Tag: centre-ville

  • [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    La Marseillaise : Quelles sont vos perspectives dans cette dernière ligne droite ?

    Karim Ghendouf : On va consacrer notre semaine à aller à la rencontre des habitants sur les marchés, dans les grands quartiers de la ville et à la sortie des écoles. Ce lundi, on va distribuer notre programme dans les quartiers de l’Abeille et des Matagots. On incarne le vote utile à gauche dès le premier tour. Parce qu’on a le risque que la gauche ne soit pas au second tour. L’extrême droite, aujourd’hui, est dans la rue à La Ciotat et ils sont très mobilisés. Nos propositions sont des oppositions à la droite et à l’extrême droite. L’objectif, cette semaine est d’informer sur toutes les propositions qu’on formule, aller à la rencontre des habitants et échanger avec eux. Vendredi, on aura un temps fort avec un grand pot de fin de campagne à notre siège.

    Quel bilan dressez-vous d’ores et déjà de ces rencontres avec les habitants et de la campagne ?

    K.G. : Ça s’est bien déroulé. On a fait notre grand meeting la semaine dernière, dévoilant notre programme et la liste. On a fait plusieurs quartiers de la ville et on a un très bon accueil auprès des habitants sur leurs lieux de vie et de travail. Notre liste reflète la diversité sociale de notre commune et des quartiers. C’est une fierté d’avoir réussi à unir les forces de gauche. C’est un travail qu’on a entamé avec conviction et humilité. Ça a été compliqué par moments de convaincre de former une grande union, mais on a réussi. Nous avons reçu le soutien de L’Après et même de Place publique ce matin. Donc on continue notre dynamique de rassemblement des forces citoyennes, écologistes et de gauche à l’échelle du département et de notre commune.

    À travers vos mesures phares, vous voulez donner un nouveau cap de gauche à la ville, en la changeant en profondeur ?

    K.G. : On veut un nouveau cap pour La Ciotat. Concrètement, le logement est notre priorité numéro 1. On a plusieurs objectifs. Le premier est d’atteindre 30% de logements sociaux à l’issue de notre mandat. On aura une attention particulière pour les plus modestes. Le second est la régulation des Airbnb, en passant de 120 jours de location à 90 jours maximum et en se donnant les moyens d’y parvenir en renforçant les contrôles sur les déclarations. Il faut savoir que Monsieur Doriol a refusé la limitation de 120 jours à 90 jours en expliquant qu’il n’y avait pas de problème d’Airbnb sur la ville. On a lancé une pétition l’année dernière, on a fait des questions écrites, il est resté sourd à notre demande en considérant qu’il n’y avait pas de problème.

    Notre priorité numéro 2, c’est l’école. On souhaite construire une école à l’Est de la ville, là où l’urbanisation a été très importante. Plus de 750 logements ont été construits dans ces quartiers, mais il n’y a aucune infrastructure publique. Ça a saturé les écoles de trois grands quartiers de la ville : l’Abeille, Saint-Jean et les Séveriers. Résultat : on surcharge les écoles qui sont plus loin, les parents amènent leurs enfants en voiture, donc ça sature la circulation le matin et à la sortie d’école. C’est un non-sens. D’un point de vue du budget, on veut donner des moyens importants à l’école, sur la rénovation et la prise en compte des aspects climatiques puisqu’on a des écoles qui ferment l’été à cause de la chaleur dans les salles de classe… Aussi, on veut revenir à la gratuité des animations sur le temps périscolaire entre 11h30 et 13h30 et redonner des moyens pour les fournitures scolaires.

    Que faire face à la gentrification de la ville et à la flambée des prix de l’immobilier ?

    K.G. : La libéralisation du permis de construire est le grand responsable. C’est la non-maîtrise de l’urbanisme qui a conduit à cela. Le coût du foncier a exclu une grande partie des Ciotadens. Les gens ne peuvent plus vivre dans la ville et partent dans les communes voisines. La Ciotat est devenue la ville la plus chère en termes de logement et de coût du foncier du département. C’est dramatique. La conséquence d’une politique d’urbanisation sans contrôle. Il faut construire, mais maîtriser. Sans régulation, Airbnb est un fléau pour la ville. Ça retire énormément de logements accessibles pour les habitants. Aujourd’hui, on a une population qui se gentrifie et vieillit. Selon l’Insee, nos jeunes ne peuvent pas se loger, donc partent de notre commune.

    Ça accélère le vieillissement de la population et ça a des conséquences directes sur un certain nombre de services publics, comme les écoles. On est confronté à des fermetures de classes et, à terme, d’écoles sur le centre-ville. C’est un péril. On n’est pas encore à une vitrine touristique totale, mais il y a une tendance forte à ce risque. C’est pour ça qu’on doit agir. La loi nous donne des outils : nous sommes une commune en zone tendue. On doit absolument réguler. Ça contribue à maîtriser le coût des prix de location et du foncier.

    Il faut maintenir une population jeune et une population qui travaille. Beaucoup, aujourd’hui, travaillent sur la commune mais ne peuvent pas s’y loger. J’en ai discuté avec l’Union Pour les Entreprise 13, qui partage ce constat. 95% des gens que je reçois en rendez-vous ont une demande de logement ou une famille qui s’agrandit.

  • Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Transports, services publics, équipements culturels et sportifs, propreté… Le candidat du Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements et adjoint à l’Éducation, Pierre Huguet (G.s), a présenté ce jeudi 5 mars un programme étoffé pour le secteur. L’idée générale : faire de ces quartiers éloignés du centre-ville des lieux de vie à part entière. D’abord en les desservant avec des transports en commun dignes de ce nom.

