Tag: Cheminots

  • [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir fait cette rencontre ?

    Thibault Durand : On est dans une période compliquée. Même si l’initiative était prévue dès juin, on savait qu’on aurait une rentrée sociale chargée. Il y a une nécessité à regrouper les jeunes cheminots ensemble. La région est étendue, parfois il y a des jeunes qui sont seuls dans un poste d’aiguillage et qui ne sont pas au contact d’autres jeunes. Cette initiative permet donc que des jeunes de tous les coins de la région de se retrouver : ils viennent du fret de Miramas, des cheminots de Fos, de Nice et d’Avignon. Seul, on se décourage vite, mais quand on est en collectif, on est puissant. Le but est donc de se rassembler.

    La problématique de la vie chère se pose-t-elle pour les jeunes cheminots ?

    T.D. : On ne rentre pas à la SNCF pour devenir riche. Avec l’inflation, la flambée des prix de l’essence et de la nourriture, notre pouvoir d’achat diminue. Un salaire ne suffit plus. Si l’on veut des victoires, que ça soit sur les retraites ou l’augmentation du Smic, il faut faire corps ensemble et ne pas être chacun de son côté. C’est d’ailleurs par des initiatives comme celle-ci que l’on permet à des jeunes de mettre un pied dans le syndicat, puis qu’ils reviennent et participent aux mobilisations. C’est aussi comme ça qu’on prépare un mouvement de grève comme le 5.

    Cela renforce aussi la CGT ?

    T.D. : Si l’on n’a pas une CGT forte, on va perdre nos conquis sociaux petits à petits. C’est d’ailleurs notre ADN : tester unis et soudés pour conquérir des droits.

  • Les jeunes cheminots planchent sur l’avenir

    Les jeunes cheminots planchent sur l’avenir

    « C’est en train de bouillir, nous sommes face à un exécutif qui, derrière sa volonté de montrer de la fermeté, est en train de perdre la main. » Devant une cinquantaine de jeunes cheminots, Cédric Gimenez, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca, décrit sans détour la situation sociale du pays. Une situation sur laquelle a planché le collectif Jeunes Cheminots Paca, organisation qui réunit des travailleurs de la SNCF de moins de 35 ans, ou récemment syndiqués. « La colère qui s’exprime partout converge sur une base commune de contestation de la vie chère, des bas salaires, du logement… C’est la première fois qu’on aura une génération qui vit et vivra moins bien que la précédente », développe Cédric Gimenez.

    Plusieurs thématiques particulièrement d’actualité ont occupé les discussions : salaires, inflation et logement. Certains participants étaient venus de Nice, Miramas ou encore Avignon et représentaient une grande diversité de métiers à la SNCF : mécanos, agents des gares, cadres ou conducteurs de trains express régionaux. Et forcément, lorsque des cheminots discutent de pouvoir d’achat, la première question qui s’impose est celle de la répartition des richesses dans l’entreprise. « Qui n’a pas déjà entendu parler du fonds de concours ? C’est très simple : quand la SNCF fait des bénéfices, ils remontent à l’État via ce qu’on appelle le fonds de concours. C’est comme des dividendes, que l’État fait redescendre dans le réseau », expose Marianne Bonnet, consultante du cabinet Secafi, qui vient éclairer la lanterne des jeunes cheminots. Avant de souligner une problématique intrinsèquement liée à la transformation de la SNCF, la filialisation et l’ouverture à la concurrence du réseau : « Il n’y a que la SNCF qui participe à ce fonds. Pas Trenitalia ou la Renfe et c’est une injustice : ils utilisent le réseau sans y participer ».

