Tag: eau

  • [EQDD] À Isola, ils réalisent un atlas de la biodiversité communale

    [EQDD] À Isola, ils réalisent un atlas de la biodiversité communale

    L’objectif est de recenser faune et flore, du village aux sommets, afin de mieux connaître et protéger les milieux naturels, tout en aidant les décisions d’aménagement. L’initiative met en lumière la richesse écologique locale, à la croisée d’influences méditerranéennes et montagnardes, mais aussi la fragilité de certains milieux (zones humides, cours d’eau) face aux activités touristiques et au changement climatique. En mobilisant habitants, élus, chasseurs et acteurs du tourisme autour d’actions concrètes, l’ABC a vocation à préparer un territoire en pleine mutation mais aussi, renouer le dialogue. Au-delà de l’inventaire scientifique, le projet vise à recréer du dialogue et à concilier développement de la station de ski et préservation de la biodiversité. Un plan d’action et une cartographie finale seront remis à la commune.

    Par Flora Zanichelli Nice Matin

  • [EQDD] En Pays de Fayence, l’urbanisme sur pause pour préserver l’eau

    [EQDD] En Pays de Fayence, l’urbanisme sur pause pour préserver l’eau

    L’eau de Siagnole coule à flots. L’hiver pluvieux augure d’un été sans restriction. Rien à voir avec ce que les neuf villages du Pays de Fayence ont connu en 2022 et 2023. Depuis, la communauté de communes a pris une série de mesures inédites. En tête, le gel des permis de construire. Car dans ce territoire particulièrement attractif à la lisière du Var et des Alpes-Maritimes, la population ne fait que grandir et, avec elle, les besoins en eau.

    « Pendant longtemps, on a cru qu’il y aurait toujours de l’eau », reconnaît Jean Florimond, le président de l’association des usagers de l’eau du Pays de Fayence. Il y a quatre ans pourtant, les habitants réapprenaient brutalement l’évidence : l’eau est une ressource finie. Ils en font l’expérience dès février 2022 lorsque tombent les premières alertes « sécheresse ». Puis, en mai, la première limitation de l’usage de l’eau : 200 litres par jour et par personne. À l’été, le quota baisse encore à 150 litres. À 100 litres mi-octobre. L’approvisionnement est au bord de la rupture.

    Un saut dans le vide validé par la justice

    « Ce qu’on considérait comme une anomalie a pris le tour d’une crise sans précédent », résume François Cavallier, maire de Callian et nouveau président de l’intercommunalité. Un coup de semonce pour les édiles, comme pour les résidents. Tous le savent bien désormais : « La normalité apparente de ce printemps cache une fragilité structurelle ».

    C’est pour agir sur ce point que, début 2023, les neuf maires prennent une décision unanime : un moratoire sur les permis de construire, gelés pour cinq ans, afin de contenir les besoins en eau. « Nous sommes contents d’être attractifs, reprend le maire de Callian, mais il faut que nous puissions accueillir les gens. La stabilisation de l’urbanisme, c’est une pause pour mettre à niveau nos services ». D’ici à fin 2027, une conduite depuis le lac de Saint-Cassien doit ainsi venir soutenir l’alimentation en eau.

    « C’était un saut dans le vide, revendique François Cavallier, car nous n’avions pas qualité pour prendre cette décision ». Mais l’État suit. Et lorsque certains portent le refus de permis de construire qui leur est opposé devant la justice, le tribunal administratif, puis le Conseil d’État, donnent raison aux élus. « Une véritable satisfaction », se félicite le président du Pays de Fayence. Qui se réjouit aussi que, depuis, la mesure ait fait des émules : le Vaucluse, les Pyrénées orientales et l’Ain, des départements connaissant de fortes tensions sur l’approvisionnement en eau, ont pris des décisions similaires.