    En poussant notamment le tram plus au sud et à l’est. « C’est plus facile qu’un métro dont la Métropole n’a pas les moyens » estime Nicolas Hue (G.s), président du comité des usagers des transports marseillais et colistier. « Cela permet aussi de requalifier l’espace, quand c’est bien pensé », ajoute Pierre Huguet, qui imagine un parking relais à l’entrée de Saint-Loup. L’extension réalisée à La Gaye « n’a pas de sens, personne n’habite là, alors qu’au départ, la ligne devait desservir Dromel et la Rouvière, là, on a 7 300 personnes », analyse Sophie Guérard (DVG), adjointe au maire déléguée à la place de l’enfant dans la ville et colistière. Le réseau de bus serait revu. « Dans le 10e, c’est une catastrophe avec une seule ligne, le 18 », déplore Pierre Huguet. Pour mieux partager l’espace public, de vraies pistes cyclables, étanches au reste de la circulation, seraient construites.

    Des projets pour créer du lien social

    Côté équipements, dans le prolongement du travail mené lors de la première mandature sur la petite enfance, le Printemps veut ouvrir une grande médiathèque à Vallon-Régny, une bibliothèque à la Cayolle et une à Pont-de-Vivaux, dans un secteur totalement dépourvu. L’église Saint-Maurice pourrait devenir aussi un espace culturel. « On a réussi à la sauver, on veut en faire un projet en faveur du quartier », assure la tête de liste.

    Il entend accélérer sur le volet sportif en réhabilitant la piscine de Luminy, dossier déjà voté au conseil municipal. Sujet sur lequel la majorité sortante se sait attendue. « On a mis le paquet sur le savoir nager, pour les CP et CE1, mais on ne peut pas tout faire en un mandat », argue-t-il.

    Enfin, pour mieux vivre la ville et la préparer aux effets accrus du changement climatique, l’Huveaune serait aménagée de Saint-Marcel à la mer. Bref, tout pour créer du lien quand les citoyens peuvent se sentir relégués, un sentiment sur lequel s’appuie l’extrême droite, rappelle Nicolas Hue. « On ne demande pas aux habitants des 9-10 de voter contre le RN, mais pour un projet qui protège, rassemble et prépare l’avenir », conclut Pierre Huguet, paraphrasant volontiers Benoît Payan.

  • Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    À l’heure où certains nouveaux stades sont construits en périphérie des villes (Lyon, Lille…), à Toulon, hors de question d’éloigner le stade du centre-ville. Deux sites sont ciblés par le club : la Tour Royale et Pipady. Ceux-ci offrent l’avantage « d’être en bord de mer », argumente la directrice générale du club Jessica Casanova, qui présente « un stade carte postale. Là, on est différent, on est Toulonnais, on vit grand, tout en restant au cœur du territoire, pas dans une zone industrielle à 20 km. Ces lieux-là sont chargés d’histoire et respectent l’ADN. On ne trahit personne ».

    Mais en pratique, il faudra obtenir le déclassement du domaine public militaire pour une partie du site de la Tour Royale, et du domaine public maritime naturel pour Pipady. Et en ce qui concerne le second, Josée Massi a déjà placé ses pions pour son projet de « Central-Park à la toulonnaise », « Mayol à Pipady », obtenant, en septembre, l’autorisation d’un plan de constatation de la limite du domaine public maritime naturel, et d’une demande de déclassement de certaines emprises attenantes. Magali Brunel, elle, veut lancer le projet Méd in Toulon, avec une promenade jusqu’au Mourillon « pour rendre la mer aux Toulonnais », en rehaussant les quais pour les protéger de la montée des eaux.

    « Un pôle d’attraction extraordinaire »

    Quoi qu’il en soit, ce nouveau stade est imaginé avec une capacité de 18 à 20 000 places, avec, pour objectif, de devenir un atout économique majeur pour la ville, pas seulement pour le club. Moderne, écoresponsable, doté d’espaces générateurs d’activité (restaurant, boutique, salle de séminaire, palais des congrès…), il répondrait à une partie des exigences du projet Massi et saura accueillir d’autres événements que les matches du RCT : congrès d’affaires, concerts et spectacles, expositions, autres sports collectifs comme le football en cas de montée du Sporting, événements annexes (finale de pro D2, XV de France…). « Ce sera un pôle d’attraction extraordinaire qui motivera les venues à Toulon », martèle Martin d’Argenlieu.

    Selon lui, ce nouveau Mayol pourrait être investi dans les 3 à 5 ans suivant la validation du projet. « Il appartient aux élus de reconnaître l’urgence, de s’engager à lancer des études dès le début de la mandature, de placer l’intérêt de Toulon au-dessus de tout », conclut Bernard Lemaître, qui promet que « le futur maire nous aura à ses basques ».

  • La grande braderie de Marseille est de retour ce week-end

    La grande braderie de Marseille est de retour ce week-end

    Temps le plus fort de l’année en terme d’animation commerciale », d’après Rebecca Bernardi, adjointe au commerce à la mairie de Marseille, la Grande Braderie d’Hiver, qui avait rassemblé environ 35 000 personnes lors de sa dernière édition, est de retour. Les commerces participants proposeront des prix bradés, entre moins 50 et 70%.

    L’événement est à grande échelle puisque, outre le centre, trois noyaux villageois se joignent à la partie : la place du 4 septembre, Mazargues et Saint-Barnabé. « Au cours Julien également, une trentaine de commerces vont faire la braderie » ajoute l’adjointe.

