Tag: conditions de travail

  • La direction des services pénitentiaires de Marseille va s’agrandir

    La direction des services pénitentiaires de Marseille va s’agrandir

    Aux Baumettes, on pousse les murs… Alors que le centre pénitentiaire prend de l’ampleur avec le chantier des Baumettes 3 pour une livraison prévue en fin d’année, un appel d’offres pour l’extension du siège de la direction interrégionale des services pénitentiaires (Disp) de Marseille a été lancé, la semaine dernière, par le ministère de la Justice.

    Où l’on apprend que les effectifs « vont être amenés à augmenter rapidement », passant de « 166 agents au quotidien à 242 agents ». Une augmentation qui « induit une surface nécessaire supplémentaire d’environ 1 200 m2 ». Autre raison évoquée : « Deux services se trouvent actuellement dans des préfabriqués sans contrôle d’accès. Cette solution n’est pas pérenne », estime le donneur d’ordre.

    Renseignements pris, ces structures provisoires durent en fait depuis… « au moins 20 ans », nous indique une source en interne, « à l’époque, il s’agissait d’y mettre les Eris ». En clair, les équipes régionales d’intervention et de sécurité chargées d’intervenir, en cas de tensions, dans un établissement pénitentiaire. Depuis, les agents de l’Autorité de régulation et de programmation des extractions judiciaires (Arpej) et les services techniques ont investi les lieux.

    Pas de rénovation prévue

    Une vingtaine de personnes seraient concernées, avec des conditions de travail qui ne sont « pas terribles » nous alerte-t-on, sans compter que le bâtiment principal de la direction serait « une vraie passoire thermique ».

    Mais dans ce projet, « sera traitée uniquement l’extension », prévient le ministère dans le cahier des charges, « le bâtiment existant ne fera l’objet d’aucunes modifications, hormis celles nécessaires pour joindre l’extension à l’existant ». Il s’agit de « fournir des espaces de travail de taille adaptée aux effectifs projetés permettant à l’ensemble des agents de travailler dans des conditions convenables, que ce soit en termes de confort ou de sécurité », tout en « prenant en compte l’ensemble des contraintes de la parcelle ».

    Car le siège de la Disp se situe dans la zone d’adhésion du Parc national des calanques. Même s’il faudra couper des arbres, pour respecter les normes de prévention contre les feux de forêt, la mise en œuvre d’« une palette végétale de type méditerranéenne sans espèces invasives » est également demandée.

    Plus prosaïquement, l’enveloppe attribuée au projet s’élève à 3,67 millions d’euros hors taxes. De quoi laisser craindre des gels des formations et autres budgets aux personnels, nous confie-t-on. L’entreprise choisie aura 14 mois pour concevoir l’extension, 15 mois pour livrer le bâtiment. Les professionnels ont jusqu’au 24 novembre pour candidater.

  • Plan écoles : la joie préside à l’inauguration du groupe scolaire Bouge

    Plan écoles : la joie préside à l’inauguration du groupe scolaire Bouge

    C’est un groupe scolaire de 28 classes – 9 maternelles, 18 élémentaires, 1 classe ULIS – dessiné par l’agence Satori Architectes sur le plateau des Lauriers (13e) dans le quartier de Malpassé, où les élèves plutôt que de descendre les marches du grand escalier ouvrant sur les cours de récréation, peuvent emprunter un toboggan géant.

    Nombreux étaient hier les minots à s’y glisser pour l’inauguration officielle de cet équipement public ambitieux, ouvert à la rentrée et qui s’inscrit dans la vague 1 de rénovation du vaste Plan École, un programme historique de 1,5 milliard d’euros qui concerne l’intégralité des 470 écoles de la ville dont 188 écoles nouvelles ou totalement rénovées.

    « C’est une très belle école en terme architectural, mais ce n’est pas qu’un geste architectural, c’est du très haut niveau d’exigence qualitative, environnementale. C’est pensé pour les enfants, les enseignants, le changement climatique mais aussi pour le quartier quand on voit la dimension du gymnase. Pour les écoles, il faut le meilleur », confie le maire de Marseille, Benoît Payan, quelques instants après avoir dévoilé la plaque avec la sous-préfète chargée du plan Marseille en grand, Virginie Avérous et le recteur d’académie, Benoît Delaunay. « La réalité de l’enveloppe, c’est 400 millions de l’État du plan Marseille en grand et on va être 1,1 milliard d’euros de la mairie si les coûts n’augmentent pas, explique le maire. « On voit bien qu’en 4 ans, c’est 300 millions d’euros supplémentaires. Mais quand on a autant de chantiers, les choses ne sont jamais comme certains peuvent l’imaginer. On ne construit pas des écoles avec des tweets. »

