bon score avec environ 15%, un bond par rapport aux 9% enregistrés en 2023. Dans le Mecklembourg, il est avec 37-38% – contre 16,7% en 2021 -, devant les sociaux-démocrates du SPD autour de 36%, reléguant loin derrière la formation conservatrice du chancelier Friedrich Merz.

    Ce scrutin était présenté « à haut risque » pour le chancelier. Prenant la parole dès dimanche soir, chose exceptionnelle s’agissant de scrutins régionaux, Friedrich Merz a reconnu un « désastre » pour son parti (environ 5%) au Mecklembourg. Mais de souligner également sa volonté de poursuivre sa mission malgré une impopularité record et ces revers, en tant « que président de la CDU et, avant tout, en tant que chancelier ».

    En revanche, le co-chef des sociaux-démocrates allemands et ministre des Finances, Lars Klingbeil, allié au niveau fédéral avec les conservateurs de Friedrich Merz, a reconnu que les élections de dimanche démontraient que le gouvernement n’était pas parvenu à convaincre du bien-fondé des réformes prévues, notamment des retraites, alors que le pays connaît stagnation économique et crise du pouvoir d’achat. « Je trouve que nous devons regarder ces résultats avec humilité et nous interroger sur ce que nous pouvons faire autrement et mieux », a-t-il notamment dit.

  • [Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud défend son ancrage local dans les Hautes-Alpes

    [Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud défend son ancrage local dans les Hautes-Alpes

    Je suis un élu local avant d’être un sénateur », assure Jean-Michel Arnaud, le sénateur sortant des Hautes-Alpes. Conseiller municipal de Tallard, commune dont il a été maire pendant plus de 20 ans et actuellement président de l’Association des maires des Hautes-Alpes, il se représente aux élections sénatoriales sous la bannière des Centristes avec comme suppléante Christine Maximin. « Même si je suis dans la majorité sénatoriale, je ne représente aucune sensibilité politique, dit-il. Ma seule préoccupation est de défendre le département et ses élus ».

    Durant son mandat, il a notamment été à l’origine d’une loi votée en 2025 qui vise à assouplir la gestion de l’eau et de l’assainissement en supprimant l’obligation pour les communes de transférer de ces compétences aux intercommunalités. Jean-Michel Arnaud a également été rapporteur de la loi d’organisation des Jeux Olympiques. « C’est l’opportunité de laisser un héritage positif pour la population, estime-t-il. Par exemple en ce qui concerne la remise à niveau des chemins de fer. »

    Il a aussi dressé le bilan de 40 ans de la loi Montagne et Littoral, et en a ressorti 36 recommandations, visant entre autres à donner plus de libertés aux territoires et à élargir la taxe Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations). En ce qui concerne l’agriculture, il défend la mise en place de réserves stratégiques d’eau, appelées aussi mégabassines : « Il faut des réserves stratégiques multi-usages, pour l’eau potable, le loisir, la neige de culture… » Il a notamment voté la loi d’urgence agricole, adoptée par le Sénat cet été.

    Grand favori de ces élections, il se dit serein : « Les électeurs savent que je suis très proche d’eux », affirme-t-il.

  • Fonction publique : la CGT lance sa campagne électorale

    Fonction publique : la CGT lance sa campagne électorale

    De la vie à la mort, on est dans le quotidien des gens », résume Madeleine Sambati, secrétaire générale CGT de la coordination syndicale départementale des territoriaux de Vaucluse. Une fonction qui permet d’avoir une vision d’ensemble des problématiques des agents des collectivités dans le Vaucluse. Quelque 17 500 d’entre eux sont appelés à élire leurs représentants syndicaux lors des élections dans la fonction publique le 10 décembre. Avec le secteur hospitalier (11 300) et de l’État (16 100), un total de quelque 45 000 fonctionnaires est concerné par ce scrutin.

    En Vaucluse, la CGT est majoritaire dans le secteur hospitalier, seconde dans les finances publiques, mais moins représentée chez les enseignants. « On est majoritaire dans les métiers précarisés comme les surveillants ou les AESH, pour qui nous réclamons un statut de catégorie B », souligne Xavier Cerna, cosecrétaire CGT Éduc’action, qui compte bien traduire dans les urnes « la multiplication par trois de nos adhérents en quatre ans ». « Nous sommes le seul syndicat de l’éducation à rassembler l’ensemble des personnels au sein d’une même organisation. Cela permet de travailler de manière transversale », expose Xavier Cerna.

