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  • La basse-ville ou le récit d’un siècle d’histoire toulonnaise « dévergondée »

    La basse-ville ou le récit d’un siècle d’histoire toulonnaise « dévergondée »

    Jonchée entre le cours Lafayette, la rue des Remparts, la rue de Lorgues et la rue Vincent-Courdouan, dans la zone piétonne du centre-ville, la basse-ville est encore, de nos jours, le cœur battant de Toulon. Il regroupe les rues les plus animées de la commune, entre cafés, commerces, et l’emblématique marché du cours Lafayette.

    Du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’après Seconde Guerre mondiale, ce quartier était surnommé le « Chapeau Rouge », et constituait la seule zone de la ville où la prostitution était libre et autorisée. De nombreux auteurs écrivirent à son sujet (Farrère, Loti, puis Cocteau, Vérane, Morand, Carco, Kessel, Cendrars ou encore Bernanos), forgeant l’imaginaire de la basse-ville, empreint de sensualité et de légèreté, que Pierre Loti décrivait comme « ivre de soleil, de chaleur, d’alcool, de cris et de chants », et où les matelots se pressaient pour oublier, le temps d’une soirée, la rudesse de la vie en mer. Toulon était alors considérée comme « capitale de la prostitution et de l’opium », et devint dans l’entre-deux-guerres celle de « l’homosexualité », au grand dam des autorités, notamment de la Marine nationale.

    Une époque fantasmée et bien heureusement révolue que Marc Bayle et André Fourès, deux auteurs natifs de Toulon, racontent dans leur livre consacré Toulon dévergondée, la Basse-Ville (années 1880-1980). Une plongée inédite dans le passé sensible de ce quartier à part, riche de nombreuses archives, qui sera racontée et discutée par ses auteurs, en compagnie du Club de la presse 83, ce jeudi, à 18h30, à la librairie Charlemagne de Toulon.

    Inscriptions par mail : resa.clubpresse83@gmail.com

  • Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Un bilan positif de par une action commune. C’est le message qu’ont voulu faire passer ce mardi 3 février les représentants des services de l’État engagés dans leur bilan de la lutte contre le narcotrafic. Le nombre de personnes interpellées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône a augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2 % et 11 %, les points de deal ont diminué de moitié, passant de 181 en 2021 à 89 à Marseille, de 222 à 114 dans le département. Sur les narchomicides, leur nombre est aussi en baisse de 49 en 2023, à 24 en 2024 puis 20 tués en 2025.

    « Notre stratégie », pose le préfet de région Jacques Witkowski, « ne rien lâcher, agir et encore agir. » Et s’appuyer sur le collectif, avec « la totalité de la puissance étatique en marche, chacun avec ses compétences. » Ses leviers d’action : le quotidien avec « un engagement permanent de la police nationale et de la gendarmerie pour sécuriser les secteurs » et la « poursuite des enquêtes judiciaires », le pilonnage et les opérations de grande envergure, « l’aval » avec des investigations dans « tout un tas de domaines » comme le recel et l’amont avec « des résultats probants » sur le blanchiment et 32 millions d’euros d’avoirs criminels saisis contre 30 en 2024.

    Face à des trafiquants qui se réorganisent, misant notamment sur le « ubershit », le « ubercoke » pour éviter aux consommateurs de se déplacer, policiers et gendarmes ont adapté leurs méthodes. Avec plus de contrôles de « flux » quand au-delà des voitures, les livreurs utilisent parfois des trottinettes, raconte Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale. Pour contrer l’arrivée de produits venus de Marseille et d’Avignon, « dans les trains, sur les routes, nous avons investi les transports en commun avec des équipes cynophiles » ajoute le général Pierre Baillargeat à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Des « enquêtes sous pseudonyme » sont aussi menées détaille le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 offre aussi de nouveaux outils. Comme les interdictions administratives de paraître détaille la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Quelque « 150 cette année, ce qui nous permet d’assécher les points de deal », estime-t-elle, rappelant que le contrevenant risque jusqu’à 3 mois d’emprisonnement s’il se fait reprendre. Côté contrôles d’établissements, salle de sport, vendeurs de CBD et autres, ils sont une vingtaine à avoir été fermés dans le cadre des opérations baptisées « Jumbo ». Pour compléter l’arsenal, les expulsions de logements sociaux, avec 36 procédures en cours dont « plusieurs sont passées au tribunal » précise Corinne Simon.

    Apporter une réponse pénale à la hauteur

    Les consommateurs sont aussi dans la ligne de mire. Lors d’un contrôle organisé sur trois jours la semaine dernière mobilisant 1 200 agents dans tout le département, « une personne sur 12 était détentrice de produits stupéfiants » rappelle le préfet, « ils participent au narcotrafic » martèle-t-il.

    Côté justice, le ministère public se fait fort de suivre. Les infractions à la législation des stupéfiants représentent cette année « 24 % de l’activité du Parquet » indique Nicolas Bessone, le double d’une juridiction équivalente, le triple de villes comme Périgueux ou Valence, contre 18 % en 2023, 22 % en 2024. Le nombre de garde à vue dans les affaires de trafic a augmenté, de 15 % passant de 2 406 en 2024 à 2 853 en 2025. « Notre réponse pénale, c’est le déferrement systématique » assume Nicolas Bessone, se félicitant au passage d’une bonne collaboration avec le tout nouveau Pnaco parquet national anticriminalité organisée, mis en place le 5 janvier avec « deux affaires qui ont fait l’objet de co-saisines. »

    Sur les consommateurs, une convention avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFI) a été signée pour assurer le paiement des 10 000 AFD (amende forfaitaire délictuelle) de l’année, 200 euros chacune, les personnes en obligation de soins en ayant été exclues. Des instructions de saisies de voitures ou smartphone commencent aussi à tomber. Un « début » avec 9 téléphones et 4 autos.