    « C’est magnifique ! C’est grand et pratique. Les petits adorent. Vous n’avez pas connu avant, c’était petit, vétuste, le gymnase était condamné », sourit une maman sur la terrasse pédagogique co-construite avec l’association Les Archiminots où les tout-petits font du vélo. Le meilleur est là. Chaque salle de classe de l’école élémentaire est équipée d’écran numérique interactif. On y trouve une bibliothèque, deux cantines, le gymnase de 600m², une conciergerie, deux cours de récréation végétalisées et désimperméabilisées.

    « C’est prometteur pour leur épanouissement »

    Situé en quartier prioritaire, le groupe scolaire a coûté 19,6 millions d’euros (40% État, 37% ANRU et 23% Ville). « On est sur une des dernières écoles de la vague 1. On était venu ici il y a 4 ans avec le président de la République, rendez-vous compte aujourd’hui de l’équipement qu’on a ! », se remémore la sous-préfète Virginie Avérous, qui goûte au plaisir de voir les sourires des enfants, des parents et des équipes éducatives. « Les écoles des vagues 2 et 3 qui entrent en chantier en cette fin d’année, ensuite la vague 4 annoncée par le maire. Sur 188 écoles, on en a livré 15 et une soixantaine sont encore en phase d’études et de démarrage des travaux », ajoute-t-elle.

    Un enthousiasme que partage le recteur d’académie, Benoît Delaunay : « Cette école offre des conditions de travail très bonnes pour les enseignants et les agents. C’est très prometteur pour l’épanouissement de ces enfants et leur devenir professionnel. Pour les deux directrices d’école que j’ai saluées, cela permet de repenser pédagogiquement les choses avec des espaces nouveaux. L’école, c’est justement offrir de nouvelles possibilités ».

  • Les travailleurs sociaux des Flamants en appellent à l’État

    Les travailleurs sociaux des Flamants en appellent à l’État

    Cette fois-ci la Maison départementale de la solidarité (MDS) des Flamants est restée fermée… Le groupe de salariées « volantes » qui assurait la veille les urgences s’est à son tour mis en grève ce mardi 14 octobre. Dans le même temps, devant l’hôtel du Département, venus de Marseille mais aussi d’Aubagne, d’Aix ou La Ciotat, plus d’une centaine de personnels des MDS, Protection maternelle et infantile ou autres pôles enfance se sont rassemblés en soutien, à l’appel de la CGT, pour dénoncer des conditions de travail devenues très compliquées sous la pression du narcotrafic.

    « Nous sommes dans un quartier toujours en grande difficulté, en proie à un réseau qui s’est organisé, développé. Nous ne voulons pas lâcher les habitants, nous avons un devoir envers la population, mais on ne peut pas continuer comme ça, rester en danger » estime Valérie Marque, secrétaire générale du syndicat au conseil départemental. La CGT réclame une entrevue avec le préfet au plus vite, car « c’est l’État le garant de notre sécurité » et se dit prête à organiser un rassemblement devant la préfecture dès jeudi matin si nécessaire.

    Récupérer sa voiture après sa journée de travail au parking est une gageure, croiser un dealer aussi… « J’ai reçu des menaces de mort », raconte cette sage-femme qui est tout de même retournée au travail moyennant six mois de psychothérapie.

    « Les enfants ont peur »

    Dans l’idée, « être au cœur de la cité c’est super mais là, ce n’est plus tenable », raconte une autre salariée. Elle ajoute : « Les enfants que nous suivons ne veulent plus venir, ils ont peur. Et on reçoit des habitants qui se sont fait chasser de leur domicile par les dealers, ils arrivent avec juste les vêtements qu’ils ont sur le dos. » L’organisation des visites à domicile aussi a dû être revue « pour éviter d’être confrontés au réseau », assure une troisième.

    Sur site, ce mardi matin, les camions de CRS et de police en place la veille « ne sont plus là » assure une assistante sociale alors que la préfète de police a assuré mettre les moyens avec « une présence renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent ».

    « On se suradapte au quotidien, on tolère des choses intolérables et on est mis à l’amende, comme les habitants », témoigne une salariée des Flamants. Dans l’urgence, une partie des grévistes réclame un encadrement policier accru, au quotidien, ou un déménagement en attendant. Du temporaire, en attendant que soit définitivement démantelé le réseau, espèrent-ils, bien conscients que ce n’est pas « une mince affaire ».

