Tag: changement climatique

  • Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Sur le camion garé devant la préfecture de région à Marseille, ce sont les clowns Tak tak et Tik Tik qui mettent l’ambiance. «Un plan d’urgence climatique, écoutez les scientifiques», reprend après eux la foule rassemblée. Ce samedi matin à Marseille, ils étaient environ 2 000 selon les organisateurs (500 selon la préfecture de police) à marcher jusqu’à la porte d’Aix, pour «le climat, le vivant, la paix et la justice sociale», à l’appel d’une large coalition de plus de 1 200 organisations, dont Alternatiba et Greenpeace, Attac, la Confédération paysanne, la FSU, la CGT…

    «La séquence de cet été illustre les enjeux pour la Provence : des suites de vagues de chaleurs, de canicules, de feux de forêts, qui seront bientôt suivis par des épisodes méditerranéens», témoignait avant la manifestation Joël Guiot, le coprésident du groupe régional d’experts sur le climat en région Sud (Grec Sud). «Le pire reste à venir, explique-t-il.

    D’ores et déjà, les conséquences de cet été sont connues, avec une surmortalité de 8 000 décès. «J’en connaissais un, il s’appelait Denis, il avait 67 ans, et c’était mon père », témoigne, particulièrement émue, Laure, qui se présente comme citoyenne marseillaise engagée. «Il arrosait son jardin, pour réguler sa température son cœur a battu plus fort, trop fort. Il s’est arrêté.» D’autres ont connu les conséquences des feux, comme Coralie Mirguet, dont la maison à l’Estaque a entièrement brûlé le 8 juillet 2025. «Plus d’un an après l’incendie, nous commençons tout juste à entrevoir une possible reconstruction, mais pour nous, plus rien ne sera comme avant», souffle-t-elle. Au-delà du déploiement des pompiers et des Canadair, «le véritable coupable est notre inadaptation».

    Plan d’urgence

    «La question que vous avez tous au bout des lèvres et la seule qui vaille, c’est que faire ? », pose parmi les organisateurs la militante Margot Jacq. «La protection des salariés devrait être une priorité», répond la secrétaire départementale de la FSU, Virginie Akliouat. «Nos organisations syndicales s’emparent de ces questions, et ont déjà mené campagne pour adapter le bâti scolaire, pour le développement des transports publics», explique-t-elle. Et d’énumérer les revendications d’un seuil maximal de températures pour travailler, le renforcement de la médecine du travail, un chômage canicule pris en charge à 100%. «Le progrès social et environnemental sont intimement liés», complète Alice Richard, porte-parole de Solidaires dans les Bouches-du-Rhône.

    Le constat est le même pour la Confédération paysanne, d’autant que les agriculteurs sont en première ligne. «Les canicule ont tué deux paysans dans les Bouches-du-Rhône cet été», atteste le syndicat qui alerte sur la disparition des exploitations face à la perte de rendements et appelle à un autre modèle agricole, une autre gestion de l’eau.

    «Nous exigeons un plan d’urgence climatique», relaie parmi les organisateurs l’écologiste Jean-Christophe Agnel. Un plan sur trois piliers, d’adaptation, d’atténuation et d’arrêt des énergies fossiles. «Nous avons besoin d’un budget dans une logique de justice sociale», complète Margot Jacq, tandis que les militants d’Attac se lancent dans un «fiscal fitness» pour «taxer les riches».

    «Les candidats à la présidentielle doivent s‘emparer du sujet, arrêter de proposer des mesures obsolètes», réclame pour sa part le vice-président du Grec Sud. Mais si plusieurs élus sont présents, les drapeaux restent rares au milieu des pancartes, tandis que les organisateurs reconnaissent qu’ils s’attendaient à une meilleure affluence.

  • Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Au sein de la base aéronautique de RTE, gestionnaire d’une partie du réseau de transport d’électricité français, la chaleur, encore bien présente en cette fin septembre avec 30 degrés affichés ce vendredi 25 septembre, se voit aux traces de transpiration des employés qui s’occupent des hélicoptères. Et si les hommes en souffrent, le réseau aussi.

