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  • [Grand entretien] Suzanne : « On peut dénoncer en chansons et rassembler »

    [Grand entretien] Suzanne : « On peut dénoncer en chansons et rassembler »

    La Marseillaise : Vous vous produisez notamment avec votre nouvel Album, « Milenium », qui renoue avec des sonorités électro et de variété française. Pourquoi y être revenue ?

    Suzane : J’ai eu vraiment besoin de revenir à mon ADN principal qui est ce mélange de chansons françaises et d’électro. Je pense que c’est la musique qui me porte le mieux sur scène. J’ai eu envie de revenir à une énergie plus physique, plus dansante, plus électronique, tout en mêlant les mots, comme dans mon premier album. C’est un peu un retour aux bases, mais j’espère, en ayant évolué.

    C’est aussi un album dédié à la génération des millenials. Qu’est-ce que vous avez à leur dire ?

    Suzane : C’est un album qui s’adresse plus aux millenials parce que j’en suis une. Je suis née dans les années 90 donc on sent mes références. On est aussi une génération où on est dans un monde qu’on ne reconnaît pas trop, un monde qu’on ne nous a pas appris. Donc on peut avoir parfois quelques désillusions. C’est ce que je raconte un petit peu dans l’album. En essayant de donner de l’espoir pour la suite. L’album s’appelle d’ailleurs Millenium parce que la définition c’est une nouvelle ère commençant par un changement. Je pense qu’aujourd’hui, le changement est intergénérationnel. Il n’est pas que pour notre génération. Il est pour ceux qui arrivent, il est pour nos parents. C’est un changement qu’on attend un peu tous, je crois.

    Dans cet album, vous abordez également des thématiques intimes et politiques, comme votre lesbianisme, les violences sexuelles et sexistes, ou encore les stéréotypes de genre. Pourquoi c’est important de chanter sur ces sujets ?

    Suzane : Parce que je pense que les chansons, elles ne servent pas qu’à divertir. Je pense qu’on peut dénoncer en chansons. On peut rassembler aussi. En fait, c’est des sujets qui faisaient partie de ma vie de femme. Donc oui, il y a plus de politique dans cet album, plus d’engagement encore, parce que je l’ai toujours fait mais que là, j’ai senti une urgence encore plus forte. Il y a beaucoup de messages qui sont adressés aux femmes, mais je parle aussi d’écologie ; j’aborde les thématiques de notre monde actuel. Parce que c’est des choses qui peuvent m’angoisser cela avance lentement. Donc je trouve que c’est important de pouvoir les aborder en chansons.

    Pourquoi est-ce que c’était urgent ?

    Suzane : Aujourd’hui, on entend encore qu’il y a trop de féminisme. Moi, je pense qu’il y a plutôt trop de féminicides. Il y a un grand silence qui entoure les questions de violences sexistes et sexuelles. Mes chansons c’est un peu la réponse à ce silence, avec de la musique, des mots, une énergie et des émotions. Et j’ai l’impression que les gens qui écoutent ces chansons s’y reconnaissent. Ils sont dans l’urgence aussi d’entendre des chansons qui décrivent les choses qu’ils connaissent tous les jours, dans le quotidien.

    « Je t’accuse » est notamment une chanson qui dénonce les violences sexuelles et l’inefficacité de la Justice ?

    Suzane : Je pense que cette chanson est arrivée dans ma vie pendant une période compliquée, où beaucoup de choses me ramenaient à cette violence que j’avais subie. Et pour m’en libérer, j’ai eu l’impression qu’écrire une chanson, ça pouvait peut-être m’aider. Je ne pensais pas la sortir, cette chanson. C’était une chanson pour me réparer. Et puis, j’ai continué à voir à la télé, dans les médias, des récits assez glaçants de violences, que ce soit sur des femmes, des hommes, des enfants, des classements sans suite et rarement de condamnations… C’est ce qui m’a donné le courage de me dire « il faut que tu portes ce message. Il n’est pas que pour toi, ce message. Il est pour toutes celles qui ont subi, comme toi, des violences. » Ce n’était pas une chanson évidente à sortir, mais j’ai l’impression qu’elle a trouvé son public. C’est un peu un triste constat de se dire qu’on est aussi nombreux à comprendre les paroles de cette chanson. Normalement, elle ne devrait pas exister. Et en tout cas, dans notre monde actuel, en 2026 il y a encore trop de violences sexuelles, de féminicides, de viols. On n’est toujours pas en sécurité, des années après #MeToo. Donc je pense que cette chanson, elle prend toute sa place depuis qu’elle est sortie.

    Êtes-vous confiante pour l’avenir ?

    Suzane : Un peu comme sur tout, c’est-à-dire les droits, que ce soit les droits pour les femmes ou les droits LGBT. Ce sont des droits qu’on a mis longtemps à avoir, à acquérir. C’est plus facile de perdre des droits que d’en gagner, je crois. Il ne faut pas se dire que tous nos droits sont acquis et que dans la durée, ce ne sera plus forcément le cas. Il faut continuer de défendre ces droits même quand on les a.

