Tag: eau

  • Dans les Hautes-Alpes, plusieurs bassins-versants en vigilance sécheresse

    Dans les Hautes-Alpes, plusieurs bassins-versants en vigilance sécheresse

    Les bassins-versants du Drac, du Buëch et de la Haute-Durance ont été placés en vigilance sécheresse. C’est la décision prise ce mardi par le comité départemental de gestion de l’eau des Hautes-Alpes. Trois bassins auxquels s’ajoute celui de la Méouge, en vigilance depuis le 25 juin. Le comité explique que les débits des cours d’eau présentent des « niveaux bas pour un début de saison estivale », en raison « des fortes chaleurs et les précipitations plutôt localisées de fin juin ont entraîné une dégradation progressive de l’humidité des sols et des débits ». Or, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains jours prévient l’organisme : « Les prévisions météorologiques pour les jours à venir annoncent un temps plutôt chaud et sec, avec possibilité d’averses orageuses ce week-end, ne permettant pas d’envisager une amélioration de la situation. »

    À ce stade, le niveau de vigilance « n’impose pas de restrictions temporaires des usages de l’eau ». Le comité invite néanmoins les usagers (particuliers, entreprises, collectivités, agriculteurs, etc.) à « limiter volontairement leurs prélèvements », et encourage « l’adoption de comportements de gestion économe de la ressource en eau » afin de « ralentir ou de réduire autant que possible la dégradation de la situation hydrologique ».

    Au bord des cours d’eau, les fédérations de pêche sont en vigilance, et scrutent le débit. « Pour l’heure, on est encore à 2m³/s de débit du Buëch à Serres, donc seulement en vigilance, rapporte Pierre Choffel, président de l’association agréée de pêche du Buëch. Le seuil d’alerte est à 1m³/s, mais je pense que cet été on va y avoir droit s’il n’y a pas de gros épisodes d’orages qui viennent arroser les prairies. » L’autre risque, explique Pierre Choffel, c’est que la température des cours d’eau se réchauffe, ce qui menace la biodiversité qui peuple les rivières. « Un cours d’eau qui dépasse les 25°C, pour la truite fario, c’est létal », prévient-il.

    De nouvelles vagues

    de chaleurs attendues

    À échelle nationale, le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré par Météo-France, la vague de chaleur, de deux jours plus courte a été plus intense que celle de l’été 2003, les 40°C ont été dépassés au moins une fois sur plus de 40% du territoire. Le déficit de précipitations atteint près de 50% sur l’ensemble du mois. En juin 2026, 16% des cours d’eau de l’Hexagone étaient à sec, contre 6% en juin 2025. La situation des cours d’eau, déjà très fragilisés, ne devrait pas s’améliorer, avec le dérèglement climatique ces épisodes sont appelés à se multiplier. Les prévisions Météo-France anticipent un été marqué par de nouvelles vagues de chaleur.

  • Hausse du tarif de l’eau : Les citoyens n’ont pas à payer « les erreurs du passé »

    Hausse du tarif de l’eau : Les citoyens n’ont pas à payer « les erreurs du passé »

    En attendant de remettre en avant le débat sur un retour en régie publique de l’eau, qui se posera avant la fin de la délégation de service public en 2028, le collectif de l’eau ne peut que s’émouvoir face à la « situation catastrophique du budget de l’eau au Grand Avignon et de l’impossibilité de financer les investissements indispensables ». L’association réagit, par communiqué, à la brutale hausse de 20% en moyenne de la facture de l’eau pour les usagers (nos éditions du 27 et 30 juin).

    Une décision validée la semaine dernière en conseil communautaire, au cours d’une séance à laquelle a assisté le collectif de l’eau. « Nous regrettons comme certains élus que ce soient les citoyens qui doivent payer cash, et cher, les erreurs du passé de certains qui sont toujours aux manettes de la politique de l’eau », déplore l’association, visant sans le citer Patrick Sandevoir, vice-président délégué à l’eau et l’assainissement. Alors que dans l’opposition, Mathilde Louvain (LFI), et aussi au sein de l’exécutif, Jacques Demanse (PCF), ont appelé à travailler avec le collectif, « contrairement à ce qui a été dit par M. Sandevoir, le collectif de l’eau n’a jamais été entendu sur ces questions et le précédent président a toujours refusé de nous recevoir ». Les seules rencontres ayant eu lieu dans le cadre de commissions obligatoires avec les délégataires Suez et Veolia.

