« On sera là pour manifester notre colère, sans débordement, sans invectives », déclare, vendredi, Sébastien Laisne de la Couronne, délégué syndical central (CFDT) à Néomarché, maison-mère d’Alinea.
À l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC (Sega ou Syndicat national des entreprises du groupe Auchan), les salariés feront un débrayage de 10h à 12h samedi devant le magasin Alinea, Zone des Paluds. Samedi dernier, ils étaient déjà une trentaine à s’être mobilisés, mais alors sans l’appui des syndicats.
Depuis, les 249 salariés du magasin Alinea Aubagne et du siège social de l’enseigne dans la ville ont appris que le principal repreneur roumain d’Alinea, la SDC Holding, qui envisageait de reprendre 575 des 1 172 salariés de l’enseigne au niveau national, avait retiré son offre… L’enseigne a été placée en redressement judiciaire depuis le 20 novembre dernier par le tribunal des activités économiques de Marseille.
Si tout n’est pas perdu, la menace de la liquidation judiciaire de cette enseigne créée en 1988 à Avignon prend de plus en plus corps… « Le juge ne s’est cependant pas encore prononcé. Il le fera d’ici mi mars. Car tous les repreneurs qui ont fait des offres de reprise auprès du tribunal jusqu’au 26 janvier dernier, ont jusqu’au 2 mars pour présenter des offres bonifiées », explique le cédétiste.
Selon une salariée du magasin Alinea à Aubagne, syndiquée au CGC- CFE- SEGA, « les négociations des syndicats au sujet du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sont au point mort. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a un appel à mobilisation samedi ». Sébastien Laisne précise : « On n’est pas du tout d’accord avec ce que nous proposent les actionnaires de l’association familiale Mulliez (AFM). Si on se place dans la situation la plus défavorable, c’est-à-dire la liquidation judiciaire, la prime de PSE passerait de 5 000 euros par salarié licencié à environ 2 500 euros. Les salariés ne peuvent pas accepter d’être traités comme ça ! » Dans le tract diffusé par la CFDT, on peut lire : « Les salariés subissent aujourd’hui les conséquences de décisions prises par un actionnaire qui en 2020 avait déjà procédé à un redressement judiciaire afin d’écraser les dettes dans son propre intérêt. » Aujourd’hui encore, « ce sont des centaines d’hommes et de femmes qui s’apprêtent à perdre leur emploi. L’actionnaire reste sourd à l’appel des salariés », poursuit le tract. « La galaxie Mulliez pèse des milliards, mais les salariés sont licenciés à moindre coût… »
Vendredi matin, le candidat aux municipales Jean-Pierre Squillari (liste Aubagne en commun, gauche, écologistes et citoyens) a publié un communiqué. « Je veux assurer les salariés de ma solidarité pleine et entière. Avec mes amis, nous nous tenons à leur disposition », écrit le candidat. « Le secteur du commerce évolue, c’est un fait. Mais ce n’était pas la première alerte pour Alinea. L’anticipation n’a pas été au rendez-vous. Quand un groupe verse des dividendes massifs et qu’une filiale s’effondre, la question des priorités est posée », commente-t-il.









