Tag: Éducation

  • La proposition de loi post-Bétharram examinée

    La proposition de loi post-Bétharram examinée

    Des discussions sous le regard de plusieurs victimes, venues assister aux débats depuis les tribunes de l’Assemblée.

    « Vous avez brisé des décennies de silence, d’omerta, de honte. Vous avez témoigné devant notre commission d’enquête avec une dignité qui nous a bouleversés. Et cet après-midi, c’est pour vous que nous sommes là », leur a lancé la rapporteure du texte, la députée Renaissance Violette Spillebout. En 2025, l’élue du Nord a conjointement mené avec le député LFI Paul Vannier la commission d’enquête sur les violences dans le milieu scolaire, qui avait notamment entendu François Bayrou, alors Premier ministre, sur sa connaissance supposée des sévices infligés aux élèves de l’établissement Notre-Dame-de-Bétharram, près de Pau.

    De ces mois de travaux et d’auditions, est née cette proposition de loi, rédigée à quatre mains, afin de mieux prévenir les violences, en renforçant notamment le contrôle de l’État. « Ils sont si nombreux en ce moment même, à la subir encore, comme le relève notamment l’ampleur des crimes commis dans le périscolaire à Paris », a souligné Paul Vannier à la tribune.

    Au banc, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a révélé que 255 signalements de violences sexistes et sexuelles ont ainsi été recensés dans le milieu scolaire et périscolaire depuis le début de l’année. Les députés n’avaient que jusqu’à minuit pour étudier le texte, le groupe de Gabriel Attal ayant refusé de soutenir une proposition de loi portée conjointement avec un député insoumis, ce qui lui aurait permis d’être inscrite sur du temps transpartisan, avec davantage de temps. « On est en train de vivre une journée historique (…) Je veux que tous les parlementaires sachent qu’on compte sur eux », a déclaré à l’AFP Constance Bertrand, ancienne élève et créatrice du groupe de victimes de l’Institution Saint-Dominique à Neuilly-sur-Seine.

    « Tentative d’obstruction »

    Le « comité de suivi de la commission d’enquête Bétharram » et plusieurs représentants des collectifs de victimes ont dénoncé des « tentatives d’obstruction » de la part de députés de différents groupes, les encourageant à voter un « texte essentiel », dans une tribune publiée dimanche.

    En fin d’après-midi, les députés ont adopté le volet symbolique du texte : la condamnation par la Nation de ces violences, mais aussi la reconnaissance des défaillances de l’état qui leur ont permis de perdurer. Il prévoit la création d’une journée d’hommage pour les victimes, le 19 novembre. L’Assemblée a réécrit à la marge cet article, en adoptant un amendement du gouvernement, qui met l’accent sur la chaîne de responsabilité, de l’auteur des violences, aux établissements censés les prévenir, jusqu’à l’État qui se doit de les contrôler. Initialement, le texte prévoyait la création d’un fonds national d’indemnisation pour les victimes qui ne pourraient pas aller en justice du fait des délais de prescription notamment. Mais le gouvernement a mis en doute la faisabilité d’un tel fonds, et les députés ont finalement voté pour que l’exécutif étudie cette question dans un rapport à remettre au Parlement.

    était attendu, dans la soirée, le volet judiciaire du texte qui allonge le délai de prescription du délit de non-dénonciation de faits de violences sur un mineur. Mais surtout les dispositions renforçant les contrôles des adultes exerçant dans les établissements.

  • Des milliers de minots invités à la fête des écoles au parc Borély

    Des milliers de minots invités à la fête des écoles au parc Borély

    La fête des écoles a fait son retour à Marseille l’an dernier. Cette année, le parc Borély s’est transformé en grand terrain de jeux pour les enfants, pour une deuxième édition proposée par la Ville de Marseille. Des univers multiples, de la « forêt enchantée » au « pays des rêves », chaque espace propose des activités ludiques et sportives, mais aussi des parcours éducatifs et de sensibilisation sur des thèmes variés.

