Nathalie Tessier (PCF) adjointe déléguée aux droits des enfants, a ouvert la session et rappelé le lancement d’un plan d’action de lutte contre les violences faites aux enfants. « Ses objectifs sont notamment d’assurer le bien-être des enfants, lutter contre l’exclusion, la discrimination et pour l’équité».
Tag: Discriminations
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Le Défenseur des droits, pilier face à la discrimination
Devant quelques dizaines de personnes ce mardi 28 avril dans les locaux de la Scierie à Avignon, Mathilde Le Goff, chargée de mission au pôle régional Paca-Corse du Défenseur des droits, et Miguel Couralet, l’un des six délégués territoriaux du Défenseur des droits, ont exposé leurs actions en Vaucluse en matière de lutte contre les discriminations.
Réuni à l’occasion d’une journée organisée par la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, un parterre de responsables et membres d’associations locales a écouté les différents leviers d’action de l’organisation. « Le climat politique étant ce qu’il est, il y a de quoi ne pas baisser les bras. En tant qu’assos d’éducation populaire, vous savez ce que c’est », glisse ainsi en ouverture Christiane Siréta, présidente de la structure en Vaucluse.
Les membres de l’institution expliquent ensuite leur fonctionnement. Les différents délégués peuvent être saisis pour diverses raisons et « on tente toujours de régler les situations à l’amiable. Sinon, on fait remonter le dossier à Paris, où des moyens juridiques sont souvent déployés », explique Miguel Couralet.
900 saisinesChaque année en Vaucluse, environ 900 saisines sont ainsi effectuées pour discrimination, que ce soit sur l’âge, la religion, le sexe, l’origine et bien d’autres facteurs.
Le délégué territorial se permet ainsi d’exposer quelques cas locaux et comment la situation a été gérée. Comme lorsqu’un mécanicien, qui postulait pour un poste de mécano-expert dans un garage avignonnais, n’a pas été recruté malgré ses compétences car il était trop âgé. « Je me suis rendu sur place et le responsable de la structure s’est platement excusé et s’est engagé à verser 3 000 euros en guise de dédommagement », explique Miguel Couralet. Mais d’autres cas sont bien plus complexes. Comme lorsqu’un responsable d’une salle de sport a refusé l’entrée d’une jeune femme voilée. « Lorsque je suis allé voir le patron, il est entré dans une colère noire et a dit qu’il faisait ce qu’il voulait chez lui. Le dossier n’a finalement pas abouti alors qu’on demandait juste un remboursement », explique-t-il.
La structure travaille également en collaboration avec la Mission locale. « Ce n’est pas assez connu. Il faut que les associations locales s’en rapprochent pour que les victimes de discriminations puissent s’en rapprocher », clame Christiane Siréta.
Contact possible sur défenseurdesdroits.fr/84-vaucluse
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![[Entretien] Isabelle Régner : « Les femmes sous-représentées à haut niveau »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/2e7ec68565397ca469863e4b9135b2d4.jpg)
[Entretien] Isabelle Régner : « Les femmes sous-représentées à haut niveau »
L’Algérie, la Tunisie, le Liban, l’Espagne, l’Italie et la France se sont réunis pendant ces trois dernières années au service d’un même objectif : augmenter le nombre de femmes à hauts postes dans les universités. Au cours de cette conférence de clôture, Isabelle Régner a présenté le protocole ainsi que les résultats obtenus.
En quoi consiste ce projet ?
Isabelle Régner : Aujourd’hui, presque tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut former sur les biais implicites de genre. Et ensuite ? Comment faire ? Avec We4lead, nous avons étudié le problème pendant trois ans et proposé, notamment, un protocole basé sur les résultats de la recherche, pour contrer les automatismes stéréotypés dans les jurys de recrutement. La première étape permet de prendre conscience que nous sommes tous et toutes porteurs de biais stéréotypés. Ensuite, il reste à comprendre comment ces biais sont stockés en mémoire à long terme et influent nos jugements. Enfin, il est nécessaire d’apprendre à maîtriser ces idées bien souvent indépendantes de nos convictions.
Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre en place ce projet ?
I.R. : L’université de Marseille rassemble plus de 52% de femmes. Si on s’arrête là, il n’y a pas de problème. Mais lorsque l’on se concentre sur les postes de rang A, les femmes sont sous-représentées. Dans les secteurs scientifiques, cette faible présence féminine est massive à tous les niveaux, sauf dans quelques pays du Maghreb comme la Tunisie mais qui concentre malgré tout plus d’hommes sur les plus hauts postes. Et ces inégalités, on les retrouve aussi dans les disciplines réputées féminines comme les lettres, les langues, ainsi que les sciences humaines et sociales. Dans tous les corps de métier, lorsque l’on monte en grade, vers des postes à salaires plus élevés, on perd les femmes. Pourtant, les compétences sont là. Donc le problème existe. Encore faut-il le montrer pour légitimer les actions que l’on met en place.
