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  • Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny au stade Vélodrome. Pas le surnom d’une chèvre qui vient encore de signer à l’OM, mais bien le bouillant lapin des musiques latines, qui se produit mercredi 1er juillet dans l’antre des Olympiens. Cet artiste parmi les plus écoutés à travers le globe fait escale à Marseille dans le cadre de son « Debí Tirar Más Fotos World Tour », d’après le nom de son sixième album sorti l’an passé. Une discographie qui monte qui monte depuis les années 2010, et un opus hissé au firmament par le tremblement de terre en mondovision provoqué en février 2026 par son show à la mi-temps du Superbowl, cette parenthèse artistique de la finale de football américain, illustration suprême de la victoire culturelle d’el « imperialismo yankui ». Et pourtant. Truffée de références à ses racines portoricaines, notamment le perreo, danse reggaeton à se déglinguer le bassin et reprise notamment dans les mouvements contestataires de cette île colonisée il y a près de 130 ans par les États-Unis, la prestation de Bad Bunny a bien fait enrager Trump. « Ils veulent me prendre ma rivière et aussi ma plage. Ils veulent mon quartier et que ma grand-mère soit partie. Non, ne lâche pas ton drapeau. Je veux pas qu’ils fassent de toi ce qu’il est arrivé à Hawaii », chante, sur le titre « Lo Que Le Pasó a Hawaii », la superstar de 32 ans devenue égérie anti-Trump en multipliant notamment les prises de position contre l’ICE et pour l’accueil des migrants ou les droits LGBT.

    Coups de chaud

    Désormais icône politique tout autant que de la mode et de l’entertainment en général, une figure portée aux nues ou détestée, comme seuls les États-Unis savent enfanter et raffolent. Dans tout cela, on en oublierait presque la qualité de Debí Tirar Más Fotos, album sacrément bien produit au cours duquel reggaeton, salsa et merengue immergent les auditeurs dans ses influences portoricaines et caribéennes. Par-dessus, les scansions suffocantes de Bad Bunny achèvent de tirer les oreilles des lapins du monde entier pour les traîner fissa sur la piste de danse. De son « Nuevayol » introductif qui dope et sample le thème d’« Un Verano en Nueva York » d’El Gran Combo de Puerto Rico (1975), à la salsa survitaminée « La Mudanza », 17 titres chargés qui décupleraient la canicule marseillaise actuelle en un tour de chant ou de reins. Sûrement aussi de quoi mettre un coup de chaud supplémentaire à la RTM qui annonce encore son cortège de modifications des lignes passant vers le Vélodrome mercredi 1er juillet dès 16h. Il faut dire que le concert de Benito Antonio Martinez Ocasio, de son vrai nom, se jouera à guichets fermés et que les reventes de places se monnayent encore très cher.

  • La note bleue sous toutes ses couleurs à Vitrolles

    La note bleue sous toutes ses couleurs à Vitrolles

    Irriguées par le jazz comme le rock, notes en fusion en ligne de mire pour l’ouverture de la 28e édition du Charlie jazz festival. À Vitrolles, le jeudi 2 juillet, les riffs ravageurs du guitariste du New Jersey Al Di Meola en personne, résonneront au Domaine de Fontblanche. Révélé au sein de Return to forever dans les années 1970, groupe de jazz fusion du pianiste Chick Corea, ce tout frais septuagénaire ne cesse depuis d’éblouir le public avec sa technique tout autant que son sens de la mélodie tranchants. En mode Elegant gypsy ou bien paré de son Friday night in San Francisco, suggèrent deux de sa trentaine d’albums sémillants, Al Di Meola montera sur scène, lors de la soirée inaugurale, juste après le « jeune virtuose du trombone » Robinson Khoury. Un « musicien explorateur » qui, dans son dernier album MYA, « propose une synthèse audacieuse entre jazz contemporain, sonorités moyen-orientales, musique ancienne et textures électroniques », campe l’association Charlie Free, aux manettes du festival.