    Les limites du technosolutionnisme

    Le moratoire est bien accepté par la population, qui « a compris qu’il n’y avait pas d’autres choix », souligne encore l’élu. « On est rassuré par le sérieux avec lequel le problème est géré », confirme Jean Florimond. Pour autant, le dispositif n’est pas sans conséquence. « On observe clairement une hausse des prix de l’immobilier et une raréfaction des biens », admet François Cavallier.

    Ainsi, la question de l’accès au logement se pose-t-elle. Tout comme celle des carnets de commandes des professionnels du bâtiment, « mis en difficulté », regrette le maire de Callian. « La sobriété foncière a des avantages, mais on ne pourra pas la tenir indéfiniment ». Reste donc à savoir « ce que nous ferons en 2028 », une fois le moratoire arrivé à échéance.

    Parce que « même avec l’eau du lac, il faut changer de paradigme », prévient François Cavallier, avant d’asséner : « Le technosolutionnisme, tout comme la ressource, a des limites ». Jean Florimond ne dit pas le contraire. Au-delà des infrastructures, l’association des usagers de l’eau du Pays de Fayence prône une gestion plus sobre. Par l’amélioration des réseaux et de leurs rendements, mais aussi une tarification incitative, en cours d’élaboration, récompensant les foyers les plus économes.

    « On l’a vu entre l’été 2022 et l’été 2023 : lorsque les tarifs augmentent avec la consommation, celle-ci baisse de 30% », remarque François Cavallier. Sans ça, renchérit le président des usagers, « les gens se désintéressent de la problématique ». Le risque de pénurie, lui, demeure.

    Par Virginie Rabisse Var Matin

  • [EQDD] Drôme : pistaches et grenades à l’épreuve, au pays de l’abricot

    [EQDD] Drôme : pistaches et grenades à l’épreuve, au pays de l’abricot

    De petites boules vertes à l’extrémité d’une branche. « Vous les voyez ? Dans quelques mois, ce seront des pistaches. » Camille Micheli œuvre à la ferme expérimentale d’Étoile-sur-Rhône, au cœur de la Drôme, dans un laboratoire à ciel ouvert. Chargée d’expérimentation pour la Chambre d’agriculture, elle s’occupe d’un petit bout de champ où deux rangées de pistachiers, d’ordinaire férus de garrigue, de Turquie ou d’Iran, tentent de s’acclimater. À quelques encablures, son collègue Christophe Chamet s’occupe d’arbustes épineux, eux aussi nouveaux sur le territoire : des grenadiers. Si tout se goupille bien, la récolte se fera en septembre et octobre.

    L’opération commune lancée en 2023 s’appelle Pépigramette (acronyme de PÉcan, PIstache, GRenade, AMande et noisETTE). Elle est financée par la région Auvergne Rhône-Alpes et portée par plusieurs structures. Son but : diversifier les vergers en tenant compte du réchauffement climatique.

    Trouver la variété la mieux adaptée

    Cap sur 2050. « Deux degrés de plus en moyenne, la même quantité de pluie mais moins bien répartie », résume Christophe Chamet, et moins d’eau disponible pour les cultures. Alors même que la production traditionnelle d’abricots, de pêches et de cerises souffre déjà dans la Drôme. S’adapter semble inévitable. Exemple avec les grenadiers du chargé d’expérimentation : « Ils demandent 1 000 à 1 500 m3 d’eau par an, contre 2 500 à 3 000 m3 pour les abricotiers. En plus d’offrir une meilleure tolérance à la sécheresse. »

    L’objectif est aussi de déceler les problématiques auxquelles pourraient faire face les arboriculteurs de demain. « Le grenadier n’aime pas le sol calcaire », d’après les petites mains de Pépigramette. Un problème quand on cultive au pied du Vercors, essentiellement constitué de cette roche blanche. « Il n’aime pas la pluie non plus, qui peut perturber sa floraison ou causer un craquement de la peau des fruits pouvant être à l’origine d’un problème de qualité. »

    Charge à Christophe Chamet de trouver la variété la mieux adaptée pour supporter ces conditions. Quinze sont actuellement testées. « Certaines sont trop acides, avec une couleur plus ou moins belle, ou avec des pépins trop durs qui rendent difficile sa consommation. Auquel cas on peut faire du jus… Mais il faut avoir pensé la transformation et anticipé la commercialisation. » Et ce, bien avant de planter les grenadiers, capables de donner des fruits après trois ans en terre.