    Et le procureur de revenir également sur le travail entamé sur le « haut du spectre » avec de premières saisies d’appartements à Dubaï, des surveillances particulières sur les détenus dangereux qui continuent à gérer leurs affaires depuis la prison.

    Des points de deals qui se déplacent

    Autant de pressions qui ont permis d’avancer mais loin de tout régler. Au-delà des livraisons à domicile, les points de deal se sont déplacés des quartiers Nord vers le centre-ville. Celui du 3e arrondissement restant un point chaud dans le cadre d’un affrontement sans merci pour son contrôle.

    « C’est un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits » commente néanmoins Nicolas Bessone, qui dans le même temps, rappelle que « nous avons affaire à une contre-société » avec une DZ mafia qui fait des conférences de presse, des narcotrafiquants qui proposent du soutien scolaire, de s’acquitter de travaux de bricolage, ou s’organisent en cartel pour s’attaquer à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. « Nous sommes désormais un pack, habitués à jouer ensemble » estime le préfet filant la métaphore rugbystique. De quoi assurer un début de première mi-temps, quand pour le moment, les trafiquants ont toujours le ballon.

  • Nicolas Koukas face aux lecteurs à Arles

    Nicolas Koukas face aux lecteurs à Arles

    Après six ans d’une mandature Patrick De Carolis caractérisée par une adhésion surprise au parti de droite Horizons, l’expulsion de la Ligue des droits de l’Homme de la Maison de la vie associative ou encore la menace de déloger l’Union locale CGT de la Bourse du travail, Nicolas Koukas répond aux lecteurs de « La Marseillaise », depuis son local de campagne.

    Bouchra Nait : Il s’est passé quelque chose d’extraordinaire, l’été dernier, avec l’Appel d’Arles. Extraordinaire, car les Arlésiens se sont organisés et ont appelé à une candidature unique à gauche, et les partis se sont saisis de l’appel. Mais une fois élu, comment faire vivre la démocratie, faire en sorte que les citoyens soient au centre et parties prenantes de la politique municipale, et comment respecter les avis contradictoires et son opposition ?

    Nicolas Koukas : Lorsque Patrick De Carolis a été élu, il nous a donné, à l’opposition, des locaux dans une cave sans fenêtre. Bien évidemment, on a demandé à déménager et on s’est retrouvé à côté des pompes funèbres. Cela a tout de suite donné le caractère du personnage et sa façon d’envisager ses rapports avec l’opposition. Ce n’est pas la manière de faire que je porterai. Il y a une crise de vocation des élus, des candidats aux municipales qui n’arrivent pas à boucler leurs listes, faire confiance à des élus est de plus en plus compliqué et les élus locaux, qui étaient protégés jusqu’alors, ne le sont plus. Il est important, dans ce contexte, de respecter son opposition et de lui donner les moyens de travailler. Jusqu’alors, nous n’avions qu’une seule réunion commune par mois, annoncée cinq jours avant. Nous mettrons en œuvre de vrais outils pour bosser avec tous les élus, majorité et opposition comprise, dans des commissions de travail plénières revisitées, pour que tous les élus aient accès aux documents préparatoires. Cela inclut les commissions techniques préparatoires et la plus grosse de l’année, celle dédiée au budget, pour qu’on puisse le coconstruire avec les habitants. Alors oui, ça demandera du temps et de l’énergie à consacrer à tous ceux qui ont signé l’Appel d’Arles, qui viennent de quartiers différents et sont en attente de faire les choses différemment. Ça demande une organisation particulière et, bien sûr, une volonté politique, mais il faut que cela se traduise par des effets concrets derrière. Il faut une organisation du fonctionnement municipal qui va de pair avec ce qui est porté par les élus. On ne peut plus faire la chose publique comme on faisait avant. Les habitants sont en attente d’autre chose et pas de pseudo-conseils de quartier mis en place par Patrick De Carolis, où il a placé quasiment partout ses amis, pour les tenir et qu’il n’y ait finalement pas de débat. C’est une attente d’autant plus forte que, depuis les législatives, on a vu tout le peuple de gauche demander à se rassembler dans une union la plus large possible. Ça n’a pas totalement marché, ce n’est pas grave. Il y a plusieurs gauches, mais ce n’est pas elle notre adversaire : c’est le RN et la macronie sortante.

    Sébastien Ali : Quel est votre positionnement sur le projet de déménagement de la Bourse du travail initié par le maire actuel ? Cette place est occupée depuis 126 ans par l’Union locale CGT.

    Nicolas Koukas : On a été clairs depuis le début sur cette volonté de Patrick de Carolis de museler la CGT. C’est une décision irresponsable qui ne va pas dans le sens de l’histoire. On a besoin des syndicats dans leur lieu symbolique, où ils sont implantés depuis 126 ans. Des centaines d’Arlésiens ont été syndiquées, engagés, y compris dans la Résistance. Je ne crois pas qu’on puisse lutter contre la xénophobie et le racisme en fermant une Bourse du travail. Au contraire. Pour nous, il est hors de question de faire déménager la Bourse et on sait très bien que le bâtiment ne peut pas accueillir l’Office du tourisme car il est n’est pas accessible, c’est un leurre. Je crois qu’il surfe sur ce sujet pour récupérer un électorat plus obscur. Ma conviction, c’est qu’il faut être fier de ce bâtiment, on fera tout pour le conserver et qu’il continue à vivre. Car c’est bien sûr un lieu de réunions syndicales, mais qui rayonne aussi sur les activités culturelles, permet des expositions d’associations et d’étudiants en juin, au moment de la feria. Je ne peux vraiment pas imaginer qu’on enlève le fronton « Bourse du travail » quand on se rappelle qu’Arles s’est construite avec les syndiqués. On oublie que beaucoup de syndicalistes arlésiens des champs, dans les années 30, étaient à la CGT et se sont levés face au patronat. Pendant la guerre aussi, seul Pétain voulait fermer la Bourse du travail, le parallèle n’est pas très flatteur pour le 1er magistrat. Alors oui, on observe un discours national et international qui n’incite peut-être pas le maire à défendre ce projet pour la Bourse du travail, mais moi je m’en fiche : on a besoin de porter nos valeurs d’engagement politique, syndical et associatif. La CGT à la Bourse du travail, elle y est, elle y reste.

