Tag: collèges

  • Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est rendu mardi au lycée Chaptal, à Mende (Lozère), avec le président Emmanuel Macron, qui a échangé avec des élèves sur l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée scolaire.

    Des manifestants en guise de comité d’accueil

    « Bonne rentrée à toutes et tous. On vient perturber une journée qui est déjà particulière », a lancé le président aux élèves, qui ont dû déposer un à un leur téléphone sur un espace dédié et numéroté accroché au mur de la classe. À l’extérieur de l’établissement, une quarantaine de manifestants, dont plusieurs arboraient un drapeau de la FSU et de la CGT Éducation, ont attendu le président en demandant davantage de moyens et notamment la fin des classes « surchargées ».

    Parmi les autres nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué en novembre aux élèves, de la grande section à la terminale.

    Après plusieurs années marquées par des réformes successives et malgré des candidats à la présidentielle multipliant les propositions sur l’éducation en cette rentrée, la reprise reste relativement calme.
    « Il n’y aura pas de réforme Geffray », a répété la semaine dernière le ministre. Il a mis l’accent sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique. « On a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps », a-t-il reconnu, lundi, alors que sont attendus la semaine prochaine les résultats de l’étude internationale Pisa, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

    Cyberattaque

    Dans certaines régions, les enseignants étaient surtout accaparés en cette rentrée par des perturbations engendrées par l’importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques, entraînant des difficultés dans les académies de Toulouse et de Nantes. Les personnels doivent encore composer avec l’absence d’accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives. À Toulouse, les emplois du temps seront distribués en version papier.

  • À Marseille, les 6e découvrent des classes rénovées

    À Marseille, les 6e découvrent des classes rénovées

    Nouveau look pour de nouvelles vies. C’est dans une cour fraîchement rénovée que les 6e du collège André-Chenier (12e) ont fait leur rentrée, mardi, accueillis pour l’occasion par Martine Vassal, présidente (DVD) du Département, et ses équipes.

    Mais c’est au chef d’établissement, aux airs marqués de chef militaire, qu’est naturellement revenu le discours de « bienvenue » aux tout nouveaux collégiens. « Le collège André-Chenier jouit d’une extrême réputation. Cette réputation est due à notre travail, mais surtout au travail des élèves, a-t-il débuté. Notre projet d’établissement est intitulé “tradition et modernité“. Tradition, car nous sommes ici attachés à certaines valeurs : travail, discipline, respect, politesse. (…) Ici, c’est la norme et c’est obligatoire ». Une entrée en matière presque adoucie par la prise de parole de la présidente, centrée, elle, sur « la chance d’apprendre ». « L’entrée en 6e est un cap. (…) Vous allez changer. Comme vous pouvez le voir dans les différents rangs, vous avez des tailles différentes. Vous allez aussi grandir différemment dans la tête, dans le corps. Les personnes présentes aujourd’hui sont là pour vous aider à faire cette mutation », a-t-elle rappelé. Et de poursuivre : « La chance que nous avons dans notre pays, c’est de permettre à toute personne, d’où qu’elle vienne, quel que soit son milieu social, de pouvoir apprendre. Saisissez-la ! »

    Nouveaux locaux

    Une chance qu’on sait pourtant inégalement répartie, d’où, sans doute, la nécessité de la distribution du traditionnel kit de rentrée, remis à l’ensemble des jeunes lors de leur arrivée en 6e. Chaque élève entame donc sa scolarité dans le secondaire muni d’un ordinateur portable – dont le fonctionnement est interrompu à partir de 21h – une calculatrice scientifique Texas Instruments de niveau collège, et une carte C-Jeune, chargée à hauteur de 150 euros, utile pour payer une licence de sport, acheter des places de cinéma ou des livres. La carte est recréditée à chaque rentrée scolaire pour tous les collégiens.

