Tag: centre-ville

  • À Port-de-Bouc, la gratuité du stationnement pour un espace public accessible

    À Port-de-Bouc, la gratuité du stationnement pour un espace public accessible

    Dans la petite ville communiste de l’Ouest des Bouches-du-Rhône, « le stationnement a toujours été gratuit », affirme l’adjoint au maire délégué aux finances, Akrem M’Hamdi. « On estime que l’espace public n’est pas une marchandise, mais un bien commun qui devrait être accessible à tout le monde, étaye-t-il. (…) On est plutôt pour l’impôt direct que l’impôt indirect, caché, le stationnement, c’est comme la TVA, c’est un impôt qui manque d’équité puisqu’il repose sur toute la population de la même manière, sans distinction de revenu. »

    Par ailleurs, selon l’élu, imposer une tarification sur les places de parkings ne changerait pas significativement le budget de cette commune de 17 000 habitants. « On gagnerait peut-être 20 000 à 30 000 euros », estime-t-il. Une broutille à côté des bienfaits affichés de la gratuité. « On n’impose pas de barrière financière pour venir se promener en centre-ville, faire les magasins ou participer aux activités qu’on organise », affirme Akrem M’Hamdi.

  • Serge Andrieu face aux lecteurs à Carpentras

    Serge Andrieu face aux lecteurs à Carpentras

    Rémi Martin : Dans mon quartier, au hameau des Vignes, je suis confronté à un problème de ramassage des déchets. On a l’impression d’être les vilains petits canards sans containers de tri. Que comptez-vous mettre en place sur ce sujet ?

    Serge Andrieu : Ce n’est pas la compétence de la ville, c’est celle de l’intercommunalité. Je ne peux rien faire. Si ce n’est tirer les oreilles du président qui gère tout ça, et c’est le maire du Barroux. Donc lui, c’est judicieux de l’appeler en disant : « Nous, on voudrait ça, ça, ça et ça. Si tu le fais, moi, après, j’appuie ». Mais ça, c’est parce que des malins, là-haut, ont décidé de nous enlever la compétence. On avait investi dans une station d’épuration pour 26 millions d’euros, pour l’équivalent de 70 000 habitants. Et du jour au lendemain, la Communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (Cove) a décidé d’y raccorder 4 communes voisines. Ce qui veut dire qu’en un rien de temps, elle sera obsolète et la population devra encore payer. Il y a des malins là-haut qui ont décidé ça comme ça. Mais je n’irai jamais à la tête de la Cove. Pas parce que je ne les aime pas, mais parce que je considère que c’est beaucoup de travail des deux côtés et que celui qui prétend pouvoir faire convenablement les deux, c’est un menteur.

    Rémi Martin : Avez-vous prévu de mettre en place plus de consultations avec les habitants dans les projets municipaux ?

    Serge Andrieu : Tous les ans, on tire au sort 35 personnes afin de participer à la coalition citoyenne. Et pendant cette année, un professeur de l’Université d’Avignon vient expliquer le fonctionnement de la collectivité, sans aucune intervention d’une personnalité politique. Et ce groupe a beaucoup de pouvoir. Je leur donne 700 000 euros par an pour gérer des projets qui ont un intérêt public. Il faut bien expliquer le concept. Au début, ils ont du mal, mais à la fin, ils adorent. Et je les rencontre avant chaque conseil municipal, avant tout le monde, et je leur explique chaque délibération. Car si vous ne faites pas souvent ça, vous ne savez pas forcément ce que telle ou telle chose veut dire. Et ils ont un droit d’amendement sur une délibération et même un droit de référendum. Ce qui est arrivé une fois. Donc j’ai retiré la délibération et hop, on n’en parle plus. Donc je donne vraiment le pouvoir à la population qui propose des projets et nous, on fait les travaux. Ce qu’on fait n’est pas totalement original. C’est surtout la somme qu’on donne aux gens qui représente un vrai projet. Si on avait donné 100 000 euros, ça ne ressemblerait à rien. À chaque fois, on sort des choses conséquentes, avec beaucoup de jeunes qui votent. Question démocratie, on a même reçu un prix à Grenoble.

    Sylvain Espenon : On a la sensation d’un manque de dialogue entre usagers et services publics. Que comptez vous faire pour leur amélioration ?

    Serge Andrieu : Le gros projet est dans la santé. On a un terrain de 2 000 mètres carré à proximité de l’hôpital où on veut construire un bâtiment où les médecins qui ne veulent plus s’enquiquiner avec la gestion et les factures s’installeront. Ils veulent juste faire leur métier et pourront le faire à cet endroit, tandis que nous, on fait tout le reste. On va faire autant de bureaux que l’on peut. On prendra rendez-vous auprès du personnel de la mairie. « Vous voulez qui ? Le docteur Dupont ? Venez à telle heure. ». Mais on n’est pas fermé à l’idée que s’il y a une urgence et plusieurs médecins, on pourrait aussi s’y rendre. Et le médecin aura comme seule charge de payer un loyer chaque mois, car il faut quand même amortir la construction du bâtiment. On est naïfs mais pas à ce point ! Ce service qu’on leur apporte, il faudra le payer. On est en train d’évaluer les coûts et de voir ce qu’il faut faire sur ce fameux terrain. On a pour l’instant échangé avec trois médecins qui nous ont énormément aiguillés sur ce qu’il faudrait faire. Et eux, ça les arrange car on va tout faire pour eux. On souhaiterait qu’il soit sous la forme d’une sorte de fleur. Le cœur de la fleur, c’est là où il y a le personnel. Et dans les feuilles, les médecins. On doit encore faire un plan, savoir où mettre des stationnements. Le terrain doit être nivelé car il est par endroits un peu bosselé. Le but est de faire un bâtiment en rez-de-chaussée. Surtout pas d’étages. Ce sont des escaliers donc pas accessibles à tout le monde, sauf avec un ascenseur qu’il faut entretenir, qui peut tomber en panne…

    Pour ce qui est de La Poste, nous avons mis en place il y a quelques années, au hameau de Serres, un bureau de poste avec une employée communale qui gère le lieu. Les gens viennent aussi bien y chercher le courrier que les recommandés et déposer ce qu’ils veulent expédier. Et ce avec les horaires de la mairie, pas ceux de La Poste. On l’a mis en place à cet endroit car c’est un peu excentré du centre-ville. Les habitants peuvent venir chercher sans avoir à prendre leur voiture et se garer là où ils peuvent. C’est vraiment un service à la population.

