Tag: concerts

  • Les femmes ont de belles voix au chapitre à Arles

    Les femmes ont de belles voix au chapitre à Arles

    Le Cargo de nuit s’apprête à embarquer ses passagers, vendredi 14 et samedi 15 novembre, direction la note bleue. Avec de sûres capitaines à la barre pour donner respectivement le la de ces deux soirées, en la personne de Robyn Bennett, puis Sandra Nkaké.

    Tout droit venue de Pennsylvanie, mais établie en France depuis une vingtaine d’années, Robyn Bennett a su développer son swing à partir des différentes comédies musicales dans lesquelles elle a officié. C’est d’ailleurs à Paris qu’elle fait partie, en 2007, du casting de Cabaret, canon du genre qui a fait florès aux Folies Bergères, mis en scène par le réalisateur hollywoodien Sam Mendes. Un goût pour la lumière et autant de préceptes scéniques qu’elle a fait siens jusqu’à aujourd’hui, poussant sa voix puissamment suave sur des albums amorcés en 2013. Après The wait, The song is you, puis Glow, la voilà de retour avec un triptyque musical intitulé Move, feel, love. Enivré par des cordes grassement funky, un opus dans lequel la soulwoman « affirme sa force d’avancer quoiqu’il arrive », l’importance de « garder le sourire et de partager les bonnes vibrations et l’amour », stipule la production.

    « Célébrer la force des créations féminines »

    Porté par la célébration de ses 30 ans d’existence, la salle de concert du Cargo de nuit, fondée à Arles en 1995 par l’association Andromède, met les petits plats dans les grands pour sa présente saison. C’est ainsi que, le lendemain de la prestation de Robyn Bennett, au tour de Sandra Nkaké de prendre son relais mélodieux.

    Native de Yaoundé, cette soulwoman franco-camerounaise, qui a démarré sa carrière musicale en 2008 avec l’album solo Mansaadi, viendra se produire au sein d’un trio acoustique, aux côtés de Paul Colomb au violoncelle et de Jî Drû à la flûte traversière. Un ensemble qui prend le nom de « Elles » dans le but de « célébrer la force des créations féminines ».

    Couronnée « Voix de l’année » lors des Victoires du jazz en 2024, après son dernier album en date, Scars, dans laquelle sa voix se prêtait à la thématique du déracinement, Sandra Nkaké s’est lancée dans ce projet où elle convoque cette fois la liberté. Une ambition matérialisée par « un hommage aux femmes qu’elle a croisées ou qui l’ont nourrie dans son parcours artistique », précisait le programme de la Philharmonie de Paris, où elle s’est produite à la rentrée 2025. Parmi ces figures féminines inspirantes, « Jeanne Added, avec qui elle a collaboré pour les Protest songs, Kate Bush ou Laura Cahen ».

    Robyn Bennett en concert au Cargo vendredi 14 novembre à 21h30. Et Sandra Nkaké, samedi 15 novembre à 21h30. Places entre 22 et 26 euros. www.cargodenuit.com

  • Un festival pour « régénérer » la musique persécutée

    Un festival pour « régénérer » la musique persécutée

    Le Festival des musiques interdites Marseille tient sa 20e édition du 14 au 23 novembre. Depuis 20 ans, ce rendez-vous s’attache à la résurrection de compositeurs oubliés, persécutés, bannis par les régimes totalitaires. Un travail salutaire dans l’époque actuelle aux relents nauséabonds. Cette mouture débutera à l’Abbaye Saint-Victor, avec des solistes de l’Orchestre philharmonique de Marseille, par un programme de quatuor mettant à l’honneur le compositeur Viktor Ullmann, assassiné à Auschwitz, et le Hongrois Bela Bartok qui demanda par solidarité de faire partie des compositeurs bannis car qualifiés de « dégénérés ».