    Martine Charrière : Souvent, la moitié de la population est oubliée dans les discours. Est-ce qu’il y aura une délégation dédiée aux droits des femmes et un partage équitable et non genré des délégations ? Pour éviter d’avoir la petite enfance confiée aux femmes et l’économie aux hommes…

    Nicolas Koukas : Je vous rassure Martine, vous m’aviez fait remarquer cet oubli lorsqu’on a appelé notre groupe Le Parti des Arlésiens et tu avais raison. Oui, je crois qu’aujourd’hui, ça fait partie de l’histoire. Moi, je mise sur l’expérience. Sur notre liste, il va y avoir une énorme partie dédiée à la société civile, à plus de 60% ne faisant pas partie d’un parti politique, mais ayant une expérience significative dans un domaine particulier. On veillera à ce qu’elles ou ils puissent occuper des délégations qui ne laissent pas penser à du saupoudrage. On aura aussi une commission extra-municipale dédiée pour travailler avec toutes les associations qui gravitent autour de ce sujet, comme le centre d’information sur les droits des femmes et des familles [CIDFF, Ndlr], afin d’être au plus près des attentes des Arlésiennes. Et pas qu’au niveau des élus, y compris au niveau de l’administration, où des postes à responsabilité ont trop souvent été occupés par des hommes. Comme la direction générale des services, exclusivement occupée par des hommes, la direction de cabinet ou des ressources humaines, qui sont trois postes clés dans le fonctionnement de la commune. Il y aura une conseillère municipale ou une adjointe chargée de ces questions-là, qui aura une feuille de route construite non pas verticalement, mais horizontalement pour avoir une évaluation des politiques publiques et pour répondre aux attentes des associations.

    Jean-François Ruiz : Concernant les équipements sportifs de la ville, notamment les piscines, les gens se plaignent qu’elles ne sont pas en bon état. Les écoliers doivent composer avec une seule piscine à l’année, car l’autre est souvent fermée. Comment faire ?

    Nicolas Koukas : Sur ces sujets anciens, je vois que la majorité en place s’est aussi cassé les dents par rapport aux promesses qu’ils avaient pu faire. Arles n’a pas les équipements sportifs ni les piscines adaptées pour une ville comme la nôtre. Je vois deux pistes. D’abord, une réflexion portée à l’échelle intercommunale, car on sait que ça peut se jouer à ce niveau. Le maire est censé être président de la communauté d’Agglomération. Le bilan de Patrick de Carolis est fondé sur la Ville, mais il y a zéro bilan en termes d’attractivité sur son mandat à la présidence de la communauté d’Agglomération Arles Crau Camargue Montagnette [ACCM, Ndlr]. Notre spécificité à Arles, avec ses villages et ses quartiers, fait que nos équipements sont particulièrement vétustes. On ne va pas proposer de tout raser et reconstruire gratuitement. Il y a cette envie dans les associations que je rencontre de réaliser un complexe autour de l’eau, mais d’un point de vue budgétaire, on n’a pas les moyens de le porter aujourd’hui. Alors, il faut être pragmatique sur ces sujets de grands équipements : on peut tout à fait avoir des partenariats avec du privé, et pas n’importe lequel, lorsque l’objet est bien défini. Faire croire que le public peut répondre à toutes les attentes d’un territoire est faux, c’est un communiste qui le dit. On vit dans une société où on voit que des Villes ont porté des projets similaires qui ont permis la réalisation de l’équipement. Sur la piscine, je pars de cette réflexion-là. Il y a un sujet au croisement des trois intercommunalités d’Arles, de Saint-Martin et de Tarascon, qui devraient fusionner, mais ça n’est pas encore réglé. Je pense qu’à l’ouest du département, il devrait y avoir une intercommunalité qui puisse répondre aux besoins du territoire. Il faudra hiérarchiser les priorités et ce n’est pas simple. L’histoire d’Arles fait qu’aujourd’hui, on doit aller chercher la reconnaissance qu’elle n’a pas. Le maire doit aller voir les finances de l’État tous les mois pour dire qu’il y a une spécificité arlésienne, car on ne gère pas 50 000 habitants sur 759 km2 avec les mêmes dotations qu’une autre moins étendue. Cette proposition est inscrite dans le programme. D’autres communes ont cette même difficulté et les recettes doivent être différentes, car sinon, on ne répond pas aux exigences dans le temps, on fait que du saupoudrage et on obtient de la colère.

    Savéria Herrati : Le Covid a servi de prétexte à l’Europe et à la commune pour réduire les subventions et ne plus écouter les besoins de la ville en matière historique, sachant qu’on marche sur des vestiges médiévaux et romains. Prévoyez-vous des mesures en termes de préservation et de valorisation du patrimoine ?