    Plus de 200 commerces

    Avec 200 commerces inscrits, Guillaume Sicard, président de la fédération des commerçants de Marseille Centre, observe un « événement festif et commercial qui est un vrai plus sur la dynamique du centre-ville ». Rebecca Bernardi présente également « un événement tourné vers les enfants », avec des animations telles que « du lancer de lasso sur chevaux en bois, des châteaux gonflables et une boum à 17h », détaille le prestataire en charge de l’animation, John&James. L’adjointe conclut en précisant que la braderie est aussi « sociale et solidaire », marquée par la présence « depuis la première édition, des stands de Samu Social », où les dons de vêtements « atteignent chaque fois des records ».

    Décrite comme un « parcours piéton agréable permettant de redécouvrir le centre-ville » par l’adjointe au maire, la braderie se fait à pied. Entre Canebière et la préfecture, et entre la rue de Breteuil et la rue de Rome, le stationnement sera interdit entre vendredi 6 mars, à 19h, et samedi 7 mars, à 19h30. La circulation est quant à elle autorisée jusque samedi, 8h30.

  • Un mandat de plus pour Frédéric Lacas à Sérignan ?

    Un mandat de plus pour Frédéric Lacas à Sérignan ?

    Installé confortablement dans le fauteuil de maire depuis 2008 à Sérignan, Frédéric Lacas (DVD) espère décrocher un quatrième mandat dans cette commune biterroise de près de 8 500 habitants. Un projet s’inscrivant dans la continuité. « Depuis 2008, nous avons fait pas mal de choses pour le bien-vivre, porter l’humanisme. Nous ne faisons pas de la politique politicienne mais ce qu’attendent les habitants : encadrer la jeunesse en créant une crèche, mettre de la sécurité », soutient Frédéric Lacas. Le maire sortant annonce néanmoins la couleur : « Nous allons continuer mais dans une gestion raisonnée car l’État, les collectivités se désengagent de plus en plus. On connaît la situation financière de notre France. » Au risque d’opérer différents arbitrages en fonction des projets. La pierre angulaire de Frédéric Lacas est l’attractivité du cœur de ville. En ce sens, le candidat entend favoriser le commerce – en créant notamment des places de stationnement gratuites – développer le tourisme ou encore créer une salle des fêtes.

    L’attractivité de la ville est aussi une priorité pour Raphaël Arnaud, responsable technique chez Enedis et seul autre candidat (SE) en lice. « Il faut agir au niveau du centre qui est en train de mourir. Il n’y a pas eu d’actions particulières par rapport à la rénovation, l’habitat indigne, etc. », insiste celui qui était déjà présent en 2020 sur la liste de Yannick Benezech. Reprochant à Frédéric Lacas un manque d’écoute, Raphaël Arnaud promet de « mettre en place les outils de gestion financière devant conduire à une réduction d’impôt pour la part communale ». Un autre enjeu pour le candidat est le devenir du quartier de la Galine, actuellement sous tutelle de l’État. « Il faut apporter des services à ce quartier qui s’est développé à vitesse grand V. La commune l’a subi mais il n’y a pas eu d’aménagements particuliers pour le cadre de vie », regrette Raphaël Arnaud. Un état des lieux partagé par le maire sortant. « Il va falloir le réorganiser. On voudrait faire sorte qu’il y ait des équipements publics, des espaces de jeux, végétaliser au maximum », énumère Frédéric Lacas. Aux Sérignanais de trancher.

  • Jean-Pierre Squillari face aux lecteurs à Aubagne

    Jean-Pierre Squillari face aux lecteurs à Aubagne

    URBANISME

    Marc Vergès : Depuis que le maire (LR) Gérard Gazay est élu, il y a une vague de constructions de villas pour gens fortunés, alors qu’on manque de logements notamment sociaux. Comment peut-on se battre contre cette bétonisation maximum ?

    Jean-Pierre Squillari : On va arrêter tout projet de bétonisation et on va faire un moratoire. Ensuite, nous allons créer une zone agricole protégée (ZAP), au niveau du triangle de l’autoroute, et renouveler la charte agricole. Pour les constructions anarchiques en pleine colline, on va instaurer un plan de prévention de risque d’incendie de forêt (PPRIF), qui a l’avantage de maîtriser la construction. Par exemple, quelqu’un peut construire une maison dans la colline, mais il faut que le chemin soit à la bonne largeur, qu’il y ait un point d’eau… On va donc protéger les fameuses zones menacées au Grand Pin Vert, Saint-Pierre-les-Aubagne, la Louve où il y a des projets faramineux pour bâtir des maisons sans tenir compte des accès par exemple. On va regarder ça. On va aussi sanctuariser les propriétés qui appartiennent à la commune. On ne va pas vendre les bijoux de famille. Par exemple, à côté de la caserne des pompiers, il y a des terrains communaux. On va faire très attention à ce qu’ils ne soient pas bradés. Ensuite, on va prioriser la rénovation, la réhabilitation pour les constructions. Il y a 1 500 logements vacants à Aubagne. Même s’il y a des problèmes d’héritage, d’usufruit, sur les 1 500 il y a quand même de quoi faire, surtout qu’on peut aller chercher des subventions pour aider les gens qui veulent rénover ces maisons. Et puis, en plus, ça donnera un cachet à Aubagne. Nous allons également désimperméabiliser les sols. Car l’eau qui ruisselle, elle va au point le plus bas, c’est-à-dire, chez nous, l’Huveaune. Alors je le dis, je le répète, cette année, l’année prochaine, dans dix, vingt, trente ans, l’Huveaune fera des dégâts. N’oubliez pas que l’Huveaune signifie « la dévastatrice ». Or les zones inondables sont de plus en plus bâties et c’est préoccupant surtout qu’il n’y a pas grand-chose comme moyen de secours préventif. Pour conclure, notre secret, notre envie, notre désir, c’est que les futures reconstructions qu’il y aura soient faites pour que les gens vivent bien.