    « L’inflation touche

    tout le monde »

    Un jeune cheminot aguerri questionne : « Ils paient les sillons, mais à quel niveau ? » Rappelons qu’un sillon est un créneau d’autorisation de circulation attribué à un train. « Ils ne paient pas le même prix que la SNCF sur les sillons. […] C’est une part non négligeable du prix des billets et ça contraint, de fait, le fonds de concours », répond la consultante. De quoi questionner le modèle économique et donc la possibilité d’arracher des augmentations de salaires. « Nous avons tous la même problématique de fin de mois difficile. Je gagne moins d’argent, en valeur absolue, qu’il y a 25 ans quand je suis rentré, et je dois travailler 7 ans de plus », dénonce Claude, cadre de la SNCF à Marseille, à l’adresse des jeunes.

    De quoi faire réagir, plus tard, Charlotte Marin, jeune conductrice de TER : « L’inflation touche tout le monde, même les cadres. J’étais dans la rue samedi dernier, je suis descendue floquée CGT, on a été interpellé par énormément d’étudiants et de lycéens qui avaient une demande de sécurité : ils demandaient où étaient le camion et le cortège de la CGT. C’est en lien avec les valeurs qu’on porte. Il faut converger ». Quand Thibault Durand (lire entretien ci-dessous), le responsable du collectif jeunes cheminots Paca, analyse : « On a tous les ingrédients pour une grève générale le 5 novembre ». De quoi faire écho aux propos de Cédric Gimenez : « C’est la réalité dans laquelle des années de macronie nous ont conduits. La colère cheminote doit s’exprimer clairement le 5 novembre par la grève ».

  • [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    [Entretien] Cédric Gimenez, CGT Cheminots Paca : « Rompre avec des années de sous investissement dans le rail »

    La Marseillaise : La CGT dénonce la détérioration des chemins de fer. Par quoi cela se traduit-il concrètement ?

    Cédric Gimenez : Cela a des conséquences sur la qualité du service en engendrant des annulations ou des retards de train. Cela donne forcément une image dégradée de la SNCF qui ne nie pas les difficultés puisque nationalement une table ronde est organisée par SNCF réseau, au siège de la SNCF. Dans notre région où il y a de la concurrence qui a été imposée, cela ne règle aucun problème puisque tous les trains roulent sur la même infrastructure. Nous alertons sur les risques d’un réseau fragile : quand il y a des déformations de voie comme on l’a vécu cet été, il y a des possibilités de déraillement. Nous voulons protéger les cheminots et les usagers. Nous voulons rétablir un certain nombre de vérités sur les raisons qui nous ont conduits à cela. Mais surtout, pour nous l’enjeu c’est que l’on débouche sur des améliorations concrètes.

    Votre interpellation s’adresse-t-elle à la direction ou à l’État ?

    C.G. : Les deux. On entend tout un tas de sommes annoncées pour rénover le réseau. On nous parle de 2,5 milliards. Dans notre région, il y a notamment des investissements importants annoncés sur la ligne Marseille-Briançon pour accueillir les JO. Ce sont des travaux que l’on ne renie pas même si on estime qu’ils arrivent tard. Ce qu’on veut souligner c’est qu’à côté des investissements, il est nécessaire d’avoir des budgets de maintenance à la hauteur afin de pouvoir intervenir le plus vite possible quand il y a une problématique qui survient. Cela a été affaibli par toutes les réorganisations qui ont eu lieu dans l’entreprise avec comme unique but : faire des économies. Des années de sous-investissement et d’affaiblissement de la maintenance ont produit l’état du réseau d’aujourd’hui. Même du côté des infrastructures TGV, cela commence à se tendre. On l’a vu avec les intempéries qui ont montré une incapacité à agir vite.

    Les pluies et inondations qui ont touché les Bouches-du-Rhône causent la fermeture de la ligne Marseille-Miramas via Rognac pendant une semaine. Est-ce dû
    à la violence de l’épisode méditerranéen où aux faibles capacités d’intervention
     ?

