Tag: changement climatique

  • [Entretien] « J’espère que 2026 sera un tournant dans les états d’esprit »

    [Entretien] « J’espère que 2026 sera un tournant dans les états d’esprit »

    La Marseillaise : Après cet été marqué par les canicules et les incendies, peut-on parler d’un tournant face aux risques naturels ?

    Alix Roumagnac : De manière large, je dirais que 2026 toute entière a marqué un tournant. On a commencé l’année avec de nombreuses tempêtes et inondations dans l’ouest de la France, puis nous avons connu une succession de canicules dès la fin du printemps. Predict fête ses 20 ans cette année. Tous les jours, notre travail consiste à observer les événements en région, en France et même à l’international. Objectivement, on constate une augmentation assez généralisée de leur fréquence et de leur gravité.

    Le Gard et l’Hérault ont été un peu des lanceurs d’alerte. L’idée de Predict est née après les événements qui ont touché l’Aude en 1999, puis le Gard en 2002 et 2003. Depuis, on observe une accélération. Et on prend conscience que cela ne concerne plus seulement le Gard et l’Hérault, mais l’ensemble du bassin méditerranéen.

    On vit dans un monde où les extrêmes se succèdent : on passe de sécheresses absolues, avec des incendies violents, à des inondations majeures. C’est pourquoi j’espère que 2026 sera aussi un tournant dans les états d’esprit. Quand nous nous éloignerons de ces chaleurs, de ces incendies et de ces orages, il ne faudra pas oublier que cette route vers les événements extrêmes est écrite. On ne s’en sortira pas si nous ne prenons pas des décisions fortes.

    Peut-on parler d’un système
    de risques en cascade ?

    A.R. : Tout est lié, en effet. Le dérèglement climatique renforce les extrêmes et génère des effets en cascade. Les canicules provoquent des sécheresses, qui favorisent les incendies violents. Elles contribuent aussi aux canicules marines. Aujourd’hui, la température de la Méditerranée bat tous les records, avec une valeur médiane supérieure à 29,5°C sur l’ensemble du bassin. C’est une énorme énergie disponible pour les épisodes méditerranéens.

    Pour le moment, les modèles que nous suivons ne voient pas de dépression susceptible de déclencher un tel phénomène dans les jours ou les semaines à venir. Mais la saison va être longue : plus la Méditerranée est chaude, plus le potentiel est important en septembre, octobre, novembre, voire décembre.

    Comment votre travail évolue-t-il face à cette accélération des risques ?

    A.R. : Notre métier évolue en permanence. L’alerte précoce, ce n’est pas simplement de la prévision météorologique ou l’envoi de messages. Elle repose sur quatre piliers : connaître le risque, s’y préparer, le monitorer et diffuser les messages le plus en amont possible pour permettre de prendre les bonnes décisions.

    La mobilisation s’intensifie. Nous suivons les événements près de 250 jours et nuits par an. Les collectivités nous demandent également de plus en plus de les accompagner sur les feux de forêt : détection des départs de feu, simulations de propagation, messages de sécurité, analyse d’images satellites… Nous devons adapter en permanence nos méthodes et nos outils. Mais les événements restent anticipables : les modèles et les outils d’observation deviennent de plus en plus précis.

    Les collectivités sont-elles aujourd’hui mieux préparées
    pour faire face aux risques ?

    A.R. : En 20 ans, nous avons vraiment observé un changement d’état d’esprit. La prise de conscience des risques et des problèmes climatiques par les élus n’a plus rien à voir. Nous avons également progressé sur les outils. La spécificité cette année, c’est qu’avec les élections municipales, de nombreuses nouvelles équipes sont en place. Nous avons donc dû aller à leur rencontre pour qu’elles prennent rapidement conscience des risques et des moyens d’agir.

    Nous avons par ailleurs mis en place les « Mercred1 » : tous les premiers mercredis du mois, les sirènes sonnent dans les communes de France. À 10 heures, nous organisons, avec les communes partenaires, un exercice de crise jusqu’à midi. Beaucoup d’élus participent et viennent s’entraîner avec leurs équipes municipales pour être prêts le jour J. Plus de 80% des communes travaillent avec nous dans le Gard et l’Hérault. À l’échelle nationale, ce sont plus de 25 000 communes sur les 35 000 existantes qui utilisent les outils de Predict.

    Et les habitants ? Sont-ils suffisamment préparés ?

    A.R. : Pour qu’il y ait une bonne gestion de crise, il faut que tout le monde joue la même partition. Le citoyen doit donc être acteur de sa propre sécurité. Dans l’Hérault, nous sommes dans un département qui accueille beaucoup de nouveaux arrivants, notamment dans la métropole de Montpellier. Lorsqu’ils voient ce beau ciel bleu, ils ne s’imaginent pas forcément qu’en passant à côté du Lez ou du Verdanson, une crue peut survenir en deux heures. D’où l’importance de l’acculturation et de l’information en début de saison (lire p6).

    Que faut-il attendre des prochaines décennies dans nos départements ?