    CENTRE-VILLE

    Hélène Trupiano : Quels sont vos projets pour le centre-ville et pour
    la propreté ?

    Jean-Pierre Squillari : Je veux simplement que le centre-ville, qui est le quartier de tous les Aubagnais, revive. Car tout le monde se retrouve au centre-ville. Le constat, c’est que les magasins ferment les uns après les autres. Je sais, ce n’est pas qu’à Aubagne. La rue Rastègue, vous ne l’avez pas connue, avait tant d’échoppes qu’il était impossible d’y passer avec le petit véhicule des pompiers… L’animation aubagnaise était réputée, il y avait par exemple des spectacles de rue gratuits, très suivis. Il y avait un cachet et ce cachet, on va essayer de le redonner à Aubagne. Comment ? D’abord en travaillant avec les instances commerciales. Une fois par mois, il y aura une super braderie festive. Les commerces vont bénéficier de tout cela, si on fait de l’animation, des spectacles. Avant, lorsque je parlais d’Aubagne à mes collègues, ils me disaient : « C’est une ville provençale avec son cachet ». Maintenant, les gens qui habitent à sa périphérie me disent : « On ne sait plus où se garer… Les magasins, on ne sait pas où ils sont. Et ce n’est pas très propre ». C’est ce qui m’a fait m’investir pour qu’Aubagne redevienne une ville où l’on aime venir.

    Michelle Dani : Dans le programme, il est question d’une halle au cœur de ville. Comment va-t-elle
    se matérialiser
     ?

    Jean-Pierre Squillari : C’est un projet phare. D’abord, on n’a pas encore arrêté définitivement l’emplacement de la halle. Pour déterminer où on va la faire, il va falloir avoir des concertations. On ne veut pas que la décision vienne d’en haut. Cette halle va profiter aux producteurs locaux. J’ai déjà vu des commerçants prêts à occuper un local dans la halle. Elle sera ouverte toute la journée. Elle va être conçue de manière à ce qu’on puisse y faire ses achats, mais comporter aussi des espaces de distraction, de formation. Par exemple, on fera venir un cuisinier, un potier etc. Cette halle va vivre. Et les commerçants aux alentours vont en bénéficier.

    TRANSPORTS

    Bruno Fischer : Je pense qu’il faut absolument conserver la gratuité des transports et si possible, arriver à l’étendre sur l’ensemble de la Métropole. Quelle est votre position à ce sujet ?

    Jean-Pierre Squillari : Sans ambiguïté, on maintient la gratuité. Il y a un élément important, c’est la Métropole Aix-Marseille. Il faut que la Métropole change au niveau politique, car c’est d’elle que vient le danger. Alors la spécificité aubagnaise, on connaît, on nous dit « c’est pas normal que les transports soient gratuits à Aubagne et les autres paient ». Nous, on dit, c’est pas normal que les autres paient. Si la taxe transport des Bouches-du-Rhône était égale à celle de la région parisienne, on aurait la possibilité de faire un transport gratuit dans tout le département des Bouches-du-Rhône. Cette taxe est prélevée sur les entreprises de plus de 11 salariés. Au sujet du développement des transports en voie douce, nous, on ne va pas peindre sur le trottoir un vélo pour dire c’est une piste cyclable. On va faire des pistes cyclables. Au centre-ville, on va réfléchir à une semi-piétonisation, mais on va également partir de la base, voir les commerçants, voir les habitants et leur demander ce qu’il faudrait faire.

    SANTé

    Edmond Laurenti : Comment peut-on intervenir pour que le nouvel hôpital ait un plateau technique tout à fait développé
    et non pas en recul comme cela se prépare
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Nous sommes à 100% pour l’hôpital public. Ce ne sera pas l’hôpital d’Aubagne, mais du Pays d’Aubagne. On connaît tous les problèmes qu’il y a. On ne sait pas si les terrains ont été achetés encore. On connaît des problèmes de transport, de pollution sonore… On sera très attentif à maintenir un service de qualité à l’hôpital public. En ce qui concerne le futur hôpital, on refuse que ce soit simplement un déménagement. Je m’explique : Nous sommes favorables à un nouvel hôpital mais avec des structures beaucoup plus importantes que ce qu’il a. Il ne faut pas que cela soit un déménagement mais un changement.

    SOCIAL

    Edmond Laurenti : On a fêté les 100 ans l’année dernière de la Bourse du travail. Jusqu’en 2014, nos actions de permanences juridiques et consommateurs étaient reconnues mais ce n’est plus le cas depuis l’élection de M. Gazay. Quelle sera votre action vis-à-vis de cette Bourse ?

    Jean-Pierre Squillari : Gérard Gazay a abandonné toute aide à la Bourse du travail alors que c’est un service public qu’on peut considérer comme indispensable au monde des travailleurs. Avec nous, la Bourse du travail aura beaucoup plus de facilité à travailler dans ses locaux. On est conscient du problème.

    Bruno Fischer : J’ai vu dans le programme une idée qui me paraît assez intéressante, c’est le service municipal d’inhumation. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

    Jean-Pierre Squillari : Pour enterrer quelqu’un, cela coûte 4 000 euros. Là, nous souhaitons agir sur le pouvoir d’achat des gens avec ce service public.

    Sécurité

    Michelle Dani : Une commune ne peut pas tout, mais est-ce qu’elle peut quelque chose pour la sécurité ?