    « Dans la rue le 29 »

    Réaffirmant son attachement viscéral aux services publics, la CGT va à rebours du discours ambiant du fonctionnaire bashing. « Les suppressions de postes, la précarité et les politiques du chiffre fragilisent les personnels comme les services rendus aux usagers », martèle Patrick Vaniscotte, secrétaire de l’UD CGT 84. Le secteur hospitalier est l’exemple criant d’un secteur en tension permanente. Alors que, ce jeudi, le personnel médical de l’hôpital de Montfavet était en grève, Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé et médico-social CGT 84, s’est rendue ce vendredi dans un Ehpad « qui compte une infirmière pour 53 résidents ». Symbole de « l’épuisement du personnel » pour lequel la CGT santé revendique « que les primes soient prises en compte dans le calcul des retraites ». Côté finances publiques, Henri Santucci, cosecrétaire CGT, déplore « les restructurations qui dégradent le service rendu aux usagers ». Exemple à Avignon, « le centre est ouvert au public trois demi-journées par semaine, dans un département parmi les plus pauvres ».

    Tous les secteurs dénoncent aussi un « management toxique et brutal ». « Dans les nouvelles mairies RN, on a de plus en plus de mutations forcées, de dossiers d’entretiens », constate Madeleine Sambati. Le combat de la CGT contre l’extrême droite se matérialise dans les communes de Monteux, Aubignan ou Carpentras « avec des décisions politiques loin du service public fondé sur l’égalité, la solidarité et la neutralité ». La campagne n’occulte pas la mobilisation intersyndicale, puisqu’une journée d’action est prévue le 29 septembre.

  • Sénatoriales : un soutien volatile divise la droite vauclusienne

    Sénatoriales : un soutien volatile divise la droite vauclusienne

    Si on est loin d’un bouillant contexte des municipales d’il y a six mois, la campagne des sénatoriales apporte tout de même son lot de crispations. À droite surtout, où les deux principaux camps espèrent rallier à leur cause a minima 300 des 1 300 grands électeurs pour glaner un des trois sièges du palais du Luxembourg.

    D’un côté, la liste de Jean-Baptiste Blanc (LR) secondé par Dominique Santoni, présidente LR du Département. De l’autre, celle d’Anaïs Hausmann, nouvelle venue sur le terrain politique dans le sillage du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Cette dernière se prévaut du soutien d’Hervé Marseille. Dans une vidéo, aux côtés de l’adjointe et compagne du maire, le sénateur UDI et président du groupe union centriste salue « une candidate indépendante aux valeurs qui me sont chères ». Le sénateur reprend le credo d’Olivier Galzi, qui a lancé il y a une semaine son mouvement, Le bon sens des territoires, et plaide pour « plus de compétences pour les territoires ».

    Un soutien en forme de « grosse surprise », apprécie-t-on dans l’entourage d’Anaïs Hausmann. Car Hervé Marseille avait cosigné, en août, une lettre de soutien à Jean-Baptiste Blanc au nom de la majorité sénatoriale. Raillée en Vaucluse pour son manque d’implantation, Anaïs Hausmann montre là sa ressource nationale. « Ça bouge pas une voix », cingle-t-on dans la majorité départementale. Quant à Jean-Baptiste Blanc, las, il constate « une incohérence des propos dans le discours du Bon sens des territoires, qui ne veut pas des partis mais, à Paris, se précipite derrière ».

  • [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    La Marseillaise : Le refus par le conseil métropolitain de voter la baisse des dotations de solidarité aux communes – à une voix près – a été un séisme pour l’institution. Où en est-on aujourd’hui ?

    Benoît Payan : Le rôle du maire de Marseille, c’est d’abord de protéger les Marseillais et les Marseillaises. On s’acheminait vers un choix inacceptable pour moi, parce que je suis maire, Marseillais et que je dois défendre cette ville, qui consiste à nous faire perdre 36 millions d’euros. Marseille seule aurait porté 70% des économies de cette Métropole. J’avais prévenu : c’était inacceptable. Je crois à la solidarité métropolitaine, je pense qu’il faut être attentif à d’autres communes et j’avais proposé un chemin qui permettait aux 92 communes de ne rien perdre. Ma proposition a été balayée d’un revers de main. En le faisant j’ai prévenu que ceux qui la balayaient se mettraient dans une situation difficile car je me battrai pour ma ville. C’est ce que j’ai fait. On a réussi a gardé 36 millions d’euros.

