Tag: Cheminots

  • De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    C’est une ligne qui longe l’une des plus belles côtes de Méditerranée. Sur près de 32 km, le train de la Côte Bleue offre un panorama exceptionnel entre calanques aux eaux turquoise, viaducs et petits ports, en passant notamment par l’Estaque, Niolon, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, mais aussi Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres et Miramas.

    L’été, sa fréquentation explose. Sur les mois estivaux, l’augmentation atteint 66% en 2024 et 52% en 2025, d’après les chiffres de la Région Sud. L’an dernier, au mois d’août, 2,9 millions de voyageurs ont emprunté le TER. Ils étaient 1,5 million en janvier, soit une progression proche des +100%. « Le plan de transport est adapté en période estivale, avec deux trains supplémentaires dans le sens Marseille-Miramas le matin, deux trains en plus le week-end, mais aussi un renfort de capacité pour le retour des plages l’après-midi », détaille la collectivité.

    La CGT plaide pour plus de moyens humains. « La première revendication c’est de remettre du personnel dans les gares pour rouvrir des guichets, qui ont quasiment tous été supprimés depuis trois ans, appuie Christophe Morard, secrétaire général des cheminots de Miramas. On a des équipes mobiles qui vont d’une gare à l’autre, mais c’est pas suffisant, surtout l’été. Avant-hier, une personne s’est fait écraser à Istres, la circulation a été coupée. Pour renseigner les voyageurs dans ces situations-là, c’est compliqué. »

    Un viaduc reconstruit

    Le TER ne fonctionne pas qu’au retour des beaux jours. « C’est une ligne du quotidien empruntée par de nombreux travailleurs », souligne l’élu syndical, qui estime que l’offre est « adaptée », bien que de gros travaux soient à prévoir.

    Entre 2020 et 2021, 35 millions d’euros ont été investis urgemment par les pouvoirs publics (dont 19 millions par la Région) pour régénérer 26 km de voies entre l’Estaque et Carry-le-Rouet, supprimer les ralentissements, et rétablir une desserte équivalente à celle de 2019 (2 TER par heure en pointe). En parallèle, SNCF Réseau a investi 11,4 millions d’euros supplémentaires pour sécuriser tunnels et versants rocheux. La modernisation se poursuit dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027, avec une nouvelle enveloppe de 48 millions d’euros financée à parts égales par l’État, la Région et la Métropole. D’ici 2030, environ 30 km de rails, de traverses et ballast devraient être renouvelés, les tunnels et les ouvrages d’art consolidés.

    « Situés en contrebas d’anciennes friches industrielles utilisant ou transformant des métaux lourds, les tunnels de Rio Tinto et des Riaux et le viaduc de Vauclair ont été dégradés par l’infiltration d’eaux pluviales polluées provenant de ces entreprises », explique SNCF Réseau, qui se donne l’objectif « d’empêcher la transmission de la pollution à l’intérieur des tunnels afin de garantir la pérennité des structures et de revenir à la vitesse nominale de 100 km/h (contre 40 km/h actuellement) sur le viaduc », qui sera entièrement démoli et reconstruit.

    Les travaux sont prévus à l’horizon 2028, pour environ deux ans. Compte tenu de leur ampleur, la ligne sera fermée temporairement. La concertation préalable, initialement prévue entre juin et juillet 2026, est envisagée à l’automne. Christophe Morard commente : « Ce chantier est une nécessité si on veut pas fermer la ligne. Il y a moins d’agents pour effectuer la maintenance classique, les problématiques sont remontées moins souvent, donc c’est sûr qu’on est toujours plus dans l’urgence que dans l’anticipation ».

  • La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    Le 19 juillet, un TGV Paris-Nice a été immobilisé près de la gare de Carnoules après une déformation de la voie ferrée provoquée par les fortes chaleurs. Les passagers ont été évacués sous l’encadrement d’agents de la SNCF, de gendarmes et pompiers, puis dirigés vers la gare de Carnoules. L’incendie de Taradeau a perturbé le trafic, compliquant la prise en charge.