Quels résultats avez-vous obtenus à ce jour ?
I.R. : À Marseille, le nombre de femmes recrutées professeurs des universités au sein de la faculté des sciences a augmenté de manière significative. Nous sommes passés de 14 à 50% en cinq ans. Donc tout est possible. À condition de mettre en place des actions adaptées. Connaître les systèmes d’efficacité à travers des recherches scientifiques. Il ne suffit pas d’être militant et engagé pour mettre en place les bonnes actions. Nous avons besoin de recherches scientifiques. Se reposer sur des données factuelles, validées.
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Les discriminations dans le viseur de la fac et de la justice
Pas moins de 9 700 crimes et délits « à caractère raciste » recensés en 2025 par la police et la gendarmerie nationales en France, soit une hausse annuelle de 5%, certes moins importante que celle observée en 2024 (+ 10%)… Alors que le service de la statistique publique de la sécurité intérieure vient de publier les derniers chiffres sur le sujet, à l’invitation d’Aix-Marseille-Université (Amu) en partenariat avec la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a tenu ce mercredi 25 mars une conférence sur la politique pénale en la matière. Un rendez-vous qui vient clore toute une semaine d’éducation avec projections ou visites du camp des Milles.
« La lutte contre toutes les formes de discrimination ne relève pas seulement de l’émotion ou de l’indignation, elle exige une action collective et déterminée » a posé le président d’Amu, Éric Berton. Revenant sur le rôle éducatif de l’université, il rappelle que « racisme et antisémitisme ne sont pas des opinions, mais des délits qui portent atteinte au fondement même de notre République ».
Une politique pénale prioritaireCette politique pénale est d’ailleurs « devenue prioritaire » concernant ces affaires qui « peuvent paraître de faible intensité, mais porte atteinte à toute notre société », enchaîne le procureur de la République, rapportant que, le matin même, il avait appris que devant une synagogue marseillaise, un tag avait été retrouvé indiquant : « S’il y a encore des bombes sur les pays musulmans, on va faire comme en octobre, remember ». Le magistrat s’est emparé d’une circulaire qui donne « instruction aux parquets d’engager des poursuites dès lors qu’on était sur des phénomènes de racisme, d’antisémitisme et de discrimination ». Reste la difficulté de qualifier les faits. Quand des chercheurs font le lien entre antisémitisme et État d’Israël, ou quand CNews fait dans « l’islamophobie d’ambiance », soulève un enseignant.
Le président de la Licra Marseille et avocat, Serge Tavitian, constate lui « depuis le 7 octobre » une radicalisation aux effets délétères. « Lors du procès Soral où je plaidais contre lui, j’avais déjà pu constater qu’il avait réussi à fédérer des jeunes », explique-t-il. Et d’alerter, aujourd’hui, sur une menace d’extrême droite, mais aussi d’« extrême gauche » toute aussi préoccupante. S’il a impulsé cette conférence, c’est donc pour sensibiliser la jeunesse, déplorant une faillite éducative.
La question d’une étudiante demandant au procureur s’il n’y a pas une forme « d’acharnement » contre Tariq Ramadan, 18 ans de prison requis contre lui pour trois viols, entretenant une confusion victimaire, finira de le désarçonner…
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Les collégiens invités à briser les stéréotypes de genre
En cercle, les filles s’assoient d’un côté et les garçons de l’autre. C’est ainsi que les élèves procèdent instinctivement dans cette classe de 6e du collège Jules-Massenet. « Le mot égalité, ça veut dire quoi pour vous ? », demande Eva, intervenante de l’association Aroéven. « Qu’est-ce que vous pouvez faire et ne pas faire en tant que garçon et en tant que fille ? », interroge-t-elle. « J’ai trop de choses dans le cœur à écrire », lance vivement une élève. Chacun vient poser son post-it coloré sur le tableau de la classe : « Les filles doivent faire à manger, mais elles ne peuvent pas traîner dehors toutes seules le soir » ; « C’est mal vu d’être efféminé en tant que garçon. »
À l’occasion de la semaine de l’égalité du 9 au 13 mars au collège Jules -Massenet, dans le 14e arrondissement (classé réseau d’éducation prioritaire renforcé REP+), l’association Aroéven intervient dans les classes de la 6e à la 3e pour sensibiliser les élèves à l’égalité entre les hommes et les femmes. « Ils apprécient qu’on leur donne un espace de parole », affirme Eva. En se déplaçant dans la pièce, les élèves se positionnent d’un côté ou de l’autre pour dire s’ils sont d’accord ou pas avec telle ou telle affirmation. « Pourquoi c’est mal vu de pleurer pour les garçons ? », « c’est à cause de Neymar », déclame un élève amusé.
