Tag: Cheminots

  • La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    « Tous ensemble nous ne lâcherons rien ! », peut-on lire sur l’affiche qui annonce la grève des cheminots de la Blancarde. Ce vendredi 5 juin, le rendez-vous est donné à 8h par le syndicat CGT Cheminots de Marseille. Les revendications des travailleurs tournent autour de plusieurs points : la reconnaissance des instances représentatives du personnel et l’arrêt des externalisations. Des remaniements prévus qui devraient entraîner la suppression de cinq postes selon le syndicat. C’est la première fois depuis 11 ans que les travailleurs de la Blancarde se mobilisent. Ce rassemblement fait suite à un manque de considération, estiment-ils. « La direction a toujours su faire un pas vers nous, mais aujourd’hui ça bloque. Plusieurs discussions n’ont mené à rien », déplore Renaud Darbas, représentant du syndicat CGT des cheminots.

    Un mouvement de grève national est prévu mercredi 10 juin sur l’ensemble du territoire français, lancé par SUD Rail, la CGT, l’Unsa et la CFDT. Les cheminots de la région Paca ont prévu de se mobiliser à cette occasion. « On est complètement investis dans la grève du 10 juin », précise Renaud Darbas, « mais aujourd’hui on estime que nos revendications sont locales, d’où notre mobilisation le 5 juin ».

    Une grève nationale

    Une rencontre entre une délégation des cheminots et la Direction régionale de la SNCF, est néanmoins prévue ce jeudi 4 juin. De son côté, la SNCF considère qu’il s’agit d’un « dialogue social en interne » et ne souhaite pas le commenter. Pour autant, le mouvement « la circulation des trains ne sera pas perturbée vendredi », selon la direction.

    Maéna Guérin

  • Le monument des cheminots rénové à Avignon

    Le monument des cheminots rénové à Avignon

    Une réhabilitation réalisée grâce à la collaboration entre la SNCF, la CGT Cheminots et l’Institut d’histoire sociale (IHS) de la CGT. « Cela perpétue la mémoire des anciens qui luttaient contre les nazis et le régime fasciste français », glisse Pierre Chotard, de l’IHS. « Que les cheminots d’aujourd’hui puissent connaître l’histoire et la transmettre n’est pas anodin. En cette journée, l’inauguration prend tout son sens », abonde Delphine Couzi, directrice régionale TER Paca.

  • Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Le Casi des cheminots de Paca est à l’initiative de ce documentaire, réalisé en pleine ouverture du service public ferroviaire à la concurrence. Un film qui s’adresse au grand public. « Une occasion de porter un autre regard sur le monde cheminot face à ce bouleversement et de comprendre l’attachement de ces hommes et de ses femmes à leur entreprise et à leur mission de service public », présente Sébastien Gronnier, secrétaire du Casi.

    En proie à un démantèlement, la grande famille du rail se dit en souffrance. « La concurrence, la filialisation, les transferts de personnels, les horizons bouchés, les réorganisations, y compris dans des établissements qui ne sont pas soumis à des transferts, ce sont de vrais chocs pour les cheminots, a déclaré Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT Cheminots. On en est à treize cas de suicide depuis quelques mois. » Une situation si préoccupante qu’elle a poussé les quatre syndicats de la SNCF à lancer, mercredi 6 mai dernier, un appel unitaire à la grève pour le mercredi 10 juin prochain afin d’exiger un moratoire.

    Le service public sacrifié

    à la rentabilité

    Les syndicats cheminots ont dénoncé le manque d’investissements dans l’outil ferroviaire depuis des années, de même que le découpage de la SNCF en plusieurs entités. Aujourd’hui, la vétusté des rails et des rames fait partie des arguments avancés par l’ex-Premier ministre Jean Castex, devenu PDG de la SNCF, et par Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, pionnier de cette ouverture à la concurrence, tablant sur l’effet d’aubaine des Jeux olympiques d’hiver pour moderniser des lignes (lire notre édition du 7/05)… qui devront être rentables.

    Mais le service public échappe par définition à toute considération de rentabilité. Un moratoire serait donc l’occasion pour la population « d’avoir toutes les cartes en main pour se faire une opinion sur ce choix politique, précise le secrétaire du Casi. L’ouverture à la concurrence est une vraie bataille des idées. » L’organisation de cheminots a déjà publié une BD sur la privatisation de la SNCF, suivie d’un livre qui collecte des témoignages sur le passage au système concurrentiel. Dans la lignée, le film affiche cette visée didactique. Le grand public est la cible de ce documentaire, dont le parti pris est de focaliser sur le vécu humain et non l’aspect économique des réorganisations de la SNCF.