    A.R. : Je ne souhaite absolument pas dramatiser. Mais, de manière très factuelle, l’Hérault détient le record national de température, avec 46°C à Vérargues en 2019. Les 50°C sont écrits dans les modèles comme pouvant être dépassés d’ici 2050, mais ça peut aussi bien avoir lieu l’année prochaine, compte tenu de l’accélération actuelle. Il ne faut pas effrayer, mais il faut se préparer. Avec une Méditerranée à 29 ou 30°C, si une dépression arrive, il peut y avoir la formation de « medicanes », des sortes de cyclones méditerranéens. Ce n’est pas de la science-fiction. Cela peut signifier des vents très importants, des tempêtes, des submersions marines et de fortes inondations. Mon message est simple : nous vivons dans un beau pays, donc ne cédons pas à la panique. Face à ces scénarios de peur, je crois que la bonne façon de prendre le dessus sur la peur, c’est d’être dans l’action. C’est ce que nous essayons de faire à Predict. Chaque citoyen, à son niveau, peut avoir la même démarche.

  • Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Le changement climatique pourrait amputer le produit intérieur brut (PIB) de 3,6% en 2050 en cas d’inaction climatique, selon une note du ministère français de l’Économie présentée vendredi 11 septembre par le ministre Roland Lescure.

    « En l’absence de mesures supplémentaires d’adaptation au dérèglement climatique et de mesures de réduction des rejets de gaz à effet de serre, le changement climatique pourrait aussi par conséquent dégrader le déficit public, de 1,8 point de PIB en 2050 », précise ce document de la Direction générale du Trésor, présenté par le ministre lors d’un séminaire consacré à ce sujet. L’impact financier commence à faire réagir l’exécutif, sur le papier. L’aveu fait dans ce rapport est frappant : « La littérature académique suggère que les solutions d’adaptation mises en œuvre jusqu’à présent auraient permis d’éviter jusqu’à la moitié des coûts liés aux dommages climatiques sur l’activité. » Mais les pistes esquissées par cette note du Trésor sont quasi inexistantes, hormis des exemples d’investissements privés. Un peu court pour élaborer une stratégie.

    Dans les communes, notamment du Gard et de l’Hérault, les mesures sont prises en particulier pour prévenir et se prémunir des phénomènes méditerranéens, ces pluies diluviennes qui pourraient déferler cet automne. À Montpellier, les jours d’inondations ou d’incendies, tous les acteurs sont réunis en cellule de crise qui sera centralisée dans le futur hôtel des sécurités. Il ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029.

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas. À Nîmes, la nouvelle majorité de gauche conduite par le maire Vincent Bouget, veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78 million d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles (lire page 7). Dans le Gard Cévenol, les plus anciens se souviennent notamment des inondations de 1958.

    L’importance des barrages

    À l’époque le Gardon, le Vidourle et la Cèze, en crue, provoquèrent d’importants dégâts sur 45 communes, tuant plus de 30 personnes. Pour les trois barrages situés sur le Vidourle, c’est aussi 600 000 euros d’entretien chaque année à débourser. Ces barrages, dont deux sont écrêteurs de crue, permettent chacun de retenir 10 millions de mètres cubes d’eau. Pourtant, leur impact est limité. « Si l’orage est un kilomètre après le barrage, ça ne sert à rien », prévient Jacques Dautheville, maire de Conqueyrac et ancien vice-président de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Vidourle. L’élu a surtout constaté qu’en 2002, les deux barrages situés sur sa commune n’avaient pas empêché l’importante crue de toucher sa mairie, qui s’était retrouvée sous 1,5 mètre d’eau. (lire page 7).

    La prévention des pluies et des inondations fait l’objet d’une campagne nationale qui concerne 15 départements du pourtour méditerranéen, dont le Gard et l’Hérault. Au total, les inondations menacent 9 millions d’habitants sur le pourtour méditerranéen, en particulier en automne. Après les canicules hors normes de l’été, les épisodes orageux de grande ampleur sont attendus. Appelés phénomènes cévenols, ces intempéries sont désormais qualifiées de phénomènes méditerranéens car il concerne les régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse.

    Or, le coût des inondations est considérable et pourrait augmenter à l’avenir, d’où l’importance d’anticiper au maximum les éventuels facteurs de risque. Sur le pourtour méditerranéen, entre 1995 et 2022, 75 % des communes ont connu des sinistres indemnisés par les assureurs au titre du régime des catastrophes naturelles pour l’inondation ; 5 communes du département des Alpes-Maritimes ont été reconnues plus de 30 fois entre 1982 et 2025 ; 12 communes du pourtour méditerranéen ont un coût cumulé des sinistres causés par des inondations supérieur à 100 millions d’euros entre 1995 et 2022.

    Les collectivités dans le Gard et dans l’Hérault se mobilisent également via des politiques telles que le développement des transports en commun. C’est le cas à l’échelle de la Région Occitanie qui mise sur le déploiement du service public ferroviaire et d’une tarification incitative. À Montpellier la gratuité des transports sur l’ensemble des communes de la métropole a fait décoller la fréquentation des tramways et des bus. Autant d’actions de fond pour faire baisser les émissions. de gaz à effet de serre.

    Paradoxalement, le cycle de l’eau est devenu « plus irrégulier et imprévisible », avertit l’ONU, soulignant que « les cours d’eau du monde entier avaient connu en 2025 l’une des années les plus sèches depuis plus de trois décennies ».