« Les élèves sont acteurs »Avec l’appui de quiz et de jeux en groupe, ils échangent, argumentent et débattent entre eux pour déconstruire les préjugés et stéréotypes, mais aussi prendre conscience de leurs représentations. Tous se prêtent au jeu. « J’ai appris qu’il n’y a pas beaucoup de filles qui jouent au foot et qu’on pouvait dire sage-femme même pour les hommes », indique joyeusement Tidjara, 12 ans. « Tous les élèves sont acteurs et porteurs du message », explique la principale du collège, Lamia Abassi. « Les élèves de 4e interviennent auprès des 5e et les 5e auprès des 6e avec des exposés sur des femmes célèbres », poursuit-elle. Plusieurs partenaires extérieurs et académiques accompagnent cette semaine qui concerne tout l’établissement. Les professeurs et personnels suivent des formations internes sur l’égalité femmes-hommes. José, 12 ans, ressort légèrement insouciant de l’atelier : « Je ne savais pas ce que le mot préjugé voulait dire, mais après pour moi, filles ou garçons, on est tous pareils. »
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![[Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/15f5821e0a39f203c84e1f7e3d07aa30.jpg)
[Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »
Louis Dupin : Les années passent, mais les femmes subissent toujours les inégalités au travail. Les mesures mises en place ne sont que des effets d’annonce ?
Serge Ragazzacci : Oui, effectivement, on a eu foultitude de mesures annoncées mais qui ne sont que cosmétiques puisque la réalité, année après année, elle demeure. Ce sont effectivement des écarts de salaires de l’ordre de 22, 25%. 40% lorsqu’on arrive à la retraite. Donc, pour nous, le 8 mars, notre slogan sera « on compare et on répare ». C’est-à-dire comparer véritablement les salaires des femmes et des hommes. Par exemple, dans la fonction publique, quand le gouvernement décide de ne pas augmenter le point d’indice, il s’en prend à des femmes. Parce que ce sont majoritairement des femmes qui travaillent dans la fonction publique hospitalière, la fonction publique territoriale. Il y a aussi d’autres sujets tels que les droits sociaux pour permettre un accès à l’emploi facilité. Et celui de ne pas avoir à faire ce choix, lors d’une naissance, de plutôt privilégier le congé maternité parce que la femme a souvent le plus petit salaire.
L.D. : Sur l’égalité salariale, en juin 2026, la France va devoir transposer une directive européenne sur la transparence salariale. Est-ce que ça pourra changer les choses ?
S.R. : Ce serait bien que la France la transpose déjà. Il y a des sujets où bizarrement ça ne pose aucun problème. Il faut que cette transposition ait lieu, ce qui permettra d’avoir des éléments sur les différences salariales. Et puis, on met le pied dans la porte. Donc si c’est plutôt positif on le prend, mais ça ne suffira pas. Il va falloir des mobilisations derrière, parce qu’au-delà des inégalités dans l’entreprise, il y a aussi à avoir de véritables politiques d’augmentation salariale.
Olivier Nottale : Le syndicalisme est attaqué de toutes parts, on vous pointe du doigt…
S.R. : Oui, on constate une recrudescence des discriminations et des plaintes contre des syndicalistes. La plus emblématique étant celle de Sophie Binet. Ça peut amener des années de procédure, des militantes et des militants vont avoir à subir des interrogatoires pendant parfois plusieurs années pour des faits qui ne sont absolument pas répréhensibles. Et puis, au-delà de ça, ce qui nous inquiète, c’est que ces discriminations s’inscrivent dans un schéma global de remise en cause de l’ensemble des libertés fondamentales : le droit de grève, le droit de manifester mais aussi la justice.
L.D. : Sur le département, vous venez d’ailleurs de finir votre mois sur les libertés syndicales pour recenser les discriminations ?
