Tag: Discriminations

  • Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Revendiquer la liberté et l’égalité des orientations sexuelles et des identités de genre : tel est le message, simple mais indispensable, porté à l’unisson par les Prides, organisées dans tout le pays en ce mois des fiertés, et ce samedi à Aix-en-Provence, à l’appel de l’association Aix Vanguard.

    À 14h30, alors qu’une foule colorée et joyeuse envahit la place de la mairie, une dame s’installe derrière les organisateurs et brandit sa pancarte : « Française, hétéro et fière. » La preuve que les messages simples ne le sont pas pour tous. Les marcheurs ont rappelé à qui veut bien l’entendre : la communauté LGBT est encore aujourd’hui victime de lourdes discriminations. À l’étranger, où l’on compte 64 pays qui criminalisent encore l’homosexualité, et où les droits des personnes transgenres font l’objet de reculs ou restrictions dans plusieurs régions, notamment aux États-Unis, avec l’administration Trump. Mais aussi en France, où l’on continue de mourir sous les coups de la haine homophobe. Le 2 juin, Noahm, un jeune homme gay de 19 ans, est décédé des suites d’une violente agression à Metz. Il aurait, d’après SOS homophobie, été ciblé en raison d’une « expression de genre plutôt féminine ».

    Lutte en fête

    Mais c’est bien sûr, comme le veut la tradition, dans une ambiance festive que les marcheurs aixois ont revendiqué leurs droits. Plus de 800 personnes, d’après les chiffres de la préfecture, ont suivi pendant deux heures un char musical animé par « Momi ». « C’est un moment de partage important. C’est l’occasion de faire communauté et de montrer qu’à Aix aussi, nous sommes nombreux », a-t-elle souligné. Et l’assemblée de rappeler, en chœur, que toutes les luttes se rejoignent : « Aix, queer, antifa ! », s’est exclamée la foule à de multiples reprises.

    Les prochaines dates

    Les Prides se succèdent tout au long de ce mois des fiertés. Si celles d’Avignon, Gap ou Aix-en-Provence sont déjà passées, restent encore des rendez-vous dans la région : le samedi 13 juin à Toulon, au départ de la Place d’Armes, et le samedi 4 juillet à Marseille, au départ de la place Castellane (6e).

    M.M.

  • La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    La Ciotat célèbre aussi le mois des fiertés

    Cette année, le mois des fiertés à La Ciotat est organisé par le nouveau collectif La Ciotat LGBTQIA+ aussi connu sous le nom de l’Éventail, en collaboration avec la Collective féministe de La Ciotat, la Culture ça urge !, Amnesty International Aubagne, et le club Jazz Convergences.

    L’événement le plus attendu du mois est la Marche des fiertés : départ prévu à 19h à la Chaudronnerie, samedi 6 juin. « L’année dernière la Marche avait une texture particulière, elle reflétait comment on aimerait que la vie sonne, avec cette joie, cette intensité d’être et cet engagement », raconte Sarah Cassenti, membre du collectif. Le mois des fiertés n’a pas pour seul but de revendiquer l’égalité complète des droits et la protection contre les discriminations et violences pour les personnes LGBTQIA+, elle sert aussi « à ce qu’on se rencontre et qu’on commence à se soutenir », confie-t-elle. Les organisateurs mettent l’accent sur le côté humain du rendez-vous, entièrement porté par des associations et des acteurs ciotadens. « Dans certaines prides, qui sont subventionnées par plusieurs marques, on tend à perdre cette singularité au profit du capitalisme et d’une unique représentation de notre combat », estime Freddy De Angelis, membre du collectif Éventail. Et ce côté humain, il ne s’arrête pas au mois de juin, Michèle Philibert, membre du collectif et propriétaire du bar associatif Le Chaperon Rouge à Marseille, anciennement ouvert aux personnes atteintes du VIH, a initié, à La Ciotat, un dépôt de gerbes pour les personnes homosexuelles déportées, lors de la Seconde guerre mondiale. « Elle a fait le lien avec l’institutionnel », ajoute Freddy De Angelis, une histoire trop souvent oubliée. Ce lien il est aussi particulièrement présent avec la cause féministe, car « comme les femmes, on doit pas être nous, on doit pas être bruyants. Et puis 80% des participants sont des femmes… La convergence des luttes, c’est ça qui permet de faire avancer les pensées », conclut-il.

