Tag: eau

  • [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    [Entretien] Eric Florès : « Tous les étés il fait chaud donc tous les étés sont à risques, on se doit d’être prêt » dans l’Hérault

    La Marseillaise : Ces premières chaleurs sont-elles synonymes de début de la saison des risques incendies ?

    Eric Florès : C’est synonyme du fait que la végétation va se dessécher rapidement. Avec des températures autour de 35 degrés, si ça continue comme ça, tout l’apport de la pluie de cet hiver va vite disparaître. On n’a pas encore de départs de feux mais avec une telle semaine, la première strate herbacée au bord des routes va bien jaunir. Jusqu’il y a 4 ou 5 jours on était assez tranquilles, là on est attentifs. Dès le mois de mai, on commence à suivre les indicateurs du dessèchement de la forêt.

    Quel était le bilan de feux dans l’Hérault en 2025 ? Avez-vous tiré des leçons du méga feu de l’Aude ?

    E.F. : On est assez stable. On a pris 3 ou 4% de hausse des feux de forêt, soit autour de 1 350 départs de feux sur l’année 2025 dans l’Hérault. C’est assez conséquent. On a eu deux périodes importantes. La première après le pic de chaleur de fin juin avec des périodes à 40 degrés. Autour des 6, 7 et 8 juillet, on a eu beaucoup d’incendies, notamment les feux de Castelnau-de-Guers et de Fabrègues. Lors de la seconde sécheresse d’août, on a eu pas mal d’incendies virulents en même temps que le méga feu de l’Aude. On a eu des retours d’expériences de ces feux. Le constat, c’est qu’une fois qu’ils sont devenus « mégas », ils sont inarrêtables. La stratégie qui fonctionne, c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables.

    Estimez-vous bénéficier d’assez de moyens au Sdis 34 ?

    E.F. : On ne sait jamais si on a assez de moyens. Ces dernières années, on a réussi à répondre de manière cohérente avec nos moyens. On dispose de 200 véhicules de lutte contre les feux de forêt – c’est très conséquent – dont 140 camions-citernes avec 4 000 litres d’eau, une vingtaine avec 10 000 litres d’eau pour des attaques avec le canon et d’autres plus petits pour les zones périurbaines. On loue 3 avions, on a un hélicoptère de reconnaissance. On a 6 Dash et une douzaine de Canadairs sur la flotte nationale. Le centre de Gignac est un outil de formation supplémentaire. Malgré la crise financière, le conseil départemental continue de nous financer au même niveau. On est dans un département où tous les étés il fait chaud, donc tous les étés sont à risque. On se doit d’être prêt. La lutte contre les feux de forêt est un vrai combat.

    La plupart des incendies, volontaires ou accidentels, sont d’origine humaine. Pouvez-vous nous rappeler les consignes à respecter ?

    E.F. : Les seuls feux naturels sont les feux de foudre lors des orages. Le reste c’est de l’activité humaine. On travaille avec l’État et la Chambre d’agriculture pour expliquer aux agriculteurs que l’été il faut éviter de travailler à 15h là où le moindre frottement peut créer un incendie. On répète aux fumeurs et automobilistes de ne pas jeter leurs mégots de cigarette même éteints. Le feu du massif de la Gardiole l’an passé est parti d’un mégot jeté au bord de l’autoroute. Tout apport du feu est totalement interdit depuis le 15 mai dans toute la forêt méditerranéenne. On sera d’ailleurs amené à fermer certains massifs pour enlever l’Homme. On a l’impression que tout est vert mais au pied des arbres l’herbe est sèche. Le seul fait de rouler avec un pot catalytique est dangereux.

    Vous quittez l’Hérault en septembre. En 10 ans, êtes-vous satisfait du travail accompli ?

    E.F. : Ce n’est pas moi qui accomplis le travail. On a 85 000 interventions. C’est un travail permanent et d’équipe. C’est à la population de savoir si elle est satisfaite, je crois qu’elle a de quoi l’être. Les 900 sapeurs-pompiers professionnels et les 4 300 pompiers volontaires de l’Hérault se donnent à fond pour réaliser leurs missions.

  • [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    La visite permet d’apprécier l’utilité de ces petits milieux, célébrés à l’occasion de la fête des mares, du 6 au 14 juin. « C’était devenu un dépotoir, avec cinq voitures laissées là, une caravane et du fumier agricole », raconte Anne Pons, conseillère municipale de Crévoux.