    Réhabilitation

    Dimanche 16 novembre, à l’Opéra de Marseille, la mezzo-soprano Aude Extrémo, la soprano Irina Stopina, la récitante Carole Meyer et le pianiste Vladik Polionov redonneront, eux, vie à Franz Schreker, héritier du post-romantisme allemand dont l’œuvre fut interdite par les nazis. Enfin, et c’est sans doute l’événement du festival, dimanche 23 novembre, à l’Opéra, sera donnée la monumentale deuxième symphonie, dite Résurrection de Gustav Mahler, par l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Marseille, sous la direction de Michele Spotti. Aude Extrémo et Irina Stopina en seront les solistes. 20 ans après sa création, ce festival unique en Europe poursuit, selon les vœux de ses initiateurs, sa mission fondamentale : réhabiliter des compositeurs persécutés dont les œuvres ont été taxées de « dégénérées » ou bannies pour des raisons idéologiques ou raciales.

  • Jul de retour au stade Vélodrome

    Jul de retour au stade Vélodrome

    Préventes ce mercredi 5 novembre à midi. Mise en vente générale le 7 novembre, à 10h.

  • Les Nouvelles Rencontres d’Averroès donnent rendez-vous du 20 au 23 novembre à Marseille

    Les Nouvelles Rencontres d’Averroès donnent rendez-vous du 20 au 23 novembre à Marseille

    La Criée et l’Espace Julien seront le théâtre de la 2e édition de la nouvelle mouture des Rencontres d’Averroès, initiées par Thierry Fabre il y a 30 ans. Dans un monde qui vire à la tour de Babel, où l’échec de la diplomatie laisse la parole aux armes, l’événement culturel pose les jalons plus que jamais nécessaires d’un dialogue capable de faire humanité.

    « Se parler devient de plus en plus difficile alors que nous communiquons sans cesse » a introduit le romancier Rémi Baille, membre du bureau des Rencontres. Durant quatre jours et autant de soirées, sociologues, historiens, philosophes, traducteurs, juristes, écrivains et artistes échangeront avec le public pour disséquer le pouvoir de la parole. « Converser, négocier, traduire » composent le fil conducteur tissé par la nouvelle équipe qui a pris les rênes de ce rendez-vous culturel marseillais. Pour continuer à construire des ponts entre les peuples des rives du pourtour méditerranéen, la poésie du Palestinien Mahmoud Darwich constituera le mot de la fin avec un oratorio construit à partir de son texte Et la Terre se transmet comme la langue, où se répondent les voix d’Elias Sambar et de la soprano Dominique Devals.

    Du 20 au 23 novembre, riche et pluriel, le programme des nouvelles rencontres maintient le cap sur l’appétit « de comprendre le monde, et peut-être de le réinventer, pour grandir et s’élever sans abaisser l’autre », salue Jean-Marc Coppola. Pour l’adjoint (PCF) au maire de Marseille en charge de la culture, l’événement contribue « au développement de l’esprit critique avec son volet Juniors ». Le jeune public est invité à la discussion et à la construction d’un monde apaisé. En amont de la manifestation, des ateliers ont été menés par l’auteur jeunesse Bernard Friot avec les CM2 de l’école Ruffi ; un micro a été tendu aux élèves de l’école Gillibert et aux collégiens en option arabe du collège Jean-Malrieu par la compagnie Air Sabir. Quant à Lotfi Nia, auteur, traducteur et interprète franco-algérien, il a embarqué les lycéens de la Cité scolaire internationale Jacques-Chirac dans les coulisses de la traduction. La journée du 18 novembre leur est consacrée avec un jeu qui mobilise 60 langues et un karaoké multilingue.

    Des budgets en baisse

    Un gros bémol cependant dans cette ouverture à la jeunesse, souligné par Emilie Ortuno, responsable de l’action culturelle de l’association Des livres comme des idées : « Le nombre d’enfants concernés a beaucoup réduit. » En cause, le choix de restrictions budgétaires de l’État sur la culture qui a fait dégringoler « la part collective du pass culture de 25 euros à 2,50 euros par élève ». De quoi conduire « de nombreuses écoles à se désengager ».

    À ce propos, l’Observatoire des politiques culturelles relève également une tendance à la baisse des budgets culturels en 2025 « inédite par son ampleur ».