    New York, Inde, Mali…

    « Le festival se distingue par une programmation audacieuse et accessible qui s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux néophytes. Défendant une vision du jazz affranchie des standardisations médiatiques et des logiques industrielles, il met en lumière une musique vivante, inventive et ouverte aux croisements esthétiques », soulignent ses organisateurs. Illustration supplémentaire vendredi 3 juillet avec la venue de Lakecia Benjamin. Cette saxophoniste et chanteuse new yorkaise poursuit dans son récent et très abouti album We dream, son ascension des sommets jazz. Un son qu’elle croise avec le hip-hop et les musiques latines, comme un symbole des multiples influences ayant irrigué son quartier d’enfance, Washington heights, où vit une forte communauté dominicaine. Adepte lui-aussi de pareilles fusions au groove certain, le batteur Nate Smith sera également de la partie.

    Chaque soirée du Charlie jazz festival voit ainsi le « dialogue de figures majeures de la scène jazz internationale et de talents émergents de la création contemporaine ». Si certains esprits grincheux en doutaient encore, le genre continue de vivre la tête haute, fidèle à son ADN voyageur. Le lendemain, la flûtiste d’origine syrienne Naïssam Jalal défendra l’opus Landscapes of eternity, « fruit de son immersion dans la tradition hindustani, musique classique du Nord de l’Inde ». Avant que la diva malienne Oumou Sangaré ne prenne son relais mélodieux, « portant à son plus haut niveau le wassoulou, cette musique envoûtante du Sud du pays, faite de rythmes hypnotiques de polyrythmies et de chants incantatoires », situent encore le Charlie jazz festival qui s’achèvera le 5 juillet avec le maestro du oud, Dhafer Youssef.

  • Le théâtre Durance promet une année inclusive et solidaire

    Le théâtre Durance promet une année inclusive et solidaire

    Elodie Presles a dévoilé mercredi une programmation pluridisciplinaire et inclusive pour le théâtre Durance, scène nationale dont elle est la directrice. L’institution culturelle prend cette année des « risques artistiques », avec des pièces qui y seront jouées pour la première fois, a-t-elle expliqué.

    La directrice a commencé par déplorer la « guerre idéologique décomplexée qui met très à mal le secteur de la culture et en particulier le spectacle vivant », notamment « dans les villes RN », et la liberté d’expression, de créer et de programmer « attaquées partout ». « Notre rôle est donc absolument indispensable, nécessaire et urgent d’être aux côtés des artistes », a-t-elle estimé en préambule.

    « On va continuer à travailler sur les freins qui s’imposent à nous, comme l’éloignement géographique et financier », en continuant notamment à proposer des tarifs solidaires de trois euros par personne, à se déplacer dans de nombreux villages reculés et à proposer des bus pour emmener les habitants éloignés au théâtre. L’idée est ainsi de faire en sorte que « les gens arrêtent de se dire que le théâtre n’est pas pour eux ». La scène maintient ainsi sa devise : « si vous ne pouvez pas venir au théâtre, le théâtre va tout faire pour venir à vous ».

    Le théâtre Durance continuera par ailleurs son partenariat avec le théâtre La Passerelle à Gap, qui lui permet de proposer de plus grands formats dans une plus grande salle. En retour, La Passerelle peut profiter d’un espace plus intime à Château-Arnoux, nécessaire pour certains spectacles. « Le public circule naturellement entre les deux théâtres », s’est réjoui Elodie Presles.

    « Mise en commun »

    En plus de ce partenariat, la directrice en a annoncé un nouveau, qui inclut également le théâtre de Briançon, dans une démarche écologique. « La mutualisation entre nos trois théâtres permettra de réduire notre empreinte carbone. Nos équipes vont mettre en commun leur matériel », a expliqué Elodie Presles. Avec ce partenariat, elle espère également « positionner les départements alpins dans le milieu de la culture et du spectacle vivant, qui est quand même très concentré sur Marseille ».

    Le théâtre compte aussi renforcer ses dispositifs d’inclusion, en proposant notamment son premier spectacle disponible en audiodescription. La scène nationale continue par ailleurs à proposer des gilets vibrants permettant aux personnes souffrant de déficience auditive ou d’autisme de profiter de la musique d’une autre manière, avec des vibrations. Les équipes ont aussi été formées à la langue des signes.

    Le théâtre va également désormais proposer un bar dans la salle, qui permettra de discuter avec les spectateurs. « On n’a pas le temps de parler avec eux, c’est une frustration », a expliqué la directrice.

