Tag: CFDT

  • À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    La réunion devait avoir lieu dans le bureau de Loïc Mondoloni. Le directeur du centre hospitalier de Martigues l’a finalement déplacée dans la salle de la Pinède, où se tient habituellement le conseil de surveillance. À raison : plus d’une centaine de personnes s’y sont rassemblées à 10h, ce mardi, parmi lesquelles les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’établissement, les soignants, la CGT de l’hôpital d’Aubagne, l’Union locale CGT martégale et de celle des quartiers sud de Marseille, afin de connaître les intentions de la direction sur la révision d’accords locaux.

    Laure Privat, représentante CGT, explique : « Après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes, la réponse du directeur consiste à faire des économies sur les accords locaux signés en 1999. » Trois jours de repos médailles et cinq jours de repos retraite sont concernés. « Ça correspond à 0,87 emploi temps plein par an, donc c’est ridicule en termes d’économies », dénoncent Laurence Virazel et Nathalie Martin, de la CFDT. Loïc Mondoloni justifie : « Une injonction de rappel à la loi a été prononcée. Si ce n’est pas respecté, le directeur de l’établissement est responsable civilement et financièrement. »

    Une action lors du CSE

    Mais ce qui mobilise le plus reste la fin de la prise en compte du temps de pause méridienne dans le temps de travail. La CGT et la CFDT craignent un « plan social déguisé », puisque dans son rapport, la Chambre régionale des comptes indique : « Cette pratique conduit l’établissement à rémunérer indûment chaque année près de 73 800 heures, soit près de 46 équivalents temps plein. » Pour Damien Maurin, représentant CFDT, l’inquiétude porte surtout sur « certaines catégories administratives et techniques ».

    Le directeur de l’hôpital affirme : « L’examen des organisations et cycles de travail s’effectuera avec les partenaires sociaux. Ils seront consultés pour chacune d’entre elles au cours de l’année 2026. (…) Le retour à la légalité n’est pas un plan social. (…) L’hôpital connaîtra l’année prochaine de nombreux développements significatifs, avec de l’emploi à la clé. »

    Le rassemblement de ce mardi n’était qu’une première étape. L’organisation entend maintenir la pression avec un nouveau rassemblement lundi 15 décembre à 9h, lors du Comité social et économique (CSE).

  • Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Sur le parking du dépôt interurbain de la RTM, les agents du réseau, arborant les dossards de leurs syndicats respectifs, sont mobilisés depuis 4h du matin. Une grève « extrêmement bien suivie », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement interurbain Régie des transports métropolitain (RTM), qui avait d’ailleurs signalé, pour ce vendredi, de « fortes perturbations ». En cause, un large mouvement de grève mené par les agents des lignes interurbaines.

    La mobilisation, impulsée par l’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC), mobilise « 85% de grévistes [étendus sur les dépôts d’Aix, d’Aubagne et Châteauneuf-les-Martigues, Ndlr]. Il y a 80% chez les conducteurs et 100% chez les administratifs et les contrôleurs », précise Séverine Ben Moussa, secrétaire générale CFTC. Les revendications sont nombreuses, mais la principale inquiétude concerne la perte progressive des acquis antérieurs à la fusion, en janvier 2024, entre le Réseau de transports marseillais (RTM) et la Régie départementale des transports urbains (RDT 13).

    Négociations à venir ?

    Les deux entités ne forment désormais qu’une seule régie : la Régie des transports métropolitains. « Depuis, on doit renégocier trois accords de substitution, celle du temps de travail, de la rémunération et du déroulement de carrière. Aujourd’hui, beaucoup de ces acquis sont remis en cause », poursuit Marc Garcia. Selon l’intersyndicale, la raison est claire : des économies budgétaires. « On demande simplement à récupérer nos salaires et nos primes d’avant-fusion », rappelle Mohamed Boumadi, délégué syndical SUD Solidaires.