  • À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    À Martigues, le café associatif le Rallumeur d’étoiles souffle ses dix bougies

    Une assiette remplie de mets divers et variés, Sébastien va rejoindre ses amis autour d’une table au soleil, à deux pas du canal Galiffet. Les discussions se mêlent au son des enceintes, qui retransmettent les rythmes créoles et la poésie occitane de Moussu T e lei Jovents, un groupe créé par Tatou et Blu de Massilia Sound System. Posté à l’étage, derrière la friteuse, Nicolas lâche : « On est bien, là, le cadre est idyllique. »

    Ce 19 octobre, c’est le dimanche mensuel du brunch au Rallumeur d’étoiles. « Ça fait deux jours qu’on le prépare, on s’est levés à 8 heures ce matin », confie Enora, la seule salariée du café associatif. Le principe est simple : les bénévoles concoctent le repas, les adhérents et autres curieux viennent le déguster à prix libre tout en profitant de la musique live d’un groupe payé au chapeau. « C’est une volonté de rendre la culture accessible », explique Nicolas, membre du collège solidaire du lieu.

    De l’autre côté, les artistes jouent le jeu. « On a commencé comme ça, dans les bars, c’est là qu’on s’amuse, affirme Tatou. C’est politique aussi, bien sûr ! Et puis si ça peut donner un coup de main à ce genre de lieu c’est tant mieux. »

    De nouveaux publics

    Car si le Rallumeur d’étoiles fête ses dix ans, chaque anniversaire est une victoire. « À chaque fois on est sur la corde raide mais on tient », assure Nicolas. Il faut dire que toutes les activités proposées par le café associatif, qui vont d’une grainothèque à des conférences en passant par des ateliers de conversation en espagnol, en anglais, en provençal, des débats philosophiques, des ateliers d’écriture, de lecture ou encore des concerts, sont gratuites pour les adhérents. L’an dernier, le lieu a organisé près de 200 événements.

    « Les adhésions à prix libre remboursent 20% de notre budget de fonctionnement, poursuit Nicolas. La mairie nous soutient avec une subvention de 10 000 euros et après on fait des levées de fonds pour tenir. » Car l’association doit faire face à l’inflation et à l’augmentation de son loyer, passé de 600 euros il y a 9 ans à 1 200 euros actuellement. À l’avenir, le Rallumeur d’étoiles cherche à attirer de nouveaux publics. Enora détaille : « On aimerait bien avoir plus de jeunes, pour leur montrer qu’ils ont leur place dans la société comme dans le café. Pour ça, on est sur Instagram et on travaille avec des partenaires comme Mistral Show qui est un collectif qui fait de la programmation musicale qui parle plus à ce public. » Nouvelle année, nouveau challenge !

  • « Les sons du large » résonnent et déambulent sur la Canebière

    « Les sons du large » résonnent et déambulent sur la Canebière

    Série de spectacles et rendez-vous initiés ponctuellement depuis quelques années par la mairie des 1er et 7e arrondissements, la plupart du temps autour du cirque et des arts de la rue, Au bout la mer divague, dimanche 19 octobre, vers la musique. La Canebière et ses alentours résonneront au rythme de concerts et performances de treize groupes et ensembles qui se succéderont entre 10h et 18h, pour une journée dont la direction artistique a été confiée à La Clique Production.

    « On flatte l’âme de Marseille, ville-monde qui évoque les sons du large, forcément de la Méditerranée, mais aussi au-delà », explique son directeur, Arnaud Amat, à propos de cette « traversée musicale qui permet au public de naviguer entre plusieurs scènes et se laisser porter par différentes esthétiques », équipée de groupes locaux portés sur le son mondial. L’une des scènes sera installée à l’angle Canebière – Saint-Ferréol. à l’image de ce « carrefour », des projets qui croisent les rythmes traditionnels à la modernité en seront les emblèmes : Chu Chi Cha, tandem qui enrobe la cumbia d’électro, puis Benzine, duo qui « prend de la poésie bédouine, des instruments et samples de percussions traditionnelles algériennes pour les passer ensuite dans ce qu’ils appellent leur rai machine ».

    La culture à sa place

    « Que les gens se laissent emporter par ces rythmes », espère Arnaud Amat, avant d’affirmer : « la place de la culture, elle est là, dans l’espace urbain, avec un événement populaire, gratuit et fédérateur. On est sur un brassage culturel. C’est la force de ce projet. » Charge à la chorale latino-américaine, le duo accordéon-voix autour de chansons napolitaines, Nannani, ainsi que les fanfares Brass Koulé et Mudanza « d’accompagner le public entre les différentes scènes ». Parmi celles-ci, une, installée face au Palais de la Bourse, portée par le flot de « l’afro disco house » jouée avec des instruments recyclés de Fulu Miziki et les chansons du répertoire grec des années 1970, revivifiées par le groupe Deli Teli.

