Tag: Cheminots

  • En grève, les cheminots relèvent la tête à Marseille

    En grève, les cheminots relèvent la tête à Marseille

    « Louverture à la concurrence, c’est le contribuable qui la paie ! Quand certains demandent la venue du privé, il faut leur dire que ce sont les citoyens qui paient son arrivée. » En gare Saint-Charles, ce mercredi, Rémy Hours, secrétaire général de la CGT Cheminots Marseille alerte usagers et citoyens sur une situation ubuesque au sein de la SNCF. Devant plusieurs dizaines de travailleurs du rail, il tempête : « La SNCF dégage des bénéfices, l’État les récupère et l’utilise pour financer des opérateurs privés qui arrivent les mains dans les poches sur le réseau opéré par la SNCF ! » En grève à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, CFDT et SUD), les cheminots affichent leur colère contre un ensemble de réorganisations au sein de l’entreprise historique du ferroviaire français. Et surtout une politique qui va à l’encontre de tout bon sens : « On est dans une logique de faire du fric en dehors de toute logique. Et sûrement pas pour répondre aux besoins des usagers. » Le syndicaliste développe : « Il y a un éclatement de l’entreprise, dont on voit malheureusement les conséquences aujourd’hui. Il y a des cheminots qui ne voient plus d’avenir avec les restructurations, des métiers qui disparaissent… »

    Le symbole de cette SNCF à contre-sens est évidemment l’ouverture à la concurrence à tous les niveaux. Et notamment avec la création de filiales pour répondre aux appels d’offres dans ce cadre. Les cheminots marseillais en connaissent d’ailleurs un rayon puisque la Région Sud a été la première à expérimenter cette ouverture. Avec encore récemment un lot de lignes de Trains express régionaux (TER) concerné : « Sur le troisième lot, celui Est Provence Alpes, ouvert à la concurrence, dont l’appel d’offres a été gagné par la SNCF le mois dernier : ils annoncent 30% d’augmentation de trafic mais à quel prix ? Et au lieu d’y aller en tant que service public, l’entreprise y va avec une société dédiée de droit privé via une filiale. Je ne sais pas qui gagne de l’argent là-dedans, mais ce n’est ni l’usager ni le cheminot. » Autre exemple au niveau national pour le TGV : « On ouvre les sillons à des entreprises étrangères, comme la Renfe, qui choisissent les sillons où ils viennent s’installer, avec des remises sur les péages. Et c’est même le fonds de concours de la SNCF qui soutient leur déficit ! » Si la CGT insiste sur le coût pour le contribuable, l’organisation pointe aussi le non-sens pour la réponse aux besoins des usagers. « Quand on fait grève, certains pensent que c’est pour garder des avantages. Non, si on est en grève c’est pour le service public, qu’il soit de qualité », martèle Rémy Hours.

    Un coût social dramatique

    Les cheminots alertent aussi sur le coût social de la situation. « L’éclatement du corps social de l’entreprise est un drame social. Le marqueur de la détresse cheminote est le nombre de suicides : 13 depuis le début de l’année, c’est du jamais vu, jusqu’où va-t-on aller ? », s’alarme le secrétaire général. Il énumère : « Perte de repères, perte de sens au travail, isolement, inquiétude. » Et avec un exemple parlant : « Quand on demande ce qu’il se passe pour ceux qui sont concernés par les lignes qui ont des appels d’offres, il n’y a que des points d’interrogation ! » En tout cas, les cheminots espèrent un changement de direction.

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    C’est une mobilisation à la hauteur de la gravité de la situation et de l’état d’urgence au sein de l’entreprise publique SNCF. Aujourd’hui, les cheminotes et cheminots sont en grève de 24 heures à l’appel de l’ensemble des fédérations syndicales : la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, SUD Rail et la CFDT Cheminots. Du jamais vu depuis la fin de l’année 2024.

    Ce mouvement sera massivement suivi d’après les remontées du terrain. Sans préjuger de la suite, la colère de « ceux qui font le fer » pourrait encore s’exprimer si le PDG de la SNCF, l’ancien Premier ministre Jean Castex, ne revient pas à la table des négociations avec des engagements concrets. Dont l’arrêt immédiat des réorganisations en série et un moratoire sur celles-ci. C’est la principale revendication de l’intersyndicale. Elle est cardinale car le démantèlement du service public ferroviaire a des conséquences délétères sur les travailleurs et les usagers du train. Les créations de filiales, la destruction de fret SNCF, atomisent l’unicité de la SNCF.

