Tag: conditions de travail

  • [Grève dans l’éducation nationale] Des parents martégaux veulent conserver une classe

    [Grève dans l’éducation nationale] Des parents martégaux veulent conserver une classe

    La nouvelle carte scolaire ne passe pas pour les parents d’élèves de l’école Louise-Michel, à Martigues. Ils dénoncent la fermeture prévue d’une classe, sur les dix actuelles, à la rentrée prochaine.

    « L’école accueille 237 élèves, des effectifs élevés et évolutifs », rappelle l’association des parents d’élèves, dont Julie Hoinkis fait partie en tant qu’élue. Pour elle, « l’avenir de nos enfants » est en jeu. « L’école élémentaire est importantes dans l’acquisition de la lecture et de l’écriture », insiste-t-elle, d’autant qu’il s’agit de « l’école de secteur de l’Aide sociale à l’enfance, qu’il faut accompagner ». « Toutes les études montrent que moins ils sont nombreux en classe, mieux les élèves apprennent », renchérit Valérie Zikka Dussol, de la FSU. « Le gouvernement doit voir l’école comme un investissement permettant de meilleurs emplois et donc recettes fiscales à long terme », rappelant par ailleurs la crise des vocations chez les enseignants, alimentée par des conditions de travail qui se dégradent.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe, promet de « batailler », indiquant avoir demandé à rencontrer « en urgence » la direction académique à ce sujet.

  • Le collège Coutarel, à Istres, en grève pour des effectifs

    Le collège Coutarel, à Istres, en grève pour des effectifs

    Au collège Élie Coutarel, la ligne rouge a été franchie. « Deux assistants d’éducation (AED) sont en accident de travail avec plusieurs jours d’ITT suite à un événement survenu la semaine dernière, commence une enseignante qui souhaite garder l’anonymat. Il y a eu une bagarre entre élèves le matin. Les parents sont venus les chercher et se sont à leur tour battus au sein de la vie scolaire. » S’il s’agit d’un acte isolé, cet épisode est « révélateur » d’un manque de moyens humains et d’une détérioration des conditions de travail, affirme l’équipe pédagogique, qui s’est mise en grève à l’appel de l’intersyndicale ce jeudi 26 mars. La Fédération des conseils de parents d’élèves soutient le mouvement.

    Postée à l’entrée de l’établissement avec ses collègues, Sylvie Petitjenet, professeure de français, témoigne : « On a eu douze conseils de discipline depuis le mois de janvier, alors qu’il y a eu deux semaines de vacances. Les faits de violence se multiplient. Les personnels sont agressés, les élèves s’étranglent entre eux, c’est quasiment incontrôlable. Donc tout le monde a peur pour sa sécurité. On est démunis. »

    Des angles morts

    Dans ce collège de 724 élèves, une seule conseillère principale d’éducation (CPE) est à l’œuvre. Côté encadrants, 5,5 équivalents temps plein sont chargés de surveiller les scolaires. Embauché l’an dernier pour s’occuper de la 3e classe du dispositif micro-collège, Santiago Gutierrez prête régulièrement main-forte aux AED. « Je vois bien que je suis bien plus qu’un renfort, que je suis quasi indispensable. (…) On n’arrive pas à être deux dans le hall, trois dans la cour, un à l’entrée et dans les étages. » L’agent déplore l’impact de ce manque d’effectifs pour les élèves. « On a beaucoup plus de cas de harcèlement ou de situations compliquées et on a de plus en plus de mal à les détecter, parce qu’on est tout le temps en train d’éteindre les feux. Il y a des angles morts. »

    Les enseignants eux-mêmes doivent « venir en renfort » en cas de problème, « intervenir quand il y a des malaises d’élèves », l’infirmière n’étant là qu’un jour par semaine. « Notre psychologue conseillère d’orientation vient de partir, on ne sait pas si elle va être remplacée, idem pour notre assistante sociale qui part en juin, donc quasi-tout le personnel médico-social est parti », révèlent trois professeures.