    Patience est de mise pour la pistache. « La première récolte n’arrive que six ans après la plantation, et ce n’est pas la meilleure », prévient Camille Micheli, dont les plans les plus anciens commencent tout juste à donner leurs fruits. Seize variétés sont testées. « Certains ont été greffés en pépinière pour tenter de leur donner de la vigueur. Le pistachier n’aime pas l’humidité. Il faut un sol drainant, comme ici, à Étoile-sur-Rhône. » Malgré une bonne tolérance à la sécheresse, « planter sans irrigation n’est pas conseillé », poursuit la spécialiste. « Un été sans eau ne mettrait pas l’arbre à mal mais signifierait une baisse de rendement. » Rendement assuré par un plant mâle pour huit plants femelles. « Pas de pollinisateur pour les pistachiers, qui ont besoin du vent. » Et ce n’est pas ce qui manque en vallée du Rhône… La première récolte est prévue pour septembre.

    « Il y a de la demande pour les agrumes »

    Se lancer dans les pistaches n’est pas anodin. D’après Claire Goral, conseillère en arboriculture pour la Chambre d’agriculture, « les plants coûtent généralement entre 16 et 20 euros en racines nus. S’ils sont en pots, la facture peut vite monter. » Si plusieurs hectares sont envisagés, cela mérite réflexion… Tout comme pour la grenade : « Il faut d’abord se poser les bonnes questions. A-t-on un marché ? Est-ce viable ? Quelle distribution ? » Autant d’enjeux que l’équipe étoilienne porte à la connaissance des agriculteurs intéressés par la diversification de leur activité.

    Mais alors, ces fruits ont-ils un avenir dans la Drôme ? « La grenade ne remplacera jamais l’abricot et la pêche en termes de surface et restera certainement une culture de niche », estime Christophe Chamet, qui se pose la question de sa consommation en France. « Mais qui sait, en 2050 cela sera peut-être différent ? »

    Pour la pistache, Camille Micheli se veut prudente. « C’est encore tôt pour se prononcer. Cela pourrait dépendre de notre capacité à atteindre un stade mûr, lorsque la coquille s’ouvre. C’est cette pistache qui est consommée en snacking et qui se récolte facilement. Mais si elle reste fermée, le travail se complexifie avec de la machinerie. Cela sert ensuite pour les pâtisseries, les glaces… Ce qui n’est pas du tout le même marché, or mieux vaut être sûr de ses débouchés pour se lancer. »

    Cette phase, la seconde du programme Pépigramette, prendra fin en 2028. Un bilan sera rendu et prendra en compte d’autres expériences effectuées non loin de là, en Isère, sur des amandes, de la noix de pécan et des noisettes. « On aimerait poursuivre ! », assurent d’emblée les membres de la ferme expérimentale. « Il y a de la demande pour les agrumes : pomelos, mandarines, citrons… Des productions ont déjà été lancées dans la Drôme et on espère les accompagner. »

    Par Jérémy Perraud Le Dauphiné Libéré

  • [EQDD] à Valensole, les amandiers sous économie d’eau

    [EQDD] à Valensole, les amandiers sous économie d’eau

    Sondes détectant les besoins en eau des arbres, stations météo, arrosage sous-terrain… Depuis plusieurs années, le producteur d’amandes installé sur le plateau de Valensole Jean-Pierre Jaubert redouble d’efforts pour s’adapter au changement climatique et développer des techniques agricoles innovantes et respectueuses de l’environnement sur son terrain. « On a une totale traçabilité, on y tient », revendique l’agriculteur, fier de montrer son tout nouveau cassoir d’amandes en inox français. Un trieur optique équipé de caméras lui permet de détecter rapidement les imperfections et de trier les amandes. « Je les fais ensuite sécher naturellement dans mon hangar pendant un mois et demi, contrairement aux concurrents qui utilisent du fioul électrique et qui envoient casser leurs amandes en Espagne, ce qui leur revient moins cher », explique-t-il.