    Nicolas Koukas : Dans les années 1970-1980, tous les maires qui se sont succédé ont fait le choix de faire de la culture, du tourisme et du patrimoine les leviers du développement économique. C’est encore le cas aujourd’hui. Depuis 6 ans, la mandature De Carolis n’a pas répondu avec efficacité aux attentes et à la réalité de ce territoire. Quand le Pôle culture patrimoine a une baisse de 100 000 euros de sa subvention, la majorité met en difficulté la réalité d’une entreprise, de ses activités qui permettent dans ce bâtiment de rassembler des acteurs spécifiques et, surtout, elle nie la réalité. En 1997, on a eu la chance d’avoir un contrat état-Région pour rénover beaucoup de monuments, dont les arènes, et jusqu’en 2020, on avait des budgets d’urgence pour intervenir dès que le bâti était en difficulté. Ces budgets n’existent plus. Maintenant, allez dans les arènes, les murs tombent à côté de la billetterie. Il est urgent de réenclencher cette volonté politique. On a un ancien directeur du service patrimoine avec nous, qui a connaissance des acteurs et financeurs pour répondre le plus vite possible à ces exigences. Comme je l’ai fait avant, je porterai également la classification du territoire de Camargue au patrimoine mondial de l’Unesco : c’est une chance pour la ville, mais aussi pour la Camargue menacée par la montée des eaux. On ne fait rien : pas de plan local d’urbanisme, pas de réflexion avec les autres maires. Le danger serait d’opposer les différents acteurs économiques, environnementaux et les manadiers alors qu’il faut les rassembler et faire communauté autour du patrimoine. On n’aurait pas nos monuments à Arles, ce serait plus compliqué.

    Lucile Venet : Quel est votre projet pour la culture ? À Arles, certaines cultures s’effacent.

    Nicolas Koukas : Il faut répondre à la demande de culture pour tous. On nous avait critiqués « Le drôle de Noël », où l’on trouvait tout le monde : c’était une vraie feria avec tous les Arlésiens. Mais il faut réimaginer et remettre de la culture à d’autres périodes de l’année. L’équipe en place a fait des choses, mais il y a d’autres projets à sortir avec des acteurs culturels pour proposer des moments importants dans l’année. Avec de la culture populaire, pas que la tradition ou le folklore. Ma mère s’appelle peut-être Mistral, mais je pense que trop de tradition tue la tradition. On voit les Arlésiennes partout, tout le temps. Il faut réunir les acteurs culturels arlésiens pour envisager de monter des initiatives importantes, je pense à Luma et les associations de quartier. Il y a besoin de se rencontrer pour éviter les malentendus et que des murs de glace se créent. On aura plusieurs élus en charge des cultures pour avoir des perspectives et des évaluations des politiques culturelles publiques.

    Bouchra Nait : Arles est riche en patrimoine, mais s’appuie trop sur le tourisme ; il y a trop de chômage. Comment rééquilibrer et encourager plus d’entreprises à s’installer pour générer plus d’emplois ?

    Nicolas Koukas : On a la chance d’avoir cette ville très focalisée sur le tourisme. Mais les transports ne vont pas avec, on n’a pas pensé les besoins de travailler ni de s’amuser pour les habitants. On n’a imaginé Arles que comme une petite ville de Provence, belle, mais pas forcément pour y vivre. Il y a besoin de diversifier les activités. Je tacle souvent De Carolis qui parlait de venir avec son carnet d’adresses, de faire venir plein d’acteurs économiques… Mais il est venu sans. C’est aussi méconnaître l’histoire d’Arles que de penser que le plan local d’urbanisme (PLU) permettrait d’avoir des terrains au nord et à Trinquetaille pour l’activité économique, ce n’est pas entièrement le cas. Je ne vais pas promettre 1 000 emplois comme il l’a fait, car le sujet est bien plus complexe que ça, on ne fait pas des slogans qu’on ne peut pas tenir. L’idée est plutôt de prendre son bâton de pèlerin pour inciter les acteurs économiques à venir ici. On avait modifié le PLU en zone nord pour installer Shopping promenades. Il reste du foncier pour accueillir des activités qu’il faut adapter au territoire arlésien, pas comme à Saint-Martin, où ils vont installer un grand centre logistique Vinted où l’on paye les gens une misère. S’appuyer uniquement sur le tourisme ne permet pas de résoudre les problèmes de logement avec le phénomène Airbnb, ni ceux des rues commerçantes malmenées par les fermetures. Je suis très heureux de voir Patrick De Carolis reprendre notre proposition « soviétique » de 2020 de créer une société coopérative foncière pour permettre à la Ville de disposer d’un outil de préemption. Nous avons un label « métier d’Art », mais il n’y a pas de portage, pas de schéma, ni de ligne directrice. Je n’ai rien contre les épiceries de nuit, mais je sais que le local de campagne de De Carolis en deviendra une, ce qui fragilisera le quartier. Ce schéma doit être porté au sein de l’Intercommunalité.

    Jean-François Ruiz : Les agriculteurs aussi ont des difficultés face à la montée des eaux et à la salinité, notamment les riziculteurs et les céréaliers. Comment les aider ?

    Nicolas Koukas : Ce n’est pas une compétence municipale, mais il faut y être attentif. Pour en avoir discuté avec le directeur de la Tour du Valat, on voit en Camargue une explosion des extensions agricoles, un positionnement porté par le syndicat des riziculteurs. D’autres ont des réflexions plus scientifiques, disant qu’il faut retourner sur une proximité et une forme d’expérimentation pour faire évoluer les productions. On sait qu’on va dans le mur avec la chute du riz. La montée des eaux et la remontée du sel vont mettre en difficulté des dizaines d’agriculteurs. C’est pour ça que j’en reviens à faire classer la Camargue, qu’il y ait une prise de conscience de certains élus qui ne veulent pas regarder la réalité en face. Le trait de côte évolue. Comment y répondre ? C’est en tout cas le rôle d’un maire de faire connaître ce qui ne fait pas plaisir.