    Après cet incident, la CGT des cheminots Paca dénonce, dans un communiqué, la fermeture de gare de Carnoules : « Une fois arrivés sur le parvis de la gare fermée et déserte, les voyageurs sont restés dehors sans aide. » Le syndicat évoque aussi un manque d’entretien des pistes le long des rails, pas « adaptées ». Sans « aucun moyen matériel pour cela, les agents ont réussi à accompagner les gens les plus en difficulté ». Une situation jugée « inacceptable ».

    Un incident « révélateur »

    Pour le syndicat, cet incident serait « révélateur » de la situation des infrastructures ferroviaires en Paca, mais aussi symptomatique de la « politique court-termiste » et de la concurrence entre les acteurs et compagnies ferroviaires. La CGT des cheminots reproche aux « dirigeants » de maintenir ce système concurrentiel « pour améliorer la situation économique et financière et non pas pour une amélioration du système ». Elle réclame une « entreprise SNCF unique et intégrée », avec « des moyens humains, matériels et financiers pour améliorer et développer le service public ferroviaire ».

  • Le droit aux vacances reste à conquérir

    Le droit aux vacances reste à conquérir

    C’est un anniversaire qui revêt une importance particulière. Le Front populaire fête ses 90 ans, dans un contexte où les attaques contre les droits des travailleurs et des travailleuses se multiplient. Le 10 avril dernier, un projet de loi visant à remettre en cause le caractère chômé du 1er mai était discuté à l’Assemblée nationale. En juin, Éric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes, déposait une nouvelle version de sa proposition de loi, véritable « remise en cause de la 5e semaine de congés payés », souligne Virginie Akliouat, secrétaire départementale de la FSU 13, venue participer au débat organisé par La Marseillaise en marge du Mondial des CSE Idélia, sur le thème « 1936-2026 : des congés payés au droit aux vacances pour tous ».

    Si 90 ans séparent ces deux dates, certaines similitudes sont frappantes. À commencer par « le bruit des bottes qui monte », note la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. À l’époque, le fascisme s’est emparé de l’Italie et de l’Allemagne. En France, le Parti franciste, les Jeunesses patriotes, l’Action française ou encore les Croix-de-Feu sévissent déjà.

    En 1934, le monde ouvrier se lève contre la menace. En 1936, la mobilisation aboutit à la victoire du projet de société porté par le Front populaire. « Ça a été possible par l’unité des travailleurs et des travailleuses, développe Sophie Binet. À l’époque, la CGT se réunifie. Il y a une démarche unitaire des forces de gauche, politiques et syndicales, pour lutter contre l’extrême droite. Le 2e ingrédient, c’est la mobilisation. Le seul vote des travailleurs et travailleuses et la seule victoire électorale du Front populaire n’auraient pas suffi. De grandes grèves ont permis d’aller beaucoup plus loin que ce qui avait été écrit dans le programme. »

    Les congés payés font partie de ces conquis qui ne figuraient pas dans les revendications des salariés, rappelle Anthony Juan, président de la CCAS (énergie). « À l’époque, les milieux populaires n’osaient même pas toucher cette question du doigt. Ils considéraient de fait que c’était réservé à la bourgeoisie. » Non programmée, la loi est tout de même adoptée à la Chambre des députés par 563 voix contre une le 11 juin 1936, puis promulguée neuf jours plus tard. À ce moment-là, « l’idée paraît révolutionnaire, mais la France avait du retard, précise-t-il. La dernière loi qui avait été votée à ce sujet-là date de 1909 et concernait le dimanche chômé non payé pour pouvoir aller à l’église. »

    Des mesures d’accompagnement

    Pour Anthony Juan, si cette loi donne l’accès au temps libre, « elle ne donne pas forcément l’accès aux congés payés ». « Une loi sans mesure d’accompagnement, ça ne suffit pas, affirme-t-il. À l’époque, Léo Lagrange le prend en compte et c’est à ce moment-là qu’on a le billet SNCF à – 40% pour les salariés, la création des auberges de jeunesse, le soutien aux associations d’éducation populaire… Je pense qu’on est encore dans cet état de fait : le droit au temps libre existe, le droit aux congés payés reste à conquérir. »