    Vous êtes originaire d’Avignon, quels liens entretenez-vous avec le sud ?

    Suzane : Le sud, c’est là où tous mes rêves sont nés, c’est là où j’ai été formée, là où j’ai appris la danse, là où j’ai chanté dans la rue à Saint-Rémy avant de prendre un billet pour aller à Paris. C’est important pour moi de rester liée à ces racines. Le fait de jouer à Marseille, c’est quelque chose d’important de pouvoir passer dans la région où j’ai grandi. J’avais déjà joué mon premier projet à Marseille et j’en garde un très bon souvenir. J’espère que cette deuxième fois sera aussi belle que la première.

  • Globe-trotter marseillais et guitariste louisianais à Aix

    Globe-trotter marseillais et guitariste louisianais à Aix

    Secousses musicales en ligne de mire, ce week-end, dans la salle de concert du 6mic. Un tremblement de terre sonore dont les premiers ressentis coïncideront samedi 28 février, aux alentours de 20h30, avec les rythmes chaloupés de David Walters. Après sa Soul tropical qui racontait il y a deux ans « le voyage des rythmes africains qui traversent l’océan », voici que ce musicien globe-trotter, ancré à Marseille depuis une vingtaine d’années, revient avec Ti love. Inspiré par la devise du rappeur Oxmo Puccino, « perdre et gagner, sans s’éloigner de soi-même », un album qu’il arrime à la culture antillaise dans laquelle il a été bercé.

    Pas anodin à ce que cet opus ait germé dans le village martiniquais de sa grand-mère, matriarche qui a mis les oreilles de David Walters à l’étrier de la musique en lui apprenant comme première chanson Mèsi Bondyé de Frantz Casseus, compositeur haïtien porté par les musiques créoles comme classique. « L’âme tropicale, c’est l’âme de la Caraïbe : la genèse de ce que je suis, de ce que nous ont laissé nos ancêtres », expliquait à La Marseillaise, l’an passé, cet artiste qui livre cette fois 11 titres qui sonnent comme une ode au dépassement des frontières.

    Un phénix du blues

    De Ti love, en duo avec la chanteuse ivoiro-malienne Fatoumata Diawara jusqu’à Bon voyage, en passant par le délicieusement groovy Kite koulé kon klo, aux côtés du guitariste nigérian Keziah Jones, David Walters offre une traversée qui mêle sa culture d’origine à l’écume sonore du monde, funk, reggae et disco en bonnes places. Ce fracas musical ne s’arrêtera pas en si bon chemin au 6mic, Robert Finley prenant son relais mélodieux, le lendemain, samedi 1er mars.

    Un phénix du blues made in Louisiane qui n’est devenue une star du genre qu’à la soixantaine, remis sous les projecteurs par un collectif de passionnés du nom de Music maker relief foundation. Natif de la bourgade de Bernice, il intègre l’orchestre de l’armée américaine dans les années 1970, puis se fait radier de la Grande muette, exerçant surtout son art dans les rues, avant qu’un glaucome ne le rendre aveugle. S’il n’a sorti son premier album qu’il y a 10 ans, Robert Finley demeure l’un des musiciens les plus chevronnés du blues. Dans sa dernière galette, Hallelujah ! Don’t let the devil fool ya, il délaisse un poil ses riffs marécageux du Bayou pour renouer avec le gospel avec lequel il a fait ses gammes dans son enfance. Porté par sa ferveur, un album dans lequel il semble remercier le ciel d’être encore là malgré tous les obstacles qu’il a pu rencontrer au cours de sa vie. Et qui fait même dire à Dan Auerbach, son producteur attitré et moitié du groupe de rock The black keys, qu’il est « le plus grand chanteur de soul vivant ».

  • Yoa : « Pour moi, l’art est toujours politique »

    Yoa : « Pour moi, l’art est toujours politique »

    La Marseillaise : Vous êtes en tournée depuis plus d’un an pour votre album « La Favorite ». Cela vous plaît-il toujours autant de monter sur scène ?

    Yoa : Bien sûr, monter sur scène c’est la continuité de l’écriture, de la composition, donc ça me plaît beaucoup. On finit en août la tournée, avec les festivals de cet été. Ces mois qui viennent de passer en tournée, c’était vraiment très intense. On a eu énormément de dates, on en a parlé hier avec mon équipe, je crois que j’ai fait une centaine de dates. Donc oui, c’est quand même conséquent, je me rendais même pas compte qu’on en avait fait autant. Mais même si le rythme est très soutenu, c’est tellement génial.

    Vous serez sur scène
    à Aix-en-Provence samedi prochain. Connaissez-vous la région
     ?