    On s’y écarte des prises de paroles syndicales pour se fixer sur « des témoignages de cheminots, des hommes et des femmes qui ont fait le train hier et qui le feront demain. Ce sont les mêmes, passés du public aux mains du privé, confrontés à un manque de moyens, une perte de sens. Car pour répondre à un appel d’offres, il faut baisser la facture, donc rogner sur la sécurité et les conditions de travail », résume Sébastien Gronnier. L’Angleterre en a déjà fait les frais. Ici, c’est le rapport de ces cheminots à leur travail qui est exploré, « comment ils vivent et ressentent ces bouleversements. Comment, au guichet, ce qui se faisait à deux est demandé à un seul… ». Dans la salle, le processus de libre concurrence trouve un autre éclairage : « Les gens réagissent et disent que ce schéma a conduit également à une baisse de qualité de service à La Poste ou à EDF. »

    Le documentaire continue son chemin à la rencontre du public. Draguignan était la douzième projection du film depuis le début de l’année. Sept autres suivront avant l’été et le documentaire sera disponible sur les plateformes après la période estivale.

    Prochaines séances : le 18 mai
    à Mandelieu-la-Napoule lors
    du festival Visions sociales (06),
    le 21
     mai à Tregunc (29), le 26 mai à Rouen (76) et à Chambéry (73), le 27 mai à Caen (14), le 10 juin
    à Lille (59) et le 12 juin
    à Annecy (74).

  • [Entretien] Mike d’Inca : « Je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour faire quelque chose de positif »

    [Entretien] Mike d’Inca : « Je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour faire quelque chose de positif »

    La Marseillaise : Comment la participation du collectif Ensemble au concert organisé par le Casi Cheminots Paca s’est-elle faite ?

    Mike d’Inca : J’ai déjà participé avec Sinsemilia à ce type de concert organisé par le Casi Cheminots Paca il y a trois ans. C’est un super souvenir et nous avons donc gardé des liens avec l’organisation depuis. En parallèle est né ce nouveau projet, Ensemble, qui rassemble sur scène deux chanteurs de Sinsemilia, deux membres historiques de Tryo, Vanupié, des musiciens de Sergent Garcia… Je me suis dit que ça aurait exactement sa place dans cet événement du Casi Cheminot, qui a directement accepté que l’on participe.

    Comment Ensemble est-il né ?

    M.d’I : Depuis des années, on voulait tous se rassembler sur une même scène. On est des amis qui se croisent depuis des années en festivals, mais on a peu fait de choses ensemble. Donc on a eu une occasion de concert et ça a commencé comme ça ! Là, ça va être notre deuxième date ensemble. Ce qui est bien c’est que nous, on se fait plaisir, mais je pense qu’on fait plaisir à un public aussi, pour qui Tryo, Sinsemilia, ça rappelle l’adolescence, la jeunesse. C’est un vrai moment de partage. On sera quand même dix sur scène ! On ne voulait pas un enchaînement de chanteurs qui viennent chanter leurs titres. C’est pour ça qu’on a appelé ce collectif Ensemble. On est tous ensemble sur scène à s’amuser sur les chansons des uns et des autres.

    Quelle importance pour vous de participer à un concert qui prône
    les valeurs de paix, d’humanité
    et de solidarité
     ? Quel lien avec votre collectif ?

    M. d’I : C’est un événement qui prône des valeurs essentielles, qui correspondent parfaitement à l’état d’esprit de ce qu’on a tous fait dans nos carrières depuis des années, à notre façon, c’est-à-dire à travers des chansons. C’était une évidence que ça collait en termes de valeurs. Je sais qu’on va se sentir bien au milieu de cette ambiance-là. Et on sait aussi que ce qu’on vient exprimer sur scène correspond complètement à ce que eux veulent exprimer dans leur événement. Et puis, cet événement est fait par les cheminots, et en partie pour eux, ils y ont un accès gratuit. En plus de ça, il y a quand même plus de 1 200 places ouvertes au public à des tarifs très réduits. Donc c’est un événement très populaire !

