Tag: collèges

  • L’étau se desserre autour des finances du Département de l’Hérault

    L’étau se desserre autour des finances du Département de l’Hérault

    Depuis plus d’un an, que la Chambre régionale des comptes prenne la main sur les finances du Département de l’Hérault est une épée de Damoclès qui reste sa hantise. « Ils supprimeraient toutes les dépenses non obligatoires comme les forestiers sapeurs », insiste Kléber Mesquida.

    Mardi 13 janvier, au moment de souhaiter ses vœux à la presse, le président héraultais semble pourtant moins préoccupé que l’an passé, où il manquait 103 millions d’euros dans les caisses pour boucler le budget. Le regain inattendu du marché immobilier y est pour beaucoup : les droits de mutation ont rapporté 293 millions d’euros (ME) à la collectivité contre à peine 242 en 2024. Les coupes dans certains budgets (comme celui de la culture), la mutualisation dans les services, la non-reconduction de certains CDD et la fin du renouvellement systématique des départs à la retraite des fonctionnaires a fait le reste.

    De sorte que si l’État ne baisse pas sa dotation globale de fonctionnement, l’Hérault devrait pouvoir voter un budget 2026 en équilibre le 31 mars. Grâce au fonds de sauvegarde, l’aide aux communes devrait être à peu près maintenue. L’exercice d’équilibriste n’en reste pas moins une prouesse. Kléber Mesquida rappelle que dans un département qui gagne 15 000 habitants par an, le reste à charge annuel dû à la non-compensation des charges transférées par l’État (RSA, Allocation personnalisée d’autonomie, Prestation de compensation du handicap, 6 961 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance au lieu de 2 937 en 2020…) s’élève à 260 ME !

    Appel au privé à Bayssan

    Pas question de faire de folies en 2026. Aucun nouveau marché public ne devrait être ouvert. Mais les investissements lancés (rocade de Béziers, Lien…) seront poursuivis. « On fera face aux chantiers en cours et aux besoins de sécurité, pas de confort », précise l’ancien socialiste en pensant notamment à l’aménagement des collèges. Le Département n’a pas non plus renoncé à son grand projet de jardins de la Méditerranée et de pavillon des vins héraultais au domaine de Bayssan, à Béziers. En manque de fonds publics, « on a lancé une recherche de partenariats (privés), de mécénat », glisse le président qui espère 500 000 visiteurs annuels. « On doit booster l’économie dans le triangle Béziers/Agde/Pézenas, qui est le plus pauvre de l’Hérault ».

    Pour soutenir les conchyliculteurs, au-delà des exonérations de redevances sur les ports, K. Mesquida propose de « mettre à l’abri les huîtres dans les mas conchylicoles non utilisés ». Au printemps, il attend avec impatience l’inauguration de la 3e caserne de pompiers de Montpellier et espère fin avril le label Unesco tant convoité pour le Géoparc. « Le jury nous a dit que notre dossier était bon », révèle-t-il, confiant.

    Inquiet de la montée du RN et d’entendre qu’« on ne les a jamais essayés », K. Mesquida « craint » le scénario de Législatives couplées aux Municipales (15-22 mars). Enfin, il se dit favorable à un nouvel acte de décentralisation. À condition que l’État mette (enfin) la main à la poche.

  • À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    « Les collèges du 13e sont déjà au-dessus de leur capacité. Il y a un vrai besoin d’un collège en plus. » Dans la salle de l’union locale de la CGT à La Rose, ce mercredi, Maylis Merly, membre du collectif « un collège supplémentaire pour le 13e », explique pourquoi la relocalisation du collège Mallarmé, proposé ce mardi par le Département des Bouches-du-Rhône, ne les satisfait pas.

    Ce collectif, créé en mars 2024, réclame la construction d’un nouveau collège, constatant une augmentation démographique importante dans le 13e arrondissement. « Entre 2018 et 2024, il y a eu 600 collégiens en plus sur tout le 13e arrondissement, soit un collège complet », souligne Elena Izquierdo, membre du collectif.

    L’annonce, en juillet 2025, de la construction d’un collège à côté du lycée Simone-Veil aurait pu être une bonne nouvelle pour le collectif. « Mais, on a appris que ce n’est qu’une relocalisation du collège Mallarmé », se désole Maylis Merly. « Le collège devrait donc fermer d’ici 6 ans, lorsque l’autre établissement aura ouvert », précise Anaël Chauvet, professeur et membre du collectif. Le nouvel établissement devrait bénéficier de 200 places supplémentaires, ce qui, d’après le Département, « permettra d’accueillir le surplus d’élèves prévu sur cet arrondissement ». Selon le collectif, cela reste largement insuffisant.