    Perte de sens

    La plus dramatique des conséquences est la perte de sens du métier, la disparition de collectifs de travail. Depuis le début de l’année 13 cheminots ont mis fin à leurs jours. L’un d’eux s’est jeté sous un TER dans l’Hérault, le 27 avril. Deux suicides ont eu lieu depuis. Il faut arrêter le massacre.

    Pour les usagers, la politique ferroviaire est illisible et le maintien d’un maillage fin des territoires avec des réouvertures et créations de lignes doit être une priorité. Pour cela, il faut des cheminots et travailler avec les collectivités locales, notamment les Régions.

    En tirant le signal d’alarme, les cheminots défendent le service public ferroviaire.

  • [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    La Marseillaise : Vous appelez les cheminots à la grève, ce mercredi 10 juin, avec un mouvement unitaire. Quel a été le déclencheur ?

    Romain Pitelet : Nous observons une dégradation de plus en plus visible de la situation sociale et sanitaire de l’ensemble des cheminots à la SNCF. Depuis plusieurs années, ils subissent des réorganisations importantes, des déstructurations des collectifs de travail, une diminution de plus en plus forte des moyens. Cela amène à des tensions, auxquelles s’ajoute le désengagement de l’État sur la question du ferroviaire. Et il y a la question de l’ouverture à la concurrence, de la filialisation, du transfert de personnels, qui sont des épreuves pour les salariés. Cela amène à un climat de souffrance extrêmement fort, qui dure depuis plusieurs mois. Au fil des combats locaux, des mobilisations de proximité, que ce soit pour défendre une gare, une ligne, des emplois, des conditions de travail, petit à petit, il y a une colère qui monte de plus en plus, partagée par l’ensemble des organisations syndicales qui, depuis des mois, interpellent la direction de la SNCF. À cette heure, le peu de réponses apportées ne suffisent pas à régler la situation. Nous sommes dans un état d’urgence sanitaire extrêmement préoccupant.

    Comment se manifeste cette urgence sanitaire au quotidien ?

    R.P. : Cela s’exprime de la manière la plus dramatique. Le sujet des suicides a fait la Une de l’actualité [douze suicides de cheminots ont été recensés en quatre mois au début de l’année, Ndlr.], mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La situation est grave aussi bien chez les employés, les ouvriers, les agents de maîtrise, que chez les cadres, y compris supérieurs. Nous ne nous retrouvons plus dans la politique menée dans l’entreprise SNCF et, plus globalement, dans l’ensemble des entreprises de la branche ferroviaire. Les statistiques internes montrent une hausse des arrêts de travail, une hausse des risques psychosociaux, une augmentation des burn-out… De nombreux cheminots, y compris de l’encadrement, viennent nous voir et font état de situations totalement folles dans leur quotidien, ils font et défont leur travail en permanence, ou sont placardisés… Nous sommes dans une situation qui rappelle les processus qui ont eu lieu dans d’autres entreprises, qui ont amené à des drames. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous avons alerté à de multiples reprises la direction de la SNCF sur des mesures d’urgence, avec un moratoire sur l’ensemble de ces réorganisations, l’arrêt de la concurrence. Et il y a la question salariale, exacerbée par le retard de paiement du travail des cheminots depuis plusieurs années, pas à la hauteur de la reconnaissance de leurs qualifications.

    Pourquoi la SNCF pousse-t-elle ces réorganisations ?

    R.P. : La plupart du temps, il s’agit d’accroître la productivité non pas pour améliorer le service – on voit le service public se dégrader – mais pour une raison simple : la SNCF se met en disposition pour pouvoir répondre à des appels d’offres. Donc il faut saucissonner, étanchéifier un certain nombre de sujets de production et pressurer les cheminots pour qu’il y ait des bénéfices sortis. Le système libéral amène jusqu’à tenter de sacrifier un certain nombre de sujets de sécurité, un élément fondamental du métier de cheminot.

    Quels sont ces risques pour la sécurité ?