    L’année 2025 compte désormais également parmi les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débit fluvial, selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état des ressources en eau dans le monde.

  • Toulon Provence Méditerranée : une Métropole « résolument tournée vers l’avenir » pour faire face aux défis

    Toulon Provence Méditerranée : une Métropole « résolument tournée vers l’avenir » pour faire face aux défis

    À l’ordre du jour de cette séance publique, le rapport d’activité 2025 pour commencer, qui illustre de façon concrète toutes les actions réalisées. L’occasion pour la présidente de la Métropole de mettre en avant « les moyens importants » dégagés pour les mettre en œuvre, avec ici plus de 460 millions d’euros consacrés au fonctionnement et plus de 246 millions à l’investissement.

    Avec pour objectif de poursuivre sa stratégie de développement économique et touristique et de continuer, à travers son nouveau Plan de mobilité 2025-2035, d’assumer une politique volontariste pour réduire la part de la voiture, comme en témoigne l’augmentation des pistes cyclables dans le Port du Levant. Avec en ligne de mire également « la modernisation des transports en commun » et le lancement des travaux du Bus à haut niveau de service (BHNS). « Parce que la mobilité dans la métropole c’est un tout, un ensemble de moyens déployés pour faciliter ce qu’on appelle l’intermodalité, c’est-à-dire passer d’un mode de transport à un autre », insiste-t-elle.

    Solidarité avec

    les pompiers en grève

    Un bilan et des ambitions déclinés également au niveau de l’amélioration de l’habitat, de la préservation de l’environnement et en faveur de la transition écologique, avec notamment un nouveau Contrat de baie et la sécurisation du Faron afin d’adapter les espaces publics pour faire face au changement climatique.

    « En cette rentrée c’est surtout vers l’avenir que nous devons tourner notre regard », insiste Josée Massi. Un nouveau projet métropolitain, qui incarne les priorités du mandat sera prochainement présenté au conseil.

    La présidente de la Métropole a ensuite mis au vote un don de 300 000 euros au Service départemental d’incendie et de secours du Var (Sdis 83). Et précise : « C’est un sujet d’actualité puisque les sapeurs-pompiers sont mobilisés pour réclamer davantage de moyens humains et matériels. À notre échelle nous les soutenons ! »

    Concernant le dossier Grand prix de France du Castellet, la collectivité a pris acte du rapport d’observations accablant de la Chambre régionale des comptes et a accepté de contribuer à l’apurement de la dette par une avance de 1,6 million d’euros, tout en continuant à se réserver le droit de contester ultérieurement devant la justice tout ce qui pourra l’être.

    La gauche réagit

    L’élu d’opposition de gauche Stéphane Sacco (GRS) a profité de la délibération portant sur la rénovation thermique de l’école Victor-Hugo, à La Seyne, pour tacler le maire RN, en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles « les bâtiments qui en ont le plus besoin n’ont pas été intégrés à cette opération ». C’est-à-dire les préfabriqués abritant 10 classes. « Ils sont aujourd’hui dans un état très dégradé, constituent de véritables passoires thermiques et 3 sur les 4 bâtiments sont diagnostiqués avec présence d’amiante », insiste-t-il. En tout ce sont 35% des enfants de cet établissement qui ne bénéficieront pas d’une amélioration de leurs conditions d’apprentissage.

    Piqué au vif, le maire a répliqué que ces préfabriqués allaient être prochainement enlevés. Sans dire ce qu’il adviendra des 162 élèves qui y suivent aujourd’hui les cours. T.T.

  • Un collectif citoyen pour adapter la vallée de la Vallouise aux risques naturels

    Un collectif citoyen pour adapter la vallée de la Vallouise aux risques naturels

    « Notre vallée change sous l’effet du changement climatique et nous allons devoir nous adapter. » Le constat a été formulé en début de semaine, dans une lettre ouverte rédigée par le collectif citoyen de Vallouise-Pelvoux. La commune du Briançonnais avait été touchée par une crue torrentielle, fin août, et la route d’accès au Pré de Madame Carle avait été détruite. Se sentant impuissants, des habitants ont décidé d’agir en créant un collectif citoyen, qui regroupe déjà près de 350 membres.

    « Certains pensaient déjà avant à créer une forme de démocratie participative. Au moment de la crue, on s’est dit que c’était le bon moment », explique Sébastien, membre du collectif. Il décrit une inquiétude générale et légitime sur le risque de crues, alors que le village est situé en contrebas de plusieurs rifs et rivières. « Il y en a toujours eu, mais ça s’accélère, assure-t-il. Il n’y a aucune protection réelle et active, et la population ne se sent pas maître de son village. » D’autant plus qu’une crue peut aussi emporter la commune des Vigneaux et les hameaux en aval : « Ce qu’on ne fait pas en termes de protection a aussi un impact pour eux. »

    « Le temps de l’urgence »

    La gestion des risques est la priorité du collectif. Les enjeux autour de la reconstruction de la route du Pré de Madame Carle, principal accès au Parc des Écrins, est aussi au cœur du débat. Les autorités ont annoncé qu’elle ne sera pas reconstruite en son état antérieur. Cette décision a été « extrêmement rapide » pour le collectif, qui demande une réflexion collective. « On n’a pas tous le même avis entre nous, admet Sébastien. Mais on est conscient qu’il faut un collectif pour se faire entendre, et si besoin, pour faire pression sur les services compétents. » Pour ses membres, les réflexions entamées par les autorités ne vont pas assez vite, alors que l’on se trouve « dans le temps de l’urgence ».