    Moins de moyens

    Aux yeux des militants, le nombre de place limité n’est pas le seul point noir de cette relocalisation. « Leur argument pour fermer ce collège est le problème de sécurité lié au trafic. Mais retirer du service public dans ces lieux n’est pas une solution », affirme le professeur d’histoire-géographie. Le collectif craint également la perte de moyen. « Le collège Mallarmé est en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire). Au vu de la nouvelle zone de construction et des coupes budgétaires, il y a peu de chances que le nouvel établissement conserve le même statut. Ce qui signifie moins de financement », estime Maylis Merly.

    Le collectif exige donc le maintien du collège de Mallarmé et la construction du nouveau collège. Le Département des Bouches-du-Rhône assure être « attentif à l’évolution de la démographie et savoir adapter sa stratégie de gestion des collèges si besoin ».

  • Les jeunes font vibrer la laïcité lors d’un concours d’éloquence à Ollioules

    Les jeunes font vibrer la laïcité lors d’un concours d’éloquence à Ollioules

    La Journée nationale de la laïcité, instituée en 2021, vise à informer les élèves sur la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État et sur le principe même de laïcité. C’est dans ce cadre que plus de 250 élèves de quatrième, issus de divers collèges du département, ainsi que quatre jeunes de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ont participé, mardi à Châteauvallon, à un concours d’éloquence. Le thème : « Plaidoyer pour les sceptiques de la République ». Une initiative portée depuis quatre ans par la préfecture.

    La matinée était dédiée au concours collectif, remporté par le collège Coubertin, durant lequel chaque établissement présentait un plaidoyer issu des réflexions de chacun des élèves. Avait également lieu le concours de la PJJ, qui a récompensé Maël, 16 ans : « J’ai beaucoup appris et ça m’a permis de concrétiser les valeurs de la République. Ça m’aidera aussi pour d’autres projets sur le plan de l’éloquence », se félicite-t-il. « On mène des ateliers sur les valeurs citoyennes et républicaines avec nos jeunes. On a travaillé sur les textes pendant deux mois. C’est important qu’ils puissent s’en inspirer », affirme Kaltoum Karimi, son éducatrice.

    « La laïcité peut être ajoutée à notre devise »

    L’après-midi, place à un concours individuel de grande qualité. 19 candidats sélectionnés par leurs camarades de classe se sont exprimés sur des sujets transversaux à la thématique de la République et de la laïcité : égalité, immigration, éducation, racisme, féminisme… « Tant qu’il y aura les mêmes droits pour les hommes et les femmes, les sceptiques les remettront en cause. Tant qu’il y aura l’immigration, les sceptiques tenteront de la supprimer. Tant qu’il y aura un système scolaire gratuit et laïc, les sceptiques voudront le rendre religieux et payant », martèle Adem, du collège la Marquisanne, lauréat du concours. « La laïcité peut être ajoutée à notre devise, car elle est aussi importante que la liberté, l’égalité et la fraternité. Chacun doit être respecté, qu’importent ses origines ou ses croyances », soutient l’adolescent de 13 ans à la tête bien faite. « Nous sommes en éducation prioritaire renforcée. Pour nos élèves c’est une fierté de se confronter à d’autres publics et de voir qu’ils ne déméritent pas », réagit Claude Richerme, professeure de lettre à la Marquisanne.

    Une plaidoirie qui, comme chacune, a impressionné le préfet, Simon Babre : « Ils sont capables d’un discours argumenté, sans se départir, et en tenant compte de l’avis d’autrui. Les sceptiques pensent que les valeurs de la République en valent d’autres. Les enfants, au contraire, disent qu’elles sont vivantes et trouvent des illustrations quotidiennes. On sent que ce sont leurs tripes qui parlent. »

    Ce projet, porté par le Département, la CAF, la PJJ et l’Éducation nationale, a été animé par la slameuse K-Rol, qui a réalisé deux ateliers avec chacune des classes : « On leur inculque la liberté d’expression, qui implique aussi qu’ils puissent critiquer la République, tout en en étant acteur. Et en tant qu’artiste, je voulais qu’ils prennent la parole, car quand on a été écouté une fois, on se dit que c’est possible. La parole est une arme », conclut-elle.

  • Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Ce sera une « saison light » en 2026 pour les Chorégies d’Orange, comme le précise, ce vendredi 28 novembre en cité des Princes, lors de la présentation de l’événement, son directeur sur le départ, Jean-Louis Grinda, avec six représentations au programme, entre le vendredi 19 juin et le samedi 18 juillet.