    Parmi les manifestants, on retrouve également Gérard Frau, président du groupe communiste au conseil départemental des Bouches-du-Rhône et adjoint au maire de Martigues. « Les travailleurs du social en général ont déjà tellement de difficultés à assurer leur mission, il n’est pas imaginable qu’ils puissent subir la pression du narcotrafic » s’indigne l’élu, pour qui « il faut créer de bonnes conditions d’exercice de leur métier » car « les parents, les familles ont besoin de ces structures ». Une lettre des élus PCF du Département va être envoyée pour appuyer la demande de rendez-vous auprès du préfet ajoute-t-il.

    En attendant, une caisse de grève a été ouverte.

    Contactée, la préfecture de région n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Drones, chiens, menaces, check-points pour récupérer sa voiture dans le parking le soir… Excédés et inquiets de la présence d’un réseau de narcotrafic, les agents de la Maison départementale de la solidarité des Flamants (14e) se sont mis en grève à l’appel de la CGT, ce lundi 13 octobre. « Il y avait déjà eu des problèmes il y a trois ans avec une intrusion », rappelle une syndiquée.

    Cette fois, c’est une assistante du service social qui a été menacée de mort le 3 octobre, après avoir eu des mots avec un dealer. « Nous sommes le seul service public qu’il reste et nous ne pouvons plus l’assurer », déplore notre syndiquée. La CGT a bien « demandé des solutions alternatives », quitte à déménager. « on nous répond que les recherches sont en cours pour un lieu, mais que cela prendra quelques années… », indique-t-elle dans un communiqué. Le syndicat organise un rassemblement devant le Département, ce mardi 14 octobre entre midi et deux.

    Sur site, des « volantes » sont venues remplacer les grévistes pour « assurer les urgences ». Elles témoignent de la « très grande précarité » d’habitants sous la coupe du réseau, « ils supportent. ».

    Forte présence policière

    De fait, peu de monde accepte d’évoquer le sujet. « Ma mère habite là, oui, le réseau c’est un problème effectivement », nous confie du bout des lèvres un visiteur. La forte présence des cars de CRS et de la police nationale a visiblement découragé les dealers ce lundi. Même si, entre les immeubles réhabilités, les traces des feux allumés par les choufs pour se réchauffer ou encore un fauteuil sur le trottoir restent bien visibles.

    La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a donné des instructions. « La cité des Flamants fait l’objet d’une présence policière renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics, ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent » indique-t-elle, avec « des effectifs locaux qui interviennent nuit et jour ». Et d’évoquer l’interpellation d’un trafiquant, il y a quelques semaines, avec la saisie de près d’1,5 kg de cannabis, 500 euros et deux armes et ce dimanche soir, après un refus d’obtempérer, l’interpellation de sept personnes. Et la préfète d’asséner : « là-bas, comme ailleurs, force restera à la loi. »

    Du côté du Département, on précise que « le directeur général des services délégué et le directeur de la sécurité sont immédiatement allés à la rencontre des agents » et « plusieurs actions correctives » ont été engagées. Comme le renforcement de la police donc et « un agent de sécurité mobile supplémentaire affecté sur les périodes d’affluence. » Il assure aussi « l’ensemble des personnels de [son] soutien. » « Tout doit être mis en œuvre pour les protéger », ces « piliers de la solidarité » et « leur offrir des conditions de travail dignes de leur engagement au quotidien », estime-t-on à la direction de la collectivité.

  • Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    En pleine crise politique et après un début de mouvement social intersyndical avec plusieurs journées d’actions en septembre, les militants de l’UD CGT 13 vont plancher, pendant trois jours, sur l’avenir de l’organisation, à partir de ce lundi à la Halle de Martigues. « Plus de 600 délégués sont attendus. Ils viennent d’Unions locales de tout le département et de tous les secteurs », campe Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation.

    Votes sur l’activité financière, établissement des instances décisionnaires avec l’élection du bureau et du secrétariat de l’organisation, discussion générale et retour sur les luttes menées ces dernières années… Le programme allie sujets techniques et débats de fond. Pour rappel, le dernier congrès de l’organisation, en 2022, avait abouti à la réélection d’Olivier Mateu comme secrétaire général. Avant que ce dernier ne soit candidat à la tête de la confédération lors du congrès de 2023, sur fond de vives critiques du bilan de Philippe Martinez. Candidature qui n’avait pas fait l’unanimité parmi les militants. Olivier Mateu est en retrait depuis plusieurs mois.