    C.G. : Il y a la réalité du climat où on constate malheureusement de plus en plus d’intempéries de grande ampleur mais on s’aperçoit que l’entreprise a du mal à préparer cet avenir. Ce n’est pas en supprimant du monde qu’on y sera prêt. On ne peut pas être toujours dans la réparation d’urgence, il y a besoin d’un entretien régulier. Le but c’est de développer l’offre et pour y parvenir, il faut une infrastructure robuste. C’est une responsabilité qui incombe à l’État mais aussi à la direction SNCF que l’on ne peut pas exonérer des choix faits en interne depuis des années. En séparant les entités, en s’inscrivant dans une perspective de concurrence, elle s’est détournée de ce que nous estimons être les priorités pour l’avenir.

    Comment modifier la situation ?

    C.G. : Il faut faire grandir le rapport de force. Cela passe par l’interpellation de l’opinion publique et donc des usagers mais aussi, à l’approche des élections professionnelles, j’appelle l’ensemble des cheminots à voter CGT. Si on en est arrivé là c’est aussi lié à l’influence respective des organisations syndicales. Voter CGT du 19 au 26 novembre, c’est se donner les moyens de peser sur la situation et de défendre une vision d’avenir pour le ferroviaire.

  • La CGT dénonce l’annonce de la suppression d’arrêts TGV en gare des Arcs/Draguignan

    La CGT dénonce l’annonce de la suppression d’arrêts TGV en gare des Arcs/Draguignan

    C’est un dossier qui a le don de mettre tout le monde d’accord, des collectivités aux structures culturelles, des militaires aux commerçants, réunis il y a quelques jours pour en discuter. La suppression annoncée d’un à deux arrêts TGV quotidiens en gare des Arcs/ Draguignan, à partir de décembre, fait grincer des dents en Dracénie. Une décision prise par SNCF Réseau dans « une logique qui place la rentabilité au cœur des décisions, au détriment du service public ferroviaire et de l’aménagement du territoire », fustige la CGT Cheminots des Arcs, qui se joint à la colère générale.

    Pour un train « au service de l’intérêt général »

    « Depuis plusieurs années, la CGT Cheminots des Arcs dénonce les conséquences de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional et la recherche permanente de productivité imposée par la direction de la SNCF », poursuit-elle, prenant en exemple la ligne régionale Marseille – Nice, première en France à s’être ouverte à un opérateur privé (Transdev).

    Outre « une attractivité territoriale fragilisée », qui va forcément se faire ressentir pour les commerçants et les structures culturelles, sur un territoire qui souffre déjà d’un certain enclavement, ce sont les habitants aux mêmes qui seront les premiers pénalisés par cette décision, avec « moins de possibilités pour rejoindre directement les grandes métropoles et davantage de contraintes dans les déplacements professionnels et personnels ». Et ainsi « une nouvelle difficulté pour celles et ceux qui choisissent le train plutôt que la voiture, alors même que la transition écologique devrait conduire à renforcer les alternatives à la route ».

    La CGT Cheminots milite ainsi pour « une entreprise ferroviaire intégrée, outil essentiel pour garantir la cohérence du réseau », au nom de « l’égalité de traitement, de la continuité du service public », et de « la liberté d’aller et venir, reconnue par les principes constitutionnels. Le train ne doit pas être une simple marchandise, mais un moyen de se déplacer accessible à toutes et tous, au service de l’intérêt général, de la cohésion sociale et de l’égalité entre les territoires ».

  • À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À compter de décembre 2029, la ligne des Alpes, qui comprend notamment les liaisons entre Marseille et Briançon, sera exploitée par la société SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée (SVSAM). Cette évolution prévoit la suppression de postes des six agents d’escales actuels à Gap, ce qui inquiète particulièrement la CGT des cheminots. « Au-delà de l’emploi de six agents, on parle d’un enjeu de service public », alerte Aimerick Ramos, représentant CGT. Les agents d’escale assurent l’information aux voyageurs, l’assistance aux personnes à mobilité réduite, la sécurisation des circulations et des quais ou encore la gestion des ruptures de correspondance. « On contribue au bon fonctionnement d’une ligne de montagne à voie unique », poursuit l’agent. Car contrairement à une ligne à deux voies, ici, la moindre perturbation peut rapidement entraîner des retards et autres difficultés.