    Après une année 2025 ambitieuse avec pas moins de 13 soirées, le plus vieux festival de France doit revoir ses ambitions à la baisse. Et ce, en premier lieu, pour des raisons financières. Comme l’évoque Richard Galy, président de la Société publique locale des Chorégies d’Orange, après une « année 2024 plus allégée qui a été remarquable », l’année 2025 était « plus étoffée avec des soirées exceptionnelles », mais avec en conséquence des « finances qui ont dégringolé ». Il rappelle que 60% des revenus proviennent de la billetterie et que la moindre annulation peut faire perdre « jusqu’à plus de 100 000 euros ». Des déclarations qui ont poussé Jean-Louis Grinda, assis juste à côté de celui qui est également président de la commission du rayonnement culturel à la Région, à nuancer les paroles de son voisin, qui « ne correspondent pas vraiment à la réalité ». Il précise que le festival, en termes de résultat brut « pur », en 2025, était en déficit de 150 000 euros contre un résultat positif de 300 000 euros l’année précédente. « Si ça, c’est une dégringolade, j’aimerais savoir ce qu’il se passe dans les autres festivals de la région », pique le directeur.

    Philippe Katerine symphonique

    Une réorganisation est également prévue pour les années à venir, notamment à travers la création d’une nouvelle structure juridique, les Chorégies passant d’une SPL (Société publique locale) à un EPCC (Établissement public de coopération culturelle). « Cela va nous donner plus de souffle et plus d’aisance, de trouver une régularité dans les dépenses et les prévisions. C’est une décision qui a été saluée par la Cour des comptes, qui nous a tout de même indiqué qu’il faudrait que l’on recrute », poursuit le président.

    Cette évolution se fera donc sans Jean-Louis Grinda, qui annonce quitter ses fonctions de directeur, qu’il occupe depuis décembre 2015. Pour lui, gérer un EPCC représenterait une trop grosse charge. Il ajoute « qu’un directeur ne doit pas rester trop longtemps », car « il faut du renouveau », mais aussi « un nouvel interlocuteur pour les pouvoirs publics ». Paulin Reynard, directeur de production et chargé de la médiation culturelle, s’en va également. Leur remplacement va être géré au cours de l’année 2026.

    La programmation artistique n’en demeure pas moins de qualité, mais également surprenante, même si l’organisation l’aurait voulue plus étoffée. À commencer par une annonce qui n’a pas manqué de faire sourire, glousser, mais aussi grimacer une partie des fidèles du festival présents dans la salle, lors de la révélation de la venue du chanteur Philippe Katerine. Il se produira sur la scène du Théâtre Antique avec l’orchestre national d’Avignon-Provence, le mardi 7 juillet à 21h30. « Il a promis de ne pas chanter tout nu », glisse en retrouvant le sourire Jean-Louis Grinda, en référence à la cérémonie de lancement des Jeux olympiques de Paris, tout en invitant « ceux qui n’aiment pas à ne pas venir ». Mais aussi du plus classique, avec La Traviata de Verdi, avec
    en interprète principale l’Américaine Nadine Sierra, « qui est la meilleure Traviata au monde », assure le directeur. Tandis que le projet Opéra Pop organisé entre le festival et plusieurs collèges de la région, dont quatre d’Orange, a dû être déplacé au Thor, la municipalité ayant décidé d’organiser un concert de musique militaire à la seule date possible pour le projet éducatif.

    Ouverture de la billetterie le 8 décembre pour les adhérents et le 15 décembre en général.

  • Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    « L’omerta, le déni et les mensonges, ne peuvent plus durer. » Devant le palais de justice de Marseille, Nathalie Laclau, présidence de l’Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône) tire la sonnette d’alarme sur un « scandale sanitaire » dans le bâti scolaire. Entourée de représentants syndicaux d’enseignants, d’agents territoriaux, d’association de parents d’élèves, elle dénonce : « Il n’y a jamais eu de politique d’éradication de l’amiante dans les locaux scolaires depuis son interdiction. Mais le bâti s’est usé et libère immanquablement des fibres d’amiante. »

    D’où un dépôt de plainte inédit, contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, auprès du procureur de la République du pôle santé publique de Marseille, ce mercredi par la dizaine d’organisations et les plusieurs dizaines de parties civiles réunies sous la même bannière pour cette action. L’objectif affiché est simple : « Demander justice et faire la lumière sur les responsabilités politiques et institutionnelles. Que plus personne ne puisse se défiler sans rendre des comptes », résume Arnaud Dupleix pour la FCPE 13. Pour les travailleurs des établissements scolaires comme les parents d’élèves, la présence d’amiante et leur exposition ne font aucun doute. « Il y a eu des droits de retrait et des mobilisations d’ampleur dans plusieurs établissements sur la question », rappelle Laurence Rouvière, pour le Snudi-FO. « L’éducation et les collectivités territoriales refusent de se confronter à l’ampleur du phénomène », abonde Sébastien Fournier, pour la FSU-SNUipp.