    Joëlle Guerrin : Il y aura seulement des médecins généralistes dans ce bâtiment médical ?

    Serge Andrieu : Pour ce qui est des autres spécialités médicales, il y a juste à côté le bâtiment Atlas. Et il y aura Axis, une clinique sœur, qui est en train de se construire juste à côté, qui ne concernera pas la tête et le cou, spécialité d’Atlas, mais le reste du corps. On ne va pas créer de doublon.

    Ludovic Lemaître : On voit beaucoup de commerces fermés en centre-ville, comme si les Carpentrassiens n’avaient pas envie de l’investir et c’est assez triste. Avez-vous prévu quelque chose pour redonner aux habitants l’envie de vivre leur ville ? Que les gens de l’extérieur arrêtent de se dire : « Qu’est-ce que c’est que cette ville ? »

    Serge Andrieu : Notre ville est une pépite, entre l’Inguimbertine et la synagogue qui est la plus ancienne de France en activité, qui est une merveille. Il faut la visiter ! On tente d’éduquer les commerçants parce qu’on a l’impression que ce sont les premiers à dire du mal de leur ville. On demande qu’ils changent de discours car c’est comme s’ils disaient à leurs clients : « Ne venez plus chez nous. » Mais certains ne comprennent pas. On a 2 600 places de parking gratuites. Cherchez une autre ville de 32 000 habitants qui a autant de places. Mais ça ne suffit pas pour le commerce. Il n’y a aucun stationnement payant. Zéro ! Le centre-ville est aussi entouré d’une voie rapide qui est un frein pour y entrer. Moi, je suis assez naïf en me disant qu’en mettant du stationnement, les gens prennent la peine de se garer dans une ville qui est piétonne. Et ça, c’est confortable. Plutôt qu’une ville où tu te croises, tu te mets sur le bord pour laisser passer les voitures. Ce qui engendre aussi des nuisances. Il y a des bornes qui empêchent les véhicules de rentrer. Après, je les ouvre de temps en temps et je laisse rentrer tout le monde. Donc on fait énormément d’animations qui ramènent du monde et c’est aussi aux commerçants de faire en sorte que ces gens rentrent dans leurs commerces, de faire le nécessaire. Après, être commerçant, c’est un métier. Et beaucoup se disent commerçants mais ne savent pas faire…

    Après, je pense que les loyers sont exagérés, notamment dans la rue de la République où c’est calme, avec, par exemple, 40 mètres carrés à 2 600 euros par mois, donc c’est normal si ça ne marche pas. Mais les propriétaires ne veulent rien savoir et préfèrent attendre plutôt que de baisser les prix. Donc ce que l’on fait et que l’on souhaite poursuivre, c’est de racheter les commerces qui se vendent. On les réhabilite, et après on les loue à 5 euros le mètre carré pendant 3 ans. Ensuite, on adapte au chiffre d’affaires. On en a huit et ils sont tous occupés. Ce que l’on veut faire aussi, c’est aider à réhabiliter les bâtiments mal entretenus par leurs propriétaires. Et après les travaux, on demande que les loyers soient baissés en contrepartie pour que les commerces restent. Quelque part, ils vont payer ce qu’on leur a donné. On va aider les propriétaires bailleurs à améliorer leurs commerces. Et ceux qui ne veulent pas ouvrir, nous, on les prend. Je sais que c’est parfois difficile de trouver un restaurant ouvert le soir. Mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi. Pourtant, tous les restaurateurs, je les connais. On me dit que le personnel coûte cher et que l’on ne veut pas ouvrir pour faire quatre repas. Ce n’est pas le rôle de la municipalité mais si on ne le fait pas, personne ne le fait.

    Alain Bottgen : Il y a la question des espaces de démocratie. Par exemple avec la mobilité, on aimerait bien plus d’échanges sur le sujet. Je suis pour les pistes cyclables mais il y a des soucis, avec des chicanes trop étroites, il y a quelques mois avec une nouvelle voie. Un espace démocratique est-il prévu là-dessus ?

    Serge Andrieu : Pour ce qui est de cette piste, je suis allé voir chaque habitant en trois soirs pour expliquer ce qui allait se passer. J’ai dit ce qui allait se passer dans la rue avec un prospectus, un plan, tout. Après, ils ne l’ont pas adoptée pour des raisons qui leur sont propres. Nous, on a continué notre projet. On a recruté une personne qui travaillait à Avignon et qui nous a expliqué comment faire avec telle ou telle norme. Ça n’a pas plu donc on a enlevé, à la demande générale, les éléments qui posaient problème, à savoir les ralentisseurs. Pourtant, on s’était mis en relation avec l’association des cyclistes. Et c’est obligatoire car ils étaient mis à des sorties de propriété. S’ils sortent en marche arrière, ce qui n’est pas improbable, ils ne voient pas arriver le cycliste. Les gens savent que c’est la loi. Mais il y a des lois stupides ou inapplicables… S’il y a un accident, je suis responsable. Si j’avais su que ça allait être décrié comme ça, je ne l’aurais pas fait. Tant pis si ce n’est pas confortable, mais je ne pourrai pas faire une autoroute. S’il y a un accident, j’y ai droit.

    Aziz El Ghaddar : On entend beaucoup parler de l’insécurité. Qu’en est-il et que souhaitez-vous faire ?