    « Cette évolution ne signifie pas un désengagement de SNCF de la gare de Gap, a assuré début septembre la directrice régionale TER Paca, dans une lettre adressée à la députée (PS) Marie-José Allemand, qui l’avait interpellée sur le sujet. Elle continuera de bénéficier d’une présence au guichet pour la distribution de titres de transport. En cas de situation perturbée, les équipes pourront contribuer à l’accompagnement des voyageurs avec des équipes mobiles. »

    Une réponse qui ne rassure en rien Aimerick Ramos : « Les horaires prévus du guichet ne couvriraient pas l’ensemble des circulations ferroviaires, et les équipes mobiles sont un complément, mais ce n’est pas productif. » Pour lui, des milliers d’habitants et usagers de la ligne des Alpes risquent de se retrouver dans une impasse en cas de suppression de cette présence humaine.

    Agathe Di Lenardo

  • La maintenance des TER sur de bons rails ?

    La maintenance des TER sur de bons rails ?

    L’annonce, inattendue, a pris tout le monde de court. Tandis que la création d’un centre de maintenance des Trains express régionaux (TER) est à l’étude depuis des années en Occitanie, Carole Delga (PS) a tranché.

    Vendredi 16 septembre, la présidente de Région a dévoilé par communiqué le lieu du futur centre (qui sera raccordé à la ligne ferroviaire Colombiers-Maureilhan) que sa collectivité s’engage à construire et à financer à 100%, une première en France. Il s’agit d’un terrain appartenant à la Région situé sur la commune de Colombiers, au sud-ouest de Béziers. En complément des ateliers de Toulouse et Nîmes, « saturés », ou encore de Tarbes et Perpignan, ce futur centre accueillera, dès fin 2028 ou début 2029, les 18 nouvelles rames de TER liO Regio2N pour les opérations de maintenance lourde. « Nous souhaitons disposer d’un équipement performant et adapté à l’arrivée des Regio2N sur la ligne du littoral mais aussi anticiper l’augmentation du nombre de trains liO (…) », explique l’élue socialiste qui y voit la démonstration que « la transition vers des mobilités décarbonées appelle du courage politique, de l’innovation et un fort investissement ».

    Les rames accidentées sur le site du Capiscol ?

    Du côté de la CGT cheminots qui, via la Région, avait obtenu il y a quelques mois de la SNCF le lancement d’une étude de faisabilité pour le site du Capiscol à Béziers, on ne s’attendait pas à une telle annonce. « Face à la direction de la SNCF qui voulait tout mettre à Nîmes, on voulait un centre de maintenance à Béziers. Ce terrain de la Région près de Montady n’est pas le meilleur car on n’est pas en milieu ferroviaire et il s’agit d’une voie unique », regrette Éric Bringuier. Mais faute de grives, on mange des merles. Le secrétaire de la CGT cheminots tempère aussitôt. « Le choix d’implanter le centre entre Béziers et Narbonne, au milieu de la région, reste judicieux ».

    Le vice-président régional aux transports justifie l’implantation. « On a d’abord essuyé un refus du maire (DVD) de Narbonne. Notre terrain de Colombiers est constructible immédiatement car dérisqué, ce qui n’était pas le cas du site du Capiscol. Il y aurait eu des études environnementales à faire sur un an voire 18 mois. Et on ne passait pas dans le calendrier », explique Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Il n’en reste pas moins que la CGT ne lâche pas l’affaire sur le Capiscol. « On va pousser pour en faire un centre de réparation pour les rames accidentées », rebondit Éric Bringuier, soulignant le potentiel en la matière. « Il n’en existe qu’un seul à Nevers, d’autres régions pourraient l’utiliser. À la SNCF de travailler au business plan. » Une option qui séduit la Région Occitanie. « Cela fait partie des accords de la convention TER. Et je partage l’idée que le site de Béziers est celui qui s’y prêterait le mieux », acquiesce Jean-Luc Gibelin. À une condition majeure : que l’État mette cette fois la main au portefeuille. « Ce n’est pas à la Région de payer en totalité, tels étaient nos accords dans la convention TER. »

    Dans l’attente d’un retour de la SNCF, une chose est acquise : à Colombiers, le centre de maintenance des TER emploiera entre 40 et 50 cheminots du bassin d’emploi de Béziers.