    « Des expositions passives et actives »

    Et s’ils posent la question de la responsabilité, c’est car le collectif fait face à un labyrinthe institutionnel où se mêlent l’intervention de l’Éducation nationale et les compétences des collectivités territoriales sur le bâti scolaire : les écoles dépendent des communes, les collèges du Département et les lycées de la Région. « On a 12 exemples : des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et un lycée dans les Bouches-du-Rhône où il y a une défaillance dans la production et la communication des diagnostics techniques amiantes. Ils sont parfois inexistants, parfois incomplets », précise Me Julie Andreu qui porte le dossier. Avant de conclure : « Il y a des expositions actives et passives : quand on est enseignant et qu’on perce un mur, on peut être exposé à l’amiante. Quand on est élève et qu’on dort dans une salle où il y a des dalles de plafond dégradées et amiantées, on n’est pas informé.»

  • [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    [Grand entretien] Marie Nikichine : « Les idées du RN sont à l’opposé de nos valeurs »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui explique votre engagement ?

    Marie Nikichine : Je suis bibliothécaire à Paul Valéry et mère de 4 enfants. J’ai mis du temps à comprendre le rôle que pouvaient avoir les parents d’élèves. C’est d’ailleurs sur un malentendu que je me suis retrouvée élue dans un conseil d’école. Quand mon premier enfant est entré au collège Fontcarrade à Montpellier, j’ai découvert la FCPE et un cadre plus réglementaire pour agir. J’ai compris que la FCPE offrait des clés de compréhension sur un fonctionnement pas facile à lire pour les parents. En 2023, où j’étais administratrice à la FCPE, je m’étais engagée dans un collectif de soutien à une famille arménienne en difficulté à l’école Paul-Langevin. Je préside la FCPE depuis juin 2025.

    VALEURS VS EXTRÊME DROITE

    La FCPE a décidé de se protéger des tentatives d’infiltration de l’extrême droite…

    M.N. : C’est déjà arrivé notamment à Aniane. Il y a une confusion entre la FCPE, association d’utilité publique, et le fait d’être représentant de parents d’élèves. Tout le monde peut adhérer chez nous mais la FCPE a des valeurs. On ne signe pas avec son sang mais quand on veut s’investir il faut s’accorder sur l’école émancipatrice, respectueuse des enfants, où les parents ont leur place dans un principe de coéducation, avec une bienveillance vis-à-vis des intérêts supérieurs des élèves. Quand vous lisez le programme du RN, on est complètement à l’opposé. Il est normal qu’il y ait un trouble si un représentant s’affiche comme RN. Du coup, on travaille sur un cadre déontologique. C’est un jeu d’équilibriste. Est-ce qu’être intolérant à l’intolérance c’est être intolérant ? Disons qu’on n’est pas censé utiliser l’image de la FCPE dans un cadre politique. On est vigilant quel que soit le parti pour des candidatures aux municipales.

    Le programme Evars (Éducation à la vie affective et sexuelle)
    est-il satisfaisant ?

    M.N. : On s’est réjoui du fait que l’enseignement est devenu un vrai programme (d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) pour être sûr que les heures soient faites. Il y a eu beaucoup de confusion avec des entreprises de désinformation portées par le Syndicat de la famille (proche de l’extrême droite). Ils s’attaquent quasiment au programme de SVT, il ne faudrait pas parler de la reproduction. À Castelnau ou Saint-Jean-de-Védas, des affiches ont été placardées pour dénigrer le dispositif que l’on soutient à la FCPE.

    HARCÈLEMENT SCOLAIRE ET FORMATION

    La Marseillaise : L’Éducation nationale met-elle les moyens pour lutter contre le harcèlement/cyberharcèlement scolaire ?

    M.N : Le protocole « Phare », qui offre un canal d’échanges, a fait la différence. Les établissements s’en emparent, il y a des réussites, on a progressé au moins pour entamer les choses. C’est pris au sérieux, on a des interlocuteurs au rectorat. On est aussi sollicités sur des cas plus complexes. Le cyberharcèlement est devenu un fait de société avec les groupes de discussions. Il y a un travail conjoint sur le danger des écrans. Personne ne fait l’autruche. En revanche, on est plus désarmés sur des relations problématiques entre enseignants et élèves avec un rapport de force défavorable à l’élève dont la parole n’est pas toujours évidente à faire entendre. Des parents ont peur de représailles, d’aggraver la situation.