    Comme le rappelle Gilles Odone, directeur délégué de RTE, « les fortes chaleurs ont un impact sur la consommation d’électricité, mais ça a aussi un impact, ça on le sait moins, sur la capacité des lignes ». Une adaptation du réseau est donc nécessaire. Les dernières installations, qui ont une durée de vie d’environ 80 ans, doivent être adaptées à une augmentation de 4 degrés d’ici l’année 2100. Un programme de plus de 24 milliards d’euros est lancé pour adapter le réseau sur les 15 prochaines années.

    Les hautes températures rencontrées cet été ont aussi comme conséquence de détendre les câbles, qui parfois sont longs de plusieurs centaines de mètres. L’une des missions quotidiennes des hélicoptères est de contrôler l’état et la proximité avec des obstacles de ceux-ci à l’aide, entre autres, de radars. Une mission pour l’heure inaccessible aux drones, bien plus économiques. Ce, alors que RTE est le premier opérateur de drones en France. « La réglementation se durcit en France et les longs vols sont compliqués à mettre en place », concède Stéphane Duval, directeur des Services et Travaux Héliportés (STH). Les 100 000 kilomètres de lignes sont contrôlés chaque année.

    Lutte contre les incendies

    La gestion des incendies fait aussi partie du quotidien des pilotes d’Airtelis, filiale de RTE. Depuis 2020, des hélicoptères Super Puma sont mis à disposition de la Sécurité civile de juin à septembre afin d’intervenir rapidement sur les feux. Pendant l’été 2026, 300 missions ont été effectuées dans ce cadre. Dont, par exemple, l’important incendie dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Mathieu, pilote de RTE, est ainsi parti 7 jours cet été pour aider les pompiers sur place, avec un officier pompier à son bord. « On n’éteint rien tout seuls, on est une aide, on doit avoir l’autorisation pour chaque largage », détaille-t-il.

  • Des marches pour lier l’urgence climatique et la justice sociale

    Des marches pour lier l’urgence climatique et la justice sociale

    « Tout le monde est impacté, ce n’est pas une question dogmatique : toute la société est mobilisée ». Margot Jacq, autrice de l’ouvrage Petit manuel de répartie écologique et cheville ouvrière de la marche pour « le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » qui se déroule à Marseille ce samedi, espère que les manifestants vont être au rendez-vous. Si les mots d’ordre sont vastes, la mobilisation reste bien liée à l’actualité et au changement climatique qui se fait de plus en plus sentir. « On pourrait se dire que c’est un peu large comme thématiques. Mais le socle commun c’est l’été que nous avons tous vécu : plus de 8 000 morts à cause de la canicule », pose Margot Jacq.

    En tout cas, plus de 1 100 organisations ont signé l’appel à la mobilisation. Des signataires qui vont des collectifs de défense de l’environnement comme Alternatiba ou Greenpeace mais aussi d’organisations syndicales, comme la CGT, la Confédération paysanne ou la FSU ou des associations progressistes à l’instar d’Attac.

    Concrètement, cet attelage demande « de vraies actions du gouvernement pour une transition écologique ». « Il faut que le Fonds vert soit rétabli à la hauteur des enjeux, il a été divisé par 3 depuis 2024 ! », donne pour exemple Margot Jacq. Elle souligne notamment le fait que « nos territoires ne sont pas en capacité d’adapter leurs littoraux, leurs structures comme les écoles et les hôpitaux face aux vagues de chaleur qui s’intensifient ». Et si le mouvement est « apartisan », il compte tout de même sur le soutien d’une large part des organisations politiques progressistes de gauche. Le PCF 13, par exemple, appelle ses militants à rejoindre les cortèges sous le slogan « le changement climatique est une violence de classe ».

    Festif et revendicatif

    De quoi faire le lien avec le fond revendicatif des marches de ce samedi : « On a ce paradoxe : ceux qui contribuent le moins au changement climatique sont les plus impactés, alors que ceux qui contribuent le plus ne sont pas inquiétés, par exemple sur le plan fiscal », développe Margot Jacq. Elle vise ici « les milliardaires et les multinationales qui échappent à l’impôt ». Avant de dénoncer : « Cette chaleur et le changement climatique impactent les conditions de travail. Les soignants sont impactés à l’hôpital, les agriculteurs sont les premiers touchés… ».

