Tag: CGT

  • Vaucluse : une intersyndicale appelle à faire barrage à l’extrême droite

    Vaucluse : une intersyndicale appelle à faire barrage à l’extrême droite

    Dans une petite salle de l’intra-muros d’Avignon, les représentants vauclusiens de cinq syndicats, à savoir la CGT, la FSU, la CFDT, l’Unsa et Solidaires, étaient presque épaules contre épaules pour « faire barrage aux listes investies ou soutenues par des partis d’extrême droite », dans le cadre des élections municipales, comme le précise Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU.

    Dans un communiqué commun publié ce lundi 2 mars, ils rappellent que même si elle « cherche à s’ancrer dans les territoires et à se donner une image de respectabilité », l’extrême droite cache sa « réelle nature autoritariste, xénophobe et ultraconservatrice ».

    Ce à quoi chaque représentant syndical acquiesce. Tandis que Patrick Vaniscote (CGT) évoque un « danger pour la démocratie locale et une atteinte aux libertés », Badr Addi, co-secrétaire général de la CFDT en Vaucluse, assure que « le RN se targue de défendre le pouvoir d’achat, mais refuse les augmentations réelles pour les salariés ».

    Exemples concrets

    D’autant qu’en Vaucluse, plusieurs municipalités sont aux mains de l’extrême droite. Les syndicats rappellent notamment les condamnations de Yann Bompard, maire d’Orange, et de l’ex-maire Jacques Bompard. L’un pour avoir occupé un emploi fictif, l’autre pour prise illégale d’intérêt. Tandis que Pascale Battaglia, trésorière adjointe de l’Unsa, assure que la gestion des écoles s’est dégradée au Pontet depuis l’élection de Joris Hébrard (RN), en évoquant un refus de dédoublement de classes en zone prioritaire. Finalement accepté après des négociations.

    Force ouvrière prône son indépendance

    De son côté, Force ouvrière reste attaché à son « indépendance syndicale ».

    Dans un communiqué, l’union vauclusienne rappelle « qu’elle ne participera pas aux manifestations, réunions, actions des partis politiques, quels qu’ils soient ». Et insiste sur le fait que s’il y a engagement politique de l’un de ses membres en tant que candidat, il ne peut faire état de son appartenance au syndicat. Et doit mettre de côté son mandat syndical.

  • Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Ils sont une dizaine de salariés, en ce dimanche matin, à s’être réunis devant le site Cosquer Méditerranée à Marseille. Alors que le lieu s’apprête à ouvrir ses portes pour l’une des journées les plus animées de la semaine, l’effectif, dont une partie est en grève à l’appel de la CGT Cosquer, sera amputé de moitié. Le mouvement, est soutenu par l’Union locale CGT Saint-Lazare Joliette.

    Anaïs Reymond, syndiquée CGT, travaille depuis mai 2022 pour la Grotte Cosquer (exploitée par la société Kléber Rossillon). La mobilisation doit permettre de « défendre nos conditions de travail, évoquer les soucis de sécurité sur site, parler de la problématique du sous-effectif, de la pression constante depuis l’arrivée de la nouvelle directrice, le manque d’équipement [talkies-walkies, audioguides, casques…], d’hygiène on est envahis par les cafards les visiteurs aussi peuvent les apercevoir et les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont insuffisantes », égrène Anaïs Reymond. Les travailleurs via leur syndicat revendiquent une augmentation de salaire pour tous les salariés payés au Smic, une prime pour les dimanches et jours fériés travaillés, une prime polyvalence et une prime d’ancienneté. Des exigences restées lettre morte.

    Une grève reconductible ?