    Des négociations sont prévues ce lundi. à l’issue de cette rencontre, les agents décideront de reconduire ou non la grève. « Avec la direction générale autour de la table, on espère. On veut une personne de la Métropole », insiste Marc Garcia. « On a l’impression d’être traités comme une filiale. Ils tiennent à ce qu’on soit un groupe ? Alors, même traitement pour tout le monde », lance David Icard, délégué CGT.

    Le syndicat CFDT, mobilisé aussi, mais en marge de l’intersyndicale, demande à la direction de « reprendre des négociations sérieuses et d’entendre la colère de ses salariés ». « La direction nous propose des augmentations qui sont, pour la majorité d’entre nous, à peine suffisantes pour compenser l’inflation (…). Nous nous battrons pour obtenir une augmentation significative de nos salaires de base et une juste reconnaissance de notre ancienneté et de nos efforts quotidiens », poursuit le syndicat, qui ne sera pas invité aux discussions, en début de semaine, mais « adressera un courrier listant ses revendications », indique Alexandre Sass, élu CSE et délégué syndical CFDT.

    De leur côté, les services de la RTM indiquent ne pas pouvoir communiquer davantage d’éléments.

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Perturbations à venir ce mardi du côté des agents de sûreté à l’aéroport de Marignane. Deux syndicats, CGT et CFDT, organisent un rassemblement dans le terminal 1 doublé d’un appel à la grève. Le tout répondant à une colère sociale des salariés pour une multitude de problématiques, allant du chauffage sur les lieux de travail à des questions d’accords d’entreprise. « On demande l’application des accords d’entreprise pour tous les salariés. Certains y dérogeraient, notamment les nouveaux entrants, et n’ont pas un week-end sur deux de repos », campe Jean-Marc Cortiana, délégué syndical CGT de l’entreprise ICTS, qui assure la sûreté à l’aéroport Marseille-Provence. Alain de Gennaro, pour la CFDT ICTS, dénonce aussi « des salariés qui travaillent dans le froid notamment sur le terminal 2 ».

    Autre « point d’achoppement » avec la direction : le recrutement à venir de plusieurs CDI alors que « plusieurs salariés, actuellement en temps partiel, souhaitent passer en temps plein ». « On demande simplement l’application de la loi sur le sujet », insistent Jean-Marc Cortiana et Alain de Gennaro, d’une même voix.

    Les deux organisations syndicales ont aussi dans le viseur une revalorisation salariale au regard des résultats de l’aéroport : une prime de 1 000 euros pour la CFDT quand la CGT revendique une hausse globale des salaires ainsi qu’un élargissement de la prime d’ancienneté au-delà de 15 ans. Contacté, l’aéroport assure qu’ils bénéficient des mêmes températures que les voyageurs, du chauffage l’hiver comme de la climatisation l’été. Et explique qu’il y a des mesures spécifiques mises en place pour ceux officiant sur le terminal 2.

  • Les salariés d’Alinea entre lassitude et espoir

    Les salariés d’Alinea entre lassitude et espoir

    Aujourd’hui on ne sait pas du tout vers quel scénario on se dirige, c’est l’inconnu. C’est ce qui stresse un peu les salariés, même si Alinea a été placée en redressement judiciaire et non en liquidation », réagit, vendredi, Sébastien Laisne, délégué syndical. La veille, le tribunal de commerce de Marseille a en effet placé l’enseigne Alinea, qui regroupe 35 magasins et 1 172 salariés, en redressement judiciaire. La période d’observation a été fixée à six mois, jusqu’au 20 mai 2026. Les dettes d’Alinea, propriété de la « galaxie Mulliez », s’élèvent à 10,9 millions d’euros, mais elle dispose encore de trésorerie.

