Tag: Elections municipales 2026

  • [Entretien] Christophe Terras : « L’enjeu est d’empêcher le RN de prendre Draguignan »

    [Entretien] Christophe Terras : « L’enjeu est d’empêcher le RN de prendre Draguignan »

    La Marseillaise : Vous avez mené
    des consultations sur de nombreux sujets (école, démocratie, transports, santé, logement…). Quels enseignements en tirez-vous
     ?

    Christophe Terras : Ça répondait à un besoin. Les gens ont été contents de nous voir leur poser des questions. Certains pensaient même, au début, que c’était la municipalité qui s’était lancée dans une enquête sur l’école. Ce qu’ont révélé ces enquêtes, c’est que les gens ne se sentent pas du tout écoutés et qu’ils ont une soif de s’exprimer. Ce qui correspond tout à fait à la philosophie de notre liste, donc on en a été ravi.

    De manière plus générale, vous êtes la première liste de gauche à vous présenter à Draguignan depuis 2014. Comment évaluez-vous l’accueil que vous avez reçu sur le terrain ?

    C.T. : Beaucoup de gens nous ont remerciés en nous disant qu’ils allaient enfin pouvoir voter à gauche. Quant à l’accueil, il a été au-delà de nos espérances. On a fait du porte-à-porte, ce qui n’était pas évident, car certains militants découvraient cet exercice. Tout le monde en est ressorti ravi. On a vraiment reçu un très bel accueil de la part de la population.

    Quel sera pour vous l’enjeu principal de cette élection ?

    C.T. : Ce sera d’empêcher le Rassemblement national de prendre la ville. C’est vraiment aussi l’un de nos axes de campagne. Et, pour cela, celle-ci aura été utile car on a mis en avant des problématiques sur lesquelles le RN n’est pas à l’aise : le social, le logement, les transports, l’écologie urbaine… Ça les a obligés à jouer en dehors de leur zone de confort. Ils pensaient faire une campagne sur les SDF et les crottes de chien (sic), et il a fallu qu’ils sortent des bois sur ces thèmes. Ce qui est apparu est une méconnaissance totale de la ville et des sujets techniques.

    Vous êtes l’une des rares listes à avoir rassemblé la quasi-totalité du spectre de la gauche avec LFI, mouvement de la numéro 2 de liste, Sylvie Borgogno. C’est une satisfaction ?

    C.T. : Oui, nous sommes très fiers d’avoir eu le soutien de LFI jusqu’au PS. Ça a fonctionné loin des bisbilles nationales et, pour nous, le seul moyen que la gauche existe, c’est justement l’union de toutes les gauches. Tant qu’elle sera divisée, elle sera condamnée, dans le pays et à Draguignan encore plus, à être inaudible, voire inexistante. Évidemment, on a eu des critiques du style « jamais LFI, c’est pas possible ». Les mêmes qu’on faisait au Parti communiste il y a 20 ou 30 ans d’ailleurs. Les militants locaux ne s’y sont pas trompés et ne sont pas du tout entrés dans ce jeu-là. Ces critiques, ce sont celles de la droite, et lorsque la gauche est unie, la droite, évidemment, lui tape dessus. Mais pour nous, c’est plutôt un bon signe.

    Avez-vous déjà une stratégie établie selon les différents scénarios du second tour ?

    C.T. : Elle est limpide depuis le début : nous ne mènerons aucune stratégie qui pourrait favoriser la prise de la ville par le Rassemblement national. On a différentes stratégies qui peuvent être décidées, et notre position pour le second tour sera décidée démocratiquement, avec l’ensemble des gens qui ont participé à la campagne et l’ensemble des colistiers, qui seront invités à se prononcer avant le second tour. Mais une chose est sûre, c’est qu’on a des principes qu’on a arrêtés depuis le début, et l’un des premiers, c’est de ne pas favoriser l’arrivée au pouvoir du RN.

  • Saint-Cyr à gauche dévoile son programme de rupture

    Saint-Cyr à gauche dévoile son programme de rupture

    Dernière répétition pour Sylvie Vinceneux et Saint-Cyr à Gauche. Mercredi, la candidate a notamment présenté une partie de ses colistiers, et rappelé les grands axes de son programme, lors d’une ultime réunion publique à quatre jours des élections.