    R.P. : Cela peut-être des sujets réglementaires : essayer de rogner des repos, allonger de manière forcée le temps de travail, rogner sur la question de la formation professionnelle. Nous embauchons beaucoup à la SNCF, mais conduire des trains, entretenir des voies, faire un poste d’aiguillage, être sur les quais demande une connaissance très fine du milieu ferroviaire. C’est un milieu dangereux et donc il faut une formation extrêmement solide. Les signes envoyés vont en permanence vers un rabougrissement de cette formation, pour des questions de coûts. On le voit dans toutes les entreprises du ferroviaire, avec des tentatives de formations de conducteurs en cinq mois, alors que notre critère, ce sont des formations de douze mois. C’est extrêmement dangereux pour la cohérence de l’ensemble du système.

    Vous parliez de l’ouverture à la concurrence du rail. Quelles conséquences observez-vous ?

    R.P. : Il y a le sujet de la gabegie financière. Le comité central d’entreprise a diligenté une expertise sur les surcoûts de la concurrence. Ce document a bousculé le gouvernement et les directions d’entreprises parce qu’il montre un système absurde de mise en concurrence dans un système qui doit être intégré. Oui, la concurrence coûte plus cher que de maintenir une entreprise publique intégrée. Le deuxième aspect, c’est sur la qualité du service : en rabougrissant les moyens, on ferme une gare, des dessertes, on met en danger des lignes qui pourraient faire circuler des trains. Dans le centre de la France, autour de Limoges, les associations d’usagers, avec la CGT cheminots, font de multiples initiatives parce que, bientôt, il n’y aura plus de train dans le Limousin. Et il y a le quotidien, le prix du billet qui s’envole parce qu’il faut que la machine à cash fonctionne à plein, que ce soit à la SNCF ou pour les autres entreprises. On pressure les cheminots sur les droits, on pressure les autres usagers en baissant du service : c’est ça la réalité de la concurrence.

    Il y avait déjà eu des mobilisations nationales pour le fret ferroviaire. Où en sommes-nous ?

    R.P. : Nous alertons jusqu’à la direction de la SNCF parce que nous avons des possibilités de reprendre un certain nombre de trafics, voire d’en créer de nouveaux, mais la direction de Rail et logistique Europe, l’antenne fret de la SNCF, ne se positionne pas dessus. Il faut du sérieux, les enjeux environnementaux sont importants. La bataille continue aussi sur les sites, pour le maintien des triages, des wagons, des locomotives, qu’on ne brade pas cet outil indispensable.

    Quelle mobilisation attendez-vous pour le 10 juin ?

    R.P. : Nous attendons une forte mobilisation parce qu’elle est unitaire. Les quatre organisations syndicales ont pris leurs responsabilités et il faudra qu’elles le fassent après les annonces que pourrait faire le président de la SNCF, Jean Castex. On sent une température qui monte, les initiatives, les appels locaux, complétés par les appels unitaires au niveau national créent un climat de conflit qui s’annonce extrêmement fort. Nous appelons la direction de la SNCF à nous recevoir le plus rapidement possible pour que nous puissions avoir de réelles négociations. Sur les points portés par les organisations syndicales, nous avons des propositions, nous sommes ouverts à la discussion et nous pouvons avancer rapidement sur un certain nombre de sujets, pour régler la situation.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table ?

    R.P. : Sur les questions de salaires, on ne peut pas se contenter de primes. Il y a aussi les questions de formation, du maintien des droits des cheminots qui sont transférés, et le maintien de l’unicité de l’entreprise qui doit perdurer. C’est un outil public dont on va tous avoir de plus en plus besoin dans les années à venir. Nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir, contrairement à ce que certains veulent faire. Mais, aujourd’hui, l’urgence, c’est la situation sanitaire des cheminots, leurs conditions de travail, que l’on remette le sens du travail au cœur des discussions.

  • Les cheminots de la Blancarde décrochent des garanties

    Les cheminots de la Blancarde décrochent des garanties

    Alors qu’un préavis de grève avait été déposé pour le vendredi 5 juin par les cheminots du dépôt de la Blancarde (lire notre édition du 4/06), une rencontre a eu lieu, ce jeudi, entre la CGT Cheminots de Marseille et la direction régionale de la SNCF. Ces derniers exigeaient notamment la fin des externalisations et s’opposaient à la suppression de cinq postes dans la région.