    Yoa : Je connais un peu ce coin-là, mais de toute façon, passer dans le sud, c’est trop cool. Je sais que j’adore ce public, quand je viens autour de Marseille je n’ai presque plus besoin de chanter. J’ai vraiment hâte de venir.

    « La favorite » est votre premier album, après plusieurs EP et singles. Comment s’est-il construit ?

    Yoa : L’album s’est construit assez traditionnellement, j’avais fait des EP avant et je savais que c’était dans la continuité de ce que je faisais de sortir cet album. Alors j’ai juste continué à écrire, assez naturellement, sur des choses qui m’étaient très intimes. La création de l’album s’est étendue sur environ deux ans, entre les premiers morceaux que j’ai sortis qui sont dans cet album et ce que l’album est devenu une fois terminé.

    Donc c’était un processus assez long. Entre les deux j’ai changé d’équipe, de personnes avec qui j’avais l’habitude de travailler donc je pense que j’ai beaucoup grandi pendant la création de cet album.

    Vous parlez de sujets intimes, tels que la rupture amicale, les relations amoureuses. Pensez-vous que la musique permette de s’exprimer sur des thématiques intimes pour partager son expérience ?

    Yoa : Oui complètement, je pense que c’est même le but de s’exprimer sur des sujets intimes mais qui sont finalement très universels. Donc j’ai écrit sur mon intimité, sur moi, sur mes expériences, sur ma vie. En tout cas, partager son expérience c’est ce que j’essaye de faire, et c’est ce que je fais.

    Comment est arrivée la musique dans votre vie et pensiez-vous qu’elle aurait une telle place ?

    Yoa : J’ai toujours aimé faire de la musique, depuis petite. Et puis pendant le Covid, au départ je cherchais juste à ne pas m’ennuyer. Alors pour passer le temps, j’écrivais un peu, et finalement ça a grandi, petit à petit. En cinq ans, six ans maintenant, ça a continué à grandir. J’espérais que ça allait marcher mais je ne me doutais pas du tout que ça irait jusque-là. C’est des choses qui paraissent tellement énormes que je ne me suis jamais permise de penser à ça. C’est trop bien que ça en arrive là mais je ne m’étais jamais dit qu’un jour je ferai plein de dates, que je remporterai une Victoire de la Musique. C’était des choses qui m’attiraient mais que je n’espérais pas.

    Cet été, vous avez annulé votre participation au festival des Francofolies de Spa, reconnaissant une programmation en désaccord avec vos « convictions sociales, politiques et humanistes ». Pensez-vous que l’art soit politique ? En tant qu’artiste, est-il important pour vous de vous positionner ?

    Yoa : Oui complètement. De toute manière, quand on parle de son intimité, on fait de la politique, à partir du moment où on n’est pas dans les clous de la société, c’est-à-dire qu’on n’est pas blancs, qu’on n’est pas un homme… Même si évidemment, je pense qu’il n’y a pas besoin de ça pour se positionner, mais forcément, ce sont aussi des choses qui jouent. Donc oui, pour moi l’art est toujours politique.

    Vous étiez nommée dans la catégorie « Révélation féminine » des Victoires de la Musique, en 2025. Quels sont les points positifs de cette nouvelle scène musicale en France ?

    Yoa : Pour moi, c’est une vraie joie de faire partie de cette génération, qui est belle, qui est digne, qui est très courageuse, et qui s’engage ensemble pour ne plus reproduire des schémas un peu patriarcaux du passé, dont on ne veut plus. Donc c’est vraiment agréable pour moi d’évoluer là-dedans. Je pense qu’on peut parler de tout, qu’il y a une liberté créative. J’ai l’impression qu’il y a de la place pour tout le monde. Ça fait du bien.

    Des places sont encore disponibles pour le concert d’Aix-en-Provence, avec un tarif normal à 25€ et un tarif réduit à 23€. Des places à 28€ sont aussi disponibles pour Montpellier. La billetterie est accessible via : https://tix.to/yoa_tour

  • Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Ponctué de discours engagés, ce concert s’inscrit dans la « Tournée Municipales » lancée par le média spécialisé dans le rap « Grünt » le 5 février dernier.

    Une lutte qui se veut être « un rassemblement contre la haine », contre l’extrême droite et son idéologie « xénophobe, autoritaire, antisociale et climatosceptique ». Lors d’une table ronde organisée par Streetpress, le fondateur de Grünt, Jean Morel, alerte sur la mise en péril de la culture engendrée par la coupe de subventions.

    Dès lors, il avertissait sur « la disparition culturelle » et « l’augmentation de l’obscurantisme : De moins en moins de gens peuvent accéder à des choses qui font qu’on s’aime les uns les autres ». Après Marseille, Tours, Saint-Brieuc, Laval et Nice, la tournée se poursuivra à Lyon, Tourcoing, Caen et Strasbourg.