    « On a l’impression de ne pas être écoutés, de ne pas être considérés », témoigne Nicolas Martinez, syndiqué CGT. « Le dialogue [avec la direction, Ndlr] est tendu avec l’ensemble des salariés », ajoute Anaïs Reymond. À la liste des revendications, s’ajoute un « climat de pression et de surveillance constante », qui serait instauré par des caméras de vidéosurveillance, utilisées pour épier les faits et gestes des employés, toujours selon les grévistes. Mais aussi le licenciement récent d’une collègue, considéré comme « abusif » par le syndicat CGT. Selon eux, cette salariée, en poste depuis moins d’un an, aurait été licenciée pour ne pas s’être présentée à un événement de galette des rois « événement non obligatoire », et pour un « geste maladroit » précise Anaïs Reymond. Elle n’aurait pas saisi les prud’hommes à ce stade. « On a beaucoup de soucis au sein de l’organisme et une charge mentale au travail, ajoute Shayma, qui travaille depuis plus d’un an sur le site. Le salaire ne suffit pas, on a des visiteurs toute la journée, on a la pression. C’est désordonné. On a fait remonter ces problèmes à la direction mais ça n’a pas abouti. »

    Parmi les problématiques internes soulevées par les salariés en grève, les soucis de sous-effectif et du « turn-over » sont régulièrement évoqués. Pour rappel, en mars dernier, les salariés du service d’accueil et de billetterie du groupe Cosquer Méditerranée étaient déjà en grève pour des raisons similaires. À ce jour, les grévistes estiment que la grève pourrait être reconduite, dans le cas où les revendications des salariés ne seraient pas entendues.

    Sollicitée, la direction du groupe Cosquer Méditerranée n’a pas pu nous répondre, à l’heure ou nous écrivons ces lignes.

  • Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Notre usine s’arrête ce lundi 2 mars jusqu’au 15, on n’a plus de bois ! On ferme car il faut refaire le stock. » Au lendemain d’une réunion à Bercy, Laurent Quinto, travailleur de l’usine de pâte à papier de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT, tire à nouveau la sonnette d’alarme pour l’avenir de Fibre Excellence. Malgré une réunion à Bercy, au ministère de l’économie, sous la houlette du Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), ce jeudi, la situation n’est toujours pas apaisée pour la filière papetière française. Et surtout, elle n’avance pas officiellement après la proposition d’une aide à hauteur de 150 millions d’euros par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, qui date de la semaine dernière. « Les ministères sont désormais dans l’attente d’un retour de l’actionnaire afin de poursuivre le travail sur le dossier Fibre Excellence », relate l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT), dans un communiqué de presse. Rappelons que l’aide gouvernementale se ferait en deux parties, entre étalement de dettes, intégration aux quotas carbone et garanties de prêts… Mais sous condition que l’actionnaire principal de Fibre Excellence, Domtar (ex-Paper Excellence), mette la main à la pâte et apporte « des fonds ».

    Contactée ce vendredi, l’entreprise confirme l’arrêt temporaire du site tarasconnais pour réapprovisionnement en bois. Du reste, elle temporise et explique que des discussions sont toujours en cours suite à la proposition du ministre délégué à l’industrie. Pour rappel suite à l’annonce ministérielle, elle évoquait « un premier pas » mais rappelait surtout que le nœud du problème était celui « du tarif de rachat de l’électricité ».

    Ça coince toujours

    sur le tarif de l’électricité

    Ce sujet du coût de l’électricité a également été abordé lors de la réunion avec le Ciri. « On a encore demandé une revalorisation du tarif de revente de l’électricité pour toute la filière. On ne lâchera pas cette piste », martèle Laurent Quinto. En effet, l’intersyndicale juge depuis le début du conflit qu’une hausse du prix de vente du mégawattheure (MWh) produit sur sites permettrait « la pérennité » de l’entreprise. Problème : « Au regard du rapport de la Cour des comptes sur les centrales à charbon [lire article ci-dessous, Ndlr.], le ministère ne veut pas prendre le risque de refaire pareil », relate Laurent Quinto. L’intersyndicale développe : « L’État a réaffirmé qu’il ne reviendrait pas sur le tarif du MWh. Il a indiqué qu’une éventuelle évolution devrait nécessairement passer par la voie législative. »