    L’opération a coûté 2 500 euros à la commune, un prix modeste pour Anne Pons au regard des bienfaits apportés. Restaurée, la mare a vu revenir plusieurs animaux, comme la grenouille rousse, et des espèces de chauve-souris. « On avait un habitat pauvre en biodiversité car c’était très homogène, fermé, avec peu de lumière qui entrait, explique-t-elle. On a diversifié les milieux, avec plus de luminosité, et des espèces sont revenues comme par exemple une libelle, la nymphe à corps de feu ».

    Les adoux, l’or local

    La mare n’a pas été la seule à être restaurée : c’est tout le réseau de cours d’eau qui a été réaménagé, notamment les adoux qui se jettent dans le torrent de Crévoux. « Je ne sais pas si vous savez, mais vous avez de l’or entre les mains », a affirmé Florian Chirat, animateur à la Fédération de pêche, au moment de présenter ces petits cours d’eau. Avant d’ajouter : « Ce qui rend un adoux précieux, c’est ça stabilité. Contrairement à un ruisseau, ce ne sont pas les précipitations qui le nourrissent, mais les résurgences d’eau. L’adoux a donc toujours le même débit et reste frais toute l’année ».

    Ce spécialiste explique que l’adoux est une zone refuge pour la faune, et un lieu de reproduction sécurisé pour les poissons qui y vivent, comme la truite fario, une espèce locale unique selon lui : « Sa présence remonte à la dernière glaciation, il y a vingt mille ans, quand la truite s’est réfugiée en mer Méditerranée et est ensuite remontée. Depuis, elle ne s’est plus croisée avec d’autres populations et est une espèce endémique du torrent de Crévoux. »

    En continuité de la restauration de la mare, la fédération de pêche et l’association de pêche La Gaule embrunaise ont dont restauré ces cours d’eaux voisins. « C’était une zone bouchée, où le ruisseau coulait tout droit. Créer des méandres module le courant, le ralentit et permet aux truites de frayer, de remonter jusqu’aux adoux », explique Dewis Davudian, de la fédération de pêche.

    Préserver les adoux, c’est permettre aux espèces locales de disposer d’un refuge en cas d’épisodes d’enneigement ou de crues, appelés à se multiplier avec le dérèglement climatique.

    Reste désormais à veiller à l’année sur ces cours d’eaux. Pour cela, Dewis Davudian sait sur qui compter : « On a entre quinze et dix-sept mille pêcheurs. Ensemble, ils sont des sentinelles, des yeux qui nous remontent des informations sur les cours d’eau ».

  • Une ressource en eau sécurisée à préserver

    Une ressource en eau sécurisée à préserver

    Une situation favorable mais pas question de se relâcher… À la Région, on se félicite de la situation hydrologique sur le territoire à l’occasion d’un bilan d’étape du plan « Or bleu » ce mardi 26 mai. « Cet hiver, nous avons eu des précipitations très contrastées avec des mois humides et des mois particulièrement secs mais le bilan des cumuls reste conforme à la norme », constate Zoé Mahé, directrice adjointe de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) Paca. L’humidité des sols et les températures, deux indicateurs « importants », sont aussi rassurants et côté « hydraulicité des cours d’eau et nappes phréatiques », la situation est aussi « globalement normale », ajoute Zoé Mahé, avant de mettre en avant le savoir-faire local dans la gestion de la ressource.

    Une gestion basée sur un système ancien d’aménagement hydraulique de la Durance et du Verdon mais toujours performant. Même si les réserves stockées « ne sont pas inépuisables » prévient la directrice adjointe. Une étude portée par la Région, l’État et l’Agence de l’eau va être lancée cet automne pour en vérifier la durabilité d’ici 2100.

    « La meilleure ressource, c’est celle que l’on n’utilise pas », résume Benoît Moreau, directeur du développement de la Société du Canal de Provence (SCP), rappelant le travail engagé sur la sobriété. De quoi déjà réduire la consommation en eau de 50% en 40 ans dans le secteur agricole, avec 1 500 m3 par hectare et par an. Dans le secteur industriel, l’économie est de 25% en 10 ans entre 2012 et 2022.