    Sur son exploitation, Jean-Pierre Jaubert a fait le choix de ne pas utiliser de glyphosate, contrairement à d’autres agriculteurs de la région. « J’ai cinq petits-fils, donc je ne veux pas leur transmettre quelque chose de moche, des produits chimiques », défend-il. Chez lui, la culture de l’amande a toujours été une histoire de famille, d’héritage, de transmission et de traditions. « Ma famille est là depuis 300 ans. On est l’une des plus vieilles familles du plateau de Valensole. On a toujours été ici », explique-t-il.

    C’est notamment l’entreprise manosquine l’Occitane en Provence qui l’a poussé à améliorer ses techniques agricoles, à développer de nouveaux outils et à les rendre plus vertueuses pour l’environnement. « Ils sont très pointilleux. Des ingénieurs agronomes me suivent pour voir l’engrais que j’utilise, les analyses de sol... », explique-t-il. Il a par exemple installé « des tuyaux d’irrigation souterrains pour éviter le gaspillage et l’évaporation d’eau ». Des sondes permettent de détecter les besoins des arbres et de fournir « la quantité d’eau qu’il faut au moment où il faut ».

    « Je cultivais ancestralement, comme mon grand-père. Puis, on s’est améliorés pour ne pas utiliser de produits nocifs », se rappelle le producteur. « À l’origine, Olivier Baussan, le fondateur de l’Occitane, m’avait demandé de faire un essai. J’ai alors planté 5 000 amandiers d’un coup. Il m’a dit que j’étais fou, mais ça a marché ! » Jean-Pierre Jaubert vend ses amandes en boutique à des touristes, principalement étrangers et asiatiques, qui achètent plus que les Français. Mais, « cette année, on a peur qu’il n’y ait pas de touristes avec le prix du kérosène », craint-il

    Par Lisa Défossez La Marseillaise

  • En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    « Les précipitations hivernales et printanières ont permis une recharge efficace des aquifères du département de l’Hérault. Dans l’ensemble, les niveaux des nappes sont au-dessus des moyennes en cette fin de printemps. Les restrictions d’usages sur les aquifères étant fonction de leur état de remplissage, ces restrictions devraient être limitées dans les semaines à venir, par rapport à celles observées les années précédentes », assure Perrine Fleury, hydrogéologue pour le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) en charge du périmètre de l’Hérault.

    « Toutefois, en ces périodes de très forte chaleur, le suivi des nappes se poursuit afin de qualifier l’évolution des situations dans les semaines et mois à venir, en effet le tarissement des nappes risque de s’accélérer en lien avec l’augmentation des prélèvements », précise tout de même cette dernière, au regard des épisodes de forte chaleur prévus avant l’été.

    Pour rappel, les restrictions d’usage de la ressource en eau ont été levées par la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet en février 2026, après des épisodes pluvieux très encourageants.

    Après plusieurs années marquées par des sécheresses répétées et des restrictions d’usage parfois sévères, l’Hérault aborde l’été 2026 dans une situation hydrique plus favorable.

    Les pluies abondantes de l’hiver et du printemps ont permis de recharger efficacement les nappes phréatiques du département, poussant même la préfecture à lever dès février dernier les restrictions d’eau en vigueur. Une amélioration saluée par les spécialistes, qui restent néanmoins prudents face aux épisodes de fortes chaleurs déjà annoncés pour les prochaines semaines.