    « Plan social à bas bruit »

    Une quarantaine de spectacles sont prévus pour l’année à venir. Pour cette nouvelle programmation, le théâtre va notamment proposer une rencontre avec le journaliste Mathieu Palain sur les mécanismes de la violence, le vendredi 6 novembre à 18h30. Ce dernier a mené une enquête en assistant à des groupes de parole de personnes condamnées. Une autre rencontre avec la philosophe Joëlle Sask sera proposée le 1er avril sur le thème de « ce que participer implique », dans le cadre de l’élection présidentielle. Le théâtre jarlandin espère ainsi montrer qu’il n’est « pas hors sol ». Elodie Presles veut prouver que les beaux-arts peuvent rimer avec l’éducation populaire.

    La directrice et le président de l’association qui gère le théâtre ont finalement tenu à rappeler que seuls les adhérents de l’association siégeaient dans ses instances de gouvernance. « C’est un choix collectif unique au niveau des scènes nationales », a avancé Elodie Presles. Elle a également déploré le « plan social à bas bruit, la casse sociale très forte, les artistes qui arrêtent, les compagnies qui disparaissent et les lieux qui licencient ».

    Présentation de la programmation au public ce jeudi à 19h au théâtre, gratuite et sans réservation.

  • Nile Rodgers, légende vivante funky à Aix

    Nile Rodgers, légende vivante funky à Aix

    On l’écoute parfois même sans s’en rendre compte tant il se cache derrière un nombre de hits incommensurables. Le sceau d’un musicien qui collectionne les tubes et laisse durablement sa trace à travers les époques. We are family de Sister Sledge, Upside down de Diana Ross, Let’s dance de David Bowie, Like a virgin de Madonna, Get lucky des Daft Punk… un inventaire à la Prévert et une galaxie disco-funk au centre de laquelle trône Nile Rodgers, qui se produit vendredi 26 juin à l’Arena du Pays d’Aix dans le cadre du mini festival Rock en Aix. Une « légende vivante du groove » aux « 500 millions d’albums vendus » à travers le globe, ne s’y trompent pas les organisateurs de la manifestation.

    « Hitmaker »

    Producteur, auteur-compositeur mais avant tout guitariste hors pair, Nile Rodgers sera en concert à Aix aux côtés de son groupe de toujours, Chic. Chic, comme Le freak, c’est chic, ou encore Good times, ces morceaux ayant dès la fin des années 1970 imprimé la mémoire collective, des simples auditeurs comme des musiciens professionnels qui les ont samplés ou repris à leur sauce à l’infini. Comme son surnom l’indique, mais aussi le montant de ses droits à la Sacem, un « Hitmaker » que même les nouvelles générations ne sont pas près de finir à écouter.

    P.A.

    Places à partir de 61 euros. www.arenaaix.com

  • La famille Fadas s’agrandit pour six jours de fête à Tholon

    La famille Fadas s’agrandit pour six jours de fête à Tholon

    « Les Fadas, c’est un anti-festival », selon l’adjoint (PCF) à la culture, Florian Salazar-Martin. Et ce n’est pas pour dénigrer l’événement, qui s’agrandit encore cette année et va accueillir plusieurs nouveautés présentées lors d’une conférence de presse, lundi matin, à l’ombre de la Cour de l’île.

    Cette huitième édition s’élargit dans l’espace et dans le temps. Pas d’histoire de science-fiction ici, mais bel et bien un village des Fadas implanté pendant six jours, du mardi 7 au dimanche 12 juillet, sur une base nautique de Tholon complètement dédiée à l’événement. Cet anti-festival s’étendra du Tétrodon jusqu’au parking le long du boulevard Touret-de-Vallier, qui ne sera plus disponible pour son véhicule, mais pour un invité un peu spécial.

    Car, à l’honneur de cette édition 2026 figure le centre culturel embarqué de la Flotille pour Gaza, hébergé sur le voilier Hétérotope armé par le journaliste et militant Emilien Urbach. « Toute l’année, nous sommes citoyens du monde. L’Hétérotope est chargé de la mémoire des flottilles », détaille Florian Salazar-Martin, qui parle des Fadas comme avant tout d’un « espace de parole et d’échange » loin de « la surenchère » programmatique.