  • Les actes de haine anti-LGBTI toujours en hausse

    Les actes de haine anti-LGBTI toujours en hausse

    SOS Homophobie tire la sonnette d’alarme. Lors de la précédente publication de son rapport annuel, l’association alertait sur la montée « de courants réactionnaires et conservateurs véhiculant une parole hostile de plus en plus décomplexée, cautionnant ainsi des violences et discriminations répercutées dans la société ». Un an plus tard, elle fait état d’un « climat de plus en plus anxiogène et délétère ».

    Et pour cause, ce sont 1 771 cas de LGBTIphobies qui sont recensées dans cette 30e édition de cet ouvrage publié lundi, soit près de 200 de plus qu’en 2024. Parmi les témoignages récoltés, celui de Pierre, la quarantaine, qui vit en zone rurale près d’Aix-en-Provence. Sans emploi depuis six ans, il dit avoir été « “contraint de partir” de son ancien poste de vendeur, “à cause de rumeurs et de harcèlement au travail du fait de son homosexualité” », relate le document. « Il raconte, par exemple, qu’un collègue lui avait raconté qu’un homosexuel de son entourage venait de se suicider, et que c’était pour lui la meilleure chose à faire », note SOS Homophobie.

    Sont exposés au fil des pages, de nombreux témoignages de personnes vivants dans le « sud » de la France. Comme par exemple celui de Sarah, une femme trans lesbienne, en couple. « Depuis plus de trois ans, des jeunes d’extrême droite qui habitent son immeuble ne cessent de l’insulter et de l’agresser. Elle a déjà reçu plusieurs menaces de mort, ainsi que des coups de poing. Ces agressions ont commencé quand elle a emménagé avec sa compagne », peut-on lire dans le rapport. Sur les 280 personnes trans tuées dans le monde en 2025, 90% sont des femmes.

    L’association française fait état d’un contexte politique qui « ne laisse pas présager un avenir meilleur pour les personnes LGBT ». Et ce, à un an d’une élection présidentielle où l’extrême droite est au plus haut dans les sondages.

  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • Marseille : assemblée de l’Unicef à la mairie

    Marseille : assemblée de l’Unicef à la mairie

    Nathalie Tessier (PCF) adjointe déléguée aux droits des enfants, a ouvert la session et rappelé le lancement d’un plan d’action de lutte contre les violences faites aux enfants. « Ses objectifs sont notamment d’assurer le bien-être des enfants, lutter contre l’exclusion, la discrimination et pour l’équité».

  • Le Défenseur des droits, pilier face à la discrimination

    Le Défenseur des droits, pilier face à la discrimination

    Devant quelques dizaines de personnes ce mardi 28 avril dans les locaux de la Scierie à Avignon, Mathilde Le Goff, chargée de mission au pôle régional Paca-Corse du Défenseur des droits, et Miguel Couralet, l’un des six délégués territoriaux du Défenseur des droits, ont exposé leurs actions en Vaucluse en matière de lutte contre les discriminations.

    Réuni à l’occasion d’une journée organisée par la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, un parterre de responsables et membres d’associations locales a écouté les différents leviers d’action de l’organisation. « Le climat politique étant ce qu’il est, il y a de quoi ne pas baisser les bras. En tant qu’assos d’éducation populaire, vous savez ce que c’est », glisse ainsi en ouverture Christiane Siréta, présidente de la structure en Vaucluse.

    Les membres de l’institution expliquent ensuite leur fonctionnement. Les différents délégués peuvent être saisis pour diverses raisons et « on tente toujours de régler les situations à l’amiable. Sinon, on fait remonter le dossier à Paris, où des moyens juridiques sont souvent déployés », explique Miguel Couralet.

    900 saisines

    Chaque année en Vaucluse, environ 900 saisines sont ainsi effectuées pour discrimination, que ce soit sur l’âge, la religion, le sexe, l’origine et bien d’autres facteurs.

    Le délégué territorial se permet ainsi d’exposer quelques cas locaux et comment la situation a été gérée. Comme lorsqu’un mécanicien, qui postulait pour un poste de mécano-expert dans un garage avignonnais, n’a pas été recruté malgré ses compétences car il était trop âgé. « Je me suis rendu sur place et le responsable de la structure s’est platement excusé et s’est engagé à verser 3 000 euros en guise de dédommagement », explique Miguel Couralet. Mais d’autres cas sont bien plus complexes. Comme lorsqu’un responsable d’une salle de sport a refusé l’entrée d’une jeune femme voilée. « Lorsque je suis allé voir le patron, il est entré dans une colère noire et a dit qu’il faisait ce qu’il voulait chez lui. Le dossier n’a finalement pas abouti alors qu’on demandait juste un remboursement », explique-t-il.