    Aujourd’hui, certains comités d’entreprise garantissent l’accès aux vacances pour les travailleurs, les travailleuses et leurs familles. Chez les cheminots, le CCGPF assure la gestion des activités sociales des actifs, mais aussi des retraités et de leurs ayants-droits. Son secrétaire adjoint, Arnaud Hennebert, explique : « C’est en 1986 qu’on arrache au patronat les œuvres sociales, qui deviennent des activités sociales, culturelles et sportives gérées par les élus du personnel, avec du patrimoine mis à disposition. » Aujourd’hui, le CCGPF « résiste » face aux remises en cause du patronat, bien qu’étant très plébiscité. « Nous faisons partir 14 000 enfants dans des colos tous les ans, se félicite Arnaud Hennebert. 55 000 cheminots et leur famille vont encore partir en vacances cet été dans nos villages vacances, chez les partenaires du tourisme social. »

    Imestia fait partie de ces gestionnaires de centres de vacances qui ont une conception héritée de 1936. Doric Curto, son directeur général, définit le tourisme social comme étant un « tourisme relié au territoire, à toutes ces questions de l’économie sociale, solidaire et écologique », qui défend « un droit aux vacances pour tous ». « Un vrai choix est fait, celui de se dire que ces lieux doivent ressembler à la société, et à la société qu’on veut. (…) Ça consiste aussi à apporter des activités pour contenir la vague brune. On a un vrai rôle social pour permettre la démocratie et le vivre-ensemble aussi pendant les vacances. »

    Encore faut-il que tous les citoyens puissent se le permettre. « Aujourd’hui, 40% des Français ne partent pas en vacances », pointe Sophie Binet. Virginie Akliouat ajoute : « En tant que prof, il y a un enjeu très fort à ce que nos élèves puissent bénéficier des temps de repos pour partir. Pour les précaires qui ne peuvent pas bénéficier des comités d’entreprise ou des structures de tourisme social, les associations d’éducation populaire et les centres sociaux jouent un rôle primordial. Aujourd’hui, leurs budgets, qui sont liés aux collectivités territoriales, fondent comme neige au soleil. (…) Il y a des droits à défendre et à continuer à conquérir, mais il y a aussi un souci fondamental de justice sociale à avoir, pour que ces droits puissent bénéficier à l’ensemble de la population. »

    C’est ce droit à l’émancipation que défend le monde ouvrier, en 1936 avec le Front populaire, au sortir de la Seconde Guerre mondiale avec le Conseil national de la résistance, et encore aujourd’hui avec « la bataille des Comités sociaux et économiques » qu’appelle Sophie Binet. « La stratégie du capital est de transformer les travailleurs en simples consommateurs. (…) Les vacances et les loisirs sont un secteur économique qui intéresse les loups, qui essayent de le financiariser. On a besoin d’orienter l’argent de nos CSE sur des choses qu’on gère et qui nous intéressent, (…) c’est-à-dire de l’économie sociale et solidaire. »

  • Un an après l’ouverture à la concurrence, un bilan positif pour la ligne Marseille – Toulon – Nice ?

    Un an après l’ouverture à la concurrence, un bilan positif pour la ligne Marseille – Toulon – Nice ?

    La loi pour un nouveau pacte ferroviaire, promulguée le 27 juin 2018, permet depuis le 3 décembre 2019 l’ouverture à la concurrence de l’exploitation des lignes TER dans les régions, à travers des appels d’offres accessibles à des opérateurs autres que SNCF Voyageurs. La Région Sud a fait figure de pionnière en devenant, il y a un an, la première à déléguer l’exploitation d’une ligne ferroviaire, celle reliant Marseille à Nice via Toulon, à l’opérateur Transdev. Liaison plus directe que la ligne Marseille-Hyères, exploitée par SNCF Voyageurs, qui dessert de nombreuses gares intermédiaires.

    Ce premier anniversaire a été célébré mardi à travers – cela se conçoit – un voyage en train entre Marseille et Toulon. Y ont notamment participé le président (Ren) de Région, Renaud Muselier, accompagné de son vice-président délégué aux transports, Jean-Pierre Serrus, ainsi que le président-directeur général de Transdev, Thierry Mallet. Ils ont été accueillis par la maire (SE) de Toulon, Josée Massi, et le président (LR) du Département du Var, Jean-Louis Masson.