    L’histoire n’est pas terminée… Marseille fait-elle toujours partie de cette « gouvernance des maires » ?

    B.P. : Ça a toujours été très particulier la relation de Marseille avec sa Métropole. Quels que soient les maires et les présidents, cette relation a toujours été très difficile parce que Marseille est une grande ville. Elle est tellement plus grande que toutes les autres villes qu’elle fait presque, à elle toute seule, la moitié de cette Métropole. Longtemps elle a été vue comme l’ogre qui allait se servir sur la bête. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Ce sont les Marseillais qui paient le plus d’impôts métropolitains, pas seulement en millions d’euros mais en pourcentage. Ce sont les Marseillais qui paient la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus chère. Et pourtant on n’a aucun équipement métropolitain, les politiques métropolitaines sont beaucoup trop absentes de la ville. Pourquoi j’ai souhaité entrer dans la gouvernance de la Métropole ? Parce que cette ville ne peut pas être sans cesse le bouc émissaire des uns et des autres. On n’a jamais revendiqué une hégémonie mais on revendique d’être respectés comme n’importe quelle autre commune. C’est un message qui doit passer.

    Ce message, estimez-vous qu’il est passé auprès de Nicolas Isnard ? La gouvernance de la Métropole restera-t-elle dans un statu quo ?

    B.P. : Il appartient désormais au président de dire ce qu’il veut faire de cette gouvernance, s’il désire en changer, j’ai toujours dit que j’étais prêt à l’accompagner et que je serai là si les choses doivent évoluer. Non pas parce que je serai candidat à la présidence, je ne le suis pas, je ne le serai pas. Quand je dis quelque chose je m’y tiens, je sais qu’en politique ce n’est pas commun. Je n’étais pas candidat il y a un an, six mois, je ne serai pas candidat demain, mais s’il doit y avoir des changements, je les accompagnerai.

    La Métropole a donc un budget élaboré hors des élus. Est-ce supportable ?

    B.P. : C’est un budget qui va peser sur les communes. Je suis allé rencontrer le président, notamment avec Gaby Charroux, pour lui dire « ne commets pas l’erreur de monter les communes les unes contre les autres ». Ce n’est pas parce que la Chambre régionale des comptes ou que le préfet disent quelque chose que nous, élus, sommes dépossédés de notre pouvoir de décision. Nous avons été choisis pour cela. Il y avait des moyens d’économiser ces 50 millions d’euros, de les lisser. Un budget en déséquilibre aurait ouvert un dialogue avec la chambre régionale des comptes. Ses magistrats sont des gens intelligents, ils comprennent qu’on est presque au bout de l’année budgétaire et que ces 50 millions sont lissables sur plusieurs années. C’est ce qu’il fallait faire, cela aurait évité une crise politique et budgétaire, or, là, nous les avons.

    La Métropole a-t-elle un avenir financier et fiscal ? N’est-elle pas déjà enterrée ?

    B.P. : Il ne faut pas se mentir : cette Métropole est mal née, elle est née en siège, dans la douleur et elle ne s’en sort pas. Structurellement, systémiquement, elle est malade. Sa capacité a développer des politiques publiques est inexistante par ce que sa construction, financière, fiscale, budgétaire, l’en empêche. Il m’est arrivé de le dire, Martine Vassal, elle-même, n’était pas en mesure de changer les choses. On ne peut pas faire avec cet outil, ce à quoi il devrait servir. Quand on voit l’état des équipements à Marseille, l’état de la voirie, ce sont des dizaines de millions d’euros qu’il faudrait investir. Il n’y a pas 40 solutions : soit une augmentation massive de la fiscalité mais les habitants sont-ils aujourd’hui en mesure de perdre du pouvoir d’achat ? Soit il faudrait renoncer à l’effet redistributif et contre-péréquateur de cette Métropole qui a sans cesse été pointé par les magistrats de la chambre. On en arrive à une situation insolvable. On ne pourra pas longtemps faire croire que cette Métropole est vivable. Elle ne l’est plus. J’appelle solennellement le gouvernement à se pencher sur cette Métropole. 2026 a été difficile mais 2027 sera apocalyptique. Toutes les circonvolutions, toutes les belles paroles du monde ne suffiront pas à remplir les caisses de la Métropole. Qui va-t-on faire payer ? Les entreprises avec le versement mobilité ? Vous croyez qu’elles sont prêtes à payer pour combler des trous ? Et les particuliers ? Il faut un consentement à l’impôt. L’impôt, c’est un effort pour vivre en collectivité parce qu’il permet de fabriquer des politiques publiques. On ne paye pas d’impôts pour les intérêts de la dette…