    Côté organisation, la manifestation s’annonce à la fois festive et revendicative : « Il va y avoir un stand pour faire des pancartes et écrire des lettres à Emmanuel Macron, on a construit un immense chaudron qui sera installé devant la Préfecture qui symbolise la façon dont a cuit cet été ». Il y aura aussi moult « happenings » et prises de paroles. De quoi défendre climat et justice sociale avec humour.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    10h30, Place Félix Barret

    Aix

    16h, la Rotonde

    Arles

    15h, Place de la Mairie

    Miramas

    14h, Place du Théâtre la Colonne

    Avignon

    14h cours jean Jaurès

    Cavaillon

    10h place des fêtes du Dr Ayme

    Carpentras

    10h place Maurice charretier

    Apt

    11h place Jean Jaurès

    Toulon

    14h, Place d’Armes

    Hyères

    14h, Place de la République

    Draguignan

    11h, jardin d’Anglès

    Gap

    14h, Parc de la Pépinière

    Digne les Bains

    11h, Place du Général de Gaulle

  • Le plan de végétalisation ne suffit pas pour l’opposition arlésienne

    Le plan de végétalisation ne suffit pas pour l’opposition arlésienne

    « Ce n’est pas une somme très importante, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières » assure le maire (Horizons) Patrick de Carolis au conseil municipal de jeudi soir, au moment de voter une subvention de 5 000 euros pour le CCAS de la ville du Porge, sinistrée des incendies de Gironde. Le rassemblement national est le seul groupe à ne pas voter pour : « On s’abstient car le montant est trop faible. La solidarité vient pallier aux manquements de l’État » s’explique Rémy Benson (RN).

    Bien qu’en accord, les élus de l’Union pour Arles se demandent aussi quelles conclusions tirer du changement climatique. Pierre Grand questionne : « En 2030, Arles se rapprochera d’une ville du sud de l’Espagne comme Séville. Vous annoncez un plan de végétalisation mais les urbanistes pointent surtout les surfaces sombres et l’absence de courant d’air. Envisagez-vous d’installer ombrières et brumisateurs ? »

    Une étude à prolonger

    « Le cœur de ville très minéral est mal adapté à ces canicules » répond Patrick de Carolis, « Une première étude visant à végétaliser le bâti tel qu’il est et a été conçu existe, mais elle est insuffisante et nous allons la prolonger. Mais dans l’immédiat, c’est la végétalisation d’urgence », indique l’édile. Catherine Balguerie-Raulet, élue de la majorité, abonde : « Nous n’allons pas planter 300 000 arbres tout de suite mais déjà des arbres matures pour rafraîchir. Mais il faut aussi de l’eau, un groupe de travail s’est constitué avec des citoyens depuis l’annonce », indique-t-elle, promettant de tenir l’assemblée informée des travaux.

    L’autre question de Pierre Grand portait sur la préparation aux évènements climatiques graves tels qu’inondations ou crues du Rhône. « Nous sommes prêts et les services des risques majeurs aussi »; affirme l’adjoint Pierre Raviol.

  • [Entretien croisé] « Il y a une volonté de détruire la science quand elle dérange »

    [Entretien croisé] « Il y a une volonté de détruire la science quand elle dérange »

    La Marseillaise : En quoi les rencontres organisées par Aix-Marseille Université, ce jeudi en votre présence, sont-elles importantes ?

    Valérie Masson-Delmotte : Être chercheuse, ce n’est pas simplement produire des connaissances dans une tour d’ivoire, c’est produire et partager des connaissances, faciliter leur appropriation très large. Et puis, sur les enjeux liés au changement climatique, on est aussi sur des rôles, et les comités d’éthique scientifique le relèvent, d’engagement avec et pour la société, pour accompagner ses transformations. C’est pleinement dans ce cadre que se situe cette journée. Notre recherche contribue aussi à fournir des informations qui sont extrêmement importantes pour comprendre l’impact de l’activité humaine sur le changement climatique.

