Tag: Cheminots

  • [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    La Marseillaise : Quelles conséquences pourrait avoir la baisse de la taxe « versement mobilité », passée de 0,15% à 0,08% en octobre sur décision de la Région ?

    Robin Matta : Cet impôt avait été décidé au moment où on avait fait le bilan de l’état du réseau ferré national qui est vieillissant, puisqu’on considère qu’il a trente ans de retard de rénovations. Le fonds constitué par cette taxe devait aider à financer les infrastructures. À Miramas, on est concernés non seulement pour la gare de triage mais aussi, du côté voyageurs, pour la création de la passerelle. On craint que ces investissements-là ne puissent pas arriver à terme, ou en tout cas que ce soient les derniers. Or on a la ligne de la Côte Bleue qui est encore en partie à réhabiliter. Avec cette baisse de la taxe, la Région brosse dans le sens du poil le patronat et abandonne toute perspective de développement.

    Sans oublier le développement des bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    R.M. : Il n’y a toujours qu’une voie ferrée pour sortir de la zone indstrialo-portuaire en train, ce qui est un problème. Il faut mettre ça en parallèle avec le grand débat sur la décarbonation. Sans financement de l’infrastructure, on ne pourra rien faire. Jean-Pierre Farandou avait déclaré qu’il manquait 1 milliard d’euros par an pour l’entretien et la régénération du réseau ferroviaire. Où va-t-on le trouver si ce n’est en taxant le capital ?

    Le Contrat plan État Région (CPER), signé lundi, alloue 47 millions d’euros au fret ferroviaire. Est-ce suffisant ?

    R.M. : Le CPER dépend de la validation du budget. Cette somme n’est de toute façon pas suffisante. 47 millions d’euros peuvent à la rigueur permettre de maintenir l’existant, mais c’est sous-évaluer le besoin. Une grande partie de ce contrat va en fait être fléché sur des lignes qui seront prochainement ouvertes à la concurrence, comme la ligne des Alpes en lien avec les JO d’hiver. L’idée, c’est de faire le lit à la concurrence alors que pour le coup, maintenant, on a un bilan qui est que Transdev assure 84% de régularité sur Marseille-Nice, contre les 93% annoncés.

  • Première grève dans les TER de Transdev

    Première grève dans les TER de Transdev

    C’est le premier préavis de grève déposé depuis la reprise par l’entreprise privée Transdev de la ligne TER Marseille-Nice. Dans un communiqué publié mercredi, SUD Rail appelle l’ensemble des salariés opérant sur le trajet à entrer en grève dès ce jeudi pour une durée indéterminée. Au cœur des revendications : l’exigence d’une révision des salaires et l’amélioration des conditions de travail. « Il y a aujourd’hui des rémunérations très en dessous de ce qui avait été promis au départ, notamment à ceux qui ont passé des entretiens avec Transdev, s’indigne Frédéric Michel, délégué syndical pour SUD Rail. Un ex-conducteur de bus de la boîte qui est passé conducteur de train sur la ligne a perdu entre 500 et 600 euros de salaire. Ça n’est pas tenable. » Le délégué syndical souligne également que certains points de la Convention collective nationale de la branche ferroviaire, qui s’applique en théorie à l’ensemble des entreprises du secteur, ne sont pas respectés. Parmi eux : les accords « classifications et rémunérations », qui permettent d’établir un niveau de qualification et donc de rémunération. « Des agents Transdev sont aujourd’hui classe 2 alors qu’ils devraient être classe 3 ou 4, sachant que la classe 1 est le niveau d’entrée », poursuit Frédéric Michel.

    « Dumping social »

    « L’ouverture à la concurrence, dont le président de la Région Paca s’est fait le précurseur, n’a jamais eu d’autre objectif que d’organiser un dumping social dans la branche ferroviaire », lit-on dans le communiqué SUD Rail. En clair : l’arrivée des entreprises privées sur les rails expose les salariés à des pratiques concurrentielles classiques de la part de leur employeur, qui peuvent choisir d’abaisser les coûts de production en abaissant celui de la main-d’œuvre. Deux agents sur trois devraient participer à la grève selon l’enquête interne de SUD Rail, contre 17% seulement selon Transdev. La compagnie ferroviaire privée annonce le fonctionnement d’un train sur deux ce jeudi.