    Une situation meilleure, mais encore fragile

    Pour Guillaume Latgé, hydrogéologue, les pluies importantes enregistrées ces derniers mois ont permis de sortir d’une situation particulièrement critique. « On a eu une recharge pluviométrique nettement plus importante que les moyennes habituelles en fin d’année dernière et en début d’année, avec des épisodes assez conséquents et répétés qui ont permis une recharge efficace de la plupart des aquifères », explique-t-il. Résultat : les nappes affichent aujourd’hui des niveaux « modérément hauts », voire localement « hauts », une situation qu’il qualifie de « plutôt favorable par rapport à d’habitude ».

    Cette amélioration tranche avec les années précédentes, marquées par l’accumulation des déficits hydriques. Dans certains secteurs de l’Hérault, notamment dans les hauts cantons et la vallée de l’Orb, des communes avaient dû être approvisionnées par camions-citernes pour faire face au manque d’eau potable. « A priori, cette année, on ne devrait pas se retrouver dans des situations aussi critiques », estime l’hydrogéologue.

    Mais ce répit pourrait rester temporaire. Car la situation dépend désormais largement des précipitations à venir et surtout des températures estivales. « S’il ne pleut pas du tout, la situation va quand même s’aggraver un petit peu », prévient Guillaume Latgé, qui rappelle que certains aquifères disposent de faibles capacités de stockage et peuvent rapidement retomber en tension.

    L’hydrogéologue alerte également sur les conséquences du réchauffement climatique. « Les scientifiques mettent en évidence des étés de plus en plus chauds, de plus en plus précoces, avec des périodes de fortes chaleurs plus longues », souligne-t-il. Ces épisodes accélèrent la consommation d’eau par la végétation mais aussi par les usages humains. « On va vers des situations de plus en plus tendues si la météorologie continue comme ça », conclut-il.

    Si les restrictions d’eau devraient donc rester limitées à court terme, le département de l’Hérault demeure sous surveillance à l’approche de l’été.

  • Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Le géant de la construction légère Etex va, d’ici un an et demi, réutiliser les eaux usées traitées pour fabriquer ses plaques de plâtre à Carpentras.

    La direction du site l’a annoncé ce lundi 1er juin, sur site. Le projet permettrait de ne pas puiser 2 millions de mètres cubes d’eau potable dans la nappe du Miocène et de devenir « à 95% autonome en eau », assure Frédéric Guetin, directeur général d’Etex Building Performance France, soit l’équivalent de 60 piscines olympiques d’eau potable.

    Des travaux vont donc être lancés, dans les prochains mois, en collaboration avec les services de la mairie pour raccorder le site de production et la station d’épuration. Un réseau enterré sur 3 km va donc être installé entre les deux sites. Le préfet était notamment présent pour confirmer l’intérêt de ce projet. « Le monde industriel peut aussi participer à la gestion de l’eau. Le monde agricole argue souvent qu’il est le seul à faire des efforts. Ce n’est pas vrai et voici un cas très concret », se permet le représentant de l’État. Le coût du projet est évalué aux alentours de 3 millions d’euros, financés par l’entreprise, avec une partie prise en charge par des organismes étatiques.

    Entreprise à mission

    Un projet que l’entreprise a déjà mis en place dans un autre de ses sites, celui de Saint-Loubès, en périphérie de Bordeaux. Et « fort de cette expérience inédite et réussie », la décision a été prise de décliner le même procédé dans le Comtat Venaissin.

    C’est aussi pour le directeur la preuve que « l’on solidifie notre implantation sur le territoire », assure-t-il. Il y a aujourd’hui 120 salariés sur l’usine vauclusienne. Celle-ci peut produire au maximum pas moins de 28 millions de mètres carrés de plaques de plâtre par an.

    « Ce projet est une très bonne nouvelle », ajoute également Sylvain Espenon, secrétaire à l’UD de la CGT et employé à Etex sur Carpentras. « On ne peut que saluer ce genre d’initiatives. Pour l’environnement comme pour l’industrie et sa pérennité. C’est déjà arrivé que la Dreal nous appelle pour dire d’arrêter de puiser dans la nappe quand elle était basse. Et on avait dû stopper la production », explique-t-il. Tout en pointant comme « seul bémol » le financement en partie public des travaux.