    « Les enjeux sont trop importants pour que quelques responsables institutionnels définissent seuls la trajectoire de toute une vallée pour les prochaines décennies », souligne la lettre ouverte. Elle demande l’ouverture rapide d’une « véritable concertation citoyenne » sur l’adaptation de la vallée au changement climatique et aux risques naturels.

    Concrètement, le collectif propose la mise en place de plusieurs formes de participation : réunions publiques, ateliers en petits groupes, des temps de terrain réunissant habitants, acteurs locaux, techniciens et scientifiques, ou encore un questionnaire largement accessible à la population. « Tous ceux qui vivent ici possèdent une connaissance quotidienne du territoire, rappelle la lettre. Et cette connaissance doit être mise en regard de celle des scientifiques et des services de l’État. »

    Puisque d’autres événements extrêmes pourraient survenir dans les prochaines semaines, le collectif estime qu’il faut « agir vite, mais penser loin ». C’est-à-dire sécuriser et maintenir dès maintenant certains usages lorsque c’est nécessaire, mais aussi construire en parallèle une véritable stratégie de long terme. Car « d’une crue à l’autre, les mêmes questions reviennent, les risques évoluent, mais les réponses restent ponctuelles », alerte la lettre.

    « Il faut maintenant entamer un vrai travail en ce qui concerne l’habitabilité de notre territoire et les choix d’aménagement pour y vivre de manière durable », soutient Sébastien. Le collectif a déjà pu échanger avec Rémi Roux, maire de L’Argentière-la Bessée, et Joël Giraud, ancien maire de L’Argentière-la-Bessée et ancien député des Hautes-Alpes. « L’échange était constructif, ils sont aussi inquiets », assure-t-il.

    Pour la suite, le collectif espère devenir une association et envisage prochainement une première réunion publique avec les acteurs locaux.

  • À Briançon, LFI organise une réunion publique contre les JOP 2030

    À Briançon, LFI organise une réunion publique contre les JOP 2030

    « Les Jeux sont-ils compatibles avec la montagne ? », a interrogé, devant une soixantaine de personnes, Capucine Mounal, conseillère municipale d’opposition à Briançon et membre de LFI. Vendredi, le mouvement politique a tenu une réunion publique, à Briançon, pour dénoncer l’organisation des JOP 2030 dans les Alpes. « Face au changement climatique, continuer à aménager comme hier est une faute. La montagne n’est pas une marchandise, c’est notre responsabilité. »

    Un CIO tout-puissant

    La juriste et cofondatrice du collectif citoyen JOP 2030, Delphine Larat, a déroulé « la mécanique olympique », qui permettrait au Comité international olympique d’« imposer ses conditions » sur les plans financier et politique. « Comment avoir des JO compatibles avec l’environnement lorsque les principaux partenaires, comme Coca-Cola ou la banque JPMorgan Chase, font partie des plus gros pollueurs ? », a-t-elle dénoncé.

    « Ces Jeux sont un déni démocratique, un saccage environnemental et un gâchis d’argent public », a complété le député insoumis de la Savoie, Jean-François Coulomme, qui qualifie la loi pour l’organisation des JO de « dérogation à notre socle de droits ».

    Dans le Briançonnais, les inquiétudes concernent la vente du Fort-des-Têtes à la société de livraison des ouvrages olympiques (Solidéo) et le déboisement du Bois du Prarial à Montgenèvre. Les partisans des JO assurent de leur côté que l’événement valorisera le territoire et améliorera les infrastructures, tout en dynamisant l’économie locale.

    Agathe Di Lenardo

  • In vino veritas

    In vino veritas

    « L’exceptionnel est devenu la norme », explique l’historien du climat Thomas Labbé auteur d’une étude unique au monde, basée sur sept siècles de vendanges en Bourgogne qui « prouve que le dérèglement climatique a entraîné une “explosion“, des années”extrêmes“ ».

    À l’instar des climatologues du GIEC qui alertent depuis des décennies sur le dérèglement climatique et ses causes (les émissions de gaz à effet de serre produites par l’activité humaine via l’exploitation des énergies fossiles), l’historien décrit sur le temps long les effets du climat sur la vigne. Un exemple édifiant de l’accélération du phénomène.

    Le tournant de l’année 1988

    Explications : De 1354 à 1719, les années extrêmes de chaleur, et donc de précocité des vendanges, « intervenaient tous les 17 ans », explique Thomas Labbé. « De 1720 à 1987, tous les 53 ans. Mais, depuis 1988, tous les cinq ans. Et, depuis le début du XXIe siècle, on a déjà dix années extrêmes, soit environ une tous les deux ans et demi ». Il insiste sur le tournant que fut l’année 1988. À partir de là « on a clairement une mutation et surtout depuis le XXIe siècle. Sur les dix années les plus chaudes depuis 1354, quatre ont eu lieu au XXIe siècle : 2003, 2018, 2020 et 2025 ». L’année 2026 va s’ajouter à ce palmarès.