    L’art doit-il être politisé ? Quelle place tient l’engagement dans
    votre musique ?

    M.d’I : Je ne pense pas qu’un artiste ait l’obligation de faire de la scène un lieu d’engagement, mais par contre, nous, on l’utilise pour exprimer des choses. J’ai besoin qu’il y ait du sens dans ce qu’on fait, je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour en faire quelque chose de positif au-delà juste de faire un spectacle pour gagner ma vie. Il faut que ça aille plus loin. On a bien conscience qu’on ne va pas sauver le monde avec nos chansons, mais pour autant, on sait que ça ne sert pas à rien. L’expérience nous a montré qu’on peut sensibiliser les gens sur des sujets, qu’on peut rassurer aussi, montrer qu’on n’est pas isolé, seul dans son coin, qu’on est nombreux à partager des valeurs humanistes. On est dans une période où les clivages entre les gens se font de plus en plus forts, de plus en plus prononcés. Donc chaque fois qu’il est possible de rassembler, il faut le faire. Sur scène, on peut créer du positif, en passant un moment chaleureux, en créant une unité. On en a tous besoin de joie dans nos vies. C’est comme arroser une plante, il en faut pour mieux avancer, pour mieux pousser, et encore plus en ce moment. Parce que quelqu’un qui reprend un peu de sourire, il le transmettra un peu le lendemain. Et puis ensuite, si dans nos chansons, on peut exprimer des opinions qui peuvent permettre à certains, peut-être, de regarder certaines choses sous un autre angle, ça nous va aussi.

    Vous parlez de rassembler les gens, votre collectif s’appelle Ensemble. Quelle importance accordez-vous
    à l’unité dans la période actuelle ?

    M.d’I : Le rassemblement c’est un des fondements du collectif : on est en train d’écrire un premier morceau, inédit, qui commence par : « La beauté du plaisir se vit dans son partage. » C’est une chose à laquelle on croit. Le partage de moments, le partage de valeurs, c’est exactement ça qui rend les choses belles. On est dans une société qui pousse à individualiser tous les débats, toutes les causes. Mais l’individualité, ça a vite ses limites. On fonctionne mieux ensemble, en ayant conscience que globalement, nos destins sont liés. Par exemple, dans une conférence, il avait été dit qu’à une époque, on parlait des « travailleurs ». Aujourd’hui, on ne dit plus ça, on dit soit les fonctionnaires, soit les artisans, soit les ouvriers. On a divisé en différentes petites cases les travailleurs, qui pourtant sont globalement dans le même bateau. On individualise alors que la solution, elle ne peut être que collective.

    Musicalement, qu’est-ce que votre registre, le reggae, dit de tout ça ?
    Que permet ce genre musical
     ?

    M.d’I : Chez Sinsemilia, on n’aurait jamais fait de musique s’il n’y avait pas eu de reggae. C’était la passion de notre adolescence. Il y a eu un coup de cœur à la fois sur le côté musical, mais aussi sur ce que cette musique exprime, très souvent, dans ses textes, les valeurs qui y sont transmises. Par exemple, dans l’œuvre de Bob Marley, un morceau comme Get Up, Stand Up, est un exemple du courant de militantisme pour l’égalité des droits pour tous et de son approche pacifiste, mais pas à n’importe quel prix. Cette notion-là est très importante dans le reggae, celle de combat pour l’égalité des droits et de combat pour la paix, et l’unité. C’est ce que nous, aujourd’hui, on cherche à transmettre, et on a vraiment hâte du 3 avril, de revivre sur scène ce que l’on a vécu il y a quelques mois.

  • Paix, humanité et solidarité en musique à Aix-en-Provence

    Paix, humanité et solidarité en musique à Aix-en-Provence

    La 6e édition du concert pour la Paix, l’Humanité et la Solidarité, programmée le 3 avril au 6MIC à Aix-en-Provence, affiche complet depuis plus d’un mois. Cet événement est porté par le Casi cheminots Paca (comité d’activités sociales inter-entreprises). « Je pense que c’est lié à l’évolution de l’événement, en termes de communication et d’artistes qui se produisent », analyse le secrétaire de la structure, Sébastien Gronnier.