    Un programme « de rupture », que la liste veut concrétiser de manière participative, « en écoutant les habitants, en répondant à leurs besoins, en les associant aux décisions », martèle Sylvie Vinceneux. « Le maire ne répond pas aux questions. Il y a de nombreux sujets sur lesquels on a aucune information. Celle-ci doit être sérieuse et documentée, c’est le premier prérequis de la démocratie locale », appuie le numéro 2 de la liste, Dominique Olivier (PS), conseiller municipal d’opposition depuis 2015.

    Un budget qui réduit les marges de manœuvre

    Priorité : le logement, « votre préoccupation première, pour vous ou pour vos enfants et petits-enfants », soutient la responsable de la commission nationale logement du PCF. « Combien sont obligés de quitter notre ville faute de logements abordables ? C’est l’envers de la carte postale du tout-tourisme. Même les salariés essentiels pour le faire tourner ne peuvent se loger. »

    Solution proposée : taxation des 45% de résidences secondaires, lutte contre les Airbnb et la spéculation foncière, rénovation des passoires thermiques, mise en place du bail réel solidaire et atteindre les 25% de logements sociaux – « accessibles aux foyers ayant jusqu’à 4 900 euros de revenus », rappelle Sylvie Vinceneux, qui prévient que « le manque de logement génère une diminution de la population, et aura des impacts sur les services publics, l’accès au travail, et l’attractivité ».

    La candidate a, comme lors de son dernier meeting, abordé la question des transports, réitérant sa proposition de mise en place d’un « schéma de transports en commun cohérent », avec entre autres la réactivation de la ligne St-Cyr – La Ciotat et la mise en place d’une navette gratuite pour les PMR et les seniors. Celle de la santé aussi, avec la création d’un centre de santé et d’une mutuelle municipale « abordable », ou encore, pêle-mêle, la sécurité, avec une politique « préventive et répressive », la transition écologique qui « impacte tous les aspects de la vie quotidienne », la jeunesse, avec une tarification juste pour les écoles et la gratuité des fournitures scolaires, et le soutien au monde associatif, à la culture et au développement du sport santé.

    Sylvie Vinceneux promet aussi de porter « une attention particulière à une meilleure gestion de l’agglomération sud Sainte Baume, élément essentiel de notre vie quotidienne » et de « défendre des services publics de qualité », dans un contexte « de baisse de 2,5 milliards des dotations aux collectivités locales dans le budget 2026 de l’État, voté par les forces politiques du centre, de droite et bien sûr du RN, qui va réduire de façon drastique les marges de manœuvre ».

  • Stéphane Sacco à La Seyne met la Bourse en surchauffe

    Stéphane Sacco à La Seyne met la Bourse en surchauffe

    « Quel plaisir de vous retrouver ce soir si nombreux dans cette salle qui symbolise, à elle seule, la belle histoire des luttes sociales qui ont fait de cette ville ce qu’elle », déclare en introduction le dirigeant national du PCF Christian Picquet devant le public de la Bourse du travail archicomble où flotte une ambiance de prévictoire électorale. Tout le monde ici veut y croire.

    « Une ville n’est pas un simple assemblage de rues et de bâtiments. C’est aussi une mémoire, une énergie, un destin collectif », rappelle le chef de file d’Uni.e.s à gauche pour La Seyne Stéphane Sacco (GRS). Le capitaine de la liste de rassemblement des progressistes insiste sur l’importance de ce scrutin à l’issue duquel « un cap » devra être donné à la ville pour les « dix, quinze, vingt prochaines années ». Et non pas, comme cela vient d’être fait par la droite, de se contenter de « gérer le quotidien à courte vue ». Mais bien, au contraire, de « préparer l’avenir avec lucidité et décider aujourd’hui ce que sera la ville de demain ». Bref, une ville qui arrête de subir.

    Et de poursuivre : « Dans vingt ans, la génération qui entre aujourd’hui à l’école primaire aura trente ans. Elle cherchera un emploi. Elle cherchera un logement. Elle cherchera une qualité de vie. »

    Pour répondre à ces besoins « un programme ambitieux » doit être mis en œuvre, ce qui suppose de la volonté politique dont l’équipe assurément ne manque pas. « Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », ajoute-t-il en citant Jaurès. C’est-à-dire d’identifier les difficultés et refuser qu’elles deviennent une fatalité.

    Mais gouverner, reprend l’ingénieur c’est aussi agir maintenant et traiter les urgences qui ne peuvent pas attendre. Comme la réhabilitation du centre-ville et des quartiers ou l’indispensable rénovation et construction d’écoles.