    À l’issue de cette rencontre, la CGT se déclare satisfaite. « Ça s’est très bien passé », affirme Renaud Darbas, représentant du syndicat : « On a eu plusieurs garanties de la part de la direction, notamment concernant les suppressions de postes prévues, qui n’auront finalement pas lieu. Un calendrier de discussion a d’ailleurs été établi pour discuter des conditions de travail et de l’arrivée de la nouvelle filiale. »

    Renaud Darbas précise que le dialogue et les mesures prises par la direction suffisent aujourd’hui à temporiser la situation : « La direction a entendu les revendications locales des cheminots », un point essentiel selon lui. Contactée par La Marseillaise, la direction indique ne pas souhaiter faire de commentaire.

    Grève nationale le 10 juin

    La CGT Cheminots s’est également réunie, jeudi, en assemblée générale, pour discuter de la marche à suivre en vue de la levée de ce préavis. « Aujourd’hui, on suspend le préavis local, mais on rentre complètement dans la mobilisation du 10 juin », assure Renaud Darbas. Les cheminots de la Blancarde se joignent donc au mouvement de grève national de mercredi, lancé sur l’ensemble du territoire par Sud Rail, la CGT, l’Unsa et la CFDT.

    Maéna Guérin

  • La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    « Tous ensemble nous ne lâcherons rien ! », peut-on lire sur l’affiche qui annonce la grève des cheminots de la Blancarde. Ce vendredi 5 juin, le rendez-vous est donné à 8h par le syndicat CGT Cheminots de Marseille. Les revendications des travailleurs tournent autour de plusieurs points : la reconnaissance des instances représentatives du personnel et l’arrêt des externalisations. Des remaniements prévus qui devraient entraîner la suppression de cinq postes selon le syndicat. C’est la première fois depuis 11 ans que les travailleurs de la Blancarde se mobilisent. Ce rassemblement fait suite à un manque de considération, estiment-ils. « La direction a toujours su faire un pas vers nous, mais aujourd’hui ça bloque. Plusieurs discussions n’ont mené à rien », déplore Renaud Darbas, représentant du syndicat CGT des cheminots.

    Un mouvement de grève national est prévu mercredi 10 juin sur l’ensemble du territoire français, lancé par SUD Rail, la CGT, l’Unsa et la CFDT. Les cheminots de la région Paca ont prévu de se mobiliser à cette occasion. « On est complètement investis dans la grève du 10 juin », précise Renaud Darbas, « mais aujourd’hui on estime que nos revendications sont locales, d’où notre mobilisation le 5 juin ».

    Une grève nationale

    Une rencontre entre une délégation des cheminots et la Direction régionale de la SNCF, est néanmoins prévue ce jeudi 4 juin. De son côté, la SNCF considère qu’il s’agit d’un « dialogue social en interne » et ne souhaite pas le commenter. Pour autant, le mouvement « la circulation des trains ne sera pas perturbée vendredi », selon la direction.

    Maéna Guérin

  • Le monument des cheminots rénové à Avignon

    Le monument des cheminots rénové à Avignon

    Une réhabilitation réalisée grâce à la collaboration entre la SNCF, la CGT Cheminots et l’Institut d’histoire sociale (IHS) de la CGT. « Cela perpétue la mémoire des anciens qui luttaient contre les nazis et le régime fasciste français », glisse Pierre Chotard, de l’IHS. « Que les cheminots d’aujourd’hui puissent connaître l’histoire et la transmettre n’est pas anodin. En cette journée, l’inauguration prend tout son sens », abonde Delphine Couzi, directrice régionale TER Paca.

  • Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Le Casi des cheminots de Paca est à l’initiative de ce documentaire, réalisé en pleine ouverture du service public ferroviaire à la concurrence. Un film qui s’adresse au grand public. « Une occasion de porter un autre regard sur le monde cheminot face à ce bouleversement et de comprendre l’attachement de ces hommes et de ses femmes à leur entreprise et à leur mission de service public », présente Sébastien Gronnier, secrétaire du Casi.

    En proie à un démantèlement, la grande famille du rail se dit en souffrance. « La concurrence, la filialisation, les transferts de personnels, les horizons bouchés, les réorganisations, y compris dans des établissements qui ne sont pas soumis à des transferts, ce sont de vrais chocs pour les cheminots, a déclaré Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT Cheminots. On en est à treize cas de suicide depuis quelques mois. » Une situation si préoccupante qu’elle a poussé les quatre syndicats de la SNCF à lancer, mercredi 6 mai dernier, un appel unitaire à la grève pour le mercredi 10 juin prochain afin d’exiger un moratoire.