    « C’est une autre manière de raconter la société aux enfants », explique Pascaline Lécorché, ajointe (Place Publique) au maire de Marseille et déléguée à l’éducation, au soutien scolaire et aux activités périscolaires. « Le fait de mutualiser des temps ludiques avec des temps éducatifs c’est aussi permettre à des publics qui sont plus éloignés de pouvoir venir et de mêler tout le monde à l’éducation, poursuit-elle. C’est un moment festif et populaire mais aussi éducatif à la direction, à la fois des enfants, des parents et le corps enseignant ».

    « L’idée c’est de mêler l’ensemble de ces temps, pour qu’on puisse avoir des moments de restitution et faire connaître tout ce que peuvent proposer la ville de Marseille et le corps enseignant comme offre éducative », confie Pascaline Lécorché. Parmi les propositions, des sensibilisations au climat et la biodiversité, et trois conférences dans le cadre du Printemps des écoles. Côté parcours, le public a eu l’occasion de découvrir entre autres « Ibrahim Ali, lutte contre les discriminations » ou « Ambassadrices et Ambassadeurs de la mémoire ».

    « De nouveaux défis »

    La journée a permis également d’approfondir la question du rapport aux écrans, via le parcours « Les petites exploratrices et explorateurs du web », qui a permis d’échanger sur les pratiques numériques en famille. L’élue partage : « La question des écrans et plus largement de l’IA, de manière générale, du numérique, c’est une question fondamentale que se posent tous les parents et tous les enseignants. On a besoin d’outils et de clés ». Derrière cette volonté, une réflexion de la Caisse des écoles pour donner ces « outils » à chacun et chacune. « Ce sont des clés de compréhension, mais aussi pour réagir, s’adapter et mieux intégrer les nouveaux défis », souligne l’élue.

    Au-delà des parcours éducatifs, c’est une journée festive. « C’est un moment de valorisation, confie Pascaline Lécorché, les enfants sont très contents lorsqu’ils sont sur scène, c’est aussi un moment de fierté pour eux ».

  • [Science] Le goût des mots se cultive tôt

    [Science] Le goût des mots se cultive tôt

    C’est le biais bien connu de la désirabilité sociale : la lecture étant valorisée socialement, quand on demande à un parent combien de temps lit son enfant, il a tendance à gonfler les chiffres. Plus de six heures par semaine en moyenne à l’école primaire, selon les questionnaires remplis pour les besoins d’une expérience au Laboratoire Parole et Langage (LPL), à Aix-en-Provence, avec le soutien du pôle Ampiric. Mais lorsque ce temps de lecture est chronométré avec une application développée au LPL, la moyenne tombe à peine plus de deux heures. « Ce temps de lecture chronométré prédit bien mieux les performances en lecture des enfants, ajoute Brice Brossette, ancien post-doctorant au LPL qui a mené l’étude publiée dans Plos One. Notre nouvel outil permet de mettre des chiffres sur l’impact de l’exposition à l’écrit sur le niveau de lecture. Cela manque car les sciences de l’éducation privilégient des approches qualitatives ».

    Cercle vertueux

    Avec des mesures plus précises du temps de lecture des enfants, les chercheurs aimeraient à l’avenir pouvoir observer des dynamiques. C’est-à-dire voir quand les enfants lisent – à quel moment de la journée ou de la semaine ? -, ce qu’ils lisent, quand ils s’arrêtent et sur quoi ils bloquent. « C’est impossible à voir avec des questionnaires, indique Brice Brossette. Cela permettra de proposer des adaptations personnalisées pour maintenir le goût de l’écrit chez les enfants ». L’idée n’est pas forcément de les contraindre à lire des livres s’ils n’ont pas envie ou n’y arrivent pas, mais peut-être de les orienter vers des bandes dessinées, de les lire avec eux, voire même simplement de faire un jeu maniant le vocabulaire, comme un Petit Bac.

    Cette étude était une première étape dans un projet plus vaste visant à développer une application mobile (Read@Home), avec le soutien de la SATT Sud-Est, pour aider les parents dans l’accompagnement à l’apprentissage de la lecture de leur enfant. « C’est un projet en cours. Nous sommes en train de recruter les familles », glisse Brice Brossette. Le but étant de maintenir dans la durée le cercle vertueux qui fait que plus on lit, plus on y arrive, plus on y prend du plaisir, et plus on lit.