    Serge Andrieu : C’est à 80% du ressenti. J’ai toujours habité en centre-ville et mes filles allaient au lycée à pied de jour comme de nuit, été comme hiver, et il n’y a jamais eu de problèmes. Il y a des gens qui disent, et je peux les comprendre, que quand ils marchent, ils voient des attroupements de trois ou quatre hommes et qu’ils ressentent de l’inquiétude. Mais ça, c’est partout. C’est national, voire même international. J’ai fait beaucoup de choses et j’ai été très critiqué, comme avec le couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans dans certains quartiers par exemple. Si on les croise après 23 heures non accompagnés, on les arrête, les amène au commissariat et on appelle les parents. C’était sur une durée de 6 mois et on a voulu le reprendre. Et pour cela, il fallait le justifier. La police a noté une baisse de délinquance de 76%. Et l’administration nous a répondu qu’on n’en a pas besoin, parce que tout va bien. Alors que ça marche. Alors j’ai dit que si on ne le remettait pas, ça va revenir comme c’était avant-hier et on devra recommencer. On nous a finalement autorisés à le remettre en place. Car on voit des jeunes de 13 ou 14 ans qui ont été happés par le trafic de drogue moyennant de l’argent. Quand ils essaient d’en sortir, ils se font tabasser dans des caves. Aujourd’hui, tous les jeunes qui font les choufs, c’est-à-dire les guetteurs sur les points de deal, ce sont des mineurs. Pour la bonne raison qu’on ne peut rien leur faire. On a aussi agi contre les braseros. Ils les font quand même, mais quand on les attrape, on verbalise. Ce que l’on ne pouvait pas faire avant.

    On a également interdit les épiceries de nuit après 22 heures et ça, ça a été un grand moment. C’est très efficace et ça permet surtout à la police de pousser la porte de ces établissements. Le trafiquant qui la journée est dehors, le soir, il est dans les épiceries et on sait qu’il y a du trafic dans certains d’entre eux. J’ai même été menacé par des gens à cause de cette décision. On a également énormément de caméras, environ 250. Cela nous permet aussi, quand on a des mariages difficiles, de noter les plaques d’immatriculation et de savoir qui traverse la ville à une vitesse monstrueuse. J’aurais voulu installer un radar, mais on m’a dit que je n’ai pas le droit. On les sécurise en fermant le centre-ville pour éviter qu’il n’y ait trop de panique.

    J’ai aussi interdit le protoxyde d’azote. Et quand on attrape des mineurs qui en consomment, on appelle les parents. Dans la même rengaine, on reçoit les élèves souvent absents dans les lycées. On les convoque avec leurs parents devant un policier municipal qui les gronde et ça les marque. J’ose espérer que l’on sauve des enfants comme ça.

    Si j’en ai sauvé un seul, c’est déjà une réussite. Le jour où j’ai sorti l’arrêté sur la fermeture des épiceries, j’ai reçu des coups de fil de beaucoup de villes de France. Comme il avait été attaqué et qu’il est passé, car il est inattaquable. De La Ciotat à Rennes. Donc je l’ai diffusé à travers le pays.

    Sylvie Montard : Je m’occupe de nourrir des chats de rue et je rencontre des soucis quand ils ont besoin de soins. Qu’est-il fait dans ce sens ?

    Serge Andrieu : Il y a des conventions avec des associations et des vétérinaires. On leur donne une somme précise et ils s’occupent des stérilisations. Et ces subventions n’ont jamais baissé. Bien sûr, on contrôle si ces investissements sont utilisés correctement, avec la présence d’élus aux assemblées générales par exemple. En étant « mairie », on vous ouvre la porte. Vous n’êtes pas dehors. C’est notamment le cas avec les associations sportives où l’adjoint au sport sait que l’on a donné tant d’argent à telle structure et demande puis justifie cette somme.

    Sylvie Montard : On a entendu que l’association Art et Vie était en difficulté à cause d’une baisse de subventions…

    Serge Andrieu : Ce n’est pas nous. Ce sont les autres collectivités qui ont baissé les subventions.

    Sylvie Montard : J’ai vu dans le programme que vous souhaitez accueillir des animaux sauvés. Vous pouvez nous en dire plus ?

    Serge Andrieu : On possède 6 hectares de terres cultivables. Au-dessus, on a du maraîchage pour les cantines des écoles. Vous savez, on a fait un miracle. On a fait manger de la salade aux enfants à l’école primaire. Comment ? On les a emmenés là-bas et on leur a donné une graine chacun. Dans les rangées ouvertes, ils ont tous posé une graine. Et ils sont revenus couper la salade dont ils se rappelaient que c’était la leur. Puis à la cantine, les petits disaient que c’était une bonne salade. Ils ont adoré et reviennent chaque année. Tout est bio. Pour qu’elles soient classées bio, on a dû laisser « dormir » le terrain pendant 6 ans. Il n’y a aucun produit, juste des haies et quelques herbes folles dans lesquelles il y a toutes les bêbêtes. Le souci, c’est qu’on produit trop et que les cantines sont fermées quand les enfants sont en vacances. Donc on donne à toutes les associations de la ville. Et puis quand c’est tardif, on donne à ce fameux espace où on aide les animaux. Qui accueille de tout, que ce soit poules, moutons et animaux domestiques. Celui-ci est pour l’instant chez un particulier. Mais on va le basculer sur ces 6 hectares de terrain. Et quand il y aura de la salade en trop, on la donnera à ces chèvres ou cochons et tout le monde va se régaler. D’autant qu’on va cultiver de plus en plus d’hectares. On va partir sur 5 000 mètres carré. Il faut faire en fonction du nombre de stagiaires que nous avons. Quand ça va s’étoffer, on poussera la clôture.

    Sylvie Montard : La mairie financerait cela ?

    Serge Andrieu : La mairie, elle fait tout ! Elle clôture, elle possède le foncier et elle nourrit. Même si je ne suis pas sûr que les canards aiment bien les poireaux. Car on produit vraiment trop. À un point où on va créer une cuisine pour pouvoir stocker les produits en surplus dans des frigos, notamment en juillet et en août. Ça pousse, ça pousse et on en donne un peu à tout le monde. Mais il faut aussi qu’on en garde.

    Sylvie Montard : Et le projet d’un cimetière pour animaux ?

