Tag: eau

  • Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Menelik « veille » sur les cours d’eau du territoire

    Mille deux cents kilomètres de cours d’eau. Les équipes de Menelik, (anciennement syndicat du bassin de l’Arc), établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau, ont sous leur surveillance cette longueur de rivières et de fleuves, répartis sur 57 communes et deux départements. Leur mission : préserver les bassins de l’Arc, de la Cadière, jusqu’à la Touloubre et le pourtour de l’Étang de Berre se répartit globalement en deux volets principaux. « La prévention d’inondations et la préservation des cours d’eau. Tout notre travail se décline à partir de ces deux axes, résume Maxime Lenne, directeur technique opérationnel et travaux. On est sur un territoire où il y a de tout : de l’économie, beaucoup d’humain, des villages, des grandes villes, du relief, du plat et un climat méditerranéen qui se traduit par ses excès. » L’équipe du pôle qualité et ressource pilote notamment le suivi de qualité de l’eau et de l’état de la ressource, l’une des missions de Menelik, dont la première campagne a été lancée au cours de l’été 2024. Objectif, détecter rapidement d’éventuelles pollutions, mesurer l’état écologique des cours d’eau et préserver durablement la ressource. Ces données servent ensuite de base aux décisions locales en matière d’assainissement et de gestion de l’eau. « Parce qu’il y a beaucoup de monde sur notre territoire, la question de la qualité de l’eau est un sujet fort pour Menelik. Plus on a de monde, plus on a de rejets, plus les milieux sont impactés. Il y a une palanquée de cours d’eau en France en bon état parce que le bassin-versant est très peu urbanisé. Ce qui n’est pas le cas chez nous. On a la double peine : beaucoup de monde et des cours d’eau naturellement très fragiles car les étiages sont très marqués. »

    Un état « très disparate »

    Alors, quatre fois par an, des contrôles dits « chimiques » des cours d’eau sous la gestion de Menelik sont effectués par des bureaux d’études spécialisés. Ils interviennent au mois février, avril, août et novembre, sur une soixantaine de points de prélèvement. Une campagne de contrôle biologique est elle aussi menée une fois par an. « Ce sont des indices. Si vous trouvez des invertébrés ou des microalgues très sensibles à la pollution, cela veut dire que le cours d’eau est peu pollué. Si elles sont tolérantes, alors vous en tirez une note plus faible qui va indiquer que le cours d’eau est pollué », précise Maxime Lenne. Le suivi qualité est entièrement financé par les budgets métropolitains de la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et de l’assainissement, ainsi que par une aide de l’Agence de l’eau. La Métropole, l’un des membres fondateurs de l’Epage, contribue au financement d’appels à projets portés par Menelik. Sur le territoire, selon Menelik, l’état actuel des rivières varie. « C’est très disparate, conclut Maxime Lenne. De par la taille du territoire et la multiplicité des cours d’eau, on se retrouve avec une palette de cas de figure possibles. » Le pôle qualité et ressource travaille, pour 2026, à sensibiliser sur ses missions.

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».