    Des conflits d’usages

    à venir

    Confiant sur l’avenir, estimant que la réserve en eau du Verdon va être « plus sollicitée » sans être dépassée, « il ne faut pas être aveugle non plus » nuance Benoît Moreau, des « conflits d’usage, il y en aura ». Reste à « optimiser le système pour qu’ils ne soient pas trop violents ». Et de revenir sur l’épisode de sécheresse de 2022, où le niveau du lac de Serre Ponçon, vaste réserve de 1,2 milliard de m3, avait drastiquement baissé au grand dam des professionnels du tourisme. « En 2100, on prévoit des baisses de 3 mètres en moyenne, c’est ce qu’on a vécu en 2022 », indique-t-il, ajoutant que des pontons flottants ont été mis en place pour maintenir l’activité touristique.

    Une issue obtenue grâce à cette « culture du dialogue que nous avons sur la question de l’eau » ajoute Bénédicte Martin, vice-présidente (LR) en charge de l’agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir et présidente de la SCP. Des projets de modernisation ont aussi été lancés. Un investissement de 751 millions d’euros jusqu’en 2038 porté par le Canal de Provence dont 128 millions ont été engagés. On y retrouve notamment la réouverture du tunnel du Rove, encore à l’état d’étude, pour dériver les rejets d’eau douce issus du turbinage de la centrale EDF de Saint-Chamas dans l’étang de Berre.

    Sur la réutilisation des eaux usées, un potentiel régional estimé à 50 millions de m3 par an, « nous sommes en progression », assure Zoé Mahé quand Benoît Moreau considère qu’il ne s’agit pas d’une priorité. « C’est une solution qu’on utilise quand on n’a plus le choix. Or dans notre région, on a un système de stockage moins cher en énergie et en fonctionnement », estime-t-il.

  • La nappe de La Crau « dans une période charnière »

    La nappe de La Crau « dans une période charnière »

    Philippe Léandri entame son mandat de président du Symcrau « dans une période charnière » pour la nappe phréatique. Le maire de Grans (DVD), qui succède à Céline Tramontin, affirme : « On est face à des défis contemporains. »

    Il en distingue trois. Le changement climatique, d’abord.
    « Un certain nombre d’études nous laissent envisager qu’en 2050, il va nous manquer 90 millions de m3 d’eau, avec des répercussions sur nos forages. » Les premiers concernés seraient de Port-Saint-Louis-du-Rhône, de Mas Thibert et de Saint-Hippolyte, qui alimente l’agglomération arlésienne.

    Actuellement, 75 millions de m3 sont prélevés chaque année dans la nappe pour alimenter 300 000 foyers en eau potable (39% de son usage), mais aussi les activités industrielles et militaires (24%) et l’agriculture (36%). Une quantité supérieure à « ce que la pluie va amener naturellement », détaille la directrice du Symcrau Charlotte Alcazar. Si la nappe réussit cet exploit, c’est qu’elle est approvisionnée par un transfert d’eau de la Durance – qui alimente par ailleurs l’ensemble des usagers de trois départements et les centrales hydroélectriques d’EDF –, elle-même affectée par le changement climatique. « Si on n’avait pas le transfert d’eau, la nappe figurerait parmi les plus surexploitées d’Europe, poursuit Charlotte Alcazar. (…) Économiser l’eau, c’est aussi garantir une certaine souveraineté de La Crau. »

    Le deuxième défi concerne la fragilité du modèle, qui repose sur des canaux qui « commencent à être dans un état insuffisant », développe Philippe Léandri. Leur entretien, au coût élevé repose « sur 325 exploitations agricoles » qui produisent du foin de Crau, précise la directrice du Symcrau. « Aujourd’hui, ce secteur est en crise », reprend le président.

    La pression de l’aménagement, enfin, constitue le troisième défi. « Entre la décarbonation de notre industrie, l’implantation d’un certain nombre d’entreprises et l’arrivée de nouveaux particuliers, on doit sécuriser, moderniser nos réseaux en restant avec un coût de l’eau abordable pour tous. » Mis en place l’an dernier, un Schéma d’aménagement et de gestion des eaux écrit par la Commission locale de l’eau a pour objectif d’innover pour avoir une charge financière supportable et répartie et de « faire mieux avec moins d’eau ».

  • [Entretien] Raphaël Grisel : « On a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon »

    [Entretien] Raphaël Grisel : « On a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon »

    La Marseillaise : L’eau ne circulait plus du tout entre l’étang de Bolmon, hyper eutrophié, et l’étang de Berre avant une opération que vous avez menée en février.
    En quoi consistait-elle ?