    La structure travaille également en collaboration avec la Mission locale. « Ce n’est pas assez connu. Il faut que les associations locales s’en rapprochent pour que les victimes de discriminations puissent s’en rapprocher », clame Christiane Siréta.

    Contact possible sur défenseurdesdroits.fr/84-vaucluse

  • [Entretien] Isabelle Régner : « Les femmes sous-représentées à haut niveau »

    [Entretien] Isabelle Régner : « Les femmes sous-représentées à haut niveau »

    L’Algérie, la Tunisie, le Liban, l’Espagne, l’Italie et la France se sont réunis pendant ces trois dernières années au service d’un même objectif : augmenter le nombre de femmes à hauts postes dans les universités. Au cours de cette conférence de clôture, Isabelle Régner a présenté le protocole ainsi que les résultats obtenus.

    En quoi consiste ce projet ?

    Isabelle Régner : Aujourd’hui, presque tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut former sur les biais implicites de genre. Et ensuite ? Comment faire ? Avec We4lead, nous avons étudié le problème pendant trois ans et proposé, notamment, un protocole basé sur les résultats de la recherche, pour contrer les automatismes stéréotypés dans les jurys de recrutement. La première étape permet de prendre conscience que nous sommes tous et toutes porteurs de biais stéréotypés. Ensuite, il reste à comprendre comment ces biais sont stockés en mémoire à long terme et influent nos jugements. Enfin, il est nécessaire d’apprendre à maîtriser ces idées bien souvent indépendantes de nos convictions.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre en place ce projet ?

    I.R. : L’université de Marseille rassemble plus de 52% de femmes. Si on s’arrête là, il n’y a pas de problème. Mais lorsque l’on se concentre sur les postes de rang A, les femmes sont sous-représentées. Dans les secteurs scientifiques, cette faible présence féminine est massive à tous les niveaux, sauf dans quelques pays du Maghreb comme la Tunisie mais qui concentre malgré tout plus d’hommes sur les plus hauts postes. Et ces inégalités, on les retrouve aussi dans les disciplines réputées féminines comme les lettres, les langues, ainsi que les sciences humaines et sociales. Dans tous les corps de métier, lorsque l’on monte en grade, vers des postes à salaires plus élevés, on perd les femmes. Pourtant, les compétences sont là. Donc le problème existe. Encore faut-il le montrer pour légitimer les actions que l’on met en place.

    Quels résultats avez-vous obtenus à ce jour ?

    I.R. : À Marseille, le nombre de femmes recrutées professeurs des universités au sein de la faculté des sciences a augmenté de manière significative. Nous sommes passés de 14 à 50% en cinq ans. Donc tout est possible. À condition de mettre en place des actions adaptées. Connaître les systèmes d’efficacité à travers des recherches scientifiques. Il ne suffit pas d’être militant et engagé pour mettre en place les bonnes actions. Nous avons besoin de recherches scientifiques. Se reposer sur des données factuelles, validées.

  • Les discriminations dans le viseur de la fac et de la justice

    Les discriminations dans le viseur de la fac et de la justice

    Pas moins de 9 700 crimes et délits « à caractère raciste » recensés en 2025 par la police et la gendarmerie nationales en France, soit une hausse annuelle de 5%, certes moins importante que celle observée en 2024 (+ 10%)… Alors que le service de la statistique publique de la sécurité intérieure vient de publier les derniers chiffres sur le sujet, à l’invitation d’Aix-Marseille-Université (Amu) en partenariat avec la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a tenu ce mercredi 25 mars une conférence sur la politique pénale en la matière. Un rendez-vous qui vient clore toute une semaine d’éducation avec projections ou visites du camp des Milles.

    « La lutte contre toutes les formes de discrimination ne relève pas seulement de l’émotion ou de l’indignation, elle exige une action collective et déterminée » a posé le président d’Amu, Éric Berton. Revenant sur le rôle éducatif de l’université, il rappelle que « racisme et antisémitisme ne sont pas des opinions, mais des délits qui portent atteinte au fondement même de notre République ».

    Une politique pénale prioritaire

    Cette politique pénale est d’ailleurs « devenue prioritaire » concernant ces affaires qui « peuvent paraître de faible intensité, mais porte atteinte à toute notre société », enchaîne le procureur de la République, rapportant que, le matin même, il avait appris que devant une synagogue marseillaise, un tag avait été retrouvé indiquant : « S’il y a encore des bombes sur les pays musulmans, on va faire comme en octobre, remember ». Le magistrat s’est emparé d’une circulaire qui donne « instruction aux parquets d’engager des poursuites dès lors qu’on était sur des phénomènes de racisme, d’antisémitisme et de discrimination ». Reste la difficulté de qualifier les faits. Quand des chercheurs font le lien entre antisémitisme et État d’Israël, ou quand CNews fait dans « l’islamophobie d’ambiance », soulève un enseignant.