    Jean-Pierre Squillari : Elle peut déjà agir sur le renforcement du travail de prévention. Le narcotrafic c’est quelque chose de sérieux et de constant. Dans la commune, il faut que la police municipale et la police nationale soient complémentaires. La police municipale doit être une police de proximité. Il faut que les gens des quartiers connaissent les policiers. Alors on parle des caméras. Encore faut-il qu’elles fonctionnent. Moi je voudrais savoir combien d’affaires ont été réglées avec une caméra… Le budget pour 4 caméras équivaut à un salaire de policier municipal. Le maire sortant Gérard Gazay a un projet de 200 caméras… La police nationale doit, elle se concentrer sur les trafics. C’est son boulot. Contrairement à ce que dit monsieur Gazay, l’insécurité à Aubagne n’a pas diminué. Quant au commissariat, ça fait douze ans qu’un terrain est prévu pour le faire. Il n’y a rien de fait. C’est vrai que ce n’est pas de la responsabilité de la Ville. Celle-ci met à disposition le terrain, mais le maire d’une ville de 50 000 habitants, vice-président du conseil départemental, il peut quand même un peu secouer la manche du préfet pour lui demander de faire enfin un commissariat digne d’une ville comme Aubagne… Parce que l’endroit où sont les fonctionnaires de police, c’est vraiment scandaleux.

    Bruno Fischer : Pour moi, si on offre aux jeunes la possibilité
    de pouvoir s’occuper, une partie du trafic de drogue disparaîtra. Qu’en pensez-vous
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet été, j’ai visité toutes les maisons de quartier. Tous leurs responsables m’ont informé que leur budget avait diminué à peu près de 60 à 70%. Alors qu’auparavant avec un bus ils pouvaient amener 45 gamins à la mer, à la neige, maintenant c’est 6… Les anciens nous disaient qu’avec ce même bus de 45 places, ils allaient même jusqu’à Andorre… C’est terminé. Les maisons de quartier, si elles ne sont pas démolies, comme celles de l’Olivette, elles sont réduites comme peau de chagrin. Je félicite ces responsables qui font le grand écart pour pouvoir animer ces maisons, c’est extraordinaire. Et quand les jeunes sont dans une maison de quartier, ils ne sont pas dans le quartier. Donc oui, il faut occuper le terrain, et puis peut-être qu’on arrivera un petit peu à intéresser les jeunes à autre chose.

    ÉDUCATION

    Roseline Brundu : Quel est votre projet par rapport aux écoles ?

    Jean-Pierre Squillari : Les écoles d’Aubagne ont été négligées par la mairie actuelle pendant longtemps, même si depuis que l’on approche de l’échéance municipale, il y a un léger sursaut que j’ai pu constater. Un des problèmes majeurs, c’était la propreté. Pendant des mois, on nous a dit qu’il n’y avait pas de problème, que ce n’était qu’une vue de l’esprit, que nous n’étions pas vraiment honnêtes, que les voisins, justement, disaient qu’il n’y avait pas de problème de propreté. La Ville essayait de diluer le problème. Et dernièrement, la musique a changé. On nous a dit qu’effectivement, peut-être, il y a eu un problème de propreté, mais qu’on allait le résoudre en sanctionnant l’entreprise. Je ne suis pas tout à fait convaincu qu’on ait réussi à le faire. Et ça, c’est un vrai problème. Il n’y a pas de raison que les enfants aillent dans des écoles qui sont sales, pas bien nettoyées, où il n’y a pas de papier toilette dans les WC. Ce n’est pas acceptable. Il y a vraiment un chantier qu’il faut résoudre.

    Roseline Brundu : Deux problèmes se sont posés de manière importante : la chaleur et le froid. Est-ce que vous avez un plan prévisionnel, surtout sur l’isolation thermique dans
    les écoles
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Notre programme phare, c’est un vaste programme de rénovation de toutes les écoles. Nous avons six ans pour cela. On ne va pas faire ça en un mois. Une des premières choses que les parents nous disent, c’est qu’une fois les gamins sortis de l’école, ils ne savent pas où les amener pour s’amuser. Le peu de jardins publics qui y a, ils ne sont pas aménagés, les agrès sont vétustes, ils sont dangereux. On a des projets de grands parcs urbains pour les gamins. Ça fait partie également, d’après moi, du bien-être.

    Roseline Brundu : Pour les familles qui ont des difficultés à faire manger leurs enfants à la cantine, il n’y a plus de gratuité sauf erreur de ma part, et les familles trouvent le prix du repas élevé. Quelle sera votre réponse ?

    Jean-Pierre Squillari : On a repéré le problème pour les repas. Pendant très longtemps, nous avions une cantine centrale qui faisait travailler les agriculteurs aubagnais avec les circuits courts. Pour le prix du repas qui est élevé, on va voir avec la société délégataire. C’est le problème de la délégation de service public. Vous dites que les repas ne sont plus gratuits. Cela ne plaît pas à tout le monde, mais nous allons faire une expérimentation de petit-déjeuner gratuit à l’école.

    Roseline Brundu : Pour les transports, nous avons de plus en plus de mal nous aussi à organiser une sortie avec nos élèves parce que les prix ont explosé. Nous avons une dotation de 4 euros par enfant pour prendre un bus. Proposerez-vous quelque chose à ce sujet ?

    Jean-Pierre Squillari : Vous m’avez parlé de budget pour le matériel scolaire et pédagogique, en effet. Nous avons relevé pas mal de problèmes, on les connaît et on va se donner une base de travail pour améliorer la scolarité. On est conscient du problème des écoles. On sait que c’est cela va être un chantier énorme. Je ne sais pas si dans le temps de la mandature, six ans, on arrivera à rattraper tout le retard. Je voudrais dire également que nous allons créer un service de surveillance des travaux.