    La formation accélérée des enseignants pour contrer la crise des vocations est-elle satisfaisante (Bac+3) ?

    M.N : On en est à un point où l’on est contents d’avoir des contractuels même si c’est parfois inégal en termes de qualité pédagogique. Mais ce n’est pas l’idéal. Je ne sais pas pourquoi on ne revient pas à un système de titulaires remplaçants. Je pense qu’il y a plusieurs causes à la crise des vocations, notamment le manque de moyens et d’attractivité du métier (rémunérations). Heureusement, il reste des enseignants hyper investis qui ont ça dans le sang. Je suis en admiration devant leur capacité à supporter les enfants et à porter des classes. Les jours où on voit le verre à moitié plein, on peut rester optimiste.

    ÉDUCATION NATIONALE

    Le gouvernement annonce la suppression de 4 400 postes d’enseignants…

    M.N. : On a un problème avec les annonces du gouvernement depuis quelques années. Il a aussi été dit qu’on aurait une moyenne d’un prof pour 21 élèves, ce qui – théoriquement – améliorerait le ratio avec la baisse démographique. C’est toujours la bataille des chiffres. On nous mélange souvent les chiffres de l’éducation prioritaire, ce qui fait baisser les moyennes alors qu’on a des maternelles à 27 gamins, des lycées plus de 30. On n’y croit surtout pas dans l’Hérault où la baisse démographique est moindre qu’au niveau national. On attend de voir la situation réelle des établissements. C’est pareil pour tout, on se rend vite compte que l’assistante sociale n’est là qu’un jour par semaine et ne peut répondre aux besoins.

    Il y a aussi le manque d’AESH et d’Atsem…

    M.N : On vient de porter des mobilisations dans plusieurs établissements sur le manque d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH). Cette année, le problème a explosé, ça ne tient plus. Parfois les enseignants se mettent en grève, ce n’est pas pour le plaisir. Le rectorat fait ce qu’il faut pour les AESH individualisés. En revanche, les AESH mutualisés c’est beaucoup plus flou. Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicaps, les autres et les enseignants.

    Au sujet des Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), pour lesquels on avait des manques l’an passé à Montpellier, la mairie semble avoir amélioré les choses même si cela pourrait être mieux. On reste vigilant.

    FAMILLES EXPULSÉES ET À LA RUE

    M.N : Ça montre qu’il faut continuer à être très vigilant et épauler les parents. On est alertés par des familles qui ne savent pas quoi faire. Un collectif « Un toit, un avenir » s’est monté auquel participe la FCPE. Face au positionnement assez tranché de la préfecture, il va falloir faire face dans le respect des familles. On est sur des droits fondamentaux. Il faut relayer ces actions, épauler les parents. On est dans le rapport de force. En Conseil départemental de l’Éducation nationale, on a déjà mentionné ce genre de situations.

  • Les nouveaux Cadets de la défense intronisés à Toulon

    Les nouveaux Cadets de la défense intronisés à Toulon

    « Vous savez su convaincre l’encadrement de vous prendre comme Cadets. Ne le décevez pas. » Dès l’introduction du Colonel Bertrand Gebuhrer, délégué militaire départemental du Var, le ton est donné pour la nouvelle promotion des Cadets de la défense. Pendant une année, 240 collégiens de classe de 3e, âgés de 14 à 16 ans et issus de 51 établissements varois, consacreront leurs mercredis à des activités physiques, des cours d’éducation civique et mémorielle, et à la découverte des métiers « des uniformes dans leur ensemble », en théorie, mais aussi en pratique. Même s’il « ne s’agit pas d’une préparation militaire », précise le colonel, rappelant toutefois que « les bruits de bottes résonnent à l’Est ».

    Promotion Esther-Poggio

    Au-delà de l’individualité, c’est donc la notion de collectif qui est visée, car « si les armées gagnent les batailles, ce sont les nations qui gagnent les guerres », martèle le délégué militaire. « Liberté, égalité, fraternité ne sont pas des simples mots pour vous. Ils deviennent des principes vivants, que vous allez explorer, comprendre et défendre », ajoute Ludovic Sar, président de l’Institut des hautes études de la défense nationale Var et Corse. « Les Cadets sont des relais essentiels de nos actions mémorielles et des Routes de la Liberté », salue Jean-Louis Masson, président (LR) du Département.

    La nouvelle promotion portera le nom d’Esther Poggio, illustre résistante varoise fusillée par les nazis le 15 août 1944. Au sein de celle-ci, Lisa et Bastien, 14 ans, « fiers de représenter (leur) collège » respectif. Les deux adolescents espèrent y « découvrir les métiers de la défense », afin de peut-être, un jour, devenir maître-chien dans l’armée pour la première, et intégrer la Marine pour le second.