    Le président de la Licra Marseille et avocat, Serge Tavitian, constate lui « depuis le 7 octobre » une radicalisation aux effets délétères. « Lors du procès Soral où je plaidais contre lui, j’avais déjà pu constater qu’il avait réussi à fédérer des jeunes », explique-t-il. Et d’alerter, aujourd’hui, sur une menace d’extrême droite, mais aussi d’« extrême gauche » toute aussi préoccupante. S’il a impulsé cette conférence, c’est donc pour sensibiliser la jeunesse, déplorant une faillite éducative.

    La question d’une étudiante demandant au procureur s’il n’y a pas une forme « d’acharnement » contre Tariq Ramadan, 18 ans de prison requis contre lui pour trois viols, entretenant une confusion victimaire, finira de le désarçonner…

  • Les collégiens invités à briser les stéréotypes de genre

    Les collégiens invités à briser les stéréotypes de genre

    En cercle, les filles s’assoient d’un côté et les garçons de l’autre. C’est ainsi que les élèves procèdent instinctivement dans cette classe de 6e du collège Jules-Massenet. « Le mot égalité, ça veut dire quoi pour vous ? », demande Eva, intervenante de l’association Aroéven. « Qu’est-ce que vous pouvez faire et ne pas faire en tant que garçon et en tant que fille ? », interroge-t-elle. « J’ai trop de choses dans le cœur à écrire », lance vivement une élève. Chacun vient poser son post-it coloré sur le tableau de la classe : « Les filles doivent faire à manger, mais elles ne peuvent pas traîner dehors toutes seules le soir » ; « C’est mal vu d’être efféminé en tant que garçon. »

    À l’occasion de la semaine de l’égalité du 9 au 13 mars au collège Jules -Massenet, dans le 14e arrondissement (classé réseau d’éducation prioritaire renforcé REP+), l’association Aroéven intervient dans les classes de la 6e à la 3e pour sensibiliser les élèves à l’égalité entre les hommes et les femmes. « Ils apprécient qu’on leur donne un espace de parole », affirme Eva. En se déplaçant dans la pièce, les élèves se positionnent d’un côté ou de l’autre pour dire s’ils sont d’accord ou pas avec telle ou telle affirmation. « Pourquoi c’est mal vu de pleurer pour les garçons ? », « c’est à cause de Neymar », déclame un élève amusé.

    « Les élèves sont acteurs »

    Avec l’appui de quiz et de jeux en groupe, ils échangent, argumentent et débattent entre eux pour déconstruire les préjugés et stéréotypes, mais aussi prendre conscience de leurs représentations. Tous se prêtent au jeu. « J’ai appris qu’il n’y a pas beaucoup de filles qui jouent au foot et qu’on pouvait dire sage-femme même pour les hommes », indique joyeusement Tidjara, 12 ans. « Tous les élèves sont acteurs et porteurs du message », explique la principale du collège, Lamia Abassi. « Les élèves de 4e interviennent auprès des 5e et les 5e auprès des 6e avec des exposés sur des femmes célèbres », poursuit-elle. Plusieurs partenaires extérieurs et académiques accompagnent cette semaine qui concerne tout l’établissement. Les professeurs et personnels suivent des formations internes sur l’égalité femmes-hommes. José, 12 ans, ressort légèrement insouciant de l’atelier : « Je ne savais pas ce que le mot préjugé voulait dire, mais après pour moi, filles ou garçons, on est tous pareils. »

  • [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    Louis Dupin : Les années passent, mais les femmes subissent toujours les inégalités au travail. Les mesures mises en place ne sont que des effets d’annonce ?

    Serge Ragazzacci : Oui, effectivement, on a eu foultitude de mesures annoncées mais qui ne sont que cosmétiques puisque la réalité, année après année, elle demeure. Ce sont effectivement des écarts de salaires de l’ordre de 22, 25%. 40% lorsqu’on arrive à la retraite. Donc, pour nous, le 8 mars, notre slogan sera « on compare et on répare ». C’est-à-dire comparer véritablement les salaires des femmes et des hommes. Par exemple, dans la fonction publique, quand le gouvernement décide de ne pas augmenter le point d’indice, il s’en prend à des femmes. Parce que ce sont majoritairement des femmes qui travaillent dans la fonction publique hospitalière, la fonction publique territoriale. Il y a aussi d’autres sujets tels que les droits sociaux pour permettre un accès à l’emploi facilité. Et celui de ne pas avoir à faire ce choix, lors d’une naissance, de plutôt privilégier le congé maternité parce que la femme a souvent le plus petit salaire.