    Raphaël Grisel : L’opération consistait à remettre en circulation l’eau de l’étang de Bolmon pour améliorer sa qualité. On avait trois bourdigues. L’une fonctionnait toujours, mais était très encombrée de blocs, de cailloux qui avaient été jetés dedans ou qui étaient tombés des rives. Les deux autres, côté Marignane, étaient complètement envasées avec des terres consolidées et des plantes au-dessus… Donc, il n’y avait plus du tout de circulation d’eau. Ça avait été identifié de longue date comme un projet qui pouvait être intéressant pour cet étang au mauvais état écologique. Dans le cadre de la feuille de route parlementaire qui date de 2021 et du comité stratégique de l’étang de Berre, il avait été décidé que le Gipreb prendrait en charge cette action, qu’on a donc conduite cette année. On a aussi nettoyé et recalibré les ouvertures entre l’étang de Bolmon et le canal du Rove, qu’on appelle des fenêtres, pour que l’eau puisse sortir.

    On a eu des résultats impressionnants sur les premiers gros coups de mistral, avec l’eau qui passe de manière vraiment très forte de l’étang de Berre vers l’étang de Bolmon. Sur les sept jours de vent qu’il y a eu début avril, on a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon.

    Avez-vous de premiers résultats sur les bienfaits du retour de la courantologie pour la biodiversité de l’étang de Bolmon ?

    R.G. : Dans le cadre des travaux, il y a des sondes qui vont être installées de manière plus dense que celles qu’on a actuellement pour les suivis saisonniers. Aujourd’hui, on n’a pas toutes les données. Simplement, ce qu’on a observé, c’est une transparence de l’eau qui s’est nettement améliorée par rapport aux années précédentes. C’est la première fois que je vois une clarté qui atteint 80/90 cm. Souvent, sur Bolmon, on était sur 20 cm. Donc il est possible que cette remise en circulation joue son rôle, avec l’espoir qu’il y ait de nouveau de la biodiversité et des plantes aquatiques grâce au retour de la lumière. À titre indicatif, dans l’étang de Berre, à partir du printemps, on arrive souvent à 4 m de transparence, ce qui est déjà une nouveauté. Avant, on était plutôt sur 2,50 m. On va vers une amélioration.

    La pérennité de ces ouvertures n’était pas une certitude. Avez-vous du recul sur cet aspect ?

    R.G. : Une bourdigue est déjà en partie rebouchée à cause du vent, qui a dégradé cet ouvrage qui n’était pas encore stabilisé et consolidé. Heureusement, ça ne l’a pas détérioré sur toute sa longueur, juste sur une dizaine de mètres, parce que ces petits canaux font à peu près 200 m de long. On est en train de travailler pour le rouvrir.

    Il faudra certainement de l’entretien, on est sur des zones où ça marche quand il y a du vent, mais le vent apporte aussi du sable. Après, s’il faut les curer toutes les trois semaines, il faudra se rendre à l’évidence et se dire que ces bourdigues ne sont pas faites pour fonctionner toutes seules. Tout ceci a tout de même un coût.

    Ces travaux sur l’étang de Bolmon n’étaient qu’une première étape.

    R.G. : La remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove vient d’entrer en phase opérationnelle. On va bientôt sélectionner les entreprises qui vont s’occuper de concevoir le projet et de monter tout le dossier d’autorisations réglementaires.

    Actuellement, il y a un bouchon d’environ 150 m de long. L’idée serait de glisser un tube d’environ 2,50 m de diamètre pour refaire passer l’eau.

    Quand on réouvre les bourdigues, on permet la circulation de l’eau de Bolmon vers l’étang de Berre, mais on est en circuit fermé. On n’a pas d’apport d’eau nouveau, ce n’est qu’un équilibrage. Avec le tunnel du Rove, on a un apport d’eau de très bonne qualité, très oxygénée, très peu riche en nutriments, donc en azote et en phosphore, ce qui va permettre de bien diluer et de bien améliorer la qualité globale du
    système. Les travaux devraient débuter en 2029.

  • [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    Publié le 25 mars au lendemain des Municipales, le rapport national de l’Anses a reçu un écho inversement proportionnel à l’urgence de son message. A savoir que la France est surexposée au cadmium, ce « métal lourd contaminant et préoccupant pour la santé publique car reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ajoute qu’omniprésent dans les sols, l’air, les eaux et les sédiments, ce polluant entraîne des cancers (poumon, pancréas, vessie, rein), des atteintes rénales et une fragilité osseuse « en cas d’exposition prolongée par voie orale ».