  • De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    Le rectorat se dit impuissant ? Le ministère fait la sourde oreille ? Qu’à cela ne tienne ! Les enseignants de La Dullague et Lucie-Aubrac iront directement frapper, le 5 novembre, à la porte du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Aux côtés de représentants de deux autres établissements dans la même situation (Montesquieu à Evry-Courcouronnes et Julia Nicolas, à Fort-de-France), avec lesquels ils ont formé un collectif, quatre enseignants de ces deux collèges biterrois porteront en haut lieu, chiffres à l’appui, leur demande d’un classement urgent en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+).

    « Ce collectif correspond aux établissements qui ont un IPS (indice de position sociale) extrêmement bas. La moyenne nationale des IPS est de 106 et nos établissements, eux, sont à moins de 76, chiffre qui correspond à la moyenne des REP + », explique une enseignante biterroise qui a souhaité rester anonyme. « Plus de la moitié des élèves de La Dullague sont issus du quartier prioritaire de la ville Iranget/Granget, qui est le 5e le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté de 71% », poursuit-elle. « Quant aux boursiers, ils étaient 71,5% en 2024-2025. Et on m’a dit que c’était encore pire cette année… »

    La situation est telle que malgré l’engagement constant des équipes pédagogiques, « c’est l’effondrement ». « Quand on est confronté à une population scolaire aussi marquée par la précarité, ça se traduit par de gros problèmes au niveau des résultats – moins de 60% de réussite au brevet, ce qui est catastrophique – mais aussi des problématiques sociales, avec des choses très lourdes et beaucoup de violence. La corrélation est très nette », assure l’enseignante biterroise.

    « Seul le classement en REP+ permettrait de garantir une réponse structurelle efficace, en cohérence avec les principes de justice sociale et d’égalité des chances portés par l’École de la République », estiment les établissements mobilisés dans un courrier en date du 7 octobre adressé, à l’époque, à l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne.

    « Tous les ans on nous dit : ce sera pour l’an prochain »

    Cela permettrait notamment « de pérenniser des moyens, alors qu’aujourd’hui à chaque année, il faut se battre. Je pense notamment à des effectifs réduits, qui font toute la différence. Ça créerait aussi une stabilisation des équipes dont on aurait bien besoin », détaille l’enseignante biterroise.

    « La carte de l’éducation prioritaire, établie en 2014, devait être revue tous les quatre ans à compter de cette date afin de tenir compte des évolutions des contextes sociaux. Or nous voilà en 2025 et il ne s’est toujours rien passé… Depuis 2018, on nous explique que ce sera pour la rentrée prochaine, si bien qu’on a déjà deux générations de collégiens qui sont passées entre nos murs, soit plus de 1 000 élèves qui n’ont pas eu droit à l’égalité des chances. Ce n’est plus possible, on parle de l’avenir des enfants ! », s’indigne-t-elle.

    L’enseignante souligne toutefois la bonne volonté du rectorat. « Depuis trois ans que nous nous mobilisons activement, il porte un regard bienveillant sur nos établissements. On est suivi, des moyens ont été octroyés. Ils font le maximum dans leur domaine de compétence. Mais la révision de la carte de l’éducation prioritaire, donc notre classement en REP+, n’est pas de leur ressort  ». Aussi, les représentants des établissements du collectif ont-ils décidé d’aller directement interpeller le ministre de l’Éducation, pour lui faire part de l’urgence de leurs situations respectives et l’enjoindre de prendre un arrêté pour modifier la carte de l’éducation prioritaire. Le 5 novembre, une délégation se présentera donc au ministère, dans l’espoir d’être reçue. De leur côté, pour « soutenir les professeurs qui vont à Paris défendre notre collège », les parents d’élèves de La Dullague organisent un rassemblement devant l’établissement le même jour à 9h30.

  • Hérault : alerte rouge de l’intersyndicale sur l’école inclusive

    Hérault : alerte rouge de l’intersyndicale sur l’école inclusive

    Depuis la rentrée de septembre, le second degré est sous tension. Dans le sillage de plusieurs collèges de l’Hérault, Louis-Germain a débrayé durant trois jours la semaine dernière pour dénoncer une école inclusive au rabais. Le mercredi 15 octobre, un rassemblement a également été organisé devant le rectorat, tandis qu’une délégation était reçue par l’entourage de la rectrice.