    Quelle alternative ?

    B.P. : Tout refaire ! Il faut tout repenser. Il ne peut y avoir ni totem ni tabou. Une Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui est vouée à l’échec. À la fin ce sont les Marseillais qui vont trinquer. Je l’ai dit sur tous les tons pendant 6 ans : nous n’avons jamais réussi à faire Métropole, il n’y a que des intérêts particuliers, chacun défendant sa commune. Il ne peut pas y avoir de projet métropolitain dans un ensemble institutionnel sans argent. C’est comme si on jetait quelques subsides dans un cirque romain et qu’on demandait à des gladiateurs de se battre pour les récupérer. Ça ne fonctionne pas ! Les gens sont des adultes, ils se sont choisi des maires dans lesquels ils ont confiance. L’État ne peut pas nous laisser dans cette situation.

    Ça peut vouloir dire une fusion avec le Département ?

    B.P. : Ça peut vouloir dire beaucoup de choses mais je ne pense pas que le bloc communal soit fongible dans le Département, on a vu ce que ça a donné à Lyon. C’est voué à l’échec. On recommencerait à faire un gros machin qui ne fonctionnerait pas. Je crois aux compétences de proximité. Mais cette Métropole ne fonctionne pas. Non pas que Martine Vassal ait vidé les caisses, mais on apprend les choses au compte-goutte. Un établissement de coopération intercommunal doit d’abord être fondé sur la confiance. Ce n’est pas une collectivité, nous sommes les représentants de nos communes, nous sommes les élus de leurs habitants. Cet ensemble institutionnel n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Je vis dans une ville qui fait 5 fois Lyon, 2,5 fois Paris et où le dernier métro a été inauguré avant ma naissance, il y a 48 ans ! Tout ça parce que l’argent a été servi à d’autres. Les attributions de compensation ont été calculées il y a 30 ans, à l’époque Marseille perdait des habitants, des emplois, les entreprises fermaient. Aujourd’hui j’ai des fleurons internationaux à Marseille, une ville qui attire des millions de touristes, qui produit énormément de richesses et nous ne bénéficions pas de tout cela. On me dit « c’est le fruit de l’histoire » mais je préfère regarder l’avenir que d’être tanqué dans un passé qui ne correspond plus à la réalité.

    En participant à la gouvernance métropolitaine dans ces conditions, notamment avec Samia Ghali, l’une de vos adjointes à la présidence de la RTM, n’est-ce pas un piège qui se referme sur vous ?

    B.P. : Elle travaille le plus possible pour améliorer les conditions de transports des usagers, elle fabrique de la tarification sociale, elle essaye de réfléchir à une nouvelle répartition des lignes aériennes, aux cadences des transports. On est en train d’avancer sur ces sujets mais on va se heurter à une réalité financière dans les années qui viennent. La RTM, à mon sens, doit peut-être devenir un établissement public autonome.

    Sur le modèle de la RATP ?

    B.P. : Pourquoi pas ? Il ne faut rien s’interdire. Le modèle tel qu’on l’a connu est éculé, terminé.

    Sentez-vous en cette rentrée, l’exaspération qui monte sur le pouvoir d’achat ?