    Éric Berton : Il est important, dans une université, de pouvoir donner la parole à des scientifiques, à des chercheurs ou à des enseignants-chercheurs qui sont impliqués dans la société sur de grandes questions. Il faut donner la vraie parole de la science, notamment auprès de nos étudiants, pour les former, les informer. D’autant que, pour nous, les rencontres d’Aix-Marseille Université sont un mouvement privilégié dans lequel des experts d’un sujet vont sortir de leur laboratoire, pour venir à notre rencontre, à celle des étudiants, des collègues mais aussi du monde socio-économique. Ce rayonnement est fondamental pour nous. Et quand on a la parole d’une experte, comme nous allons l’avoir [ce jeudi], on rappelle que la science n’est pas une opinion. Il s’agit de faits, de vérités scientifiques.

    Car le monde affronte une montée du climatoscepticisme…

    V.M.-D. : Le climatoscepticisme version 1, je l’ai vu dès que j’ai démarré ma thèse, en 1993. C’était, en fait, le rôle de marchands de doute, notamment les multinationales du pétrole, du gaz et du charbon, qui ont créé un rideau de fumée, avec des pseudo-experts de la désinformation… À l’époque, il s’agissait essentiellement de déni scientifique. Trente ans après, des leviers d’action ont été mis en place : électrification, politique de décarbonation, ralentissement de la déforestation… Donc aujourd’hui, ce n’est plus seulement la science du climat qui est prise pour cible. Ce sont aussi les transformations structurelles proposées. Il y a donc une obstruction qui est brutale, structurée, pensée et mise en œuvre, qui vise à semer le doute sur ces leviers de transformation. La science en tant que telle est une menace, parce qu’elle montre chaque possibilité, les limites, les effets indésirables. (…) Il y a une volonté de détruire la science quand elle dérange. C’est le cas aux États-Unis, mais dans d’autres pays aussi, comme en Argentine [dirigée depuis 2023 par le libertarien d’extrême droite Javier Milei, Ndlr] où l’on assiste à un véritable scienticide, avec une destruction de la capacité de produire des connaissances par la recherche publique

    E.B. : C’est vrai que le scientifique, pour certains gouvernements, représente un danger. C’est pour ça qu’on a proposé, nous, à l’Assemblée nationale, avec François Hollande en particulier, une loi pour créer un statut de réfugié scientifique. Au même titre qu’un réfugié politique. C’est aussi pour cette raison que nous avons créé le programme Safe place for science, qui permet aux scientifiques américains de venir faire leurs recherches ici.

    La lutte contre le climatoscepticisme passe-t-elle par une lutte contre l’extrême droite ?

    E.B. : À sept mois de l’élection présidentielle, nous ne savons toujours pas quel est le programme de l’extrême droite pour l’enseignement supérieur et la recherche publique en France. C’est quand même grave. Mais ça ne veut pas dire que les autres offres politiques les mettent en avant pour autant. Je trouve que l’effort n’est pas fait actuellement

    V.M.-D. : En général, dans les autres pays, l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir s’est traduite par un fort affaiblissement de la protection de l’environnement. (…) Il faut s’interroger sur l’histoire. Il faut donner à voir ce qu’était la recherche scientifique sous Vichy, lorsque nous avions l’extrême droite au pouvoir, car nous l’avons déjà testée. Il faut regarder ce qui s’est passé au Portugal, en Espagne, quand il y avait des dictatures d’extrême droite, il n’y a pas si longtemps, c’est très instructif. C’est ce que permet l’ouverture d’esprit des universités, qui apporte un regard aussi historique sur des situations dans d’autres régions du monde ou dans le passé, qui peuvent éclairer les choix d’aujourd’hui.

  • Pour la glaciologue Heïdi Sevestre, l’espoir comme force d’action

    Pour la glaciologue Heïdi Sevestre, l’espoir comme force d’action

    Elle passe sa vie là où le monde se transforme le plus vite. Entre le Groenland, l’Antarctique et les glaciers tropicaux, la glaciologue Heïdi Sevestre observe la disparition accélérée de paysages que l’on croyait immuables.