  • Une rentrée sociale sous tension du côté de la gare d’Orange

    Une rentrée sociale sous tension du côté de la gare d’Orange

    « Les choses se tendent », résume posément Eric Arnaud, de l’union locale CGT d’Orange. Vendredi soir, le syndicat tenait un point presse pour dresser « un état des lieux social ». Ce contexte de tension vaut aussi bien au national que localement. « Les salariés isolés sont confrontés de plus en plus à des situations difficiles, dans les secteurs de la restauration, l’hôtellerie ou le nettoyage, on reçoit une dizaine d’appels par jour », poursuit le responsable syndical. « Heureusement que nous sommes là, sinon les salariés n’auraient aucune solution de proximité », abonde Monia Galvez, du bureau de l’UL. La CGT organise ainsi des permanences tous les mardis (17h-19h30).

    Les problématiques concernent l’éducation, avec des préoccupations similaires dans le privé ou le public. « On manque de moyens, beaucoup de postes sont pourvus par non titulaires, à cela s’ajoute la canicule fortement ressentie au collège Saint-Louis assez vétuste », fait valoir Marc Charnoz, délégué CGT de l’enseignement privé. « Au collège Barbara-Hendricks, deux après-midi de cours ont été annulés depuis la rentrée car il faisait jusqu’à 39 degrés dans les classes », dévoile Florian Sauvet. Le responsable CGT Educ’action note aussi qu’en « dix ans on est passé de 24 à 29 élèves par classes au lycée de l’Arc ».

    Mais c’est du côté de la gare d’Orange que la colère se cristallise. « D’ici à la fin du premier semestre 2027, les six postes d’agents d’escale ferroviaire vont être supprimés », annonce Philippe Riba, contrôleur SNCF. La CGT cheminots a lancé une pétition contre la disparition de ce service. Ces agents assurent une présence continue en gare lors de son ouverture, 7 jours sur 7 de 5h30 à 22h. Accueil et relais d’information sur les quais, aide au bon départ des trains mais surtout « ce sont eux qui interviennent auprès des personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite », expose Philippe Riba. Soit quelque 400 interventions par an. « Cette mission devrait être confiée à la seule personne qui reste au guichet, qui devra donc fermer à ce moment-là et qui n’est pas présente en permanence à la gare », dénonce le cheminot. Une désertion humaine « qui laisse les usagers sur le quai », conclut-il. Contactée, SNCF Réseau confirme que « des réflexions sont actuellement en cours sur l’organisation de la gare d’Orange » mais au stade « d’échanges internes, ainsi qu’avec les représentants du personnel ». Et souhaite donc « laisser ces échanges se poursuivre » avant de « s’exprimer davantage ».

  • Les cheminots font vivre la fraternité au Village de la paix de Toulon

    Les cheminots font vivre la fraternité au Village de la paix de Toulon

    Un stand, une soirée culturelle avec concert et une expertise unique sur la culture de paix… Voilà ce que propose le Casi (Comité des activités sociales interentreprises) des Cheminots de la région Paca, à l’occasion de l’organisation de ce Village de la paix à Toulon. « On a répondu naturellement à la sollicitation des organisations progressistes pour ce Village de la paix, cela fait 40 ans qu’on fait vivre la culture de paix », explique Michel Mafioly, président de la commission des activités sociales et culturelles du Casi. Présent avec un stand, c’est toute « une équipe de bénévoles » qui se déploie sur l’événement, afin de « développer et expliquer l’implication et la démarche du Casi pour la paix ».

    Au programme : l’organisation d’une soirée festive et culturelle avec un concert de rap français, mais aussi « des ateliers graphiques » autour de la paix et l’animation de débats. De quoi rappeler le travail de l’organisation pour promouvoir l’amitié entre les peuples plutôt que l’armement à tout va.