    Plus globalement, cette action s’inscrit dans la reconnaissance de la structure comme « entreprise à mission ». Un statut qui permet de dégager une image plus positive de l’entreprise, tout en l’obligeant à avoir « des objectifs sociaux et environnementaux, au même niveau que sa performance économique », précise Etex dans un communiqué de presse. « Ce statut renforce notre raison d’être et reflète notre volonté de participer activement et de manière pérenne à un modèle de construction responsable et durable. C’est un engagement supplémentaire, sur le long terme », assure Frédéric Guetin.

  • À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    Le conseiller métropolitain Manu Reynaud a été élu à la présidence de la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier, établissement chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement sur les 31 communes formant cette dernière, le 19 mai. Il succède ainsi à René Revol, ex-maire de Grabels battu lors des dernières municipales. À ses côtés, l’élu montpelliérain sera épaulé par deux vice-présidents, Céline Pintard, adjointe au maire du Crès, et Thierry Ruf, directeur émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Une gouvernance partagée entre élus mais aussi avec des représentants d’associations et universitaires.

    La nouvelle organisation va s’atteler à plusieurs défis, telle que la question de la qualité de la ressource. « C’est un sujet majeur de ces prochaines années. Notamment sur la question des pesticides mais aussi des micropolluants. Nous devons être en capacité d’être une force de transparence, d’information, de prévention », insiste Manu Reynaud. À l’heure où les Pfas s’invitent dans nos robinets, ce devoir de transparence est érigé comme la priorité du mandat de la Régie.

    Miser sur la qualité mais également sur la quantité. En six ans, les fuites de canalisation ont été réduites de 23 à 13%. « Nous avons eu un beau gain sur la performance du réseau. Nous allons continuer, c’est une nécessité pour la ressource. C’était un argument pour passer en régie publique du point de vue de la gestion des investissements. Il ne s’agit pas de réparer les fuites mais de financer la rénovation des réseaux. Ce n’est pas la même logique, nous investissons pour la suite », reprend l’élu. Des investissements plus coûteux et nécessitant de gros travaux mais qui bénéficieront aux administrés sur le long terme. La Régie des eaux gère également l’assainissement. En ce sens, Manu Reynaud entend développer la réutilisation des eaux usées. « Le cadre réglementaire est très contraint, heureusement. Mais la législation évolue et nous expérimentons l’irrigation de l’agriculture, le nettoyage des rues, l’arrosage des parcs, etc. L’objectif est de généraliser son utilisation », indique Manu Reynaud, promettant des annonces à ce sujet en septembre. L.D.

  • Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    « Si les élus ne prennent pas leurs responsabilités, des associations comme ALT TGV pourraient faire un recours. » Tandis que le sujet devait être évoqué lors du Conseil de Sète Agglopôle, jeudi 28 mai en soirée (après que ces lignes ne soient écrites), Christophe Aucagne annonce la couleur.

    Pour ce membre de l’association Bancs Publics opposé à l’actuel tracé de la LGV Montpellier-Perpignan qui passe par le site protégé d’Issanka situé entre Poussan et Balaruc-le-Vieux, il est hors de question de rester les bras croisés. Or, si aucun recours juridique n’est déposé d’ici le 8 juin, l’arrêté préfectoral du 8 avril deviendra effectif. Celui même qui autorise les forages exploratoires au niveau de la source d’Issanka qui « abreuve la ville de Sète à 60% sauf en cas de sécheresse », rappelle Christophe Aucagne.

    Selon l’activiste, les sondages prévus en vue de fixer les futurs piliers du Viaduc de Poussan censé faire enjamber le Bassin de Thau à la future ligne à grande vitesse (LGV), ont « 90% de chances d’engendrer une rupture du captage ». Parmi les opérations prévues figurent trois sondages de 80 mètres de profondeur, deux forages carottés à 20 mètres et une quinzaine d’autres à 1,5 mètre maximum.

