Tag: Conseil Départemental

  • Une campagne pour piéger les frelons

    Une campagne pour piéger les frelons

    Des aides financières pour la destruction des nids à destination des particuliers mais aussi des communes. C’est ce que propose le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre le frelon envahissant. Deux espèces sont dans le collimateur : le célèbre frelon asiatique à pattes jaunes, arrivé voilà plus de 20 ans et bien installé mais aussi son homologue, le frelon oriental.

    Des insectes qui présentent une « triple menace » indique le Département. Pour l’apiculture puisqu’ils sont à l’origine d’une surmortalité des abeilles, pour la préservation de la biodiversité car « ce sont des prédateurs des pollinisateurs sauvages locaux » et également pour « la santé et la sécurité des personnes » car leurs piqûres sont dangereuses.

    Autant de raisons d’engager un « piégeage de printemps » pour limiter la formation des nouvelles colonies, quand une seule reine frelon peut « en une année produire environ 13 000 ouvrières et 500 futures reines » précise le Département. La collectivité s’engage à financer les dispositifs pour les communes et regroupement de communes de moins de 200 000 habitants à hauteur de 70%.

    Des résultats

    « encourageants »

    Des pièges qui peuvent aussi être mis à disposition des particuliers, apiculteurs, agriculteurs ou entreprises. Pour les particuliers, une aide de 50%, plafonnée à 100 euros par intervention de neutralisation de nids est aussi mise en place. Depuis le lancement de ce plan en 2025, 69 municipalités et un groupement de 13 communes, Terre de Provence Agglomération, ont signé une charte de bonne pratique. Un référent communal a été nommé pour animer le réseau des piégeurs et alimenter un recensement national. Les premiers résultats sont « extrêmement encourageants » estime Didier Réault, vice-président du Conseil départemental délégué à l’Agenda 2030, affirmant que « les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui le département le plus actif au plan national » en matière de piégeage de printemps.

    Un dispositif qui a permis l’année dernière de capturer plus de 15 000 reines fondatrices de frelon asiatique à pattes jaunes sur un total de 35 865 bestioles attrapées en France. Pas moins de 15 reines fondatrices de frelon oriental ont aussi été prises sur un total de 115 dans le pays.

  • Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Pour ce premier conseil depuis les dernières municipales, le président du Département, Jean-Marie Bernard, a commencé par féliciter « les maires élus sur le territoire, et, à travers eux, l’ensemble des équipes municipales qui sont désormais constituées », et en a profité pour saluer le départ de Renaud Muselier, « un ami et allié de la première heure pour les Hautes-Alpes ». Des mots suivis d’applaudissements pour les succès aux Jeux de Milan-Cortina des deux athlètes paralympiques haut-alpins, Aurélie Richard et Arthur Bauchet.

    Parmi les principales mesures, le conseil départemental a voté la révision du plan pluriannuel d’investissements, passant de 525 millions pour la période 2022-2029 à 594 millions. Jean-Marie Bernard a dressé un objectif de financement supplémentaire de 72 millions pour les mobilités, nécessaires selon lui pour « désenclaver le département » et rénover le réseau routier entre la sortie de l’autoroute et la jonction avec la Nationale 94 à Montgardin, qu’il dit être « dans un état qu’on ne peut plus accepter aujourd’hui ». Le Département contribuera aussi à hauteur de 25 millions d’euros à plusieurs chantiers menés par l’État ou la SNCF en vue des Jeux de 2030, parmi lesquels ont été citées la réalisation de la rocade de Gap, la traversée de la Roche-de-Rame et l’amélioration de la desserte ferroviaire de Briançon.

    Inquiétudes pour les routes gérées par l’État

    Plusieurs élus ont exprimé leurs inquiétudes quant aux lenteurs des chantiers sur la N94, gérée par l’État, en vue des JO. « On n’est pas là pour critiquer l’action de l’État ou des agences régionales, mais on s’aperçoit que quand le Département a la maîtrise d’ouvrages, on a tendance à aller beaucoup plus vite », a relevé Marcel Cannat, vice-président du Département des Hautes-Alpes en charge des routes. « Il y a quelques jours encore, une grue de 50 tonnes n’a pas pu passer le pont de Savines-le-Lac pour se rendre dans le nord du département. Comment on va faire avec les Jeux dans trois ans ? », a-t-il fait remarquer, mentionnant également les retards pris sur la réhabilitation de la nationale au carrefour de Montgardin et demandant au président Jean-Marie Bernard et à la députée des Hautes-Alpes Valérie Rossi, « d’insister au niveau national ». Jean-Marie Bernard a assuré avoir alerté les acteurs compétents et assuré que le carrefour mentionné « serait révisé dans les temps avant 2029 ».