    François Gomez : Je fais partie d’une troupe de théâtre et il est difficile de trouver une salle pour répéter. Je pense que c’est valable aussi pour d’autres arts, et ça manque. Prendrez-vous ce problème en compte ?

    Jean-Pierre Squillari : On va commencer par là, le soutien à l’activité et à la création culturelle. Il y a quelques années, Aubagne était citée en exemple pour sa culture. Il y avait une Maison des jeunes et de la culture qui rayonnait dans la région. Le groupe IAM a commencé à Aubagne. Aujourd’hui, il y a la Distillerie qui vivote, il y a des locaux qui étaient prévus pour de la culture et sont toujours en sommeil. Avec le théâtre du Comoedia, on va travailler avec son directeur pour avoir une programmation intéressante. On veut rendre la culture populaire. Son budget à la Ville a été réduit comme peau de chagrin. Gaëlle Rodeville, directrice de production de cinéma, organisait un festival de cinéma sur Aubagne, qui marchait du feu de dieu. Et puis elle a été mise dehors, la Ville sous Gérard Gazay lui a supprimé une subvention, il a fallu qu’elle aille ailleurs. Elle est allée à Marseille et à Marseille son festival du film casse la baraque. Aubagne s’est privée de beaucoup de personnes qui avaient du talent. La Ville s’en est séparée parce qu’elles n’étaient pas dans les idées du responsable de la culture, qui est à la botte bien entendu de monsieur le maire. Là aussi, on a déjà rassemblé des gens de la culture. Nous allons faire un rassemblement encore plus grand de manière à repartir du bon pied.

    Marc Vergès : Comment les Aubagnais vont être informés pour être associés aux décisions ?

    Jean-Pierre Squillari : Il y a des outils pour que la démocratie s’exprime. Les conseils de quartier que nous avons actuellement cela ne va pas. Le maire actuel explique que tout est beau dans le meilleur des mondes et lorsqu’on pose des questions, il répond qu’il va régler le problème. Non, les conseils de quartier sont là pour faire remonter les problèmes mais aussi les propositions. Et c’est comme cela que nous concevons la démocratie.

    Bruno Fischer : Comment voyez-vous la façon de s’opposer au danger RN qui plane sur la ville pour ces municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Le danger du Rassemblement national est présent et il faut entendre la colère des gens sans la mépriser. Le RN sera peut-être présent au deuxième tour. Mais avec les alliances et les mésalliances, on ne sait plus trop bien où on va. On entend un jour madame Vassal [présidente du Département et de la Métropole, candidate de la droite et du centre aux municipales à Marseille, Ndlr] qui dit « je vais faire ami ami avec le RN », puis après on voit qu’elle se fait taper sur les doigts et puis deux semaines après, elle parle pratiquement de Pétain… C’est compliqué. Sur Aubagne, Madame Mélin [elle est députée RN de la 9e circonscription, Ndlr], on ne l’entend pratiquement jamais, même en campagne électorale. Elle commence très tard sa campagne, elle n’en a pas besoin. Mais nous, on peut lui demander des comptes, ce qu’elle a fait à Paris, les lois qu’elle vote ou celles qu’elle ne vote pas.

    Le RN surfe sur la nébulosité et sur le mécontentement. Donc à nous de dénoncer et d’expliquer ce qu’est le RN et qui est Madame Mélin. On a des exemples des lois qu’elle a votées au détriment des masses laborieuses. Elle a voté aussi contre l’augmentation des budgets des communes, et des pompiers. En revanche il faut éviter de faire des surenchères artificielles. Et le jour viendra où on pourra s’expliquer et il faudra qu’elle rende des comptes. Parce qu’on sera face à face. Et nous, on lui donnera des exemples concrets.

    Bruno Fischer : Pourquoi vous êtes-vous engagé dans cette campagne ? Vous avez envie de faire carrière ?

    Jean-Pierre Squillari : Je suis né à Aubagne. Très jeune, j’ai suivi mon père dans une fameuse campagne électorale. Et puis comme j’étais sapeur-pompier, je n’avais pas le droit d’être élu à la mairie. Lorsque je suis arrivé à la retraite, j’ai pu y prétendre. À l’âge que j’avais, je pensais avoir rangé les crampons, le casque et j’ai mis les bottes bien au chaud pour me consacrer à ma famille. En discutant avec deux de mes amis comme Maurice Marsiglia et Jean-Luc Dimitri, on s’est dit qu’il était impossible de laisser tomber notre ville. On a commencé à faire quelques réunions, au début nous étions 3, puis 5, 10 , 20… On était des citoyens et puis les partis politiques nous ont écoutés, ils ont trouvé que le projet était bon. Ils ont commencé à venir avec nous puis on a agrandi le cercle. Et puis je me suis déclaré, on en est là, mais je le dis, je le répète devant les journaux, je le dirai devant tout le monde, je ne ferai qu’une seule mandature. Je n’ai pas l’ambition de devenir député, sénateur ou autre chose. Je suis ici pour ma ville, pour éviter qu’elle tombe dans le chaos et pour que l’on redore le blason d’Aubagne. Une seule mandature pour ma ville.

