Tag: Défense

  • Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Découverte par hasard en mars 2025 au large de Ramatuelle, à plus de 2 500 mètres sous le niveau de la mer, l’épave Camarat 4 est le site archéologique le plus profond jamais référencé dans les eaux françaises. Datée du XVIe siècle, elle est considérée comme un témoin clé de l’histoire maritime, dont l’étude permettra de mieux saisir l’époque, notamment grâce à sa mise en perspective avec son contexte et les autres épaves découvertes sur le littoral.

    Les équipes du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) de la Marine nationale et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm – ministère de la Culture) y ont ainsi mené une mission conjointe du 6 au 8 avril. Celle-ci avait pour premier objectif de réaliser une photogrammétrie de l’objet, afin d’en produire un modèle numérique à partir de près de 67 000 photos, en collaboration avec le CNRS. L’intérêt : pouvoir étudier avec une grande finesse l’architecture de l’épave et les détails de son matériel (canons, ancres, céramiques, chaudronnerie…), ainsi que questionner la répartition originelle des mobiliers, l’effondrement de ses structures, mais aussi les conditions de son naufrage.

    Un intérêt militaire

    La mission a également permis le prélèvement ponctuel d’objets céramiques (en l’occurrence trois pichets et une assiette), qui ont eux aussi ont été numérisés pour être étudiés sans risquer de les endommager. Ils ont été remontés à l’aide d’un véhicule télé-opéré depuis la surface (ROV), développé par la société Travocean. Cet engin, pouvant intervenir jusqu’à 4 000 mètres de profondeur a été mis en œuvre par l’équipe du Groupe d’intervention sous la mer (Gismer) du Cephismer, avec l’appui scientifique du Drassm et technique de Travocean.

    Bien que l’archéologie ne soit pas son domaine d’action principal, cette opération a permis de faire monter en compétence le personnel du Gismer quant au pilotage du ROV et à l’utilisation des techniques photogrammétriques. Un aspect essentiel pour la Marine nationale, pour qui ces coopérations civilo-militaires permettent de mieux maîtriser l’usage de ces technologies.

  • Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Palais des Sports accueillait jeudi la 3e édition du Toulon defense event, un événement porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa). Objectif : présenter les métiers de la défense à plusieurs milliers de visiteurs. « C’est une initiative qui remonte à quelques années et correspond aux besoins du Var sur les métiers de la défense », explique Pascal Blain, directeur régional de France Travail et référent national Défense. Parmi les plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir, des domaines variés, du civil au militaire. Certains « particulièrement importants pour nous, comme la cybersécurité, mais aussi d’autres auxquels on pense moins comme la restauration-hôtellerie-loisir », précise le général Pierre-Olivier Marchand pour illustrer « les centaines de métiers possibles dans les armées ».

    Un outil de souveraineté

    Comme prévu, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a fait le déplacement. Après un bain de foule pour visiter les différents stands, l’ancien patron de la SNCF a à nouveau annoncé le chiffre de 10 000 créations d’emplois dans le domaine de la défense, d’ici trois ans, dans un contexte où « les enjeux militaires sont entrés dans le quotidien. Les métiers militaires, civils, d’industrie, de sécurité intérieure sont essentiels et ce salon est là pour dire qu’ils recrutent ». Un message particulièrement adressé « aux jeunes, parfois un peu perdus. Voilà des métiers passionnants et très divers ».

    Encore faut-il, pour les attirer, créer « des ponts entre le monde de la défense et le marché du travail ». C’est pourquoi le ministre du Travail a nommé la générale Dominique Vitte pour diriger le nouveau pôle de recrutement de France Travail dédié à l’industrie de défense. Une organisation qu’il souhaite reproduire dans le domaine des énergies, dans une optique de souveraineté, dont « l’exemple de la guerre en Iran » démontre la nécessité. C’est sur cette notion que Jean-Pierre Farandou a conclu son discours, appelant à « résister » face à « deux superpuissances qui nous compriment, ne nous veulent pas du bien, les États-Unis et la Chine. Si on les laisse faire, ils vont détruire nos entreprises, nos emplois et saccager notre modèle social ».

