Tag: eau

  • Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Ce sont « des fermetures
    préventives
     », explique Raphaël Grisel. Suite à l’orage qui a éclaté lundi soir, le Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang de Berre qu’il dirige, a préconisé l’interdiction à la baignade des plages de la lagune. Les plages d’Istres, de Vitrolles, de Saint-Chamas, de Marignane et de Martigues ont donc été fermées jusqu’à ce mercredi matin.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les cumuls indiquent qu’il est tombé entre 15 et 25 mm en seulement 10 minutes lundi 24 août au soir. « On sait que la fin de l’été fait partie des périodes les plus à risque, où il n’a parfois pas plu depuis plusieurs mois et les orages violents produisent un lessivage des sols et du ruissellement des eaux de qualité dégradées vers l’étang, détaille Raphaël Grisel. Ça peut aller du résidu de pneu, qui est plus un problème d’écologie, aux excréments des chiens, qui, pour le coup, posent plus problème pour la baignade. » Un point positif néanmoins : les pluies liées à l’orage de la semaine dernière ont déjà permis un premier lavage des sols, limitant les dégâts de ce second épisode.

    Des coups de vent qui permettent de brasser

    « On a des situations très contrastées sur l’étang de Berre, poursuit le directeur du syndicat mixte. On a Vitrolles, Rognac ou Marignane, qui ont des bassins-versants très urbanisés, avec des activités économiques importantes, mais on a aussi Figuerolles à Martigues où il n’y a rien, donc les risques de dégradation sont très faibles en période d’orage. » Néanmoins, pour « plus de lisibilité », le Gipreb préfère préconiser l’interdiction de baignade à chaque ville avant d’obtenir les résultats des analyses, qui peuvent arriver après 48h.

    « On a une courbe de restauration de qualité de l’eau qui s’est dessinée au fil des données accumulées depuis dix ans », précise le directeur. Dans 95% des cas, le retour à la normale s’observe 24 heures après l’épisode pluvieux.

    Si l’orage engendre un risque de contamination bactériologique, il est aussi, en certains points, salvateur pour l’étang de Berre qui est en mode survie face aux fortes chaleurs de la saison estivale. « On observe des dégradations majeures sur certains sites, avec une mortalité importante de palourdes, note Raphaël Grisel. Lors de la dernière canicule, la température de l’eau excédait 32 degrés au niveau des plages. Heureusement, depuis quelques jours, les températures baissent et on a des coups de vent qui permettent de brasser, donc d’oxygéner. On espère retrouver des taux qui permettent à la vie de se maintenir, soit 2/3 mg par litre. Là, on y est pas dans les couches profondes. »

  • L’irrigation des vignes fait toujours débat

    L’irrigation des vignes fait toujours débat

    Autrefois marginale, la pratique de l’irrigation des vignes dans le bassin viticole du Languedoc-Roussillon a connu un véritable essor au cours de la dernière décennie, jusqu’à atteindre un taux de 20% en 2020. Cette évolution est d’ailleurs particulièrement marquée dans les départements de l’Hérault et du Gard, selon la Chambre d’agriculture régionale. Cette pratique soulève cependant la question cruciale de la répartition de la ressource en eau.

    « La vigne n’est pas une culture nourricière et l’eau commence à se faire rare », résume ainsi Rémi Balmassière, co-secrétaire de la Confédération paysanne du Gard. « Selon nous, il va donc falloir sélectionner ce qu’on arrose en agriculture. » Parfois caricaturée, la position de la Confédération paysanne sur la question de l’irrigation des vignes n’est pas un refus catégorique de la pratique. « Nous sommes tout simplement pour un arrosage qui vise à maintenir la qualité et non pas la quantité, explique Rémi Balmassière. Cela se traduit donc par une irrigation saisonnière, qui remplacerait uniquement les orages des mois de juillet et d’août, qui se font de plus en plus rares. »

    La Confédération paysanne prône un contrôle strict de la pratique de l’irrigation des vignes : « Ces contrôles doivent aussi s’accompagner de pratiques agroécologiques, c’est-à-dire qu’il faut augmenter le taux de matière organique dans les sols, afin qu’ils retiennent mieux l’eau. » Le syndicaliste tient également à rappeler que la Confédération paysanne n’est pas opposée aux retenues collinaires, mais seulement aux « méga-bassines ». Une vision en désaccord avec celle du syndicat majoritaire FNSEA, qui prône un plan de stockage massif de l’eau d’ici à 2030.