    En plus de leur nouveau matériel, les 6e vont donc pouvoir profiter de nouveaux locaux cette année, comme leurs camarades des autres niveaux. Une salle polyvalente et un CDI équipés de ventilateurs au plafond, des brise-soleil aux fenêtres, une entrée sécurisée, un toit tapissé de panneaux photovoltaïques qui alimentent 44% des besoins énergétiques du bâtiment et un sol désimperméabilisé pour que les eaux de pluie soient absorbées : autant d’aménagements qu’auront permis les travaux de réhabilitation, pour un coût avoisinant les 10 millions d’euros pour le Département. Entamé il y a deux ans dans le cadre du projet Charlemagne, qui promettait la rénovation de 132 établissements entre 2017 et 2027, le chantier a été livré le 28 août. « La question, pour un collège urbain, qui existe et qui a été construit assez bien, était de savoir comment le mettre au goût du jour, c’est-à-dire faire en sorte qu’il soit conforme au programme de l’Éducation nationale tout en respectant les normes environnementales, a détaillé le directeur de l’architecture et de la construction au Département. La restructuration a permis d’amener le collège aux normes actuelles et permet un respect absolu de l’environnement, sachant que le Département a une politique très volontariste sur le sujet, la présidente est extrêmement regardante. » Des arbres doivent encore être plantés dans la cour centrale pour y amener de la fraîcheur.

  • Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Quelques jours seulement après les annonces d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale (notre édition du 28/09), Benoît Delaunay, recteur de l’académie d’Aix-Marseille et de la région académique Paca, emboîte le pas de son patron. « Il n’y aura pas cette année de réforme d’ampleur mais plutôt une poursuite de ce qui est déjà enclenché », a-t-il d’emblée confirmé, dans le sillon des déclarations de son supérieur, qui, jeudi, disait vouloir en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » Et de rappeler, dans la foulée, trois des quatre nouvelles priorités établies par Édouard Geffray la semaine passée : instruire, protéger, unir. Sur l’instruction, Benoît Delaunay rappelle qu’un focus doit s’établir sur deux points en particulier : la maîtrise de la langue française, « avec l’objectif d’une ressource de 2 500 mots de vocabulaire à la sortie de la maternelle », et celle des raisonnements scientifiques, « deux compétences sanctionnées lors des examens ». L’approfondissement de la démarche Collèges en progrès, mise en place en décembre 2025 et concernant 25 établissements de l’académie, a également été évoqué. « Les collèges choisis l’an passé continueront de bénéficier d’un renforcement de l’enseignement, a détaillé le recteur. Cela passe par plusieurs stratagèmes, comme, par exemple, la multiplication des entraînements au brevet ».

    Protéger et inclure

    Sur le volet de la protection, notamment contre les agressions sexuelles, au centre de vives contestations depuis l’affaire Lyhanna, dont le meurtre et le viol avaient révélé en mai de lourds dysfonctionnements judiciaires, Benoît Delaunay assure que les élèves recevront, dans les semaines qui suivent, le questionnaire dédié promis par le ministre. Concernant la lutte contre les écrans, qui passe cette année par un élargissement de l’interdiction des téléphones, désormais également prohibés au lycée, le recteur se dit confiant. « Les lycées attendent cette loi depuis plusieurs mois et sont préparés. Il n’y aura pas trop de difficulté à faire appliquer ce texte de nécessité publique », promet-il. Sur l’inclusion enfin, le recteur évoque une réalité « imparfaite » mais assure y apporter une « attention particulière ». Interrogé sur le cas des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), mobilisés nationalement en juin pour réclamer un « vrai statut », Benoît Delaunay note que « la situation s’améliore » bien qu’« il s’agisse d’un travail de long cours ». L’académie devrait cette année compter 188 AESH de plus que l’an passé, a-t-il précisé.