  • À Toulon, mobilisation générale de la CGT contre la militarisation des esprits

    À Toulon, mobilisation générale de la CGT contre la militarisation des esprits

    À quelques centaines de mètres seulement du salon feutré du Palais des Sports, où l’on vend à la jeunesse une fiction fondée sur l’idée d’une guerre propre et des métiers qui s’y rattachent (lire ci-dessous), la CGT proposait, jeudi matin sur la place d’Armes, une solide grille de lecture pour décrypter la réalité.

    Et, pour commencer, mettait en lumière la militarisation des esprits, qui touche toutes les couches de la société. En particulier les élèves et les personnes privées d’emploi : aux premiers, on présente un avenir soi-disant porteur de sens (lequel ?) ; aux secondes, une alternative présentée comme presque incontournable. Des cibles parfaitement assumées par les pouvoirs publics.

    En témoigne la conférence programmée au mois de mars dans un collège de Saint-Maximin, destinée aux élèves de 3e dans le cadre des « classes défense » et animée par David Harari, ingénieur franco-israélien surnommé « le père des drones ». Un choix explosif dans le contexte géopolitique actuel, souligne Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale de la CGT du Var. Il rappelle que « les drones militaires sont au cœur de conflits, notamment à Gaza, où des dizaines de milliers de civils – dont plus de 21 000 enfants – ont été tués depuis le 7 octobre 2023 ». Un problème qui ne semble pas avoir préoccupé l’Académie qui, alertée, a décidé de maintenir la séance.

    Elodie Hernandez, de la CGT Educ’action, a insisté sur le fait que « les élèves de 14 ans ne disposent pas des outils critiques nécessaires pour appréhender le droit international, les frappes à distance, l’automatisation des décisions létales, la responsabilité juridique et les enjeux géopolitiques ». Et que « la mission de l’École est de former des citoyens éclairés, pas d’exposer des adolescents à des discours susceptibles de banaliser des outils de guerre ».

    Le combat pour la paix

    Pour Gérard Ré, membre du bureau confédéral de la CGT, « le contexte est inquiétant, avec les rapports qui soulignent qu’en 2024, 230 000 personnes sont mortes dans le monde par la guerre et qu’une personne sur dix est touchée par des conflits de toute nature ». En parallèle, on est face à « un état de conflictualisation généralisée du monde qui fait l’intérêt des entreprises de l’armement ». Il rappelle qu’« en 5 ans, les profits ont augmenté pour elles de 285% ».

    Un cynisme assumé, selon le responsable syndical, à travers des opportunités d’exportation encouragées par le pouvoir politique français, alors que des vies humaines sont en jeu.

    L’occasion de rappeler que « le 1er-Mai est aussi une journée de lutte pour la paix et la solidarité internationale des travailleurs. ça prend tout son sens dans le contexte actuel. Ce n’est pas pour rien qu’il est attaqué par le gouvernement et par l’extrême droite ».

    Le responsable confédéral rappelle que la CGT a toujours mené cette bataille « parce qu’il ne peut pas y avoir de progrès social s’il n’y a pas de paix ». Puisque les augmentations des budgets de l’armée se font au détriment de ceux, par exemple, de l’éducation et des hôpitaux.

    à ses côtés, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, précise : « Pour autant, on n’est pas contre la défense, mais une défense souveraine, avec des entreprises qui reviennent dans le giron de l’État, qui échappent à la spéculation guerrière, parce qu’aujourd’hui, ce ne sont que des entreprises privées qui se font du fric sur la mort des gens. » Il poursuit : « Qu’un pays soit souverain et assure sa défense, ça nous semble logique. Sauf qu’aujourd’hui, on vient expliquer à nos enfants, aux élèves de la région, qu’ils ont des opportunités professionnelles en s’engageant, y compris militairement, pour aller risquer leur vie sur des champs de bataille à l’étranger. » Pas vraiment l’avenir que l’on souhaite pour la jeunesse, insiste-t-il, alors qu’« elle a besoin d’un avenir de fraternité et de coopération ».

    « De la naissance à la mort, ils ont un projet, nous aussi, et vous vous doutez que c’est pas le même », scande à la tribune Richard Roméo-Giberti, qui rappelle les 413 milliards d’euros de la Loi de programmation militaire et les 800 milliards du plan européen pour réarmer l’UE. « Un milliard en billet de 100 euros, c’est une pile de 1 km. Ils ont le trajet Cherbourg-Toulon en billet de 100 euros à se partager. » Une manne qui, souligne-t-il, n’est évidemment pas destinée à être réduite par celles et ceux qui en bénéficient, pas plus qu’elle ne sera redirigée vers le progrès social.