    Dans l’Hérault, le Département a mis en place un plan Irrigation 2018-2030, visant à « moderniser et à développer les réseaux collectifs de desserte » dans le but de « garantir la pérennité de la viticulture héraultaise ». Selon ce plan, la mise en place de l’irrigation des vignes pourrait représenter des gains potentiels de 300 à 950 euros par hectare de vigne.

  • [Passerelle interculturelle] Lijiang et Évian: deux villes façonnées par l’eau

    [Passerelle interculturelle] Lijiang et Évian: deux villes façonnées par l’eau

    En juin 2026, Évian-les-Bains a accueilli le sommet du G7. Pendant quelques jours, cette petite ville située entre le lac Léman et les Alpes s’est retrouvée au centre de l’attention internationale. Mais en arrivant à Évian, ce qui m’a le plus frappée n’était pas seulement l’importance de l’événement. C’était l’eau, présente partout dans le paysage et dans l’histoire de la ville.

    Le lac s’étend devant Évian, les montagnes apparaissent sur l’autre rive et les sources naturelles ont donné à la ville sa réputation mondiale. Cette présence de l’eau m’a fait penser à Lijiang, dans la province chinoise du Yunnan.

    Le Yunnan est l’une des provinces chinoises les plus appréciées pour la diversité de ses paysages et la douceur de son climat. On y passe des régions subtropicales du sud aux hauts plateaux et aux montagnes enneigées du nord-ouest. Grâce à cette diversité, il est possible d’y voyager presque toute l’année. Lijiang, située à environ 2 400 mètres d’altitude, bénéficie de nombreuses journées ensoleillées et de températures généralement agréables, même si les écarts entre le jour et la nuit peuvent être importants. Au nord de la ville s’élève la montagne enneigée du Dragon de Jade. Ses neiges, ses rivières et ses sources alimentent la plaine de Lijiang et le réseau d’eau de la vieille ville. La vieille ville n’a pas été construite selon un plan géométrique. Ses ruelles suivent la pente, le relief et le mouvement naturel de l’eau. Celle-ci ne sert pas seulement de décor. Pendant des siècles, elle a été utilisée pour boire, cuisiner, laver les aliments, nettoyer les rues et irriguer les jardins.

    Terre de culture ancestrale

    La culture naxi constitue une autre richesse de Lijiang. Elle se retrouve dans l’architecture en bois, la musique traditionnelle, les fêtes locales et la culture dongba, notamment connue pour son ancienne écriture pictographique. Dans les villages comme dans les quartiers anciens, cette culture donne à Lijiang une identité très différente de celle des grandes métropoles chinoises. Cette combinaison de paysages, de patrimoine et de douceur de vivre attire non seulement des touristes, mais aussi des personnes qui choisissent d’y rester plus longtemps. Lijiang est ainsi devenue un lieu de séjour prolongé pour ceux qui recherchent la montagne, la nature et une vie moins rapide.

    Et j’aimerais terminer cette petite série par une chanson de Barbara, Les Voyages : « Qui mûrissent nos cœurs, qui nous ouvrent au bonheur. »

    Lorsque l’on retourne chez soi, rien n’est tout à fait comme autrefois. Nos yeux ont changé, et nous découvrons avec étonnement que certains soucis qui nous semblaient autrefois si importants étaient finalement simples et petits. Bon voyage.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Parcourir en un mois 1 500 km parcourus dont 45 000m de dénivelé positifs. C’est une aventure aux airs d’épopée dans laquelle s’est lancé le 19 août un petit groupe mêlant Mélanie Corthay, guide de haute montagne, Aurélie Gonin, réalisatrice de documentaire et un couple de cyclistes, Nathalie et Fabien Monnier, qui ont dessiné le parcours à vélo. À leur tête, Loubna Freih, sportive de haute montagne, est à l’initiative de cette « Alpine Quest II », après une première édition effectuée en mars 2025. « Pour le premier jour, on est arrivés au pied du glacier blanc, raconte Loubna Freih depuis le refuge du Pré de Madame Carle. On va traverser tout l’arc alpin jusqu’en Slovénie, à travers la France, l’Italie et la Suisse, en vélo. L’idée est de connecter des glaciers importants pour raconter et documenter ce que vont devenir les Alpes après les glaciers ».