    L’autre principal thème a été le suivi du plan d’action sur le logement lancé début 2025. Le manque de logement est un problème bien identifié sur le département où 40% des logements sont des résidences secondaires et 10% sont vacants. Aussi, la révision du plan pluriannuel consacre 2,1 millions d’euros supplémentaires pour aider les collectivités dans la rénovation des logements communaux.

  • Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Les Hautes-Alpes veulent investir plus pour les mobilités

    Pour ce premier conseil depuis les dernières municipales, le président du Département, Jean-Marie Bernard, a commencé par féliciter « les maires élus sur le territoire, et, à travers eux, l’ensemble des équipes municipales qui sont désormais constituées », et en a profité pour saluer le départ de Renaud Muselier, « un ami et allié de la première heure pour les Hautes-Alpes ». Des mots suivis d’applaudissements pour les succès aux Jeux de Milan-Cortina des deux athlètes paralympiques haut-alpins, Aurélie Richard et Arthur Bauchet.

    Parmi les principales mesures, le conseil départemental a voté la révision du plan pluriannuel d’investissements, passant de 525 millions pour la période 2022-2029 à 594 millions. Jean-Marie Bernard a dressé un objectif de financement supplémentaire de 72 millions pour les mobilités, nécessaires selon lui pour « désenclaver le département » et rénover le réseau routier entre la sortie de l’autoroute et la jonction avec la Nationale 94 à Montgardin, qu’il dit être « dans un état qu’on ne peut plus accepter aujourd’hui ». Le Département contribuera aussi à hauteur de 25 millions d’euros à plusieurs chantiers menés par l’État ou la SNCF en vue des Jeux de 2030, parmi lesquels ont été citées la réalisation de la rocade de Gap, la traversée de la Roche-de-Rame et l’amélioration de la desserte ferroviaire de Briançon.

    Inquiétudes pour les routes gérées par l’État

    Plusieurs élus ont exprimé leurs inquiétudes quant aux lenteurs des chantiers sur la N94, gérée par l’État, en vue des JO. « On n’est pas là pour critiquer l’action de l’État ou des agences régionales, mais on s’aperçoit que quand le Département a la maîtrise d’ouvrages, on a tendance à aller beaucoup plus vite », a relevé Marcel Cannat, vice-président du Département des Hautes-Alpes en charge des routes. « Il y a quelques jours encore, une grue de 50 tonnes n’a pas pu passer le pont de Savines-le-Lac pour se rendre dans le nord du département. Comment on va faire avec les Jeux dans trois ans ? », a-t-il fait remarquer, mentionnant également les retards pris sur la réhabilitation de la nationale au carrefour de Montgardin et demandant au président Jean-Marie Bernard et à la députée des Hautes-Alpes Valérie Rossi, « d’insister au niveau national ». Jean-Marie Bernard a assuré avoir alerté les acteurs compétents et assuré que le carrefour mentionné « serait révisé dans les temps avant 2029 ».

    L’autre principal thème a été le suivi du plan d’action sur le logement lancé début 2025. Le manque de logement est un problème bien identifié sur le département où 40% des logements sont des résidences secondaires et 10% sont vacants. Aussi, la révision du plan pluriannuel consacre 2,1 millions d’euros supplémentaires pour aider les collectivités dans la rénovation des logements communaux.