    « La question sociale que nous avons soulevée dans notre lettre ouverte n’a pas reçu de réponse », regrette le collectif qui souhaite une meilleure information auprès des usagers autre que par la seule presse, comme l’a indiqué Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon.

  • L’usine de la CGES à Montagnac compromise

    L’usine de la CGES à Montagnac compromise

    Depuis 2022, l’association Veille eau grain se mobilise contre un projet d’usine d’embouteillage porté par la Compagnie générale d’eaux de source (CGES), qui voudrait exploiter le forage de la Castillone, à Montagnac (34). En 2024, la CGES avait ainsi racheté quatre parcelles à la commune, comprenant à la fois le forage et son chemin d’accès. Cette cession avait été validée par deux délibérations du conseil municipal, datant respectivement du 29 septembre 2022 et du 21 février 2023.

    Un constat partagé

    « Nous avons attaqué ces deux délibérations pour manque d’information des conseillers municipaux et vil prix, raconte Vincent Lapasset, membre de Veille eau grain. Nous avons été déboutés une première fois par le tribunal de Montpellier en 2024. Mais le 16 juin 2026, la Cour administrative d’appel (CAA) de Toulouse nous a donné raison en annulant les deux délibérations. » Véritable « tsunami », cette décision montre que la vente s’est faite à un prix inférieur à sa valeur, soit 30 000 euros alors que la commune avait acquis les parcelles à 37 000 euros. Elle pointe également que l’embouteillage n’est pas d’intérêt public, dans un secteur exposé aux sécheresses et où une trentaine de domaines des environs n’ont toujours pas accès à l’eau potable.

    Quelques jours après cet arrêté, la chambre régionale des comptes d’Occitanie a rendu son rapport d’observations définitives pour les exercices 2019 à 2024 de la commune. Celui-ci appuie l’arrêté de la CAA, montrant notamment que le choix de vendre le forage pour financer sa rénovation (estimée à environ 400 000 euros), n’était « nullement imposé par des considérations financières ». Si l’annulation des délibérations prive de fondement la vente conclue le 26 avril 2024, elle ne l’annule pas. La commune peut encore se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État et de son côté, l’association Veille eau grain a déposé une autre plainte auprès du procureur de Béziers concernant l’acte de vente.

  • Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Au vu du manque de réaction au niveau mondial pour freiner le réchauffement climatique, il va falloir s’y faire. Dans les années à venir, les étés seront de plus en plus chauds. Responsable chez Shift Project, Luc Cervellin, prévient même qu’aussi étouffant qu’il puisse être, ce début d’été 2026 sera probablement l’un des moins suffocants qu’il nous reste à affronter (lire p.5).

    La raison est simple. Si la prise de conscience de la réalité du changement climatique a bien eu lieu, excepté chez certains complotistes ou climatosceptiques d’extrême droite, elle n’a pas été suivie de suffisamment de réalisations concrètes. Certes l’été 2003 et ses 15 000 morts ont agi comme un détonateur. Au fil des ans, des Ehpads ont été climatisés pour protéger la santé fragile de nos aînés. Des hôpitaux aussi, même si plusieurs services de CHU à l’instar de celui de Montpellier restent en surchauffe. Plus récemment, nombre de Villes (Montpellier, Grabels, désormais Nîmes…)
    – les majorités municipales de gauche donnant le ton – ont lancé de vastes opérations de désimperméabilisation des cours d’école, peu à peu végétalisées.