  • Vente de billets TER à la Poste : un colis amer pour la CGT

    Vente de billets TER à la Poste : un colis amer pour la CGT

    En juin dernier, la Région a voté l’extension de son réseau de points de vente TER, avec l’intégration de La Poste comme nouveau partenaire. 26 communes seront à terme concernées dont 3 en Vaucluse : Pertuis, Bollène et Sorgues. Une mesure qui ne passe vraiment pas comme une lettre à La Poste pour la CGT Cheminots de Vaucluse. « C’est assez incompréhensible alors qu’il y a trois ans, les guichets ont été fermés à Sorgues et Bollène et que 40% des billets sont encore achetés de manière matérielle », dénonce Loïc Guigou, secrétaire général CGT Cheminots 84, qui tenait un point presse, ce jeudi.

    En Vaucluse, seules les gares d’Orange et d’Avignon centre et TGV disposent encore de guichets physiques. Il y a deux ans, ceux de L’Isle-sur-la-Sorgue, Montfavet et Cavaillon avaient disparu. « Beaucoup d’usagers ont encore du mal à prendre un billet à l’automate, il y a quelques équipes mobiles habilitées à vendre des billets, mais qui ne sont pas là en permanence et ne peuvent que renvoyer vers les automates en raison de problèmes de connexion de réseau », déplore Florence Umbert, secrétaire à la politique financière CGT Cheminots. Le syndicat fait aussi remarquer que les horaires d’ouverture de bureaux de poste ont tendance à se réduire, quand certains établissements ne ferment pas. « À Bollène, La Poste est à 5 km de la gare », note Loïc Guigou.

    Sollicitée, la Région n’a pu nous répondre que partiellement dans l’immédiat. « Les habitudes d’achat des usagers des TER ont changé, aujourd’hui, plus de 80% des ventes se font sous format digital », justifie la collectivité. « Logique, vu que les guichets physiques ferment », analyse le secrétaire général CGT Cheminots. La Région note qu’outre le partenariat avec La Poste, d’autres sont engagés avec des buralistes (à Sorgues et Carpentras notamment) et des offices de tourisme. Dans toute la région, « les points de distribution physique des titres de transport passent ainsi de 93 en 2019 à 109 en 2025 », chiffre la collectivité. Un service finalement moins « accessoire » que prévu comme le clamait il y a deux ans, lors de la fermeture de guichets en Vaucluse, Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) en charge des transports.

    Lors du vote de la mesure avec la Poste, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, revendiquait « répondre à une priorité : garantir un accès équitable aux services publics, y compris dans les zones rurales ». « Oui, approuve Loïc Guigou, mais si on veut un service public ferroviaire de qualité, il faut rouvrir les gares de Piolenc ou Mondragon, mais aussi Barbentane, où la demande est forte. »

  • Ouverture à la concurrence : les cheminots plus que vigilants

    Ouverture à la concurrence : les cheminots plus que vigilants

    Après l’annonce de l’attribution du troisième lot de lignes de Trains express régionaux à la SNCF, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence dans la Région Sud, les syndicats de cheminots montent au créneau.

    Voté vendredi dernier lors de l’assemblée plénière du conseil régional, c’est l’opérateur public historique qui a remporté le bras de fer face à Transdev, dans le cadre d’un nouvel appel d’offres. Concrètement, la SNCF garde la main sur cinq lignes, celles de l’est de la Provence et situées autour de Marseille (Marseille-Hyères, Marseille-Les Arcs, Marseille-Pertuis), mais aussi la fameuse ligne des Alpes, au cœur de la planification en vue des Jeux olympiques d’hiver 2030 (Marseille-Briançon et Briançon-Valence). Elle garde la main ou presque, puisque c’est encore via une filiale que l’entreprise a candidaté. « La société dédiée SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée opérera, pour le compte de la Région Sud et pour une durée de 10 ans, à compter de décembre 2029 », explique SNCF Voyageurs dans un communiqué de presse.