  • Le RSA sous condition au cœur du débat budgétaire

    Le RSA sous condition au cœur du débat budgétaire

    Pour une fois, le ton changeait, dans l’hémicycle départemental, au moment d’aborder le budget. Après plus de trois heures d’une séance marathon, le vice-président (LR) chargé des finances Yves Moraine pouvait pousser un soupir de soulagement : « Comme nous l’espérions, comme je vous l’annonçais il y a quelques jours, la situation financière du Département s’améliore, et même plus nettement que je ne l’espérais. » La chance à la reprise du marché de l’immobilier, qui contribue à une hausse des recettes de 2% et permet d’augmenter de 92 millions d’euros le budget de la solidarité (+6%). Et l’argentier de narguer les oppositions de gauche : « Les spécialistes attachés aux augmentations sans fin des dépenses de solidarité pourront le constater : nous dépensons 766 euros par habitant pour la solidarité, contre 652 euros pour la moyenne des départements de la strate », lâche-t-il.

    C’est que plus tôt dans la séance, l’élue écologiste Nouriati Djambae avait déploré que sur les mineurs non accompagnés, « l’urgence est ignorée », s’alarmant aussi de l’insuffisante prise en charge du handicap : « Les besoins augmentent, les délais s’allongent, les structures saturent. » Jusqu’à irriter la présidente (DVD) de la collectivité Martine Vassal, qui lui coupe le micro. « Vos deux minutes sont écoulées. »

    « On ne pourra pas vous enlever que vous avez de la cohérence, tant ce budget ressemble à s’y méprendre à celui de l’année dernière », ironise de son côté l’adjointe marseillaise (PCF) Audrey Garino. Elle cible les coupes claires opérées dans les budgets du sport, la culture, des maisons départementales de la solidarité, du logement. « Ces baisses viennent une nouvelle fois impacter l’ensemble des délégations qui concourent à la cohésion sociale », regrette-t-elle. Ce qui n’avait pas empêché la conseillère (UDI) déléguée au logement Judith Dossemont d’assurer que sur sa délégation, « le Département agit là où d’autres renoncent ». Les investissements pour le logement sont pourtant en baisse de 4,6 millions d’euros (-20%), l’enveloppe pour les travaux de 13 Habitat (6,5 millions d’euros) n’est pas augmentée. « Nous ne baissons aucune des politiques volontaristes, que ce soit la culture ou le sport, nous gérons en bonne mère de famille », assure Martine Vassal en clôture de la séance. Avec des budgets pourtant respectivement en baisse de 2,2 millions d’euros (-12%) et 3,5 millions d’euros (-13%). Dans l’opposition, l’élu PS Azad Kazandjian réclamait ainsi une stabilisation du budget culturel, en appelant à « l’œcuménisme » métropolitain. « Nous diminuons des politiques publiques non obligatoires pour développer les politiques de solidarité », assumait pour sa part Yves Moraine, jugeant les critiques « modérées, très ciblées ». « Je pourrais même parler de critiquounettes », s’amuse-t-il.

    « Rester dans l’assistanat »

    Mais c’est sur la gestion du RSA (revenu de solidarité active) que les débats se durcissent. Les crédits de l’insertion professionnelle sont en hausse, de 56 millions d’euros (+9%). « Ce dont nous pourrions nous féliciter s’il ne s’agissait pas d’une augmentation mécanique des allocations versées », s’inquiète Audrey Garino, qui tacle « la prétendue efficacité du RSA sous condition, un dispositif non seulement injuste mais inefficace ». Le déploiement du dispositif qui conditionne le versement du minima social entre 10 et 15 heures d’activité se poursuit dans le département. Depuis le 1er janvier, les 13e et 14e arrondissements de Marseille, avec Allauch et Plan-de-Cuques, sont à leur tour concernés, avant les 2e-3e depuis le 1er avril. En septembre, ce sera le tour des secteurs Aubagne – La Ciotat et Salon – Berre. « Des jeunes au RSA, ce n’est pas plus utile de les encourager à travailler plutôt que de rester dans l’assistanat jusqu’à la retraite », interpelle la vice-présidente LR Marie-Pierre Callet, soulevant l’indignation de l’adjointe communiste. « Ce n’est pas du travail forcé, c’est inciter celui qui reçoit une allocation à se présenter à des rendez-vous », répond Yves Moraine, assumant « une différence fondamentale de vision ». Une incitation sous peine des sanctions maximales prévues par la loi, comme l’a voté la commission permanente en décembre.

