Tag: Carole Delga

  • Les salariés de Fibre Excellence mobilisés

    Les salariés de Fibre Excellence mobilisés

    Les engagements de l’État sur le rachat du prix de l’électricité n’ont pas suffi, pour l’heure, à enrayer la dégradation financière du groupe Fibre Excellence, qui possède deux usines, à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. La direction du groupe a indiqué, lundi 13 avril, se retrouver « dans l’obligation légale de déclarer l’état de cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Toulouse ». Le juge disposera alors d’une semaine pour se prononcer sur le placement de l’usine en redressement judiciaire.

    D’ici là, à Tarascon, la lutte des salariés « pour sauver l’emploi continue », précise Laurent Quinto, délégué CGT du site, mobilisé devant l’usine à papier avec l’intersyndicale, ce mardi 14 avril. Quelque 670 emplois, dont 270 à Tarascon, ainsi que la filière bois de la région Occitanie, sont en jeu. En cas de fermeture de l’usine, cela pourrait entraîner des pertes de « près d’un million et demi d’euros » de taxes foncières pour la communauté de communes du pays d’Arles, estiment les organisations syndicales. De même, « l’usine étant équipée d’un réseau ferré pour l’approvisionnement en bois », précise le syndicaliste, c’est tout le réseau de transport fluvial et ferroviaire de la région qui se verrait largement mis à mal.

    Depuis 2025, le groupe, dernier producteur de pâte à papier en France, mais également producteur d’électricité à partir de bois, a cumulé un déficit de 30 millions d’euros. Les actionnaires ont jusqu’ici refusé de renflouer les comptes, alors que des solutions restent envisageables. Très inquiète pour la filière, la commission régionale de la forêt et du bois avait voté une motion, en mars, pour demander aux pouvoirs publics de finaliser les discussions avec le groupe pour sortir de la crise. La secrétaire de la CGT, Sophie Binet, s’est quant à elle prononcée pour une nationalisation de l’entreprise.

    Le groupe prend « acte » des propositions de l’État formulées le week-end dernier, où il s’est engagé à réévaluer le prix du rachat de l’électricité. Une demande forte de la direction et des syndicats pour remettre à flot l’entreprise. L’entrée de la Région Occitanie au capital de la société a aussi été mise sur la table des discussions par sa présidente (PS), Carole Delga a été reçue le 9 avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu. « Le Premier ministre et le ministre délégué chargé de l’Industrie ont constaté que les solutions viables et sérieuses portées par la Région Occitanie méritaient d’être prises en compte pour sauver l’entreprise. Il est désormais essentiel que les parties prenantes passent à l’action afin de concrétiser ces engagements », a salué Carole Delga. Mardi, lors du rassemblement, les syndicats ont réitéré leur demande d’audience auprès de Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud.

    Une procédure de redressement judiciaire pourrait donc être ouverte. « Ces propositions constituent un signal encourageant pour l’avenir du groupe. Elles sont actuellement en cours d’analyse et de modélisation afin d’évaluer leurs impacts réels sur le modèle économique », souligne Fibre Excellence dans son communiqué.

    « La lutte pour sauver l’emploi continue »

  • La course à la LGV sur le point de changer de vitesse ?

    La course à la LGV sur le point de changer de vitesse ?

    Après des décennies de tergiversations et de retards, le projet ferroviaire de Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) serait-il enfin sur le point de changer de braquet ? À l’occasion de leur dernière rencontre, les porteurs du projet (État, SNCF, collectivités partenaires) se sont en tout cas félicités du respect du calendrier. À savoir que la date de début des travaux du premier tronçon de 52,3 km à construire d’ici 2034 entre Montpellier et Béziers est maintenue en 2029.

    D’ici là, les étapes vont s’accélérer sur le terrain sur cette première phase déclarée d’utilité publique en 2023. Dès le mois de mai 2026 doit être délivrée l’autorisation environnementale à l’issue à l’enquête publique. Cet été et à l’automne auront lieu les sondages géotechniques et diagnostics archéologiques « indispensables à la sécurisation » de la future Ligne à grande vitesse (LGV). Notamment dans le bassin de Thau, où l’actuel tracé reste contesté pour ses nuisances sur l’environnement (biodiversité, terres agricoles, bruit, qualité de l’eau du site d’Issanka…), en raison de l’impact du futur Viaduc de Poussan. À l’instar du collectif citoyen Alerte TGV Thau, d’autres pointent le risque économique de voir moins de TGV s’arrêter à l’avenir en gare de Sète…

    Quid des nouvelles gares ?

    C’est aussi à l’automne que sera lancé par SNCF Réseau l’appel d’offres pour la conception et la réalisation de la LGV. Un long processus technique d’environ 2 ans qui doit aboutir au choix du constructeur en 2028. Les mastodontes Bouygues, Eiffage ou Vinci devraient concourir parmi d’autres. Mais grâce aux clauses d’insertion permises par la loi, le tissu local devrait bénéficier de retombées positives pour l’emploi, promettent les porteurs du projet.