S.R. : On avait lancé un mois des libertés syndicales pour avoir une remontée dans les entreprises parce qu’il y a des problèmes. On va continuer à recenser les cas de discriminations pour communiquer dessus, mais aussi sur les victoires. On a réussi à obtenir une victoire en première instance pour une camarade à Montpellier. On a le non-respect d’un protocole de fin de conflit à l’hémodialyse à Castelnau-le-Lez où la boîte a été sévèrement condamnée.
L.D. : L’avenir du dépôt SNCF de Béziers va se jouer cette année. La CGT propose un projet pour le sauver…
S.R. : C’est assez symptomatique de ce qui se passe dans le pays et sur notre département. Il y a près de 30 ans que le dépôt doit être fermé, qu’on empêche sa fermeture. Il y a 2 ans, on apprend que le dépôt fermerait d’ici trois ans. Pourquoi ? Les directions de la SNCF ne sont pas capables de répondre. Donc on a retravaillé avec le syndicat, puisqu’on a un problème sur cette région : il va y avoir de nouvelles rames qui vont arriver pour desservir la région. On sait que les deux centres de maintenance sont en surcapacité, ils ne peuvent pas engranger plus de boulot. Quid de l’entretien de ces nouvelles rames ? Il va falloir régler les problèmes de maintenance et d’entretien du matériel. C’est vital pour les trains du quotidien d’assurer une régularité, la sécurité des transports de voyageurs. Donc on a relancé l’idée à la fois du maintien du dépôt et des emplois – il en reste une quarantaine – mais surtout avec la création d’un centre de maintenance qui pourrait effectivement créer 100-150 emplois dans les années à venir. La Région a été interpellée, la SNCF est en train d’étudier la faisabilité du site. Derrière, ce qu’on est en train de faire, c’est de faire signer des pétitions et de mettre la population biterroise dans le coup.
O. N. : Sur ces problèmes d’emploi, on a l’impression que dès qu’il y a une solution, ça freine, il y a un double discours…
S. R. : Il n’y a pas un double discours, il y a une absence de volonté politique. Il y a 300 milliards d’aides publiques données sans aucune contrepartie. On aurait très bien les moyens aujourd’hui de protéger un certain nombre d’emplois et d’industries dans notre pays alors qu’on continue à licencier. Mittal, par exemple, touche 300 millions d’euros d’aides publiques pour licencier les gens en France. Il faut arrêter. Une des solutions peut être la nationalisation. Une autre serait de conditionner les aides. Et puis qu’il y ait une véritable stratégie nationale.
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Un 8 mars placé sous le signe de la résistance féministe
C’est seulement quand je suis partie à la retraite, que je me suis rendue compte que je n’étais pas payé pareil. Et au final, ça change tout. Il y a une grosse différence de pension », lâche Dany, professeur des écoles. Elle abonde : « Je milite depuis pour l’égalité salariale dans le public comme dans le privé. »
Le village du collectif 13 droits des femmes joue son rôle en proposant de nombreux stands. Tandis qu’au micro, les prises de paroles se succèdent en ce 8 mars journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Égalité salariale, reconnaissance des AESH, lutte contre la lesbophobie et toutes les discriminations, contre la violence économique et les emplois sous‑qualifiés des femmes migrantes : les femmes résistent face aux attaques du gouvernement, des impérialismes et des politiques d’extrême droite.
« Ce qu’on a voulu, aujourd’hui, c’est relayer la parole des travailleuses, en tant qu’organisation syndicale. Les prises de paroles se sont cantonnées aux trois organisations, Solidaires, FSU et CGT », expose Monia Haddaoui, membre du bureau UD CGT. Sans oublier de rappeler que « certes le 8 mars est symbolique, mais qu’à partir du 10 novembre, les femmes ne sont plus payées. On appelle à continuer la lutte féministe à travers nos revendications en tant qu’organisations de travailleurs et de travailleuses ».
Réécriture de l’histoire« Cette année, on revient encore pour que l’égalité homme-femme et femme-homme soit enfin respectée dans tous les domaines ! », s’exclame Catherine Lecoq comédienne déléguée à la CGT Spectacle. Poursuivant : « Je viens d’entendre des chiffres assez alarmants, 7 femmes sur 10 sont touchées par la charge mentale du foyer, de leur vie quotidienne. On est encore sur des droits, pourtant très simple de salaire. » Et de souligner : « C’est beaucoup de violence, beaucoup d’insultes, une décomplexion qui, à mon sens, va de pair avec la montée de l’extrême droite. »
Notre société serait-elle en train de régresser ? « Le masculinisme rampant arrive à nouveau pour dire que les femmes doivent rester au foyer et libérer les postes », constate-t-elle. Face à la montée pernicieuse du fascisme qui tente de réécrire l’histoire, le bas de la Canebière n’a pas échappé aux tensions : des cordons de CRS ont dû s’interposer entre collectifs pro‑Israël et pro‑Palestine pour assurer l’expression et la sécurité de toutes et tous.