    « C’est le seul vote utile »

    Stéphane Sacco met ensuite en garde contre la menace de l’extrême droite : « On parle d’ordre, mais on oublie la justice. On parle d’identité, mais on oublie la fraternité. On parle de protection, mais on se contente de désigner des boucs émissaires. »

    Le candidat de la gauche réunie martèle : « Ceux qui divisent une ville ne la gouvernent pas, ils l’affaiblissent. Ceux qui attisent les peurs ne construisent pas l’avenir, ils le ferment. »

    Il prévient donc : « Nous ne laisserons pas notre ville devenir le laboratoire du repli. » Des propos chaudement applaudis par la salle.

    Uni.e.s à gauche propose au contraire de renforcer le lien social et le tissu associatif qui le fait vivre. En précisant que « la mixité sociale n’est pas un slogan d’urbaniste mais une nécessité démocratique et une urgence sociale et économique afin que la ville devienne résiliente ».

    Un scrutin qui va également déterminer aussi qui représentera la ville à l’échelle métropolitaine où se décident les grands investissements, ajoute-t-il.

    Une collectivité au sein de laquelle l’équipe espère peser avec « des élus solides, expérimentés, déterminés » pour porter la voix de La Seyne et les intérêts de ses habitants. Mais pour cela il faut gagner.

    Et de conclure donc : « Ne laissez personne décider à votre place. Il faut que notre liste soit dès dimanche en position de l’emporter. C’est le seul vote utile pour l’avenir de notre ville. »

    Une équipe soudée pour la victoire

    « Cette campagne, nous ne l’avons pas simplement menée. Nous l’avons vécue intensément, passionnément, collectivement », explique sur scène Brigitte Cheinet (PCF).

    Florence Guaddacha (GRS) rappelle ensuite que « la ville est riche de ses histoires, de ses parcours, de ses cultures venues d’ici et d’ailleurs et que cette diversité nous enrichit, nous ouvre et nous fait grandir », en exprimant la volonté de la gauche de faire tomber les cloisons entre les Seynois.

    Cédric Turco (PCF) précise : « Ce que nous avons construit pendant cette campagne est déjà une victoire. Une victoire de l’union. Une victoire de la fraternité. Une victoire du respect. Mais dimanche, nous devons transformer cette force en résultat. » Et de conclure : « Dimanche, faisons de ce premier tour le point de départ de la victoire. »

  • Bouc-Bel-Air : la campagne de Piétri soutenue par Perrin

    Bouc-Bel-Air : la campagne de Piétri soutenue par Perrin

    Mathieu Piétri est, depuis plusieurs mois, en course pour sa réélection. Élu maire en 2025 après la démission de Richard Mallié, le candidat fait donc campagne pour la première fois en son nom propre. Et bénéficie du soutien de son prédécesseur. Mais c’est aussi du soutien de Jean-Claude Perrin, maire de 2002 à 2014 sur la commune de Bouc-Bel-Air avant d’être battu par Richard Mallié, qui annonce publiquement soutenir celui qui a, pendant autant d’années, été l’adjoint de son concurrent. « Une parole rare », estime l’équipe de campagne de Mathieu Piétri. « Ce dont les habitants ont besoin, c’est d’un maire à leur écoute, dont l’ambition première est sa commune », estime Jean-Claude Perrin, dans un communiqué transmis par l’équipe de campagne de Mathieu Piétri. Dans ce texte, l’ancien édile critique aussi le climat de la campagne municipale, dénonçant un usage « pernicieux » des réseaux sociaux par certains opposants pour « faire le buzz ». Il évoque « une dérive » du débat politique, regrettant que « l’on n’hésite plus à traiter un maire d’escroc, de ripoux ou de corrompu » ou à relayer des rumeurs « qui font déjà des ravages ». Jean-Claude Perrin met également en garde contre certaines promesses de campagne qu’il qualifie de « propositions farfelues », parfois « irréalisables ou en dehors des compétences légales d’un maire », estimant que « beaucoup de candidats cherchent désormais à choquer pour se faire remarquer ». Au-delà de ce soutien, la campagne de Mathieu Piétri s’articule autour de plusieurs priorités programmatiques. Parmi lesquelles « réduire le trafic et le transit », et « fluidifier les circulations par la “ville intelligente” », angle majeur du programme, « renforcer la sécurité et la tranquillité de tous », et la maîtrise de l’urbanisme…