    Exploratrice, autrice, conférencière et membre du Conseil de l’Arctique, elle partage son temps entre expéditions scientifiques et sensibilisation du grand public. En janvier, elle a achevé une traversée de 80 jours de l’Antarctique en ski-kite. « J’ai cette grande chance de vivre mon rêve, de partir étudier les glaciers », raconte-t-elle.

    Son métier consiste à étudier ces géants de glace et comprendre les conséquences de leur disparition. Le constat est alarmant mais elle refuse tout fatalisme. « J’essaie de nous rapprocher des glaciers et montrer qu’il n’est pas trop tard pour les sauver. » Des glaciers racontent l’histoire d’une planète qui change à une vitesse inédite. « S’ils pouvaient parler, ils seraient certainement tous en train de hurler. La situation est apocalyptique. »

    Une réalité qui dépasse les régions polaires, rappelle-t-elle : « Notre civilisation, notre agriculture, notre économie, tout s’est construit sur une planète où il y a toujours eu de la glace ».

    Bonnes décisions

    Samedi à Marseille, au So good MAIF Festival, elle animera la conférence « Pourquoi je continue d’espérer ? Regarder le monde en face, sans renoncer à l’espoir ». Son intitulé résume sa philosophie : la réalité est brutale mais l’action reste possible.

    Loin des graphiques et des courbes, certaines images bousculent la Savoyarde, comme la fonte de la mer de Glace à Chamonix. « Ça brise le cœur. On a tous grandi avec l’image des glaciers et des neiges éternelles. Ces paysages qui changent, c’est une partie de notre âme qui s’efface.» Même constat au Spitzberg, où elle séjourne plusieurs mois par an. En 40 ans, la température moyenne en hiver s’est élevée de 8 degrés. « Voir ce royaume de glace fondre si vite est terrifiant », concède-t-elle.

    Pour autant, son intervention ne se veut pas un catalogue de mauvaises nouvelles. « La science est une boîte à outils qui nous permet de prendre les bonnes décisions », insiste-t-elle plaidant pour « une science qui ne soit pas élitiste » et « une éducation accessible à tous ». Convaincue que le changement naîtra aussi des territoires, elle met en avant le travail de chercheurs marseillais sur l’adaptation aux canicules, et plaide pour une meilleure diffusion du savoir scientifique.

    Son message est simple : chacun peut agir, s’informer, participer au débat public et faire entendre sa voix. La présidentielle, est l’occasion d’inviter chacun à étudier les programmes et interpeller les candidats, car voter reste le moyen le plus concret d’influer sur les choix collectifs et les politiques climatiques, énergétiques et sanitaires.

    Au-delà de l’urgence, Heïdi Sevestre veut transmettre surtout une conviction : s’engager rend heureux. « On kiffe d’être dans l’action », sourit-elle en regardant la jeunesse. Une façon de rappeler que l’espoir reste une force de transformation.

    Camélia Jordana en tête d’affiche

    La glaciologue Heïdi Sevestre sera l’un des invitées de la 4e édition du So good MAIF Festival qui pose cette année ses valises à Marseille, samedi 26 septembre, du côté de la Plateforme (13002). Conférences, humour, ateliers et rencontres rythmeront l’après-midi autour du thème « Faire de l’espoir un espace commun ». En soirée, place aux concerts avec Camélia Jordana, mais aussi Danyl, Joha Wallas et le collectif marseillais Twerkistan.

  • Une aide aux communes varoises victimes des incendies

    Une aide aux communes varoises victimes des incendies

    Alors que les aides aux sinistrés des incendies sont encore en cours de déploiement à de multiples niveaux (assurances, associations, CAF…), le Département du Var va apporter sa pierre à l’édifice. Une aide d’un million d’euros a été votée ce mardi, lors de l’assemblée plénière de rentrée du département, à destination des communes touchées par les feux cet été. Françoise Legraien, vice-présidente du Département et présidente du conseil d’administration du Sdis 83, a, à cette occasion, salué la « mobilisation, qui a permis de n’avoir aucune victime et de sauver 850 millions d’euros sur le bâti en forêt ». Sans oublier d’ajouter : « On attend des mesures fortes de l’État. »