    Mais l’ampleur de la tâche est telle que bien souvent, ce genre initiatives, qui porteront leurs fruits à moyen terme, ne suffisent pas à parer l’urgence des canicules. De plus en plus fréquentes et de plus en plus difficiles à supporter pour les organismes. C’est le cas depuis deux étés consécutifs de beaucoup d’enfants, qui vivent un véritable enfer lors du dernier mois d’école. Dans de vieux bâtiments pensés pour une époque révolue, dans des salles rarement climatisées et pas assez rafraîchies, élèves et enseignants suffoquent de Béziers à Alès en passant par Sète ou Nîmes.

    Quid du droit du travail ?

    S’il est évident qu’à terme la généralisation de la climatisation ne fait qu’aggraver le problème du climat, son recours a minima dans les lieux des services publics ne pourra peut-être pas rester tabou longtemps… Plutôt que de s’entêter à prétendre, comme Emmanuel Macron, « qu’on ne pouvait pas savoir », l’État doit prendre urgemment ses responsabilités. Car pour l’heure trop peu d’investissements de grande ampleur ont été réalisés pour adapter nos constructions à la nouvelle réalité climatique. Si bien que plus de 20 ans après l’alerte de 2003, un logement français sur deux, le plus souvent occupé par une personne à faibles revenus, est inadapté. Et que dire des sans-abri ? Mardi 30 juin à Montpellier, un collectif a alerté la préfecture sur la vulnérabilité des SDF et réclamé la mise en place de mesures de protection (lire p 7).

    Il est grand temps aussi que les parlementaires se saisissent des questions relatives au droit du travail. Comme nous le rappelle une avocate spécialisée, il n’existe pas en France de seuil de température maximal au-delà duquel un travailleur peut stopper son activité (extérieure ou intérieure) en toute légalité. Certes le droit de retrait existe, l’employeur se doit de protéger ses salariés (eau à disposition voire douches, ventilation…) et les syndicats peuvent toujours mettre un coup de pression, mais trop souvent des personnes se mettent elles-mêmes en danger par forte chaleur. Soit par volonté de mener à bien leur travail, soit par obligation de ne pas tronquer leur revenu, comme le rappelle la CGT lunelloise (lire p 6), soit par méconnaissance de leurs droits.

    Pour l’heure, les autorités attendent d’être au pied du mur pour agir au cas par cas. La semaine passée (23 au 29 juin), la préfecture du Gard avait déjà pris un arrêté pour permettre à certains travailleurs d’exercer leur activité sur une plage horaire étendue. Pour travailler davantage à la fraîche, les chantiers peuvent se dérouler de 6h à 21h30. Le 30 juin et jusqu’au 15 septembre, la préfecture de l’Hérault lui a emboîté le pas pour les entreprises du paysage, du bâtiment et travaux publics en cas de vigilance rouge (du lundi au vendredi, travaux autorisés de 6h à 12h et interdits de 12h à 21h) ou orange (travaux autorisés de 6h à 21h).

    Dès le 26 juin, la préfecture de l’Hérault rappelait aussi aux propriétaires d’animaux domestiques, d’élevage ou de compagnie les bons comportements à adopter pour ne pas mettre leur animal en situation de souffrance. Notamment en ne les laissant jamais quelques minutes dans un véhicule en journée. Enfin, dans les prochaines semaines, les organisateurs de manifestations taurines sont invités à déplacer leurs festivités (abrivado, encierro, bandido…) au-delà de 20h.

  • L’Ifremer inquiète des effets des canicules marines sur la biodiversité

    L’Ifremer inquiète des effets des canicules marines sur la biodiversité

    Ils ont beau connaître et s’attendre aux effets néfastes du réchauffement climatique, des chercheurs réunis hier à Sète par l’Ifremer*, se disent « étonnés » par l’ampleur des phénomènes qu’ils observent déjà sur le terrain.

    Si la façade atlantique n’est pas épargnée, la Méditerranée constitue bel et bien un « hotspot du changement climatique et de biodiversité », pose d’emblée Nathaniel Bensoussan. Ce chercheur au Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS) à l’Ifremer, rappelle que la Grande Bleue a gagné 1,5 degré depuis 1982 et qu’elle se réchauffe deux fois et demie plus vite que la moyenne des eaux.