    Cette année, la programmation repose sur le collectif « Ensemble » qui réunit plusieurs artistes engagés. Une formule qui attire un public élargi grâce aux réseaux de chacun. Pour seulement 10 euros en prévente, les spectateurs pourront assister aux performances de Mike et Riké (Sinsemilia), Guizmo et Manu (Tryo), Vanupié et HK. En première partie, DJ Mike, artiste amateur issu du milieu cheminot, ouvrira la soirée. « Notre concert est un ovni dans le paysage culturel, souligne Sébastien Gronnier. Et ce collectif, qui vient de se créer, l’est tout autant. Les gens viennent aussi pour découvrir quelque chose de différent. »

    Réunir des acteurs de la solidarité

    « L’idée, c’est de réunir en un même lieu des acteurs de la solidarité avec lesquels nous travaillons depuis de nombreuses années », détaille Sébastien Gronnier. Parmi eux : SOS Méditerranée, le Secours populaire français, le Mouvement de la paix et l’Orphelinat national des chemins de fer de France (ONCF). Avant le concert, à 17h30, un débat est organisé, d’abord exclusivement réservé aux cheminots, autour de thématiques de paix, d’humanité et de solidarité. L’objectif est de faire connaître ces associations et d’encourager l’engagement. Puis, les artistes viennent participer à ces échanges, notamment sur la place de la culture et de l’éducation populaire.

    « On attend un rayonnement post-concert, une prise de conscience que d’autres choses sont possibles », insiste le secrétaire du Casi. Un village associatif prendra place dans le hall du 6MIC afin de permettre au public d’échanger directement avec les structures présentes. « Il faut apporter de l’espoir, semer des petites graines dans une période un peu anxiogène », ajoute-t-il.

    « L’objectif n’est pas d’être rentable »

    Mettre en place un tel événement demande du temps. « C’est un travail qui dure environ un an », précise Sébastien Gronnier. La principale difficulté reste la recherche d’artiste en adéquation avec les valeurs portées. « Il faut qu’ils sachent pourquoi ils jouent. Or, rares sont ceux prêts à s’afficher sur ce type de thématiques, notamment la paix. » À l’inverse, les partenariats avec les associations sont plus simples, car ils s’inscrivent dans la durée.

    Le choix de proposer des places à prix réduit relève aussi d’une volonté assumée : sortir d’une logique purement commerciale. « On n’est pas à perte, mais l’objectif n’est pas d’être rentable », insiste-t-il. Les recettes seront d’ailleurs divisées entre les quatre associations partenaires. « Tous ceux qui achètent un billet sont aussi acteurs de la solidarité », apprécie l’organisateur.

    Parler paix dans un monde en guerre

    Dans un contexte international marqué par les conflits, le message peut surprendre ou paraître « illusoire », pour reprendre la formule de Sébastien Gronnier. « Quand on dit qu’on organise un concert pour la paix alors que les médias parlent essentiellement de guerre, ça fait parfois un peu sourire », reconnaît-il.

    Mais pour lui la démarche est essentielle : « La paix ne se résume pas à l’absence de guerre, c’est quelque chose qui se cultive au quotidien. Nous, on n’a pas attendu qu’il y ait une guerre, notre premier concert était en 2020, on ne parlait pas aussi fréquemment et aussi durement des conflits qu’il y a actuellement au Moyen-Orient ou en Ukraine, pour les plus récents. » Se rassembler, échanger, créer du lien : autant d’actions qui participent, selon lui, à construire une culture de la paix. « Même si un jour il n’y a plus de guerre, on continuera à parler de paix », assure le secrétaire du Casi.

    Pour cette édition, près de 500 cheminots sont invités. Et au-delà du succès immédiat, l’objectif reste le même : « On espère voir aussi des jeunes, et donner envie à d’autres initiatives de se créer, en dehors d’une logique purement capitaliste », conclut-il.

  • Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Mercredi matin, à 7h45, un TER a percuté un poids lourd sur un passage à niveau situé chemin de Pierre Dave, à proximité de la gare du Dramont, à Saint‑Raphaël. Le camion transportait plusieurs mobil-homes en direction d’un camping des environs. Son conducteur, un homme de 59 ans, est décédé dans la collision.

    Les 263 passagers du train ont été pris en charge. Parmi eux, 96 ont nécessité une assistance, dont 21 blessés légers transportés vers des hôpitaux. Les 40 sapeurs-pompiers dépêchés sur place ont rapidement maîtrisé l’incendie qui s’était déclaré sur la remorque du poids lourd.