  • À Aix, Marc Pena promet de gagner la ville à gauche

    À Aix, Marc Pena promet de gagner la ville à gauche

    « Quinze mille euros, vous trouvez que ça fait beaucoup ? Ce serait de quoi nous nourrir du début de notre licence, à la fin de notre master. Ici, à Aix, Sophie Joissains, elle, l’utilise dans des parfums, des poses de faux cils… Vous l’aurez compris, ce soir nous allons parler de transparence et de démocratie » , lancent Ella Aubert et César Vermorel Forest. Choix a été fait de faire appel à la jeunesse pour animer le dernier meeting de la liste Aix Avenir, ce mercredi soir, née d’une union des forces écologiques et de gauche, entre deux extraits d’une playlist très jeune, elle aussi. Si le programme a déjà largement été diffusé, ce sont des femmes, soutiens et colistières, qui ont porté et répété les mesures portées dans le programme de la liste : transports, écologie, scolarité, concertation… Dans la fosse de La Manufacture d’Aix, les sympathisants acquiescent, à quatre jours du premier tour. Une « standing ovation pour tous les militants qui se battent pour cette ville (…) les Aixois valent mieux que cette politique », poursuit César. Puis une seconde, à l’arrivée de Marc Pena, sortant du débat animé, le même soir, par La Provence… au Pasino. « On va gagner, on va gagner ! », s’échauffe la foule après diffusion d’un clip de campagne. « Sophie Joissains a brillé par son absence (…) Elle n’a pas voulu participer au débat (…) je rappellerais à Mme Joissains qu’elle n’a pas été élue sur son nom, mais celui de sa mère. Elle a d’autant plus à prouver », tacle Marc Pena, qui estime, qu’au Pasino, « tout le monde estimait que je me retrouverais au second tour ».

    Le « changement est là »

    Mais, « ce n’est pas qu’un meeting de dénonciation du bilan Joissains, c’est un bilan de reconstruction démocratique », indique le candidat. Enjeu de ce vote, remettre la concertation au centre des projets, avec, la création « comme la loi le prévoit », l’instauration de conseils de quartier, affiliée à son propre budget participatif, retour d’une Maison des Associations… « Je ne serais pas le maire qui décide seul pour les Aixois », promet Pena. Et la liste de promesses pour la ville de demain, s’il est élu, s’allonge. Autre axe majeur de la soirée, la transparence. Transparence pour « accéder au périscolaire, au logement social, transparence pour accéder à des emplois au sein de la mairie », dans l’attribution de subventions associatives, poursuit le candidat. « La transparence comme culture municipale en quelque sorte », résume Pena. Mais si l’enjeu dimanche est d’abord communal – « la démocratie se réinventera d’abord au niveau local », assurait Pena – l’enjeu va au-delà d’Aix-en-Provence. « Dimanche, nous jouons un moment décisif, puisque nous jouons aussi la place que nous pourrons avoir dans la Métropole. » Il faudra faire mieux qu’une « politique de la chaise vide », appliquée, selon le candidat, depuis cette dernière décennie. « Il faut que la gauche gagne la Métropole, il faut que le Printemps marseillais batte à plate couture le RN, il faut que Gardanne redevienne une ville de gauche, il faut que Martigues continue sa politique avec Gaby Charroux, que je salue ce soir pour son courage (…) cet enjeu nous dépasse. Nous devons être attentifs d’abord à ce que nous ferons dans la commune en ayant à l’esprit qu’on va intégrer un établissement de coopération communal extrêmement important, encourage le candidat. Persuadez autour de vous que le changement est là », appelle Marc Pena attisant une dernière fois la foule.

  • À Aix, quatre candidats répondent aux associations

    À Aix, quatre candidats répondent aux associations

    Elles sont une vingtaine d’associations humanistes à avoir sondé les candidats sur la place de la solidarité dans leur programme. Après s’être mobilisées place de l’Hôtel de Ville, il y a deux semaines, puis avoir envoyé un questionnaire détaillé aux têtes de chacune des listes, quatre candidats, ont finalement été reçus par les associations. Philippe Klein (Hor.), Marc Pena (PS), Julie Boronad (LFI) et Mounir Ben Ammar (Rev.) se sont expliqués sur leurs projets et propositions sur le thème de la « solidarité ».