    L.D. : Sur l’égalité salariale, en juin 2026, la France va devoir transposer une directive européenne sur la transparence salariale. Est-ce que ça pourra changer les choses ?

    S.R. : Ce serait bien que la France la transpose déjà. Il y a des sujets où bizarrement ça ne pose aucun problème. Il faut que cette transposition ait lieu, ce qui permettra d’avoir des éléments sur les différences salariales. Et puis, on met le pied dans la porte. Donc si c’est plutôt positif on le prend, mais ça ne suffira pas. Il va falloir des mobilisations derrière, parce qu’au-delà des inégalités dans l’entreprise, il y a aussi à avoir de véritables politiques d’augmentation salariale.

    Olivier Nottale : Le syndicalisme est attaqué de toutes parts, on vous pointe du doigt…

    S.R. : Oui, on constate une recrudescence des discriminations et des plaintes contre des syndicalistes. La plus emblématique étant celle de Sophie Binet. Ça peut amener des années de procédure, des militantes et des militants vont avoir à subir des interrogatoires pendant parfois plusieurs années pour des faits qui ne sont absolument pas répréhensibles. Et puis, au-delà de ça, ce qui nous inquiète, c’est que ces discriminations s’inscrivent dans un schéma global de remise en cause de l’ensemble des libertés fondamentales : le droit de grève, le droit de manifester mais aussi la justice.

    L.D. : Sur le département, vous venez d’ailleurs de finir votre mois sur les libertés syndicales pour recenser les discriminations ?

    S.R. : On avait lancé un mois des libertés syndicales pour avoir une remontée dans les entreprises parce qu’il y a des problèmes. On va continuer à recenser les cas de discriminations pour communiquer dessus, mais aussi sur les victoires. On a réussi à obtenir une victoire en première instance pour une camarade à Montpellier. On a le non-respect d’un protocole de fin de conflit à l’hémodialyse à Castelnau-le-Lez où la boîte a été sévèrement condamnée.

    L.D. : L’avenir du dépôt SNCF de Béziers va se jouer cette année. La CGT propose un projet pour le sauver…

    S.R. : C’est assez symptomatique de ce qui se passe dans le pays et sur notre département. Il y a près de 30 ans que le dépôt doit être fermé, qu’on empêche sa fermeture. Il y a 2 ans, on apprend que le dépôt fermerait d’ici trois ans. Pourquoi ? Les directions de la SNCF ne sont pas capables de répondre. Donc on a retravaillé avec le syndicat, puisqu’on a un problème sur cette région : il va y avoir de nouvelles rames qui vont arriver pour desservir la région. On sait que les deux centres de maintenance sont en surcapacité, ils ne peuvent pas engranger plus de boulot. Quid de l’entretien de ces nouvelles rames ? Il va falloir régler les problèmes de maintenance et d’entretien du matériel. C’est vital pour les trains du quotidien d’assurer une régularité, la sécurité des transports de voyageurs. Donc on a relancé l’idée à la fois du maintien du dépôt et des emplois – il en reste une quarantaine – mais surtout avec la création d’un centre de maintenance qui pourrait effectivement créer 100-150 emplois dans les années à venir. La Région a été interpellée, la SNCF est en train d’étudier la faisabilité du site. Derrière, ce qu’on est en train de faire, c’est de faire signer des pétitions et de mettre la population biterroise dans le coup.

    O. N. : Sur ces problèmes d’emploi, on a l’impression que dès qu’il y a une solution, ça freine, il y a un double discours…

    S. R. : Il n’y a pas un double discours, il y a une absence de volonté politique. Il y a 300 milliards d’aides publiques données sans aucune contrepartie. On aurait très bien les moyens aujourd’hui de protéger un certain nombre d’emplois et d’industries dans notre pays alors qu’on continue à licencier. Mittal, par exemple, touche 300 millions d’euros d’aides publiques pour licencier les gens en France. Il faut arrêter. Une des solutions peut être la nationalisation. Une autre serait de conditionner les aides. Et puis qu’il y ait une véritable stratégie nationale.