    Et qui dit voie législative dit potentiellement une attente jusqu’au prochain budget pour 2027… Un timing intenable au regard de la situation financière des sites selon les salariés, l’entreprise étant menacée de mise en redressement judiciaire à la mi-mars. Reste que « les représentants de l’État ont assuré que les négociations ne sont pas terminées et qu’il existe d’autres solutions que la seule revalorisation du MWh ». Rien de définitif donc mais rien de concret non plus. Preuve en est avec un autre sujet central pour l’avenir de la filière : « les discussions relatives à l’approvisionnement en bois n’avancent guère », selon l’intersyndicale. Laquelle est bien décidée à poursuivre la pression, puisqu’elle propose « l’organisation d’une réunion à Bercy rassemblant le ministère de l’industrie, Énergie, de l’Agriculture, EDF, organisations syndicales, Véolia ainsi que l’ONF… ». De quoi faire écho au travail du sénateur communiste Jérémy Bacchi en vue d’une table ronde en préfecture des Bouches-du-Rhône avec les acteurs concernés.

    En attendant, une mobilisation des salariés est « possible » à la date du 6 mars prochain à Toulouse « avec l’appui de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga ».

  • La Cour des comptes s’attaque à la centrale de Gardanne

    La Cour des comptes s’attaque à la centrale de Gardanne

    La très libérale Cour des comptes (CRC) s’est penchée sur le cas de l’arrêt des centrales à charbon dans un rapport publié ce mercredi 25 février. Forcément, elle s’est largement attardée sur le cas de la centrale thermique de Gardanne et n’y va pas de main morte dans ses observations. Elle explique entre autres que l’installation a « un bilan carbone critiquable et un impact environnemental contesté ». Mais pointe surtout que « le soutien public important accordé au producteur en fin d’année 2024 présente un risque élevé pour les finances publiques ». Et sort du chapeau, sans développer le calcul, le montant potentiel d’1,5 milliard d’euros comme « coût aux finances publiques dans certaines hypothèses étudiées par l’administration ».

    Elle cible ici le contrat de revente d’électricité entre GazelEnergie et l’État à 800 millions signé en 2024. Un contrat qui a « d’importantes fragilités juridiques, pour une installation dont la justification technique n’est pas avérée » selon la CRC. Outre ses traditionnelles errances méthodologiques, elle fait à peine état des mouvements sociaux sur le site et du combat des salariés pour la survie de l’écosystème économique du bassin minier. Justement, la CGT du site «  ne souhaite pas commenter pour l’heure » le rapport mais « reste vigilante sur le sujet ». Et GazelEnergie balaie d’un revers de main les dires du rapport de la CRC. « On conteste fermement le chiffre d’1,5 milliard. Les négociations avec l’État avaient justement pour but de réduire le montant du contrat », répond Camille Jaffrelo, porte-parole du groupe. Et d’assurer : « On se tient à disposition de la CRE [Commission de régulation de l’énergie, Ndlr.] qui confirmera que le contrat est bien de l’ordre d’une centaine de millions par an. »

  • Debout face au péril RN : à Avignon, une défense active des services publics

    Debout face au péril RN : à Avignon, une défense active des services publics

    « Les élections municipales sont un moment important de la vie démocratique. L’extrême droite et la droite extrême portent des orientations racistes, antisémites, homophobes, sexistes et violentes », lance Serge Andreozzi, du bureau de la CGT des retraités, ce jeudi 26 février, devant l’Hôtel de Ville d’Avignon.

    À quelques semaines du scrutin, une trentaine de militants vauclusiens ont ainsi souhaité porter leurs revendications et rappeler que les politiques portées par les partis les plus à droite de l’échiquier ne répondent pas aux besoins de la population du Vaucluse, cinquième département le plus pauvre de France.

    Tout en ciblant, également, le clan macroniste. « On a un personnel politique qui, pendant des années, est entré dans le macronisme actuel. C’est-à-dire une société tournée vers la consommation plutôt que vers la création, ce qui accentue la précarité », regrette Gilles Fournel, également membre du bureau CGT retraités. Il plaide pour un développement industriel au détriment de nouvelles surfaces commerciales. « On était, il n’y a pas si longtemps, le département au plus fort ratio entre la taille et les mètres carrés de centres commerciaux en France. On voit où ça mène », regrette-t-il.