    Ce dernier n’a pas manqué de faire remarquer que « le train [était] arrivé avec quatre minutes d’avance, alors que la ligne était la lanterne rouge au niveau national il y a quelques années ». Une pique à peine voilée à l’égard de la SNCF, qui traduisait sa satisfaction : « Nous sommes le 2e Département le plus peuplé de la région et le premier département touristique de France. Nous avons besoin d’une offre de transport au meilleur niveau. Notre maillon faible était le réseau ferroviaire, ce n’est plus le cas. »

    Le billet augmente,

    les abonnements baissent

    Le bilan de cette première année est positif : 5 millions de voyageurs (+45%), une offre doublée avec 18 trains par jour desservant neuf gares, dont quatre dans le Var (Toulon, Carnoules, Les Arcs et Saint-Raphaël), une régularité passée de 96,4% en 2025 à 98,59% en 2026 et un taux de satisfaction estimé à 96%, alors que les premières semaines semblaient dire le contraire. Le tout via 16 trains neufs dotés du wifi et de 350 places assises par rame. Ce qui peut donner aux voyageurs de la ligne Marseille-Hyères, aux rames vieillissantes, l’impression d’un réseau à deux vitesses. « Toutes les rames seront changées ou rénovées », assure Jean-Pierre Serrus.

    Le prix du billet à l’unité, en hausse (16,60 euros pour un Marseille-Toulon, quel que soit l’opérateur), alors que l’ouverture à la concurrence laissait imaginer une dynamique inverse, apparaît néanmoins peu incitatif, malgré l’urgence de sobriété énergétique rappelée par le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui évoque une augmentation de 50% des besoins d’investissement dans le réseau ferroviaire (de 3 à 4,5 milliards d’euros) d’ici 2028 pour adapter le réseau au changement climatique. « On a baissé l’abonnement de 20% », justifie Jean-Pierre Serrus, évoquant le choix de miser sur « un report modal fort », plutôt que sur un usage occasionnel. Le vice-président aux transports souligne par ailleurs que des offres existent pour les bas revenus, jusqu’à -90% pour les quotients inférieurs à 600 euros.

    Le budget de cette ligne est de 50 millions d’euros par an pour la Région, avec des revenus estimés à « 41, 48 et 50 millions d’euros dans les trois prochaines années. Donc on va avoir, pour la première fois, un budget à l’équilibre », se félicite Renaud Muselier. Au détriment des salaires de cheminots qui, eux, ne sont pas à la hauteur.

  • La CGT hausse le ton pour les emplois

    La CGT hausse le ton pour les emplois

    « Ici plus qu’ailleurs les luttes syndicales ont façonné l’histoire sociale de notre territoire. » Devant une marée rouge de militants CGT, Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime de Marseille (GPMM), donne le ton de la mobilisation du jour. Derrière lui, on retrouve l’une des entrées emblématiques du port de Marseille, la porte 2C, habituée aux piquets de grève massifs. Mais ce jeudi « ce rassemblement revêt un double caractère, à la fois symbolique et historique », campe-t-il. Et pour cause : les militants sont réunis pour un « grand meeting pour l’emploi et contre la criminalisation de l’action syndicale » dans le cadre d’une journée de grève interprofessionnelle. « C’est une étape dans le processus de lutte pour sauver l’emploi dans le département où le péril est grand », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13, à l’origine de la mobilisation du jour. Avant d’énumérer : « Péril sur notre sidérurgie avec Arcelor, péril sur notre filière chimique avec Kem One, péril sur le pluralisme de la presse avec la CPMM, péril sur notre dernière usine de pâte à papier avec Fibre Excellence, péril sur nos services publics avec la Métropole Aix-Marseille… »

    « Décarboner,

    c’est investir ici »

    D’où la présence de militants venant des 4 coins du département et aux professions variées : cheminots, agents hospitaliers, dockers, postiers, travailleurs de la métallurgie… L’organisation estime à plus de 30 000 emplois menacés à court terme dans le département, conséquence directe des politiques austéritaires et du manque d’investissements dans les outils de travail. « Pendant que le patronat compte les profits, nous comptons les licenciements. Derrière chaque plan de suppression d’emplois, il y a des familles qui basculent et des vies brisées », rappelle Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer.