    Ce phénomène dû à l’activité humaine qui produit des gaz à effets de serre, génère des « vagues de chaleur marines ». Lesquelles altèrent durablement le fonctionnement des écosystèmes côtiers et la biodiversité. Ainsi les tissus vivants des gorgones rouges, ces coraux mous qui « jouent le rôle des arbres dans les forêts », sont-ils nécrosés (calcaire blanc). Déjà les scientifiques s’inquiètent d’une « mortalité récurrente » notamment dans les calanques. Dès 2022, une floraison massive de posidonies a été observée. Loin d’être une bonne nouvelle, c’est le signe d’un « risque d’épuisement » de ces plantes aquatiques qui oxygènent l’eau et participent à la stabilité des fonds marins. « C’est un sujet majeur. Si des plantes comme les posidonies sont affectées, la séquestration du carbone est impactée », éclaire Nathaniel Bensoussan.

    Étang de thau en surchauffe

    Les écosystèmes fermés tels que les lagunes ou les lagons ne sont pas épargnés par le réchauffement des eaux. Sur l’étang de Thau, Vincent Ouisse, chercheur en écologie benthique à l’Ifremer, parle même d’un « effet loupe ».

    En raison des faibles profondeurs, les eaux sont déjà à 30-32 degrés et peuvent monter jusqu’à 36°. Les herbiers, plantes marines à fleurs, souffrent elles aussi. De même que les bénitiers et coraux jusque dans les lagons de Polynésie, ajoute Guillaume Mitta, chercheur en biologie des interactions. Du côté de la Bretagne et de la Manche, ce sont les laminaires (algues brunes) qui sont en « forte baisse d’abondance et de densité », constate Martial Laurans, spécialiste en écologie halieutique à l’Ifremer. Dans la baie de Grandville en Normandie, où les eaux se sont réchauffées de 1,5 degré en 40 ans, « les captures de bulots ont chuté de 80% », illustre Hubert du Pontavice, chercheur à l’Ifremer.

    Les moules en péril l’été

    À l’instar de la grande nacre ou des sardines, des poissons et coquillages sont aussi touchés. C’est notamment le cas des huîtres. L’an passé, « la canicule de juin a engendré des pontes précoces d’huîtres de 2 à 4 semaines partout en France », se souvient Franck Lagarde. Ce chercheur en biologie et écologie marines à l’Ifremer précise que les périodes de pontes sont désormais étendues de mi-mai à mi-septembre au lieu de mi-juillet à mi-août auparavant. Avec pour conséquence « des huîtres de meilleure qualité au printemps qu’à l’automne ». Si la Bretagne a vu ses taux de croissance des naissains chuter de 14 à 62% c’est tout l’inverse en Méditerranée avec des taux de croissance culminant à 143% « en raison d’eaux plus chaudes et de pluies plus abondantes qui amènent des sédiments ».

    La dynamique est tout autre pour les moules dont l’avenir est clairement menacé l’été en Méditerranée. « On observe un décrochage quand les eaux atteignent 27-28 degrés. Et à part aller plus au large, je ne vois pas ce qu’on peut y faire », confie Franck Lagarde. Le coordinateur du réseau Ecoscopa à Sète, révèle qu’en Corse la production de moules est déjà abandonnée à partir de juillet en raison d’eaux trop chaudes.

    Or, Nathaniel Bensoussan est catégorique. « On va vers la tropicalisation de la Méditerranée. » Face aux tergiversations des responsables politiques, Hubert du Pontavice presse. « En tant que scientifique, je suis dans une intranquillité. Il y a une urgence à agir face à un empilement d’événements. »

    * Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

  • Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    « Un passage en force » validé par le « silence assourdissant de la Métropole », discréditant « la promesse d’une Métropole des maires [ laquelle devait, selon son président Nicolas Isnard (LR), laisser les compétences de proximité aux communes] ». C’est l’accablante analyse que fait la Ville d’Aubagne de l’élection de Serge Perottino, maire (DVD) de Cadolive et vice-président de la Métropole Aix-Marseille, à la tête de la Société publique locale (SPL) L’Eau des collines.