  • La CGT défend la paix et s’oppose à la militarisation manifeste des esprits

    La CGT défend la paix et s’oppose à la militarisation manifeste des esprits

    Dans un contexte de hausse continue des budgets militaires, de banalisation de l’armement et de multiplication des dispositifs orientant jeunes et demandeurs d’emploi vers ces secteurs, la CGT profite de l’ouverture du Salon Toulon Défense Event pour alerter sur une dérive : celle d’une société qui s’habitue progressivement à la guerre et à ses logiques.

    « Présenter l’industrie de Défense comme une opportunité professionnelle ordinaire, sans interroger ses finalités, revient à occulter des enjeux fondamentaux de paix, de souveraineté et de responsabilité collective », commence le secrétaire général de l’UD CGT 83, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical fait remarquer que « pendant que des moyens considérables sont consacrés à l’armement, les besoins sociaux restent immenses dans l’éducation, la santé et les services publics ». Ce choix politique n’est pas neutre et doit nous interroger. Alertée par ses syndicats, la CGT veut démontrer qu’« il y a un effet de fond, dans la société, pour promouvoir la guerre et la militarisation ». Y compris à l’école. Pour Élodie Hernandez, de la CGT Éduc’action, certaines évolutions de l’Éducation nationale posent question. Elle cite notamment un guide publié en novembre, intitulé Acculturer les jeunes à la Défense. « Un glissement est en train de s’opérer », alerte-t-elle. Le document encourage en effet à « multiplier très tôt les partenariats à l’école et les classes de Défense ». « Ça pose vraiment un problème, parce qu’on n’est plus dans les missions de l’école qui sont d’éduquer, former, de douter, se justifier, argumenter, questionner le monde. Mais dans la transmission d’une culture basée sur l’obéissance. ».

    Responsabilité collective

    Richard Roméo-Giberti rappelle également l’alerte lancée par la CGT à la suite de l’annonce d’une conférence sur les drones militaires programmée en mars dans un collège de Saint-Maximin : « On a essayé d’interpeller le rectorat pour leur demander si c’était nécessaire dans le moment qu’on était en train de vivre. » Vaine tentative.

    Du côté de France Travail, on met également le paquet, dénonce le délégué CGT Olivier Moreau : « L’an passé, on a eu l’annonce par notre ministre du Travail de la création d’une cellule de recrutements spécifique à l’intérieur de France Travail, avec à sa tête un général d’armée, pour recruter dans ces secteurs-là, de façon spécifique. » Et d’insister sur la « forte pression exercée » sur les demandeurs d’emploi pour les inciter à se rendre au Toulon Défense Event. « On veut rappeler à tout le monde que la guerre n’est pas un jeu vidéo, c’est des morts, des déplacés, des viols, des drames, insiste Richard Roméo-Giberti. Mais on est aussi capable de dire, à la CGT, qu’il nous faut une industrie de Défense et une armée pour soutenir la population. »

    Rendez-vous est donné ce jeudi, dès 10h30, place d’Armes, à toutes celles et ceux qui souhaitent armer leur conscience plutôt que marcher au pas.

    ILS SE MOBILISENT

    Richard Roméo-Giberti, secrétaire de l’UD CGT Var

    « Aujourd’hui, 65% de l’armement qu’on produit en France est vendu à l’étranger à des états qui ne sont pas des démocraties. Et donc, qui tuent. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une condition favorable à la paix, que ce soit en France ou ailleurs. »

    Élodie Hernandez, CGT Éduc’action

    « L’affiche du Toulon Défense Event reprend le code graphique des jeux vidéo et des films d’animation.

    Ça rend la guerre à la fois lointaine et abstraite. Et on observe qu’elle s’immisce de plus en plus dans notre univers et que ça la banalise. »

    Olivier Moreau, CGT France Travail

    « On utilise France Travail comme un outil de coercition sur tous les privés d’emploi, avec les précaires, pour justement les amener vers des métiers dit aujourd’hui en tension, qui sont les métiers de l’industrie de la guerre, de l’industrie de la Défense, notamment. »

    Cyril Agostino, CGT IAI de Cuers

    « Ils veulent des militaires et équiper les industries françaises, comme Dassault, qui vend à tire-larigot des Rafales et des canons César. Ils veulent recruter du monde pour pouvoir les produire et les vendre à l’extérieur. Pas pour ouvrir des postes dont on manque. »