    Son site illustre parfaitement l’équation à laquelle font face les militants du monde du travail : « Il est stratégique mais c’est le flou total : flou sur la décarbonation, les investissements… » D’où son constat, qui s’applique pour bien d’autres filières essentielles à l’économie du pays : « Ils organisent la casse industrielle. On nous promet un avenir vert mais on nous prépare un avenir vide. » Car en fond, c’est bien la question de la décarbonation du pourtour de l’Étang de Berre et du bassin de Fos, dont le coût est estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros, qui est posée. « Décarboner ce n’est pas délocaliser, c’est investir ici et produire propre ici », assure Stéphane Martins de Araujo. Problème : comment décarboner des industries qui fermeraient sans la pugnacité de leurs salariés ? « Ici, la CGT porte une vision ambitieuse des activités portuaires, une vision fondée sur la défense du service public et de la souveraineté industrielle », abonde Baptiste Talbot, membre du bureau confédéral de la CGT et ancien secrétaire général de la fédération des services publics, venu spécialement pour l’occasion.

    Pascal Galéoté renchérit : « Pendant qu’une minorité accumule les profits, on demande aux salariés de se serrer la ceinture, aux retraités de faire des sacrifices et aux services publics de fonctionner avec toujours moins de moyens ! » Le syndicaliste, qui a fait appel de sa condamnation dans l’affaire de la gestion des comptes du comité d’entreprise du GPMM, fait le lien avec une autre problématique : celle de la répression syndicale. « Depuis plus de 7 ans, nous subissons un véritable acharnement judiciaire : contrôle, enquête, convocations… Ces attaques s’inscrivent dans une campagne de dénigrement visant à discréditer notre organisation et affaiblir son action », martèle-t-il. Avant de conclure : « Cette journée marque le début d’une nouvelle étape de mobilisation. »

  • Un bus direct pour Aix devrait être expérimenté à la rentrée à Miramas

    Un bus direct pour Aix devrait être expérimenté à la rentrée à Miramas

    Les lycéens de Miramas ont obtenu gain de cause. Une ligne de bus expérimentale devrait être mise en place à partir de septembre pour relier la commune de l’ouest du département à Aix-en-Provence.

    L’annonce a été faite lors du débat public organisé par la section du PCF, en association avec la CGT et les cheminots du même syndicat, ce mardi 23 juin au soir. C’est la nouvelle secrétaire communiste Natacha Mallet qui a fait remonter cette revendication de la jeunesse miramasséenne, qui pointe la mobilité comme un obstacle à la poursuite d’études supérieures, aucune ligne directe ne permettant actuellement de relier Aix-en-Provence et ses nombreuses facultés. La ligne 25 faisait autrefois ce trajet, avant d’être scindée. « Cette rupture de charge est facteur d’exclusion sociale, et ce n’est pas acceptable », reconnaît le maire Frédéric Vigouroux (DVG).

    À la rentrée, les Miramasséens devraient donc pouvoir emprunter un bus dont les départs sont déjà connus : 6h25 pour une arrivée à 7h40, et 6h50 pour une arrivée à 8h05. Le retour est prévu à 18h20 pour une arrivée à 19h34, d’après l’adjoint au maire délégué aux déplacements et à la mobilité Daniel Higli.

    Les rails rouverts pour

    le fret

    « Notre action a fait écho, on en prend acte, salue Natacha Mallet. Il faut poursuivre la mobilisation pour qu’on s’assure d’une fréquence suffisante et d’une pérennisation. » La section communiste, la CGT et les cheminots du syndicat voient plus loin et militent pour une réouverture de la ligne ferroviaire Miramas/Aix-en-Provence passant par Rognac. Pascal Surcouf, agent de circulation et syndiqué à la CGT cheminots de Rognac appuie : « La ligne existe, il ne manque que les trains. (…) Cette voie a été modernisée il y a quatre ans (…) et est en capacité de faire des cadencements. » En septembre dernier, la CGT cheminots de Miramas et la CGT de la centrale de Gardanne s’associaient pour revendiquer le retour de l’activité de fret qui existait jusqu’en 2019.