    « Il y a un potentiel »

    Sébastien Laisne reprend : « C’est notre deuxième redressement judiciaire en cinq ans [en 2020, 17 magasins sur 26 avaient été fermés et près de 1 000 salariés licenciés sur 1 800, Ndlr]. Tout au long de ces années, les salariés ont fait des efforts, alors il y a un peu de lassitude. Mais il y a le sentiment dans la société qu’il y a un potentiel, notamment la spécificité de nos produits qui s’inspirent de la Provence. » Parmi les causes qui ont conduit à ce nouveau redressement, il pointe : « L’enseigne fondait de grands espoirs sur l’absorption des magasins Zodio pour avoir la “taille critique” c’est-à-dire être à l’équilibre financier et générer des bénéfices. » Suite à cette reprise, le chiffre d’affaires estimé était « basé à 4 000 euros par mètres carré, mais il est tombé aujourd’hui à environ 1 300 euros ». Le président du tribunal a souligné que « le changement d’orientation marketing, plusieurs fois, a pu brouiller le message auprès de la clientèle. » Il a aussi relevé que « les prix de certains produits étaient un peu élevés, notamment après la conjoncture Covid et la consommation en berne ». D’ici le 12 janvier, l’enseigne devra présenter au tribunal « des pistes sérieuses de restructuration ».

  • Les missions locales en action face à l’austérité

    Les missions locales en action face à l’austérité

    « On est la voix des jeunes les plus fragiles ! ». Devant la préfecture de la région Sud Paca à Marseille ce mardi, Daniel Wehrle, secrétaire régional de la CGT Missions locales, tient à rappeler le rôle essentiel de ces structures dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi. « On fait un accompagnement intensif, qui prend en compte les problématiques globales des jeunes. On ne s’arrête pas uniquement à la demande d’emploi, on voit aussi les besoins périphériques du jeune : mobilité, logement, santé mentale… », développe le syndicaliste. Devant lui, des salariés de structures de toute la région, d’Avignon à Aubagne en passant par Carpentras et Martigues, ont fait le déplacement pour cette mobilisation à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, SUD et CFDT). Et ils donnent de la voix à grands coups de slogans maison : « Plus de budget, jeunesse en danger ! Investir dans les jeunes, pas les ignorer ! ».

    Il faut dire qu’il y a urgence pour les petites mains de l’insertion des jeunes vers l’emploi : une baisse de 13% des financements des missions locales est prévue dans le projet de loi de finances 2026 (lire notre édition du 18/11). Laquelle s’ajoute à une diminution de la dotation étatique de 5,6% pour les contrats d’engagement jeunes (CEJ) et une baisse de plus de 6% du budget des missions locales l’année passée. Bien qu’amendé en commission des finances et pas encore voté, l’inquiétude est vive. « C’est le coup de trop ! Qu’est-ce qu’on va faire de notre jeunesse sans ces moyens ? », s’insurge Isabelle Urbano, déléguée régionale pour la CFDT-Synami (Syndicat national des métiers de l’insertion). In fine, elle craint une forme d’arrivée de la politique du chiffre dans les structures : « On est déjà en état de saturation, il y a bon nombre de missions locales qui sont déjà en difficulté… Faire rentrer les jeunes dans des cases, ce n’est pas notre travail ! ». Elle dénonce : « Moins de moyens, ce sont des territoires qui seront pas, ou moins, couverts. Et donc des jeunes à l’abandon ! ».

    « Un impact pour les jeunes les plus éloignés »

    Car concrètement, cette baisse équivaudrait à « 1 100 fins de contrats ou contrats non renouvelés, selon l’UNML [Union nationale des missions locales Ndlr] », précise Daniel Wehrle. Soit entre 120 et 200 salariés en moins au niveau régional selon les calculs syndicaux, qui estiment à 25 pertes de contrats pour les antennes marseillaises. Un comble à l’heure où le chômage des jeunes est en constante augmentation. « On essaie de maintenir un accompagnement humain, mais sans moyens ça va devenir impossible », déplorent deux salariées de la mission locale de Marseille. Avant de faire un triste constat : « Ça va aboutir à moins d’équité et il y aura un impact pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi. »

    Autre conséquence à craindre : « La hausse des délais d’attente pour un accompagnement », selon Fouzia Staali, salariée de la mission locale de Martigues et déléguée CGT. Laquelle insiste sur le travail effectué au quotidien : « Des jeunes à la rue, des jeunes qui ne mangent pas, c’est ça la réalité de notre accompagnement. Notre but c’est de les sortir du marasme. » D’où le débrayage du jour, avec maintien de salaire pour la plupart des travailleurs des structures de la région. Le tout, permis grâce à une alerte commune avec les directions et présidences des missions locales qui se mobilisaient devant l’Assemblée nationale à Paris, au même moment. Si une délégation syndicale a été reçue en préfecture à Marseille, « tout se jouera lors de l’examen final de cette loi de finances », conclut Daniel Wehrle.