  • Fermeture du foyer à Avignon : Coallia dénonce un contrôle à charge, le Département assume

    Fermeture du foyer à Avignon : Coallia dénonce un contrôle à charge, le Département assume

    Cosignataire de l’arrêté suspendant l’activité de la Mecs Le Regain, le Département, contacté, estime avoir « marqué de très près » son délégataire qui « a manqué à toutes ses obligations ». En ce sens, « au regard des dysfonctionnements graves, il y avait une atteinte à la sécurité physique affective et psychique des mineurs », que justifie donc la fermeture du foyer pour une demi-année. « Depuis le début, il y a eu tout un travail de suivi collectif avec la PJJ, un accompagnement gradué et des mises en demeure régulières », décrit le conseil départemental. Néanmoins, « malgré les courriers, les injonctions et la surveillance, la situation s’est aggravée ». Dans le détail, le Département et la PJJ ont adressé 5 injonctions et 53 préconisations lors d’un plan d’actions l’an passé. En vain donc.

    Coallia, le gestionnaire, est un mastodonte associatif (5 000 salariés, plus de 700 établissements), spécialisé dans l’accompagnement de publics fragilisés. Il y a deux ans, la Cour des comptes épinglait « l’accumulation de nombreux dysfonctionnements en matière d’organisation » du groupe. Sollicitée, la direction régionale comprend l’émoi que suscite l’arrêté si l’on se fie « à une seule version ». « Si j’étais préfet ou présidente du Département, je prendrai peut-être la même décision, mais celle-ci se fonde sur un contrôle à charge, où on paye nos mauvaises relations avec la PJJ, avec une visite de 20 minutes d’un côté et d’une heure de l’autre », se défend le groupe qui emploie 14 éducateurs au Regain. « Nous considérons cette suspension comme une arme nucléaire totalement irraisonnée, nous sommes en train de constituer un dossier avec des éléments contradictoires sur tous les points évoqués », nous indique la direction, qui sans nier « des dysfonctionnements, conteste la mise en danger réelle des enfants qu’on a déraciné en 48 heures sans jamais les interroger. » Coallia doit rencontrer ce vendredi et lundi le Département et la PJJ et se réserve « la possibilité de saisir la justice ».

  • Un foyer pour enfants fermé suite à de graves dysfonctionnements

    Un foyer pour enfants fermé suite à de graves dysfonctionnements

    Il y a deux semaines en séance du conseil départemental, Dominique Santoni confiait : « Depuis que je suis sur les délégations de l’enfance, je vois des choses terribles. » La présidente LR évoquait aussi « le traumatisme profond » d’enfants placés par l’aide sociale à l’enfance (ASE), au moment où le Département actait la création d’un centre d’appui à l’enfance, pour avoir une « montée en gamme de la qualité de l’accompagnement proposé aux jeunes placés ». Une structure en devenir d’une brûlante actualité à la lecture d’un arrêté conjoint préfecture-Département du 9 avril.

    Cosignée par Dominique Santoni, la décision vient suspendre pour six mois l’activité de la maison d’enfants à caractère social (Mecs) Le Regain, à Avignon, dont la gestion a été confiée en 2023 par le conseil départemental à l’immense groupe associatif Coallia, qui récuse la gravité des faits reprochés (lire ci-dessous). Cette suspension totale concerne les dix places d’internat, où des filles et garçons de 10 à 21 ans sont susceptibles d’être accueillis. L’arrêté précise que la seconde activité, de 19 appartements diffus, est « conservée dans l’attente d’un contrôle à venir ». Bien souvent ces enfants placés en Mecs ont été victimes de lourdes violences familiales et peuvent eux-mêmes avoir des problèmes comportementaux.