    Baisse démographique

    Comme la quasi-totalité des académies, celle d’Aix-Marseille affronte cette année une baisse démographique, avec 5 000 enfants de moins en primaire et 800 au collège par rapport à 2025. Une diminution du nombre d’élèves qui, en début d’année, avait permis au gouvernement de justifier la fermeture de nombreuses classes, dont 55 dans l’académie d’Aix-Marseille. Une nouvelle carte scolaire qui avait suscité une importante fronde des professeurs des écoles en mars et avril derniers, ceux-ci voyant dans cette baisse démographique l’occasion d’améliorer l’encadrement des élèves. « L’académie n’a rendu que 20 postes de professeurs des écoles. Si on avait suivi la démographie, c’est plus d’une centaine d’emplois que j’aurais dû rendre, a justifié Jean-Yves Bessol, inspecteur académique des Bouches-du-Rhône. Le ministère, le département et l’académie tiennent donc compte de cette baisse démographique ». Et Benoît Delaunay de conclure : « Je voudrais finir sur les mots du ministre, fierté et espoir, et (…) rappeler que si, bien sûr, nous avons des difficultés, nous avons un socle solide ». Un socle tout de même attendu dans la rue le 29 septembre, à l’occasion d’une grève nationale de la fonction publique, où il sera notamment question des « moyens » à mettre en œuvre pour répondre aux bonnes intentions ministérielles…

    « Je veux rappeler que
    si, bien sûr,
    nous avons
    des difficultés, nous avons un socle solide »

  • Martine Vassal met les bouchées doubles pour les collégiens

    Martine Vassal met les bouchées doubles pour les collégiens

    « Nous sommes le département en France qui dote le mieux les collèges ». À quelques jours de la rentrée, Martine Vassal (DVD), présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône entend rappeler l’effort fourni par la collectivité pour la rentrée scolaire des collégiens. Et il y a de quoi faire : « Nous avons en charge le bâti des collèges publics, l’entretien, les personnels qui y travaillent mais aussi le temps de cantine », rappelle l’élue marseillaise. La collectivité a donc sous sa houlette 105 000 collégiens pour cette année 2026-2027 et 1 917 agents du département qui officient dans ces établissements.

    Concrètement, elle met en avant son action sur la question du pouvoir d’achat des familles avec le kit de fourniture offert. « Chaque rentrée scolaire est chère : il faut les fournitures, les équipements vestimentaires… Nous voulons être proactifs sur cette problématique en offrant l’équivalent de 800 euros par un collégien qui entre en 6e », vante Martine Vassal. Dans le package qu’auront les minots qui entrent au collège, ils auront notamment un ordinateur portable et une calculatrice scientifique, ce qui concerne tout de même 24 400 entrants en 6e. Et l’ensemble des collégiens, de la 6e à la 3e donc, ont droit à un kit de fournitures scolaires et 150 euros crédités sur la carte Cjeune. Coût total de cette aide aux familles : 17 millions d’euros pour la collectivité. La présidente de cette dernière insiste sur l’utilisation encadrée des ordinateurs : « On a bloqué les réseaux sociaux après 21 heures ». Le tout, sur fond de lutte contre le harcèlement : « Depuis 2024, nous proposons des formations sur le harcèlement scolaire et aujourd’hui, 903 agents ont été formés à ces problématiques ».

    Autre angle d’attaque de Martine Vassal : le coût de la cantine. « Il ne change pas, il est à 3 euros, il reste à 3 euros », martèle-t-elle.

    Sécurité et hommage à Samuel Paty

    Fidèle aux mantras de sa famille politique à droite de l’échiquier, l’élue fait aussi tout un focus sur la sécurité dans, et autour, des collèges. « L’idée c’était de pouvoir équiper les collèges qui le pouvaient du dispositif “100% sécurité” Nous avons installé plus de 1 800 caméras de vidéoprotection », explique l’élue. On compte donc 104 collèges équipés par ce dispositif qui inclut un contrôle d’accès par des sas sécurisés, un réseau de vidéoprotection et un rehaussement des clôtures autour des établissements. Autre totem de Martine Vassal : la projection du film L’Abandon qui revient sur les onze derniers jours de l’enseignant Samuel Paty, assassiné par un terroriste en 2020. « Il y aura au moins 2 classes pour les collèges volontaires qui assisteront, le 12 octobre, à une projection du film dans les cinémas », développe-t-elle, sans s’avancer sur un chiffre précis. Tout un programme pour les minots donc.

  • La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    Après avoir ironisé sur les neuf ministres de l’Éducation en dix ans de règne d’Emmanuel Macron, le secrétaire général dans le Var de la FSU, Alain Tournay, a constaté que depuis la nomination du dernier en octobre 2025, « il ne s’est pas passé grand-chose, à part la baisse conséquente du budget de l’Éducation nationale, puisqu’on est en économie de guerre ». Et de déplorer encore « un an de perdu pour l’institution, avec aucune remise en question des nombreuses réformes faites, puis abandonnées ».