    Une veine plus acoustique et intimiste irriguera la scène installée sur le port antique, au Musée d’Histoire de Marseille, où résonnera un voyage polyphonique à travers la chorale de 20 femmes d’Arteteca, avant que le projet occitan-sicilien de Spartenza et Manu Théron ne propage l’écho de musiques méditerranéennes, mais pas que. La place du général-de-Gaulle sera, elle, davantage consacrée aux minots, notamment avec le conte musical Voyage au-delà des mers. Côté danse, le parvis de l’Opéra de Marseille sera le théâtre d’une « initiation à la sévillane et à la rumba », précise Arnaud Amat, puis de Récifs, « performance participative qui réunit 70 amateurs autour de la préservation de l’océan ».

  • Rock, funk et reggae ouvrent grand les Bouches-du-Rhône

    Rock, funk et reggae ouvrent grand les Bouches-du-Rhône

    Anciennement connu sous le nom de Tour du pays d’Aix, Terre de Provence amplifiée (TPA) revient sillonner chaque automne certaines salles de la région. Son credo, « mettre sur scène des amateurs, notamment issus du dispositif Class’EuRock, et professionnels. Nous avons choisi, outre des têtes d’affiche nationales et internationales, de mettre à l’honneur le travail des groupes du cru qui, loin d’être absents de l’actualité musicale, sont souvent relégués derrière le buzz », indique l’association Aix’Qui ?, aux manettes de ce festival dont la 27e édition s’élance ce vendredi 17 octobre au Portail Coucou, à Salon-de-Provence.

    Électrique

    Au programme de cette soirée placée sous le signe du rock, le groupe fondé à la fin des années 1970, Bijou, avec une première partie assurée au son garage des régionaux de l’étape, The needs et In a daze. Des concerts inauguraux augurant cinq autres rendez-vous autour d’autant de styles.

    Le lendemain, direction L’avant-scène à Aubagne, avec le pionnier du funk français, Juan Rozoff, dont la première partie sera assurée par les Marseillais de Rage Dogz. Le 24 octobre, place au reggae de Vanupié dans la salle des fêtes de Beaurecueil. La veille de la venue du guitariste blues Slim Paul à la MJC de Miramas. Dernière ligne droite de TPA les 31 octobre et 1er novembre aux Arcades d’Aix et à la Halle de Martigues, qui accueilleront respectivement le punk rageur de Guérilla poubelle et la chanteuse de ragga Soom T.

  • Un rite culturel pour notre région

    Un rite culturel pour notre région

    La 26e édition du Festival de Pâques qui se tiendra à Aix du 28 mars au 12 avril 2026. C’est dans le salon d’honneur de l’Hôtel des Invalides que Renaud Capuçon et Dominique Bluzet ont présenté à la presse le programme. Un festival de mission, telle est l’ambition affichée par ses créateurs, soutenus par le mécénat fidèle du CIC. Force est de constater qu’à l’instar de son modèle salzbourgeois, ce festival pascal inscrit depuis 2013, date de sa création, la ville d’Aix dans le grand concert des cités musicales européennes.

    L’édition 2026 ne dérogera pas à son ambition d’excellence. À commencer par la résidence pour trois ans en nos murs de l’Orchestre Philharmonique de Munich, phalange prestigieuse s’il en fut. D’autant qu’elle accompagnera avec son chef Lahav Shani, une autre légende et fidèle du festival, Marta Argerich. Au programme la première symphonie de Mahler et le deuxième concerto pour piano de Beethoven que la soliste apprécie tout particulièrement.

    Tradition oblige, la Passion de Bach du Vendredi saint sera celle de Saint-Jean avec l’ensemble Il Caravaggio de la cheffe Camille Delaforge. Autour de ce temps fort, la programmation se veut à la fois riche et variée. L’Orchestre de Lille viendra en ouverture fêter son cinquantième anniversaire (le bel âge !). Renaud Capuçon y jouera le concerto de Barber. Le chef Gianandrea Noseda et l’Orchestre de Zurich feront trembler le GTP aux accents du Requiem de Verdi. Sacré encore, Jordi Savall servira Le Christ au Mont des Oliviers de Beethoven et Les sept dernières paroles du Christ de Haydn. Le Festival pourra compter sur la présence de Bertrand Chamayou, du violoniste Guidon Kremer ainsi que de la flûte d’Emmanuel Pahud qu’accompagnera Lionel Bringuier à la tête du Philharmonique de Liège. La soprano Nadine Sierra chantera Verdi, Gounod et Debussy.