    L’expédition ira à la rencontre d’une dizaine de scientifiques français, suisses et italiens et traversera une quinzaine de glaciers, en passant notamment par celui d’Aletsch, en Suisse, le plus grand d’Europe centrale. « On prélève des eaux à l’embouchure de chaque glacier, pour récupérer l’eau profonde du glacier, pas de la neige en surface. Les prélèvements sont ensuite envoyés au CNRS de Nancy avec l’aide de Cluster Eau, une association basée à Évian », détaille Loubna Freih. On travaille aussi avec un géobiologiste qui nous parle de la flore et des changements dans ce qu’on appelle les marges des glaciers. C’est là où le glacier se retire et c’est une zone très intéressante pour la science pour comprendre ce que laisse le glacier, ce qui disparaît, mais aussi ce qui vient à la place ».

    Agir, que l’on soit sportif ou scientifique

    Alors que la moyenne de la température mondiale a augmenté d’1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle, ce chiffre est multiplié par deux dans les Alpes, où la fonte des glaciers s’accélère. Pour ces athlètes de montagne, aux premières loges du bouleversement, agir est vital. « À Verbier, en Suisse, où je vis, on a eu une première canicule à la fin du printemps, puis une deuxième, une troisième et on vient de finir la quatrième, témoigne Loubna. Je vois les massifs du Grand et du Petit Combin changer sous mes yeux. Je ne peux pas rester sur mon balcon à regarder ». Comme pour la première, le but d’Alpine Quest 2 est de produire un documentaire pour toucher le grand public. « L’idée est d’aller voir avec nos jambes puis d’en faire une narration, de raconter une histoire basée sur la science mais aussi sur ce qu’on vit et ce qu’on voit », conclut Loubna.

  • [C’est l’été] À Marseille, Saint-André se jette à l’eau

    [C’est l’été] À Marseille, Saint-André se jette à l’eau

    Avec ses 27 000 documents pour adultes et enfants elle offre une riche programmation culturelle et des animations variées. Trois dates à retenir pour finir l’été en fraîcheur, des matinées animées par les bibliothécaires à partir de 10h : « Jeux d’eau et ateliers créatifs » pour les 2-4 ans, vendredi 21 août. « Tous à l’eau » pour les 0-3 ans mardi 25 août. Et « Décore tons sac ou ta trousse » pour les 6-10 ans vendredi 28 août. Sur inscription au : 04.13.94.82.00.

    Adresse : 6 boulevard Salducci, 13016.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des ressources en eau stables mais surveillées

    Dans les Bouches-du-Rhône, des ressources en eau stables mais surveillées

    Services de l’État, représentants du monde agricole et des activités économiques, collectivités, gestionnaires des milieux aquatiques, d’infrastructures hydrauliques ou encore des associations pour la défense de l’environnement se sont réunis la semaine dernière au sein d’un comité de ressource en eau (CRE) des Bouches-du-Rhône afin « de faire le point sur la situation hydrologique du département et échanger avec les différents acteurs sur les perspectives pour le reste de la saison estivale », indique la préfecture dans un communiqué.

    Premier enseignement : notre département reste « moins sévèrement frappé par la sécheresse que le reste du territoire national », note les services de l’État.

    Alerte renforcée sur

    les cours d’eau et nappes

    La zone desservie par la « ressource stockée », entendre les retenues de Serre-Ponçon sur la Durance et Sainte-Croix sur le Verdon, devrait rester en « vigilance » pour le reste de la saison prévoit la préfecture. Mais pour ce qui concerne les ressources dites « locales », en clair, les cours d’eau et nappes, l’alerte « renforcée est maintenue sur les zones Arc amont, Arc aval et Réal de Jouques ». L’État assure que « le suivi régulier des différentes ressources se poursuit » afin de pouvoir, « adapter les mesures de restriction selon les conditions observées ».