    Emma Kerbourc’h

    Concert complet

  • [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    La Marseillaise : Vous êtes en tournée pour votre premier album, après plusieurs singles et un EP. Qu’est-ce que cela fait de monter sur scène ?

    Linh : J’avoue que c’est incroyable. J’ai du mal à réaliser parce que c’est juste fou ce qu’il se passe. C’est vrai que c’est ma première tournée, donc j’étais un peu stressée, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais au final, je reçois beaucoup d’amour de la part du public et je passe des moments absolument hors du temps. C’est incroyable.

    C’est un premier album très intime. Comment avez-vous pensé les thématiques, la construction de l’histoire que vous partagez ?

    Linh : Oui, sur ce premier album, ça se remarque, je parle beaucoup d’amour, parce que c’est un peu ce qui m’inspire dans la vie, c’est mon moteur. Je n’ai jamais vraiment réfléchi à un thème en particulier, ce sont des choses qui me viennent comme ça, quand je commence à composer les mélodies. C’est un album très intime, ça parle de choses qui me sont arrivées, des doutes, des moments vécus. Pourtant, j’ai eu du mal à parler de moi au début. Le single Je pense à vous m’a débloqué sur le fait de pouvoir parler de soi, intimement. Au départ, j’avais très peur de sortir cette chanson, car elle était vraiment mon histoire. Mais il y a eu un engouement énorme autour de ce morceau, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes qui s’appropriaient mon histoire, avec leur propre histoire. Ça m’a débloqué sur le fait que je pouvais vraiment écrire sur tout. C’est pour ça que dans cet album on retrouve beaucoup de choses de ma vie.

    Faire de la musique, est-ce une manière de s’exprimer sur des sujets intimes, mais aussi universels ?

    Linh : Complètement, et c’est une thérapie aussi. Par exemple, j’ai composé une chanson qui s’appelle Je t’aime, c’est sur l’amour de soi. J’ai mis presque un an à l’écrire. C’était quelque chose qui me traînait dans la tête depuis beaucoup de temps. En écrivant et en mettant des mots sur tout ça, ça m’a fait du bien, j’ai eu comme un gros soulagement. Je reçois des messages de personnes qui me remercient pour cette musique, qui me disent qu’elle les aide. Donc forcément, si moi ça peut m’aider et que ça peut aussi aider les personnes qui écoutent ma musique, ce n’est que du positif.

    Vous monterez sur scène à Marseille, puis à Avignon. Quel est votre lien avec cette région ?

    Linh : J’ai un lien très fort avec Marseille, parce que ma maman, mes tantes, mes cousines, mes grands-parents sont de Marseille. Donc c’est incroyable pour moi de me dire que je vais me produire dans cette ville pour la première fois, pour ma propre tournée. Ça me fait vraiment quelque chose. Et puis Marseille, pour moi, c’est plein de cultures qui se rencontrent, ça va vraiment avec cette idée d’ouverture culturelle. Et Avignon, c’est une ville que je trouve fantastique et c’est le sud, ça reste ma maison, puisque je viens de Nice au départ.

    Vous faites partie du collectif « Génération Pièces Jaunes », composé de 28 artistes. C’est important pour vous de participer à des initiatives caritatives ?

    Linh : C’est très important parce qu’en tant qu’artiste, et encore plus avec les réseaux sociaux, on est une vitrine. Il y a beaucoup de personnes qui s’identifient à nous, certains jeunes notamment. Je pense que c’est important de participer à des événements comme ça, comme les pièces jaunes, le Téléthon… Forcément, quand on montre des actions positives, l’effet ne peut qu’être positif. Je me dis que si chaque personne fait de son mieux, on peut arriver à quelque chose de plus beau.

    Vous faites partie de la nouvelle scène française. Comment voyez-vous ce paysage musical émergeant ?

    Linh : Je pense qu’il y a une liberté de création. J’ai l’impression qu’on va dans ce sens avec tout ce qu’il se passe en ce moment sur la scène musicale, les nouveaux artistes qui arrivent. Je trouve qu’on est de plus en plus dans l’acceptation. Il y a du respect et en même temps, on arrive à dire ce qu’on a envie de dire. Je trouve ça super. C’est un milieu qui a des côtés sublimes, magnifiques, mais d’autres côtés très compliqués. En tant que femme, pour ne pas mentir, c’est dur. Il y a beaucoup de misogynie, mais j’ai la chance d’être très bien entourée.