    Pâques à Aix c’est aussi la parole donnée à la jeunesse musicale. Le guitariste Raphaël Feuillâtre, voyagera de Bach à Piazzolla. Le violon de Sophie de Bardonnèche redonnera voix à des compositrices de l’âge baroque. On n’oublie pas les soirées Génération@aix autour de la pianiste Yulianna Avdeeva. Et il y aura bien d’autres jeunes solistes à découvrir.

    Enfin la grande ambition du festival est de l’inscrire en profondeur dans le territoire. « Pour tous et partout », dans les écoles, les Ehpad, les hôpitaux, la Maison de Gardanne… Renaud Capuçon apporte la musique vers des publics qui peuvent, à tort, penser qu’elle ne leur est pas destinée. Outre le concert pour les Aixois à Saint-Sauveur, le festival veut atteindre des territoires éloignés, offrir aux quartiers défavorisés l’occasion d’une rencontre et d’un partage. Un autre temps fort aura pour centre le Camp des Milles avec des tables rondes autour de compositeurs victimes de la barbarie nazie. À la fois moderne et liturgique, selon les propres mots de Dominique Bluzet, le Festival de Pâques installe un rituel dans le paysage culturel de notre région.

    L’ouverture des réservations s’ouvre le 10 octobre. www.festivalpaques.com. +33(0)4.42.91.69.69.

  • Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Si Marseille signe encore une saison touristique exceptionnelle en termes de fréquentation, le contexte économique demeure contraint. Le pouvoir d’achat se contracte avec un panier moyen qui diminue, et Marseille tire son épingle du jeu avec une clientèle principalement française, expose Jean-Pierre Cochet, président de l’Office de Tourisme, des Loisirs et des Congrès de Marseille. au regard de la concurrence des pays comme l’Italie et l’Espagne, les hôteliers n’ont pas hésité à réaligner leurs tarifs, cet été, pour être un peu plus attractifs. Avec succès. »

    Même constat du côté des locations de type Airbnb, où une hausse de 43% des tarifs a été observée entre les étés 2023 et 2025. Non sans humour, Jean-Pierre Cochet suggère « d’atterrir en tenant compte de la réalité du pouvoir d’achat ».

    L’Office mise sur une stratégie plus offensive pour renforcer l’attractivité de la ville. Attirer une clientèle étrangère, notamment coréenne ou chinoise, en dehors de la haute saison, pourrait compenser la baisse de consommation des touristes français.

    « L’attrait du tourisme pour les produits Fabriqué à Marseille est très important. En choisissant de mettre à l’honneur ses talents locaux, la foire a été témoin de ce succès. ça nous conforte pour l’attractivité de la ville, mais c’est aussi générateur d’emplois locaux », détaille Maxime Tissot, directeur général de l’Office de Tourisme et des Congrès de Marseille.

    La filière représente 25 000 emplois sur la ville. Allonger la saison ne pourrait qu’amplifier cet impact. « Le tourisme d’affaires va également s’affirmer au Pharo mais aussi au parc Chanot, avec l’arrivée de GL Events », abonde Marc Thépot, président délégué de l’Office. « Ce parc doit devenir un produit de son temps avec la foire, le tourisme d’affaires et les événements ludiques. Cet été, huit concerts ont eu lieu au Vélodrome, attirant 530 000 spectateurs », note Jean-Pierre Cochet.