    En attendant, le préfet des Bouches-du-Rhône appelle l’ensemble des usagers (particuliers, collectivités, industriels, commerçants, artisans, exploitants agricoles…) « à maintenir un usage économe de l’eau et à respecter les restrictions en vigueur ». Les prélèvements directs en cours d’eau, hors prélèvements des associations syndicales autorisées, restant interdits dans les secteurs du Réal de Jouques et de l’Arc.

  • Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Un terrain à la Valentine dans le 11e arrondissement, un autre dans le 15e, une caserne dans le 3e à l’abandon depuis des lustres et squattée à plusieurs reprises. Seule certitude sur ces sites occupés depuis des années par des familles originaires de Roumanie, les expulsions sont pendantes. Et « le concours de la force publique est accordé », précise maître Adam Borie, avocat au barreau de Marseille. Quant aux dates ?

    Sollicitée à plusieurs reprises, la préfecture ne répond pas. De quoi laisser l’angoisse s’installer. D’autant plus que la rentrée scolaire approche et que sur chacun des sites, de nombreux enfants sont scolarisés. La Ville, propriétaire du site, motive quant à elle la demande d’évacuation par : « Un danger sur un bâtiment qui reste occupé, une activité de ferraille et des conditions d’occupation qui présentent un danger pour eux comme pour les riverains, le non-respect des installations d’accès à l’eau, à l’électricité et à l’hygiène en dépit d’un grand travail d’accompagnement pour sécuriser le site. » Pour autant, elle avait porté « une exigence de relogement », qui incombe à l’État.

    « Les expulsions produisent une rupture dans le parcours de soins des personnes malades, le suivi des femmes enceintes et l’accompagnement social », ajoute Laurent Sapin, à l’origine de la conférence de presse. Car il se dégage un scénario trop couru pour être ignoré, dans ces injonctions à quitter le terrain. À l’écoute, le père Paul Daniel, qui a officié à la Belle de Mai, se souvient avoir ouvert les portes de la paroisse à des familles expulsées, un soir d’octobre 2012, par un fort mistral, « des enfants, des personnes âgées, des malades, épuisés par la marche », traquées par les CRS pour les empêcher de s’installer dans une nouvelle friche.

    Des droits à défendre

    Elena, qui vit à Marseille depuis 15 ans, « représente une association de soutien aux familles roms » et témoigne : « On en a marre de changer d’endroit à chaque fois que la police vient nous déloger. À chaque fois, c’est justifié par la question de la sécurité. Mais il n’y a jamais de solution durable. » Elle argumente et interroge : « Quand dans les bidonvilles ont été évacués, des logements ont été construits pour reloger. Pourquoi les autorités ne choisissent pas le dialogue plutôt que l’expulsion qui coûte plus cher. Évacuer un terrain, c’est 4 000 euros. » Et répond à son tour : « On nous demande pourquoi on vit en groupe. C’est pour se protéger des violences. » Car les cas n’ont pas manqué, d’attaques violentes, de tentatives d’incendie.

    « Oui, il y a des nuisances qui peuvent excéder les voisins », reconnaît Framboise Robert, responsable de l’association culturelle Arte Cavhalo. Rare signataire à connaître la situation de très près pour avoir travaillé plus de 16 ans avec les enfants des squats. « Mais si on nous laissait le temps d’organiser des activités avec des aides, bien encadrées, bien gérées, avec un budget au lieu de couper les subventions des associations, ça pourrait bien se passer. » À Gardanne ou à Lyon, des expériences d’accompagnement ont fait leurs preuves. « Ici, les projets sur les friches Euromed n’ont fait que repousser les squats, de Bougainville à Gèze, à la Belle de Mai », regrette-t-elle.