    Des places sont encore disponibles
    pour le concert de Marseille.
    Avignon affiche complet

  • Alexandre Kantorow en récital à la Criée

    Alexandre Kantorow en récital à la Criée

    Il n’avait que 22 ans en 2019, lorsqu’il fut le premier pianiste français à remporter
    le Concours international Tchaïkovski, l’un des prix les plus prestigieux dans le monde de la musique classique. Depuis, Alexandre Kantorow, de passage en concert à Marseille lundi 16 et mardi 17 janvier ne cesse de gravir les cimes romantiques des touches de son instrument. Collectionnant les prix et tournant à travers le monde, le voilà de retour dans la ville où Robert Fouché, le regretté président de l’association Marseille Concerts, l’avait invité à venir se produire avec son illustre père le violoniste et chef d’orchestre Jean-Jacques Kantorow.

    Intelligence et vision

    En prélude à ses 40 ans d’existence, Marseille Concerts invite Alexandre Kantorow à se produire en récital, pour un concert qui a dû être doublé face à l’engouement du public. Ce pianiste virtuose jouera un programme romantique comprenant notamment Bach revisité par Lizst (la cantate Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen, « les pleurs, les lamentations, les tourments et le découragement »), ou encore Medtner (Sonate opus 5), Scriabine (Vers la flamme), Alkan, mais aussi interprète sensible, Chopin (Prélude op 45) et Beethoven (Sonate n°32, la dernière qu’il a composée). Un programme des plus attirants, donné par une artiste qui interprète vraiment ses partitions en y mettant toute son intelligence et sa vision.

    Gisèle Laval

    Les 16 et 17 février à 20h. Places entre 6 et 38 euros.

  • [Entretien] « Le combat, c’est de tirer les gens vers le haut »

    [Entretien] « Le combat, c’est de tirer les gens vers le haut »

    La Marseillaise : Vous attaquez votre dernier album par la chanson « Les battements du cœur » où vous insistez sur « le meilleur dans l’humanité » dans « ce monde si compliqué ». Déceler le beau en ces temps incertains, c’est ce qui vous permet de ne pas sombrer ?

    Louis Chedid : Pas que pour moi, mais aussi pour beaucoup d’autres. Entre la réalité médiatique et la réalité du quotidien, il y a un fossé. Il faut de temps en temps décrocher des réseaux sociaux et de leurs flots d’images, sinon on est submergé, comme c’est en ce moment le cas avec la vague Epstein. Un truc de fou furieux. Bien sûr, ces gens-là sont des monstres, mais il y a autre chose. Il y a aussi des gens qui sont bienveillants, qui s’aiment. C’est bien de le rappeler de temps en temps.

    Se permettre de telles évasions relève parfois du luxe, notamment pour
    les gens qui galèrent au quotidien…

    L.C. : Je suis absolument d’accord mais j’en connais aussi qui galèrent et qui essayent quand même de garder la tête haute. Évidemment que ceux qui galèrent ont plus de difficultés à voir la vie en rose mais, moi qui ai la chance de faire des choses que j’aime et me passionnent depuis longtemps, je n’ai pas envie d’en rajouter dans la morosité ambiante. Dans ma vie, je parle aussi des choses qui me touchent comme sur Anne, ma sœur Anne, mais je ne suis pas hors de la réalité malheureusement malheureuse. Je pense que, si j’ai un rôle à jouer, c’est d’essayer de tirer les gens vers le haut, et pas me laisser envahir par toutes ces scories tellement présentes aujourd’hui.

    Est-ce que votre album est aussi destiné à réhabiliter le fait de rêver, terme aujourd’hui souvent utilisé de manière péjorative ?

    L.C. : Qui n’est pas rêveur ? Tous les enfants rêvent. Nous, les artistes, on a cette chance de continuer à rêver. Sinon on n’écrit pas, on ne fait pas de musique. C’est comme une mise en demeure pour continuer à avoir un pied dans l’enfance et imaginer le reste. C’est presque un devoir de faire en sorte que les gens ressortent de votre expérience avec quelque chose en plus. Quand j’ai lu des bouquins de Jack London ou d’Alexandre Dumas, ou d’autres œuvres, je me suis senti plus fort, plus humain, faisant partie d’un tout. Et non pas isolé avec un téléphone à regarder que Jack Lang est un monstre. Peut-être l’est-il, mais moi j’ai envie de parler de gens qui font des choses bien et sont bienveillants avec les autres. Il y en a plus que les autres.

    Quelles sont justement les figures ou lueurs qui vous ont habité pendant la conception de l’album ?

    L.C. : Des gens comme les Beatles. Ils ont fait du bien à beaucoup de monde. Des personnes qui changent notre vision. Aujourd’hui, on ne parle plus de cela mais uniquement d’argent. Moi, je fais partie d’une génération où l’on ne parlait pas d’argent en famille. C’était même vulgaire. Désormais, il suffit de voir toutes ces émissions ringardes où on ne fait que demander « combien vous gagnez ? ». C’est minable. Ce n’est pas cela la réalisation d’une vie, mais plutôt d’être bien dans la sienne et de faire du bien aux autres.

    Quelle a été la genèse du titre « Comme vous », qui évoque les gens qui fuient leurs pays et leur accueil ?