    Or, l’essentiel du cadmium que nous ingurgitons provient de notre alimentation (98% chez les non fumeurs). Hormis le tabac, le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les céréales ou le chocolat sont les aliments les plus chargés en cadmium. « Il faut limiter les produits ultra transformés, privilégier les légumineuses et moins le blé », résume Lise Florès.

    Avec le groupe local, l’ancienne candidate écologiste a décidé d’interpeller les collectivités. Dans un courrier cosigné par Debout (le mouvement de François Ruffin) envoyé à la Mairie et à l’Agglo de Lunel, les Verts réclament que la transparence soit faite sur la qualité de l’eau du robinet. « 47% des adultes et 36% des enfants de moins de 3 ans sont surexposés au cadmium », rappelle Lise Florès.

    Si la démarche intentée à Lunel serait légitime partout ailleurs, la militante précise les sources du doute. « Lunel n’a pas une population riche, qui doit manger pas mal de produits transformés ». La commune est aussi entourée de terres agricoles et il se trouve que les engrais phosphatés sont largement pointés du doigt par le rapport de l’Anses. « On a les moyens de rechercher la signature chimique du pollueur ».

    Déjà les Pfas…

    Si les écologistes jouent la carte du principe de précaution, c’est aussi parce qu’ils ont déjà été échaudés sur le sujet de l’eau. L’an passé, il a été révélé dans l’eau potable des taux de Pfas (per- et polyfluoroalkylées, des polluants éternels) supérieurs aux normes dans les communes voisines de Lunel-Viel, Saint-Just ou Saint-Nazaire-de-Pézan. « Les Lunellois sont en droit de savoir ce qu’ils mangent et ce qu’ils boivent ».

    S’il s’agit d’un problème de santé publique qui relève en soi de l’Etat, les collectivités ont aussi leur mot à dire et un rôle de garde-fou à jouer. « Le maire a le devoir d’informer la population. Il peut intervenir sur les menus dans les cantines, dans l’agriculture et la bétonnisation via les points de captage de l’eau », illustre l’écologiste qui rappelle que « dès qu’on imperméabilise, on touche au cycle de l’eau ».

    Ainsi la politique jugée pro-industrielle de la municipalité de droite est-elle décriée. « Sur le projet de zone des Dardaillons, on avait demandé des études sur la qualité de l’eau, rien n’a été fait », déplore-t-elle. « On est dans un système où l’industriel décide et le politique suit ». La co-secrétaire régionale des écologistes y voit la limite des élus soi-disant apolitiques. « Ils n’ont pas de militants ni de spécialistes qui leur donnent d’autres éléments pour décider que ceux de l’industriel ou du café du commerce ».

  • L’eau potable sous haute surveillance après l’épidémie

    L’eau potable sous haute surveillance après l’épidémie

    Je suis soulagé que les administrés aient cette information », résume Philippe Pignon, maire de la commune. Depuis plusieurs semaines, ce dernier gère lui aussi ce qu’il qualifie de « crise majeure ». Pour rappel, une épidémie de gastro-entérite avait frappé la commune, mi-avril. Une enquête épidémiologique, lancée le 17 avril, avait recensé 895 personnes déclarant des symptômes entre le 2 et le 22 avril, sur 1 182 répondants. « Au total, 32 personnes ont été hospitalisées et aucune forme grave n’a été signalée », conclut le rapport de Santé publique France, publié le 7 mai, qui confirmait une origine hydrique de l’épidémie. Ce rapport révélait la présence de pathogènes tels que l’Escherichia ou la salmonelle, « une pollution microbiologique » et un dysfonctionnement du système de chloration. « Dans les annales, on n’avait jamais entendu parler de ça », précise le premier magistrat de la ville, aussi pharmacien. Ce dernier rapporte s’être rendu, sur invitation de la Société des eaux de Marseille, exploitante du réseau d’eau portable de la commune, sur la station d’eau potable du quartier du Sauvet, au nord de la N7. « On a pu voir ou tout cela s’est passé, de façon à mettre le doigt sur le dysfonctionnement. Nous avons pu constater quelles sont les adaptations du système, et quelles transformations ont eu lieu sur “l’usine”, à la suite de cet épisode. Nous avons désormais le traitement de l’eau le plus moderne à Rousset ! », rapporte Philippe Pignon. De son côté, la Société des eaux de Marseille présente un « remplacement intégral du matériel : l’ensemble des appareils automatiques de mesure de chlore de la station a été remplacé par des équipements neufs ». Elle indique également qu’une « sécurité automatique anti défaillance a été installée : en cas de taux de chlore insuffisance, le système déclenche l’arrêt automatique de la station ». La SEM ajoute que « la fréquence des analyses bactériologiques a été considérablement renforcée, là ou la réglementation prévoit un contrôle trimestriel, un suivi est désormais effectué chaque semaine ». Ces éléments permettent, en partie, de répondre aux interrogations, notamment, du Collectif Vérité Eau Rousset. Sa priorité « reste la transparence, la sécurité sanitaire des habitants et la prévention de tout nouvel incident. Nous sommes actuellement en démarche avec l’association Que choisir ensemble et également avec la Maison de la justice et du droit de Gardanne. Ces réponses rapides [aux interrogations diverses, Ndlr] sont nécessaires et les victimes attendent également réparation ».