    « Dans cette période de guerre ouverte contre les travailleurs et de volonté de casse totale des conquis sociaux, on a un intérêt, presque une obligation, que l’ensemble des syndiqués et des organisations CGT soient rassemblés et unis pour être efficace et utile aux travailleurs », développe Jessica Jadé. En résumé, ce congrès s’annonce comme un moment de débats intenses et de réflexion sur les « orientations » de l’organisation.

    Sécurité sociale

    et santé au travail

    « On va débattre des enjeux, des réalités de terrain dans la période et de quelle Union départementale on a besoin pour mettre en échec les stratégies patronales dans les entreprises », poursuit la secrétaire. Mais aussi la riposte « aux attaques des gouvernements via des coupes budgétaires ».

    Côté programme, le congrès s’ouvre avec un discours du maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), et plusieurs temps forts sont prévus. Notamment avec l’organisation d’une table ronde autour des 80 ans de la sécurité sociale et un débat sur la santé au travail et les risques industriels. De quoi faire le lien entre politique menée nationalement et conditions de travail dans le département. Et sur fond de poursuite, ou pas, de la démarche départementale initiée par l’organisation depuis plusieurs années déjà.

  • La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    « On travaille constamment à flux tendu. » Devant l’Agence régionale de santé (ARS), où se sont retrouvés, ce jeudi, plus d’une centaine de syndicalistes à l’appel de la CGT, Carole, infirmière à l’Hôpital de Martigues, dénonce la dégradation de ses conditions de travail et de la prise en charge des patients. Un appel à la grève et à la mobilisation nationale lancé par la fédération de la CGT des organismes sociaux, pour le retour « à une Sécu où chacun peut se soigner selon ses besoins, quels que soient ses moyens », affirme Sébastien Kassapian, secrétaire de la CGT CPAM 13.

    Les travailleurs dénoncent notamment des manques de moyens et d’effectifs au niveau des centres de santé, ainsi que des structures sociales qui impactent l’accès au droit et à la santé des Français. « C’est le serpent qui se mord la queue : on n’est pas assez, donc on a une surcharge de travail, donc il y a une augmentation des arrêts maladies, donc encore plus de sous-effectif et plus de travail », se désole Sylvie Berger, secrétaire départementale de l’union syndicale Santé sociale 13. Ce que Carole, infirmière, confirme. « on nous demande d’aller tellement vite qu’on ne peut pas bien s’occuper des patients. On est à la limite de la maltraitance », alerte-t-elle.

    « Ce n’est pas la crise économique, mais des choix politiques qui ont mené à cette situation », affirme Sylvie Berger sous les applaudissements des syndicalistes. La CGT réclame le retour de la Sécurité sociale comme elle a été imaginée il y a 80 ans.

  • De l’amiante dans le sol d’une école maternelle de Cuges-les-Pins

    De l’amiante dans le sol d’une école maternelle de Cuges-les-Pins

    « Le droit de retrait des deux collègues a finalement eu l’effet escompté… » Pour Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale de la FSU-SNUipp, la situation de l’école maternelle de Cuges-les-Pins est inquiétante : un rapport réalisé par le groupe Apave en date du 20 juin, mais « transmis seulement » le 2 octobre, pointe la présence d’amiante dans les dalles du sol des classes 2 et 3. Au niveau « AC2 », qui implique « que le matériau ou produit ne soit plus soumis à aucune agression ni dégradation ».

    Une enquête sanitaire ouverte

    L’amiante a été repéré « dès 2019, mais la mairie n’a rien fait », s’indigne la responsable syndicale, malgré les alertes répétées des enseignantes en conseil d’école, assure-t-elle. Après une nouvelle demande d’information de la commune, sans succès, ces dernières se sont repliées dans les autres salles, ce mardi 7 octobre. On ne sait pas ce qu’il en est « dans le reste de l’école et dans les autres bâtiments de la commune », ajoute Charlotte Bourgougnon se félicitant, néanmoins, que l’Éducation nationale ait pris le problème à bras-le-corps.

    Une enquête F3FCT (Formation spécialisée en matière de Santé, de Sécurité et de Conditions de Travail), dont la syndicaliste est membre, a été ouverte avec une visite dans l’après-midi.