    Le service public sacrifié

    à la rentabilité

    Les syndicats cheminots ont dénoncé le manque d’investissements dans l’outil ferroviaire depuis des années, de même que le découpage de la SNCF en plusieurs entités. Aujourd’hui, la vétusté des rails et des rames fait partie des arguments avancés par l’ex-Premier ministre Jean Castex, devenu PDG de la SNCF, et par Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, pionnier de cette ouverture à la concurrence, tablant sur l’effet d’aubaine des Jeux olympiques d’hiver pour moderniser des lignes (lire notre édition du 7/05)… qui devront être rentables.

    Mais le service public échappe par définition à toute considération de rentabilité. Un moratoire serait donc l’occasion pour la population « d’avoir toutes les cartes en main pour se faire une opinion sur ce choix politique, précise le secrétaire du Casi. L’ouverture à la concurrence est une vraie bataille des idées. » L’organisation de cheminots a déjà publié une BD sur la privatisation de la SNCF, suivie d’un livre qui collecte des témoignages sur le passage au système concurrentiel. Dans la lignée, le film affiche cette visée didactique. Le grand public est la cible de ce documentaire, dont le parti pris est de focaliser sur le vécu humain et non l’aspect économique des réorganisations de la SNCF.

    On s’y écarte des prises de paroles syndicales pour se fixer sur « des témoignages de cheminots, des hommes et des femmes qui ont fait le train hier et qui le feront demain. Ce sont les mêmes, passés du public aux mains du privé, confrontés à un manque de moyens, une perte de sens. Car pour répondre à un appel d’offres, il faut baisser la facture, donc rogner sur la sécurité et les conditions de travail », résume Sébastien Gronnier. L’Angleterre en a déjà fait les frais. Ici, c’est le rapport de ces cheminots à leur travail qui est exploré, « comment ils vivent et ressentent ces bouleversements. Comment, au guichet, ce qui se faisait à deux est demandé à un seul… ». Dans la salle, le processus de libre concurrence trouve un autre éclairage : « Les gens réagissent et disent que ce schéma a conduit également à une baisse de qualité de service à La Poste ou à EDF. »

    Le documentaire continue son chemin à la rencontre du public. Draguignan était la douzième projection du film depuis le début de l’année. Sept autres suivront avant l’été et le documentaire sera disponible sur les plateformes après la période estivale.

    Prochaines séances : le 18 mai
    à Mandelieu-la-Napoule lors
    du festival Visions sociales (06),
    le 21
     mai à Tregunc (29), le 26 mai à Rouen (76) et à Chambéry (73), le 27 mai à Caen (14), le 10 juin
    à Lille (59) et le 12 juin
    à Annecy (74).

  • [Entretien] Mike d’Inca : « Je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour faire quelque chose de positif »

    [Entretien] Mike d’Inca : « Je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour faire quelque chose de positif »

    La Marseillaise : Comment la participation du collectif Ensemble au concert organisé par le Casi Cheminots Paca s’est-elle faite ?

    Mike d’Inca : J’ai déjà participé avec Sinsemilia à ce type de concert organisé par le Casi Cheminots Paca il y a trois ans. C’est un super souvenir et nous avons donc gardé des liens avec l’organisation depuis. En parallèle est né ce nouveau projet, Ensemble, qui rassemble sur scène deux chanteurs de Sinsemilia, deux membres historiques de Tryo, Vanupié, des musiciens de Sergent Garcia… Je me suis dit que ça aurait exactement sa place dans cet événement du Casi Cheminot, qui a directement accepté que l’on participe.

    Comment Ensemble est-il né ?

    M.d’I : Depuis des années, on voulait tous se rassembler sur une même scène. On est des amis qui se croisent depuis des années en festivals, mais on a peu fait de choses ensemble. Donc on a eu une occasion de concert et ça a commencé comme ça ! Là, ça va être notre deuxième date ensemble. Ce qui est bien c’est que nous, on se fait plaisir, mais je pense qu’on fait plaisir à un public aussi, pour qui Tryo, Sinsemilia, ça rappelle l’adolescence, la jeunesse. C’est un vrai moment de partage. On sera quand même dix sur scène ! On ne voulait pas un enchaînement de chanteurs qui viennent chanter leurs titres. C’est pour ça qu’on a appelé ce collectif Ensemble. On est tous ensemble sur scène à s’amuser sur les chansons des uns et des autres.

    Quelle importance pour vous de participer à un concert qui prône
    les valeurs de paix, d’humanité
    et de solidarité
     ? Quel lien avec votre collectif ?