    Sauver la vigne et, plus largement l’agriculture, lourdement frappée par le changement climatique, nécessite une tout autre politique. Il est désormais indispensable de viser la neutralité carbone dans les 25 prochaines années.

    Or atteindre cette neutralité d’ici 2050 sera impossible sans une rupture avec le système économique dominant, le capitalisme et sa nature prédatrice.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les agriculteurs insatisfaits du plan de la ministre, « insuffisant »

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les agriculteurs insatisfaits du plan de la ministre, « insuffisant »

    « Pas à la hauteur de ce qu’on attend » : la FDSEA, les Jeunes agriculteurs et la Chambre d’agriculture ont tenu à réagir mardi aux annonces de la ministre et à son plan à un milliard d’euros, insuffisant selon eux, sur fond de sécheresse et de prédation importantes ces derniers mois dans le département. « 1 milliard d’euros, c’est une somme importante. Mais dans le contexte national, où on a à peu près 350 000 agriculteurs, ça représente à peu près 2 800 euros par exploitation. Je ne pense pas que ce soit à la hauteur de l’enjeu », a avancé Nicolas Solda, président de la FDSEA 04. « C’est un soutien momentané, mais on a un problème structurel sur l’agriculture française. Ce n’est pas le milliard qui va résoudre ce problème », a-t-il ajouté. « Le Casi, c’est comme si on faisait un infarctus et que c’était une réanimation », a de son côté lancé le président de la Chambre d’agriculture, Laurent Depieds. « La sécheresse a frappé de plein fouet les Alpes-de-Haute-Provence, avec des pertes de récoltes : 30 à 60% de fourrage en moins, et jusqu’à 50%, voire 70% de pertes sur les céréales », a détaillé Benjamin Ferrand, le président des JA 04. Pour lui aussi, ce plan d’aides est « une petite rustine qui ne va pas forcément combler le trou qu’il y a à combler. On est loin de l’objectif et des attentes, même si on note l’effort. »

    Prédation, grêle

    et stockage de l’eau

    Les représentants des syndicats agricoles ont par ailleurs évoqué la problématique de la prédation, avec une augmentation de 6% des attaques selon eux, et de la grêle. « La grêle qu’on a eue fin avril, début mai, les dossiers ne sont toujours pas passés, parce qu’il faut attendre le guichet qui va passer au mois de novembre. C’est le parcours du combattant », a déploré le président de la FDSEA 04. « Nos trésoreries sont à mal, on enchaîne les difficultés agricoles depuis plusieurs années, ça en va de la vie de nos exploitations. » Les agriculteurs ont également souligné les problématiques liées à l’accès à l’eau : « On a des saisons qui ont radicalement changé avec des étés très secs. Il faut qu’on puisse stocker l’eau quand elle est là. On n’a plus le temps d’attendre », a lancé le président des JA 04.

  • Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Gaby Charroux : « On a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : La Métropole rediscute de son budget ce jeudi. En aura-t-elle un avant la fin de l’année ?

    Je serai évidemment là le 10 septembre pour ces votes, quels qu’ils soient. On va voir, ça peut encore évoluer, mais l’ordre du jour est fixé. On a eu une évolution : « la Métropole des maires » je ne sais pas très bien ce que ça veut dire. Pour le moment, un peu comme l’avait proposé Éric Woerth dans son rapport, ça s’est matérialisé par la désignation d’un représentant du maire de Marseille à la première vice-présidence, que la maire d’Aix soit deuxième vice-présidente et que le maire de Martigues soit le troisième. C’est une façon de montrer que les maires sont impliqués. Maintenant se pose la question du budget. La compensation de la taxe professionnelle est versée à la Métropole qui nous la reverse. Si on venait à y toucher, que ce soit une volonté de la Métropole, une injonction de la préfecture, ce serait catastrophique pour la ville de Martigues et toutes celles qui ont accueilli les industries dans le passé. Accueillir l’industrie, cela voulait dire accueillir les travailleurs en créant des écoles, des logements, des gymnases, des équipements culturels, sociaux et sportifs. Il faut les faire fonctionner.

    Didier Gesualdi : Vous allez vous laisser faire ?

    Non, pas plus que depuis le premier jour, chacun connaît ma position concernant la Métropole. Mais j’ai fait des propositions. Il est de notoriété publique que je ne trouvais pas très responsable de ne pas présenter de budget, mais une majorité s’est dessinée pour aller dans ce sens. Moi, j’ai proposé de toucher à la fiscalité. Il ne doit pas y avoir de dogme en la matière. J’ai proposé de maintenir tout ce qui concernait les associations qui font vivre le lien social.

    Léo Purguette : « La Marseillaise » a révélé que la Métropole s’apprêtait à réévaluer des taxes prélevées sur les entreprises. C’est une bonne nouvelle ?

    Oui, bien sûr que oui. Cela peut faire évoluer un peu ce dogmatisme. Mais, à vrai dire, ce sont des exonérations qu’on va annuler. Ça fait 26 millions d’euros de recettes fiscales en plus. En réalité, on ne parlait pas vraiment de ça. On parlait du versement mobilité des entreprises et de la taxe foncière. Le versement mobilité dépend directement de la loi, donc on ne l’aura pas avant la présidentielle, ni les législatives. La taxe foncière dépend de la Métropole, on n’a pas choisi ce chemin-là, je le regrette. On pouvait le faire modérément et on réglait les problèmes.