    De quoi inquiéter les cheminots. « On est très mitigés. On se satisfait que l’entreprise historique remporte cet appel d’offres. Mais on est très critiques sur cette fragmentation du réseau », analyse François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Il en veut pour preuve « les premières conséquences sur les lots 1 et 2 déjà ouverts à la concurrence », c’est-à-dire les lignes de l’étoile niçoise de la filiale de la SNCF Sud Azur et le Marseille-Nice de Transdev. « Il y a des difficultés dues au cloisonnement du service public, du fonctionnement par monceau. Le système ferroviaire n’est pertinent qu’avec un phénomène de mutualisation et de réseau unifié », développe-t-il. Des ateliers différenciés pour les sociétés respectives, et donc plus coûteux, mais aussi « des problèmes à la fois de correspondance et d’information aux voyageurs » sont cités comme points noirs.

    Un dumping social

    à venir ?

    Dans les deux cas, son syndicat pointe « des résultats similaires » en comparaison avec la période où la SNCF historique était aux manettes en matière de retard et de ponctualité. « Le service rendu n’est pas au rendez-vous tel que la Région le prévoyait, ils sont dans le positivisme permanent », tonne-t-il.

    Mais c’est surtout la question du transfert de compétences et des cheminots qui inquiète le plus les syndicats. Dans un communiqué de presse, Sud-Rail Paca s’interroge quant aux promesses de la Région pour ce troisième lot : « 30% de trains en plus, 30% moins cher ? Mais comment ? » Avant d’avancer une piste de réponse : « Le fait de créer une filiale pour chaque appel d’offres correspond à la volonté de remettre en cause les droits des salariés et de mettre en place le dumping social. » Car, comme pour la filiale Sud Azur, un transfert des cheminots de la SNCF historique est à prévoir, d’une entité à une autre. Et qui dit transfert, dit volontariat, ou pas, mais aussi remise en cause des accords d’entreprise. « Il y a environ 650 agents concernés par le transfert. (…) Suite au transfert, tous les anciens accords collectifs SNCF cesseront après un délai de 15 mois », développe l’organisation.

    En résumé : « C’est sur le dos des cheminots qu’ils cherchent à réduire les coûts pour être conformes au contrat », selon François Tejedor.

  • La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    « On garde le cap et on assure la stabilité. » À la veille de la plénière du conseil régional, le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), ne semble pas perturbé par l’instabilité politique nationale et internationale. Au contraire, il y oppose « son fil conducteur : la COP d’avance, la préparation des JO d’Hiver et une politique financée et finançable, opérationnelle avec un calendrier rigoureux ».

    Le tout, symbolisé par la poursuite de sa « révolution ferroviaire », alias l’ouverture à la concurrence des lignes TER dans la région. Après l’attribution de deux premiers lots en 2021, les lignes de l’étoile niçoise à une filiale de la SNCF (Sud Azur) et Marseille-Toulon-Nice à l’opérateur privé Transdev, il annonce la mise au vote de l’attribution d’un nouveau lot lors de la séance plénière du conseil régional, ce vendredi. « Pour le 3e lot, on va avoir 30% de trains en plus et 30% moins cher », promet-il. « Dans cet appel à manifestation d’intérêt, le vainqueur est la SNCF, face à Transdev. La SNCF arrive en tête dans 4 critères sur 5, et ex æquo pour le 5e. » Sans surprise, il se dit « satisfait » des résultats de l’opérateur privé pour le Marseille-Nice, mais il note tout de même que « la SNCF, quand ils accélèrent, ça marche ».

    Des investissements massifs en lien avec les JO

    Comme quoi le service public a bon dos. « Dans la compétition qui a été engagée grâce à l’appel à projet, on se retrouve avec une SNCF qui est imbattable pour ce 3e lot », développe-t-il. Concrètement, ce lot concerne cinq lignes d’importance, dont la fameuse ligne des Alpes, qui est au cœur de la desserte des prochains JO d’hiver et qui va bénéficier de centaines de millions d’euros d’investissements, en vue de l’événement. Dans le détail, les lignes concernées sont donc celles de Marseille-Aubagne-Toulon-Hyères, de Marseille-Toulon-Les Arcs, de Marseille-Aix-Pertuis, de Marseille-Gap-Briançon et enfin celle de Briançon-Gap-Valence.

    Côté chiffres, Renaud Muselier annonce un coût de « 2,5 milliards d’euros ». Lesquels se décomposent en 1,8 milliard pour l’exploitation, 328 millions pour l’achat de 25 rames neuves, mais aussi « 48 millions pour la rénovation des centres de maintenance de Marseille-Blancarde et Briançon », toujours selon le président de Région. Il prévoit 4 ans de préparation jusqu’en décembre 2029, pour 10 ans d’exploitation. Reste à connaître la réaction des cheminots et de leurs organisations syndicales, bien peu friands de la filialisation de la SNCF, qui va de pair avec l’ouverture à la concurrence.