    Marche samedi 6 juin

    Autant d’investigations à risques autorisées à titre dérogatoire par la préfecture de l’Hérault dans l’intérêt général du projet LGV. Problème : un autre arrêté préfectoral de 1988 sacralise justement la source d’Issanka déclarée d’intérêt public. « La préfecture n’a aucun argument pour aller à l’encontre. Une étude d’Antea Group dit clairement que ce site n’est pas compatible avec des forages », alerte Christophe Aucagne.

    Au-delà de la ressource en eau, le militant ajoute qu’un tel chantier serait une « aberration » pour la biodiversité. « Le site a des arbres bicentenaires et compte une vingtaine d’espèces d’oiseaux, des hérons, des poules d’eau… Pierre Maigre, le président de la LPO, est venu faire une reconnaissance. Ce serait un gâchis. »

    En espérant que le maire de Sète Hervé Marquès (DVD) et que le président d’Agglo Loïc Linarès (PS) ne se positionnent, les défenseurs d’Issanka appellent à une marche entre Frescaly et Issanka, samedi 6 juin à 9h30.

  • [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Ces premières chaleurs sont-elles synonymes de début de la saison des risques incendies ?

    Eric Florès : C’est synonyme du fait que la végétation va se dessécher rapidement. Avec des températures autour de 35 degrés, si ça continue comme ça, tout l’apport de la pluie de cet hiver va vite disparaître. On n’a pas encore de départs de feux mais avec une telle semaine, la première strate herbacée au bord des routes va bien jaunir. Jusqu’il y a 4 ou 5 jours on était assez tranquilles, là on est attentifs. Dès le mois de mai, on commence à suivre les indicateurs du dessèchement de la forêt.

    Quel était le bilan de feux dans l’Hérault en 2025 ? Avez-vous tiré des leçons du méga feu de l’Aude ?

    E.F. : On est assez stable. On a pris 3 ou 4% de hausse des feux de forêt, soit autour de 1 350 départs de feux sur l’année 2025 dans l’Hérault. C’est assez conséquent. On a eu deux périodes importantes. La première après le pic de chaleur de fin juin avec des périodes à 40 degrés. Autour des 6, 7 et 8 juillet, on a eu beaucoup d’incendies, notamment les feux de Castelnau-de-Guers et de Fabrègues. Lors de la seconde sécheresse d’août, on a eu pas mal d’incendies virulents en même temps que le méga feu de l’Aude. On a eu des retours d’expériences de ces feux. Le constat, c’est qu’une fois qu’ils sont devenus « mégas », ils sont inarrêtables. La stratégie qui fonctionne, c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables.

    Estimez-vous bénéficier d’assez de moyens au Sdis 34 ?

    E.F. : On ne sait jamais si on a assez de moyens. Ces dernières années, on a réussi à répondre de manière cohérente avec nos moyens. On dispose de 200 véhicules de lutte contre les feux de forêt – c’est très conséquent – dont 140 camions-citernes avec 4 000 litres d’eau, une vingtaine avec 10 000 litres d’eau pour des attaques avec le canon et d’autres plus petits pour les zones périurbaines. On loue 3 avions, on a un hélicoptère de reconnaissance. On a 6 Dash et une douzaine de Canadairs sur la flotte nationale. Le centre de Gignac est un outil de formation supplémentaire. Malgré la crise financière, le conseil départemental continue de nous financer au même niveau. On est dans un département où tous les étés il fait chaud, donc tous les étés sont à risque. On se doit d’être prêt. La lutte contre les feux de forêt est un vrai combat.

    La plupart des incendies, volontaires ou accidentels, sont d’origine humaine. Pouvez-vous nous rappeler les consignes à respecter ?