    Cette structure publique est responsable de la gestion du service de collecte et de transport des eaux usées de l’ensemble des communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, ainsi que de la production et de la distribution de l’eau potable dans les communes d’Aubagne, La-Penne-sur-Huveaune, Cuges-les-Pins et Saint-Zacharie. La Métropole et les communes en sont actionnaires. La SPL est depuis sa création présidée par un élu aubagnais. Mais, lundi soir, lors du conseil d’administration de la SPL, c’est la candidature du maire de Cadolive qui a remporté les suffrages.

    La Ville veut quitter la SPL

    « Comment un élu, dont la commune n’est même pas desservie par le réseau, peut-il justifier de présider un outil dont les habitants de Cadolive ne sont même pas usagers ? C’est un mépris total de l’histoire et du travail des communes fondatrices », s’est indigné Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    En réaction, il annonce le retrait de ses élus du conseil d’administration de la SPL, l’engagement immédiat de « démarches pour préparer la sortie de la Ville d’Aubagne de la SPL » et l’ouverture d’une « réflexion approfondie, avec l’ensemble de la majorité municipale, pour définir un nouveau chemin et une nouvelle stratégie en matière d’intercommunalité. » « Cette structure est-elle encore un outil au service des habitants, ou est-elle devenue un obstacle à notre autonomie et à notre action ? Nous attendons des actes, pas des promesses. Aubagne sera respectée », conclut-il.

    La mairie indique n’avoir pour l’instant pas obtenu de réponse officielle de Nicolas Isnard, président (DVD) de la Métropole.

  • La forte augmentation du tarif de l’eau suscite des remous

    La forte augmentation du tarif de l’eau suscite des remous

    La mesure était dans les tuyaux depuis la fin de la mandature précédente, mais avait été ajournée, en décembre dernier, face au risque de rejet de la délibération. Il est vrai que voter une augmentation du tarif de l’eau et d’assainissement d’environ 20% n’est pas populaire. Comme révélé dans nos colonnes (notre édition du week-end), le Grand Avignon a approuvé, ce lundi soir en conseil communautaire, une hausse de sa part perçue sur la facture d’eau, à compter du 1er août.

    « C’est douloureux, on n’aurait aimé ne pas le faire, mais on n’a plus le choix », confesse Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) en charge de l’eau et de l’assainissement. Entre pédagogie et (presque) début de mea culpa, celui qui s’occupait déjà de cette délégation, lors du précédent mandat, rappelle que la part communautaire n’a pas évolué depuis 2019. Si la hausse du tarif eau ne concerne que la moitié des communes (à savoir celles gérées par le Grand Avignon en délégation : Roquemaure, Sauveterre, Pujaut, Villeneuve, les Angles, Avignon, Morières et Jonquerettes), la part assainissement frappe bien l’ensemble des 16 communes de l’agglomération. Ainsi, pour une consommation moyenne type de 120 m3 par an, la facture augmente de 78 euros par an. « On sera à 3,90 euros le m3, soit bien en dessous de la plupart des villes, le prix moyen est de 4,89 euros dans le Vaucluse », essaye de faire avaler Patrick Sandevoir.

    En creux, le vice-président regrette de ne pas avoir pu faire lisser cette hausse depuis plusieurs années. « Sans mauvais jeu de mots, l’eau électrisait le débat », glisse-t-il à l’issue de la séance. « Des décisions auraient dû être prises et ne l’ont pas été », abonde Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon. « Cela fait 3 ans que je tire la sonnette d’alarme, les besoins en investissement sont de 6 millions d’euros par an pour l’eau et 7 millions pour l’assainissement, là on est juste en capacité de faire 3 millions d’euros au total, donc on a annulé des travaux », déplore Patrick Sandevoir au micro. Et de lister la litanie de renouvellement de canalisations. « Par exemple à Entraigues, il faut 800 000 euros pour raccorder la nouvelle prison au réseau, dont 500 000 euros pris en charge par l’État, il faut rapidement enclencher le premier coup de pioche », illustre-t-il.