    B.P. : J’aimerais bien fixer le prix de l’essence ou le niveau des salaires. Ce n’est pas la compétence d’un maire. En revanche, sur la question de la rentrée scolaire, je me suis mobilisé pour que les familles marseillaises aient des conditions meilleures qu’ailleurs avec un kit de rentrée scolaire, avec des grilles tarifaires de la restauration scolaire qui permette à 15 000 petits Marseillais de manger gratuitement, soit 5 000 de plus qu’avant. De la même manière on va augmenter le nombre de petits-déjeuners gratuits pour ne plus jamais avoir des petits qui ont le ventre vide à l’école. On ne peut pas tout, mais tout ce qu’on peut, il faut le faire. Un petit Marseillais, quel que soit son quartier, son histoire, sa religion, sa couleur de peau, il doit avoir les mêmes chances que les autres. L’école c’est fondamental pour moi, c’est là qu’on devient une femme, un homme, émancipés. Nos décisions sont prises avec une seule boussole : qu’est-ce qui est juste ?

    Qu’avez-vous envie de dire au gouvernement qui craint de voir renaître les Gilets jaunes et constate un calendrier syndical qui se remplit un peu plus chaque jour ?

    B.P. : Il est entre des feux contradictoires. Choisir c’est renoncer. Je crois profondément que la fiscalité dans ce pays est injuste. Celles et ceux qui gagnent le plus d’argent ne sont pas des ennemis mais ils ont des devoirs envers leur patrie. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est un honneur. Je ne dis pas de tout prendre mais que chacun contribue à sa juste mesure. On nous explique que les gens vont partir, ce sont des histoires à dormir debout, des berceuses des années 1980. Je crois que quoi qu’il en coûte, il faut aider les Français sur le pouvoir d’achat.

    Amine Kessaci, mécontent de ne pas pouvoir choisir la directrice de Marseille habitat dont il est le président vous a présenté sa démission. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?

    B.P. : D’abord je comprends qu’il puisse être affecté par ce vote. Ce ne doit pas être simple de se retrouver seul, mis en minorité par l’ensemble des administratrices et administrateurs d’un bailleur que l’on préside. Je le recevrai dans les prochains jours pour discuter de ce qu’il s’est passé. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a poussé à faire ce choix. Aujourd’hui encore je ne comprends pas. J’ai entendu que c’était « le bureau de recrutement » que je ne connais pas qui avait motivé son choix. À partir du moment où il a souhaité mettre fin au contrat du directeur général qui a donné toute satisfaction jusqu’à présent, en tant que nouveau président, après tout pourquoi pas, je lui ai dit : « le choix devra se faire dans la plus grande transparence et qu’il n’y ait aucun doute sur la personne choisie ». Je pense que ni l’une, ni l’autre des conditions posées n’ont été remplies.

    Vous lui en voulez ?

    B.P. : La question n’est pas de savoir si je lui en veux ou pas. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a amené à faire un choix aussi baroque. Il semble qu’il n’ait pas été convaincu par les multiples alertes données sur cette personne.

    Des alertes données par qui ? La mairie ?

    B.P. : Des alertes données par pas mal de personnes dont moi-même.

    Quand le verrez-vous ? Il a même proposé d’assumer lui-même le rôle de directeur général et, dit-il, à faire économiser de l’argent au bailleur.

    B.P. : Dans les prochains jours. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire. Amine Kessaci est quelqu’un de très intelligent, mais le dernier conseil que je lui donnerais c’est d’être président-directeur général. Cela l’exposerait juridiquement. Quand je vois la fougue et l’emportement qui sont les siens, je lui conseille de savoir raison garder. Je suis maire de Marseille, pas directeur général des services de la Ville. Il ne faut pas tout confondre.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait ne plus être votre adjoint ?

    B.P. : Je crois qu’il faut décorréler la situation à Marseille Habitat que j’ai besoin de comprendre et la confiance que je peux lui accorder par ailleurs. Si demain il devait démissionner de son poste d’adjoint, il faudrait qu’il m’en explique la raison.

    Dans notre région, ce sont dans les Bouches-du-Rhône que la gauche est dans la meilleure posture pour les sénatoriales. Quel est votre pronostic et où se porte votre soutien ?