    De son côté, la Ville s’adresse aux habitants et aux parents sur les réseaux sociaux. « Oui certaines dalles de sol de l’école contiennent de l’amiante, comme cela avait été identifié dès le diagnostic réalisé en 2019. Ces deux matériaux avaient été placés en évaluation périodique, c’est-à-dire qu’ils étaient en bon état de conservation et ne présentaient aucun risque immédiat, tant qu’ils n’étaient ni dégradés ni altérés », affirme-t-elle. Précisant que « le nouveau rapport recommande une action corrective de niveau 2, ce qui implique la réalisation de mesures d’empoussièrement afin de vérifier la qualité de l’air », elle promet que « ces mesures seront effectuées dans les plus brefs délais par un laboratoire agréé ».

  • Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Qui mangent des bananes ? ». Dans la salle du Manifesten à Marseille, toutes les mains se lèvent après la question posée par José Barahona, membre de l’Association syndicale des travailleurs agricoles et des paysans (Astac) de la banane. « 30% des bananes vendues viennent d’équateur, donc il y a de fortes chances pour que vous en consommiez », continue-t-il. Une production qui cache des conditions de travail terribles pour les ouvriers agricoles que sont venus dénoncer José Barahona et Diana Montoya Ramos, deux syndicalistes d’Astac, à Marseille, mercredi, et à Aubagne, ce vendredi à 18h30 au cercle d’harmonie.

    S’ils sont en Europe, ce n’est pas un hasard. La semaine passée, leur syndicat, l’ONG Action Aid et la fédération internationale des droits humains ont déposé une plainte contre l’État équatorien auprès de la Commission européenne. En jouant sur un accord commercial passé entre le pays et l’UE, ils dénoncent le non-respect des droits des travailleurs, pourtant imposé par l’un des articles de l’accord. « Le but c’est d’utiliser tous les outils possibles pour faire pression sur l’État équatorien », explique Chloé Rousset, chargée de campagne Dignité au travail & Régulation des multinationales à Action Aid.

    « L’ami des entreprises »

    « En équateur, on a essayé tous les mécanismes législatifs possibles, mais aucun gouvernement ne veut aider les travailleurs », se désole Diana Montoya Ramos, membres d’Astac. Son camarade, avocat de profession, rappelle que l’actuel président, Daniel Noboa, est le fils d’un magnat de la banane. « Le ministère du travail est l’ami des entreprises », insiste-t-il. Ils sont 2 millions à travailler autour de l’industrie de la banane, sur les 18 millions d’habitants.

    Les conditions de travail dans la branche y sont pourtant terribles. La plupart des travailleurs dans les champs n’ont pas de contrat de travail. Une situation qui les rend précaires, avec des salaires très bas pour des horaires importants, détaillent les syndicalistes. L’absence de contrat rend également difficile l’accès à la retraite ou à un avocat en cas d’abus de la part des employeurs. L’utilisation du mancozèbe comme pesticide, qui est interdit au sein de l’Union européenne à cause de sa toxicité, aggrave également la santé des travailleurs. « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides », s’alarme l’avocat. La fumigation de pesticide, c’est-à-dire le largage de pesticides par avion, est autorisée en équateur.

    Droits syndicaux piétinés

    Face à ces conditions difficiles, l’organisation en syndicat des travailleurs, pourtant protégée par la constitution équatorienne, est presque impossible. Diana Montoya Ramos en a fait les frais. Ancienne comptable dans une exploitation de bananes, elle a été virée après avoir essayé de monter une branche d’Astac au sein de son entreprise. Les contrats informels rendent également compliquée la syndicalisation car il faut au moins 30 salariés sous contrat pour monter une organisation. Une situation devant laquelle le ministère du travail ferme les yeux. « Il avait refusé la création d’un syndicat dans une entreprise qui exploite 160 hectares, car seules 4 personnes étaient déclarées… Ils ne peuvent pas ne pas savoir. »

    Face à ces conditions, le syndicat souhaite la création d’un label avec un cahier des charges décidé par les travailleurs, assurant que les bananes consommées ont été produites en respectant les droits humains.

    « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides »

  • à Aix, les travailleurs mobilisés pour les salaires

    à Aix, les travailleurs mobilisés pour les salaires

    Ils étaient un peu moins nombreux à défiler, ce jeudi, au départ du rectorat. 350 selon la police, 1 000 selon l’intersyndicale. Mais dans une démarche « tout aussi unitaire », prévient la CGT. Rejoints par des étudiants davantage mobilisés pour la libération de la Palestine, les corps de métiers du privé, du public, mais aussi les indépendants, aux salaires minimums ou plus élevés, ont battu le pavé.