    Savéria Herrati : On a parlé des emplois : il faut permettre l’arrivée de nouveaux habitants, jeunes, étudiants, travailleurs et familles. Mais l’accès au logement est pitoyable. Quelles sont les solutions et quel est le poids de la municipalité dans ce sujet ?

    Nicolas Koukas : La question se pose dans beaucoup de villes. Airbnb a bouleversé les communes touristiques comme la nôtre, avec un nombre de locations passé de 1 800 en 2020 à plus de 3 000 aujourd’hui et des rues complètement fermées. Il y a la volonté très claire de notre part de réguler les nuitées et d’instaurer un système de quotas par quartiers, comme à La Roquette et l’Hauture, qui sont ravagés par ce phénomène. Il faut permettre aux familles de revenir vivre dans le centre-ville et aux propriétaires de rénover leurs logements. J’en reviens à la société foncière, je souhaite que, demain, les bâtiments libérés ne soient pas vendus, mais d’en faire du logement pour les familles. L’idée est d’enrayer la spirale de réduction d’habitations depuis 2020.

    Lucile Venet : Les jeunes n’ont pas de lieux où se rencontrer, entre villages et quartiers, qui soient intergénérationnels avec des adultes référents. Il serait intéressant de discuter d’une maison des jeunes avec eux.

    Nicolas Koukas : Il y avait une maison des jeunes avant sur le boulevard des Lices, qu’un maire de droite avait fermée. C’est une question centrale remontée de beaucoup d’ateliers de l’Appel d’Arles. Les centres sociaux sont aussi en difficulté. Dès notre élection, nous devons programmer des Assises des jeunesses de tous les quartiers et villages, car ils ont des histoires et des parcours différents. Il leur faut un lieu d’accompagnement avec des animateurs qui savent faire. Je pense à l’auberge de jeunesse, un lieu pas loin de la piscine Cabassud. On pourrait y accueillir des activités à l’année avec un espace tiers-lieu dédié à la jeunesse. Pour les hameaux, pourquoi ne pas expérimenter la maison de la jeunesse itinérante ? On a un bibliobus, mais on peut imaginer aussi d’ouvrir des activés l’été dans les écoles.

    Nicolas Juan : J’attends de la Ville qu’elle passe à une autre phase pour son littoral, notamment la plage de Piémanson. Il faudrait la valoriser, avec un parking par exemple, non ?

    Nicolas Koukas : Il faut aborder à la fois la question de la plage et le développement de Salin-de-Giraud, en portant un projet touristique écoresponsable, car on a évolué en termes de sécurité et de protection du patrimoine : on n’ira plus y camper comme avant. Mais il y a une discussion à mener avec les habitants et l’État pour savoir comment utiliser au mieux cet espace-là en respectant le littoral. Faire un parking sera très compliqué : l’État se protège par rapport au risque d’accidents.

    Nicolas Juan : Il faut pour ça pérenniser la traversée du Rhône. Les Saliniers sont pour la construction d’un pont, mais en attendant il faut rehausser le service du bac. Beaucoup de Saliniers travaillent sur le Port ou vont chez le médecin en traversant.

    Nicolas Koukas : Il faut un service public qui fonctionne sur des horaires élargis pour permettre à ceux qui travaillent à Fos de rentrer en évitant le grand tour. On se battra au Département pour ça. On a aussi besoin de cette mobilité pour se soigner. La question se pose à Salin, pour que les plus âgés puissent rester à domicile le plus longtemps possible, alors que le nombre de services de soins à domicile a baissé en 6 ans. Pour les plus jeunes aussi, il y a des problèmes de garderie. Sans oublier le besoin des médecins. Pour tous les hameaux, on propose de dérouler le tapis rouge aux médecins qui veulent s’installer sur Arles, avec une convention sur plusieurs années. Nous aurons dix personnes dans notre équipe venant de ce secteur-là. Car c’est la préoccupation numéro 1 des Arlésiens. Il nous faut, dans notre équipe, des expériences et des métiers pour nous rendre le plus opérationnels possible. Le rôle du maire est aussi d’assister au conseil d’administration de l’hôpital, en crise avec la menace de fermeture de la maternité et des lits dans les services de cardiologie et de gastro-entérologie, qui sont passés de 36 à 18. L’hôpital est menacé : nous avons besoin de ce service public de santé fort, avec des spécialistes disponibles.

    Focus sur les lecteurs

    Bouchra Nait, présidente de CIQ

    Sébastien Ali, ouvrier plasturgiste et militant CGT

    Martine Charrière, ancienne responsable de centre de formation

    Jean-François Ruiz, régisseur à la fondation Luma

    Savéria Herrati, ingénieure géophysicienne

    Lucile Venet, professeure de SVT en lycée

    Nicolas Juan, habitant de Salin-de-Giraud, ancien élu

  • Le Dr Salem veut ranimer Aubagne avec deux plans clés

    Le Dr Salem veut ranimer Aubagne avec deux plans clés

    « Pour moi, la politique n’est pas un besoin, c’est un choix », a assuré le Dr Mohammed Salem, 67 ans. « Aubagnais de cœur depuis trente-cinq ans », le chirurgien, chef de service de la chirurgie à l’hôpital d’Aubagne, adjoint au maire (LR) Gérard Gazay de 2014 à 2016, a esquissé l’élu qu’il souhaite devenir : « Un maire humain, à l’écoute, un maire de terrain, sans langue de bois ». Alors qu’il voit « dépérir » le centre-ville depuis une dizaine d’années, il veut « redynamiser Aubagne ». Le candidat a annoncé : « Notre priorité sera le centre-ville.