    Patrice Moulun, UL CGT de Toulon

    « Ce qu’on voit dans les images télé, quand on nous montre, par exemple, les Américains frappant l’Iran, se réduit à une image de jeu vidéo. On voit une explosion, une grande lumière, mais pas les dégâts ni les morts provoqués en dessous. »

  • Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Toulon au centre de la stratégie de Défense

    Premier port militaire d’Europe, Toulon s’impose depuis des décennies comme l’un des piliers de l’appareil de Défense nationale. Dans le Var, la filière revendique quelque 30 000 emplois directs, 13 000 emplois induits et près de 2 500 entreprises liées à la Défense. Toulon constitue un enjeu stratégique majeur pour le secteur à l’échelle nationale. Un territoire appelé à jouer un rôle central dans la montée en puissance affichée par le gouvernement. Car cette dynamique locale s’inscrit dans un cadre national et international précis.

    Les effectifs sont appelés à être encore renforcés dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Votée en 2023, celle-ci prévoyait déjà 413 milliards d’euros de dépenses sur six ans. Mais dans la lignée des engagements pris par la France lors du sommet de l’Otan à La Haye, en juin 2025, et au regard d’un contexte international explosif, marqué par le bellicisme de plusieurs gouvernements d’extrême droite (États‑Unis, Israël et Russie en tête), Emmanuel Macron a annoncé, en juillet, que l’effort de Défense serait porté à 2,5% du Produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2030, soit environ 76,3 milliards d’euros. Conséquence directe : une augmentation du budget de la Défense de 6,7 milliards d’euros en 2026, pour atteindre 57,1 milliards. Ce budget est soumis depuis mardi à l’examen de la commission Défense de l’Assemblée nationale, avant d’être débattu en séance plénière dès le 4 mai.

    Une logique politique

    Pour traduire cette orientation sur le plan industriel, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, s’est rendu dans le bassin toulonnais le 17 janvier, sur deux sites liés à la Défense, Naval Group et Acti. Il y a annoncé la création d’une « organisation particulière au sein de France Travail », « sous les ordres du ministère de la Défense », pour « aider les entreprises à trouver les compétences et ressources dont elles ont besoin ».

    Une semaine plus tard, la ministre de la Défense, Catherine Vautrin, s’est à son tour déplacée dans le département, en visitant la Direction générale de l’armement (DGA) à Toulon. Elle y a notamment suivi l’évolution du projet Drone de surface autonome naval à capacité d’armement embarqué (Danae), destiné à la protection des ports et à l’escorte de navires militaires. La ministre y a également affirmé la nécessité d’être « plus européen dans notre stratégie industrielle, avec des équipements capables d’agir de concert », appelant à une Europe de la défense « pour mieux peser sur l’Otan ». Catherine Vautrin a insisté sur le renforcement de la Base industrielle et technologique de défense (BITD), présenté comme « une condition de survie industrielle et un outil de puissance. Car là ou nos équipements sont déployés, notre influence stratégique s’enracine », avait-elle déclaré, rappelant que la France était le deuxième exportateur d’armes au monde, au terme d’une année 2025 au cours de laquelle les conflits armés ont fait des centaines de milliers de victimes.

    Ces positions complémentaires trouvent écho dans le Toulon Défense Event, où Jean-Pierre Farandou sera présent, ce jeudi. L’événement, porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa), présentera, à travers 80 exposants, plus de 200 métiers liés à la Défense.

    De nombreuses animations 
    -échanges avec des professionnels, simulateurs de vol et d’aérocombat, démonstrations de drones, dispositifs des forces navales- seront proposées pour permettre aux visiteurs de découvrir métiers et équipements, « mais aussi de se projeter » et « susciter des vocations ». Car l’objectif principal de la journée sera de promouvoir plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir dans le secteur, l’augmentation des capacités défensives ne pouvant se faire sans main-d’œuvre.

    Pragmatique ? Nécessaire ? L’opération, éminemment politique, s’inscrit en tout cas pleinement dans les orientations budgétaires du gouvernement. Et induit des coupes budgétaires dans des domaines essentiels précarisés, de la santé à l’éducation, en passant par la culture.