  • Paul Vannier à Digne appelle à plus de contrôle de l’école privée

    Paul Vannier à Digne appelle à plus de contrôle de l’école privée

    Développer une culture du signalement pour repérer les comportements inappropriés » : le député LFI Paul Vannier, co-rapporteur de la commission d’enquête Bétharram, a donné vendredi à Digne une conférence sur le contrôle et le financement de l’enseignement privé. Selon lui, 12 à 15 milliards d’euros sont alloués aux établissements privés sous contrat chaque année, sans « contrepartie, obligation ou contrôle ». Sur 1 000 contrôles, plus de 400 auraient donné lieu à des mises en demeure d’établissements, selon lui. Il a estimé qu’un contrôle financier avait lieu « une fois tous les 1 500 ans », ce qui engendre des « détournements de fonds publics » et de la « fraude ».

    Les contrats entre l’établissement et l’État ne sont par ailleurs jamais renouvelés, et ont, dans 21% des cas, complètement disparu, a-t-il avancé. « Ces contrats sont éternels et ne cessent jamais même quand il y a des dysfonctionnements », a-t-il affirmé. Il a ainsi décrit « un modèle de financement opaque et hors de contrôle ». C’est ce système qui « a conduit à Bétharram » et à « ce que des enfants soient la proie de bandes de pédocriminels organisées », a-t-il estimé, déplorant également « l’inaction de Bayrou ». « Nos impôts financent l’aggravation des inégalités sociales », a-t-il par ailleurs avancé.

    Le député a donné cette conférence à trois jours de l’examen de sa proposition de loi Bétharram dans l’hémicycle. Elle propose notamment de rediscuter les contrats chaque année et de créer des sanctions. Paul Vannier a dit espérer la faire adopter d’ici à la rentrée prochaine. « Il y a eu zéro voix contre en commission », s’est-il félicité.

    La conférence était organisée avec le soutien de la CGT, de Sud Éducation et de la FSU.

  • Opposition à la hausse des frais de scolarité à Montpellier

    Opposition à la hausse des frais de scolarité à Montpellier

    Étudier est un droit, pas un privilège », c’est le slogan choisi par les différents syndicats étudiants et du corps enseignant, réunis ce mardi 26 mai devant le rectorat de Montpellier. Ils prennent la parole pour affirmer leur opposition aux mesures définies par le gouvernement au sujet de l’accès aux études supérieures pour les étudiants étrangers.

    Le 20 avril 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur a détaillé plusieurs points de ce décret qui vise l’accès aux études universitaires pour les étudiants non européens. À compter de l’année scolaire 2026-2027, la majorité des étudiants étrangers non ressortissants de l’Union européenne devront payer des droits d’inscription différenciés à l’université, plus élevés que pour les autres élèves. Des frais qui passeront de 178 euros à 2 895 euros par an pour les licences et de 254 euros à 3 941 euros pour les inscriptions en master. À cela s’ajoutera une limite de 10% d’exonération, appliquée dans beaucoup d’universités pour permettre aux étudiants étrangers d’étudier en France.

    « Cette mesure favorise les étudiants nationaux au détriment des étudiants étrangers, c’est une mesure raciste », s’inquiète Elona Kraemer, étudiante en licence d’histoire de l’art et vice-présidente étudiante à l’Université Paul-Valéry, membre du Scum. Une mesure qui mettra des bâtons dans les roues des jeunes non européens qui souhaitent entamer des études supérieures en France. « On a organisé des tractages, des stands sur l’Université et tous les étudiants sont très réceptifs, la grande majorité trouve ça totalement anormal », ponctue la jeune étudiante.

    Le soutien des professeurs

    Dans les rangs des manifestants, de nombreux drapeaux flottent face au rectorat de Montpellier, au milieu des drapeaux du Scum, du Réseau université sans frontières (RUSF), de Solidaires ou encore du Poing levé, plusieurs enseignants du Snesup (Syndicat national de l’enseignement supérieur) sont également présents. Parmi eux, Thierry Guillet, professeur de physique à la faculté des sciences de l’Université de Montpellier, prend la parole pour appeler à se mobiliser contre cette réforme. « L’université des sciences c’est 8 000 étudiants dont 1 700 sont concernés par cette mesure, 20% de nos effectifs », affirme-t-il. « On a 124 nationalités dans une seule composante d’enseignement, la moitié de la planète », souligne ce dernier pour qui la diversité culturelle est une « fierté d’enseignant ».