    « Chaque projet sera chiffré »

    Peu avant, il a souligné : « Rappelons une vérité que certains préfèrent oublier : la dette d’Aubagne est une dette d’avant 2014 ». C’est-à-dire lorsque la municipalité était à gauche. Il a lancé : « Nous refusons le populisme. Chaque projet que nous porterons sera chiffré, financé, assumé ».

    Pour ranimer le centre-ville d’Aubagne, le Dr Salem veut construire, sur l’Esplanade de Gaulle, « le village des Halles ». Un projet « qui est le fruit de plusieurs mois de travail, d’échanges, de visites de terrain ». à l’intérieur, « nous avons construit une offre équilibrée, pensée pour compléter l’existant, pas pour le concurrencer ». Le coût : 1,8 million d’euros. Ces Halles seront « un moteur. C’est un effet domino positif pour l’ensemble du centre-ville », a-t-il plaidé. Conçu « comme un lieu qui rassemble toutes les générations », le Site du Bras d’Or sera réhabilité, pour un coût de 10 millions d’euros (60% de subventions, 30% de partenaires privés, 10% d’autofinancement). « Le Bras d’or de demain sera un lieu multimodal : on y trouvera du sport, de la culture, du numérique, de l’emploi et du lien intergénérationnel », a tracé le chirurgien. Ces projets seront explicités lors de son meeting du 3 mars prochain, a-t-il annoncé.

  • À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    S’il fallait ne retenir qu’un mot des 31 pages du programme de François Bernardini (DVG), ce serait « développement ». Alors que le territoire de l’Ouest des Bouches-du-Rhône est à un tournant de son histoire industrielle, Istres prend sa place dans la transition. À eux seuls, les projets d’Hynaero (production d’hydravions bombardiers d’eau) et de Sabena Technics (maintenance des avions ravitailleurs MRTT) devraient créer 600 emplois directs. « La construction est le corollaire immédiat du développement », affirme le maire (DVG) candidat à sa succession, « autrement on se ferme des portes ».

    Parmi les dossiers structurants, citons la requalification du Prépaou, pensée avec les bailleurs sociaux afin d’aérer le quartier et de rassembler au sein d’un seul et même bâtiment le centre social, les locaux de la mairie annexe, ceux de France Services et une salle polyvalente, ou encore la reconstruction de l’Ehpad les Cardalines dans le secteur du Boisgelin, là où le candidat (LR) Robin Prétot envisage plutôt de créer un parc. « Le permis d’aménager a été accordé et purgé de tous recours, les travaux débuteront au premier semestre 2026 », évacue François Bernardini.

    Animer le centre-ville

    Le maire remet également sur la table le projet du golf de Rassuen et de son écoquartier, mis à l’arrêt pour des raisons environnementales, dont les balbutiements remontent à 2015. « Nous essayons de convaincre l’administration que nous avons un excellent dossier. On est en train de mettre la bride sur un projet qui ne coûterait rien et qui apporterait une sécurité extraordinaire à ce site », une friche industrielle. Le candidat affirme qu’une enquête publique devrait être lancée, sans en préciser la date.

    Côté centre-ville, François Bernardini admet que les résultats des commerces ne sont « pas satisfaisants ». « Ce n’est pas faute d’efforts », assure-t-il, citant la création d’un poste de manager, l’acquisition de fonds de commerce et les nombreuses subventions. L’édile pointe des changements d’habitude de consommation et la topographie de la commune qui n’offre que des espaces réduits en rez-de-chaussée. « Il ne faut pas considérer le commerce comme le seul élément d’animation du centre-ville », affirme-t-il. Pour le prochain mandat, François Bernardini ambitionne de créer une résidence d’artistes dans le centre ancien, ainsi qu’une résidence intergénérationnelle en colocation.

    Toutes les propositions sont à retrouver dans le programme du candidat ou sur son site.

  • Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Aucun doute là-dessus, à Marseille, Renaud Muselier n’est « pas candidat » aux municipales, a-t-il tenu à rappeler lors de ses vœux à la presse, ce jeudi 29 janvier, et il soutient Martine Vassal (DVD). « Je pense que c’est de loin la meilleure » pose-t-il, vantant son « expérience » et sa « compétence ». À ceux qui l’interrogent sur les difficultés de la candidate de la droite et du centre dans les sondages et sur le terrain, il oppose son vécu de président élu quand on prédisait le contraire. « Les sondages ne correspondent pas à la réalité, ils donnent une ambiance », estime Renaud Muselier, pour qui la campagne des municipales n’a pas encore démarré : « Cela va s’accélérer en février. »

    Il préfère fracasser le bilan du maire DVG sortant, Benoît Payan. Un maire qui « n’a jamais été élu », a « changé je ne sais pas combien de fois de DGS (directeur général des services) », les Verts « qu’il a noyautés » et n’ont pas pu se présenter, aujourd’hui victimes d’un « syndrome de Stockholm ». Il enchaîne avec « Kessaci, pour qui j’ai beaucoup de respect, qui est là… » Et ose : « Enfin, c’est pendant le mandat du maire que ses deux frères ont été assassinés. On ne peut pas dire que c’est un mec bien quand même ! » Orange qui s’en va de Saint-Mauront, les Galeries Lafayette fermées en centre-ville, les écoles non réalisées, tout y passe… Renaud Muselier parlant de « diagnostic » et de « projet ».