  • Faire de la France une puissance de paix

    Faire de la France une puissance de paix

    Sommes-nous déjà dans un monde où la loi du plus fort a repris le dessus sur tous les garde-fous issus
    de la Seconde Guerre mondiale ? Organisation
    des Nations unies, multilatéralisme, diplomatie, Déclaration universelle des Droits de l’Homme, liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, droit international… Tous ces cadres et ces principes n’ont jamais, il est vrai, éliminé les rapports de force, les interventions impérialistes et les conflits armés mais ils avaient considérablement « civilisé » notre monde à la sortie de la grande barbarie que fut le nazisme.

    Depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la domination sans partage du modèle libéral, ses partisans nous avait décrit une « fin de l’Histoire » dans une forme de prospérité généralisée et pacifique fondée sur le libre-échange et le ruissellement des richesses du haut vers le bas de la société…

    Enjeu de 2027

    Le mirage s’est depuis longtemps dissipé notamment parmi les classes populaires des pays désindustrialisés et l’avènement du trumpisme aux États-Unis a tout bousculé. Affirmant sans fard ses ambitions dans le contrôle des ressources et des territoires, le président étasunien s’en est tour à tour pris au Venezuela puis à l’Iran tout en ayant menacé le Groenland et Cuba, en dépit de toutes les règles internationales, ivre de sa puissance militaire.

    Dans ce monde nouveau et dangereux, la France cherche sa place. Elle doit être une puissance de paix.

    Si vis pacem para bellum « si tu veux la paix, prépare la guerre » dit la célèbre locution latine. Si tu veux la paix, prépare ta défense,
    oui sans nul doute. Mais surtout si tu veux la paix… prépare la paix !

    La France, avec son histoire et son réseau diplomatique, ses moyens de défense, doit se mettre au service de la construction d’une paix mondiale durable qui ne peut être fondée que sur la justice, le respect et la prospérité partagée.

    Ce ne sera pas le moindre des enjeux de la présidentielle de 2027.

  • Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    Le secteur de l’aéronautique et de la défense recrute

    C’est à deux pas de l’enceinte d’Airbus Helicopters, premier employeur privé du département, que se tenait le Forum aéronautique, emploi et sécurité ce mercredi 8 avril. Plus de cinquante entreprises, allant des leaders mondiaux, tels que Safran, Segula ou Sabena, aux PME locales ont répondu présentes à cette 15e édition.

    « Il y a de vrais besoins, affirme Sophie Nguyen Thanh Dao, directrice de l’agence France Travail de Marignane. On a la chance d’être sur un territoire qui a une histoire liée à l’aéronautique, avec un bassin d’emploi de l’étang de Berre qui abrite des donneurs d’ordre et des sous-traitants avec de réelles opportunités : on a 700 offres qui sont proposées, qui vont du CAP jusqu’à l’ingénierie, avec des postes à pourvoir dans les prochains mois. »

    Parmi les profils les plus recherchés, les techniciens de maintenance. « C’est le graal », assure Véronique Pinotti, directrice emploi au sein de l’Union des industries et métiers de la métallurgie Côte d’Azur. « C’est un métier en tension, on a du mal à être attractif alors que c’est super intéressant, on fait de la maintenance prédictive, c’est très moderne. »

    Si les carnets de commandes sont pleins, c’est en partie dû au « contexte international » qui « nécessite de la production et donc par répercussion de l’emploi », souligne Sophie Nguyen Thanh Dao.

    Le secteur devrait poursuivre son développement dans les années à venir, avec l’implantation de nouvelles industries à l’instar d’Hynaero à Istres. « Ces projets sont encore autant d’opportunité d’emplois dans l’aéronautique avec, à terme, pour 2027-2030, bon nombre de postes, poursuit la directrice d’agence. Tous les partenaires de l’emploi et de la formation s’organisent pour préparer ces arrivées. »

  • Un partenariat entre la Flotille de Perfectionnement du Surfacier de Toulon et le collège Yves Montand

    Un partenariat entre la Flotille de Perfectionnement du Surfacier de Toulon et le collège Yves Montand

    Susciter l’engagement. Tel est l’objectif de la convention signée, mercredi, entre la classe défense du collège Yves-Montand de Vinon-sur-Verdon et la Flotille de perfectionnement du surfacier de Toulon (FPS). Une unité créée en 2024 pour l’adaptation des marins à l’emploi sur les bateaux. Celle-ci vise « à améliorer la performance des marins de toutes spécialités (porte avion, frégate, porte-hélicoptères…) », décrit son commandant, le Capitaine de frégate Guillaume Soubirant.