    L.C. : Avant, parler de l’immigration se cantonnait à l’extrême droite, mais maintenant, tout le monde s’est emparé de ce thème, à gauche comme à droite. Ils ont compris que ça pouvait exciter une partie de la population électorale. Moi, d’une certaine manière, je suis aussi issu de l’immigration : mes parents étaient du Liban et d’Égypte, puis sont venus s’installer en France. Il faut arrêter de faire penser aux gens qui n’ont pas suffisamment de recul, et qui sont parfois ignorants, que les immigrés sont tous des bandits, des criminels qui vont venir piquer le pain des Français. Croient-ils que les gens qui sont par exemple partis de Gaza sont partis de bon gré ? Non, ils n’ont pas le choix. C’est ça ou on meurt. La plupart des immigrants, ils quittent leur pays car ils ne peuvent pas faire autrement.

    Votre dernier album dénote par sa douceur dans ce monde de brutes, contrairement à vos débuts où vous sembliez plus révolté…

    L.C. : Chaque album correspond à un moment de vie. Je pense qu’aujourd’hui, le combat, c’est de tirer les gens vers le haut. Car sur les écrans, tout est fait pour vous tirer vers le bas, vous foutre dans un climat d’angoisse. Et pourtant, il y a autre chose dans la vie.

    L’un de vos tubes « Anne, ma sœur Anne » dénonçait le racisme et le fascisme rampant en France dans les années 1980. Que vous inspire aujourd’hui la dédiabolisation de l’extrême droite, plus que jamais aux portes du pouvoir ?

    L.C. : Je suis triste d’avoir eu raison il y a 40 ans. J’aurais pourtant adoré que cette chanson soit obsolète pour que je la foute à la poubelle. Je suis profondément désolé que cette stratégie de l’immigration soit devenue un leitmotiv pour tous les partis politiques et que tous les gens qui disaient à l’époque qu’ils n’accueilleraient jamais l’extrême droite dans leurs médias, soient aujourd’hui les premiers à le faire. Que le RN soit devenu le premier parti politique de France, c’est un truc de dingue. On les a laissés envahir le paysage. Certains autres politiques ont compris que l’extrême droite était l’épouvantail qui leur permettait d’être ensuite réélus. C’est d’un cynisme fou. Après, moi, je crois en l’humanité. Le peuple finit toujours par retrouver la raison et sortir du marasme, même si c’est parfois après une vague de choses extrêmement négatives. Ce n’est pas les politiques qui vont nous sortir de là.

  • [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous appelé ce nouvel album « Atlas » ?

    Zigo : Quand on cherche un nom d’album, on cherche toujours un mot qui puisse être international, c’est-à-dire compris dans toutes les langues. Mais on cherche aussi un mot qui donne la couleur de l’album. Comme c’est un album qui appelle au voyage et qui a une certaine ouverture musicale, on trouvait que l’Atlas, qui peut renvoyer à l’image d’une carte, de montagnes au Maroc ou du titan de la mythologie grecque qui porte le monde sur son dos, correspondait bien à cet album.

    Depuis 30 ans vous signez des morceaux engagés pour la tolérance, comment voyez-vous la société évoluer  ?

    Zigo : On constate la banalisation du racisme et de l’extrême droite. La mutation du cercle politique français est incroyable et pour nous qui prônons la mixité culturelle et qui arborons fièrement notre mixité culturelle et sociale, c’est effrayant. Il y a eu un moment où on a eu l’impression que le monde changeait, mais ces dernières années, il y a un retour assez terrifiant. Ce qui nous rassure, c’est d’entendre nos chansons dans les manifestations et qu’il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social.

    Vous parvenez pourtant à construire un album qui reste solaire…

    Zigo : On ne voulait pas que l’album soit plombant. On voulait qu’il soit joyeux, on pensait faire un truc plus ensoleillé. Mais, finalement, l’actualité a fait qu’on a eu du mal. Le climat social déteint toujours sur notre musique et là, on a franchement été servis. L’écriture est tombée en pleine guerre en Ukraine, en Palestine, avec le retour de Trump… C’est compliqué de sortir du marasme international. On a quand même réussi à mettre des morceaux un peu plus légers et plus positifs. Mais on n’a pas atteint ce qu’on espérait en termes de positivité.

    Repensez-vous le rôle de la culture dans ces moments troubles ?

    Zigo : Oui, on s’interroge tout le temps mais la meilleure réponse, nous l’avons en concert parce qu’on ne combat que dans la joie et le positif. Quand on voit dans nos tournées autant de personnes prendre le temps d’aller à un concert et de faire la fête, tout en abordant des sujets compliqués, des sujets de société qui sont loin de faire l’unanimité aujourd’hui, ça nous montre que tout n’est pas vain. Dans la nuit, une flamme, ça fait du bien. Les gens nous font beaucoup de bien et nous rassurent là-dessus. Notre récompense, ce ne sont pas les disques d’or, c’est de voir ce public avec le sourire.