    « Un échange culturel loin de la culture bourgeoise »

    Car l’idée, pour l’élu, est avant tout de « transmettre le virus fada », celui qui veut qu’« on puisse passer sa journée à se prélasser sans que personne ne dise rien », celui « de l’échange culturel et pas que de la culture bourgeoise et ses grands hommes : plus il y a de diversité, mieux c’est ! », insiste l’adjoint.

    Cette idée trouve son écho dès le mardi 7 juillet, avec la compagnie des Josianes, qui propose un spectacle de danse et de cirque autour de la notion de résistance féministe. Le même jour, la chanteuse et multi-instrumentiste féministe et antiraciste Bia Ferreira sera en concert, suivie de la marseillaise Carlala, qui proposera un DJ-set entre reggaeton, flamenco, brasilian funk ou encore DnB. L’ensemble de la programmation est à retrouver sur le site internet Martigues Bouge.

    Le village des Fadas a aussi pour ambition d’être « une éco-manifestation », selon Florian Salazar-Martin, avec notamment l’utilisation de la « dînette en plastique » lavable inaugurée l’année dernière. « On a lavé 7 500 couverts l’année dernière, avec seulement 50 litres d’eau et sept objets cassés. L’enjeu est de tendre vers le zéro-déchets », indique l’adjoint.

    Autre nouveauté, le déploiement du dispositif Safer, dédié à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. En clair, le public aura à sa disposition un stand de prévention, une application d’alerte et des équipes de maraude.

    Être fadas, faire la fête, oui. En respectant tout le monde, c’est encore mieux.

  • Soprano provoque un coup de chaud durant la fête de la musique

    Soprano provoque un coup de chaud durant la fête de la musique

    « Aujourd’hui, pour le lancement de l’Été marseillais, veuillez accueillir… Soprano ! » À 21h45 dimanche soir, face à la scène installée par la Ville de Marseille sur la corniche, ce n’est que hurlements et sifflements. « Ça fait super plaisir de vous voir ! », lâche l’artiste, « c’est la fête de la musique et le plus important, c’est que tout le monde puisse s’amuser ! ». Le rappeur marseillais lance la soirée avec Cosmo avant d’enchaîner avec En feu ! « C’est surprenant, super cool qu’il soit venu en personne », n’en revient pas Suzanne. « On est là, on profite ! », s’enflamme Chiara.

    Diversité musicale

    À la Plaine, en début d’après-midi, tout le monde se prépare. L’Intermédiaire, bar emblématique de la scène rock marseillaise, a avancé les horaires pour accueillir un large public. « Des jeunes, des vieux, des touristes, des riverains, qui viennent pour écouter une musique qui nous porte », apprécie Annaëlle Loze qui souligne : « C’est un grand moment de rock, dans ce que cela implique en qualité musicale et en valeurs qu’on défend : l’antifascisme, l’antiracisme, le respect », poursuit-elle.

    Une musique live qui est également portée par des particuliers qui installent leurs systèmes sont à chaque recoin de la place. Parmi eux, un groupe d’amis se préparent depuis trois mois, en bricolant des caissons. « C’est la première fois qu’on fait ça. On pose les enceintes et on propose aux gens de venir mixer », explique l’un d’entre eux.

    À la Citadelle, le Swing du Camas fait résonner son jazz manouche devant un public familial. « Le cadre est trop beau, savoure Kevin, on a de la chance de commencer la soirée ici avant d’aller papillonner et profiter ailleurs », savoure Kevin. « Pour moi, la fête de la musique c’est les musiciens », précise Michael, Parisien récemment installé à Marseille, « on est venu pour le gipsy jazz et on reste pour le conservatoire ».

    Sur la corniche, beaucoup de monde se presse. Les scènes s’enchaînent sur une voie libérée des voitures, dans des petits chapiteaux, des DJ sets dans les bars… Beaucoup de jeunes se pressent devant la grande scène mise en place par la Ville de Marseille. Un collectif fait danser et chanter des jeunes de 15 à 20 ans, sur les tubes de SCH, PLK, Maître Gims… Et Soprano débarque.

  • L’été arrive et les festivités sont lancées dans la cité de Pagnol

    L’été arrive et les festivités sont lancées dans la cité de Pagnol

    Entre deux lancés de hache, l’office de tourisme d’Aubagne, élus et acteurs locaux du tourisme se sont réunis, ce vendredi, à l’Entre 2 Lames à Aubagne. L’occasion de lancer les différentes festivités de l’été.