    Le responsable syndical annonce donc une rentrée 2026 particulièrement tendue du fait, entre autres, du manque d’enseignants et de personnels spécialisés, avec des classes encore surchargées. Et des conditions de travail très dégradées.

    « La baisse démographique aurait dû permettre de réduire significativement les effectifs par classe, on a fait tout le contraire », dénonce-t-il.

    Dans le Var, la moyenne annoncée pour la rentrée 2026 est de 22,04 élèves par classe dans le 1er degré, contre 21 au niveau national et environ 19 selon les standards européens.

    Le Var très mauvais élève

    « Cette moyenne masque des situations beaucoup plus difficiles, avec certaines classes pouvant atteindre 27 à 30 élèves, y compris en maternelle », dénonce la FSU.

    « Est-ce que c’est comme ça qu’on peut envisager qu’une rentrée se fasse sereinement avec tous les profils différents d’élèves que nous avons dans les classes aujourd’hui ? », interroge Aurélie Sanchez (SNUipp). Et de poursuivre : « Est-ce qu’on peut sérieusement envisager qu’on va permettre à chaque élève de réussir, d’avoir un parcours scolaire émancipateur ? » La réponse est bien évidemment, non.

    Mais pour faire passer les effectifs sous le seuil de 25 élèves par classe, le syndicat estime 40 ouvertures de classes supplémentaires seraient nécessaires. Et il manque encore 250 enseignants pour sortir des dernières places du classement par rapport au taux d’encadrement par élève, et remplacer les professeurs absents. « On sait déjà que plus de la moitié des collèges du Var vont avoir au moins un niveau dans lequel il y aura 29 à 30 élèves par classe », précise Bruno Combette (Snes). Et pour les lycées au moins 1/3 des établissements auront un niveau à 35, 36 élèves. « On n’est pas dans une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves », insiste-t-il lui aussi.

    Geneviève Clerc (Snes) a insisté pour sa part sur « l’indigence de la médecine scolaire et des services sociaux », qui ne permet pas de répondre aux problèmes. Christian Petit dénonce, lui, le mépris qui continue d’être affiché en direction des élèves et des professeurs des lycées professionnels. Les conditions sont en tout cas réunies pour une mobilisation d’ampleur le 29 septembre.

    Thierry Turpin

    PAROLES DE SYNDICALISTES DE LA RÉGION

    Gweltaz Broudic – Cosecrétaire de la FSU 04

    « Dans le second degré, on a des classes très chargées dans plusieurs collèges, d’autant plus qu’il y a eu quatre fermetures de classe pour la rentrée. Sur le premier degré, on a eu une carte scolaire a minima, ce qui a pour effet de ne pas rétablir d’équité entre un certain nombre d’écoles. On a des gros écarts de moyenne par classe. Et on a depuis des années des problèmes de remplacement dans le département. »

    L.D.

    Patrick Charlier – Coresponsable CGT Éduc’action 05

    « On redoute aussi l’annonce de la création d’une direction de la politique territoriale de l’école. Nous, dans le 05, nous faisons déjà partie des territoires ruraux qui font l’objet d’une expérimentation visant à calculer les moyens qui pourraient être «optimisés» pour l’école. C’est le terme expert pour désigner la fermeture de petits collèges pour rapatrier leurs effectifs vers des grandes cités scolaires… »

    A.F.

    Olivier Montel – Secrétaire Unsa Éducation Vaucluse

    « Il y a de gros problèmes d’affectation. Des profs des écoles ont eu leur poste le 24 juillet. Certains ont fait des recours et sont sans retour… On redoute aussi un problème sur les remplaçants qui ne sont pas assez nombreux. Pire, une réforme départementalise le remplaçant alors qu’il dépendait d’une petite circonscription. Il y a la peur de partir à l’autre bout de Vaucluse, certains ont arrêté. »

    F.C.