    L’avenir de l’institution

    Léo Purguette : La Métropole peut-elle fonctionner dans ces conditions ?

    Il faut donner une chance à cette Métropole. J’entends dire « il faut faire péter, il y en a marre ». J’étais de ceux-là, mais depuis, la loi a été votée. Elle existe. Il manquait 75 millions d’euros pour le budget 2026. On est à trois mois de la fin de l’année. Le lendemain matin du 10 septembre, il faudra commencer à travailler le budget 2027 qui ne va pas être facile non plus. Au-delà de cette année, j’ai des propositions qui, je l’espère, seront entendues. Je pense qu’il faut regarder le périmètre géographique, le périmètre des compétences aussi. Les grandes compétences stratégiques peuvent être à la Métropole, ok. Aménagement du territoire, développement économique, industrie… D’accord pour tout ça. Les compétences opérationnelles en revanche, franchement quand ça tournait bien, il faut les rendre à la proximité.

    Léo Purguette : Avez-vous senti un changement de fonctionnement au quotidien de l’institution depuis que son président l’a décrétée « Métropole des maires » ?

    J’ai une expérience qui date de quelques jours. Il y a l’éternel problème de la collecte des ordures ménagères. J’ai rencontré le vice-président Perottino et le directeur. Ils ont marqué la volonté d’apporter des solutions adaptées ici ou là, en fonction des possibilités. Ça m’intéresse cette façon de faire. Le sujet du traitement des déchets demeure. L’État n’est plus favorable à ce qu’on appelait des « décharges ». Ça veut dire qu’il ne restera que l’incinération et qu’il faudra développer ça.

    Nicolas Isnard et Benoît Payan

    Didier Gesualdi : Qu’auriez-vous à dire au président de la Métropole et au maire de Marseille ?

    Je les ai souvent au téléphone… Je crois qu’on a besoin de regarder un autre chemin pour la Métropole. J’avais proposé, en son temps, dans un ouvrage, d’emprunter d’autres voies. Il faut se mettre ensemble pour voir ce qui peut aller et ce qui franchement ne va pas. La question des ressources, en particulier, celles qui viennent de l’État à travers la fiscalité, doit être débloquée. Je ne suis pas très optimiste. J’ai entendu M. le Premier ministre sur le budget 2027. Il ne va pas durer longtemps dans ses fonctions, son budget non plus. Mais en disant « on ne touche pas à la fiscalité », je crois qu’on fait fausse-route.

    Didier Gesualdi : Est-ce que c’est bloquant pour l’avenir de Martigues ?

    Quand on parle de l’avenir de Martigues, on parle de celui de ses habitants et des perspectives que l’on peut avoir en matière d’épanouissement individuel d’une part et de propositions collectives dans tous les domaines. Je pense à l’accès à la formation, à l’éducation, à la culture, au sport, au logement… Oui Martigues a de l’avenir, nous le préparons notamment au prix d’efforts colossaux pour s’adapter au changement climatique dans nos écoles par exemple.

    La rentrée

    Léo Purguette : Avez-vous tenu compte des fortes chaleurs constatées cette année pour aménager les écoles ?

    Mai, juin et septembre sont désormais des mois de fortes chaleurs. Il y a la nécessité d’adapter chaque classe de nos écoles à ces conditions. On a fait un travail remarquable, en sept semaines, qui avait été préparé avant bien évidement, dans les classes, sur les sols dans les cours de récréation, pour l’ombre. On a formidablement travaillé. Merci aux services publics municipaux. On a mis dans chacune des 205 classes de Martigues deux brasseurs d’air, des brise-lumières. Dans les écoles maternelles, une clim’ pour les dortoirs. Des cours replantées d’arbres…Nous travaillons aussi beaucoup sur un axe tout aussi urgent et volontariste, c’est l’accessibilité des établissements, que ce soit pour les enfants ou les adultes. On a désormais deux écoles avec un ascenseur dans chacune d’elle.

    L’hôpital

    Léo Purguette : Que peut le maire de Martigues vis-à-vis de l’hôpital où les agents se sont mobilisés récemment ?

    Nous avons déjà fait beaucoup. Avec d’autres, nous avons fait des efforts considérables pour que dans le cadre de la nouvelle industrialisation et de la décarbonation, nous soyons retenus sur deux points : la rénovation de l’hôpital et le contournement de Martigues-Port-de-Bouc. Le plan de rénovation de l’hôpital est insuffisant à 65 millions d’euros, mais c’est bien, on va faire. C’est déjà un grand pas.S’agissant de l’hôpital, qu’est-ce que je peux faire ? La position de maire-président du conseil de surveillance est utile car c’est un endroit où on peut parler avec l’ARS, la direction de l’hôpital etc. Clairement cet hôpital manque de moyens financiers, immobiliers, technologiques et en personnel. Sur l’immobilier on s’est mobilisé pour obtenir la rénovation, sur la technologie on s’est doté d’un robot utile pour soigner en urologie, gynécologie et dans d’autres domaines. Le personnel est en grande souffrance. On ne peut pas tripatouiller pour leur piquer 20 minutes de pause repas quand ils ont travaillé six heures. On a besoin d’entendre les personnels. Il paraît que c’est une priorité nationale !