    Nourriture insuffisante et partage de lit entre mineurs

    Au Regain, ce ne serait visiblement pas là qu’ils ont trouvé le cadre idéal pour se (re)construire. Ce lundi, le lieu était bien désert en tout cas, avec aucun signe d’activité. Les premières alertes, remontées il y a deux ans, « mettent en évidence une désorganisation structurelle, une défaillance de pilotage de l’opérateur, un climat social délétère, des atteintes à la qualité de la prise en charge et des non-conformités réglementaires multiples ». La fermeture a été motivée par « un contrôle inopiné », mené le 2 avril, par la direction territoriale de la protection de la jeunesse (PJJ). Le rapport qui en a suivi, le 7 avril, fait froid dans le dos quant aux multiples dysfonctionnements, « révélant une persistance évidente de la gravité de la situation et de nouveaux constats alarmants ». Y sont notamment dénoncés, pêle-mêle : une absence totale d’encadrement, un turn-over massif des équipes avec un recours important à l’intérim, des activités éducatives limitées voire inexistantes, une inadéquation des moyens humains, des conditions matérielles d’accueil dégradées (accumulation de déchets et de linge sale, odeurs d’urine), présence d’objets dangereux (débris de verre), d’alcool et de produits stupéfiants dans certaines chambres. Mais encore « des manquements dans les besoins alimentaires ». Le rapport fait état d’une « une cohabitation dans une même chambre entre une mineure de 15 ans [16 d’après Coallia] et un mineur de 17 ans avec partage du même lit ».

    Cet état des lieux vient donc conclure deux ans de chaotiques procédures et d’échanges entre Coallia et les services du Département et de la PJJ. L’arrêté mentionne que « l’association n’a jamais répondu sur l’intégralité des sujets ». Et ils sont nombreux, au-delà déjà des faits évoqués. L’année 2025 a été émaillée « d’alertes récurrentes issues du voisinage révélant des agitations et des violences fréquentes au sein de la structure » ou « des sollicitations directes des voisins par des mineurs en difficulté ». Pire, des mineurs ont relayé aux services de l’ASE « des violences éducatives et des propos injurieux et à connotation sexuelle ». Cela signifie donc que si les faits sont avérés, le lieu censé protéger les enfants des violences les pratique aussi. Fin janvier, un incident est signalé pour des « faits allégués de maltraitance à l’égard d’une jeune fille » par une professionnelle. Le Département déclenchant derrière un signalement à la justice.

    Contactée, la collectivité (lire aussi ci-dessous) indique que les jeunes des foyers ont été relogés et suivis par leur référent ou éducateur. Dix mineurs « ont tous été réorientés vers d’autres opérateurs [dont 5 au centre enfance-famille 84] » quand « 2 autres faisant l’objet d’une mesure de placement pénale ont été accueillis sur une autre structure de la PJJ ». « Cela montre que quand on confie la gestion à un groupe privé lucratif, ça ne fonctionne pas », grince un agent des services de l’enfance, syndiqué CGT. À l’heure où la présidente du Département érige ce sujet en priorité, les futurs choix de gestion et moyens déployés seront scrutés de près.

  • Le Département réajuste son aide aux communes

    Le Département réajuste son aide aux communes

    Le coffre-fort du Département se referme. Alors que la situation financière de la collectivité s’améliore enfin, les conseillers départementaux devront approuver ce mardi matin, au moment de voter le budget, une coupe de 36 millions d’euros dans l’aide aux communes. De quoi la porter désormais à quelque 100 millions d’euros, une chute de 27% par rapport au précédent budget.

    « C’est normal en année électorale, les nouvelles équipes doivent se mettre en place », explique le vice-président (LR) délégué aux finances, Yves Moraine. Le conseil régional, quatre jours plus tôt, avait ainsi décidé d’une année blanche pour ses propres dispositifs d’aides aux communes, le temps de laisser ces nouvelles majorités construire leurs projets. Et l’argentier du Département de sourire : « Une fois que vous avez aidé les communes, il y a un moment où il y a moins de besoins. »

    C’est que le conseil départemental sait se montrer généreux : plus de 920 millions d’euros ont été versés entre 2018 et 2023 (dont près de 250 millions pour la seule année 2019), pointait en décembre dernier la Chambre régionale des comptes (notre édition du 02/12). Des aides qui n’avaient pas le moindre souci des inégalités du territoire, déploraient les magistrats. « Les règles qui régissent l’octroi des subventions départementales n’ont pas été formalisées », cinglait le rapport.