    B.P. : Vous m’avez demandé 27 fois mon pronostic sur les municipales et 27 fois je vous ai répondu que je n’en faisais pas. C’est pareil pour ces sénatoriales. J’espère que cette liste d’union, solide, qui représente les territoires, les sensibilités, avec des histoires différentes, des horizons et des enracinements différents, arrivera en tête. Ce serait un très beau signal pour la gauche dans le pays, pour tout ce à quoi je crois. Le rôle des sénateurs va s’accroître dans un pays instable qui peut connaître le pire. Le rôle du Sénat doit être celui de garant de l’État de droit et de la continuité républicain, celui d’une vigie. Pour cela, il faut des sénateurs qui ont la conviction profonde que la République est une et indivisible, que sa devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », que ses racines plongent dans la Révolution française, dans les forces de la lumière contre celle de l’obscurité. J’y crois avec force. Les listes de gauche qui n’ont aucune chance de faire un siège, vont prendre des voix à la liste d’union et à la fin c’est quoi ? Un siège en plus pour l’extrême droite. Je leur dis les yeux dans les yeux.

    Votre famille politique d’origine organise une primaire, vous intéresse ? Vous positionnerez-vous ?

    B.P. : Non.

    Pourquoi ?

    B.P. : Mon travail est d’être maire de Marseille. Je reste un homme de convictions. J’entrerai dans la danse si je sens un danger arriver. Je ne m’occupe pas des partis. Ça ne m’intéresse pas. Je dis simplement une chose : vous n’avez pas le droit de vous diviser. Je n’aurais pas l’outrecuidance ni la vacuité de penser que c’est duplicable. Mais c’est un exemple comme un autre. On nous a expliqué que le Printemps marseillais c’était des rigolos. Il se trouve qu’on a été élus en 2020 et réélus en 2026 sur un totem, celui de l’union. Les divisions permanentes pour savoir qui est le plus à gauche, qui est le moins gauchiste, le plus écologiste, le plus raisonnable, le plus révolutionnaire… Ce sont des débats de chambre. Les gens veulent une seule proposition. Je dis : ne partez pas en ordre dispersé parce qu’à la fin c’est l’échec.

    À Marseille, votre conception du rassemblement c’était sans LFI. Quand vous parlez d’une seule candidature, c’est avec ou sans LFI ?

    B.P. : C’est Jean-Luc Mélenchon qui a déjà répondu à cette question. Il est parti, il croit en son destin, l’ambition de sa vie n’est rien d’autre que d’occuper le fauteuil de François Mitterrand. Il se fout pas mal de ce qui se passera à la fin, il espère être président de la République quel qu’en soit le coût. C’est triste.

    Renaud Muselier a confié à « La Marseillaise » que vous lui aviez donné votre accord pour travailler à une cérémonie de clôture des JO 2030 à Marseille. Vous n’étiez pas en si bons termes auparavant ?

    B.P. : Le président Muselier est un pragmatique. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour que ça se passe à Marseille. J’ai lui ai naturellement répondu oui parce qu’on sait faire, on sait organiser des événements internationaux. Renaud Muselier sait que ça sera réussi si c’est à Marseille. Mieux qu’ailleurs !

  • Jean-Luc Queyla, un pompier pour éteindre le feu chez Tecelys

    Jean-Luc Queyla, un pompier pour éteindre le feu chez Tecelys

    Jean-Luc Queyla est l’actuel adjoint avignonnais chargé de la sécurité et des risques majeurs, mais fut aussi lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers et chef de la caserne d’Avignon.

    Seul candidat, il succède à Joël Guin dans la délicate mission de remettre de l’ordre au sein de la SPL, dans le viseur de la justice depuis juillet et l’ouverture d’une enquête préliminaire visant des infractions en matière de probité. Comme nous le révélions, des perquisitions simultanées ont été menées, début juillet, aux sièges du Grand Avignon, de Tecelys, mais aussi du domicile de Joël Guin. Jean-Luc Queyla aura fort à faire en s’appuyant aussi sur les recommandations de la Chambre régionale des comptes, qui a transmis son rapport provisoire sur la SPL. Déjà, l’audit commandé par le précédent exécutif avait tiqué sur le cumul de casquette entre président et directeur général, plaidant pour scinder les deux fonctions « afin de bénéficier d’une séparation claire des pouvoirs entre stratégie/surveillance (président) et opérationnel (DG) ».