  • [Entretien] Isabelle Godefroy : « Éclairer le débat avant les municipales »

    [Entretien] Isabelle Godefroy : « Éclairer le débat avant les municipales »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que le « Pacte du pouvoir de vivre Paca » ?

    Isabelle Godefroy : Il s’agit de la déclinaison régionale du pacte national. Après la période du Covid, des acteurs de la société civile se sont réunis pour décider de travailler ensemble à des propositions qui concernent tout le monde, le pouvoir d’achat, le logement, la pauvreté, la mobilité, l’alimentation, le sport, la famille, l’écologie, la précarité étudiante… Des associations, des mutualités et le syndicat CFDT ont participé. 90 propositions ont été faites. Elles sont ajustées en fonction de l’actualité nationale et elles sont consultables, avec des webinaires, sur notre site. Le directeur du pacte du pouvoir de vivre national est Christophe Robert, de la Fondation pour le logement, l’ancienne Fondation Abbé Pierre.

    Quelle est l’ambition de cette tournée autour de ce Pacte ?

    I.G. : À la fin de cet été, nous avons souhaité créer une initiative pour pouvoir porter nos propositions, alors que dans quelques mois se tiennent les élections municipales. On s’est interrogés : qu’est-ce qui est important aujourd’hui pour un habitant de la région Paca ? Il y a une crise du logement en France et encore plus dans notre région, l’environnement, l’alimentation, la démocratie au travail… Et parce qu’on ne voulait pas laisser cette thématique au Rassemblement national, la sécurité, comment on en parle, pourquoi les gens se sentent en insécurité ? Lors de cette réunion*, suivie d’un débat, nous réunissons des associations autour d’une table ronde, ATD Quart-Monde pour le logement, la Fondation pour le logement qui fait un travail incroyable également, France Nature Environnement pour environnement et alimentation, la CFDT Paca pour la démocratie au travail. Et un expert, un ancien responsable CRS, devenu ensuite médiateur dans les quartiers dits populaires, va venir nous parler de la sécurité ou du sentiment d’insécurité.

    Comment ferez-vous connaître ces propositions aux candidats aux municipales ?

    I.G. : À partir de ce débat, il y aura une synthèse. Puis une tribune avec l’ambition, on espère en tout cas, de proposer aux futurs candidats aux municipales notre vision, ce qu’on porte. Après, à chacun de s’en saisir et faire en sorte d’essayer d’ouvrir, d’éclairer le débat.

    * À 17h salle du Bras d’Or, en contrebas de l’avenue Antide-Boyer. Entrée libre.

  • Sanctions contre les chômeurs : l’État attaqué en justice

    Sanctions contre les chômeurs : l’État attaqué en justice

    Dix associations, dont le Secours catholique, Emmaüs France et ATD Quart-Monde, ainsi que plusieurs syndicats (CFDT, CGT, Unsa, Solidaires), ont déposé quatre recours devant le Conseil d’État contre le décret du 31 mai 2025. Ce dernier instaure un nouveau régime de sanctions pour les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires du RSA.

    Ce texte, issu de la loi « plein emploi » de décembre 2023, prévoit notamment des suspensions d’allocations pouvant aller de 30 à 100%, pour une durée d’un à quatre mois, en cas de manquement aux obligations définies dans un « contrat d’engagement ». Un demandeur d’emploi doit, en effet, élaborer ou actualiser un contrat d’engagement prouvant qu’il recherche bien un travail.