    « Nous devons faire entendre notre voix » ont convenu les familles. « Nous sommes ici pour dire que ces familles ne sont pas seules », a rappelé Laurent Sapin avec à ses côtés une militante de Front commun et Imram Trocmé, élu LFI des 4-5. Une représentante d’Un centre-ville pour tous et du Collectif d’habitants organisés du 3e (CGO3) propose « d’agir ensemble, de créer des liens ». Le premier pas se fera sur le plan judiciaire. Sans toit, ces familles ne sont pas sans droits. Maître Adam Borie annonce : « Ces familles n’étaient pas représentées lors de l’ordonnance. Elles ont droit au débat devant un juge. Nous allons saisir le Juge de l’exécution. » De quoi gagner un délai.

  • Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    « La récolte a débuté il y a peu, on n’a pas de recul. Mais il y aura un impact, c’est certain. Sur le volume, le calibre et la qualité. Après, quelle sera l’étendue des pertes ou du désastre, je ne peux pas le dire », déclare Thomas Vidal, directeur général et commercial de la coopérative agricole Origine Cévennes. Située à Saint-André-de-Majencoules, dans le Gard, elle rassemble 60 producteurs d’oignons doux des Cévennes, répartis sur une douzaine de communes. « Il y a des zones plus ou moins touchées que d’autres par la problématique du manque d’eau. Mais globalement on sait qu’on aura des lots très petits, donc ça va causer des problèmes au niveau de la commercialisation », poursuit Thomas Vidal.

    « Il va falloir trouver des solutions »

    Après avoir reçu jusqu’à deux mètres d’eau de pluies tombées cet hiver, les producteurs d’oignons doux des Cévennes affrontent, depuis mi-mai, des canicules à répétition et une sécheresse intense qui a poussé la préfecture du Gard à prendre des mesures de restriction d’eau, notamment l’interdiction d’irriguer. Face à cette situation, certains exploitants ont carrément décidé d’arrêter d’arroser certaines zones pour concentrer le peu d’eau dont ils disposent sur les plants les plus prometteurs. Des choix difficiles.

    « L’oignon doux est une culture en terrasse, forcément exposée au soleil en plein sud. C’est un modèle qui existe depuis des décennies voire des centaines d’années dans les Cévennes. On est obligés de faire avec. Reste que les canicules et les sécheresses sont de plus en plus récurrentes. C’est pour ça qu’on travaille sur la sécurisation en eau des exploitations avec des projets de retenues collinaires », explique le directeur de la coopérative. « On était en sous-préfecture à ce sujet début juillet avec la DDTM, la Région, les financeurs pour essayer de trouver des solutions. Car il va falloir en trouver : la coopérative, c’est 60 producteurs, 60 familles, 20 emplois », insiste-t-il.

    « On est déjà assez vertueux, puisqu’on dispose du stockage de 24% de nos besoins sur l’ensemble des exploitations, contre une moyenne en France qui se situe en dessous de 5%. Seulement les bassins qui ont été creusés il y a 20 ou 30 ans sont aujourd’hui sous-dimensionnés. On a besoin de plus d’eau à l’hectare. Il faut revoir les volumétries. » Un exemple qui illustre la rapidité avec laquelle le dérèglement climatique bouleverse les choses. « L’hiver dernier, on a pris deux mètres d’eau en 4 mois sur la haute vallée de l’Hérault. On en aurait retenu un peu, personne ne l’aurait vu. Il faut retenir l’eau l’hiver pour l’utiliser l’été, c’est du bon sens. Les pouvoirs publics doivent donner leur accord », martèle Thomas Vidal. Emmagasiner les pluies d’hiver pour ne plus puiser dans les rivières en été. Sachant que ces retenues collinaires pourraient également servir de réserve pour alimenter les camions de pompiers lors des incendies. « On ne va pas lâcher prise. Les Cévenols sont résilients et résistants. On va y arriver. On va trouver des solutions pour faire des stockages. »

    A.G.

  • La digue de la Durance anticipe le scénario du pire

    La digue de la Durance anticipe le scénario du pire

    Dans le lit de la Durance, à quelques mètres de la bien nommée zone d’activité Bords de Durance de Cavaillon, un peu moins d’une dizaine de tractopelles et autres camions disposent des blocs de pierres de plusieurs centaines de kilos sur plusieurs dizaines de mètres le long de la digue.