    Pascal Coudurier, directeur de l’office de tourisme d’Aubagne, a présenté quelques-unes des 300 animations qui sont proposées jusqu’au 15 septembre. Entre cinéma en plein air, concerts, sport en extérieur, ou activités familiales, « l’objectif est d’aider les communes à renforcer leurs programmes d’animations et d’événementiel », explique le directeur. Un total de 6 000 euros de prestations a été versé à chacune des communes du territoire.

    Parmi les activités proposées, un parcours guidé qui relie Aubagne à La Treille, avec une visite de l’intérieur de la Bastide Neuve, lieu emblématique de l’enfance de Marcel Pagnol. « Elle permet de marcher dans les pas de la famille Pagnol. Beaucoup d’écoles viennent, mais aussi des personnes âgées. C’est un sujet qui plaît et qui est indémodable, un peu comme Tintin », sourit Olivier Cheneau, responsable des guides à l’office de tourisme d’Aubagne.

    À ses côtés, Philippe Escoffier, également guide, est passionné par l’œuvre de Marcel Pagnol. « Je fais le plus beau métier du monde. Je suis avec des enfants, dans la nature, c’est une véritable transmission. C’est très interactif », témoigne-t-il. La semaine prochaine, Philippe Escoffier accueillera des personnes venant des États-Unis. Plus qu’une simple visite, l’activité permet de montrer que « le patrimoine provençal est toujours vivant », ajoute Olivier Cheneau. « Quoi de mieux si on sait d’où on vient ! »

    Des événements gratuits accessibles à tous

    Pascal Coudurier l’affirme, la saison estivale va être compliquée. « Les ménages disposent de 200 euros de moins pour partir en vacances. On passe de 1 900 à 1 700 euros de budget pour les familles françaises », développe le directeur.

    Alors pour faire face à cette baisse de budget, la plupart des activités proposées sont gratuites, l’objectif étant de s’adresser au plus grand nombre. « Toute personne peut assister à certaines pièces de théâtre où elle ne serait pas allée d’habitude. Et les bus sont gratuits pour tous dans l’agglomération, donc ça permet de se déplacer sans frais », explique Virginie Trapuni, conseillère municipale à Saint-Zacharie.

    Des événements qui profitent également aux acteurs du tourisme. « Ça divertit les vacanciers et ça les invite à réserver. Donc forcément, il y a plus de monde l’été », affirme Jean-Luc Decamps, hébergeur à Aubagne.

    Les habitants bénéficient, au premier plan, de ces nombreuses festivités. « Elles leur permettent de se réapproprier la ville, car le centre est désertique. L’objectif est aussi de favoriser le vivre-ensemble et de faire de l’accompagnement social pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances », explique Gaëlle Rodeville, adjointe au maire d’Aubagne (DVG) sur la partie événementiel. Gérard Canavese, président de l’office de tourisme d’Aubagne, partage cet avis et défend un tourisme respectueux de l’environnement : « Nous souhaitons un tourisme raisonnable et raisonné qui se construit avec et pour les habitants », conclut-il.

    Programme à retrouver sur tourisme-paysdaubagne.fr

  • [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ? Est-ce que ça a toujours été une passion pour vous ?

    Mélissa Laveaux : Non. Je voulais être médecin, puis peintre et ballerine. Je me suis mise à faire de la musique pour soutenir des associations pour lesquelles j’étais bénévole, comme des associations féministes d’Ottawa, la ville où j’ai grandi, qui soutiennent les femmes qui sont victimes de violences sexuelles, des associations punk. C’était mes communautés et c’est pour ça que je me suis lancée dans la musique. Tout le monde m’a dit qu’il fallait que je mette ma musique sur Myspace. Cela fait plus de 20 ans que je fais de la musique, donc Spotify n’existait pas encore. Pas mal de gens m’ont découverte sur Myspace, et c’est là où mon ancien label m’a repérée. Maintenant, je suis devenue une artiste indépendante et autoproduite.

    La Marseillaise : Vous chantez en plusieurs langues, mais plus en français. Pour quelle raison ?