    « Socialement, ce n’est pas acceptable »

    Si, dans l’opposition, personne ne remet en cause la nécessité d’investir sur le réseau, la gauche dénonce « le coup de semonce considérable pour les ménages les plus pauvres », relève Mathilde Louvain. « Socialement, ce n’est pas acceptable, embraye Rémy Blanc (PCF). Il va y avoir une double peine pour les foyers qui vont subir cette hausse et ne seront pas en capacité de la payer donc ils subiront des pénalités de retard [30 euros]. » L’élu avignonnais pointe aussi le « non-sens écologique » de la hausse. Car, effet pervers du contrat avec le délégataire privé, la part perçue par l’Agglo est liée à la quantité d’eau consommée. Or, celle-ci diminue. Ainsi, « on sanctionne les conduites vertueuses », souligne Rémy Blanc. « Tout ça car le contrat avec Suez a été mal négocié, c’est désastreux », se désole Marie-Anne Bertrand (L’Après), quand David Fournier (PS) aurait souhaité « une tarification par paliers en fonction des revenus ». Patrick Sandevoir rappelle l’existence de chèques eau, dispositif pour les personnes en difficulté.

    Beaucoup d’élus, même dans l’exécutif, à l’instar de Jacques Demanse, maire (PCF) de Sauveterre et vice-président en charge de la transition énergétique, ont appelé à un travail plus étroit avec le Collectif de l’eau. Une dizaine de militants était présente en amont de la séance, avant d’y assister, pour interpeller les élus. « C’est un coup de massue pour les usagers, on convient qu’il y a de gros investissements, mais il aurait d’abord fallu faire un bilan et justifier de tels investissements », estime Bernard Coron, vice-président du Collectif de l’eau.

    La délibération a été approuvée, malgré les votes contre de la gauche et de certains élus RN.

  • Un été de plomb

    Un été de plomb

    L’été est aussi cruel que l’hiver pour les sans-abri. 960 d’entre eux sont décédés l’an passé, selon le décompte -non exhaustif- réalisé par l’association Morts dans la rue, auprès des associations, collectivités et structures d’entraide. Il y en a déjà 260 depuis le début de l’année.
    Deux autres à Argenteuil, mercredi, un autre encore, jeudi, retrouvé mort dans un square à Angers, et encore un autre à Nantes… Une hécatombe silencieuse pendant les longues journées d’été étouffantes. Et ils ne sont pas les seuls à tomber, il y a aussi les mal-logés, plus de 4 millions de personnes, qui « donnent la priorité au loyer » quitte à se priver de repas… Ceux à qui le ministre du Logement voudrait refourguer les bouilloires thermiques, comme il l’a très sérieusement annoncé cette semaine, en pleine canicule.

    Lorsque le cynisme le dispute à l’indécence, il semble difficile
    d’en appeler à l’État, au gouvernement et à ses représentants, pour répondre à l’urgence vitale que constituent les vagues de chaleur pour les plus démunis. Et pourtant.

    Des villes pas ou peu adaptées

    Ce danger permanent tient d’un bilan d’étape : malgré les efforts de villes comme Marseille, qui a fait de l’accès à l’eau dans l’espace public et de la création d’îlots de fraîcheur des priorités, les communes restent encore pas ou peu adaptées aux crises climatiques après des décennies de bétonisation intensive.

    C’est aussi le constat d’une société qui laisse sur le bord de la route des millions de citoyens, et dont la survie dépend souvent de l’action de bénévoles dont les structures sont elles-mêmes menacées par
    les plans d’austérité successifs. Et les étés de plomb se succèdent.