    L’actualité politique

    Didier Gesualdi : Vous avez pris position pour la liste d’union conduite par votre camarade Jérémy Bacchi aux sénatoriales. Quel est l’enjeu de ce scrutin ? C’est l’occasion de faire entendre la voix des territoires ?

    Le Sénat, c’est l’assemblée qui représente le mieux les maires. On a besoin d’y envoyer une force. Si on peut y envoyer trois ou quatre sénateurs dans cette assemblée qui a aujourd’hui une majorité un peu différente de celle que j’espère, on y prendra notre part. Je crois qu’on peut réussir, sur les huit sénateurs que comptent les Bouches-du-Rhône, à avoir ces trois ou quatre élus. J’y crois. Je compte sur mes collègues maires qui peuvent faire confiance à ces sénateurs sortants de gauche qui ont bien travaillé, mais aussi à des gens qui parlent comme moi pour qu’on aille soutenir le 27 septembre cette liste.

    Didier Gesualdi : Il y a un risque à l’élection présidentielle et probablement aux élections législatives qui suivront, de voir le RN s’imposer en France. Vous avez dû batailler contre le RN pour être réélu maire. Quel est le message que vous avez envie de faire passer ?

    Je ne peux pas me satisfaire d’entendre ce discours matraqué en boucle sur les chaînes de télévision. Les futurs candidats d’extrême droite reconstruisent l’histoire pour la rendre conforme à leur vision de haine, d’exclusion, repliée sur elle-même. L’autre jour, une des leurs racontait que l’on ne devait pas notre système de retraites par répartition au Conseil national de la Résistance mais à Vichy, sans que personne ne bronche sur le plateau ! Je ne peux pas l’accepter. On a besoin d’autre chose dans ce pays. On est dans une phase où il y a de nombreux candidats. Ça va se décanter.

    La présidentielle

    Léo Purguette : Les communistes sont consultés jusqu’à ce dimanche sur la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle. Quel sera votre vote ?

    Je suis d’accord pour que notre candidat Fabien Roussel soit présent jusqu’au bout. On a besoin de faire entendre ces voix, de dire quelles sont les valeurs que nous portons. C’est-à-dire tout ce dont on vient de parler. Moi, je défends l’hôpital, les services publics, l’éducation. Rendez-vous compte de l’état de l’éducation ? Nous n’en avons pas assez parlé. Les enseignants souffrent notamment de rémunérations qui sont franchement indignes.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Asmae :

    Bonjour M. le Maire. J’ai vu que vous avez fait la rentrée à Notre-Dame des Marins. Est-ce que c’est pour un vous un symbole ?

    Oui, c’est un symbole. C’est un quartier en politique de la ville qui souffre de la non-réhabilitation depuis des dizaines d’années des logements de 13 Habitat. Il y a eu un petit sursaut lorsque Madame la ministre Méadel est venue visiter à l’été 2025. À chaque cage d’escalier, elle s’étranglait devant l’état des lieux. Elle est revenue, constatant que les améliorations étaient très insuffisantes, elle avait supprimé des moyens financiers à 13 Habitat. Rien n’a changé pour autant. Quant à 13 Habitat, on a une succession de présidents. Maintenant, c’est Martial Alvarez, le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône. On va parler avec lui. Il y a longtemps que l’investissement pour construire Notre-Dame des Marins a été amorti. Un projet de réhabilitation de plusieurs dizaines de millions d’euros existe, mais 13 Habitat n’a pas bouclé le financement et prévoit donc des augmentations de loyers de 8% à partir de 2032, après la fin des travaux. Ça ne peut pas le faire ça ! Pas du tout ! Je ne suis pas d’accord pour entendre ce genre de choses. Les habitants payent leur loyer, ils font beaucoup d’efforts pour cela. C’est bénéfice net pour le bailleur. Ce n’est pas acceptable. J’ai fait des propositions pour aérer le quartier en relogeant tout le monde, bien sûr, car les bâtiments avaient été construits les uns sur les autres. Si j’ai fait la rentrée scolaire là-bas, c’est parce que l’école comme le centre social sont au cœur du quartier. Nous, à Martigues, on est aux côtés des habitants, les services publics n’abandonnent pas ce quartier d’habitat social.

  • L’avenir se prépare aussi dans la cour des écoles, à Toulon

    L’avenir se prépare aussi dans la cour des écoles, à Toulon

    Pas du tout intimidés par cette énième rentrée des classes, certains élèves ne cachent pas leur enthousiasme devant l’école Brusquet, dix minutes avant l’ouverture des portes. Comme Tom, qui, interrogé, s’écrie spontanément : « C’est trop bien ! Je suis trop content ! »

    La maire de Toulon Josée Massi (SE) vient d’arriver et la visite du groupe scolaire, dans lequel la Ville vient de terminer cet été d’importants travaux, va bientôt commencer en compagnie du préfet du Var, Simon Babre, et du Dasen, Jean-Roger Ribaud. L’investissement public a porté notamment sur la désimperméabilisation de la cour. Un espace qui était auparavant entièrement bitumé et sur lequel le sol a dû être décaissé sur environ 50 cm, avant de recevoir de la terre pour être végétalisé.