  • Lac de Saint-Cassien : une cellule de veille pour sécuriser le plan d’eau

    Lac de Saint-Cassien : une cellule de veille pour sécuriser le plan d’eau

    Prévue par l’arrêté préfectoral du 2 avril 2026 qui réglemente la police de la navigation, les activités aquatiques, nautiques, sportives et de loisirs sur ce plan d’eau très touristique.

    Réunie en début et fin de saison estivale avec les professionnels, les élus, les responsables associatifs, les services de secours, les services de l’État, les services d’Électricité de France, elle a pour mission d’identifier les problématiques présentes sur l’ensemble de la retenue et la sécurisation du plan d’eau : information des usagers, interventions et missions de secours.

  • LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    Le projet est toujours dans les cartons mais a déjà son lot de détracteurs. Le chantier de la future ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), dont la phase 1 doit débuter en 2029, est sous le feu des critiques depuis qu’un arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique autorise des forages et sondages pour recueillir des données destinées à étudier la faisabilité du projet.

    Concrètement, le texte autorise « la réalisation de trois sondages de reconnaissance destructifs avec tubage à l’avancement d’une profondeur maximale de 80 mètres à proximité du profil géophysique ; la réalisation de deux forages carottés de 20 mètres de profondeur ; la réalisation d’une quinzaine de sondages destructifs de 1 à 1,5 m de profondeur répartis sur la zone d’affleurement ou à défaut, des fosses d’infiltration ». Sauf que cette autorisation empiète sur le périmètre de protection de la source d’Issanka, seule ressource d’eau potable de Sète, elle-même protégée par un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP) de 1988. « Or dans ce périmètre de protection, des règles s’appliquent. Il y a une liste d’activités interdites avec les forages. Les mêmes que l’arrêté entend autoriser pour
    le chantier
     », observe Laura Seguin, conseillère d’opposition à Sète et à l’Agglo. Dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, l’arrêté a de quoi poser question. « Il est important avant tout de préserver notre ressource en eau. Selon l’arrêté, il s’agirait de bien connaître, comprendre, etc. Mais on sait bien qu’il y a des risques. Ce n’est pas pour rien que ces règles existent, il y a des risques de pollution », insiste Laura Seguin. Pour preuve, l’élue met en avant un rapport d’octobre 2025 de la Commission locale de l’eau (CLE) du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) des bassins-versants de la lagune de Thau et de l’étang d’Ingril. Dans ce dernier, « la CLE identifie que les travaux inscrits dans le dossier sont incompatibles avec [la préservation des ressources locales en eau douce et la sécurisation de l’alimentation en eau du territoire, Ndlr]. La CLE du Sage Thau-Ingril émet donc un avis défavorable sur le dossier d’enquête préalable à l’autorisation environnementale des interventions préparatoires de la phase 1 de la LNMP », précisait à l’époque le président du CLE, Michel Garcia.

    Les élus sétois opposés

    Mais force est de constater que la préfecture ne l’entend pas de cette oreille. « L’économie générale du projet initial de la DUP du champ captant d’Issanka de 1988 n’est pas bouleversée par la réalisation des investigations à cette étape du projet. Celles-ci permettront d’améliorer la connaissance de la ressource en eau et d’assurer la préservation du captage […] Il n’y a pas lieu de modifier la délimitation du périmètre de protection rapprochée », fait valoir le service de l’État.