    Mise en conformité

    « La Chambre régionale des comptes a reconnu la qualité des dispositifs de l’aide aux communes », célèbre pourtant très sérieusement la première délibération à l’ordre du jour ce mardi, présentée par la présidente (DVD) de la collectivité Martine Vassal elle-même. Celle-ci malgré tout propose « une première série d’adaptations » pour se mettre en conformité avec les recommandations des magistrats. « Comme je l’avais annoncé au moment de la présentation du rapport », rappelle Yves Moraine. Ainsi les deux dispositifs qui finançaient l’achat de véhicules et de matériel sont supprimés – à l’exception des véhicules de police municipale, des comités feux de forêt ou de sécurité civile – le plafond de 100 000 euros pour les aides aux travaux de proximité sera désormais « strictement appliqué », les aides aux acquisitions foncières et immobilières seront limitées à une par an avec l’obligation de ne pas revendre les biens pendant vingt-cinq ans (au lieu de dix), les nouveaux bâtiments financés devront obligatoirement présenter une labellisation « bâtiment durable méditerranéen »… Reste encore à adapter le montant des subventions à la richesse des communes, comme le réclame la Chambre régionale des comptes. « Ces évolutions qui nécessitent des recherches de données budgétaires et des analyses complexes seront présentées à l’assemblée départementale lors d’une prochaine session budgétaire », annonce la délibération.

    Ces coupes dans les aides aux communes n’empêchent pas l’investissement global de la collectivité de se maintenir juste en dessous de 500 millions d’euros pour 2026, tandis que la hausse des recettes permet à l’épargne de se rétablir, pour une capacité de désendettement qui devrait passer sous la barre des douze ans fin 2026, après avoir frôlé les vingt ans. Les dépenses de fonctionnement progressent de 3,6%, dont 92 millions d’euros de plus pour les solidarités. Insuffisant, avait alerté le groupe communiste lors du débat d’orientations budgétaires (notre édition du 31/03). D’autant plus que le sport, la culture ou le logement font les frais des arbitrages budgétaires.

  • Vaucluse : un beau succès pour Reporters en Herbe

    Vaucluse : un beau succès pour Reporters en Herbe

    Parmi les dix-huit classes et plus d’une centaine de collégiens ayant participé à cette nouvelle édition du concours journalistique Reporters en Herbe, c’est la classe de 5e option provençal du collège André-Malraux de Mazan qui l’emporte.

    Grâce à un financement du conseil départemental, les élèves auront l’occasion de visiter les studios de France 3 à Marseille afin de découvrir les coulisses de la fabrication d’un journal télévisé. Ont aussi été récompensées des classes du collège Champfleury à Avignon, du collège Jules-Verne au Pontet et un prix coup de cœur pour une classe Ulis du collège Arausio.

  • La carence du Département épinglée par le Conseil d’État

    La carence du Département épinglée par le Conseil d’État

    Cette fois, c’est la juridiction suprême de l’ordre administratif qui pointe « une carence caractérisée dans l’accomplissement de sa mission par le Département des Bouches-du-Rhône ». Dans une ordonnance rendue ce mardi, le Conseil d’État a confirmé l’injonction du tribunal administratif de Marseille qui, le 3 mars dernier, ordonnait au conseil départemental d’héberger sous 48 heures une mère avec sa fille handicapée de 4 ans, avec une pathologie génétique rare, et son fils de 2 ans, et rejeté le recours de la collectivité.

    Arrivée en 2019 en France pour aider sa tante handicapée qui l’hébergeait, cette femme comorienne aujourd’hui âgée de 27 ans s’est retrouvée sans hébergement, le 12 février dernier. Prise en charge pendant deux semaines à la maison d’enfants de la Draille, elle n’a finalement reçu du conseil départemental que 92 euros pour trouver un hébergement entre le 27 février et le 2 mars. La Fondation pour le logement des défavorisés a finalement pris en charge quatre des cinq nuitées, jusqu’à ce que le juge administratif contraigne le Département à remplir ses obligations. Avant qu’il ne fasse appel, le 18 mars dernier, estimant que la mère est elle-même à l’origine de cette situation d’urgence.

    « La situation de Mme C… et de ses deux enfants, dont un de moins de 3 ans et une fille d’à peine 4 ans atteinte d’une pathologie rare rendant nécessaire, ainsi que cela est attesté par les pièces médicales du dossier, un logement et une vie stable, est d’une extrême vulnérabilité », s’alarme le Conseil d’État, qui balaie les arguments de la collectivité. Et quand bien même les 400 places de l’Aide sociale à l’enfance dans les Bouches-du-Rhône « sont sous forte tension », le Département n’a apporté aucune preuve qu’il ne peut pas héberger la famille.