    Serge Andrieu : Les gens achèteront une concession, comme dans tous les cimetières. Des tombes voire des caveaux si les gens veulent faire des caveaux. On n’a pas encore défini le coût selon les moyens. Il faudra se rapprocher des associations qui sont en capacité de nous aiguiller.

    Rémi Martin : Je me fais le porte-parole des associations sportives qui voudraient un espace pour dialoguer avec la mairie. Pouvez-vous l’envisager ?

    Serge Andrieu : Je discute avec elles. Ceux qui ont un problème ont un rendez-vous avec moi ou un adjoint, ici l’adjoint au sport. L’une des priorités est aussi de reconstruire l’espace Auzon qui a brûlé à cause de trois jeunes qui y ont mis le feu sans aucune raison. Sur les 14 millions d’euros que cela a coûtés, les assurances nous ont donné 4 millions.

    Sylvie Montard : Dans les écoles, l’été dernier, il a fait très chaud. Travailler dans ces conditions-là est très compliqué. Dans des villes comme Aubignan, les écoles sont climatisées. Y a-t-il une réflexion à ce sujet ?

    Serge Andrieu : Je vais le dire tout de suite, on ne va pas climatiser les écoles. Pourquoi ? Car il y aura des parents qui porteront plainte à la mairie car leurs enfants seront malades. Ce n’est pas moi qui gère les climatisations. Si l’instituteur a chaud, il va appuyer sur le bouton, mais on ne sait pas comment les enfants vont réagir. Ils rentrent, ils sortent et ils tombent malades. Et je serai responsable. Ce que l’on va faire, c’est installer de gros ventilateurs qui ne tournent pas très vite et qui brassent l’air. Et c’est très efficace. Par contre, il faut les laisser en marche sinon, le temps que l’inertie arrive… Donc selon la taille de l’école, on en mettra deux ou trois. Ce sont de gros engins d’un mètre cinquante de diamètre.

    Rémi Martin : Il faudrait aussi végétaliser les cours d’école…

    Serge Andrieu : On va s’occuper de ça également. Il y a 21 groupes scolaires à Carpentras. Tous sont aux normes en termes d’isolation. Mais il faut d’abord s’assurer de l’isolation. On les isole depuis l’extérieur désormais, on l’a déjà fait. Car à l’époque de la construction des bâtiments, les murs en parpaing avec un doublage en briques rouges, il y avait aussi 10 centimètres de laine de verre. Je suis convaincu qu’aujourd’hui, cette laine de verre est descendue. Il faudra peut-être y revenir, mais je ne me vois pas casser toutes les cloisons.

    Sylvain Espenon : Est-ce que les écoles privées reçoivent des financements ?

    Serge Andrieu : Elles reçoivent 1 000 euros par an et par enfant. C’est la loi. Ça fait partie des lois particulières que j’évoquais tout à l’heure, sans vouloir en dire plus. Il n’y en a qu’une ici, mais c’est un monstre. On donne plus de 500 000 euros par an. On donne beaucoup d’argent. Mais attention, on n’est pas des sauvages ! S’ils ont besoin d’un gymnase, on le prête. S’ils ont besoin d’aide, on la donne volontiers, car ce sont des enfants.

    Nos lecteurs de Carpentras

    Sylvain Espenon, employé à Etex et représentant CGT

    Rémi Martin, retraité

    Ludovic Lemaître, antiquaire

    Sylvie Montard, retraitée

    Aziz El Ghaddar, chauffeur de bus

    Alain Bottgen, retraité de Eurenco

    Joëlle Guérin, retraitée

  • Vigouroux veut poursuivre la mutation de Miramas

    Vigouroux veut poursuivre la mutation de Miramas

    Un tantinet malade mais remonté comme jamais, le maire sortant de Miramas (DVG) a présenté son programme et sa liste ce jeudi 19 février devant une salle Tristani remplie. « Ce projet, c’est le vôtre, il est issu d’un travail collectif mené depuis des mois avec les questionnaires, les rencontres de terrain, les réunions thématiques et les porte-à-porte », affirme Frédéric Vigouroux, élu depuis 2008.

    Les dix pages de propositions qui seront distribuées dans les prochains jours dans les boîtes aux lettres de 26 000 habitants s’inscrivent dans la continuité de la transformation de la commune pour qu’elle « continue de protéger » tout en « s’adaptant et en innovant ». Alors que la gare SNCF est en travaux et que la passerelle est en passe d’être installée, l’éco-quartier Oasis sera réalisé, offrant 350 logements avec de « l’accession sociale ». La cité cheminote sera également réhabilitée. « ICF Habitat a accepté le projet », assure le candidat, qui compte, si prochain mandat il y a, penser l’aménagement de Miramas en co-construction avec les administrés, que ce soit pour le boulevard Aristide Briand ou pour le Plan local d’urbanisme intercommunal.

    La santé comme priorité

    À proximité de la gare, le candidat souhaite requalifier la place Jourdan et y installer notamment une halle des marchés couverts. « L’appel à manifestation d’intérêt a été lancé par établissement public foncier », annonce-t-il. L’objectif : « Penser aux agriculteurs et producteurs locaux mais aussi aux habitants. Ce lieu aura une capacité d’attractivité important pour le centre-ville. Nous voulons aussi faire en sorte que le soir il puisse y avoir des activités, qu’on puisse y faire la fête. » Une mesure qui ne manquera pas de parler aux jeunes, tout comme le projet de multiplexe avec cinéma, e-sport et padel.

    La santé est aussi l’une des priorités de la liste de Frédéric Vigouroux, qui entend appuyer l’arrivée d’un centre d’imagerie médicale alors que le centre mutualiste, anciennement occupé par Oxance, sera bientôt rénové pour accueillir des médecins et notamment des dentistes. « Ça ouvrira en avril, annonce l’édile sortant. Nous avons aussi dialogué avec l’hôpital de salon pour mettre en place des consultations de spécialistes en gynécologie, en obstétrique, en chirurgie et en orthopédie à Miramas. »

    Avec ce projet et sa nouvelle équipe, rajeunie et renouvelée pour un tiers, Frédéric Vigouroux ne cache pas son ambition : « Être élu dès le premier tour, pour pouvoir se mettre au travail dès le 16 mars. »

  • Jacquemart et Jacotte refont sonner la cloche d’Avignon

    Jacquemart et Jacotte refont sonner la cloche d’Avignon

    Jacquemart et Jacotte ont repris du service ce mardi 17 février. Le couple d’automates, qui sonne les heures depuis 1838 au sommet de la tour d’Albane de l’Hôtel de Ville d’Avignon, a, à nouveau activé ses articulations mécaniques pour frapper la cloche à coups de marteau à chaque heure.