    Un « pacte de raison »

    Face à la menace RN à laquelle il refuse de croire, tout en déplorant que l’extrême droite sème le « chaos » au niveau national, il prône son « mode d’emploi ». La clé : faire comme à la Région, « un pacte de raison », s’entendre au premier tour, respecter ses partenaires. Ce qu’il avait essayé de faire à l’époque, à Marseille, estime-t-il avec « Bruno [Gilles], avec Renaissance, ils ont tous voulu se [présenter], on a perdu la ville ». Convenant que pour les législatives « la droite, le centre, les socialistes on a été rincés », il reste confiant : « Ce n’est pas [pour ça] qu’on va perdre les municipales. Au contraire, la méthode que nous avons mise en place est applicable. »

    Il étrille Franck Allisio, candidat RN et conseiller régional, dont il n’oublie pas qu’il fait l’objet d’un « article 40 car il s’est servi de la Région pour faire sa campagne ». « On est susceptible de voter pour quelqu’un qui n’est même pas considéré comme bon candidat », estime-t-il. Sur sa position en cas de triangulaires, Renaud Muselier reste évasif. « Pourquoi vous ne me parlez pas de quadrangulaires ? » interroge-t-il, estimant visiblement que ce sera le cas à Marseille. Et de réclamer de la « hauteur avec de vrais débats ».

  • [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    Imaginons vouloir partir une semaine à Arles pour la première semaine d’août, du samedi 1er au 8 du mois. Ce sont 380 logements qui sont proposés par la plateforme pour un voyageur, dans tout l’espace compris entre la rue Gambetta, le Rhône et les boulevards des Lices et Émile-Combe.

    Sur l’ensemble de la ville, le moteur de recherche indique même « plus de 1 000 logements » disponibles à la réservation, juste pour soi, sans partage avec l’hôte, à des tarifs variant entre 450 euros pour un « studio cosy au pied des Arènes » et jusqu’à 1 300 euros pour ce deux-pièces avec terrasse offrant la vue sur l’hôtel de ville. Toujours pour la première semaine d’août, sont aussi disponibles ce « penthouse à vue imprenable » affiché à 2 300 euros ou ce « havre de paix avec piscine » pour plus de 8 000 euros, dans le registre de l’exclusif.

    Face à ce « phénomène Airbnb », Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux municipales, assure être « à l’offensive sur le logement » depuis sa déclaration de candidature, en décembre. « Nous sommes fatigués de ne plus pouvoir nous loger dans le centre-ville », affirme-t-il, rappelant que l’opposition « demande depuis 6 ans de réguler strictement les locations touristiques » de ce type, « comme les villes de La Rochelle et d’Annecy ont pu le faire », précise le candidat.

    « Des quotas par quartier »

    Il y aurait 2 100 meublés de tourisme recensés par la Ville, 3 800 selon l’opposition. Dans le cadre du programme de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas propose une politique municipale sur deux jambes. « En premier, réguler Airbnb en imposant un quota de locations touristiques par quartier et en limitant le nombre de nuitées », complété par « une police du logement contre l’insalubrité de certaines locations ». D’autre part, le candidat veut s’appuyer sur une société coopérative foncière municipale dédiée à « préempter dans les secteurs stratégiques » pour reprendre le contrôle sur le marché.

    Des affiches posées dans la rue, l’été dernier, permettent de mesurer cette attente. « Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer », « Afin de préserver la santé mentale des riverains, merci de soulever vos valises à roulettes », « Airbnb tue nos quartiers, loyers Arles centre jusqu’à +50% en cinq ans, qui peut encore vivre ici ? », pouvait-on lire.

    Dans l’équipe du maire sortant Patrick de Carolis (HOR), Sébastien Abonneau répondait à la radio Ici, en août, qu’il ne fallait pas être « dupe des arguments de l’opposition » à l’approche des élections. Sollicitée l’été dernier pour dresser un bilan estival, la plateforme Airbnb assumait de « ne pas communiquer sur ses données car cotée en bourse américaine et que ce sont des indicateurs de bonne santé de l’entreprise ».

    Les nombreuses boîtes à clés installées au Monoprix de la place Lamartine parlent d’elles-mêmes.

  • Sylvie Vinceneux à la rencontre des commerçants de Saint-Cyr

    Sylvie Vinceneux à la rencontre des commerçants de Saint-Cyr

    Journée de tractage pour Sylvie Vinceneux et ses colistiers. Mercredi après-midi, la responsable de la commission nationale du logement du PCF, est allée à la rencontre des commerçants saint-cyriens, afin de connaître leurs inquiétudes et besoins. Tout en leur soumettant quelques idées, qu’elle exposera plus largement lors de la présentation de sa liste, qui aura lieu ce samedi, à 11h15, au Café de France.

    La liste présentée samedi

    Si la question du prix du stationnement fait l’unanimité, des améliorations sont attendues, ou a minima souhaitées dans d’autres secteurs, notamment, sur la question des loyers commerciaux : « C’est une aberration qu’il n’y ait pas un prix fixe du mètre carré. Avec les promoteurs et certains propriétaires, on est à Saint Tropez ici, c’est un braquage ! », s’indigne Pilar, coiffeuse dans la rue Victor Hugo, où elle se trouve « isolée. Il y a encore des Saint-Cyriens qui nous découvrent. Des commerçants se sont unis pour faire des animations, mais ici, on n’a rien », dénonce-t-elle.

    Une rue que John, qui vient de lancer sa boutique de prêt-à-porter et décoration, souhaite voir évoluer : « Il faudrait un coup de propre dans la rue qui n’a pas bougé depuis 20 ans. Il suffit qu’il y ait un camion en livraison pour créer une pagaille monstre. Il y a des trous partout, des racines qui ressortent et qui sont dangereuses pour les passants », déplore-t-il. Autant de doléances entendues par Sylvie Vinceneux, qui veut proposer davantage d’animations, mais aussi « a minima un dimanche piéton par mois » pour créer davantage d’émulation.