    Quels messages vouliez-vous faire passer avec « Mémoires », le 7e morceau de l’album ?

    Zigo : C’est un morceau sur la colonisation qui est parti d’un texte de Bouchkour (l’un des chanteurs, Ndlr). Marcus Gad, qui est un artiste de Calédonie, a entendu ce morceau et ça l’a touché car c’est un sujet d’actualité en Nouvelle-Calédonie. Il a donc voulu y participer. C’est un morceau qui restera historique pour le groupe parce qu’il n’a pas de refrain et c’est le morceau le plus lent qu’on n’ait jamais composé. Il y a en toile de fond la colonisation et le poids et les désastres que ça engendre sur nos générations. Ce n’était pas le but mais quand on l’écrivait, c’était aussi le moment où la situation empirait à Gaza et on ne comprenait pas comment l’être humain n’était pas capable de se souvenir du passé. Ce drame-là transpire dans le morceau, qui restera un texte majeur de notre histoire.

    Comment jugez-vous l’évolution du reggae en France ?

    Zigo : Il y a toujours eu des hauts et des bas mais nous, ça fait trente ans qu’on est sur les routes. Toute notre tournée est déjà complète, c’est ahurissant. Sur nos trois premiers concerts, on constate aussi qu’il y a une nouvelle génération qui vient nous voir. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à être complets, quand on voit Tryo ou Danakil par exemple, et ça fait vraiment beaucoup de bien, parce qu’on appartient à un style de musique à caractère social, donc ça veut dire que les gens ont encore envie d’entendre parler de ces sujets-là.

  • Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Les piles de cartons prennent de la hauteur. Dans le hall de la Halle de Martigues, les bénévoles s’affairent pour organiser et répartir les denrées alimentaires et les produits d’hygiène récoltés lors de l’opération Martigues solidaire, qui se poursuit jusqu’au concert de Chimène Badi ce vendredi 6 février.

    « Il y a six palettes, pour les six organisations partenaires », pointe Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative : le Secours populaire, la Croix rouge, les Restos du cœur, les « mastodontes », et les Équipes Saint-Vincent, Partage et le Secours catholique. « Cette action, c’est collecter ensemble, mais c’est aussi fonctionner ensemble, et le challenge de la Ville c’est de coordonner tout ça ! »

    La coopération

    L’agente municipale pense que 2026 ne sera pas l’année de tous les records comme 2025, où sept tonnes de dons avaient bénéficié aux associations. Mais pour elle, ce qui compte, c’est aussi la dynamique que l’événement crée. « C’est un énorme collectif de partenariats polymorphes, avec 39 points de collecte répartis entre les grandes, moyennes et petites surfaces de la commune, les lieux associatifs, les collèges, les lycées, les centres sociaux et espaces publics. » Sans compter les entreprises, qui s’y mettent aussi, à l’instar de Petroineos.

    Colette, dite « Coco », des Équipes Saint-Vincent, affirme : « Non seulement les dons récoltés représentent un mois ou deux de fournitures pour accompagner nos 300 familles bénéficiaires, mais en plus ça stimule notre engagement bénévole, notre implication. » Après huit éditions de Martigues solidaire, des amitiés se sont nouées et des coopérations inter-asso se sont engagées. À la fin de chaque opération, les organisations redistribuent les denrées à la hauteur des besoins et des capacités de stockage de chacune. « C’est de l’intelligence collective », glisse Valérie Fernandez-Campazzo.

    Les échanges se poursuivent ensuite tout au long de l’année. « On essaye de se rencontrer pour trouver un consensus et harmoniser nos pratiques de sorte, notamment, à ce que l’été il n’y ait pas de manque pour aider et que les personnes en difficulté ne se retrouvent pas démunies », confie Colette.

  • [Le grand entretien] Sanseverino : « Protégeons-nouset luttons »

    [Le grand entretien] Sanseverino : « Protégeons-nouset luttons »

    Sanseverino : Oui c’est un peu ça l’idée, même si on peut pas faire fermer leur gueule aux gens car ils ont la bouche un peu trop lourde. En tout cas, on essaie de leur dire que c’était pas mieux avant, mais c’est juste qu’ils ont perdu leur jeunesse, moi y compris. Après, c’est vrai que le monde actuel est critiquable. Regardez les horreurs qu’il se passe en ce moment aux États-Unis par exemple. Mais cet album, c’est aussi pour dire aux jeunes gens : « Courage, on va s’en sortir. »

    Dans votre album, vous dressez tout de même un tableau de la société peu reluisant à bien des égards. Quelles sont les lueurs d’espoir que vous décelez dans notre époque alors ?