    C’est depuis la maison Jean Vilar que l’on voit le mieux les couleurs redevenues flamboyantes du valet du seigneur et de sa compagne, chacun haut de pas moins de deux mètres. Ils ont été délogés en octobre dernier par les services de la mairie, une première en 190 ans. « Il y avait pas mal de choses à faire », confie Michel Edoli. Avec son frère, Marc, et trois employés, le septuagénaire a rénové dans son atelier de Sarrians les automates avant de les repeindre. Une opération qui a duré pas moins de trois mois. Avec tout d’abord un décapage des structures abîmées par le temps et les aléas climatiques. « Jacquemart n’avait presque plus de bras ni de pieds », glisse l’artisan sarriannais, qui estime que « ça va tenir encore au moins 200 ans ». Puis d’incorporer, au fur et à mesure, semaine après semaine, une puissante colle pour faire tenir l’ensemble. Et donc de terminer avec la peinture, « surtout les visages parce qu’ils étaient affreux », glisse avec le sourire Michel Edoli. « On restaure à l’identique, en revenant aux mêmes bases. Mais avec notamment des matériaux plus performants pour que cela tienne plus longtemps, comme la colle par exemple. D’essayer de faire en sorte que ces monuments retrouvent leur splendeur, car on a parfois l’impression que c’est en train de se perdre », poursuit celui qui a participé à la rénovation de nombreux sites classés en Vaucluse. Avec notamment les restaurations du pont-levis du Pont Saint-Bénézet, des boiseries du musée Calvet, des fenêtres du Palais du Roure ou encore de l’Hôtel-Dieu de Carpentras et du château de Fargues au Pontet.

    Ce n’est pas le premier couple qui orne le sommet de la tour d’Albane. Dès 1472, deux automates s’animaient déjà en centre-ville de la Cité des Papes, qui furent finalement remplacés en 1838 par les deux sculptures de l’artiste Rousseau. Mais le Jacquemart et la Jacotte d’origine sont toujours observables. En effet, ils sont conservés au musée Calvet.

    Mécanisme modernisé

    C’était également l’occasion de remettre à jour le mécanisme qui permet au couple de frapper chacun la cloche. Une tâche qui est revenue à Christophe Nebout, du service énergie à la mairie d’Avignon. Un travail moins vaste que celui de son collègue à la menuiserie, car « le mécanisme avait dû être changé autour de 1997 et l’installation était déjà électrifiée », confie-t-il. Mais il en a tout de même profité pour moderniser quelque peu le système « avec un programmateur électronique et un moteur moins gourmand en énergie, tout en étant adapté au système de tirage et des amortisseurs pour éviter que tout lâche », poursuit celui-ci, qui s’occupe de toutes les horloges de la ville, y compris celles des établissements scolaires.

    Mais il reste encore quelques petits ajustements à faire pour que les gestes des automates soient les mêmes que d’antan. « Les mouvements devraient être plus amples et donc plus visibles », concède Christophe Nebout. « Jacquemart devrait bouger plus largement son bras, tout comme Jacotte. Je vais vous embêter tant que ce n’est pas fait », insiste Michel Edoli à plusieurs reprises auprès des techniciens et élus présents en cette matinée ensoleillée.

  • Gaby Charroux face à la presse

    Gaby Charroux face à la presse

    La candidaturE

    Norhène Ouerfelli : C’est une liste citoyenne, avec 50% de renouvellement, que vous proposez ?

    Gaby Charroux : La liste est diverse, citoyenne, comme elle l’a toujours été. C’est drôle d’entendre le contraire, alors Paul Lombard avait décidé, en 1989, que la majorité communiste et socialiste allait s’ouvrir aux citoyens, dont je faisais partie par mes engagements professionnels et associatifs sportifs. C’est une liste citoyenne avec des gens du PCF, du PS, de Génération écologie et de Place publique, et des gens sans engagement politique. Ils sont à mon image : ils n’ont pas de dogme et prennent des décisions dans l’intérêt des Martégaux. Par exemple, je défends dans le même temps la clinique privée et l’hôpital, car on a besoin de ces médecins et chirurgiens dans ces deux pôles, avec les deux maisons de santé.

    Norhène Ouerfelli : Vous parlez souvent du bouclier martégal. De quoi s’agit-il concrètement ?

    G.C. : Ce sont toutes les actions sociales portées par la municipalité, comme le maintien à domicile avec portage de repas, ou le développement des foyers avec un cinquième ouvert au début du mandat, par exemple. Ce sont toutes les crèches municipales. C’est les gratuités, le prix du repas à la cantine de 2,30 euros, les colonies de vacances… Nous avons calculé une moyenne 400 euros de dépenses en moins par mois et par famille. Les centres d’initiation sportive, gratuits, permettent aux plus jeunes de découvrir le sport, dès 2 ans avec des activités adaptées, sans oublier l’inclusion des enfants handicapés. L’accès à la culture aussi, au conservatoire Picasso, où l’on peut apprendre un instrument jusqu’à 12 ans gratuitement.

    Philippe Boccara : Quelle est votre stratégie de succession ?

    G.C. : Ma seule stratégie est d’être au service de l’intérêt général des habitants de ma ville. Vous me voyez me présenter aux électeurs pour passer la main dans six mois, un an ? Les accidents de la vie, Il y en a pour tout le monde, tout peut arriver. Moi, j’ai la forme et la santé. On verra la suite en avançant. Ça fait 10 ans que je regarde autour de moi pour savoir qui pourra être là 24h sur 24, comme moi, et j’ai des idées. Des échéances électorales vont venir, comme les législatives au moins dans 2 ans, Pierre [Dharréville] sera notre candidat sans aucun doute et j’espère qu’on regagnera cette circonscription.