    « Nous avons organisé des séjours mémoriels au Japon, à Hiroshima et Nagasaki. Nous sommes également allés à l’ONU, à New York, pour porter la voix du désarmement », se remémore Michel Mafioly.

  • À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    C’est dans le plus grand port militaire d’Europe que s’ouvre, ce vendredi, ce rassemblement entièrement consacré à la paix, à quelques jours seulement de la Journée internationale lui étant consacré (21 septembre). L’événement est organisé notamment par la CGT, la FSU, Solidaires, le CASI Cheminots Paca, le Mouvement de la Paix, le PCF, La France insoumise et l’association Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    L’objectif affiché par les organisateurs est de créer un lieu de rencontre et de discussion en mettant en avant le droit international et le rôle de l’ONU, tout en interrogeant la militarisation en cours de la jeunesse ainsi que l’économie de guerre, mise en œuvre au détriment d’autres services publics essentiels comme l’éducation, la santé et la transition écologique.

    Pour les organisations, le débat dépasse largement la seule question du nombre de conflits armés qui ensanglantent le monde aujourd’hui. Elles entendent donc aussi interroger la place croissante prise par les dépenses militaires dans les choix économiques et politiques. Elles dénoncent ainsi une « militarisation » grandissante et la course aux armements qui ne sont pas sans conséquences. Avec l’inquiétude de voir progressivement s’installer dans la société une forme de banalisation de la guerre et de ses impératifs.

    « On veut parler de la paix alors que tout nous pousse à parler d’autre chose, et notamment de la guerre », déclare le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical insistant sur le fait que « la guerre n’est pas une fatalité, mais se construit par ceux qui ont le pouvoir et l’argent ».

    Une manifestation où il sera aussi question, bien sûr, de progrès social, sans lequel aucune paix durable n’est envisageable, rappelle-t-il.

    La paix est un enjeu

    de classe

    Et de poursuivre : « Dans ce pays qui a toujours été une espèce de phare qui éclaire le monde, même s’il brille un peu moins aujourd’hui, il y a urgence à donner la parole à tous ceux qui s’élèvent contre ce qui nous est présenté comme une fatalité, parce que tout, aujourd’hui, nous conduit à la guerre ».

    Nadine Nazzi, qui prendra la parole pour le PCF, rappelle de son côté que « l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est une organisation politique et militaire aux objectifs bellicistes, née en 1949 pour combattre l’URSS ». Selon elle, l’organisation aurait donc dû disparaître après la chute de cette dernière en 1991. Mais, affirme-t-elle au contraire, elle « est devenue bien plus dangereuse et toxique qu’elle ne l’était au moment de la fin de la guerre froide ».

    Les budgets militaires imposés aux États membre avec la règle des 2% du PIB agissent également comme une perfusion d’argent public pour le secteur privé, dénonce la communiste. Elle ajoute : « C’est le concept de capitalisme monopoliste d’État, où l’État finance massivement les industries d’armements pour maintenir l’activité économique ».

    Cela, bien entendu, au détriment des populations qui subissent des politiques d’austérité, « des dizaines de milliards d’euros étant détournés vers l’achat d’avions, comme le F-35 américain, ou de systèmes de missiles ». Et de conclure : « Au PCF, notre conception d’une nation ouverte, fraternelle et solidaire est la base de notre conception de la République portant une politique de paix. Il est urgent d’ouvrir, en France, un vrai débat populaire sur ce que doit être une politique de Défense et de sûreté libérée de l’OTAN, assurant la liberté et l’indépendance des peuples dans une Europe et un bassin méditerranéen de la paix et de la sécurité collective, sous l’égide de la charte de l’ONU ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    Rendez-vous à 18h, ce 21 septembre, place du Général-de-Gaulle, pour une manifestation puis un meeting au Kiosque à musique, square Léon-Blum.