    Les associations dénoncent une atteinte aux droits fondamentaux et une logique punitive qui fragilise les plus précaires. Le décret introduit le principe de « suspension-remobilisation », censé éviter les radiations automatiques. Mais, dans les faits, les sanctions peuvent être déclenchées pour des absences à des rendez-vous, des formations non suivies ou encore des démarches jugées insuffisantes. Cette disparité territoriale est pointée comme source d’inégalités.

    Lors d’une conférence de presse, Denis Gravouil, pour la CGT, a rappelé que « le non-recours aux droits est déjà considérable », indique Le Parisien. Elie Lambert, secrétaire national de l’union syndicale Solidaires, a accusé le gouvernement de provoquer « le découragement des allocataires, pour les dissuader de solliciter ce filet de survie », rapporte Le Parisien.

    « Une culture du contrôle »

    La « suspension-remobilisation » permet de sanctionner « plus, plus fort et plus vite », a dénoncé Lydie Nicol pour la CFDT, citée par Les échos. « Alors que ça devrait être une question de principe, ça devient une sorte de rétribution au mérite », a critiqué de son côté Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme.

    Le collectif argumente dans un communiqué que le décret porte « atteinte au droit et à des moyens convenables d’existence » avec la suppression du RSA. Il épingle un manque de proportionnalité et des inégalités entre les différents départements.

    Les Départements, compétents pour le RSA, disposent d’une large autonomie pour fixer les seuils de suspension ou déléguer cette tâche à France Travail.

    Luc Chevalier, syndiqué à Sud et agent à France Travail, a cité des cas de départements dans lesquels le taux de sanction était systématiquement maximal. « Il y a un arbitraire total au service de la volonté de la direction de France Travail d’instaurer une culture du contrôle », a-t-il critiqué après des échos.

    « L’objectif, c’est de viser l’abrogation »

    Une fois notifié, le demandeur d’emploi a dix jours pour contester la décision, « ce qui, par rapport à la difficulté de vie de ces personnes, paraît complètement inadapté », selon Isabelle Doresse, vice-présidente d’ATD Quart-Monde. « Les moyens n’ont pas été mis au regard de la charge de travail supplémentaire », a estimé Vincent Lalouette, représentant de la FSU et agent de France Travail, appuyé par Elie Lambert, lui aussi employé de l’opérateur public, qui a critiqué luis aussi « une culture du contrôle ».

    Cette mesure appauvrit encore plus les plus précaires, selon ces associations. « L’objectif, c’est de viser l’abrogation de ce décret », insiste auprès de Radio France Sophie Rigard, chargée de plaidoyer au Secours Catholique. Travail pointe, au contraire, un nouveau barème de sanctions plus juste et progressif.

  • Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Entre « une vraie victoire » saluée par la CFDT, « un premier pas » apprécié par FO et l’appel à « un blocage immédiat de l’application de la réforme » de la CGT qui continue d’exiger son abrogation immédiate, l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, mardi, par Sébastien Lecornu devant l’Assemblée, a été diversement apprécié du côté des syndicats.

    Sur la même ligne que la CGT, la FSU tout en saluant « un premier recul » infligé à Emmanuel Macron et son gouvernement par le mouvement social, appelle à « pousser l’avantage ! ». La fédération « continue d’exiger l’abrogation de la réforme, la revalorisation des carrières, l’augmentation des salaires et des pensions des agent·es de la fonction publique et des mesures d’égalité salariale ».

    Et de rappeler son rejet du gel du point d’indice, de l’année blanche pour les pensions, du remplacement de l’abattement de 10% pour les retraités par un plafond de 2 000 euros, du gel des prestations sociales, du doublement des franchises médicales, des 3 000 suppressions de postes envisagées notamment dans les agences de l’État… « Et ce n’est pas l’ersatz de taxe Zucman assortie de toutes les exonérations possibles qui fera illusion ! », tance la FSU en regardant vers le PS.