    Sanseverino : C’est juste en y croyant qu’on va s’en sortir. Il faut chercher absolument à être heureux. Moi, je ne peux rien contre l’ICE. Que puis-je faire depuis chez moi en chaussettes, si ce n’est commenter des posts, contre cette milice ultra-violente, cocaïnée et défendue par un énorme pouvoir ? On ne peut pas se dire chacun dans son coin « tout est pourri » et se contenter de ça. Il faut faire des rencontres, des amis, des amours, consommer de l’art, être curieux de tout… C’est possible d’être heureux, sans oublier d’être solidaire avec les gens qui souffrent.

    Sur le titre éponyme de l’album, vous pointez « ceux qui disaient fuck off, rebelles de circonstance, se noient dans la Smirnoff et ont viré vieille France ». À qui pensez-vous en particulier ?

    Sanseverino : Pas à des gens connus, mais plutôt des copains qui ont quitté le perfecto pour, soit finir par devenir RN, soit baisser les bras. En vieillissant, on fatigue tous. Des gens votaient pour le Parti communiste il y a bien des années et votent RN aujourd’hui. Un truc par facilité qui les empêche de réfléchir. Après, la lutte est difficile. Les idées de gauche sont moins faciles à défendre parce qu’elles sont larges et contre le profit. Alors que celles de droite, sont plus simples et consistent à dire : « laisse-moi, je veux être tranquille et bourré de pognon ».

    Tentez-vous de ramener ces connaissances aux idées rances sur le chemin de la justice ?

    Sanseverino : Si je le fais, j’essaie de rester ouvert. Quand on a des amis, c’est pour la vie, même s’il a fait des conneries comme celles-là. Tant que les gens restent dans la discussion, moi, je veux continuer à parler avec les gens qui ne sont pas du même avis que moi. Ça me rappelle un peu les repas de fête où on se retrouve attablé avec le tonton facho. Après, avec ceux-là, faut éviter de parler de certains sujets car on sait comment ça va se finir et il ne changera pas d’avis.

    Sur le morceau « On n’est pas bien là ? », vous décrivez cette drôle d’époque où « on voit des flics courir derrière des pauvres geeks qui manifestent contre leur licenciement économique ». Qu’est-ce que vous inspire la situation sociale en France ?

    Sanseverino : La même chose qu’il se passe aux États-Unis, les morts en moins. Qu’est-ce qui va nous sortir de là ? Entre la gauche et la droite, je ne vois personne qui m’inspire, hormis des gens pas présidentiables, qui ont l’air d’être assez intelligents mais qui n’ont pas de personnalité assez forte. Moi qui suis né en 1961, je suis allé voter un paquet de fois. Même si j’estime que c’est utile, je suis déçu à chaque fois. Il faudrait peut-être que plus personne ne vote ou mettre en place un vote blanc généralisé pour qu’on s’aperçoive qu’il y a quelque chose à remettre en cause. Mais il n’y aura que mes copains qui m’écouteront. Regardez Macron aux dernières élections, il avait contre lui le RN. J’ai dû voter Macron la mort dans l’âme. Je le regrette mais je ne pouvais pas ne pas voter. Les gens dans la rue ne sont pas écoutés. Regardez, quand les pauvres infirmiers descendent dans la rue, tout le monde compatit. Mais pourtant, ils ont des conditions de travail ignobles dans les hôpitaux et continuent quand même à nous soigner, même fatigués et les yeux en vrac. Il y a toujours quelqu’un qui vous soigne, gratuitement avec une carte vitale. Même si la situation n’est pas géniale, on reste quand même dans un pays splendide avec des trucs qui ont été gagnés par des luttes. Aux États-Unis, ils en sont à demander des crédits parce qu’ils se sont cassés la jambe.

    Sur « Pas la guerre », vous évoquez les conflits sur le globe et de certains qui pensent : « La guerre est là-bas. Et c’est pas chez moi. Alors je ne dis rien, alors je ne fais rien. » Finalement, votre album dresse le constat d’une époque parfois effrayante, mais face à laquelle il ne faut pas se résigner…

    Sanseverino : Totalement. À quoi servent les manifestations par exemple ? D’abord, à se réunir, à parler ensemble. Au moins, on sait qu’on n’est pas seuls à se révolter contre une boucherie, quelle qu’elle soit. Si tout le monde continuait, ne serait-ce qu’à exprimer son désaccord, les choses pourraient quand même changer, même si la route est longue et dure. Les Américains, par exemple, se réunissent par milliers dans les rues depuis des mois. Même si des représentants du pouvoir continuent d’assassiner impunément, les manifestants ont réussi à faire virer l’espèce de nazi dont j’ai oublié le nom. Il sera peut-être remplacé par quelqu’un d’encore pire. Mais il faut bouger. Ne fermons pas les yeux. Les événements, aujourd’hui, chacun les voit depuis son téléphone. On est assailli par la violence. Donc, protégeons-nous et luttons.