  • La CGT ne compte pas subir l’élection présidentielle

    La CGT ne compte pas subir l’élection présidentielle

    Au lendemain d’une commission exécutive de rentrée, l’Union locale CGT Sorgues-Carpentras organisait ce mercredi un point presse. Manière d’aborder l’année sociale, qui ne doit pas être éclipsée par les enjeux politiques. « À huit mois de la présidentielle, il est hors de question de subir l’agenda politique et patronal, nous allons occuper les espaces de parole avec nos revendications », prévient Sylvain Espenon, secrétaire de l’UL. Après notamment un été caniculaire, le syndicat attend non plus des mesurettes mais un vrai texte de loi qui protège les salariés « et contraint les entreprises ».

    « Le discours dominant reste le même : il faudrait réduire les dépenses publiques et sociales mais de l’argent il y en a, la question est celle de sa répartition, nous refusons que les salariés, les retraités et privés d’emploi soient encore ceux à qui l’on présente la facture », brosse Sylvain Espenon. Un message qui sera délivré à l’occasion des élections professionnelles dans la fonction publique le 10 décembre mais avant, dans la rue. Ce mardi, l’UL CGT appelle à rejoindre la manifestation régionale à Marseille autour de la santé et l’action sociale, puis le 26 septembre à participer à une marche pour le climat, la paix et solidarités [départ à 14h du cours Jean-Jaurès, vélorution à 13h depuis la bibliothèque Renaud-Barrault] avant le 29 septembre une manifestation intersyndicale autour de la fonction publique. Un cortège est en prévision à Avignon. Sans oublier les retraités qui se mobiliseront le 14 octobre puis le 19 novembre à Paris lors des débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

  • La liste de Jérémy Bacchi pour les sénatoriales dévoilée

    La liste de Jérémy Bacchi pour les sénatoriales dévoilée

    Trois sénateurs sortants, quatre maires, et un large rassemblement politique. C’est par un communiqué de presse ce mercredi après-midi qu’ont été dévoilés les dix noms de la liste d’union de la gauche pour les sénatoriales du 27 septembre prochain dans les Bouches-du-Rhône.

    TITULAIRES

    1. Jérémy Bacchi

    Tête de liste en 2020, le communiste marseillais élu à l’âge de 34 ans, a fait partie des benjamins de la Haute assemblée. Secrétaire départemental du PCF, assistant social de profession, il conduit à nouveau la liste d’union de la gauche s’appuyant sur un travail de proximité avec les élus et le monde du travail du département. Opposé à l’austérité qui enraye le fonctionnement de la Métropole et défenseur de la commune comme échelon primordial de la République, il entend bénéficier du renforcement des progressistes lors des dernières municipales dans les Bouches-du-Rhône. Initiateur de « l’Appel de Marseille », signé par de nombreuses personnalités progressistes pour une réponse globale au fléau du narcotrafic, il s’est aussi investi pour la défense de l’exception culturelle française dans le cinéma.

    2. Marie-Arlette Carlotti

    Ancienne ministre et ancienne députée européenne, la socialiste est sénatrice sortante. À 74 ans, elle sollicite le renouvellement de son mandat. Depuis 2023, elle est la première femme de la Ve République à occuper le poste de questeure au Sénat. Les questeurs gèrent tous les aspects matériels et administratifs de la vie du Sénat et disposent à cet effet, d’un pouvoir financier, réglementaire et de nomination.

    3. Guy Benarroche

    Sénateur écologiste sortant, Guy Benarroche, ancien élu de La Bouilladisse aura notamment à affronter Michelle Blanchard-Svoboda, élue de la même commune et tête de liste insoumise. Rapatrié d’Algérie, professionnellement investit dans la direction d’une entreprise spécialisée dans la vente et la maintenance d’équipements destinés aux bateaux, il est, à 72 ans, vice-président de la commission des Lois du Sénat.

    4. Clara Jaboulay

    L’adjointe au maire de Marseille déléguée à la vie culturelle, à la création artistique et à la nuit marseillaise est la benjamine de la liste conduite par Jérémy Bacchi. Ancienne présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL), elle pourrait, à 27 ans, devenir la quatrième sénatrice de gauche du département.

    5. Loïc Gachon

    Le maire socialiste de Vitrolles réélu pour la 4e fois dans cette commune qui a été l’un des symboles de la gestion catastrophique de l’extrême droite retrouvera Fabien Bravi l’adversaire RN qu’il a battu aux dernières municipales en numéro 2 sur la liste de Marie-Pierre Callet (ex-LR, RN). Ancien ingénieur au sein de l’Agence régionale pour l’Environnement a 52 ans.