    « On ne peut pas se substituer au rectorat, qui est censé nous donner des moyens pour fonctionner », dénonce Lisa Laface, enseignante de lettres modernes syndiquée à la CGT Éduc’Action. « Ce n’est pas un climat apaisé, propice à la concentration et au travail, reprend une de ses collègues. D’autant que les élèves sont 31 par
    classe.
     »

    L’équipe pédagogique demande le recrutement de deux AED à temps plein et d’un CPE supplémentaire, d’accompagnants des élèves en situation de handicap, ainsi que des jours de présence supplémentaires de l’infirmière.

  • À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    Quelques minutes après la sonnerie de la pause méridienne au lycée Frédéric-Mistral d’Avignon, alors que les derniers élèves se dépêchent de sortir de l’établissement pour aller manger chez eux ou dans un snack des alentours, ce sont une trentaine d’enseignants qui se sont regroupés devant les grilles pour protester contre « la baisse des moyens horaires prévue par le rectorat ».

    Panneaux en main, les messages sont divers. « Faire avec moins, c’est faire moins bien », « Plus de DHG [dotation horaire globale, c’est-à-dire le nombre d’heures d’enseignement dans l’établissement, Ndlr] pour mieux enseigner » ou encore « Rendez les heures au lycée Mistral » peut-on notamment lire sur les pancartes. Ce serait au total pas moins de 120 heures de la dotation horaire globale (DHG) qui seraient amputées à l’établissement sur décision du rectorat d’Aix-Marseille. Ce qui entraîne la suppression d’une classe de seconde et de terminale ainsi qu’un poste d’enseignant en français. Résultat, en seconde par exemple, les élèves seront dispatchés en huit classes à 35 apprenants et deux classes à 24. « Cette nouvelle augmentation d’élèves par classe est un non-sens pédagogique », regrettent les manifestants. Mais aussi des dédoublements de classes supprimés « en spécialité anglais, en physique-chimie, en sciences numériques… un peu partout en fin de compte », liste Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la Snes-FSU en Vaucluse et enseignant dans l’établissement. Une baisse que le rectorat justifie « par une baisse démographique ». Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

    Une suppression d’heures beaucoup trop élevée pour le responsable syndical. La DHG est calculée à hauteur de 1,1 heure par élève par les services de l’État. « On aurait dû perdre 80 ou 90 heures, ce qui était déjà beaucoup trop. Mais là, c’est un vrai coup de rabot », déplore Sylvain Bartet. Dans une pétition réclamant l’abandon de cette décision, il est revendiqué « un retour au dispositif de classes de seconde à effectifs réduits tendant à 25 élèves par classe ». Celle-ci a été signée par 70 enseignants de l’établissement scolaire. Une nouvelle manifestation est prévue ce mardi 31 mars devant la direction académique.

    Meilleures conditions

    de travail

    Des effectifs moins fournis qui permettraient « d’aider au mieux les élèves de ce niveau à réussir leur entrée au lycée et leur orientation », insiste-t-on dans cette même pétition. Marie*, représentante des parents d’élèves et mère d’une élève de terminale, abonde en assurant que cette décision « aura une conséquence directe sur les enfants ». En évoquant par exemple « le non-dédoublement pour les matières scientifiques, ce qui empêche les organisations de travaux dirigés ou d’expériences », qui sont pour elle « des moments où on développe notamment son expression orale, ce qui est essentiel pour le grand oral » ou encore « des heures où ils peuvent exprimer leurs idées plus librement ».

    Un recul qui serait le plus marqué de ces six dernières années. « En 2020, on fonctionnait encore avec 26 élèves par classe en seconde. Là, ce serait presque un luxe », assure Sylvain Bartet. « Si on laisse passer sans rien dire cette baisse, cela ne ferait qu’empirer ces prochaines années », insiste Marie.

    L’an dernier, au mois de mai, une manifestation similaire s’était tenue face à une baisse de DHG de 56 heures dans le même lycée. « Au bout d’un moment, on s’inquiète aussi de la réputation de Mistral. Car moins d’heures, cela veut dire aussi moins de résultats aux examens. Certains élèves viennent de très loin pour les options proposées ici. Ce serait bête que cela s’arrête pour des calculs comptables », insiste la parent d’élève.