    Comme il le rappelle, le Conseil de la faculté des sciences a voté à l’unanimité une motion de désaccord avec cette mesure, le Conseil académique de l’Université de Montpellier a également exprimé son désaccord, tout comme le doyen de l’Université qui est même à l’origine d’une tribune parue dans le quotidien Midi Libre. « Le président de l’université de Montpellier, dans le bâtiment juste derrière nous, s’est exprimé contre lui aussi, même s’il ne le dit pas très fort », précise Thierry Guillet, qui affirme clairement que cette mesure n’est pas la bienvenue au sein des universités de Montpellier.

    Ces mesures délétères, au-delà d’envoyer un message jugé « raciste » aux personnes non européennes qui souhaiteraient étudier en France, sont vues les prémices d’une « pêche aux voix électorales » comme le souligne le professeur de physique : « On voit bien un électorat cible de ce message pour les élections 2027. On pensait que ce genre de mesures arriveraient après les élections, mais malheureusement pas ». Fort heureusement, la solidarité semble régner sur les bancs des universités.

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?

  • « L’élève n’a aucun regard critique sur le résultat que lui donne l’IA »

    « L’élève n’a aucun regard critique sur le résultat que lui donne l’IA »

    « Dès lors qu’on décide d’utiliser l’intelligence artificielle, il faut toujours avoir en tête les écueils de manière à ne pas en faire un usage disproportionné », estime Stéphane Audebeau, enseignant en Sciences économiques et sociales (SES) au lycée Joliot-Curie de Sète. « Ce qu’on doit dire aux élèves, c’est de freiner la tentation quasi naturelle qui est en train de se mettre en place sur l’IA en mettant en évidence les risques qu’elle comporte, notamment les erreurs car les données ne sont pas forcément fiables », poursuit-il. « Un élève qui utilise l’IA sans réflexion, ça ne donne pas forcément une très bonne note. » D’ailleurs « il y a très longtemps que je ne donne plus, ou très rarement, de devoirs à la maison », précise-t-il. « Aujourd’hui 95% des travaux à la maison, voire certains travaux en classe, sont faits par l’IA », abonde Guillaume Marsault, professeur d’histoire-géo au lycée de Gignac et co-secrétaire départemental du Snes FSU de l’Hérault, qui a co-organisé, à l’automne, un stage sur l’IA proposé par le syndicat. « Le fond du problème, c’est que l’élève n’a aucun regard critique par rapport au résultat que lui donne l’IA. Faire faire le travail par quelqu’un quand on sait ce qu’on fait, ça peut se réfléchir. Mais quand on prend sans recul ce qui est proposé, c’est dramatique », estime-t-il. « L’écueil, c’est que l’IA peut faire disparaître toute réflexion sur les compétences et les connaissances à acquérir », renchérit Stéphane Audebeau.

    D’où le défi auquel se trouvent confrontés les enseignants  : composer avec l’IA, puisqu’elle est là, mais faire en sorte, pour eux-mêmes comme pour les élèves, de l’utiliser avec mesure et à bon escient. « L’administration et les corps d’inspection voient ça comme une véritable utopie, sans aucun esprit critique. On fonce dedans sans réfléchir », déplore Guillaume Marsault. « Par moments ça peut être intéressant », admet Stéphane Audebeau, « mais à d’autres moments on passe par l’IA pour faire des choses qu’on est capable de faire nous-mêmes », estime-t-il.

    « Pour nous c’est

    une utopie totale »

    « Il m’arrive de l’intégrer à ma pratique pédagogique pour faire travailler des sujets bien précis aux élèves, à partir de documents que je leur fournis et non de n’importe quelle source. Mais l’IA ne doit être qu’une ressource parmi d’autres. Il faut faire attention à ne pas tomber dans l’emballement que tentent de nous imposer l’administration et les inspections », estime le professeur de SES.