    Mélissa Laveaux : Je chantais en français, mais on m’a dit que mon français n’était pas correct, alors que je suis francophone, c’est ma langue maternelle. Du coup, j’ai arrêté de chanter en français en France. Je l’ai vraiment pris comme une insulte personnelle. Je refuse de chanter en français en France. J’ai perdu l’envie. Par contre, je chante en français au Québec. Et je chante en créole parce que physiquement, sensoriellement, c’est hyper délicieux. C’est comme manger un bon dessert. Je compose par rapport au goût.

    La Marseillaise : Quelles sont vos inspirations musicales ?

    Mélissa Laveaux : J’aime beaucoup le groupe écossais Young Fathers. J’ai toujours aimé Nina Simone. Après, il y a une énorme panoplie de chansons qu’on m’a fait écouter quand j’étais plus jeune. J’étais beaucoup inspirée par la Tropicalia brésilienne, par des artistes cubains, des femmes à la guitare. C’est ce qui m’intéresse beaucoup.

    La Marseillaise : Vous vous considérez comme un ovni ?

    Mélissa Laveaux : Oui. J’aimerais beaucoup qu’il y ait d’autres personnes qui fassent de la musique bizarre. Je trouve que je fais de la musique bizarre parce que j’écris pas de chansons d’amour. J’écris des chansons sur la mort, sur la maladie, sur la destruction de la planète. Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je chanterais des chansons d’amour et je me tairais politiquement.

  • Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Sur scène, quelque 150 jeunes des collèges Stéphane-Mallarmé (13e), Henri-Barnier (16e) et Françoise-Duparc (4e) défilent devant un public de parents, d’amis et de curieux venus assister à ce grand concert. « C’est un projet d’initiation à la musique qui est né en 2018, justement au collège Françoise-Duparc », rappelle Pauline Wohlhuter, administratrice de Marsatac School.

    Pendant dix séances d’une à deux heures, des élèves de la sixième à la troisième ont été accompagnés par des artistes, lyricistes et beatmakers pour réaliser leurs propres musiques. « On leur montre comment on crée des rythmes, des rimes, des paroles. Après ils apprennent à chanter, à rapper, et ils arrivent comme des vrais artistes sur scène », sourit Loucas, qui a accompagné le projet.

    Soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône, cette initiation à la musique a permis à trois classes, dont une classe Ulis pour enfants en situation de handicap, de créer quatre chansons chacune. « Le but c’est aussi d’être inclusif et de les aider. On a des retours sur des élèves qui sont en décrochage scolaire, et c’est un projet pour lequel ils reviennent à l’école », affirme Pauline Wohlhuter.

    Artistes en devenir

    Grâce à Marsatac School, certains se voient déjà continuer dans cette voie. « Maintenant on sait rapper et écrire. Peut-être que plus tard, on percera dans le rap et on fera un groupe », rêvent Ylias et Mehdi, élèves de troisième au collège Françoise-Duparc.

    Le projet permet aussi aux jeunes de s’affirmer. « Déjà, ça donne un accès à la culture et en plus ça joue sur leur confiance, leur sociabilité, leur empathie », admet Loucas. « Au début j’étais timide. Maintenant je me dis, autant me lancer », atteste Linoa, qui espère poursuivre dans le rap. Une volonté entendue par Pauline Wohlhuter, qui souhaite que l’accompagnement des élèves perdure. « On essaie de travailler sur une Marsatac Academy pour donner l’opportunité à ces jeunes de continuer à pratiquer. »

    Dans le public, les cris de soutiens fusent. « Ça les a vraiment rassemblés, ils créent de la coopération. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à participer à Marsatac School », détaille la professeure d’anglais des collégiens. De quoi confirmer le pouvoir de la musique comme levier d’inclusion pour les jeunes.

  • [Entretien] Juste Shani : « Avoir des textes engagés, c’est important et naturel pour moi »

    [Entretien] Juste Shani : « Avoir des textes engagés, c’est important et naturel pour moi »

    La Marseillaise : Vous rappez depuis 2018. Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce style musical ?