    E.F. : Les seuls feux naturels sont les feux de foudre lors des orages. Le reste c’est de l’activité humaine. On travaille avec l’État et la Chambre d’agriculture pour expliquer aux agriculteurs que l’été il faut éviter de travailler à 15h là où le moindre frottement peut créer un incendie. On répète aux fumeurs et automobilistes de ne pas jeter leurs mégots de cigarette même éteints. Le feu du massif de la Gardiole l’an passé est parti d’un mégot jeté au bord de l’autoroute. Tout apport du feu est totalement interdit depuis le 15 mai dans toute la forêt méditerranéenne. On sera d’ailleurs amené à fermer certains massifs pour enlever l’Homme. On a l’impression que tout est vert mais au pied des arbres l’herbe est sèche. Le seul fait de rouler avec un pot catalytique est dangereux.

    Vous quittez l’Hérault en septembre. En 10 ans, êtes-vous satisfait du travail accompli ?

    E.F. : Ce n’est pas moi qui accomplis le travail. On a 85 000 interventions. C’est un travail permanent et d’équipe. C’est à la population de savoir si elle est satisfaite, je crois qu’elle a de quoi l’être. Les 900 sapeurs-pompiers professionnels et les 4 300 pompiers volontaires de l’Hérault se donnent à fond pour réaliser leurs missions.

  • [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    La visite permet d’apprécier l’utilité de ces petits milieux, célébrés à l’occasion de la fête des mares, du 6 au 14 juin. « C’était devenu un dépotoir, avec cinq voitures laissées là, une caravane et du fumier agricole », raconte Anne Pons, conseillère municipale de Crévoux.

    L’opération a coûté 2 500 euros à la commune, un prix modeste pour Anne Pons au regard des bienfaits apportés. Restaurée, la mare a vu revenir plusieurs animaux, comme la grenouille rousse, et des espèces de chauve-souris. « On avait un habitat pauvre en biodiversité car c’était très homogène, fermé, avec peu de lumière qui entrait, explique-t-elle. On a diversifié les milieux, avec plus de luminosité, et des espèces sont revenues comme par exemple une libelle, la nymphe à corps de feu ».

    Les adoux, l’or local

    La mare n’a pas été la seule à être restaurée : c’est tout le réseau de cours d’eau qui a été réaménagé, notamment les adoux qui se jettent dans le torrent de Crévoux. « Je ne sais pas si vous savez, mais vous avez de l’or entre les mains », a affirmé Florian Chirat, animateur à la Fédération de pêche, au moment de présenter ces petits cours d’eau. Avant d’ajouter : « Ce qui rend un adoux précieux, c’est ça stabilité. Contrairement à un ruisseau, ce ne sont pas les précipitations qui le nourrissent, mais les résurgences d’eau. L’adoux a donc toujours le même débit et reste frais toute l’année ».

    Ce spécialiste explique que l’adoux est une zone refuge pour la faune, et un lieu de reproduction sécurisé pour les poissons qui y vivent, comme la truite fario, une espèce locale unique selon lui : « Sa présence remonte à la dernière glaciation, il y a vingt mille ans, quand la truite s’est réfugiée en mer Méditerranée et est ensuite remontée. Depuis, elle ne s’est plus croisée avec d’autres populations et est une espèce endémique du torrent de Crévoux. »

    En continuité de la restauration de la mare, la fédération de pêche et l’association de pêche La Gaule embrunaise ont dont restauré ces cours d’eaux voisins. « C’était une zone bouchée, où le ruisseau coulait tout droit. Créer des méandres module le courant, le ralentit et permet aux truites de frayer, de remonter jusqu’aux adoux », explique Dewis Davudian, de la fédération de pêche.

    Préserver les adoux, c’est permettre aux espèces locales de disposer d’un refuge en cas d’épisodes d’enneigement ou de crues, appelés à se multiplier avec le dérèglement climatique.

    Reste désormais à veiller à l’année sur ces cours d’eaux. Pour cela, Dewis Davudian sait sur qui compter : « On a entre quinze et dix-sept mille pêcheurs. Ensemble, ils sont des sentinelles, des yeux qui nous remontent des informations sur les cours d’eau ».