    La circulation des trains est interrompue entre Saint-Raphaël et Cannes, ainsi qu’entre Toulon et Nice. Elle doit reprendre progressivement jeudi, mais avait déjà été rétablie entre Marseille et Saint-Raphaël-Valescure. En fin d’après-midi ce mercredi, des expertises étaient en cours pour réparer la caténaire, la voie et le passage à niveau. Les mobil-‑homes ont été évacués, tandis que les opérations de relevage du train se poursuivaient en début de soirée.

    Un passage à niveau qui pose question

    Le vice-président de la Région Sud en charge des transports, Jean-Pierre Serrus, s’est rendu sur les lieux de l’accident en fin de matinée. Il a adressé ses « pensées aux proches de la victime de l’accident et aux passagers, choqués et pour certains blessés ». Il a indiqué qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances du drame.

    Selon le président de la Région, Renaud Muselier, « les premières constatations laisseraient apparaître que le camion s’est immobilisé sur la voie ferrée. À la fermeture des barrières qui annonçaient l’arrivée du train, le conducteur est resté dans le camion pour tenter d’extraire son véhicule, qui a alors été percuté. »

    Ce passage à niveau posait-il des problèmes ? Selon un diagnostic de sécurité routière produit par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), établi le 11 juillet 2024, il ne permettait pas « un bon franchissement pour tous les types de véhicule », ni « un mode de gestion permettant d’éviter que des véhicules se retrouvent bloqués ». Le document signalait également des problèmes de visibilité et de signalisation, dus notamment à la présence de végétation et de panneaux publicitaires.

    Les syndicats cheminots ont présenté leurs « condoléances » aux proches du chauffeur. Sud Rail Paca « apporte son soutien au collègue conducteur du TER Transdev » et salue « les collègues et les secours mobilisés sur l’événement », à l’instar de la CGT Cheminots Paca. « Cet événement tragique doit servir à sensibiliser les usagers sur la dangerosité des passages à niveau », ajoute Steven Croquefer, de la CGT Cheminots des Arcs-sur-Argens.

  • La CGT Cheminots rend hommage à Pierre Semard à La Seyne-sur-Mer

    La CGT Cheminots rend hommage à Pierre Semard à La Seyne-sur-Mer

    « Pierre Semard n’était pas seulement un dirigeant syndical. Il était un homme de conviction, militant infatigable, défenseur passionné des cheminots et du monde du travail. Secrétaire général de la fédération des cheminots CGT, dirigeant engagé, il consacra sa vie à la justice sociale, à la dignité ouvrière et à la paix. Jusqu’au bout, il refusa de renier ses convictions », ont rappelé les cheminots, avant de déposer une gerbe de fleurs sur la stèle à son honneur.

  • Un hommage à Pierre Semard pour « lutter » encore contre l’extrême droite à Avignon

    Un hommage à Pierre Semard pour « lutter » encore contre l’extrême droite à Avignon

    Comme chaque année, la commémoration a été rythmée d’un discours, d’une minute de silence et d’une dépose de gerbe. Mais cette année, « elle a une certaine résonance vu la situation actuelle, et la venue de Bernard Thibault a ramené du monde », explique Loïc Guigou, le secrétaire général de la CGT Cheminots d’Avignon. Une cinquantaine de cheminotes et cheminots étaient présents. « C’est une commémoration qui nous tient vraiment à cœur, elle nous rappelle le passé, mais aussi le présent », continue le cheminot, « il avait prédit la montée du fascisme, les similitudes d’aujourd’hui avec ce qu’il décrivait sont alarmantes ». Lorsque le Front populaire triomphe en 1936, c’est en tant que secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots réunifiée qu’il agit aux côtés de Léon Blum pour l’obtention de 21 jours de congés payés et la semaine de 40 heures dans les compagnies de chemins de fer. Pierre Semard est fusillé par les nazis le 7 mars 1942, après avoir été remis aux autorités allemandes par le régime de Vichy.