    A retrouver lundi prochain : Benoît Payan face aux lecteurs à Marseille

    Nos lecteurs d’Aubagne

    Michelle Dani, retraitée de l’enseignement supérieur

    François Gomez, retraité engagé dans le social

    René Profizi, retraité membre d’une troupe de théâtre

    Roseline Brundu, directrice d’école

    Edmond Laurenti, retraité de la construction militant mutualiste

    Marc Vergès, retraité éducateur spécialisé

    Bruno Fischer, retraité

    Hélène Trupiano, nouvelle habitante d’Aubagne

  • À Avignon, la rue Thiers a fait peau neuve et va reprendre vie

    À Avignon, la rue Thiers a fait peau neuve et va reprendre vie

    Il est un peu moins de 11h ce vendredi matin et les ouvriers, gilets orange sur le dos, procèdent aux derniers ajustements des travaux de la rue Thiers, tandis que les rayons du soleil se faufilent entre les bâtiments aux différentes teintes de beige et de gris. Dernières plantes mises en terre et petits trous à boucher pour que tout soit prêt pour l’inauguration, ce samedi, de la deuxième phase de requalification.

    Après plusieurs mois de travaux, du croisement avec la rue Philonarde jusqu’au croisement avec la rue Guillaume Puy, le changement est là. La route goudronnée et les trottoirs ont laissé place à un cheminement au même niveau. S’ajoutent aussi des « appuis vélos » supplémentaires, une reprise de l’éclairage public, un choix de plantes adapté au changement climatique ou encore une meilleure infiltration de l’eau grâce aux espaces végétalisés.

    Des changements qui réjouissent les quelques commerçants ouverts en cette matinée, malgré les difficultés rencontrées. Tel que Philippe Le Veve, gérant bar-tabac Thiers, qui, tout en constatant « une perte assez énorme de 30% du chiffre d’affaires » pendant la « très longue » période, ce qui l’a obligé à « travailler à flux tendu », estime tout de même que « c’est très beau ». « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », concède également Evelyne Bourret, de l’institut Beauté Marine, à quelques pas de là, qui se dit toutefois « très satisfaite » du résultat. Du côté de la municipalité, on assure qu’un suivi a été mis en place avec les habitants et les commerçants, notamment avec le coordinateur de l’entreprise Tecelys, qui réalisait les opérations, présent quotidiennement sur place. « C’étaient des travaux compliqués car ils se faisaient en demi-chaussée. Mais tout s’est bien passé, à part quelques soucis, comme dans tous les travaux », précise ce dernier, citant par exemple le perçage d’une conduite de gaz enterrée trop peu profondément. Ce qui a provoqué une coupure momentanée.

    Poursuite prévue

    La suite de la requalification sera donc entre les mains de la prochaine équipe municipale. « On ne peut pas s’arrêter là en si bon chemin. Il faut terminer », explique Jean-Marc Bluy, adjoint au maire délégué au centre-ville. « Plus rien ne fonctionnait dans la rue. L’objectif de cette requalification est de la redynamiser. Quand on voit ce qui se passe avec la rue Carnot, réhabilitée ces dernières années, c’est l’objectif ici aussi. On espère un redémarrage », poursuit-il. La suite doit s’organiser en deux phases supplémentaires : la première de la rue Guillaume Puy à la rue Buffon, puis de la rue Buffon à la porte Thiers pour terminer. L’issue des travaux est estimée à fin 2026 ou courant 2027. La totalité des aménagements est estimée à environ 3,7 millions d’euros.

  • L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    Il est venu en pédalant et est reparti de la même manière. Dan Jacobi (EELV), cycliste et blogueur, est présenté comme le porteur du volet mobilité et cyclisme dans la campagne de l’Union pour Arles, conduite par Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse dédiée, ce jeudi matin. Le quinquagénaire, parcourant « 12 000 à 17 000 km par an » à vélo selon ses dires, a les idées très claires avec six mesures « raisonnées et chiffrées qu’on peut assumer ».

    En premier lieu, celle de développer un réseau cycliste continu. « Oui, il y a déjà des pistes cyclables car la loi l’oblige lorsqu’on refait les routes. Mais sans continuité ni cohérence », explique le candidat. Il défend « l’intermodalité » pour les trajets au travail. « Nous voulons des pistes qui partent du centre-ville et rayonnent dans tous les quartiers et villages avec des codes couleurs et une signalétique compréhensible par tous », détaille-t-il, avec « des trottoirs séparés », notamment pour « que tout le monde, y compris les femmes et les personnes défavorisées, se sentent autant légitime que les hommes qui fréquentent des clubs », affirme Dan Jacobi.

    Le biclou populaire

    L’expert de l’Union pour Arles insiste sur le volet accessibilité du vélo. « Nous créerons une école du vélo municipale, pour que tout le monde sache passer ces vitesses et lâcher un bras pour indiquer sa direction », particulièrement pour franchir « le pont de Trinquetaille, exemple des peurs et difficultés des gens ». Il n’exclut pas d’organiser des « balades pédagogiques », notamment pour « montrer que la passerelle faite pour les vélos et la transhumance existe », sous le pont de la RN113.

    Mais un vélo, combien ça coûte ? « Pour le vélo-taff ou s’amuser, ce n’est pas cher : il y a l’occasion et l’association Combivici en propose à moins de 60 euros, qui suffisent largement », affirme Dan Jacobi. Tout serait une question d’adaptation selon lui. « La principale barrière est le mal au cul. Oui, les trois premiers jours, c’est un cauchemar, mais une semaine après, tous les vélotaffeurs ont la banane », tranche le cycliste.

    Pour Nicolas Koukas, tête de liste (PCF), « il faut protéger les vélos et pas juste les tolérer ». Le candidat considère que l’écologie « ruisselle dans toutes les délégations », dont celle dévolue à Dan Jacobi, d’ailleurs membre des Écologistes, dont les responsables locaux ont rejoint la liste de Jecilla Regad (LFI). « C’est à l’échelle de la ville qu’on peut changer le plus de choses vite, la liste de Nicolas est le plus large rassemblement à gauche. Il faut savoir s’engager au bon endroit, au bon moment », juge Dan Jacobi.