    La gestion des risques

    au détriment de l’écologie

    Car la question de ce soutien financier, auquel il faut ajouter une dotation supplémentaire de 1,5 million d’euros accordée au Sdis 83 pour 2027 (et pour lequel Jean-Louis Masson, le président (LR) du Département, demande une refonte du mode de financement), s’est avérée quasiment anecdotique comparée aux revendications de renforcement de la flotte aérienne de lutte incendie, et surtout, d’autonomie pour les territoires dans la gestion des risques incendies. « Notre volonté politique est contrariée par les obligations et interdictions », pointe Jean-Louis Masson. Cela « pour l’entretien des forêts elles-mêmes, avec certaines interdictions de débroussaillement, de ramasser du bois mort, qui est un tapis de combustion considérable ».

    Celui qui fustige si souvent le poids exercé par les normes sur les collectivités veut « pouvoir mettre en place une vraie politique de gestion des forêts » au sein de laquelle la politique incendies serait « prioritaire, y compris sur la protection de l’environnement. Mais il n’y a pas d’antinomie. Protéger nos forêts c’est protéger l’environnement, mais pas forcément textuellement ». Donc pouvoir faire fi des injonctions de l’Office national des forêts et de l’Office national de la biodiversité. « La synthèse serait de mettre la sauvegarde et le respect de l’humain à même hauteur que le respect de l’environnement. On ne peut pas empêcher les agriculteurs de travailler au nom de la protection de certaines espèces », abonde la sénatrice (LR) du Var Françoise Dumont, qui participe à la mission parlementaire sur les feux de forêts, dont l’objectif est d’enrichir le projet de loi de modernisation de la sécurité civile de propositions sur les risques incendies, et dont les conclusions doivent être rendues la semaine prochaine.

    Christine Amrane, vice-présidente du Département et maire de Collobrières, tempère : « Il faut qu’on réapprenne à travailler la forêt. Si on ne saisit pas l’opportunité, on ne pourra pas dire dans quelques années qu’on n’a rien pu faire. » À cet égard, elle met en avant le projet du syndicat mixte du massif des Maures, dont elle est présidente, « pour adapter la forêt varoise au changement climatique. L’État a donné son feu vert. Ce sera un projet pilote sur le territoire des Maures pour ensuite être déployé sur le territoire varois ». Une prise de position qui prend en compte les responsabilités anthropiques liées au changement climatique, et donc à l’accroissement des risques d’incendies, largement occulté des débats.

  • Rouvrir les garrigues pour la pie-grièche à Lançon-de-Provence

    Rouvrir les garrigues pour la pie-grièche à Lançon-de-Provence

    Cinq espèces de pie-grièche sont présentes dans le pays, et toutes sont en voie de disparition. Au sein de ce cortège, la Pie-grièche méridionale, endémique de la péninsule ibérique et du sud de la France, est menacée d’extinction au niveau mondial. Dans l’Hexagone, sa population est estimée entre 750 et 1 250 couples nicheurs. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui accueille à elle seule plus de la moitié de ces effectifs, « détient une responsabilité majeure dans la conservation de cette espèce », affirme la Ligue de protection des oiseaux PACA (LPO).

    L’association a donc lancé le Programme de restauration écologique des garrigues ouvertes (PREGO), un projet pilote destiné à préserver les habitats favorables à la pie-grièche méridionale et à toute la biodiversité qui lui est associée. Car cette espèce typique des paysages méditerranéens semi-ouverts dépend étroitement des maquis entretenus par le pastoralisme ou par les perturbations naturelles comme les incendies. « Mais avec la déprise agricole débutée dans les années 1970, l’abandon progressif du pâturage a favorisé la fermeture des
    milieux
     », relate la LPO.