    *Prénom modifié

  • À Nîmes, le nouveau maire Vincent Bouget lance son mandat sur le terrain

    À Nîmes, le nouveau maire Vincent Bouget lance son mandat sur le terrain

    À Nîmes, la première journée de Vincent Bouget (PCF) « maire élu » ressemble à un manifeste en actes. Pas encore officiellement installé – il faudra attendre le prochain conseil municipal – le vainqueur du second tour (40,97%) a choisi d’entamer son mandat au plus près de celles et ceux qui font vivre la ville. Lundi matin, dès 8 heures, au lendemain d’une alternance qui a mis fin à 25 ans de gestion à droite, direction le service des « Ateliers » de la municipalité. À ses côtés, Amal Couvreur, numéro deux de la liste.

    Dans un atelier aux odeurs de métal et de peinture, le ton est donné. Le nouveau maire serre des mains, échange quelques mots, écoute. Aux agents, il adresse un message simple, presque inaugural : la nouvelle équipe veut leur exprimer « toute la considération, le respect et la confiance ». Manière de rappeler que le service public municipal ne se décrète pas depuis un bureau : il se construit au quotidien, sur le terrain, avec celles et ceux qui réparent, entretiennent, aménagent, assurent la continuité.

    Cette entrée en matière n’est pas improvisée. Vincent Bouget l’avait annoncée dès le soir de sa victoire : « Nous nous adresserons aux agents de la Ville », première priorité avant la passation. « Ce sont eux qui feront vivre les politiques publiques », répétait-il pendant la campagne. Dans la continuité, il veut « embarquer » l’administration municipale dans la dynamique nouvelle : dès les prochains jours, il promet d’aller de service en service, de rencontrer les équipes, de prendre la température, de « rassurer » ceux qui doutent, et d’entendre les difficultés du quotidien. Le maire élu évoque déjà une tournée plus large des services entre avril et juin et, fin avril, des Assises du personnel pour partager les constats et recueillir les propositions.

    D’abord écouter

    L’après-midi, changement de décor : cap sur le centre-ville. À 15 heures, départ annoncé depuis la Petite Bourse pour une déambulation au contact des Nîmoises et des Nîmois. Là encore, le geste est politique : montrer, au lendemain d’une alternance historique, que le mandat s’ouvrira dehors, au milieu des habitants, et pas seulement dans les salons de l’Hôtel de Ville.

    Après la nuit de liesse au bar du Prolé et la marche vers la mairie, Nîmes se réveille avec un nouveau visage à sa tête. Et dès le premier matin, Vincent Bouget et Amal Couvreur veulent graver une idée : gouverner, ce sera d’abord écouter, rassurer et travailler.

  • Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Appel à la grève coordonnée sur les différents établissements de l’Institut méditerranéen de formation (IMF), ce jeudi.

    Un collectif de salariés des trois sites de l’IMF appelait à une grève et un rassemblement, notamment suivi sur Marseille, sur fond de « refus de la dégradation des conditions de travail » pour cet institut qui forme au travail social : futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs… Le collectif dénonce notamment « une surcharge de travail devenue insoutenable […] et une dégradation de la pédagogie ». Le tout, sur fond de baisse de moyens.

    Pour rappel, il y avait déjà eu un premier mouvement social, de la part des étudiants cette fois, début février (lire notre article du 11/02), dénonçant « des restrictions budgétaires qui dégradent la qualité de l’enseignement ». D’où « l’inquiétude réelle de la pérennité de notre outil de travail » de la part du collectif qui a établi un cahier revendicatif de plus d’une page. À Marseille, la mobilisation a duré une partie de la matinée.

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    « À bac +3, une éducatrice spécialisée n’est qu’à quelques dizaines d’euros au-dessus du Smic. » Devant la préfecture de Vaucluse ce mardi 10 mars, entourée d’une trentaine de manifestants, Christine Sebe, animatrice CGT de l’action sociale en Vaucluse, illustre les difficultés du secteur en termes de salaires et de conditions de travail.

    Sous un ciel grisonnant, elle regrette le rejet de la proposition de loi de la sénatrice Annie Le Houerou (groupe socialiste écologiste et républicain) en janvier, ainsi que le refus du patronat de renégocier les salaires. « Ils renvoient ça à la présidentielle. C’est pour cela que l’on voulait marquer ce temps », insiste-t-elle.