    Certains par « ras-le-bol » de leur précarité, d’autre part solidarité, à l’image de Thierry, contrôleur aérien proche de la retraite. « Je le fais pour mes copains, ma famille, mes enfants. C’est une vision du monde sur l’avenir qui m’inquiète. Si je ne me plains pas de ma situation personnelle, je suis en grève pour le collectif. Je suis inquiet sur tout, notamment la précarité financière. Il y a un problème de partage de richesse », se désole-t-il.

    « Ce qu’il se passe aujourd’hui ne va pas. Les fonctionnaires ne sont plus reconnus ni valorisés, puisqu’on se retrouve avec aucune augmentation du point d’indice des grilles indiciaires. Il faut arriver à trouver une solution pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui trinquent de cette politique qui se met en place », souligne de son côté Alain Capus, responsable FSU des territoriaux pour la mairie d’Aix. La question des salaires, revient régulièrement dans le cortège.

    « Désespérant »

    « Le mien n’a pas augmenté depuis la nuit des temps ! Difficile, de boucler les fins de mois », résume simplement Linda, gestionnaire. « Nos salaires n’ont pas évolué de manière satisfaisante sur les 20 dernières années (…). Le gel d’indice qu’on nous annonce est encore un coup de rabot sur nos salaires, nos conditions de travail qui ne s’améliorent pas… C’est très compliqué », confie Aurélie Zanutto, déléguée CGT pour l’hôpital de Montperrin.

    Même constat pour Linda et Valérie, assistantes sociales, syndiquées CGT et FSU : « On a eu droit, l’an passé, à une réorganisation de notre service : résultat, on a toutes les collègues avec un établissement supplémentaire, une surcharge, des conditions pas satisfaisantes. (…) Plus rien n’a de sens. Notre salaire n’a pas augmenté, on a réussi à avoir, en 2024, des primes. On est démunis, on accueille les élèves, mais on n’a plus de fonds sociaux pour les aider. C’est désespérant. » Des prises de paroles ont conclu la mobilisation.

  • À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, on comptait environ 1 200 personnes jeudi (3 000 selon l’intersyndicale), à 10h30, au départ de la manifestation, devant la Préfecture. Des chiffres en baisse qui ne traduisent pas une diminution de la colère chez les enseignants, malgré, là aussi, une mobilisation moindre (6,42% de grévistes selon le ministère de l’Éducation).

    Pour certains, comme Bernard Conte, militant CGT Éduc’action et enseignant au lycée Janetti, la journée a commencé tôt, avec un mouvement dès 8h devant son établissement à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, suivi par des enseignants, des élèves et l’ensemble du personnel de la vie scolaire, pour « alerter sur nos problématiques locales », explique-t-il. Parmi elles, « le nombre d’élèves par classe, 36 à 37 en Seconde, à cause de l’austérité, qui empêche d’ouvrir des classes et génère des effectifs trop importants ». Et les réponses apportées restent largement insuffisantes : « Ça fait 20 ans que je suis dans le lycée. On touche une prime “effectif pléthorique” seulement depuis l’an dernier. Mais ce n’est pas parce qu’on nous donne trois sous que cela va améliorer la qualité de notre enseignement », fustige-t-il.

    Des retraites et un budget qui font grincer des dents

    Derrière ces demandes insatisfaites, un budget qui ne suit pas : « Tous les problèmes de l’Éducation nationale viennent de Bercy, affirme Dominique Queyroulet, enseignant à Borme-les-Mimosas et secrétaire départemental du Snes-FSU. Entre suppressions de postes et difficultés à recruter, nos conditions se dégradent depuis des années, particulièrement dans l’académie de Nice, une des plus mal classées sur le taux d’encadrement. » Ces problèmes ne concernent d’ailleurs pas que les professeurs, mais « tous les fonctionnaires, qui, dans le budget Bayrou, en grande partie repris par Lecornu, vont payer un lourd tribut en termes de suppression de postes et de protection sociale. Et comme on l’a déjà vu avec le budget 2025, on est largement pénalisé sur les rémunérations lorsqu’on est en arrêt maladie », détaille Bruno Combette, secrétaire départemental adjoint de la Snes-FSU.

    Enfin, la question des retraites ne cesse de crisper : « Un engagement sur une suspension de la réforme est indispensable », martèle Bruno Combette. « J’ai pris deux ans de plus à 55 ans. C’est lourd. Nos parents avaient la retraite à 60 ans. C’est terminé, alors que l’espérance de vie en bonne santé n’est pas bien plus élevée que 64 ans », déplore Bernard Conte.