    Martigues

    Après-midi festive et culturelle avec ateliers et exposition, au jardin de Ferrières, le mercredi 23 septembre de 13h30 à 18h, suivi de discours puis d’une clôture musicale.

    Istres

    Rassemblement au portail d’Arles, ce dimanche 20 septembre, à 11h.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le 23 septembre, à la Pyramide de la paix, à partir de 14h, pour une exposition puis un meeting à 18h.

  • De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    C’est une ligne qui longe l’une des plus belles côtes de Méditerranée. Sur près de 32 km, le train de la Côte Bleue offre un panorama exceptionnel entre calanques aux eaux turquoise, viaducs et petits ports, en passant notamment par l’Estaque, Niolon, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, mais aussi Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres et Miramas.

    L’été, sa fréquentation explose. Sur les mois estivaux, l’augmentation atteint 66% en 2024 et 52% en 2025, d’après les chiffres de la Région Sud. L’an dernier, au mois d’août, 2,9 millions de voyageurs ont emprunté le TER. Ils étaient 1,5 million en janvier, soit une progression proche des +100%. « Le plan de transport est adapté en période estivale, avec deux trains supplémentaires dans le sens Marseille-Miramas le matin, deux trains en plus le week-end, mais aussi un renfort de capacité pour le retour des plages l’après-midi », détaille la collectivité.

    La CGT plaide pour plus de moyens humains. « La première revendication c’est de remettre du personnel dans les gares pour rouvrir des guichets, qui ont quasiment tous été supprimés depuis trois ans, appuie Christophe Morard, secrétaire général des cheminots de Miramas. On a des équipes mobiles qui vont d’une gare à l’autre, mais c’est pas suffisant, surtout l’été. Avant-hier, une personne s’est fait écraser à Istres, la circulation a été coupée. Pour renseigner les voyageurs dans ces situations-là, c’est compliqué. »

    Un viaduc reconstruit

    Le TER ne fonctionne pas qu’au retour des beaux jours. « C’est une ligne du quotidien empruntée par de nombreux travailleurs », souligne l’élu syndical, qui estime que l’offre est « adaptée », bien que de gros travaux soient à prévoir.

    Entre 2020 et 2021, 35 millions d’euros ont été investis urgemment par les pouvoirs publics (dont 19 millions par la Région) pour régénérer 26 km de voies entre l’Estaque et Carry-le-Rouet, supprimer les ralentissements, et rétablir une desserte équivalente à celle de 2019 (2 TER par heure en pointe). En parallèle, SNCF Réseau a investi 11,4 millions d’euros supplémentaires pour sécuriser tunnels et versants rocheux. La modernisation se poursuit dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027, avec une nouvelle enveloppe de 48 millions d’euros financée à parts égales par l’État, la Région et la Métropole. D’ici 2030, environ 30 km de rails, de traverses et ballast devraient être renouvelés, les tunnels et les ouvrages d’art consolidés.

    « Situés en contrebas d’anciennes friches industrielles utilisant ou transformant des métaux lourds, les tunnels de Rio Tinto et des Riaux et le viaduc de Vauclair ont été dégradés par l’infiltration d’eaux pluviales polluées provenant de ces entreprises », explique SNCF Réseau, qui se donne l’objectif « d’empêcher la transmission de la pollution à l’intérieur des tunnels afin de garantir la pérennité des structures et de revenir à la vitesse nominale de 100 km/h (contre 40 km/h actuellement) sur le viaduc », qui sera entièrement démoli et reconstruit.

    Les travaux sont prévus à l’horizon 2028, pour environ deux ans. Compte tenu de leur ampleur, la ligne sera fermée temporairement. La concertation préalable, initialement prévue entre juin et juillet 2026, est envisagée à l’automne. Christophe Morard commente : « Ce chantier est une nécessité si on veut pas fermer la ligne. Il y a moins d’agents pour effectuer la maintenance classique, les problématiques sont remontées moins souvent, donc c’est sûr qu’on est toujours plus dans l’urgence que dans l’anticipation ».