    Contre « la précarité »

    Aux côtés des organisations CGT de retraités des autres départements, les militants vauclusiens mettent particulièrement l’accent sur la défense et le développement des services publics. Ainsi, ils souhaitent la création, à Avignon, d’un Ehpad public « à des conditions de tarifs et d’accès qui permettent à chacun de pouvoir y accéder », précise Serge Andreozzi, pour qui l’absence d’une telle structure ajoute « de la précarité » aux difficultés déjà présentes dans la population. Ou encore la création de centres de santé publics. « L’espérance de vie en bonne santé a arrêté d’augmenter du fait de la difficulté d’accès aux soins », confie Cécile David, également membre du bureau.

  • Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    « Les retraités sont porteurs d’une mémoire des luttes sociales. Ils connaissent le recul des libertés que pourrait amener la montée de l’extrême droite au pouvoir. » Sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Marseille, Jean Pugens, membre du bureau de l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13), martèle que « les prochaines échéances électorales doivent s’inscrire dans le progrès social ». Et pour cela, l’organisation, « forte de ses 4 600 syndiqués retraités dans le département », mène une opération coordonnée avec des points presse dans toute la région. « Nous tenons à informer la population sur ce que vote l’extrême droite en France. Elle semble vouloir faire le bonheur du peuple, on sait que c’est faux », développe le syndicaliste retraité. Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, appuie la démarche : « L’extrême droite cible la région pour se développer, avec cette action coordonnée de l’USR, cela montre que la CGT intervient dans le débat public. »

    En clair, le syndicat espère « convaincre le maximum de retraités de ne pas basculer à l’extrême droite », comme le résume Claude Mas, secrétaire générale de l’USR CGT 13. « Les retraités prennent leurs responsabilités comme citoyens, au-delà d’appeler à voter pour les forces progressistes, on a aussi des retraités qui s’engagent dans des listes », développe-t-elle. De quoi faire le lien avec la position de l’Union départementale CGT 13 (UD CGT13) rappelée par le secrétaire de l’organisation, François Canu : « La CGT est indépendante des partis politiques, mais n’est pas neutre, elle a toujours pris ses responsabilités. »

    La marina d’Allisio ne passe pas

    Les syndicalistes prennent des exemples concrets de « l’imposture sociale du RN ». « L’extrême droite vote contre la hausse du Smic à l’Assemblée, elle vote la réduction de 4,9 milliards les dotations pour les collectivités », explique François Canu. Et de prendre un exemple local : « Quand Franck Allisio [candidat RN à la mairie de Marseille, Ndlr.] propose de faire une marina sur le port de Marseille, alors que l’industrie dans le département est déjà en difficulté. C’est la preuve qu’ils ne sont pas dans le camp des travailleurs. » L’UD CGT 13 a justement développé cette position dans un communiqué de presse dans la journée et dénonce : « La transformation des Bassins portuaires de Marseille en marina de la Joliette à la tour CMA révèle une vision fondée sur la spéculation immobilière et des marinas de prestige. » Et pointe une « menace directe sur l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité ». Claude Mas conclut : « ça aura un impact négatif sur l’emploi industriel et donc sur les pensions de retraite. L’économie du tout-tourisme ne fait pas vivre. »

  • Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    « Laboratoire pour l’extrême droite en 1995 », Toulon pourrait le redevenir en 2026, et de manière « encore plus puissante », s’inquiète Alain Tournay, représentant de la FSU 83. Une crainte que partagent massivement les syndicats FSU, CGT et Solidaires, réunis, jeudi, devant la mairie de Toulon, symbole d’un danger imminent incarné par la candidature de Laure Lavalette. « Madame Lavalette est une intégriste catholique », juge Julien Saint-Roman, lui aussi représentant de la FSU 83, qui ne croit pas à la prétendue absence d’étiquette de la candidate : « Elle n’est pas apolitique. Elle est porte-parole de Marine Le Pen et appliquera son intégrisme et son nationalisme au niveau local, qu’elle montre déjà en assistant à la messe en latin tous les dimanches. »

    « L’extrême droite est dans une conquête idéologique de plusieurs centaines de villes, car ils ont un projet de changement de société », affirme Richard Romeo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT 83. Ce projet porte un nom : Périclès, comme le père du Parthénon, monument emblématique de l’Acropole et de la démocratie athénienne. Menée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, cette initiative vise à favoriser une victoire idéologique de l’alliance entre l’extrême droite et la droite conservatrice en France, notamment en remportant 1 000 mairies en mars.