    La Sémivim

    Philippe Boccara : L’affaire de la Sémivim (Société d’économie mixte immobilière de la Ville de Martigues) a empoisonné votre mandat. Aujourd’hui, vous êtes encore mis en examen ?

    G.C. : Je rappelle qu’il s’agit d’une mise en examen seulement au motif de favoritisme. La corruption, l’enrichissement ou tout autre sujet ont été éliminés. Je remarque aussi qu’on parle de l’affaire Sémivim, alors que la victime, c’est la Sémivim ! Car des personnes ont considéré qu’elles pouvaient détourner de l’argent par le lien établi entre des agents et des entreprises, auxquelles elles ont fait croire que, pour bénéficier de marchés, il fallait les intéresser. La mise en examen repose essentiellement sur les fonctions occupées alors par quelques élus, membres de la CAO [commission d’appel d’offres], et moi en tant que président directeur général, à ce moment-là. Et aucun élu, ni moi, sommes concernés par la corruption ou la prise illégale d’intérêts. Nous sommes aujourd’hui partie civile. Nous avons été reconnus comme victime, également la Ville et la Sémivim.

    Léo Purguette : Est-ce que cela a abîmé le lien de confiance avec la population ?

    G.C. : J’ai chaque jour des preuves de la confiance que m’accorde la population. Elle a compris la réalité de cette affaire. Les entreprises ont reconnu leurs fautes et ont versé des indemnités à la Sémivim et la Ville. Le procès traitera de la corruption et je n’ai aucun lien avec ça. Sur la question qui me concerne, oui, j’étais PDG de la société, mais complètement étranger à ces agissements et je n’ai rien à me reprocher.

    La Santé

    Norhène Ouerfelli : Il est parfois difficile de trouver un médecin spécialiste aujourd’hui. Quelles mesures pour y arriver ?

    G.C. : L’accès à la santé n’est pas égalitaire pour tous aujourd’hui. J’ai l’exemple de quelqu’un qui s’est fait opérer de la cataracte par un ophtalmo à Châteauneuf, il a payé 400 euros de dépassement d’honoraires. Il peut payer, il le fait. Mais combien d’autres renoncent aux soins ? Mon obsession, c’est l’accès au droit à la santé égal pour tous.

    Thierry Bezer : Martigues est parfois vue comme un désert médical…

    G.C. : Au contraire ! Quand je vois des villes comme la nôtre et non loin sans les mêmes moyens… On a une perspective, pour l’hôpital, de mettre à disposition le foyer de l’Adret. La Chrysalide va déménager et les internes seront à 100 mètres de l’hôpital. Nous avons une politique d’acquisition de locaux commerçants pour les mettre à disposition des cabinets à loyer très bas, pas comme le privé. Il y a deux cas : un en centre-ville avec des médecins généralistes, l’autre à Croix-Sainte avec le cabinet dentaire.

    La sécurité

    Philippe Boccara : Vous proposez une brigade de police de centre-ville dans votre programme. Dans quel but ?

    G.C. : La brigade de centre-ville a pour but de remplacer la police de proximité. Les gens sont contents, même dans les quartiers, car ça vient contrecarrer les dealers. On a perdu 50 policiers nationaux depuis 15 ans. Je l’ai dit au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : je veux plus de police. L’Assemblée nationale travaille un projet de loi qui donnera plus de compétences à la police municipale. Ça veut dire plus de moyens humains à la charge des communes et moins pour la police nationale ? Ça donne une sécurité à deux vitesses : les villes qui peuvent donner des moyens et celles qui ne peuvent pas.

    Philippe Boccara : Et les caméras, elles fonctionnent toutes ?

    G.C. : On a 180 caméras de surveillance et 18 lectures automatiques de plaques d’immatriculation, qui ont permis de résoudre beaucoup d’affaires, et elles marchent toutes. On a des agents au central devant les caméras de 6h à 1h du matin. On est aussi exemplaires sur la prévention que sur la répression.

    Le Logement

    Norhène Ouerfelli : Martigues est au-delà du seuil légal de logements sociaux. Est-ce qu’il faut arrêter d’en construire ?

    G.C. : Nous avons 28% de logements sociaux, soit 6 000 sur les 25 000 de Martigues. Il y a 12 000 demandes, car 72% des Français sont éligibles au logement social. Sur les 12 000 demandes, 5 000 concernent des Martégaux. Faut-il arrêter de construire ? Au domaine de Manon, il y 250 logements sociaux, mélangés avec de l’accession à la propriété, du locatif à coût maîtrisé, et vous ne faites pas la différence quand vous passez devant. C’est fini les cités de 745 logements comme avant.

    Philippe Boccara : Est-ce que ça marche, les contrôles sur les ventes pour garantir que ce sont des martégaux qui achètent ?

    G.C. : Oui ça marche, on contrôle, les promoteurs doivent nous dire à qui ils vont vendre et on vérifie que ce soient des Martégaux. C’est un accord avec le promoteur. Cette préférence n’est pas contre ceux qui viennent d’ailleurs, mais contre les autres maires qui ne construisent pas les logements ! Ça explique aussi les 12 000 demandes, car les gens savent où chercher. Pas comme sur le reste la Côte bleue…

    L’industrie

    Léo Purguette : Martigues est un territoire industriel historique concerné par les projets de décarbonation. Comment faire pour accueillir les 10 000 nouveaux travailleurs qu’on nous promet ?

    G.C. : Depuis 100 ans, Martigues a une zone industrielle pétrochimique à Lavéra. Nous en sommes fiers et nous voulons préserver ce qui existe. Soit des milliers d’emplois, avec de bons salaires car les syndicats luttent. On y est attaché. La décarbonation pourra peut-être enfin réconcilier l’industrie et l’environnement. J’ai proposé une organisation de la gouvernance au Président de la République, à territoire d’exception, loi d’exception. Il l’avait acté. Même si la gouvernance n’est pas encore mise en place.