    Lola Gourieux – Coresponsable CGT éduc’action 13

    « On prépare une rentrée difficile dans le premier degré [maternelle et primaire] parce que l’on manque de moyen humain. Il y a la réforme des remplaçants, qui auront des zones beaucoup plus larges à couvrir. Les enfants seront donc accueillis dans les autres classes, avec en ressource des fiches pour les élèves. Cela existait déjà, mais c’était un accueil dégradé qui, avec cette réforme, va sûrement devenir la norme. »

    E.J.

  • Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    « Il n’y aura pas de réforme Geffray. » Ce mardi, ce n’est pas rue de Grenelle qu’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, a tenu la traditionnelle conférence de rentrée, mais dans la cour du lycée Arago dans Paris. À quelques mois de la présidentielle, le ministre en poste depuis 10 mois, a affirmé sa volonté d’en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » et a déclaré que l’Éducation nationale a besoin « d’un cap » et « non d’une réforme de plus ». Devant un parterre de journalistes, le haut fonctionnaire a énoncé ses quatre priorités pour cette année scolaire : instruire, protéger, unir et prévoir.

    2 500 mots de vocabulaire en maternelle

    Rappelant les inégalités scolaires qui se creusent au sein de l’éducation nationale, le ministre a insisté sur la nécessité de la maîtrise de la langue. « L’objectif est 2 500 mots de vocabulaire acquis à la fin de la maternelle […] si on y parvient nous aurons réduit drastiquement les inégalités scolaires liées aux inégalités sociales », affirme le haut fonctionnaire.

    Un objectif dont il n’a précisé aucun des contours ou des ressources déployées. Alors que les syndicats du premier degré, comme la FSU-Snuipp, la CGT ou Sud’Action, craignent une rentrée difficile à cause d’un manque de moyens humains en maternelle et en primaire.

    Une lutte contre les inégalités qu’il souhaite également mener en « aidant les personnes en difficulté et en cultivant l’excellence ». Le ministre a donc annoncé un accompagnement renforcé pour tous les collèges dont plus de 40% des élèves obtiennent moins de 8/20 en français et en mathématiques au brevet. « Toutes les demandes de formations éducatives y seront systématiquement satisfaites », a-t-il promis.

    L’organisation de la première édition d’un concours général des collèges a aussi été annoncée. Une mesure présentée par le ministre comme un moyen de « cultiver l’excellence ». Chaque collège pourra s’y inscrire, tant qu’il présente autant de garçons que de filles.

    Édouard Geffray, qui a fait de la maîtrise de la grammaire et de la syntaxe son cheval de bataille a également promis la publication le 10 septembre d’un « barème précis » sur le niveau de langue attendu pour les épreuves du baccalauréat. Cette publication devrait permettre à chaque élève de se préparer aux épreuves avec des bases communes.

    Dans sa volonté d’unir « dans une société fracturée », le ministre a également annoncé l’obligation d’une « cérémonie commémorative » annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » autour du 11 novembre pour tous les élèves du CM1 à la Terminale. « Parce qu’il faut que nous sachions d’où nous venons pour savoir où nous allons », estime-t-il.

    Lutte contre les violences sexuelles

    Le sujet des violences sexuelles envers les enfants a aussi été évoqué avec le déploiement d’un questionnaire pour tous les élèves, de la maternelle à la terminale avec la possibilité de laisser leur nom et prénom s’ils souhaitent être aidés. « Nous avons un devoir de libérer la parole. Chaque élève de France pourra s’exprimer sur les violences dont il aurait pu être victime », ajoute-t-il.

    Il a également confirmé l’interdiction des téléphones portables dans tous les collèges et lycées de France. La solution, pour le haut fonctionnaire, de protéger les enfants des dangers des écrans et des contenus qui alimenteraient les stéréotypes de genre sur les réseaux sociaux. Le ministre précise toutefois qu’il y aura quelques semaines pour que les établissements adaptent leur règlement intérieur, tout en affirmant « qu’aucun argument sérieux ne permet de soutenir qu’un écran est indispensable en cours ».

    Une mesure que le syndicat national des enseignements de second degré (SNES FSU) dénonce comme hypocrite dans un communiqué de presse publié mercredi. Pour l’organisation, il s’agit d’« un discours à peu près inopérant sur les dangers de la surexposition aux écrans » et prône bien plutôt « une politique de prévention visant à éviter une utilisation excessive du numérique y compris par et pour l’École ». Ils pointent également du doigt la difficulté de mettre aussi rapidement en place cette interdiction.