    6. Hélène Gaillard

    À 52 ans, la maire (DVG) de Gréasque a gagné les municipales dans cette commune de l’ancien bassin minier à la tête d’une équipe diverse en misant notamment sur le développement durable.

    7. Éric Garcin

    Réélu dès le premier tour à plus de 81% des suffrages, le maire (DVG) de Jouques a 62 ans. Il s’est particulièrement investi sur la question sociale dans sa commune de 4500 habitants du nord du Pays d’Aix en participants notamment à l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée ».

    8. Anne Brotot

    L’adjointe au maire de Fontvieille chargée de l’urbanisme est également conseillère communautaire de la Communauté de communes Vallée des Baux-Alpilles. Dans ce village de 3 500 habitants, cette ancienne directrice de l’école d’animation 3D MoPA à Arles accompagne le maire Gérard Garnier, élu depuis 2018.

    SUPPLÉANTS

    1. Jean-Pierre Squillari

    Le maire (DVG) d’Aubagne qui a rendu la commune de 47 000 habitants à la gauche, à la tête d’une équipe d’union soutenue notamment par le PCF, occupe la place de premier suppléant. L’ancien sapeur-pompier, âgé de 74 ans, est un défenseur assumé des services publics.

    2. Nathalie Hetsch

    Femme de conviction, la veuve de l’ex-maire socialiste de Fos-sur-Mer, Jean Hetsch, colistière (DVG) de Remi Esnault lors des dernières municipales est élue d’opposition au maire d’extrême droite de cette commune de 16 000 habitants.

  • [Sénatoriales] En Vaucluse, des listes encore en salle d’attente

    [Sénatoriales] En Vaucluse, des listes encore en salle d’attente

    Les 318 grands électeurs vauclusiens seront fixés vendredi, 18h, dernier délai, sur l’offre complète des candidatures aux sénatoriales du 27 septembre. À ce stade, six listes ont fait part de leur intention de concourir, même si toutes ne sont pas encore passées en préfecture ce lundi. Parmi les trois sénateurs sortants, deux repartent et ont officialisé leur liste : Jean-Baptiste Blanc (LR), qui sera notamment secondé par la présidente du Département Dominique Santoni. Le second parlementaire, Lucien Stanzione (PS), doit déposer sa liste jeudi et la présentera vendredi à la presse. La conseillère départementale Sophie Rigaut (PS) l’accompagnera, suivi du maire de Velleron, Philippe Armengol.

    Toujours à gauche, la France insoumise concourra pour la première fois, sous la bannière Vaucluse en commun. La liste a été déposée ce lundi par Julien Gautier, élu d’opposition à la Tour d’Aigues. Sur les cinq candidats, quatre autres sont aussi élus : Mathilde Louvain et Oukacha Rtili (Avignon) et Yvonne Charra (Valréas). De l’autre côté de l’échiquier, le RN convoite son premier poste de sénateur en Vaucluse par le biais de Thierry D’Aigremont, son délégué départemental. À noter la candidature en 2e place de la députée Catherine Rimbert et en 4e d’Audrey Piazza, non encartée et ex-présidente des Jeunes agriculteurs.

    Le centre droit n’est pas en reste non plus. Poussée par le maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD), Anaïs Hausmann doit déposer sa liste mercredi, la veille du lancement du mouvement Le bon sens des territoires. Aucun nom ne fuite jusque-là, à tel point que des bruits courent d’un renoncement, balayé par l’entourage de la candidate. « Avec discrétion », Sylvie Viala, présidente du Modem 84, est aussi en lice. « J’ai rendez-vous mercredi matin en préfecture pour déposer ma liste », soutient la conseillère régionale qui divulguera ses colistiers à ce moment-là. Une élection dont se passera finalement Malika Di Fraja, ex-présidente de Renaissance 84. Après avoir officialisé sa candidature début mai, elle a renoncé vendredi soir dans un communiqué. Elle évoque un « choix de responsabilité face à la montée des extrêmes [RN et LFI à ses yeux] ». Un temps impliqué, Adrien Morenas n’ira pas non plus. L’ex-député macroniste, qui plaidait pour l’union du centre, regrette « les cavaliers seuls qui diluent les voix et ne crée pas une offre cohérente ».