    « Promouvoir la défense » et « apporter du sens »

    Une unité qui s’appuie notamment, face à la vitesse de développement des nouvelles technologies, sur des outils numériques (simulateurs de conduite et propulsion, et de lutte sous la mer), qui « permettent de former quand les bateaux ne sont pas là », explique le capitaine. À son service également, un laboratoire d’innovation (FANLAB), qui agit sur la conception et le déploiement de solutions opérationnelles.

    Ce type de partenariat permet, pour la FPS, de « promouvoir les valeurs de défense, ouvrir notre unité vers l’extérieur et montrer ce qu’on fait, avec un aspect mémoriel, en particulier dans le cadre des 400 ans de la Marine », projette Guillaume Soubirant.

    Des marins de la FPS rendront visite aux collégiens -avant leur rentrée en classe de 3e – en mai. Ces derniers feront le chemin inverse l’an prochain, pour découvrir les métiers de la Marine. « C’est la première classe de défense de l’établissement. C’était un projet auquel on tenait, dans le cadre de notre parcours avenir. Le lien armée-nation est primordial. Vinon est un territoire isolé. Les jeunes ont besoin de sens, ce partenariat va en apporter », se réjouit Agnès Tarquin, principale du collège Yves-Montand.

  • Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Treize femmes et trois hommes, dont dix septuagénaires, comparaissent depuis lundi, à Marseille, pour proxénétisme aggravé et tolérance habituelle de la prostitution dans un lieu ouvert au public. Avec ce procès tardif de tenancières de « bars américains », de barmaids et d’hôtesses aguicheuses, ressurgit l’ancien monde des nuits chaudes du quartier de l’Opéra, remplacé depuis dix ans par des cafés bobo et des commerces attrape-touristes.

    Le Brazilia, le Beverly, le John’s, le Ginger, le Dark Side, le 5e Saens, la Crémaillère, le Sweet Lady, le Tropical ou la Grange ont tous tiré le rideau après le coup de filet opéré en 2015 par la police judiciaire. La nostalgie des « bars à hôtesses » pour clients esseulés alpagués par des entraîneuses pour boire du faux champagne à 350 euros la bouteille, c’est la défense de Florence G., 62 ans, ex-patronne du Ginger et du John’s. « Je trouve qu’aujourd’hui on est beaucoup plus rigoriste, on ne sait plus vivre », a-t-elle confié au juge d’instruction. « C’est vieux tout ça », soupire, agacée, la matrone un peu raide qui lève les yeux aux écoutes et témoignages qui disent qu’au contraire, ses filles faisaient des « gâteries » aux bons clients derrière un rideau ou au fond des toilettes. L’ex-patronne avance surtout la volonté des autorités d’aseptiser et gentrifier le quartier.

    « La foire à la saucisse »

    Prostituée à l’âge de 18 ans, Florence G. a toujours voulu diriger un bar. « C’est festif et marrant », d’autant que « racoler, c’est pas un souci ». « Pour acheter le Ginger 20 millions d’anciens francs, il fallait se prostituer, car les banques ne font pas crédit. » En 2003, elle est condamnée pour proxénétisme : « Déjà, ils voulaient fermer les bars. Il n’y avait rien, mais j’ai fait deux mois de prison, j’ai fermé deux ans, puis j’ai rouvert. Et là, on m’a collé cette affaire alors qu’il n’y a rien. Je suis responsable de mes bars. J’ai mis en place des barmaids de confiance. J’avais engueulé Jackie car elle se faisait masser le bas du dos. » Pour elle, les filles s’accusent par jalousie. « Elles savent que si j’apprends qu’elles franchissent la ligne rouge, je les renvoie. Regardez le dossier, il n’y a rien ! » lance-t-elle à la présidente Clémence Heinemann, qui menace de l’expulser et lit les dépositions d’un habitué de la rue Glandevès : « Oui, il y a eu bisous, caresses, danses et fellations dans tous les bars. » « Si on veut faire du chiffre, comme nous le demandent les patronnes, il faut fermer les yeux », a admis aussi une barmaid.