  • Vaucluse : des panneaux solaires sur les toits des collèges

    Vaucluse : des panneaux solaires sur les toits des collèges

    Sont concernés les collèges Alphonse Tavan de Montfavet,
    Jean Giono à Orange et Vallis Aeria à Valréas. Ce sont au total 514 panneaux photovoltaïques bifaciaux de dernière génération qui seront déployés jusqu’à la fin de l’année. Un investissement de près de 1,5 million d’euros qui permet de générer une puissance cumulée de 234 kWc. Des travaux qui comprennent également la rénovation des toitures afin « d’améliorer durablement la performance énergétique des bâtiments, leur confort d’usage et leur résistance », précise le Département.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Les syndicats Snes-FSU et Snep-FSU des Alpes-de-Haute-Provence étaient à la Direction de services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de Digne-les-bains, ce mardi. En cause ? La suite du mouvement de contestation de la baisse des moyens dans les collèges et lycées. « Au mois de mars, nous avions fait une opération collèges morts, aujourd’hui, on avait une réunion pour savoir ce qu’il s’était passé depuis », relate Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU et enseignant à Forcalquier. Une réunion avec des annonces plus ou moins positives : « Ils ont annoncé la création de cinq classes dans les collèges, mais en ont supprimé une autre. »

    « Rentrée catastrophique »

    Dans le détail, selon le syndicaliste, les collèges de Sainte-Tulle, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier auront une classe en plus, et deux pour celui de Gassendi à Digne. Tandis que la suppression de classe concerne le collège Le Mont d’Or. Mais pas de quoi sauter au plafond : « Ils en avaient tellement supprimé au départ que ça reste une rentrée catastrophique pour nous. » Snes-Fsu et Snep-FSU décomptent à la fin « trois en classe en moins » pour la prochaine rentrée. « Cela fait des années que notre ministère publie le fait que nous sommes les derniers en Europe pour les effectifs par classe. La moyenne européenne est de 21 élèves, dans notre département, il manque donc 40 classes pour qu’on soit dans cette moyenne », dénonce Lionel Lasfargues. Plus globalement, il pointe des calculs arrangeant pour l’administration : « Ils prévoient 35 élèves en moins pour la rentrée prochaine, mais ils suppriment trois classes ! »

  • Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    En cette rentrée 2024, au moment de remettre leurs nouveaux uniformes scolaires aux élèves du collège Château-Forbin dans le 11e arrondissement de Marseille, la présidente (DVD) du conseil départemental, Martine Vassal, se réjouissait d’une expérimentation qui allait « renforcer le sentiment d’appartenance à l’établissement scolaire, de répondre aux problématiques de harcèlement scolaire et d’améliorer le pouvoir d’achat des familles ». Mais deux ans plus tard, celle-ci tourne court. Ce 22 juin, la collectivité a brusquement résilié le marché signé avec la Quincaillerie aixoise pour fournir ces tenues uniques testées par 1 200 élèves à Château-Forbin et au collège Mont-Sauvy à Orgon. Officiellement, le conseil départemental estime que l’envolée du prix des uniformes proposée le 22 avril -plus de 31,90% en moyenne- remet en cause le contrat. Mais cette résiliation vient surtout mettre discrètement un terme à l’expérience largement médiatisée à son lancement.

    « Nous arrêtons effectivement l’expérimentation », confirme la conseillère départementale (DVC) déléguée aux collèges, Béatrice Bonfillon-Chiavassa, reconnaissant que les coûts de fabrication « avaient significativement augmenté ». Mais tandis que le collège d’Orgon comptait bien poursuivre l’expérience, le conseil d’administration de Château-Forbin s’est prononcé contre sa poursuite le 30 mars. « La gestion quotidienne des élèves ne respectant pas le port de la tenue représente une charge de travail trop importante », explique la conseillère départementale. Surtout, « l’État a décidé après ces deux ans d’expérimentation d’y mettre fin et donc d’arrêter la subvention qui l’accompagnait. C’est la raison pour laquelle nous avons arrêté cette expérimentation, avec regret », indique Béatrice Bonfillon-Chiavassa.