    Toulon, première métropole française dirigée par le FN de 1995 à 2001, est une cible stratégique. « En prenant une ville de cette ampleur, ils espèrent avoir des sénateurs. Quand ils en auront, ils agiront sur la Constitution, comme ils l’ont fait dans d’autres pays et ne rendront plus le pouvoir », accuse Richard Romeo-Giberti.

    « Se dessine une école qui assume les inégalités »

    Ce que craignent les syndicalistes, c’est donc la stratégie de conquête du pouvoir du parti lepéniste, qui s’intègre dans un mouvement d’ampleur mondiale. « L’extrême droite porte des orientations racistes, antisémites, homophobes, sexistes et violentes. Elle remet en cause les principes républicains et démocratiques. Le bilan le démontre en Argentine, aux États-Unis, en Italie, en Pologne… Partout où elle arrive au pouvoir, elle s’attaque à la liberté de la presse, à l’indépendance de la justice, aux libertés universitaires et syndicales, au droit des étrangers et des personnes LGBTQIA+ et remet en cause l’accès à l’IVG et à la culture », prévient Brigitte Cheinet, secrétaire générale de l’USR-CGT 83.

    Ces orientations incarnent notamment un danger sur le plan éducatif, pointe Alain Tournay : « Le projet de l’extrême droite, c’est l’ordre contre la liberté, le pouvoir contre les droits, la hiérarchie contre l’égalité, la propagande contre les savoirs. Elle dessine une école qui assume les inégalités par la remise en cause des dispositifs qui les combattent, notamment l’éducation prioritaire, et l’exclusion voulue et assumée d’une partie des élèves. Ce sont les contours du projet Périclès. » Julien Saint-Roman complète : « L’extrême droite au pouvoir, c’est la censure dans les bibliothèques, l’exclusion des publics fragiles, notamment par le périscolaire et la cantine, de plus en plus payants et donc discriminants. »

    Concernant la gouvernance locale, « ce qu’il y a sur ses affiches de campagne sont des mensonges, assène Richard Romeo-Giberti. Il y a des choses qu’elle prétend vouloir changer, mais certaines compétences sur le logement, la sécurité, la propreté, la voirie, ne relèvent pas de la municipalité. » Olivier Rosay, représentant Solidaires 83, ajoute : « L’extrême droite fait campagne sur la sécurité, sur le renforcement de la police. Nous, nous considérons que la sécurité doit être avant tout sociale. »

  • Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    L’étau se resserre sur les usines de pâte à papier Fibre Excellence. La menace d’une mise en redressement judiciaire, qui inquiète les salariés depuis des mois, semblait s’éloigner avec l’annonce du ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, d’un potentiel soutien, et sous conditions, à hauteur de 150 millions d’euros, la semaine dernière. Mais rien n’est acté pour l’heure et l’urgence est toujours bien présente : « On n’a plus de bois, juste de quoi tourner jusqu’à lundi. À partir de là, on s’arrête », s’inquiète Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT du site tarasconais. En bref, la promesse ministérielle n’a rien réglé : « La proposition du gouvernement, c’est de l’étalement de dettes, des garanties de prêts… Il n’y a pas de soutien direct ou structurel. » Une réunion se tient ce jeudi à Berçy avec le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) à laquelle participe l’intersyndicale. « Tout ce qu’on discutait au Ciri depuis des semaines tombe à l’eau, puisque les travaux sur la renégociation des tarifs de vente de l’électricité et le travail avec la filière bois passent au second plan et ne sont pas dans l’annonce du ministre », dénonce Laurent Quinto. Contactée, l’entreprise explique être toujours en train d’étudier la proposition du ministre délégué.

    Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, s’est emparé de la question et va prochainement « faire une question écrite au ministre Roland Lescure ». Il travaille également à une table ronde en préfecture.

  • Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    La banderole qui trône habituellement devant les locaux de l’Union pour les entreprises 13 (UPE13), déclinaison locale du Medef, « Plus que jamais les entreprises ont besoin de nous » a été remplacée par « le Medef tue la culture » lors d’une action coup de poing, ce mercredi matin à Marseille.

    Cette dernière a été menée par plusieurs syndicats et collectifs de travailleurs du monde de la culture et intermittents du spectacle, réunis sous la bannière de « l’assemblée générale culture 13 », qui ont momentanément occupé « la place des entreprises ». Une manière de mettre la pression sur les organisations patronales pour le dernier round de négociations autour de l’assurance chômage qui se déroulait au même moment à Paris au siège de l’Unédic, l’organisme en charge de ladite assurance. Des négociations durant lesquelles Medef, CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et U2P (Union des entreprises de proximité) ont fait une proposition qui ne passe vraiment pas pour les petites mains de la culture : « L’augmentation de 50 heures par an du nombre d’heures minimum pour ouvrir le droit à l’indemnisation au titre de l’intermittence », comme le résume Maria, comédienne de théâtre à Marseille. Concrètement, ils devront travailler plus pour une indemnisation similaire : « C’est déjà compliqué d’en faire 507, alors 557 n’en parlons pas… »

    Débrayage à Plus belle la vie

    Si d’autres mesures de durcissement de l’assurance chômage pour l’ensemble des salariés sont discutées ce jour, la proposition patronale a des conséquences concrètes pour le monde de la culture : « On parle de 10 000 à 30 000 intermittents sur le carreau. En rehaussant ce seuil, de facto cela va exclure des personnes. D’autant qu’on fait déjà face à une baisse des subventions du ministère de la culture, des collectivités territoriales et donc du volume de l’emploi », explique Léo, pour le syndicat français des artistes CGT. Plus qu’un symbole, « l’ensemble de l’équipe technique, des figurants et quelques comédiens » du tournage de la série Plus belle la vie étaient aussi présents et « ont débrayé une heure ».

  • Pour la CGT, en congrès, l’alimentation est « un bien public »

    Pour la CGT, en congrès, l’alimentation est « un bien public »

    Depuis ce lundi, environ 400 cégétistes de l’agroalimentaire de toute la France se réunissent dans les Bouches-du-Rhône pour participer au 13e congrès de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf) de la CGT. Après s’être rassemblés ce mardi dans une salle de Roquevaire, c’est dans l’usine de thé Scop-TI, symbole d’une victoire des mobilisations syndicales et ouvrières, qu’ils se retrouvent, ce mercredi. à l’ordre du jour pour cette 3e journée : « défense de notre potentiel national, luttes et perceptives ».

    Ce congrès se tient alors que le Salon international de l’agriculture (SIA) vient tout juste d’ouvrir ses portes à Paris et que les négociations entre la grande distribution et les entreprises de l’agroalimentaire se poursuivent. Des discussions plus tendues que jamais, chacun accusant l’autre de défendre ses intérêts.

    Nationaliser les groupes alimentaires

    Encadrées par la loi Galland de 1996, ces négociations ont lieu tous les ans à partir du 1er décembre, et jusqu’au 1er mars. Alors que la grande distribution réclame une baisse des prix, pour s’aligner avec l’inflation plus basse, de l’autre, le secteur de l’agroalimentaire dénonce une baisse qui menacerait les emplois.

    Ces négociations patronales seront bien évidemment évoquées lors de cette semaine de congrès pour définir les directions du syndicat, mais pour Julien Huck, secrétaire général de la Fnaf CGT, l’enjeu principal sera plutôt de « réfléchir quelle société nous voulons défendre ».

    Dans un communiqué, daté du 31 décembre 2025, la Fnaf CGT dénonce ainsi la recherche de rentabilité financière à court terme de ces entreprises qui entraîne licenciements, restructurations et fermetures. Le syndicat exige donc, dans son communiqué : « L’alimentation, élément vital, doit être déclarée bien public et, à ce titre, les groupes alimentaires doivent être nationalisés démocratiquement et les revendications des salariés satisfaites. »