    Martine, 48 ans, ex-entraîneuse transgenre en dépression, met l’ambiance à la barre. « La prostitution, c’est pas le but des bars américains. Moi, j’ai adoré y travailler. J’avais acheté un boa en plumes aux puces. C’était la comédie, tout le monde rigolait alors que la prostitution de rue, à 30 euros la fellation sur le Prado, c’est la misère. Là, j’étais rémunérée 50 euros par jour et un pourcentage sur les consommations. »

    La magistrate cite un barmaid qui raconte que c’était « la foire à la saucisse » dans le grand salon où, tous les soirs, telle hôtesse avait « une bite à la main ». Max, 79 ans, le barmaid poursuivi mais absent, relate que « pour un verre à 20 euros, elle va derrière ». « Moi j’ai eu plein d’amants, j’adorais la bite, réfute Martine, vraiment sans filtres. J’étais nympho, dévorée par les hormones pour ma transition. Mais, j’ai jamais sucé un client. On avait des beaux mecs dans le bar, on rigolait de pleins de conneries. Le client, il se prend pour un jeune premier, c’est un sketch. On offrait ce qu’un psychiatre ou une prostituée ne peut pas offrir. La personne devient quelqu’un, on lui redonne ses 20 ans. Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix pour quelqu’un qui doit rentrer chez lui avec ses crédits, ses ados qui font la gueule… Si le client paie 350 euros pour une pipe et qu’il revient, c’est qu’il a besoin d’un psychiatre. »

    L’association Équipes d’action contre le proxénétisme s’est constituée partie civile.

    « Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix »

  • La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    Nous ne laisserons jamais déposséder l’UL CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 126 ans », assène Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT lors de la conférence de presse, vendredi midi, à la Bourse du travail d’Arles. Les six unions départementales de la région, le comité régional et plusieurs syndicats CGT en lien avec le sujet de la défense ont participé à une journée d’étude sur la paix et le désarmement à la Bourse.

    Un lieu hautement symbolique. « Il faut bien comprendre la détermination de l’ensemble de la CGT à défendre cet outil de lutte qu’on occupe depuis 126 ans », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’Union locale CGT d’Arles, au regard des menaces répétées du maire Patrick de Carolis (Horizons) d’expulser le syndicat pour y implanter de l’Office de tourisme.

    En réponse, la CGT a adressé début février un courrier au préfet de région, Jacques Witowski, pour y dénoncer « la volonté de Patrick de Carolis de réduire notre activité syndicale et d’invisibiliser la CGT » lorsqu’il propose « deux bureaux de 11m² chacun » en remplacement de la Bourse du travail. « Nous envoyons un message à Patrick de Carolis : il prendrait une lourde responsabilité à s’en prendre à l’une des dernières organisations en capacité de réunir autant de monde pour préserver la paix et la démocratie », complète Nathalie Bazire, « ce serait un signe énorme politiquement à l’encontre de l’organisation qui a la paix entre les peuples pour étendard ».

    Meeting régional

    pour la paix

    C’est en ce sens qu’à l’avant-veille du second tour des élections municipales, Nicolas Bourcy indique que « l’union locale CGT d’Arles, en toute indépendance politique mais non neutre, appelle à voter pour l’Union pour Arles, seule liste à défendre l’UL CGT dans son programme » pour conserver cet outil.

    Un outil qui a permis l’échange. Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT Paca, parle d’une « cinquantaine de conflits dans le monde », citant le ministre allemand appelant sa population à se préparer à la guerre, Emmanuel Macron « disant que les dividendes de la paix, c’était terminé » en 2025, ou le général Mandon pour qui la France devait « accepter de perdre ses enfants ».

    « La guerre est une perspective sérieuse, une opportunité économique pour le grand capital, dans une crise qu’il a du mal à dépasser autrement que par la guerre et le fascisme », analyse le syndicaliste, dans une « Région qui se positionne clairement pour ». Surtout au regard de Toulon défense event le 23 avril. « C’est la première fois qu’un général est recruté par France Travail pour aller chercher des jeunes pour les industries de l’armement et l’armée », remarque Nathalie Bazire, annonçant « une initiative régionale, sans doute sous la forme d’un meeting, pour que la voix des travailleurs s’exprime face à l’idéologie dominante de la guerre « inévitable et bénéfique» » qui se tiendrait à Toulon, le 23 avril.

    Dans les Bouches-du-Rhône, un premier rendez-vous pour la paix a lieu le 28 mars à 10h sous l’ombrière du Vieux-Port à Marseille à l’initiative de l’UD CGT 13 répondant à un appel confédéral.