  • Handicap : un stationnement squatté par les valides à Marseille

    Handicap : un stationnement squatté par les valides à Marseille

    Pas moins de 9 dépanneuses et 20 agents de la police municipale ont été déployés ce mercredi 25 février pour un contrôle des places réservées aux personnes à mobilité réduite dans le centre-ville. Au nombre de 742 recensées à ce jour dans la ville, elles sont bien souvent occupées illégalement déplore Isabelle Laussine (Mad Mars), adjointe au maire en charge des personnes en situation de handicap, à l’inclusion et à l’accessibilité. Plus de la moitié ne sont plus conformes. « Cela peut être simplement un panneau mais c’est à la métropole de le faire et cela dépend de son calendrier », explique l’élue, consciente de l’ampleur du chantier à poursuivre.

    « On se bat au quotidien »

    Sur le trottoir, Ouahid Boustila, fondateur du Handisud Basket et président du collectif du collectif « plus jamais sans nous » assiste à l’opération. Il se déplace en ville « avec ses bras », souvent après s’être garé à la Joliette. Un stationnement prévu pour deux voitures, « où on en retrouve 5 », témoigne-t-il. Résultat, sortir ou rentrer dans son véhicule est impossible. Altercations, pneus crevés, portières abimées, Ouaid ne compte plus les accrochages pour faire respecter la loi. « On se bat au quotidien ! », s’indigne-t-il, dénonçant au passage l’inaccessibilité des transports en commun. « C’est rageant de ne pas avoir le droit d’accéder au métro sans être accompagné, de ne pas avoir accès au nouveau tram parce qu’il y a une barre au milieu, de ne pas pouvoir prendre le bus car la rampe est en panne », raconte-t-il.

    Depuis 2024 le nombre de PV a doublé (de 2 344 à 4 282), les effectifs aussi, explique Céline Lefléfian, directrice de la police municipale qui entend « déclencher une prise de conscience ».

  • L’Union pour Arles veut réguler Airbnb et recréer du logement

    L’Union pour Arles veut réguler Airbnb et recréer du logement

    « Notre constat est clair : on refuse qu’il soit plus facile de se loger un week-end qu’à l’année à Arles », assène Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse de l’Union pour Arles dédiée au logement, mardi matin.

    Le candidat avance le chiffre de 3 500 meublés touristiques disponibles à la location sur des plateformes comme Airbnb ou Booking. Face au « phénomène Airbnb » décrit dans notre édition du 28 janvier, Nicolas Koukas veut réguler la location saisonnière selon « un quota par quartier, comme à l’Hauture ou à la Roquette qui sont asphyxiés », et en limitant le nombre de location par immeuble : « Dans le cas où un multipropriétaire aurait plusieurs appartements, il ne pourrait en louer qu’un seul en meublé touristique », développe-t-il.

    Régulation, aussi, sur la durée, avec l’instauration d’un plafond de « 90 nuitées discontinues », précise Richard Vidal (SE), au regard de la « tendance à louer d’un coup l’été et plus rien en hiver ». Le chef de file de l’Union pour Arles parle également d’« instaurer un principe d’un meublé locatif pour un logement annuel pour rééquilibrer le marché ».

    « Les loueurs Airbnb sont l’électorat de de Carolis »

    Pour cadrer les locations existantes, Nicolas Koukas souhaite que les propriétaires d’Airbnb « s’engagent à faire signer une charte de bonne conduite à leurs locataires » pour éviter « les bruits des valises et les apéros jusqu’à 3h du matin ». Pour faire respecter cet engagement, le candidat compte créer une « brigade du logement », en lien avec la police municipale, à cet effet et pour recenser les locations qui ne le sont pas.

    Est-il question de vouloir interdire Airbnb ? Le candidat réfute « cette petite musique » qu’il attribue au maire sortant, Patrick de Carolis (Hor.). « On ne peut pas : c’est le marché privé », rétorque Nicolas Koukas, fustigeant celui « qui refuse de réguler, car il nous a toujours dit que les loueurs d’Airbnb étaient son électorat ».

    Outre la location saisonnière, les candidats de l’Union pour Arles veulent recréer du logement. D’abord en remettant sur le marché les « 3 400 logements vacants » recensés sur le territoire de la ville. « Nous souhaitons relancer une opération programmée d’amélioration de l’habitat [OPAH] sur 5 ans », annonce-t-il en ce sens, ce qui consiste en une convention passée avec l’État et l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) pour mener un diagnostic des problèmes, étudier les solutions et les financer. Le candidat argue que la précédente opération, achevée en 2020, a permis « de réhabiliter 1 500 logements sur 20 ans, de remettre 720 logements vacants sur le marché dont 200 à loyer maîtrisé, de rénover 880 façades et de mobiliser 38 millions d’euros pour des travaux, dont 8 millions de subventions ».

    Concertation avec la population

    De telles opérations urbaines ne sauraient se réaliser sans concertation avec la population, selon l’équipe de l’Union pour Arles. « Nous allons remettre en place la commission extra-municipale urbanisme avec tous les CIQ, tous les projets seront abordés avec le temps nécessaire », affirme Nicolas Koukas, prenant l’exemple du projet de rénovation « imposé d’en haut » sur la friche EDF de la rue Mireille, réputée polluée (La Marseillaise du 06/05/2025).

    « On fera confiance aux Arlésiens pour les projets », promet le candidat.