    Léo Purguette : Pour décarboner, il faut de l’électricité. Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    G.C. : Je suis pour, y compris pour préserver l’environnement. On peut enterrer tout ou partie, c’est toujours une question d’argent. Il faut préserver la Camargue, mais aussi la richesse du territoire.

    Léo Purguette : Martigues est aussi une terre de cinéma…

    G.C. : Le cinéma offre une opportunité extraordinaire, avec les studios d’Olivier Marchetti. Il y a un projet d’hôtel 4 étoiles de 80 chambres en cours, sur le boulevard maritime, au bord du canal, c’est acté. Accor est dessus, mais je voudrais mieux, on discute pour augmenter d’un cran.

    La Métropole

    Norhène Ouerfelli : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le bras de fer que vous avez engagé avec la Métropole ?

    G.C. : Le sujet qui fâche, c’est les ordures ménagères : c’est catastrophique. Quand on était en responsabilité, on gérait Port-de-Bouc, Saint-Mitre et Martigues, ça marchait parfaitement. Avec la Métropole, on éloigne les décideurs de la population et ça produit le résultat qu’on avait prédit. À l’automne, sur 24 bennes dédiées aux trois communes, 20 avaient besoin de réparations et ne sont pas envoyées au garage. J’en veux aux services de Martine Vassal qui ne nous entendent pas quand ça va mal. On a dû suppléer et engager de nouvelles équipes à la propreté urbaine de Martigues. C’est la multi-peine ! J’ai demandé qu’on nous rende la compétence, les trois communes sont d’accord. La réponse, c’est « on peut pas c’est la loi ». Il y a une autre solution, nous rendre seulement l’organisation locale. Peut-être peut-on arriver à faire changer la loi avec la grande ville centrale, Marseille.

    Léo Purguette : Vous avez été candidat à la présidence de la Métropole. Le serez-vous encore ?

    G.C. : Je ne crois pas que je serai candidat. On n’en est pas là, on prépare des municipales, on verra ce qui en ressort, car la seule Ville de Marseille n’a pas la majorité à la Métropole. C’est un enjeu très important sur l’eau et l’assainissement, aujourd’hui, on voit l’alignement du prix alors qu’on avait les plus bas du département et tout le bénéfice était réinvesti. Les partages de subventions devraient être équitables pour tous. Ça n’est pas le cas.

    L’étang de Berre

    Antonin Maja : Vous avez soutenu le classement de l’étang de Berre à l’Unesco. Quelle est la suite ?

    Gaby Charroux : L’étang de Berre est le cœur de notre métropole et de notre département. La candidature à l’Unesco a réveillé tout le monde. On n’a pas réussi, mais l’essentiel est de sauver l’étang et poursuivre sa réhabilitation, pour la pêche ou le tourisme. On a besoin de rouvrir le tunnel du Rove, mais surtout de la dérivation de l’eau de la Durance, qui ne va pas coûter 16 millions, mais 2 milliards d’euros. Il faut que la Région aide quand elle aura fini de financer les JO. Je suis pour, en tant que passionné de sport.

    La presse

    Léo Purguette, président et directeur éditorial – La Marseillaise

    Norhène Ouerfelli, journaliste – Maritima

    Philippe Boccara, grand reporter – Ici Provence

    Thierry Bezer, journaliste – France 3

    Antonin Maja, journaliste – La Marseillaise

  • La gauche unie à Port-Saint-Louis présente ses candidats

    La gauche unie à Port-Saint-Louis présente ses candidats

    « Seule, je ne suis rien, ensemble, on ira loin », lance Aurélie Grach lundi soir en conclusion de la réunion publique de la liste d’union de la gauche, Vivons mieux Port-Saint-Louis, (DVG) qu’elle conduit. Les colistiers et colistières, âgés de 28 à 86 ans, sont dispatcheuse de navire, retraitée et fille de communistes italiens ayant fui Mussolini, militants syndicalistes ou communistes, coiffeuse ou électromécaniciens.

    Toutes ont décidé de suivre Aurélie Grach dans la bataille des municipales pour « porter la voix de l’éducation et de l’école », dans le cas d’Emmanuel Stamatiou, ouvrier docker, syndicaliste, communiste et musicien. « C’est le premier sanctuaire de la République pour chaque enfant. Les enfants ne doivent plus avoir froid l’hiver et chaud l’été, il y a urgence d’accélérer la rénovation des groupes scolaires », estime le candidat, qui parle également de « pilier de l’égalité » dans le fait de bien manger à l’école, dans une cantine « accessible ».

    La culture aussi, doit être accessible, dans l’idée d’Elisabeth Taormina, fonctionnaire métropolitaine et passionnée de peinture.

    « L’essentiel, la santé »

    « La vie de nos quartiers, la jeunesse et les seniors font ensemble battre le cœur de notre ville. Trop de quartiers sont laissés de côté », considère la candidate, selon laquelle « la culture créée du lien entre les générations. Elle ne doit pas être un luxe, mais fédérative et vivante, accessible à tous ». Et considérée comme « un outil de vivre ensemble ».

    Le centre-ville et les commerces sont le credo d’Emélia Dragonas-Guérini. « J’ai assisté à la défiguration du centre-ville », juge-t-elle, parlant de « mission impossible pour s’acheter un pantalon » dans un centre-ville qu’elle présente « sans commerce ni lieu de passage ». « J’ai la folle envie de voir un centre-ville attractif toute l’année, avec des lieux d’échanges et de convivialité et pas juste des feux d’artifice les soirs d’été », tacle la candidate.

    « Revenir à l’essentiel, la proximité et la sincérité » est le mantra de François Barges, secrétaire du syndicat CGT de l’usine Marcegaglia et colistier, souhaitant « assurer la santé et la sécurité pour tous ».

    « Des personnes de valeur prêtes à travailler pour notre ville et tous ses habitants », pour Aurélie Grach, « fière d’être tête de liste citoyenne et de gauche », face à « la politique de droite macroniste » du maire sortant « qui défile avec le député RN » selon la candidate.

  • Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Robin Prétot présente des propositions chiffrées à Istres

    Loin du catalogue, Robin Prétot (LR) a présenté un projet chiffré, « gage de responsabilité dans l’utilisation des deniers publics », pour que « les gens fassent leur choix dans les propositions » à ses sympathisants venus remplir l’Espace 233 samedi matin.

    Entre le maire sortant François Bernardini (DVG) et son principal opposant, la vision d’Istres diffère particulièrement sur un point : l’urbanisation. Pour Robin Prétot, la commune « étouffe sous le béton ». Il explique : « Je ne nie pas le besoin de logements, mais je pense qu’il y a un équilibre à trouver. Quid des routes, des services publics, des écoles, des médecins… ? »

    Le secteur du Boisgelin cristallise ce désaccord. Le conseiller municipal d’opposition souhaite construire un grand parc pour un coût estimé de 28 millions d’euros tandis que François Bernardini y a engagé la reconstruction de la maison de retraite Les Cardalines. Robin Prétot veut aussi rouvrir le Pavillon de Grignan au public.

    Côté centre-ville, le candidat envisage un plan d’investissement de 30 millions d’euros sur 10 ans, dont 12 millions seront alloués au rachat, à la préemption et à la rénovation de logements et de fonds de commerces. Parmi ses propositions : la création d’une zone franche pour attirer les acteurs économiques et les médecins qui n’y payeraient donc pas de charge, « même si c’est quelque chose qui pourrait être dégressif », nuance-t-il, ou la gratuité des parkings pendant 3h.

    L’entièreté du programme est à retrouver en ligne.

  • Fadelha Benammar-Koly : « Nous sommes la liste des solutions »

    Fadelha Benammar-Koly : « Nous sommes la liste des solutions »

    La Marseillaise : Comment se sont déroulées les discussions après l’annonce de Gaëlle Lévêque ?

    Fadelha Benammar-Koly : Nous nous sommes assez rapidement entendus pour partir sur un binôme d’élues issues de la majorité, à savoir Nathalie Rocoplan et moi. Il y a six mois, je n’étais candidate à rien, donc il a fallu se poser la question. Beaucoup de travail a été fait dans la précédente mandature, mais il en reste encore beaucoup. Nous avions envie de poursuivre ce qui a déjà été mené et de continuer l’union que nous avions avec d’autres forces à gauche.

    Quelles sont vos priorités ?

    F.B.-K. : Nous en avons cinq ! D’abord « une ville qui bouge », qui concerne l’économie, la mobilité, la culture et le sport. « Une ville qui protège », avec les questions de sécurité mais pas que car la protection c’est aussi le logement et la santé. « Une ville belle », avec l’occupation de l’espace public pour tout le monde. « Une ville fraternelle » car la solidarité est un pilier de la ville de Lodève et nous avons par exemple un plan de lutte contre la solitude. Et enfin « une ville qui dialogue », parce que les gens veulent s’impliquer et être entendus. Je crois beaucoup au trio élus, agents et citoyens. Nous sommes la liste des solutions.

    En quoi êtes-vous en rupture avec la municipalité sortante ?

    F.B.-K. : Nous aurons une liste renouvelée aux deux tiers. Il y a une envie de renouveau dans la ville et c’est normal. Nous sommes là pour concrétiser ce renouveau tout comme la continuité est importante car des projets et des programmes ont été enclenchés et il faut les mener à terme. C’est le cas pour le parc municipal ou le pôle d’échanges multimodal par exemple. Nous voulons aussi qu’il y ait plus de dialogue avec la population.

    Quelles sont vos propositions pour le cœur de ville ?

    F.B.-K. : J’ai pu faire un tour du centre avec un paysagiste et je me suis rendue compte que le centre-ville n’était pas bien identifié. Il y a tout un travail de signalétique à réaliser pour qu’il devienne une balade. Les aménagements piétons doivent aussi être revus. Et il faut revoir également le plan de stationnement pour pouvoir consommer dans les commerces de proximité.

    Pourquoi l’union avec l’ancien député insoumis Sébastien Rome n’a pas été possible ?

    F.B.-K. : Quand on veut l’union, on montre une attitude favorable à l’union. L’union existe avec notre liste qui s’appuie sur des socialistes, des communistes, des citoyens, Génération.s et peut-être demain les écologistes. Sébastien Rome veut l’union de la gauche derrière lui. Ce n’est pas une posture d’humilité, d’autant que tout le monde est uni et qu’il n’y en a qu’un qui est à l’extérieur.

  • À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve la gauche veut une fiscalité juste

    À Villeneuve-lès-Avignon, la campagne municipale s’installe dans un climat de plus en plus politique. Deux visions de la ville s’affrontent frontalement. Maire depuis 2020, Pascale Bories (LR) brigue un second mandat avec la liste « Villeneuve avance », dans la continuité de la majorité de droite en place depuis plus de vingt ans. Si l’édile sortante revendique un bilan axé sur le cadre de vie, la sécurité et l’attractivité, sa gestion est aujourd’hui critiquée : fiscalité parmi les plus élevées du département, équipements municipaux fragilisés, difficultés persistantes des commerçants du centre ancien.

    Face à cette continuité assumée, Anne Daniel, conseillère municipale d’opposition et militante écologiste, conduit la liste citoyenne « Parce que j’aime Villeneuve ». Professeure des écoles et engagée sur les questions d’inclusion, elle incarne une alternative ancrée à gauche. Son projet met en cause une fiscalité jugée déconnectée des services rendus, ainsi qu’une politique d’urbanisme accusée d’alimenter la spéculation immobilière au détriment de l’habitat permanent et des jeunes actifs.

    Centre-ville en souffrance

    La mobilisation récente des commerçants du centre historique, auteurs d’une lettre ouverte aux candidates, illustre l’inquiétude grandissante face à la baisse de fréquentation et à la fragilité économique locale. Elle met en lumière un enjeu central de ce scrutin : celui d’une ville attractive pour les touristes mais de plus en plus difficile à vivre pour ses habitants à l’année.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».