    De quoi faire le lien avec les Jeux d’Hiver 2030, chers au président de région, et d’autres mesures qu’il va mettre au vote ce vendredi : « Je suis content car j’ai le plan trains qui arrive avec, ça me permet de justifier la baisse du versement mobilité des entreprises. »

  • Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Sisteron, La Brillanne, Aspres, Serres, Chorges, Veynes, Cros de Cagnes, Breil-sur-Roya, Tende, La Trinité, L’Escarène, Sospel, Villeneuve-Loubet, Biot, Martigues, Cassis, Istres, Sausset, Vitrolles, Tarascon, Salon, Port-de-Bouc, La Garde, Sorgues, Bollène et Pertuis. Progressivement, dans ces communes aux gares dépourvues de guichet SNCF ou à amplitude limitée, il faudra se rendre au bureau de Poste pour se voir délivrer son billet de train.

    Une nouveauté orchestrée par la Région Sud et la SNCF qui ne va pas dans le sens de la réhumanisation des gares et qui fait bondir le syndicat cheminots. « Les guichets ne sont pas seulement un point commercial de vente, réagit François Tejedor, secrétaire général CGT des cheminots de Paca. Les cheminots rendent aussi un service après-vente, une aide et une information en cas de situation perturbée, une orientation aux usagers ». Pour le syndicat, cette mesure est un nouveau pas vers la fin du service public du rail engagé par le président de Région Renaud Muselier (Ren) avec « l’ouverture anticipée des lignes TER à la concurrence, la fermeture massive des guichets et la suppression de la présence des cheminots dans les gares ».

    Aller chercher son colis à Monoprix, passer son code de la route ou prendre un billet de train à La Poste… La casse des services publics, en plus de tuer les métiers, a de quoi déboussoler l’usager devenu client. La CGT cheminots de Paca demande la réouverture des guichets en gare.

  • Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Il y avait comme un goût de bonheur ce vendredi à la Centrale de Gardanne. Un mélange de fierté, de fraternité et de soulagement.

    Au bout de 7 ans de lutte, les salariés ont non seulement obtenu le maintien de leur site avec le passage du charbon à la biomasse mais aussi la réembauche de leurs collègues licenciés grâce à un projet de biométhane porté par l’association des travailleurs de la centrale.

    Dans un contexte national marqué par l’incertitude et l’attentisme d’une partie du monde du travail, les leçons de Gardanne sont précieuses.

    Oui la lutte paie. Elle nécessite de l’opiniâtreté, du collectif et de la solidarité. La victoire des salariés de la Centrale est une victoire de classe : elle a été obtenue avec l’appui des travailleurs du Port, des docks, mais aussi des cheminots et de l’énergie qui avaient intérêt pour l’avenir de leurs propres emplois à refuser la fermeture.

    Organisés

    La lutte a payé aussi pour les agents RTM qui empêchaient il y a 20 ans, le tramway marseillais d’être confié au privé. 10 ans plus tard, ce sont 1 336 jours de lutte qui ont permis aux Fralib de mettre sur pied Scop-TI, leur entreprise de thé et d’infusions à Gémenos. Il y a 5 ans, c’était au tour des ouvriers du livre, au sortir d’une liquidation, de donner vie la coopérative de distribution de la presse CPMM qui diversifie aujourd’hui ses activités.

    D’autres victoires, sur le terrain judiciaire cette fois, ont été arrachées par des saisonniers de notre région, dont les droits étaient niés.

    Toutes et tous ont gagné grâce au collectif organisé dans leur syndicat CGT et à leur détermination.

    Comme le rappelle la citation de Bertolt Brecht à la Une de notre journal, chaque jour : « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

  • Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    « On fait un échange comme au collège ! » plaisante Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca, en montant les escaliers des locaux de Miramas ce jeudi 25 septembre. Le matin même, les travailleurs du rail visitaient les installations de la centrale de Gardanne. L’après-midi, retour à l’envoyeur. Alors que la contestation sociale bat son plein et que les syndicats sont accusés de toute part de bloquer le pays, les organisations des deux industries présentent un projet de chaîne logistique décarbonée entre le Grand Port maritime de Marseille et l’exploitation de GazelEnergie.