    Conscients de l’impact des réseaux sociaux, les professionnels misent sur l’image photogénique de Marseille. Mais la vigilance reste de mise face au surtourisme. Le mirage « des croisiéristes qui consomment 100 euros par débarquement », n’a pas fait ses preuves, tandis que la pollution des navires non raccordés à quai et les embouteillages dans les ruelles du Panier suscitent des inquiétudes. Marc Thépot est formel : « Marseille ne doit pas devenir une ville chère, mais une ville durable où on échange, on partage le savoir-vivre Marseillais. »

    Marseilletourisme.com

  • À la Fiesta des Suds, le son zen de Morcheeba pour sortir du chaos

    À la Fiesta des Suds, le son zen de Morcheeba pour sortir du chaos

    « La musique est une manière douce de communiquer », se plaisent à dire les membres de Morcheeba. La formulation parfaite pour résumer 30 ans de carrière, tissée au long du fil discontinu de la voix astrale de Skye Edwards et des productions planantes de Ross Godfrey, les rescapés et piliers du groupe qui seront sur la scène de la Fiesta des Suds, jeudi 9 octobre. Rien d’étonnant au regard de l’origine de leur nom, tiré de « More Cheeba » : comprenez ainsi « plus d’herbe ». Celle qui se fume et non pas qui se broute.

    Comme un voile vaporeux et mélodieux qui drape leur trip hop made in England, cette musique lancée par la vague Massive Attack et qui a puisé dès les années 1990 dans les rythmes de la musique afro-américaine, pour les enduire d’électro et de dub. Trigger hippie, Big calm, The seasi les tubes se sont enchaînés jusqu’au mitan des années 2000, la décennie suivante fut plus avare en pépites dont Morcheeba avait le secret. Mais voilà que le désormais tandem Skye Edwards – Ross Godfrey vient délivrer à nouveau une recette qui avait fait la marque de fabrique du groupe, avec le nouvel album Escape the chaos. Mais s’évader de quel chaos, au juste ? « Les réseaux sociaux ont beaucoup empiré ces dix dernières années. J’y ai renoncé. L’ère de l’information est épuisante. Mais la musique, elle, peut envelopper chacun de nous dans un cocon sonore. C’est un sanctuaire », laisse planer le guitariste et claviériste Ross Godfrey.

    Appel de détresse tout autant qu’hymne à l’amour, Escape the chaos s’ouvre par le titre Call of love. Sur des riffs grassouillets, la voix de Skye Edwards, chanteuse londonienne, parolière et estampille de Morcheeba, se rappelle au souvenir de ses nombreux nostalgiques. Un appel à l’amour dans ce monde de brutes. « Il faut apprécier les bonnes choses. Les médias exagèrent les nouvelles pour attirer notre attention. La désinformation sème la confusion sur l’essentiel : se reconnecter à la nature et profiter d’une vie plus simple », affirme Ross Godfrey, peintre musical, dont la palette esquisse aussi bien des ballades pop à la sérénité toute affichée (Elephant clouds), que des quêtes zen épousant la voix de miel de Skye Edwards (Molten).

    Une histoire de connexions

    Fidèle à son credo depuis trois décennies, jalonnées de hauts et de bas, Morcheeba creuse encore son sillon : celui de la bande originale de nos turpitudes. En quête de refuge au milieu du chaos. « Nous aimons toujours créer des disques d’atmosphère, qui permettent au public de s’évader du quotidien », rembraye Ross Godfrey, qui n’a peut-être encore jamais atteint un tel niveau de production dans Escape the chaos.

    Morcheeba, c’est souvent une histoire de contrastes, de jeux de textures. Une parenthèse qui apaise les fracas du monde, viennent encore rappeler aujourd’hui des titres tels que Peace of me, au cours duquel le rap martial craché par le Mc, Oscar, s’atténue au contact de l’harmonie prodiguée par Skye Edwards. Que dire encore de Far we comme, mélopée harnachée à différentes cordes, qui donne presque le sentiment d’une chanson expiatoire. Des scratchs hip-hop de Cooler heads à la pop kitsch et futuriste de Hold it down, le combo se rapproche de l’esprit de ses débuts.

    « Il est difficile de dire d’où la musique de cet album nous est venue. Elle s’est développée naturellement. C’est une expression abstraite de nos sentiments. On a commencé à improviser sur certains morceaux lors des balances, puis on a réservé des studios pendant nos jours de repos entre deux concerts. On a mis plus de deux ans à le concevoir », souligne Ross Godfrey, grand manitou d’une œuvre presque mystique. Pour autant, précise-t-il, « je ne crois en aucun dieu. Mais je sais que l’univers est un endroit génial et que nous sommes tous connectés ».

    Programme complet de la soirée sur www.fiestadessuds.com