    « Pas un gâchis »

    Au total, près de 210 000 euros ont été initialement consacrés à cette expérimentation, indiquait le conseil départemental lors de son lancement, soit 127 euros par élève pris en charge pour moitié par la collectivité. « On ne peut pas dire que c’est un gâchis quand on réalise une expérimentation pour aller vers le mieux, défend l’élue. S’entêter à aller dans ce dispositif quand une équipe ne souhaite plus le faire, ça, cela aurait été du gâchis. » Elle espère désormais en tirer le bilan avant de regarder plus en avant. « Pour les avoir rencontrés, c’était plutôt bien perçu par les parents mais aussi par les élèves », explique-t-elle, y voyant une manière de lutter contre le harcèlement et d’aider les familles. Une étude de l’Éducation nationale publiée le 12 mai montrait que si les directions d’établissement appuyaient la mesure, l’uniforme était vu comme « une contrainte inutile » par la moitié des collégiens.

  • La réhabilitation du collège Roumanille enfin lancée à Avignon

    La réhabilitation du collège Roumanille enfin lancée à Avignon

    Depuis sa construction il y a 60 ans, le collège Roumanille est presque resté dans son jus. Quelques maigres et éparses réfections ont bien eu lieu, comme les sanitaires il y a trois ans ou la sécurisation de l’accès l’an dernier, mais aucune rénovation d’ampleur. Parents et enseignants ont alerté à plusieurs reprises sur l’état de vétusté du collège, situé en sortie de l’avenue Semard avant la Rocade. Un appel relayé, en janvier 2025, par les 8 élus des deux groupes de gauche au sein de l’assemblée départementale. Par une motion, votée à l’unanimité, ils réclamaient une « réhabilitation complète et urgente du collège », dénonçant une « situation alarmante et critique ».

    Le dossier a alors rapidement avancé, la présidente Dominique Santoni (LR) s’accordant avec la Région pour reprendre la main en récupérant la maîtrise d’ouvrage des travaux. Pour rappel, le collège est géré en cité mixte avec le lycée professionnel Maria-Casares. Ce vendredi, lors d’une dense séance de 44 rapports – dont un large volet budgétaire (lire l’encadré) -, le conseil départemental va enfin enclencher le processus des travaux et lancer les marchés pour la maîtrise d’œuvre. Le Département table déjà sur une enveloppe prévisionnelle de 11,7 millions d’euros, et espère un appui de l’État et de la Région.

    « Une remise à niveau s’impose, en particulier, sur le plan réglementaire (accessibilité) et technique pour améliorer le confort thermique et réduire les consommations énergétiques et sur le plan fonctionnel », lit-on dans la délibération, qui précise que le chantier se fera en site occupé, à savoir sans la fermeture du collège.

    Un chantier

    sans fermer le collège

    Des préfabriqués seront mis en place. « Les enjeux principaux sont : la réhabilitation énergétique et technique du collège, aussi bien le confort en hiver que le confort d’été ; les problématiques réglementaires (accessibilité, sécurité incendie…) ; les problématiques fonctionnelles axées sur la vie scolaire et l’administration », détaille le rapport. Bâtiments du collège mais aussi logements de fonction sont concernés. À noter que « le remplacement de la production de chauffage sera basé sur le raccordement au réseau de chaleur collectif de la ville d’Avignon ». Un autre vaste projet permettant de raccorder notamment 17 000 foyers à une source d’énergie décarbonée.

    Les transactions immobilières soulagent le budget

    Au menu de la séance, un gros volet financier est prévu : la clôture du budget précédent mais aussi un ajustement du budget en cours. Il en ressort qu’après un effondrement, les recettes fiscales liées aux transactions immobilières [DMTO, compris dans les frais de notaires] repartent à la hausse. Les DMTO sont remontés de près de 20% à 126 millions d’euros, après une perte de 60 millions d’euros en 2 ans. Il y a un an, le Département avait augmenté de 0,5% le taux de DMTO, permettant de récolter 5 millions d’euros de plus par an. F.C.