    Là aussi, les forces de gauche pourraient obtenir gain de cause puisque Frédéric Vigouroux a confirmé que la ligne devrait rouvrir. « Normalement, on devrait avoir entre cinq et dix trains qui vont récupérer sur la ligne pour les trafics de bois à GazelEnergie, ça devrait démarrer en mai 2027 pour les travaux de mise aux normes. Est-ce que fret et passagers peuvent cohabiter ? Je suis pas expert mais ça devrait être possible. »

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • Pour les cheminots de Miramas, la privatisation et la concurrence, c’est « non »

    Pour les cheminots de Miramas, la privatisation et la concurrence, c’est « non »

    Le contexte est particulièrement tendu, en attestent les visages graves des cheminots rassemblés en ce mercredi matin devant l’entrée de la gare de Miramas.

    Car au-delà de l’existence même du triage de Miramas possiblement remise en cause par la privatisation de Fret SNCF, comme l’expliquait le secrétaire général des cheminots CGT de Miramas Christophe Morard dans notre édition de mercredi, c’est « la remise en cause du cadre social » de « la famille SNCF » que craint particulièrement son camarade Christophe Degand, cheminot CGT d’Hexafret (ex Fret-SNCF). « La CGT demande des augmentations des salaires pérennes au vu de l’inflation, le pouvoir d’achat des cheminots étant très faible », poursuit le syndicaliste d’Hexafret, dénonçant au passage des primes « soumises à objectif et sans cotisations sociales ». Mais plus que de salaires, Christophe Degand insiste sur « la sécurité et les risques psychosociaux, alors qu’on a beaucoup d’accidents du travail mortel, de licenciements, et que 13 agents SNCF ont mis fin à leurs jours depuis début janvier ».

    En cause, selon le syndicaliste, des « réorganisations incessantes » et la « pression insupportable à la productivité ». Avec comme exemple « des agents qui changent trois fois de poste en cinq ans, qui signifie souvent changer de lieu de travail ».

    Dans le viseur de Christophe Degand, une cible principale : « C’est l’ouverture à la concurrence qui cause les risques » pour les travailleurs. « Le rouleau compresseur de la privatisation est une réalité », abonde Natacha Malet, du comité régional CGT Paca et également cheminote. Travailleurs et usagers sont tous deux perdants, selon eux. D’un côté, « les droits des salariés ne seront pas les mêmes dans les entreprises » s’emparant du rail. De l’autre, « l’usager doit être attentif au fait que le service public sera de meilleure qualité à un endroit, mais pas partout ». En exemple, « les énormes investissements sur les Alpes pour les JO », qui préparent l’ouverture à la concurrence selon la syndicaliste. Ou de l’argent public mobilisé pour le privé, « qui n’assume pas les coûts d’entretien » conclut Natacha Malet. Les dés de la concurrence seraient-ils pipés ? En attendant les luttes des cheminots et des usagers convergent sur la même voie.

  • À Avignon, les agents de sécurité rejoignent la lutte des cheminots

    À Avignon, les agents de sécurité rejoignent la lutte des cheminots

    Aux côtés des cheminots d’Avignon en grève, qui notent localement « un recul du service », avec notamment l’arrêt des trains tardifs pendant le Festival, devant la gare TGV ce mercredi 10 juin, une douzaine d’agents de sécurité, gilet rouge de la CGT sur le dos, manifestaient aussi pour leurs droits.

    Employés par un sous-traitant, Challancin, ils reprochent à l’un de leurs supérieurs un « management toxique » ainsi que des sanctions jugées disproportionnées. « On subit une forme d’acharnement. Plusieurs collègues ont été licenciés pour des raisons abusives. Ou encore une collègue en situation de handicap qui a reçu trois avertissements sans raison. On va aller aux Prud’hommes pour certains », témoigne Bachir Nour, secrétaire CGT de l’entreprise dans le Sud-Est. « On n’est pas bien équipés et, quand on réclame des habits, on nous le reproche. Cela ne peut plus durer », abonde un des employés. Les 17 agents de sécurité de la gare TGV étaient en grève ce mercredi. L’entreprise s’occupe aussi de la sécurité de l’hôpital d’Avignon ainsi que d’autres gares de la région.

    « L’idée est aussi que la SNCF mette le nez dans le processus », confie Florence Humbert, trésorière des Cheminots CGT de Vaucluse. « Cette journée n’est qu’un commencement. La compagnie fait 10 millions de chiffre d’affaires et on n’obtient rien de tout ça », pointe Chan Seng, délégué CGT national Challancin. Contactée par La Marseillaise, la direction du groupe Challancin n’a pas répondu à nos sollicitations.