    « La FSU continue d’exiger un tout autre budget pour 2026. Les défis auxquels notre pays est confronté, la crise sociale, la crise climatique, la crise démocratique exigent de mieux répartir les richesses, de renforcer les services publics, de reconnaître le rôle incontournable des agent.es publics, de mieux rémunérer le travail de se doter d’une protection sociale de haut niveau et d’en garantir l’accès universel. »

    De « la cohésion sociale »

    Mercredi, le Premier ministre a lui ouvert une nouvelle porte en proposant de « confier la gestion » du système de retraites aux partenaires sociaux, attendant des propositions « d’ici le printemps ». « J’ai confiance dans la démocratie sociale », a-t-il expliqué lors de sa déclaration de politique générale devant le Sénat. Et de citer en exemple la gestion par les syndicats et le patronat du système de retraites complémentaires Agirc-Arrco. « Pourquoi ne pas développer ce qui fonctionne ? C’est le bon sens », a-t-il souligné. Il y a deux jours, la CGT a pourtant appelé à une mobilisation le 17 octobre, jour où le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco doit statuer avec une « marge d’appréciation » sur la revalorisation des retraites complémentaires…

    Le chef du gouvernement lors de son intervention devant l’hémicycle du palais Bourbon a également répété son intention d’installer une conférence des partenaires sociaux sur les retraites et le travail qui puisse rendre des propositions « d’ici le printemps » : « Toutes les propositions sont à étudier. Certains veulent les systèmes par points, d’autre part capitalisation, d’autres veulent abandonner toute référence d’âge. Mais ces propositions ne valent que si l’on sait qui est responsable ».

    La CGT avait souligné la veille que sa participation « dépendrait de l’ordre du jour et des modalités ». Une réserve d’autant plus justifiée que face à la chambre haute où sa proposition de suspendre la réforme des retraites, n’a pas les faveurs de la majorité de droite, le Premier ministre a assuré que « suspendre, ce n’est pas renoncer, ce n’est pas reculer non plus ». Pour faire passer la pilule, lui met en avant la stabilité générée par cette mesure, en échange de laquelle le PS ne voterait pas la censure. « La cohésion sociale, l’unité du pays et donc sa stabilité sont une force », a-t-il fait valoir, face aux protestations suscitées par l’évocation d’une suspension de la réforme. « Le budget de l’État et le budget de la Sécurité sociale déposés aujourd’hui, réaffirment clairement le choix politique de l’austérité et le refus d’augmenter les recettes de l’État par des mesures de justice fiscale. Ces choix sont dangereux pour la cohésion sociale », répond la FSU.

  • Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    L’intersyndicale opposée à la réforme des lycées professionnels ne désarme pas. À Marseille comme à Toulon, les militants syndicaux et enseignants ont fait entendre leur opposition ce mardi, avec un appel à la grève et des mobilisations.

    « La réforme de l’enseignement professionnel est une catastrophe », campe Isabelle Bonnet, pour la CGT Éduc’Action 13 à la Bourse du travail de la cité phocéenne. Elle est entourée de ses homologues d’autres syndicats, qui arrivent à la même conclusion. Nicolas Voisin, secrétaire général du Snuep-FSU Aix-Marseille dénonce « un décrochage général des élèves ». « Les stages réalisés n’ont absolument pas atteint les objectifs du ministère d’une insertion en septembre », développe-t-il. Johanes Togbé, secrétaire académique du SE-Unsa est sur la même ligne : « Le constat est simple : On a fait une étude auprès de 5 000 collègues, on arrive à un taux d’absentéisme autour des 90% pour ceux qui avaient choisi de rester en classe ».

