Ce vendredi, le huis clos de la Commission permanente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône doit valider une série de cessions de biens de la collectivité lourdement endettée. Après la cession pour 50 000 euros d’un appartement, avec un local commercial et une cave, situé au 143, rue Félix-Pyat (3e) au profit de l’association Prends-toi en main, c’est surtout sur l’avenir de l’ancien tribunal administratif que se prononceront les élus.
Dessiné par l’architecte marseillais Pierre-Marius Bérangier à la fin du XIXe siècle, cet ancien hôtel particulier haut de trois étages, situé au 20-24 rue Breteuil, dans le 6e arrondissement, avec sa porte cochère encadrée par deux atlantes colossaux, avait été estimé à 3,6 millions d’euros par les Domaines, le 28 mai 2024. L’emblématique bâtiment ne sera vendu que pour 3,2 millions d’euros à la société Neohive, sous condition suspensive d’obtention de toutes les autorisations administratives. Celle-ci espère y installer une résidence hôtelière de 41 logements meublés. Si l’évaluation comptait 1 670 m² de surface totale, « il s’avère qu’en réalité la surface disponible n’est seulement que de 1 143 m² », justifie la délibération.
Un appartement situé 15, allées des Vignes (15e) est aussi vendu 160 000 euros à un particulier, pour une valeur estimée de 190 000 euros. « Le bien étant implanté géographiquement proche des cités sensibles, très peu de candidats ont formulé des offres », pointe le Département. L’ancienne maison départementale des solidarités à Gardanne, au 173, boulevard Pont-de-Peton, est de son côté vendue à la société Ypsi Sud, pour 550 000 euros, « le Département n’ayant plus l’utilité de ce bien ». Une valeur correspondant à celle donnée par une expertise privée, mais qui est moitié moins importante que celle des Domaines, qui évaluaient en 2023 cet immeuble de 580 m² à 1,2 million d’euros. L’ancienne gendarmerie de Roquevaire est quant à elle vendue pour 1,7 million d’euros à la SAS City Invest, une filiale de CDC Habitat, au-dessus de son estimation de 1,5 million d’euros.
Ce sont les anciens tribunaux de Tarascon qui viennent clore cette séance de Monopoly. « Ces bâtiments sont à la vente depuis de nombreuses années dans le cadre d’une procédure de vente en continu, mais n’ont pas trouvé preneur », pointe la délibération. L’ancien tribunal de commerce et l’ancien tribunal de grande instance avaient été estimés à 907 000 euros, ils sont cédés à Demeter Promotion pour 800 000 euros, pour y créer des logements. « L’historique de ce dossier, le coût de l’entretien bâtimentaire pour le Département et les difficultés rencontrées pour vendre ces biens depuis des années ont conduit à valider cette offre et à la juger très satisfaisante », explique la collectivité alors que l’estimation rappelle que les bâtiments, vacants depuis 2014, sont « en très mauvais état d’entretien » avec de nombreux dégâts des eaux. Un projet de réhabilitation a déjà été présenté à la commune dans le cadre d’une concertation préalable.