    Pâturer pour pérenniser

    François Jeanne, responsable territorial Ouest-Provence de l’association, détaille : « La dynamique naturelle, qu’on observe dans tous les milieux, c’est la colonisation des garrigues et leur emboisement, avec une évolution vers le stade de jeune pinède, puis de forêt. »

    À ce stade du programme, la LPO identifie les secteurs à rouvrir. Concrètement, 132 hectares seront restaurés au cœur de la zone Natura 2 000 des garrigues de Lançon-de-Provence, notamment par girobroyage mécanique, d’ici juin 2029. Des opérations de brûlage dirigé menées par le Service départemental d’incendie et de secours concerneront 12 hectares « qui ne sont pas encore cartographiés », note François Jeanne, qui précise : « On croise ça avec toutes les opérations de Défense des forêts contre l’incendie (DFCI), l’idée c’est de venir en complément. » Car au-delà de leurs bienfaits pour la biodiversité, ces actions renforcent la résilience des écosystèmes face au changement climatique et contribuent à la limitation du risque incendie.

    Le pâturage sur les sites restaurés sera ensuite encouragé afin de maintenir durablement ces milieux ouverts. Le Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM), sans être partenaire direct, est associé au programme. « Ils étaient présents à la réunion de lancement et suivent le projet avec intérêt », assure le responsable territorial LPO. « On a une réflexion pour garantir la pérennité des travaux, poursuit-il. Une expérience sur la commune de la Barben montre que lorsqu’on rouvre les milieux, l’écosystème est favorable pour une période de 5 à 7 années après les travaux. Le pâturage freine la fermeture. » Les actions opérationnelles seront réalisées à l’automne ou à l’hiver. « On espère pouvoir entamer les premiers travaux au début de l’an prochain, après avoir obtenu les autorisations environnementales », confie François Jeanne.

  • Dans le Gard rhodanien, l’eau devient une urgence politique

    Dans le Gard rhodanien, l’eau devient une urgence politique

    Le Rhône coule à quelques kilomètres. Et pourtant, dans une partie du Gard rhodanien, l’eau manque déjà ou menace de manquer demain. C’est tout le paradoxe que les élus, agriculteurs et acteurs de l’eau ont exposé à Carole Delga, vendredi 4 septembre à Laudun-l’Ardoise. Après une matinée consacrée aux perspectives industrielles et énergétiques, la présidente de la Région Occitanie a changé de sujet, mais pas d’horizon : comment préparer le territoire aux bouleversements qui viennent ?

    Autour de la table, les étés successifs ont laissé leurs traces. Canicules, sécheresses, incendies : autant de phénomènes qui bousculent les usages et rendent plus urgente la question du partage de la ressource. « Les canicules, les tensions sur la ressource en eau et le risque d’incendie ne sont plus des phénomènes exceptionnels », prévient Carole Delga, qui appelle à passer « d’une logique de réaction à une véritable culture de l’anticipation et de la prévention ».

    Car dans ce territoire où terres agricoles, vignes, forêts et espaces naturels se côtoient, l’eau ne sert pas seulement à irriguer. Elle conditionne l’accès à l’eau potable, le maintien des exploitations, la défense contre les incendies et l’avenir des paysages. « L’eau a été, est et sera vitale et transversale dans l’aménagement du territoire », résume Cédric Clémente, maire de Lirac et président des Communes forestières du Gard.

    L’avancée des friches inquiète aussi : plus de 2 300 hectares seraient aujourd’hui concernés. Avec, en toile de fond, un risque accru de propagation des feux. « Une terre cultivée est le meilleur pare-feu à la propagation de l’incendie », rappelle Carole Delga. À Laudun-l’Ardoise, le maire Ludovic Di Rollo insiste lui aussi : « Il va falloir que l’on ait les équipements, localement et nationalement, pour combattre le feu ».

    Partager la ressource

    Derrière le constat commence la bataille des infrastructures. Les acteurs locaux et la Chambre d’agriculture ont présenté leur projet de schéma d’eau brute à l’échelle du Gard rhodanien. Une réflexion partie en 2021 du monde viticole et de plusieurs appellations des Côtes-du-Rhône, avec l’idée de prélever de l’eau du Rhône pour sécuriser les cultures. Elle dépasse désormais largement la vigne : c’est toute la résilience du territoire qui est mise sur la table.