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Un mois entier dédié au 8 mars à Martigues
On met l’accent sur les femmes invisibilisées qui ont apporté au pays », résume sobrement Gérard Frau, adjoint (PCF) de Martigues aux égalités, aux discriminations et aux droits des femmes, à propos du programme déployé par la Ville autour du 8 mars.
Car une commune peut faire quelque chose, à sa hauteur, pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et en dehors. « On a développé un programme sur un mois avec de nombreux partenaires » illustre l’élu, qui rappelle aussi « la Commission extra-municipale de toutes les égalités, créé il y a 2 ans, et dans laquelle j’anime la partie discrimination femme-homme ». Tout comme « le dispositif Femmes en place pour renommer les espaces publics dans lesquels les femmes sont aussi invisibilisées », à l’image de la maison de Carro Anita-Conti, du nom de la pionnière de l’océanographie, ou de l’espace santé autonomie Madeleine-Riffaud, « une grande journaliste résistante », commente Gérard Frau.
Un programme variéLe programme est dense avec par exemple la rencontre-débat avec des autrices de bandes dessinées organisée par le collectif féministe du PCF de Martigues à la salle Dufy de l’espace Simone Veil, ce samedi 7 mars de 15h30 à 20h, ou encore les ateliers sur l’égalité proposés mercredi 11 et 18 mars par le service jeunesse de la Ville à l’Espace infos jeunes du quai Toulmond. Les agents de la Ville auront aussi droit à pièce de théâtre de sensibilisation le 17 mars à 14h à l’hôtel de Ville. « À Martigues, on a vocation à lutter et créer des égalités », conclut Gérard Frau.
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À Avignon, des associations toujours inquiètes
Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.
Bouton d’alerte et lutte contre
les discriminations« Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »
Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.
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Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme
L’université Aix-Marseille (AMU) et SOS Racisme ont signé une convention de partenariat le mercredi 4 mars. La salle du conseil au Pharo est remplie pour l’occasion, en présence d’étudiants et de jeunes militants de SOS Racisme. « Cet accord permet d’accompagner les victimes d’actes racistes et antisémites, dans un contexte où la lutte contre ces actes n’est pas à la hauteur », affirme Dominique Sopo, président de SOS Racisme.
L’objectif est d’organiser des événements et des formations contre le racisme et l’antisémitisme pour la communauté universitaire. « SOS Racisme vient informer et former les étudiants et apporte un dialogue différent avec sa connaissance du terrain », explique Éric Berton, président d’Aix-Marseille université. « C’est une réponse globale pour les jeunes étudiants victimes et spectateurs d’actes qui ne sont pas acceptables », indique-t-il. L’université avait d’ailleurs signé un partenariat avec la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en décembre dernier. Les échanges entre les deux acteurs ont débuté en mai 2025 lorsque des étudiants d’Aix Marseille avaient signalé à SOS Racisme des actes de racisme, d’antisémitisme et de sexisme répétés dans différentes facultés de l’établissement. Des étudiants avaient été convoqués en conseil de discipline et depuis, plusieurs d’entre eux ont été exclus de l’université ou partiellement, selon le président.
Tolérance zéroUn étudiant présent dans la salle s’interroge sur « la lutte contre les discours haineux propagés par les syndicats d’extrême droite sur les campus ». Éric Berton explique que l’université ne laisse rien passer et utilise les éléments juridiques à sa disposition : la sanction disciplinaire et la saisie du procureur de la République.
La Défenseure des droits, Claire Hédon, a publié un rapport le 26 février qui estime que l’impact des dispositifs de lutte contre les discriminations dans l’enseignement supérieur reste « encore limité ». Pour Eric Berton, l’AMU est précurseure dans le domaine. « Nous sommes sur le bon chemin, déclare-t-il, nous avons mis en place un processus qui libère la parole. » En 2021, la direction a lancé le Service pour le respect et l’égalité (SpRE), importé de l’université de Montréal, et composé de quatre juristes chargés de traiter les signalements. Résultat ? Le taux de saisie a augmenté, à hauteur de 300 en 2025. L’université affiche une tolérance zéro contre les discriminations et les discours de haine avec une campagne d’affichage qui rappelle que ces actes sont des délits punis par la loi.