    « L’IA a certes des qualités, c’est notamment un bon outil de reproduction. Elle est capable d’exécuter parfaitement toutes les tâches répétitives. Par exemple on lui donne un exercice de maths et on lui dit : décline-le moi 42 fois, elle va le faire et c’est un gain de temps pour les enseignants. On sait aussi que des IA travaillent sur les corrections de copies. D’un point de vue technique, elles sont capables de faire le boulot. Le problème, c’est d’envisager que ça puisse remplacer un enseignant », avertit Guillaume Marsault. « Pour nous c’est une utopie totale. C’est bien pour ça qu’aucun ordinateur n’a jamais remplacé un enseignant. Ce qui fait la qualité de l’enseignement c’est la relation humaine entre un groupe d’élèves et un enseignant dans une salle de classe. À notre sens, c’est irremplaçable. Notre crainte serait qu’à moyen terme, il y ait une sous-éducation uniquement avec des IA pour les pauvres et, pour les élites, toujours des enseignants. Ce serait le plus grand danger », estime le représentant du Snes.

    Il pointe enfin comme une vraie préoccupation « le coût environnemental de l’IA », derrière laquelle se cachent de gigantesques serveurs affamés d’électricité et d’eau, véritables gouffres énergétiques. Sans oublier « le problème de la protection des données. On sait par exemple qu’une partie des données de l’Éducation nationale est sous-traitée à Amazon : ça pose d’énormes problèmes d’un point de vue éthique mais aussi géopolitique : que ferait-on si, du jour au lendemain, Trump décidait, en représailles de je ne sais quoi, de couper les ponts ? Tous les serveurs mères et 80% des serveurs sont aux États-Unis actuellement », illustre Guillaume Marsault.

  • Des jeunes unis pour la Méditerranée

    Des jeunes unis pour la Méditerranée

    Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, étudiants et jeunes chercheurs se sont retrouvés à Marseille pour l’Agora des jeunes, organisée dans le cadre de l’événement Alter Méditerranée.

    Portée par Aix-Marseille Université (AMU), cette journée ouvrait un espace de parole où la jeunesse méditerranéenne pense, ensemble, son avenir. Le ton est donné par Quentin Acquatella, vice-président étudiant d’AMU : « Être Méditerranéen, c’est une volonté de vivre ensemble. C’est la flottille qui part à Gaza. C’est SOS Méditerranée qui essaye de sauver des vies en mer. Nous avons besoin de l’insurrection humaine. Et si elle doit partir de quelque part, elle ne peut que partir de chez nous. »

    Pour Maryline Crivello, coordinatrice à AMU, cet après-midi permet aux étudiants, de disciplines variées et depuis plusieurs littoraux, de « s’approprier ces questions et raconter cette histoire ». Ce travail prend des formes concrètes. Les étudiants de Master 2 de l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM) ont conçu des créations artistiques inspirées de la mythologie méditerranéenne : contes, jeux de société, courts-métrages… tout en respectant des contraintes écologiques strictes. Les Master 1 de Français langues étrangères (FLE) ont co-construit des cours de français et rédigé des manifestes plurilingues sur l’urgence climatique.

    Derrière ces initiatives, la Chaire Unesco « Éducation à la transition environnementale en Méditerranée » et le réseau Thétys, partenaire d’une centaine d’universités euro-méditerranéennes, structurent et accompagnent ces jeunes chercheurs de l’idée à l’action.

  • À Aubagne, rentrée retardée pour les minots à l’école des Passons

    À Aubagne, rentrée retardée pour les minots à l’école des Passons

    « Ce chantier s’éternise dans une lenteur presque absurde, un feuilleton interminable de retards accumulés sous l’ancienne majorité », assénait le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, sur ses réseaux sociaux mardi. Conduite par l’ancien maire (LR) Gérard Gazay, une ouverture en 2017 avait été fixée, puis décalée à 2020 avant que la crise sanitaire ne bouscule les calendriers. Après de nombreux retards, le précédent maire avait lancé le chantier en janvier 2025. Contrairement à ses promesses en juin dernier, l’école des Passons, qui devait « ouvrir en septembre », ne pourra finalement pas accueillir les minots avant 2027.