    Depuis le redémarrage de l’unité biomasse en avril 2022, près de 240 000 tonnes de biomasse (sur les 400 000 tonnes nécessaires au total) doivent être acheminées de l’international chaque année pour produire de l’électricité. « Aujourd’hui, GazelEnergie préfère le transit par camions, ce qui représente 100 camions par jour avec tout ce que ça incombe en termes de pollution, de détérioration et de surcharge du réseau routier, explique Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. La décarbonation ne passe pas que par la limitation des émissions du process, mais aussi par l’approche de nos intrants et leur acheminement. » Le syndicat revendique donc le retour de l’activité ferroviaire qui était en place jusqu’en 2019.

    Cette solution reposerait sur la voie ferrée Miramas/Aix-en-Provence via Rognac, qui servait autrefois à l’envoi de bauxite en direction de Pechiney, aujourd’hui Alteo, pour la production d’alumines. « Les infrastructures existent, mais jusqu’à quand ? demande Robin Matta. Il n’y a plus aucun train qui circule sur cette voie, qui est donc en péril. Pour nous, il y a urgence à maintenir un trafic sur cette ligne. Il y va de sa survie. Nous portons également un projet de développement en termes de service voyageurs pour partir de Miramas et aller à Aix en direct, sans avoir à passer par Marseille. »

    À moyen terme, la future activité de production de biométhane de la centrale de Gardanne pourrait également reposer sur le transport ferroviaire, évitant la circulation de vingt camions supplémentaires par jour.

    Un choix politique

    La CGT assure que cette solution n’engendrerait pas de coût supplémentaire en termes de travaux tout en pérennisant les emplois. « Pour la gare de triage de Miramas, ça nous permettrait de retrouver plus d’une cinquantaine d’emplois que nous avons perdus depuis 2019 », calcule Robin Matta. Du côté de la centrale, il s’agit d’assurer l’avenir des 27 salariés licenciés qui seront réembauchés dès le mois de décembre, selon les termes du protocole signé entre le syndicat et la direction.

    Le secrétaire CGT des cheminots Paca fait le lien avec la mobilisation sociale actuelle : « Nous voulons produire, c’est ce que nous disons aux services de l’État et à nos entreprises : il faut arrêter de liquider nos outils industriels. Sans appareil productif, nous ne pourrons pas régler nos problèmes de financement de notre sécurité sociale, de nos services publics ou d’augmentations salariales. Il s’agit d’investissements et de choix politiques. »

  • Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs débrayent à l’appel de la fédération CGT des cheminots ce mercredi 24 septembre. Une date « qu’on ne sort pas du chapeau », affirme Rémi Hours. C’est le jour où doit se tenir la deuxième table ronde sur la prime de travail des agents de conduite de la SNCF. « Ça fait des années qu’on discute avec la direction sur ces sujets-là sans que ça aboutisse, poursuit le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille. On demande à ce que cette prime de traction soit pérenne, avec une base garantie pour l’ensemble des personnels et une part variable. »

    Actuellement, « les conducteurs ont un traitement de base assez faible compte tenu de leurs qualifications, et en fonction de ce qu’ils produisent (le nombre de kilomètres, de trains différents, leurs particularités), ils obtiennent une prime de traction ». Un mode de calcul « imaginé il y a trente ans » qui concerne plus de 15 000 salariés et qui mérite d’être réajusté vu la mutation du système ferroviaire, selon le syndicaliste.

    « C’est un vrai sujet pour la SNCF parce qu’on est un des métiers de l’entreprise en tension, affirme Rémi Hours. Le poste est de moins en moins attractif : il n’y a plus de statut pour les personnes embauchées depuis 2021, elles relèvent du privé, ont la retraite à 64 ans et ne sont jamais chez elles. »

    Après les journées de mobilisation du 10 et du 18 septembre, la CGT n’attend pas un mouvement massif, même si des perturbations sont à craindre. « On a relancé l’appel vendredi pour demain, donc le délai est serré, explique le secrétaire général. Ça ne veut pas dire que les conducteurs sont pas sensibilisés et qu’ils ne sont pas prêts, si besoin est, d’aller sur une grève longue et dure. »

  • Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Il faut savoir dire stop ! Stop à l’injustice sociale, stop au non-respect du vote du peuple, stop aux centaines de milliards qui sont versés aux entreprises sans contreparties ! Stop à m’ment donné ! » Devant le Mucem à Marseille, Stéphane Martins De Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, donne le ton de l’état d’esprit des manifestants qui battent le pavé marseillais ce 18 septembre.