    Juste Shani : J’ai toujours aimé la musique en général et le hip-hop en particulier. Quand j’étais petite, à la maison, avec ma famille, on écoutait ensemble plutôt de la variété, de la pop et du R’n’B. Et j’écoutais beaucoup de hip-hop US. Et à l’adolescence, j’ai commencé a écouté du rap français comme Sexion d’assaut qui a beaucoup forgé la façon dont je rappe aujourd’hui. Je me suis donc tournée vers le rap au fil des découvertes. J’ai toujours écrit et chanté plein de styles différents. Petite, j’ai d’abord écrit un peu de R’n’B en anglais et après, du rap français. Je ne sais pas ce qui s’est passé de particulier. Mais déjà, c’était en français et puis, moi, j’écoutais du rap avec des artistes assez engagés comme Youssoupha, ou Kenny Arkana. Les thématiques qui étaient abordées m’ont vraiment touchée à une époque où je commençais à comprendre aussi la société dans laquelle on évoluait. C’est vraiment un des styles de musique qui m’a le plus choquée en fait.

    Dans vos morceaux, vous parlez de la question du racisme, de la misogynie ou de sujets sociaux. C’est important pour vous d’avoir des textes engagés ?

    J.S. : Je ne sais pas si c’est important, mais c’est naturel pour moi. C’est juste que ce sont des sujets qui me tiennent à cœur, et qui ont toujours été importants pour moi. Mais c’est aussi ce que je vis aussi au quotidien, donc naturellement ça se retrouve dans mes textes.

    Dans la vie en général ou dans le monde du rap ?

    J.S. : En tant que femme et noire, on est confrontée à certaines de ces réalités. Et après, dans l’industrie ce sont les mêmes problématiques qu’on retrouve dans tous les milieux de la société. Après dans l’exemple du rap, c’est un style qui est réputé plutôt masculin. Du coup, dans les premiers événements rap où j’étais, car j’ai fait beaucoup d’open mic [scènes ouvertes], il y a un peu ce truc où tout le monde te regarde de travers. Ils se demandent ce que tu fous là. Je pense qu’on est encore aujourd’hui dans le rap, dans quelque chose où c’est encore vu comme un peu spécial d’être une femme qui rappe, alors que ça devrait être banal.

    À partir de 2025, vos morceaux Matrixée, Bonnes fêtes et Brillance ont eu une grande visibilité sur les réseaux sociaux. En quoi ça a été un tremplin pour vous ?

    J.S. : Ça m’a beaucoup aidée, les réseaux sociaux. Je pense qu’en tant qu’artiste, on a cette chance de pouvoir s’y développer de façon totalement indépendante au moins pendant un temps. À l’époque, dans les années 90, 2000, on était vraiment totalement dépendants des labels et des maisons de disques pour faire sa promo, même pour faire ce qu’on dit. Par rapport à la promo et à l’image les réseaux sociaux m’ont vraiment apporté beaucoup de visibilité. C’est vrai qu’en 2025, il y a eu vraiment énormément de visibilité qui s’est de plus en plus élargie. Je pense que ça m’a aussi rendu plus visible aux yeux de tous les professionnels de l’industrie, des maisons de disques. Et c’était pour moi un moyen d’exprimer tout ce que j’avais à dire.

    Ce qui a amené une grosse année : première partie de Aya Nakamura, tournée de festival et des dates de concerts dans toute la France.

    J.S. : C’est trop cool. C’est vraiment le fruit de plusieurs années de travail qui commencent à marcher. Je me suis entourée de plus gros partenaires professionnels, avec notamment d’autres tourneurs, société qui organise mes tournées. Et on sent qu’il y a cet accompagnement-là. Le projet rayonne et il y a un public qui est de plus en plus demandeur. Et il y a de plus en plus de programmateurs qui me font confiance.

    Et samedi, Marsatac…

    J.S. : Ça me fait plaisir. C’est la première fois que je joue à Marseille. J’ai beaucoup joué dans d’autres régions, qui ne sont pas la mienne, comme à Lyon ou en Bretagne. Mais encore jamais Marseille. Je sais qu’il y a un peu de gens qui m’écoutent ici, donc ça me fait vraiment plaisir de les rencontrer.

    Quels sont les prochains projets ?

    J.S. : Pour moi, le futur, c’est un nouveau projet. Je vais continuer à bosser dans ce pays musical, à proposer des choses de qualité, parce que je suis encore dans une phase, malgré toute la visibilité dont je bénéficie, de développement de mon projet qui est émergent. Donc j’essaie de beaucoup bosser la musique, d’affirmer ma patte et ma signature.