    Un précurseur

    En avance sur son temps, « on l’honore aussi parce qu’il prônait déjà le rassemblement des salariés et la dimension unitaire à donner aux luttes pour la construction du rapport de force », confie Loïc Guigou. La CGT Cheminots d’Avignon revient sur ce qu’on permit les militants de l’époque : « Ils sont parvenus, à élever les consciences, à gagner des conquêtes sociales qui nous servent encore de bases revendicatives. Rien ne doit nous faire douter, rien ne pourra nous arrêter, car notre combat se place dans le prolongement du leur. » Rappelant qu’honorer la mémoire de Pierre Semard « n’a rien d’archaïque ou de passéiste comme certains pourraient le laisser penser. »

    Loïc Guigou explique « qu’il a porté la nécessité d’un syndicalisme qui doit garder son indépendance vis-à-vis des partis politiques, tout en précisant qu’indépendance ne signifie pas neutralité ». Et d’insister : « Pierre Semard avait une grande lucidité quand il demandait à ses camarades cheminots de poursuivre inlassablement le combat contre le fascisme, car celui-ci est toujours sous-jacent et s’alimente de la misère pour en faire son lit. »

  • À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013, sera présent au club des Cheminots d’Avignon, ce jeudi 5 mars, pour échanger avec les militants locaux autour de la CGT et de ses relations internationales.

    Cette venue s’inscrit dans une initiative de l’Institut d’histoire sociale (IHS) CGT de Vaucluse. Bernard Thibault, également coprésident du comité de suivi de la charte sociale pour les JO de Paris, a été invité à participer à cette rencontre. « On a décidé de lancer l’initiative de faire des rappels historiques qui se retrouvent aujourd’hui dans des problématiques très contemporaines. On veut aller plus loin que la mémoire locale », explique André Castelli, président de l’IHS de Vaucluse, qui se réjouit de la venue « d’une figure du syndicat dans son évolution et sa transformation ».

    Première ligne

    Un peu moins d’une centaine de personnes sont attendues lors de ces échanges, au cours desquels seront abordés le rôle du syndicat et ses relations avec les organisations étrangères. « Ces rapports sont importants, car, dans le monde entier, ce sont souvent les travailleurs qui paient les factures de décisions qui ne leur appartiennent pas, qui sont issues du monde capitaliste. Il s’agit de voir comment mener la riposte », ajoute André Castelli.

    Une initiative qui en appelle d’autres. L’IHS prévoit d’organiser plusieurs rencontres dans les prochains mois, notamment autour de la CGT face au fascisme ou encore d’un débat consacré à la paix.

  • Le film dédié aux cheminots projeté dans une salle des Rotatives comble

    Le film dédié aux cheminots projeté dans une salle des Rotatives comble

    « Ça nous a permis d’exprimer quelque chose de fort en nous », explique avec émotion Charles Élie, conducteur de train depuis dix ans. Le documentaire Tous Cheminots a été projeté par l’association Casi dans la salle des Rotatives de La Marseillaise, vendredi, devant un public venu en nombre pour débattre dans la foulée. Parmi les spectateurs, des cheminots, mais aussi des citoyens, représentants de travailleurs, des membres associatifs ou des élus.

    Ce documentaire retrace le « drame humain » qu’a représenté la mise en concurrence, à savoir la politique permettant à diverses sociétés de commercialiser leurs services de transport ferroviaire, mettant progressivement fin au monopole de la SNCF. Ici, le regard est porté sur la région Paca.

    Pour les cheminots, la libéralisation et la mise en concurrence ont détruit toute « l’âme » de la SNCF au profit d’une pure rentabilité. « Le pire, c’est que le train n’est même pas rentable de base », note l’un des cheminots présents. Ils expliquent comment l’État a tout fourni aux entreprises privées : trains, rails et matériel sous prétexte de mise en concurrence. « C’était un choix politique et l’incitation de l’Union européenne a été une aubaine. » Les cheminots racontent avoir été dépossédés de leur travail dans le service public. Les réactions fusent dans la salle : « La Poste, ça a été pareil ; France Télécom aussi ; EDF, pareil ! »

    « Des histoires familiales »

    La SNCF, ce sont « des histoires familiales », raconte un petit-fils de cheminot, qui ajoute : « On s’entraidait et un puissant tissu social existait. » « Regardez les autres pays européens, comme l’Angleterre, qui reviennent en arrière et refondent aujourd’hui leur service public de train », souligne un cheminot. Les voyageurs sont eux aussi concernés, confient les cheminots : « Ça complexifie tout d’avoir plein d’entreprises privées dans les mêmes gares, en termes de communication, de correspondances, etc. »

    L’ennemi reste le même pour tous les travailleurs présents dans la salle : le libéralisme. Avec un idéal commun, celui du service public fédérateur.

    Réservations : billetweb.fr