    « Globalement, on a été frappé par le sérieux de toutes les propositions, il y a un écart minimal entre les différents candidats. On se pose évidemment la question de comment ces choses vont être faites, passer dans la pratique : un budget est un budget », rapport Ian Noble, pour le Collectif Agir. Actuellement, « il n’y a pas de volonté politique d’aller dans le même sens que les associations humanitaires et de défense des droits. Ce n’est pas dit en tout cas, ce n’est pas une politique affichée », estime Laure Magrove, pour l’association Aix Solidarité. « La réalité est qu’il y a des militants de la solidarité engagés dans l’action associative dans les trois listes de gauche, rapporte Guy Laudren, pour La Cimade. C’est une chose souhaitable d’avoir une passerelle l’action de la politique publique et l’action associative humanitaire et pour la défense des droits. Je pense que notre action a été entendue. » Les associations interrogées et rencontrées s’accordent sur un enjeu : celui de recréer une Maison des Associations, supprimée il y a une dizaine d’années. Parmi les réponses écrites de trois candidats, celle de Marc Pena, Mounir Ben Ammar et Julie Boronad, que nous avons pu consulter, chacun des candidats s’engage pour son retour. Entre autres nombreuses mesures listées chez chacun des candidats.

  • Aurélie Grach en lutte pour mieux vivre à Port-Saint-Louis

    Aurélie Grach en lutte pour mieux vivre à Port-Saint-Louis

    « La mairie n’est pas simplement une administration qui gère le quotidien, mais une force politique qui défend sa population et se bat pour son territoire », défend Aurélie Grach (DVG) lors de son meeting de 1er tour mercredi soir. La salle Pagnol était remplie à l’appel de la liste d’union de la gauche hors LFI.

    La candidate a déroulé sa vision de Port-Saint-Louis, « une ville construite par le travail, les ouvriers, les dockers, les pêcheurs, par les familles de tous horizons, une histoire de lutte et de dignité ». Une histoire qui se poursuit lorsque l’assistante sociale de métier rappelle que « le personnel de la maison de retraite souffre, cumulant fatigue, absences et épuisement professionnel depuis plus d’un an et demi » alors qu’il n’y a « plus de cadre de santé et que la seule infirmière est en arrêt ».

    Dans ce contexte, son colistier Jonathan Poutet fustige l’absence du maire (DVD) Martial Alvarez dans « la lutte sans relâche menée par les unions locales CGT du bassin pour le Centre hospitalier de Martigues » dont Port-Saint-Louis et l’Ehpad local dépendent.

    « L’Ehpad, c’est nous »

    Jonathan Poutet affirme que les syndicats « ont arraché 60 millions d’euros pour les urgences par la lutte appuyée par les maires progressistes », déplorant que « le maire manquait à l’appel et qui ne s’est jamais manifesté » sur le sujet, selon le candidat. Sa colistière Valérie Coulomb abonde : « Aucun élu de la majorité ne s’est déplacé quand le personnel de l’Ehpad a alerté la population sur le manque de moyens et les conditions de travail. » Et tient à « rétablir à notre tour la vérité » sur la santé, pointant « une promesse d’un plan de redressement du centre médical Joliot Curie et d’un centre d’imagerie à une semaine du premier tour. C’était sur son tract en 2020 ! ». L’infirmière de métier l’assure : « Nous avons déjà pris des contacts » pour refinancer le centre médical et « créer un forum santé pour rencontrer les professionnels » et les attirer.

    Nicolas Trapet, docker et amateur de football, déplore aussi « un maire qui ne veut jamais nous écouter » quand « ça fait des années qu’avec la FCPE on se bat pour installer la clim dans les écoles qui sont des fours dès le mois de mai ». « On nous parle de pièces fraîcheur, donc nos gamins subissent et fatiguent toute la journée et pendant un quart d’heure au frigo ? Ils méritent mieux ! », tance le colistier.

    « C’est pour vous qu’on ne lâchera rien », promet Aurélie Grach, en conclusion.

  • Le « bouclier martégal » pour des économies au quotidien

    Le « bouclier martégal » pour des économies au quotidien

    À Martigues, Gaby Charroux défend le « bouclier martégal ». Le modèle martégal de communisme municipal, fruit d’une politique perfectionnée depuis 60 ans, permet aujourd’hui « 400 euros d’économies par mois pour une famille » d’après le maire sortant et candidat (PCF).