    « La collectivité a pris ses responsabilités dès qu’elle a eu connaissance de leur situation », jure pourtant celle-ci auprès de La Marseillaise, indiquant que la famille a « désormais intégré une structure d’hébergement d’urgence financée par le Département ».

    L’institution promet ainsi qu’elle « assume pleinement son rôle dans la prise en charge des familles en difficulté ». Ce cas n’est pourtant pas isolé, et à plusieurs reprises, la justice a dû lui ordonner d’héberger de jeunes mères. Ce mardi, un référé a finalement été retiré, l’État palliant la carence de la collectivité. Mais la veille, le tribunal administratif lui enjoignait encore, sous astreinte, d’accorder sous 48h un hébergement d’urgence à une mère et sa fille âgée de 1 an, obligée de quitter son hébergement le 27 mars dernier. « Une atteinte grave et illégale à son droit à un hébergement d’urgence, eu égard à la situation de particulière vulnérabilité qu’elle établit », pointait l’ordonnance.

  • Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    « C’est la première fois que nous dépassons la barre des 2 milliards d’euros au budget primitif ». Prononcée en guise de conclusion de deux jours de débats cordiaux qui ont abouti, mardi 31 mars à Montpellier, au vote* du budget 2026 du Département de l’Hérault, la phrase de Kléber Mesquida (DVG) ne dit rien du casse-tête financier enduré.

    Si le président héraultais ne semble plus craindre une reprise en mains de la Chambre régionale des comptes, il est bien conscient que sa marge de manœuvre financière reste minime. Précisément de 33,8 millions d’euros (ME) au lieu de 68,7 l’an passé pour ce qui est de l’épargne brute. L’épargne nette est même négative (-19ME), au même niveau qu’en 2024. Pris dans « un effet de ciseau », le Département aux finances toujours précaires, ne sort pas encore de l’étau.

    Deux raisons essentielles l’expliquent. D’abord les dépenses sociales (949,2ME) pèsent mécaniquement chaque année plus lourd dans un territoire précaire. 280ME pour le RSA, 186,2ME pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), 185,1ME pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et 106,4ME qui relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

    « Chaque euro dépensé utile »

    Autant de dépenses sociales obligatoires qui sont loin d’être compensées « à l’euro près » comme promis par l’État qui transfère des compétences puis se désengage année après année. Résultat : un reste à charge colossal et en hausse (259ME en 2026 au lieu de 245,6ME l’an passé) : 110,7ME sur le RSA, 79,6 sur l’APA ou encore 68,7ME pour la PCH. « Ce qui nous plombe c’est le non respect de la parole de l’État », synthétise le vice-président aux finances, Cyril Meunier (DVG).

    Conséquence : si les dépenses d’investissement seront en légère hausse (181,6ME dont 102,2ME pour les travaux sur les routes et les domaines), l’effort reste minimaliste. Et K. Mesquida de prévenir : « On va passer une année 2026 à faire des économies, je resterai sur la même ligne, on ne peut pas avoir de dérive, on serait pénalisable ». Il faut dire qu’un emprunt d’équilibre de 61,7ME a dû être nécessaire pour équilibrer les comptes.

    Pas de quoi convaincre les élus d’opposition RN. « Je trouve ce budget trop optimiste sur les recettes avec un pari hasardeux sur la TVA et l’immobilier », critique le Biterrois Gilles Sacaze. La collectivité a pourtant joué la prudence avec 310ME de droits de mutation escomptés en recettes (+4,8% au lieu des +7% préconisés par l’État). Avec une dette qui pointe à 845,5ME (25 ans pour rembourser), l’opposante RN Marie Hirth dénonce « les subventions à certaines associations et les dépenses de com’ ». « Nous avons fait le maximum partout », lui assurera K. Mesquida. Avant que son 1er vice-président Renaud Calvat (PS) n’abonde. « Chaque dépense est au minimum utile voire indispensable aux habitants et aux communes ».