    Un retard accumulé

    Et pour cause : « Un retard sur les mises hors d’air et hors d’eau du bâtiment, qui ne permet pas de lancer l’installation de l’électricité », recense la nouvelle municipalité. En outre, la Ville relève notamment « des problèmes d’étanchéité au niveau des fenêtres non achevées », qui empêcheraient la pose du circuit électrique. Des problèmes techniques qui retardent, un à un, les travaux prévus et « augmentent logiquement leurs coûts », déplore la municipalité. Un retard accumulé, qui « entraîne les entreprises ne pouvant pas intervenir à faire payer des surcoûts à la Ville », précise-t-elle. « Mais le plus grave est ailleurs », martèle le maire sortant : « Nous avons découvert un projet pas assez financé ! », s’indigne-t-il. Un trou d’« un million d’euros » dans les financements de la Ville, nécessaire à l’achèvement du chantier. Des soucis que la mairie compte régler avec des emprunts bancaires et un suivi plus rigoureux des travaux à force de « visites plus régulières du chantier ».

    Besoin de « transparence »

    Malgré cette reprise en mains, la rentrée décalée de l’école inquiète bon nombre de parents qui comptaient sur cette ouverture en septembre. Le maire se veut rassurant, et prévoit donc un plan de transition pour accompagner les familles et accueillir les minots dans « des conditions dignes et sécurisées ». Pour la rentrée de septembre, sept classes élémentaires seront donc « maintenues sur le site des Passons, dans une école provisoire, une classe de maternelle sera installée à l’école Bernard-Palissy, et trois autres à l’école Gaimard ». Enfin, une classe élémentaire et l’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants seront reconduites vers l’école Chaulan.

    La Ville s’engage notamment à faire preuve d’honnêteté quant au suivi du chantier avec « un point de situation en toute transparence » communiqué aux parents des 320 élèves concernés, leur expliquant l’état des lieux. Une initiative primordiale pour la mairie qui s’engage à être « présente, et dire la vérité, en dépit des enjeux électoraux ».

  • Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Une douce musique de flûte accompagne la lecture d’un livre pour enfants. L’atelier intitulé « Des livres et des bébés », organisé à la médiathèque Salim-Hatubou (15e), ce mardi, a lancé l’inauguration de la 4e édition du festival « Mots d’ici, mots d’ailleurs ». Des ateliers gratuits d’écriture et de création manuelle sont également proposés, durant les dix jours du festival, aux habitants des 15-16.

    Jennyfer, maman d’une petite fille de 10 mois, assiste à la séance de lecture. « La directrice de la crèche du Plan d’Aou est très investie et nous a encouragés à participer aux activités. L’initiation aux mots dès le plus jeune âge est primordiale », partage-t-elle. Elle ajoute : « Comme d’autres structures, la médiathèque est très dynamique, les jeunes du quartier viennent souvent. »

    Une dynamique

    collective locale

    Un cadre structurant également salué par Lola Burette, référente lecture et coorganisatrice du festival au sein de la Ligue 13 : « Sur les 15-16, il y a deux bibliothèques très structurantes et des centaines d’associations, des centres sociaux et des habitants très actifs. »

    Le projet est né d’une organisation conjointe menée par les Cités éducatives et la Ligue de l’enseignement, un « temps fort pour relier les écoles, les bibliothèques, les collèges, les centres sociaux et tous les acteurs éducatifs territoriaux ».

    Le festival répond à l’un des axes de travail principaux de la Cité éducative des quartiers Nord : « Favoriser la lecture et l’écriture », en réponse à « un besoin territorial lié aux lacunes en écriture et en lecture », explique Daniel Duthoit, animateur territorial des Cités éducatives.

    Dans le hall de la médiathèque, les travaux des enfants sont exposés, autour du thème « Croisons nos mondes », écho aux parcours multiculturels et multilinguistiques des familles du quartier. On peut notamment y lire le récit intime d’Eleyjah, 14 ans : « Je ne suis presque jamais sorti de mon quartier. Pour moi, Marseille… c’est juste un nom qu’on entend partout. »