    Le projet a été coconstruit pendant environ un an avec les élèves, les enseignants, la Ville et une paysagiste, explique le directeur de l’établissement, Mickaël Rioualen. L’objectif étant à la fois de répondre aux souhaits des enfants et aux usages pédagogiques tout en faisant sensiblement descendre la température dans ce nouveau lieu dédié aux jeux, au repos, mais aussi au sport et aux apprentissages.

    La cour comprend entre autres des bancs, un échiquier, une salle de classe extérieure et un jardin potager. « Un excellent support pédagogique », alimenté par une citerne de récupération des eaux de pluie, dans lequel les enfants interviennent régulièrement.

    Avec les jeunes pousses

    Pour ce qui est des autres plantations végétales, la Ville a ici misé sur le respect des élèves en supprimant les protections précédemment installées ailleurs.

    « C’est une évolution importante par rapport aux premières cours aménagées par la Ville », explique la première magistrate. Plus de ganivelles dont les pointes ont été jugées dangereuses, ni même les cordes qui les avaient remplacées, mais pouvaient être utilisées comme balançoires.

    Autre avantage constaté avec ces sols désormais drainants : ils ont permis d’éviter l’inondation de la cour lors du dernier épisode méditerranéen, alors que ce phénomène était récurrent auparavant. Ils contribuent également à faire évoluer les pratiques d’entretien vers des méthodes plus vertueuses.

    « Auparavant, les feuilles mortes des platanes étaient ramassées puis évacuées en sacs-poubelles. Désormais, elles sont soufflées dans les massifs et restent sur place, se décomposent et participent au fonctionnement naturel du lieu », explique encore Mickaël Rioualen. Avec donc une réduction des déchets verts et une matière organique bénéfiques aux plantations.

    L’école dispose également aujourd’hui d’un mur d’escalade, de deux terrains de basket, un de handball et même un autre de pétanque. Une offre diversifiée qui n’a entraîné aucun conflit d’usage, insiste le directeur. Au contraire. « Ça crée encore plus de liens et de bienveillance entre les élèves », insiste Mickaël Rioualen. Et de conclure : « Ça a changé radicalement la manière de voir l’école. Et de vivre l’école. »

    Ravie des résultats enregistrés ici aussi, Josée Massi les a replacés dans une politique globale d’adaptation de la ville au changement climatique, sans rien sacrifier au confort des élèves. La municipalité prévoit notamment de généraliser des salles fraîcheur (climatisées) dans les écoles à l’horizon de la prochaine rentrée.

  • À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    À Istres, la rentrée sous le signe de l’inclusion

    Dans l’urgence, au mois de juin, la Ville d’Istres avait déployé un plan de rafraîchissement dans ses 13 groupes scolaires. Les deux mois d’été ont été l’occasion de poursuivre la trajectoire entamée par la précédente mandature pour une meilleure adaptation des écoles au changement climatique, notamment avec le marché global de performance énergétique (MGPE) « avec un double objectif : améliorer le confort et réaliser des économies, dans le respect de l’environnement », détaille le maire (LR) Robin Prétot. À Jule-Ferry, dans le quartier du Prépaou, une subvention de 900 000 euros du fonds européen Feder a permis de réaliser la rénovation thermique du bâtiment.

    La promesse de campagne de climatiser toutes les salles de classe avant l’été 2027 « sera tenue », assure l’édile. Un emprunt de 2,5 millions d’euros a dû être contracté par la nouvelle majorité pour financer le marché, qui était passé mais dont le budget n’était pas prévu. Quatre premiers groupes scolaires seront équipés avant la fin de l’année 2026 : Jean-Moulin, Mendès-France, Clé des Champs et Clos de la Roche. « Forcément ça va faire grimper la facture d’électricité, mais tout l’intérêt de poursuivre le MGPE est de la faire baisser par ailleurs en chauffage l’hiver, grâce à une meilleure isolation », souligne Robin Prétot.

    Une bulle sensorielle

    Une autre promesse de campagne s’est concrétisée lors de cette rentrée : celle de faire de l’inclusion la cause du mandat. Une première bulle sensorielle est déjà opérationnelle dans l’école Reine Marie Casimir Gouin, une deuxième ouvrira à Mendès-France après les vacances d’automne. Ce nouvel espace, peint en bleu, est dédié à l’apaisement, au calme et au repos et s’adresse aux enfants porteurs de handicap, ou ayant des troubles du comportement ou de l’apprentissage (dys). « L’idée c’est d’avoir un petit coin de répit, un petit sas de décompression, pour les élèves en crise », détaille Sophie Declercq, adjointe au maire déléguée à l’éducation.

    Cécile Tivoli, conseillère municipale déléguée au handicap et aux solidarités, ajoute : « Le but c’est que l’école s’adapte à eux. Ces élèves ont des besoins particuliers, ils peuvent être sur stimulés par le bruit, ou par un temps de concentration trop long. Avec cette bulle, on désengorge les classes perturbées par des crises en offrant une solution pédagogique qui favorise le retour en cours. »