    Des économies sous forme de gratuités de certains services, ou de tarifs réduits. Par exemple, la médiathèque, gratuite, les Centres d’initiation sportive (CIS) pour la pratique du sport par les plus jeunes, l’allocation municipale de solidarité de 100 euros minimum versée durant la période de fin d’année aux bénéficiaires des aides sociales. Cette mère de famille, rencontrée durant la campagne à l’école Daugey, avait fait part d’un « bon accueil et d’une bonne aide » des services municipaux pour ses « soucis de papiers » à son arrivée en France. Léna Dupin, ancienne martégale usagère de la piscine Avatica, est ravie de l’entrée gratuite pour les personnes handicapées. « Avant à Château-Thierry, je payais 5,50 euros mon entrée, il n’y avait pas de réduction. Comme j’ai peu de revenus, c’est avantageux », confie-t-elle. Cette autre martégale, mère célibataire handicapée d’un adolescent de 15 ans, explique que son fils « fait 9h de danse par semaine » ainsi que de la musique au conservatoire du Site Pablo Picasso.

    « On ferait pas d’activités sans cette politique »

    « Je paye 100 euros à l’année pour deux activités. Avec la licence de la fédération de danse en plus si on fait des concours à 30 euros l’année », détaille-t-elle, « s’il n’y avait pas cette politique à Martigues il n’aurait jamais pu faire ça » selon elle, faute de moyens. La passion du jeune homme provient des initiations artistiques proposées de manière délocalisée par le conservatoire au sein des centres sociaux. Jusqu’à douze ans, la pratique au conservatoire est gratuite.

    Comme l’a présenté Gaby Charroux durant sa campagne, le bouclier martégal « se développe par toutes les actions sociales portées par la Ville », à l’image « des aides au maintien à domicile, des portages de repas, des crèches municipales » mais aussi « des colonies de vacances et du repas à 2,35 euros dans les structures municipales, le moins cher du département, quand le repas revient à 14 euros pour la Ville » dans les crèches et écoles confondues, alimentées en local et bio.

    L’enjeu du prochain mandat est de perpétuer ce modèle, si ce n’est de le renforcer. « Nous voulons créer un CIS culture sur le modèle du sport », annonçait Caroline Malatrait, colistière du candidat lors du 1er meeting de campagne début février. Et plus encore : « Nous créerons des lieux refuges pour les femmes victimes de violence », lançait Césaire Bureau du Colombier (PS) au même moment. Selma Bechagra envisageait aussi de mettre en place « un contrat jeune ville pour passer le permis ».

    Le bouclier martégal a donc vocation à protéger l’ensemble des habitants, tout au long de la vie, en somme.

  • [Entretien] André De Ubeda : « Nous avons à Toulon en Commun des victoires à confirmer »

    [Entretien] André De Ubeda : « Nous avons à Toulon en Commun des victoires à confirmer »

    La Marseillaise : Cette campagne s’est déroulée dans une drôle ambiance…

    André De Ubeda : Oui, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu une campagne aussi dure, aussi violente même, aussi délétère, avec des actions physiques, des agressions verbales. Il y a eu plusieurs plaintes qu’on a dû déposer pour se garantir une certaine sécurité. On a été clairement menacés, et donc c’est quelque chose qui empêche le débat de se dérouler de façon normale, et c’est l’objectif, bien entendu.

    C’est l’extrême droite qui pollue le débat ?

    A.D.U. : Oui, très clairement. On a des désaccords profonds avec les autres candidats, mais on ne rencontre nullement ailleurs un tel rouleau compresseur de violence, d’arrogance, de dureté qu’avec le Rassemblement national. Et c’est pour cacher la vacuité du programme de Mme Lavalette, qui a beau être rompue au débat télévisé, a montré son absence d’intérêt pour la ville de Toulon et pour les Toulonnais, et surtout pour les plus fragiles d’entre eux. Ça commence à se voir. Elle a d’ailleurs été mise en difficulté lors du dernier débat. Débat au cours duquel elle a menti sur l’Opéra de Toulon en prétendant avoir réglé le problème, c’est un mensonge absolu. Elle a dit, « j’ai tweeté à Rachida Dati », mon Dieu, mais quel niveau de faiblesse politique, voire intellectuelle. Rachida Dati n’a strictement rien fait. Contrairement à Toulon en commun, où nous avons fait une conférence de presse, et sommes intervenus deux fois au conseil municipal. Et Mme Massi a voté une subvention qui a sauvé momentanément le chœur. Mme Lavalette, c’est la mouche du coche.