    Pour bien comprendre pourquoi, et comment, les syndicats (CGT, Unsa, FSU, CFDT, Sud, CNT) arrivent à cette conclusion, il faut remonter dans le temps et aux origines de cette réforme. « En 2022, Emmanuel Macron annonce, sans concertation préalable, que les élèves de lycées professionnels doivent avoir plus de formation en entreprise au détriment du temps en classe et en atelier », rappelle Johanes Togbé. Sur le fond, « Depuis 6 ans, nous sommes sous un feu permanent de réformes, on a un ministère de bricoleurs, qui fait des expériences sur le dos d’un tiers des lycéens ! », complète Nicolas Voisin. Concrètement, la réforme a introduit des parcours différenciés pour les élèves des lycées pro. Pour des résultats très peu convaincants selon les acteurs de terrain. Isabelle Bonnet dénonce la « réduction de la formation des jeunes issus de milieux populaires d’un mois et demi ». « C’est une attaque de plus contre une éducation émancipatrice pour les jeunes de milieux populaires. On nous explique que les lycées pro doivent s’adapter aux bassins d’emplois, nous ce qu’on veut, c’est former des jeunes pour la société de demain », développe-t-elle.

    Même analyse pour l’Unsa : « L’année 2024-2025 a montré les limites de la modification dans le calendrier du bac pro. Ce bac avancé a entraîné moins d’heures de cours, passant de 1 300 à 800. En juin, les élèves avaient le choix entre rester à l’école ou partir en stage… ». En clair, « un dispositif qui ne correspond ni aux élèves, ni aux enseignants ». « L’objectif du gouvernement est de dévaloriser, de l’intérieur, la valeur intrinsèque du diplôme. C’est le modèle de l’apprentissage qui se généralise », développe Nicolas Voisin. D’où la demande unanime de l’abrogation de la réforme et d’un retour du bac au mois de juin.

    Un lourd désinvestissement

    À Toulon, c’est sur la place de la liberté que l’intersyndicale avait appelé au rassemblement ce mardi. Devant l’Union Patronale du Var « pour défendre la voie professionnelle qui subit des attaques au long cours depuis une quinzaine d’années », explique Olivier Gérard (CGT Educ’Action). Il pointe en parallèle, « la vingtaine de milliards offerts sans moyens de contrôle aux entreprises chaque année pour recruter des apprentis alors que le financement des lycées professionnels stagne autour de 4,5 milliards d’euros ». Et cela sans grand résultat puisque « le chômage des jeunes sortant de l’apprentissage est en augmentation depuis 2024 ».

    Les syndicalistes varois dénoncent aussi comme leurs collègues des Bouches-du-Rhône, « une perte sèche de quatre semaines d’études pour les élèves », déclare Christian Petit (FSU). « Nous sommes sur 50% d’heures scolaires perdues entre 2009 et aujourd’hui », précise Olivier Gérard, soit une baisse d’un tiers des moyens consacrés aux élèves de lycées professionnels. Il poursuit : « parallèlement, les moyens consacrés à un apprenti sont passés dans la même période de 10 000 euros à 20 000 euros par an. » Le responsable syndical pointe du doigt « une subvention pure et simple au patronat qui est encouragé à exploiter des jeunes à moindre coût, voire à coût zéro ». Pareil pour ces 4 semaines de stage en Terminale. « Il ne faut pas croire, qu’en un mois, il y a une action de formation qui est réalisée».

    « Depuis 2009, on se retrouve avec deux mois en moins de cours pour les élèves, en particulier dans les matières générales », précise, Françoise Tomsazyk (Snalc). Une situation particulièrement dommageable, insiste Christian Petit, étant donné que le lycée professionnel public est la troisième voie de formation existante en termes d’élèves en second degré.

    Pour ces enseignants, le lycée professionnel doit cesser d’être vidé de ses moyens car il est là aussi « pour former des citoyens éclairés, émancipés » à l’instar des filières générales.

    Olivier Gérard souligne également le désinvestissement de la Région dans la formation publique « au profit des sociétés privées d’apprentissage » , avec un bâti et des plateaux techniques qui ne sont, de son point de vue, plus du tout à la hauteur.

    Pour ce qui de l’État, l’intersyndicale varoise fait remarquer que pour répondre à l’augmentation de 300 élèves en lycée pro dans le Var moins de 10 places ont été créées. Ce qui engendre des problèmes de sécurité dans des ateliers et des orientations subie éloignées des vœux des élèves. Bref la copie est largement à revoir et les enseignants des lycées pro militent pour des priorités orientées vers l’intérêt des élèves.