    « Nous avions treize AESH, mais nous en avons perdu trois cette année. Ce sont des départs forcés, on n’a pas eu le choix. Le Pial (Pôle inclusif d’accompagnement localisé) nous a réparti.es autrement parce qu’il manquait de personnels dans le premier degré », explique Isabelle, accompagnante d’élèves en situation de handicap et syndiquée à la FSU.

    Dans le détail, trois accompagnatrices du Pial sont actuellement en congés maternité, parental et arrêt maladie, mais l’Éducation nationale ne prévoit aucun remplacement pour ces personnels spécifiques. Mécaniquement, le bahut a perdu 84 heures de présence. À échelle du Pial, les AESH restantes ont donc été redirigées en priorité sur les élèves bénéficiant d’une notification individualisée – puisque la loi les concernant exige une application stricte – au détriment des notifications mutualisées, dont l’application a été rabotée. « On est donc passé de six heures par élève chaque semaine, à deux ou trois heures. Mais malheureusement, le handicap ne s’arrête pas au bout des trois heures de suivi », s’indigne Olivier, AESH lui aussi (Sud Éducation).

    À leur côté, les parents sont consternés. « Dans ce collège, nous n’avons que des classes de 30 élèves. Elles sont surchargées, donc l’absence d’une AESH impacte forcément l’ensemble du groupe », témoigne une mère présente devant le rectorat. Sans compter la perte de chance pour les élèves porteurs de handicap, dont certains « décrochent » littéralement.

    Contacté, le rectorat se retranche derrière le règlement. « La MDA (Maison départementale de l’autonomie) notifie à hauteur de 3 ou 4% d’élèves en plus chaque année, mais nos dotations n’augmentent pas autant… Et le Département de l’Hérault a affecté tous les AESH dont il disposait début septembre. On ne peut pas nier qu’il y ait des tensions, et on comprend les difficultés des personnels, mais ce n’est que le témoignage d’un Pial qui fonctionne comme il doit fonctionner », réagit Sandy-David Noisette, directeur académique adjoint des services de l’éducation nationale dans l’Hérault.

    Réunis en intersyndicale mercredi 15 octobre, Sud Éducation, la FSU, la CGT, FO et la CNT réclament une « alerte d’urgence pour l’Hérault » comme celle qui avait été lancée en Seine-Saint-Denis l’année dernière. « Le problème existe dans toute l’académie, mais l’Hérault est le département qui regroupe le plus d’établissements, et nous manquons de tout  : AESH, médecins scolaires, médecins de prévention… », détaille Jordan Homps (Snes FSU). Les syndicats appellent donc l’ensemble des établissements de l’Hérault à faire remonter leurs difficultés pour évaluer plus précisément les manques… Avant d’envisager une action collective courant novembre.

  • [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    AESH

    Comment résorber la pénurie d’AESH ?

    Carole Drucker-Godard : Il en manque parce qu’il y a des notifications de la MDPH qui croissent plus vite que notre augmentation d’emplois AESH. À la rentrée, on a recruté 95 AESH dans l’Académie. Nous en avions déjà 7 000. C’est beaucoup. Donc, lorsqu’un élève a une notification individuelle de 24h par exemple, on va peut-être faire que 18h voire 12h et le reste du temps on va mutualiser l’accompagnement. Donc oui, il y a des cas d’élèves en situation de handicap qui ne sont pas encore accompagnés. Mais on fait quand même, je trouve, notre possible aussi pour améliorer le travail des AESH, pour les intégrer beaucoup plus comme membre à part entière de l’Éducation nationale.

    Choc des savoirs

    Le choc des savoirs a été beaucoup critiqué, notamment les groupes de niveaux…

    C.D.-G. : Le choc des savoirs est surtout caractérisé par les groupes de besoins en 6e et 5e mis en place il y a un an. Ça a été effectivement très critiqué parce que de toute façon, dès qu’on opère un changement, ça ne contente jamais tout le monde et c’est normal. Ça a été décrié parce qu’il était compliqué pour les chefs d’établissement d’organiser des enseignements « en barrettes » afin d’avoir des groupes à effectifs réduits. Globalement, c’est quand même plutôt positif. Ce qui plaît beaucoup, c’est qu’on a offert la possibilité à des enseignants d’avoir des effectifs réduits. On le sait, l’hétérogénéité dans les classes est nécessaire. Mais, quand elle est trop importante, on ne fait plus avancer personne, ni ceux qui ont des facilités, ni ceux qui sont en fragilité.

    Plusieurs dispositifs ont été abandonnés par Élisabeth Borne, n’est-ce pas un aveu d’échec ?