    « C’est notre deuxième tournée. On est étonné des réactions assez fortes sur le manque de dialogue avec la municipalité. Pour nous c’est vraiment important car une commune doit être facilitateur, travailler avec la chambre de commerce », explique la tête de liste, qui évoque aussi « un problème de pouvoir d’achat. Il faut tout faire pour faire connaître les spécialités, les nouveaux commerces… »

    Un phénomène qui a également trait à la question des loyers, évoquée précédemment et priorité de la candidate, tant sur l’aspect commercial que sur le logement : « Il peut y avoir des préemptions de locaux vides. Ça demande des moyens, aussi pour créer de l’emploi dans le tourisme, l’agriculture, l’artisanat… En plus de la création de logements sociaux, il faut tenter de peser sur l’encadrement des loyers, même si c’est compliqué. C’est le rôle d’un maire d’être audacieux et toquer à toutes les portes », soutient Sylvie Vinceneux, qui présentera samedi à 11h15 au Café de France, les grandes lignes de son programme, et sa liste, portée par le PCF et le PS avec le soutien des Écologistes, et de nombreux colistiers non encartés.

  • Hérault : deux projets de gauche pour convaincre les Lodévois

    Hérault : deux projets de gauche pour convaincre les Lodévois

    Le PS plutôt que LFI pour redonner espoir aux Lodévois. En soutenant la tête de liste socialiste Fadelha Bennamar-Koly, le PCF fait le choix de la continuité avec la majorité sortante, en dépit des critiques relatives à son manque de proximité avec la population.

    « Fadelha incarne mieux la capacité d’union à gauche. Sébastien Rome n’appelle à l’union que derrière lui. Il est dans la démarche quasi nationale de LFI avec des candidats partout », justifie Florian Vire. En novembre, le secrétaire de la section PCF avait été à l’initiative d’une rencontre dans l’espoir d’une liste de rassemblement. Qui ne se concrétisera pas avant le 1er tour au grand dam des Lodévois signataires d’une pétition qui circule en ce sens. « C’est un non ferme et définitif. Faire un bis repetita des querelles de l’Assemblée nationale ça ne m’intéresse pas », tranche la protégée de Carole Delga. « D’être incapable de se parler, ça pose un vrai problème », déplore l’ex-député LFI Sébastien Rome, qui laisse la porte ouverte, y compris au 2nd tour.

    Le risque est que la sous-préfecture Lodève, ancienne ville industrielle aujourd’hui pauvre, déclassée et sans dynamique démographique, rebascule à droite. Déjà en 2020, la maire Gaëlle Levêque (PS) qui ne se représente pas, n’avait battu l’entrepreneur Claude Lateeb que de 8 voix. « Il était en discussion avec le RN. C’est un candidat attrape-tout, un Trumpiste local », critique S. Rome. L’ex-élu régional RN, Gérard Maurin, pourrait aussi se présenter ainsi que la retraitée Mona Dumur (sans étiquette).

    Projet contre projet

    Bref, les deux listes de gauche vont devoir convaincre projet contre projet. Comment redynamiser le centre-ville ? L’Insoumis propose de créer « une foncière municipale de réhabilitation pour faire du logement de qualité et abordable ». Fadelha Bennamar-Koly veut faire de la médiathèque « un véritable lieu d’échanges, de culture et de dialogue avec les habitants pour retisser des liens ». Elle veut revoir le stationnement et promet un « plan Marshall » sur la grand-rue et la rue de la Lergue.

    La candidate PS entend améliorer la propreté de la ville, lutter contre les incivilités et les violences intraconjugales. Elle veut dédier l’aile inoccupée de la mairie à l’emploi et à la formation et compte sur les 12 entreprises qui s’installent dans le parc d’activité pour créer 250 emplois. De son côté, Sébastien Rome (LFI) déplore le pantouflage du comité local pour l’emploi. Il envisage d’ouvrir un nouveau marché et promet de créer une « régie publique de l’alimentation » qui proposerait « des légumes au juste prix. »

  • Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Aucun train ne circulait à Miramas, de samedi à dimanche. Dans la soirée, quelques badauds s’arrêtaient néanmoins à proximité de la gare pour observer le chantier qui s’y déroulait. Deux grues s’y relayaient pour faire passer une partie des piles de la future passerelle, qui permettra de relier les quartiers nord du centre-ville aux quartiers sud dès le mois de juillet prochain. Dans le même temps, au sol, les quais étaient rehaussés d’une dizaine de centimètres pour permettre une meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite aux trains.

    Ce chantier, d’un coût global de 26,83 millions d’euros financé par la Métropole (7,62), la Région (11,3), l’État (5,65) et la SNCF Gare et Connexions (2,26), présente quelques difficultés. Cécile Fredin, directrice de projet, explique : « On réalise les opérations exclusivement de nuit, et on doit rendre les quais opérationnels tous les matins. Les plages de travail sont donc réduites, entre 3 et 4 heures. » Son collègue Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud, ajoute : « L’idée, c’est d’impacter le trafic le moins possible. » Chaque opération coup de poing, c’est donc une « course contre la montre » qui s’opère pour les travailleurs. La prochaine aura lieu les 15 et 16 mars, avant une dernière nuit de travaux du 22 au 23 mars.

    Tous les jours, près de 110 trains transitent par la gare de Miramas. Chaque année, 800 000 voyageurs passent par la commune construite autour de son réseau ferroviaire. « L’objectif, c’est de passer à 1,5 million d’ici 2030 », révèle Jérôme Bini. Cette nouvelle infrastructure, la végétalisation et le nouveau mobilier qui viendront avec, apportera « un meilleur confort » aux usagers.