    M. d’I : C’est un événement qui prône des valeurs essentielles, qui correspondent parfaitement à l’état d’esprit de ce qu’on a tous fait dans nos carrières depuis des années, à notre façon, c’est-à-dire à travers des chansons. C’était une évidence que ça collait en termes de valeurs. Je sais qu’on va se sentir bien au milieu de cette ambiance-là. Et on sait aussi que ce qu’on vient exprimer sur scène correspond complètement à ce que eux veulent exprimer dans leur événement. Et puis, cet événement est fait par les cheminots, et en partie pour eux, ils y ont un accès gratuit. En plus de ça, il y a quand même plus de 1 200 places ouvertes au public à des tarifs très réduits. Donc c’est un événement très populaire !

    L’art doit-il être politisé ? Quelle place tient l’engagement dans
    votre musique ?

    M.d’I : Je ne pense pas qu’un artiste ait l’obligation de faire de la scène un lieu d’engagement, mais par contre, nous, on l’utilise pour exprimer des choses. J’ai besoin qu’il y ait du sens dans ce qu’on fait, je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour en faire quelque chose de positif au-delà juste de faire un spectacle pour gagner ma vie. Il faut que ça aille plus loin. On a bien conscience qu’on ne va pas sauver le monde avec nos chansons, mais pour autant, on sait que ça ne sert pas à rien. L’expérience nous a montré qu’on peut sensibiliser les gens sur des sujets, qu’on peut rassurer aussi, montrer qu’on n’est pas isolé, seul dans son coin, qu’on est nombreux à partager des valeurs humanistes. On est dans une période où les clivages entre les gens se font de plus en plus forts, de plus en plus prononcés. Donc chaque fois qu’il est possible de rassembler, il faut le faire. Sur scène, on peut créer du positif, en passant un moment chaleureux, en créant une unité. On en a tous besoin de joie dans nos vies. C’est comme arroser une plante, il en faut pour mieux avancer, pour mieux pousser, et encore plus en ce moment. Parce que quelqu’un qui reprend un peu de sourire, il le transmettra un peu le lendemain. Et puis ensuite, si dans nos chansons, on peut exprimer des opinions qui peuvent permettre à certains, peut-être, de regarder certaines choses sous un autre angle, ça nous va aussi.

    Vous parlez de rassembler les gens, votre collectif s’appelle Ensemble. Quelle importance accordez-vous
    à l’unité dans la période actuelle ?

    M.d’I : Le rassemblement c’est un des fondements du collectif : on est en train d’écrire un premier morceau, inédit, qui commence par : « La beauté du plaisir se vit dans son partage. » C’est une chose à laquelle on croit. Le partage de moments, le partage de valeurs, c’est exactement ça qui rend les choses belles. On est dans une société qui pousse à individualiser tous les débats, toutes les causes. Mais l’individualité, ça a vite ses limites. On fonctionne mieux ensemble, en ayant conscience que globalement, nos destins sont liés. Par exemple, dans une conférence, il avait été dit qu’à une époque, on parlait des « travailleurs ». Aujourd’hui, on ne dit plus ça, on dit soit les fonctionnaires, soit les artisans, soit les ouvriers. On a divisé en différentes petites cases les travailleurs, qui pourtant sont globalement dans le même bateau. On individualise alors que la solution, elle ne peut être que collective.

    Musicalement, qu’est-ce que votre registre, le reggae, dit de tout ça ?
    Que permet ce genre musical
     ?

    M.d’I : Chez Sinsemilia, on n’aurait jamais fait de musique s’il n’y avait pas eu de reggae. C’était la passion de notre adolescence. Il y a eu un coup de cœur à la fois sur le côté musical, mais aussi sur ce que cette musique exprime, très souvent, dans ses textes, les valeurs qui y sont transmises. Par exemple, dans l’œuvre de Bob Marley, un morceau comme Get Up, Stand Up, est un exemple du courant de militantisme pour l’égalité des droits pour tous et de son approche pacifiste, mais pas à n’importe quel prix. Cette notion-là est très importante dans le reggae, celle de combat pour l’égalité des droits et de combat pour la paix, et l’unité. C’est ce que nous, aujourd’hui, on cherche à transmettre, et on a vraiment hâte du 3 avril, de revivre sur scène ce que l’on a vécu il y a quelques mois.