    C.D.-G. : La ministre a proposé aux chefs d’établissements d’ajuster ces groupes. Certains n’ont rien bougé parce que ça fonctionne très bien. Pour d’autres, c’était trop compliqué en termes d’organisation. On leur a donné la possibilité d’ajuster différemment en gardant les mêmes moyens. C’est quand même une bonne chose. Et pour les 4e, 3e, de toute façon, sur un plan ressources humaines, c’était difficile d’organiser exactement la même chose. Donc a été proposé aux chefs d’établissements d’organiser un « plan réussite ». En 6e et 5e, on a les groupes de besoins et en 4e, 3e, il y a moins de moyens mais en fonction des collèges et des résultats, on a parfois permis aux chefs d’établissements d’avoir un groupe supplémentaire.

    Professeurs

    Il manquait 2 500 profs pour cette rentrée en France, qu’en est-il dans l’Hérault et le Gard ?

    C.D.-G. : Je n’ai pas eu une rentrée difficile sur le plan des effectifs enseignants. La réunion avait été très bien préparée, bien avant mon arrivée. Donc, on avait dans le premier degré un enseignant devant chaque classe, une rentrée sereine avec une brigade de remplaçants assez conséquente quand même. Il en manquait un peu dans le second degré mais ça reste quand même assez faible c’est-à-dire que ce sont des formations de niche dans les lycées professionnels ou alors des disciplines en tension comme les langues, les mathématiques, les sciences. On a encore des ajustements qui se font : quand les enseignants ont des services partagés sur plusieurs établissements, parfois, il peut manquer 9 heures de mathématiques par-ci, 3 heures de physique par-là. Ce n’est pas idéal. Mais globalement, l’Académie est vraiment très attractive.

    Néanmoins, beaucoup parlent de crise de la vocation…

    C.D.-G. : De ce que je vois sur le terrain, je crois qu’on ne peut pas parler d’une crise de vocation. Je vous confirme que le métier est difficile, ils le disent tous. Mais l’année dernière, tous ceux que j’ai vus m’ont tous dit : « Par contre j’adore. » Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, on a des jeunes qui n’ont plus du tout envie de rester toute leur carrière dans l’Éducation nationale. Ils ont envie de changer de métier, il ne faut pas les retenir mais les accompagner. Donc la vocation est toujours là. Cependant, on attire un peu moins parce que oui, le métier est certainement plus difficile qu’avant. La réforme de la formation initiale peut pallier aussi ce manque d’attractivité en passant les concours à la fin de la licence, et non en 5e année.

    Sécurité

    Les violences dans les établissements, un phénomène en augmentation ou plus médiatisé ?

    C.D.-G. : Je pense qu’il y a vraiment les deux. On a aujourd’hui une culture du signalement avec des chefs d’établissements qui, dès qu’il y a un incident au sein de l’établissement, font ce que l’on appelle un « fait établissement », selon trois niveaux d’alerte. Aujourd’hui, on est informé de tous ces faits de violence dans les établissements donc forcément on en parle plus. Mais je pense quand même qu’il y en a plus. C’est la société, malheureusement. Les écrans doivent en expliquer une partie, tout comme la crise sanitaire. Il y a effectivement beaucoup de faits de violence. On a obtenu des moyens supplémentaires à la rentrée, 42 postes (32 AED et 10 CPE) qu’on a placés dans les établissements les plus sensibles, qui en avaient le plus besoin. On a donc ces contrôles visuels à l’entrée des collèges.

    Un bilan a été fait de ces opérations ?

    C.D.-G. : Ce sont parfois des ciseaux, des aérosols. Il y a quand même quelques couteaux qui ont été retrouvés. Dans ce cas-là, c’est conseil de discipline et signalement au procureur. Il y a aussi les fouilles de sacs devant les établissements en lien avec la préfecture, la justice. Les forces de police et les forces de sécurité viennent eux-mêmes fouiller les sacs, ils sont habilités. Il n’y a aucun personnel de l’Éducation nationale. Et en complément de cela, au sein même de l’établissement, nos personnels font ces contrôles visuels, ce ne sont pas des fouilles, mais viennent en complément avec vraiment une visée très pédagogique. L’élève ouvre lui-même ses affaires.

    LES SIX PREMIERS MOIS ?

    C.D.-G. : J’ai été vraiment accueillie très chaleureusement. Et puis je me suis assez rapidement insérée dans le territoire. J’ai fait mon bureau sur le terrain, j’ai eu à cœur d’aller 48 heures dans tous les départements dès ma prise de fonction pour essayer de bien comprendre chaque spécificité de chaque département, qui sont tous différents, ce qui fait aussi la richesse de cette académie. Une très grande diversité à la fois géographique, sociale. Je vois mon arrivée depuis six mois comme une grande chance, en fait.