    Une opération de « confortement » de l’ouvrage afin de résister aux crues centennales. Le tout est piloté par le Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD) qui a présenté, jeudi 13 août, les avancées de l’opération qui devrait être terminée d’ici la fin de l’année. « On avait diagnostiqué des faiblesses dans l’ouvrage construit dans les années 90. Avec ces travaux, le tout peut résister à un débit jusqu’à 5 000 mètres cubes par seconde, ce qui équivaut aux crues centennales », explique Bertrand Jacopin, directeur des études et travaux pour le SMAVD.

    Parmi les aménagements réalisés, les plus visibles sont ces gros blocs empilés sur plusieurs mètres de haut mais aussi dans le sol, le long de la digue. C’est ce qu’on appelle les « enrochements ». Ce qui permet à l’installation de moins subir les effets de l’eau. Ce que l’on voit moins, c’est la modification de la structure même de la digue et du talus, la partie visible de l’extérieur. « L’eau s’infiltre et il y a un risque d’érosion venant de l’intérieur. Il fallait donc le modifier », poursuit Bertrand Jacopin. Des arbres plantés le long de l’ouvrage ont également dû être déplacés. La plupart ont été plantés en centre-ville de Cavaillon. Quelques centaines de mètres plus loin, c’est un mur de béton qui a été renforcé. Des sortes de clous de plusieurs mètres ont été ajoutés pour éviter que la structure ne bascule en cas de crue.

    Crues attendues

    en octobre

    « Cela va protéger plus de 30 000 personnes », se réjouit le responsable des travaux. Des critiques avaient cependant émané de collectifs de sinistrés qui estimaient que des projets de la sorte ne protègent qu’une partie de la population. « On ne peut pas mettre des digues de partout. Ce serait bien trop cher. D’autant que le chantier sera sans impact pour l’hydraulique », évacue Bertrand Jacopin.

    Le chantier doit également se faire dans un temps limité. Dès le mois d’octobre, les premières crues empêchent tout véhicule de s’approcher du lit du fleuve. Tandis qu’au printemps, différentes espèces se reproduisent dans le secteur, empêchant toute activité. D’après le SMAVD, les températures très chaudes de l’été annoncent généralement de fortes crues. L’occasion pour la digue confortée de prouver sa valeur.

  • Haribo dit avoir engagé « les actions nécessaires » pour ses eaux usées

    Haribo dit avoir engagé « les actions nécessaires » pour ses eaux usées

    « Haribo ne pollue en aucun cas les eaux de la ville de Marseille », se défend le fabricant de bonbons. Après la révélation dans nos colonnes (notre édition du 11 août) de la mise en demeure par les services de l’État de son site de production aux Arnavaux (14e arr.), le confiseur allemand se défend en assurant qu’elle « s’inscrit dans le cadre normal du dialogue avec les autorités compétentes et ne préjuge, à elle seule, ni de la gravité des faits allégués ni de leur bien-fondé ». Pour la direction, l’inspection a relevé « des dépassements ponctuels », et elle rappelle – comme l’indiquait La Marseillaise – que les eaux sont traitées en aval. « Il ne s’agit pas d’une situation critique », affirme le producteur de bonbons, qui a aussi diffusé sa réponse dans une note interne se plaignant d’un « article à charge ». Le rapport d’inspection des services de l’État mentionnait pourtant bien des rejets « régulièrement non conformes » et affirmait que « le prétraitement mis en place et le tri avant rejet en station d’épuration ne sont pas efficaces ou insuffisants ».

    « À la suite du rapport de la Dreal, nous avons engagé les actions nécessaires afin de poursuivre l’amélioration de la maîtrise de nos eaux de rejet », indique cependant la direction de Haribo qui explique être en dialogue avec les services de l’État « afin de suivre la mise en œuvre de ces actions et de nous assurer de leur pleine efficacité ». Elle met aussi en avant les politiques menées qui ont réduit de moitié sa consommation en eau et la valorisation de ses déchets « afin de limiter la charge de pollution dans nos eaux de rejet et en privilégiant des filières moins énergivores afin d’améliorer notre impact carbone ».