Tag: députés

  • Guerre intestine chez la droite LR

    Guerre intestine chez la droite LR

    Le ministre de l’Intérieur démissionnaire sera-t-il victime de son jusqu’au-boutisme ? En faisant exploser, dimanche soir, un socle commun déjà fragilisé entraînant la démission de Sébastien Lecornu, Bruno Retailleau, chef du parti LR, pourrait perdre gros. Mercredi, alors que la suspension de la réforme des retraites était au cœur des discussions, il a déclaré sur BFM-TV : « On défend cette réforme depuis des années, c’est la seule que le pays ait faite en sept ans. Revenir dessus serait catastrophique pour notre économie, l’accepter serait suicidaire pour la droite. » Une position que n’ont pas appréciée certains députés LR. C’est le cas de Vincent Jeanbrun (Val-de-Marne) : « Dans un monde normal, les décisions qui engagent un groupe parlementaire sont prises par les députés dudit groupe parlementaire et non par le seul parti. Il faut toujours préférer son pays à son parti surtout dans la période actuelle. Prenons de la hauteur. »

    Retailleau fait aussi polémique en appelant « à ne pas voter pour la gauche », dimanche lors de la législative partielle dans le Tarn-et-Garonne, où s’affrontent le candidat RN/UDR, Pierre-Henri Carbonnel (29,5%) et la candidate socialiste Cathie Bourdoncle (24,23%). Une consigne balayée par Bernard Pécou (17,6%), le candidat LR qui « laisse libre de leur choix » les électeurs, sans aller jusqu’à appeler au front républicain. Le désaccord reste majeur.

  • Bayrou renversé, Macron au pied du mur

    Bayrou renversé, Macron au pied du mur

    Le rideau est définitivement tombé sur François Bayrou à l’issue d’un dernier acte provoqué par lui-même, lundi 8 septembre, à l’Assemblée nationale. Une écrasante majorité de députés, 364 sur 558 suffrages exprimés, ont refusé de lui accorder la confiance, faisant, de facto, tomber le gouvernement. Ils ont été seulement 194 à voter « pour ». Comme le stipule la Constitution, François Bayrou doit remettre sa démission au président de la République, neuf mois à peine après sa nomination. Il le fera ce mardi. Dans un communiqué, l’Élysée précise qu’Emmanuel Macron « prend acte » du résultat et nommera un nouveau Premier ministre « dans les tout prochains jours. »

    En engageant sa responsabilité, François Bayrou savait qu’il allait à l’échec, ne disposant pas de majorité. « Cette épreuve de vérité, je l’ai voulue », a lancé, bravache, le maire de Pau avant d’enfourcher son dada : la dette. « La France n’a pas connu de budget à l’équilibre depuis 51 ans », a-t-il déclaré pour justifier son « plan pour aller vers le désendettement ». Une cure d’austérité budgétaire de 44 milliards d’euros pour 2026 qu’il avait révélée le 15 juillet. « Vous avez le pouvoir de faire tomber le gouvernement, mais vous n’avez pas le pouvoir d’effacer le réel », a-t-il conclu, en guise d’oraison funèbre. Côté soutiens, Bayrou a reçu celui de son groupe, les Démocrates. Son président, Marc Fesneau, a fustigé les « déficito-spectiques ». Autre allié, le groupe Horizons et Indépendants, par la voix de Paul Christophe, a asséné sa potion amère, celle d’Édouard Philippe : « Nous devons dépenser moins et travailler plus ». Pour les macronistes, Gabriel Attal (Ensemble pour la République), a joué la carte du dialogue avec les socialistes, mais sans les nommer. « Je tends la main et je vous le demande, dialoguons » . Voilà pour les soutiens. Car du côté de la droite LR, pourtant au gouvernement avec Bruno Retailleau, contraint de quitter Beauvau, les votes se sont partagés. Bayrou n’a même pas réussi à faire le plein chez les députés du socle commun : 194 voix sur 210 potentielles. Un désaveu dans le désaveu. Quant à l’extrême droite RN et son supplétif, l’UDR d’Éric Ciotti, Marine Le Pen a martelé son obsession : la dissolution de l’Assemblée nationale. Ce à quoi Macron se refuse, pour l’instant.

    Si les gauches ont été unies dans le vote « contre », les stratégies pour l’après Bayrou divergent fortement. Boris Vallaud (PS) a déclaré que « les socialistes sont prêts, avec la gauche et les écologistes, à gouverner ». Il se tourne vers les députés du socle commun : « Acceptez le désir de changement des Français. Comme socialistes, nous ne nous déroberons pas ». Pour les députés écologistes, Emmanuel Macron doit « nommer un premier ministre issu du Nouveau front populaire », la coalition des gauches arrivée en tête aux législatives anticipées en juin 2024. Mais la présidente du groupe, Cyrielle Châtelain, prévient : « Le dialogue, toujours, la compromission, jamais ». La présidente du groupe FI, Mathilde Panot, a été plus cinglante : « Tous ceux qui tenteront de sauver le soldat Macron tomberont ». Pour la députée insoumise, avec la chute de François Bayrou, « le mouvement du 10 septembre aura obtenu une victoire avant son commencement ».

    Le mouvement social ne peut, en effet, rester en marge. Stéphane Peu (PCF), rappelle que les Français « souhaitent que l’on change de politique ». Le président du groupe Gauche démocrate et républicaine estime ainsi majeurs les rendez-vous sociaux des 10 et 18 septembre, avec notamment une intersyndicale à nouveau unie pour la justice sociale. « L’écart entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi grand depuis 30 ans », a insisté le député, remettant au mitan un enjeu cardinal.

    « Les socialistes sont prêts, avec la gauche et les écologistes, à gouverner. Qu’il vienne nous chercher ! »

  • Le Premier ministre François Bayrou renversé par les députés

    Le Premier ministre François Bayrou renversé par les députés

    Le rideau est définitivement tombé sur François Bayrou à l’issue d’un dernier acte provoqué par lui-même, lundi 8 septembre, à l’Assemblée nationale. 364 députés ont voté « contre » la confiance, dont l’ensemble des députés des quatre groupes de gauche : PS, FI, Les Écologistes, Gauche démocrate et républicaine (qui comprend les communistes). Ils ont été 194 députés à voter « pour ». Très largement insuffisant pour François Bayrou, qui doit quitter Matignon. Comme le stipule la Constitution, François Bayrou doit, en effet, remettre sa démission et celle de son gouvernement, au président de la République, à peine neuf mois après sa nomination. Il devrait le faire mardi 9 septembre.

    En engageant sa responsabilité, le Premier ministre savait qu’il allait à l’échec, ne disposant pas de majorité. « Cette épreuve de vérité, je l’ai voulue » a lancé, bravache, le maire de Pau avant d’enfourcher son dada : la dette. « La France n’a pas connu de budget à l’équilibre depuis 51 ans », a déclaré le Premier ministre pour justifier son « plan pour aller vers le désendettement ». Un plan d’austérité budgétaire d’un montant de 44 milliards d’euros pour l’année 2026 qu’il a révélé le 15 juillet. « Vous avez le pouvoir de faire tomber le gouvernement, mais vous n’avez pas le pouvoir d’effacer le réel », a-t-il encore déclaré aux députés en guise d’oraison funèbre.

    Désormais, la balle est dans le camp du président de la République. Emmanuel Macron, qui exclut de démissionner, a deux options : nommer un nouveau Premier ministre ou dissoudre l’Assemblée nationale.