    Il y a d’ailleurs des sujets complètement absents de son programme

    A.D.U. : Moins elle en dit, mieux elle se porte, parce que si elle dit ce qu’elle pense, ça va détruire une image faite de sourires et de selfies, il n’y a derrière aucune consistance programmatique, ni même intellectuelle. C’est terrible pour les gens qui ne votent pas pour elle, mais c’est aussi terrible pour les gens qui votent pour elle. Enfin, ils votent pour quoi ? C’est la porte-parole du parti le plus condamné de France. Et dans les débats, elle ne fait que ricaner. On pourrait y voir du Charlie Chaplin dans le Dictateur, c’est quand même assez terrible.

    C’est quoi alors, un vote de colère ?

    A.D.U. : Alors oui, dans le meilleur des cas. Parce qu’il y a quand même un matelas de personnes qui votent en pleine conscience, pour l’extrême droite et pour le racisme. Il suffit de voir le crime raciste de Puget-sur-Argens. Il y a aussi des gens qui ne sont pas racistes ou qui s’imaginent ne pas l’être, et qui sont dans le rejet de tout, y compris dans la volonté de chaos parfois, et dans l’individualisme. Le RN ne les amène pas à demander de vivre mieux mais que les autres vivent plus mal qu’eux. Ça, pour moi, c’est vraiment le degré zéro de l’humanité.

    En revanche tout le monde reconnaît que vous faites une belle campagne.

    A.D.U. : Je trouve en effet que c’est la campagne la plus dynamique depuis au moins les années 80 je pense, avec beaucoup de fond. On a une réflexion approfondie sur le plan politico-stratégique, mais aussi sur le plan programmatique.

    C’est le résultat d’un travail intense de 6 ans. Et on a environ 600 personnes qui ont participé à l’élaboration du programme par petits groupes, et actuellement plusieurs centaines qui participent à la campagne.

    Mais le succès d’estime ne fait pas le succès électoral, donc on est dans l’inconnu. Je pense que la situation est toutefois très ouverte. Si l’impact des sondages n’est pas trop fort, parce qu’ils sont faits un peu pour ça aussi, on peut espérer avoir un bon score et dépasser Michel Bonnus, qui lui est non seulement relativement discrédité et qu’on sent accablé par les circonstances, et notamment par le lâchage de Muselier et par le fait qu’il y en a certains de sa liste qui lui disent au revoir.

    Nous, nous avons des victoires à confirmer.

  • Stéphane Sacco peut transformer l’essai à La Seyne

    Stéphane Sacco peut transformer l’essai à La Seyne

    L’équipe de Stéphane Sacco, portée par une dynamique qui s’amplifie de rencontres en réunions publiques, compte bien ce soir faire craquer la Bourse du travail sous le poids des participants, plus encore que le 11 février, avec un nouveau grand meeting de campagne. Le dernier avant le premier tour.

    Il faut dire que dans cet ancien bastion des progressistes l’attente est immense de la part des habitants tant l’incurie dans la gestion de l’ex-Cité des Chantiers par la droite est grande. Un mandat au cours duquel la majorité s’est déchirée et qui a vu la maire LR Bicais contrainte à démissionner après avoir été déclarée inéligible suite à sa condamnation en première instance pour prise illégale d’intérêts. Résultat de tout cela, la deuxième ville du département est toujours privée des équipements les plus élémentaires, comme une piscine. Pour ce nouveau grand raout de la gauche réunie, des personnalités politiques feront le déplacement. Sont notamment attendus : Marie-Noëlle Lienemann (Gauche républicaine et socialiste) et Christian Picquet (Parti communiste français) qui viennent apporter leur soutien à Uni.e.s à gauche pour La Seyne. D’autres ont envoyé des capsules vidéos qui seront diffusées au cours de la soirée.

    Mieux vaut donc arriver de bonne heure pour ne pas avoir à rester debout. Le rendez-vous est fixé à 18h30.

    Pour le reste, comptons sur le capitaine Stéphane Sacco et son équipe pour mettre l’ambiance et appeler collectivement à transformer l’essai, en s’activant pour faire voter pour le rassemblement de la gauche après cette belle campagne.