    Bien que la CLE n’ait qu’un avis consultatif, ce dernier est issu d’un compromis entre toutes les parties. « La CLE est chargée d’élaborer le Sage avec des orientations de gestion, notamment la protection de la ressource. Le schéma est élaboré par un parlement local de l’eau réunissant des élus, l’État, des représentants d’usagers. On voit que l’État choisit de passer outre cette orientation issue d’une démocratie locale, on le déplore », soupire Laura Seguin, qui milite pour un tracé alternatif de la LNMP.

    L’élue de Nouvelle page n’entend pas baisser les bras. Le 20 avril, en conseil municipal de Sète, elle a déposé une motion afin d’exiger le « strict respect de la déclaration d’utilité publique de 1988. » « L’enjeu de la protection de la ressource dépasse les sensibilités politiques. On peut tous s’accorder pour dire d’une seule et même voix qu’on veut préserver notre ressource », soutient-elle. Et de fait : le maire LR Hervé Marquès avait lui même formulé une motion similaire. D’un commun accord, les deux parties se sont donc entendues pour déposer une motion commune lors du conseil d’Agglo du 23 avril afin de constituer un groupe de travail sur les conséquences de la LNMP sur le périmètre de protection d’Issanka.

  • Eau contaminée à Rousset : vers une « sortie de crise » sanitaire ?

    Eau contaminée à Rousset : vers une « sortie de crise » sanitaire ?

    « On s’avance vers une sortie de crise. L’Agence régionale de santé et la Société des Eaux de Marseille se mettent d’accord pour un retour à la normale », estimait, soulagé, ce mercredi après-midi, le maire de Rousset, Philippe Pignon, une semaine après le déclenchement de l’alerte sanitaire sur la commune.

    Depuis le 13 avril, Rousset fait face à une épidémie de gastro-entérite aiguë. Très rapidement, l’hypothèse d’une contamination par le réseau d’eau potable a été privilégiée. Le 16 avril, la Société des Eaux de Marseille (SEM), chargée de l’exploitation du réseau, annonçait par communiqué que « par mesure de précaution, la consommation d’eau du réseau public est interdite sur la commune dans l’attente de résultats ». Depuis, et par précaution, la SEM a fourni des bouteilles d’eau à la commune de Rousset. Cette organisation, est toujours en cours sur la commune, notamment au sein de la salle Émilien-Ventre. Elle se poursuit « tant que les restrictions ne sont pas levées », indiquait, ce mercredi, la Société des Eaux de Marseille, qui estime à « environ 65 000 » le nombre de bouteilles distribuées.

    En fin d’après-midi, ce mercredi, ni l’ARS Paca, ni la Société des Eaux de Marseille n’étaient en mesure de confirmer un retour rapide à la normale, ni d’infirmer formellement les propos du maire. Néanmoins, dans un communiqué de presse paru mardi soir, l’ARS faisait le point sur cette situation et publiait les premiers chiffres depuis le constat d’épidémie. Elle rappelait, dans un premier temps, que « l’ARS, la SEM, la Métropole et la mairie de Rousset ont [dès les signalements, Ndlr] immédiatement réalisé les premières investigations environnementales ». Celles-ci, étaient toujours en cours mercredi soir. Le 17 avril, l’ARS publiait un questionnaire en ligne, lui permettant notamment de quantifier le nombre de malades.

    Tendance

    de « fin d’épidémie »

    À ce jour, plus de 1 000 personnes y ont répondu. Parmi elles, plus de 750 déclarent avoir présenté des symptômes de gastro‑entérite. « La très large majorité (85%) sont des résidents ou ont fréquenté la commune quelques jours avant l’apparition des symptômes » et « 90% des malades ont déclaré un ou des épisodes de diarrhée et/ou des vomissements. D’autres symptômes comme une fatigue, des douleurs abdominales, des nausées ou encore de la fièvre ont été décrits », rapporte ce même document. 25 hospitalisations ont elle aussi été recensées. « Aucune forme grave n’a été identifiée, rassurait l’ARS. L’analyse des données épidémiologiques indique un pic de l’épidémie le 14 avril, suivi d’une forte baisse dans les jours suivants. Même si quelques cas sont encore déclarés, la tendance observée sur les derniers jours semble indiquer la fin de l’épidémie ». L’ARS confirmait également que « l’hypothèse d’une origine liée au réseau de distribution d’eau potable est privilégiée ». À l’heure ou nous écrivons ces lignes, l’ARS n’a pas nous indiquer si la situation avait évolué.