    Risque de suppression de postes

    La situation se ressent notamment dans deux établissements vauclusiens. À l’hôpital de Montfavet, une mobilisation cet été « qui a porté ses fruits », confie Ludovic Laffont, élu CGT. « Mais le déficit est toujours là. Donc il y a le risque d’une suppression d’éducateurs, des agents qui sont là depuis des années », ajoute-t-il. Et il pointe comme responsable la création de nouvelles structures comme une nouvelle unité résidentielle « alors qu’il n’y a pas les moyens », poursuit-il. De son côté, Patrice Durand, élu CGT, évoque la situation de l’Institut médico-éducatif du château Mérignargues. Ce lieu accueille des enfants et adolescents en situation de handicap. Mais le responsable syndical regrette que, par manque de moyens, ils se retrouvent « séparés de la pédopsychiatrie alors qu’on se retrouve avec des cas lourds ». « Alors qu’on est à 500 mètres de l’hôpital, on doit appeler le Samu pour intervenir. Il faut jumeler, d’une façon ou d’une autre, avec la pédopsychiatrie », insiste-t-il.

  • Son cancer du sein reconnu comme lié au travail de nuit

    Son cancer du sein reconnu comme lié au travail de nuit

    C’est une grande victoire », jubile Sylvie Pioli, après avoir bataillé pour faire reconnaître que son cancer du sein, détecté en 2014, avait été causé par son travail de nuit en tant qu’infirmière. Après vingt-cinq ans passés à l’hôpital de Martigues, l’institution avait refusé d’admettre le lien entre sa maladie et ses conditions de travail. Depuis mardi, le tribunal administratif de Marseille considère au contraire que ce lien est avéré.

    Une décision de justice qui fera date, selon l’ancienne infirmière. « Je suis la première à être allée au tribunal et à gagner. Mais ce n’est pas pour moi que je l’ai fait. C’est pour toutes les autres femmes, qu’elles ne subissent pas ce que j’ai vécu. C’était horrible : les experts, ces hommes qui ne vous croient pas, qui disent qu’on raconte n’importe quoi… On aurait dit qu’ils pensaient que j’étais folle il y a dix ans », se remémore Sylvie Pioli.

    L’autre obstacle majeur a été l’absence du cancer du sein dans le tableau des maladies professionnelles reconnues par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). « Il n’y a pas beaucoup de maladies de femmes dans le tableau », remarque-t-elle, s’agissant du premier cancer chez la femme avec 12 000 morts par an. L’INRS indiquait pourtant, en 2018, que travailler plus de deux nuits par semaine pendant plus de dix ans multipliait le risque par trois. Comme souvent, les souffrances des femmes demeurent invisibilisées ou minimisées, à l’instar de l’endométriose.

    « On nous a jamais parlé des risques »

    Le tribunal administratif a mis en évidence le lien entre le cancer du sein et le travail de nuit. « Alors que la plupart des causes à l’origine de la maladie restent ignorées, les études scientifiques dès 2007 révèlent les effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une majoration du risque de cancer. » Le tribunal insiste également sur « les autres facteurs de risques connus tels que génétiques, hormonaux, environnementaux et hygiénodiététiques faibles, voire absents », chez Sylvie Pioli. « J’ai toujours essayé d’avoir une bonne hygiène de vie, d’être sportive. Mon seul problème est que je n’arrivais pas à dormir », fait-elle remarquer.

    L’absence de prévention est pointée par l’ancienne infirmière. « Je ne savais pas qu’il fallait avoir une hygiène de vie stricte, jamais on nous a parlé des risques », qu’ils soient psychosociaux ou pathologiques, hormis « une formation sur le mal de dos », indique Sylvie Pioli.

    Aujourd’hui, Sylvie Pioli est « en rémission et non guérie ». Reconnaissante envers la CFDT et Pierre Dharréville, qui avait obtenu « une audience à Bruxelles » en 2017 pour exposer son cas, l’ancienne infirmière compte bien continuer à arpenter les routes de France et d’Europe, à vélo, pour sensibiliser la population et les pouvoirs publics à l’augmentation du risque de cancer du sein chez les travailleuses de nuit.

  • Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    « On va parler d’une seule voix féministe et antiraciste. C’est ça le plus important », glisse, en ouverture d’une conférence de présentation de la manifestation du dimanche 8 mars à Avignon, Karine Malabal, militante du mouvement Le Nid et membre du Collectif Droits des Femmes 84. Une manifestation qui partira à 15h symboliquement du tribunal d’Avignon, théâtre du procès Pelicot, en direction de la place de l’Horloge.

    Un mouvement de convergence des luttes qui se cristallise dans un slogan fort, choisi par la multitude d’associations vauclusiennes constituant le collectif : « Nos corps ne sont pas un champ de bataille. » Une référence, d’une part, aux violences sexuelles. « Quand on regarde les chiffres de 2025, il y a eu 132 000 victimes de violences sexuelles, dont 76 000 mineurs. Le corps est vu par les hommes comme un champ de bataille, dans le sens où c’est quelque chose qu’ils veulent s’approprier », précise Nellie Bertrand, militante au collectif Nous Toutes, à la chorale Chant des Déferlantes et au pôle LGBT d’Avignon.

    Mais ce slogan renvoie aussi aux violences faites au corps à travers les conditions de travail. D’où un appel à la grève générale des femmes ce jour-là. « Nous sommes en première ligne quand on voit, par exemple, les infirmières à domicile, avec des travails difficiles, des horaires hachés et des déplacements très mal payés », insiste Karine Malabal.

    L’événement se veut également festif. Une batucada animera le cortège, avec un arrêt musical sur la place Pie. Et pour celles et ceux que le bruit pourrait gêner, un cortège calme est également prévu à l’écart.

    Peu d’évolution

    Ce que constatent les représentantes associatives, c’est également le manque d’évolution malgré le retentissement énorme du procès des viols de Mazan. « On attendait de grands changements sociétaux, mais ils ne sont jamais arrivés », regrette Malika Bakhti de la LDH. « Il n’y a pas eu de gros changements », confirme Karine Malabal, qui constate même « une baisse des subventions ».

    Les luttes convergent avec d’autres combats. « On a toutes et tous des valeurs communes. On ne s’estimait pas légitimes dans la lutte féministe, mais on s’est rendu compte que l’on doit être tous ensemble, car on subit tous des agressions. Si on est autocentrés, on ne peut pas s’en sortir », confie Sabah Boutahar, membre de l’association Résilientes. De son côté, Nellie Bertrand rappelle les deux tags de groupuscules d’extrême droite inscrits sur les locaux du Pôle LGBT de la Cité des Papes ces derniers mois. « Depuis six ans, les réflexions aux relents racistes vont crescendo », témoigne Zem-Zem, bénévole pour Ubuntu Sorores.

  • À Eurenco, la direction pointe l’impact de la mobilisation

    À Eurenco, la direction pointe l’impact de la mobilisation

    Depuis le 20 janvier, chaque mercredi, plus d’une centaine de salariés du poudrier Eurenco (tout comme sur l’autre site Eurenco à Bergerac, en Dordogne), à Sorgues, se mettent en grève et se mobilisent devant le site pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. Mais ce mercredi 18 février, la mobilisation s’est exportée aussi à quelques centaines de mètres de là, à Villa Park, où la direction a organisé un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire.

    Pour aborder les revendications des syndicats ? « Non. Ils ont exposé la situation économique de l’entreprise à la fin janvier et ont expliqué l’impact de la grève. Mais n’ont proposé ni solutions ni rendez-vous. Une simple discussion sur la vie d’entreprise », confie Jérémy Caillé, secrétaire général CGT Eurenco. Une quarantaine d’employés s’étaient ainsi déplacés devant le siège « pour faire entendre leurs voix au directeur général qui, courageusement, ne s’est pas présenté devant eux », regrette le syndicat dans un post sur les réseaux sociaux. D’après Jérémy Caillé, tous les ateliers de fabrication étaient à l’arrêt de ce mardi 17 février à 20 heures jusqu’à ce jeudi 19 février à 4 heures du matin.

    Économies

    La CGT et FO demandent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise, ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI. « Mais au lieu de ça, on nous a fait comprendre qu’il faudra faire des économies sur certains services, avec les conséquences que cela peut avoir », assure le responsable syndical. La direction du site aurait évoqué des pertes de commandes et des retards de livraison pour certains clients.