  • Les habitants du Grand Avignon vont voir leur facture d’eau prendre 20%

    Les habitants du Grand Avignon vont voir leur facture d’eau prendre 20%

    C’est une importante hausse sur la facture d’eau que s’apprêtent à voter les élus du Grand Avignon ce lundi. Déjà prévu en décembre puis retiré de l’ordre du jour au dernier moment, le projet part d’un constat simple : le prélèvement fiscal du Grand Avignon sur la facture n’a pas évolué depuis 2019 et, surtout, l’agglo se doit d’investir « pour assurer les renouvellements des ouvrages tout en permettant la réalisation de projets structurants pour l’ensemble des communes ». Un besoin de 6 millions d’euros par an est estimé sur la partie eau potable et 7,5 millions sur le volet assainissement. Résultat, une hausse de 20% est prévue à compter du 1er août, avec une facture type annuelle de 120m3 passant de 390 euros à 467 euros.

    Une décision contestée par le collectif de l’eau, qui se mobilisera en amont de la séance. Dans un communiqué, l’association qui milite pour une gestion publique, « demande de surseoir à cette délibération afin d’organiser une consultation des usagers qui veulent être informés des raisons de cette brusque augmentation ». Le collectif rappelle ne pas être « opposé à une augmentation, mais nous voulons le juste prix de l’eau : celui qui permet que les sommes perçues aillent intégralement à l’eau pour l’entretien des réseaux et la bonne qualité de l’eau, tout en préservant la ressource ». Et d’appeler, enfin, à ce que la mesure « soit socialement acceptable », avec des « mesures d’accompagnement, comme un aménagement des pénalités de retard déjà exorbitantes et l’assouplissement du mécanisme des chèques eau ».

  • PFAS : la Métropole bâtit un réseau d’eau potable sécurisé

    PFAS : la Métropole bâtit un réseau d’eau potable sécurisé

    « La Métropole a une stratégie globale », assure Nathalie Perrin, directrice du pôle protection du cycle de l’eau. Après avoir investi un million d’euros pour permettre à la commune de Fos-sur-Mer de changer de forage, après qu’une contamination aux polluants éternels y a été détectée par l’ARS en février 2025, l’instance, en charge la production et de la distribution de l’eau potable sur les 92 communes de son périmètre, dresse les grandes lignes d’un plan à long terme.

    Des interconnexions sont prévues entre les communes d’Istres et Fos-sur-Mer, de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône et de l’usine du Ranquet et les réseaux istréens. Marc Fernandez estime que ces travaux pourront être réalisés « d’ici 1 an et demi à trois ans ». « Istres/Fos devrait être assez rapide : on a des canalisations au bon diamètre, dans des zones sans difficulté qui permettent d’alimenter Fos. Idem pour l’usine du Ranquet et Istres. Entre Fos et Port-Saint-Louis, en revanche, ça va être plus long parce que le linéaire est plus important et qu’on va traverser des pipes et des nœuds routiers. »

    Un réseau sécurisé

    À moyen terme, la Métropole envisage de construire une usine de traitement des PFAS au nord de la zone d’activités de Lavalduc, « au croisement de toutes les interconnexions ». L’unité de filtration du Ranquet, qui se nourrit de la Durance et alimente aujourd’hui Port-de-Bouc, Saint-Mitre-les-Remparts et Martigues, devrait voir sa capacité de production augmenter « pour faire face aux besoins croissants mais aussi pour pouvoir prendre le relais en cas de problème sur les forages des autres communes voisines, et passer de l’eau de la nappe phréatique à de l’eau de surface ». Cette double sécurisation est inscrite dans le Schéma directeur métropolitain de l’eau potable voté par les élus fin 2024.

    Dans plus de dix ans, Martigues sera également raccordé au complexe des Giraudets, alimenté par le canal de Marseille, dont l’usine se situe aux Pennes-Mirabeau. « Il va falloir redimensionner les réseaux dans la commune pour apporter le débit nécessaire et alimenter les autres communes, ce sont des travaux lourds. » Au total, plusieurs dizaines de millions d’euros devraient permettre d’interconnecter différents réseaux de distribution pour permettre un aiguillage de l’eau en cas de problème, mais aussi l’avènement d’une nouvelle usine de filtration.