    À ses côtés, les travailleurs de la métallurgie des usines du bassin de l’Étang de Berre allument une myriade de fumigènes. Devant lui, des milliers de chasubles rouges estampillés CGT marchent d’un pas déterminé. En fond, on aperçoit à peine le camion avec ballon de la FSU et à l’autre bout du port, des manifestants attendent encore leur tour avant de prendre le départ. Le Vieux-Port est plein à craquer. C’est dire l’ampleur du cortège, au niveau des plus grosses manifestations contre la réforme des retraites. Et tous dénoncent avec force les politiques libérales. « On se bat pour obtenir de nouveaux conquis sociaux, pas en perdre comme on le subit année après année depuis trop longtemps. La retraite doit revenir à 60 ans », tonne Stéphane Martins De Araujo. Avant de développer sur la réalité des conditions de travail des ouvriers : « Entre la pénibilité et l’exposition à plusieurs produits nocifs, on a une explosion des maladies professionnelles, année après année. Travailler à 64 ans dans ces conditions, c’est impossible. »

    La retraite toujours dans les têtes

    Il fait également le lien avec les débats autour du budget : « C’est ahurissant, on ne peut pas donner des millions d’euros à un milliardaire et lui laisser la main sur l’industrie française qui s’en sert pour de la casse sociale ! » Des propos qui font écho aux messages inscrits sur les pancartes des manifestants : « Toujours les mêmes qui subissent : les travailleurs pauvres et de la classe moyenne », « Taxons les super riches et leurs super profits pour l’école et la santé » ou encore « Plus rien à traire ici ». Cette demande unanime de justice fiscale est sans doute symbolisée par le refus toujours aussi prégnant de la réforme des retraites et son passage de l’âge de départ à 64 ans. « Il faut une rupture complète des politiques menées. L’abrogation de la réforme des retraites ne serait pas que symbolique, mais ça montrerait un changement radical. C’est la première mesure d’urgence à prendre. Depuis 2023, une majorité de la population est toujours hostile à cette réforme », insiste Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca.

    Entre le combat syndical de 2023 et aujourd’hui, le lien est tout trouvé : « Ce 18 septembre, les travailleurs se mobilisent massivement. À des niveaux qu’on n’a pas vus depuis des années, au moins depuis les mobilisations contre cette réforme. » Avis partagé par Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui évoque « une grève massive dans les établissements scolaires et les services publics ». « Il y a un monde fou dans les rues aujourd’hui, plus que le 10. Ça montre que la population veut une autre politique, sans budget d’austérité. Et on a des propositions pour un budget qui finance les services publics, l’abrogation de la réforme des retraites », développe le syndicaliste.

    Encore plus fort que le 10

    Plus de monde que le 10 ? Tout le monde s’accorde pour le dire, comme un signe que la colère sociale s’enracine profondément. Dans les cortèges, on retrouve la même fougue de la jeunesse qui s’y était exprimée tout en ajoutant une présence massive d’une grande diversité de travailleurs du public comme du privé. Les ouvriers CGT de Coca-Cola des Pennes-Mirabeau, les travailleurs des autoroutes du Sud de Vinci, de Technicatom, les cheminots, des travailleurs du BTP ou de la logistique, les dockers et agents portuaires du Grand port Maritime… « 48 milliards d’euros d’économies ou 38, on n’en veut pas ! Les travailleurs se mobilisent contre les politiques de casse sociale. On veut que les choix politiques permettent de vivre et travailler dignement », tonne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Si elle juge la mobilisation réussie, son organisation planche déjà sur la suite, au niveau national comme départemental. « On construit la suite du rapport de force. La journée du 9 octobre sera départementalisée, c’est en lien avec le budget de la sécurité sociale », explique la syndicaliste. Le combat ne fait donc que commencer pour les militants.

    Sur tout le territoire, une déferlante populaire a battu le pavé, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var , le Vaucluse ou encore l’Occitanie. Nos reporters étaient dans la manifestation.

    A Avignon, Marseille à Montpellier.

    A Béziers !

    A Toulon