  • Paix, humanité et solidarité en musique à Aix-en-Provence

    Paix, humanité et solidarité en musique à Aix-en-Provence

    La 6e édition du concert pour la Paix, l’Humanité et la Solidarité, programmée le 3 avril au 6MIC à Aix-en-Provence, affiche complet depuis plus d’un mois. Cet événement est porté par le Casi cheminots Paca (comité d’activités sociales inter-entreprises). « Je pense que c’est lié à l’évolution de l’événement, en termes de communication et d’artistes qui se produisent », analyse le secrétaire de la structure, Sébastien Gronnier.

    Cette année, la programmation repose sur le collectif « Ensemble » qui réunit plusieurs artistes engagés. Une formule qui attire un public élargi grâce aux réseaux de chacun. Pour seulement 10 euros en prévente, les spectateurs pourront assister aux performances de Mike et Riké (Sinsemilia), Guizmo et Manu (Tryo), Vanupié et HK. En première partie, DJ Mike, artiste amateur issu du milieu cheminot, ouvrira la soirée. « Notre concert est un ovni dans le paysage culturel, souligne Sébastien Gronnier. Et ce collectif, qui vient de se créer, l’est tout autant. Les gens viennent aussi pour découvrir quelque chose de différent. »

    Réunir des acteurs de la solidarité

    « L’idée, c’est de réunir en un même lieu des acteurs de la solidarité avec lesquels nous travaillons depuis de nombreuses années », détaille Sébastien Gronnier. Parmi eux : SOS Méditerranée, le Secours populaire français, le Mouvement de la paix et l’Orphelinat national des chemins de fer de France (ONCF). Avant le concert, à 17h30, un débat est organisé, d’abord exclusivement réservé aux cheminots, autour de thématiques de paix, d’humanité et de solidarité. L’objectif est de faire connaître ces associations et d’encourager l’engagement. Puis, les artistes viennent participer à ces échanges, notamment sur la place de la culture et de l’éducation populaire.

    « On attend un rayonnement post-concert, une prise de conscience que d’autres choses sont possibles », insiste le secrétaire du Casi. Un village associatif prendra place dans le hall du 6MIC afin de permettre au public d’échanger directement avec les structures présentes. « Il faut apporter de l’espoir, semer des petites graines dans une période un peu anxiogène », ajoute-t-il.

    « L’objectif n’est pas d’être rentable »

    Mettre en place un tel événement demande du temps. « C’est un travail qui dure environ un an », précise Sébastien Gronnier. La principale difficulté reste la recherche d’artiste en adéquation avec les valeurs portées. « Il faut qu’ils sachent pourquoi ils jouent. Or, rares sont ceux prêts à s’afficher sur ce type de thématiques, notamment la paix. » À l’inverse, les partenariats avec les associations sont plus simples, car ils s’inscrivent dans la durée.

    Le choix de proposer des places à prix réduit relève aussi d’une volonté assumée : sortir d’une logique purement commerciale. « On n’est pas à perte, mais l’objectif n’est pas d’être rentable », insiste-t-il. Les recettes seront d’ailleurs divisées entre les quatre associations partenaires. « Tous ceux qui achètent un billet sont aussi acteurs de la solidarité », apprécie l’organisateur.

    Parler paix dans un monde en guerre

    Dans un contexte international marqué par les conflits, le message peut surprendre ou paraître « illusoire », pour reprendre la formule de Sébastien Gronnier. « Quand on dit qu’on organise un concert pour la paix alors que les médias parlent essentiellement de guerre, ça fait parfois un peu sourire », reconnaît-il.

    Mais pour lui la démarche est essentielle : « La paix ne se résume pas à l’absence de guerre, c’est quelque chose qui se cultive au quotidien. Nous, on n’a pas attendu qu’il y ait une guerre, notre premier concert était en 2020, on ne parlait pas aussi fréquemment et aussi durement des conflits qu’il y a actuellement au Moyen-Orient ou en Ukraine, pour les plus récents. » Se rassembler, échanger, créer du lien : autant d’actions qui participent, selon lui, à construire une culture de la paix. « Même si un jour il n’y a plus de guerre, on continuera à parler de paix », assure le secrétaire du Casi.

    Pour cette édition, près de 500 cheminots sont invités. Et au-delà du succès immédiat, l’objectif reste le même : « On espère voir aussi des jeunes, et donner envie à d’autres initiatives de se créer, en dehors d’une logique purement capitaliste », conclut-il.