    Parmi les pistes avancées figurent le prolongement et l’interconnexion des réseaux. L’objectif : ne plus dépendre d’une ressource unique lorsqu’elle vient à manquer. « Un maillage permet d’avoir un plan B », résume Carole Delga. Le réseau régional exploité par BRL, largement alimenté par le Rhône, constitue déjà un outil essentiel pour sécuriser des territoires soumis à la sécheresse. Mais son président Fabrice Verdier prévient : « C’est une solution parmi d’autres ». Car aucun grand tuyau ne réglera seul la question. Économies, stockage, interconnexions, retenues collinaires, restauration des milieux, encore réutilisation des eaux usées traitées doivent, selon les participants, être combinés. « Il faut se battre pour avoir une réutilisation plus forte », insiste la présidente de Région.

    Carole Delga réclame pour cela davantage de latitude à l’État afin d’accélérer les projets, notamment sur la réutilisation des eaux usées et les petites retenues. « Nous avons besoin d’une plus grande souplesse réglementaire pour accélérer notre action et apporter des solutions adaptées aux habitants, à nos agriculteurs et viticulteurs, aux entreprises », plaide-t-elle. Dans ce sens, la Région a officiellement demandé fin août un régime spécifique permettant à l’Occitanie d’adapter plus rapidement ses politiques aux conséquences du changement climatique.

    Mais accélérer ne suffira pas si chacun continue à agir dans son périmètre. « Si on ne joue pas ensemble, on ne réussira pas », avertit le sénateur Denis Bouad. Collectivités, monde agricole, BRL, État : le Gard rhodanien cherche désormais à rattraper un temps précieux. À mesure que les sécheresses s’installent, anticiper la pénurie devient aussi une manière d’éviter que la rareté ne creuse davantage les inégalités.

  • À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    À Montpellier, une mécanique déjà bien huilée

    Le futur hôtel des sécurités va nous faire gagner beaucoup de temps. » À entendre Sébastien Cote, on pourrait d’abord croire que ce lieu stratégique – qui ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029 – est attendu comme le messie à l’heure où les phénomènes météo extrêmes s’accentuent.

    En réalité, l’hôtel des sécurités qui centralisera les polices municipale et métropolitaine des transports, le PC sécurité de la TAM ou encore le Centre de supervision urbaine (CSU), ne sera que la cerise sur le gâteau. « Tous les acteurs seront réunis au même endroit et auront sous les yeux le grand mur d’images du réseau de caméras de vidéosurveillance de la Ville de Montpellier », explique l’adjoint au maire délégué à la sécurité.

    L’ultime maillon d’une chaîne de commandement déjà parfaitement rodée les jours où les pouvoirs publics se doivent de prendre les mesures adaptées aux risques climatiques exceptionnels. Car lorsque les fortes pluies ou le feu menacent, personne ne tergiverse. Le Plan communal de sauvegarde de la Ville (PCS) détaille risque par risque les process et rôles de chacun. « Tous les scénarios sont envisagés et le plan va bientôt passer à l’échelle de la Métropole », précise Sébastien Cote.

    Dès que nécessaire s’ouvre une « cellule de crise » au sous-sol de l’hôtel de ville de Montpellier. Au sein de ce Poste de commandement communal (PCC) aux allures de bunker, entre 15 et 20 personnes dont le maire ou l’adjoint d’astreinte, les responsables des services municipaux, de la police municipale, la voirie, la TAM, les pompiers, la sécurité civile… « Ils sont en lien téléphonique avec les équipes de terrain, la société Predict Services pour les prévisions météo et si besoin les maires des communes avoisinantes, ainsi bien sûr le préfet qui peut reprendre la main si le phénomène s’étend au département. »

    Des outils spécifiques sont aussi à disposition à l’instar du réseau métropolitain de capteurs qui mesurent la montée des eaux. « On peut ainsi rapidement décider de sécuriser une école, fermer un parc, un bois ou une route en contrebas, stopper une ligne de tramway… », illustre l’adjoint à la sécurité.

    La canicule n’étant pas un « risque ponctuel » mais continu, elle donne lieu à une « cellule de veille » quotidienne et amène elle aussi à des choix politiques forts. « En cas de fortes chaleurs, on peut décider en lien avec le rectorat de suspendre des cours d’une école, d’inviter au report d’un rassemblement mais aussi de rallonger les horaires des médiathèques ou d’ouvrir des salles climatisées pour placer les sans domicile fixe à l’abri. »