    La phase 2 (tronçon Béziers-Perpignan long de 97,7 km) de la LGV n’en est encore qu’à ses balbutiements (livraison à l’horizon 2040). Mais elle va aussi connaître une avancée dès le printemps. Du 9 avril au 19 juin va se tenir la concertation préalable relative aux fonctionnalités du second tronçon. En attendant l’enquête publique prévue pour 2030, il va y avoir de quoi débattre. Car ni la nature de la ligne (mixte ou seulement voyageurs), ni le lieu des nouvelles gares TGV à construire (Béziers Est et/ou Narbonne ouest ?) ne mettent les défenseurs du TGV d’accord.

    Enfin demeure la principale inconnue, source des procrastinations du passé et des crispations d’aujourd’hui. Qui va payer ce chantier colossal estimé à au moins 6,2 milliards d’euros ? Si la clé de financement de la première phase avait été trouvée (État et collectivités 40% chacun, Europe 20%), l’austérité est depuis passée par là. Si bien qu’un partenariat public-privé (PPP) serait dans les tuyaux pour le projet voisin de Grand Sud-Ouest (GSO) Bordeaux-Toulouse, où les travaux ont débuté il y a 19 mois. Une idée à laquelle s’oppose la présidente de Région. « 2,5 milliards d’euros ont déjà été engagés (…). On ne met pas à l’arrêt un projet de cette ampleur par une vision court-termiste et purement comptable », fustige Carole Delga (PS), qui évoque un « non-sens » en raison d’un « surcoût faramineux » de 7,3 milliards d’euros ainsi qu’un « retard de plusieurs années » dans la mise en service de cette LGV.

    Le surcoût d’un PPP

    Le 12 février en assemblée plénière, les élus régionaux du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) ont d’ailleurs fait adopter un vœu qui sacralise cette position. Le texte demande à l’État de « respecter l’intégralité de ses engagements financiers et calendaires » et s’oppose à « tout recours à un PPP qui se traduirait par un surcoût inacceptable et un retard préjudiciable à l’intérêt général ». Car à l’image de Carole Delga ou du maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS), les pro-LGV persistent et signent. En plus d’être « écologiques », ces projets sont à leurs yeux « indispensables » au désenclavement de l’Occitanie. Là où est concentrée 60% de la population française située à plus de 4h de Paris…

  • Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    Une « semaine décisive » pour la survie de Fibre Excellence

    L’étau se resserre sur la filière papetière française et l’usine de pâte à papier de Fibre Excellence à Tarascon. Toujours en grande difficulté financière, l’entreprise reste menacée de mise en redressement judiciaire d’ici le 15 avril.

    Et ce malgré des discussions qui durent depuis des mois entre l’État et le groupe, dont une proposition du ministre de l’industrie d’aide de 150 millions d’euros sur des mesures au moyen-long terme (lire notre article du 28/02). « Le discours de la direction reste le même : il faut des engagements concrets et directs, des garanties écrites de court terme pour permettre au groupe de passer 2026 », explique Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site tarasconnais. En bref, la main tendue du ministre ne répond pas totalement aux attentes du groupe, qui réclame notamment une revalorisation rapide de son prix de vente de l’électricité produite sur ses sites. Une revalorisation qui permettrait de passer ses comptes dans le vert, compensant la hausse du coût de sa matière première, le bois, et un prix de vente de la pâte à papier pas folichon. Mais cette question de l’électricité reste un point de blocage persistant avec l’État, pour lequel Fibre Excellence a lancé un recours administratif, à la fin mars.

    « Sans action directe, on est en redressement judiciaire le 15 avril. C’est une semaine décisive, l’attente est très angoissante pour les salariés », s’inquiète Laurent Quinto. L’intersyndicale des sites se rend, à nouveau, à Bercy pour une réunion avec le Ciri (Comité interministériel pour la restructuration industrielle), ce vendredi. La veille, c’est la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), qui a rendez-vous avec le Premier ministre sur le sujet. « Il serait incompréhensible que l’État reste inactif », dénonce-t-elle.

    Un coût « social

    et territorial »

    La chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles a aussi lancé un « appel à une décision urgente de l’État », le 2 avril dernier, dans un courrier à l’adresse du Premier ministre. Elle alerte sur le coût « économique, social et territorial » qu’aurait une liquidation de l’entreprise. Un coût qui serait « bien supérieur à l’effort demandé aujourd’hui pour rétablir une situation viable et un impact immédiat et massif pour le territoire du Pays d’Arles ». Comme la CGT, la chambre consulaire met en exergue les conséquences potentielles locales : « La disparition du site de Tarascon entraînerait la perte de 20% de l’activité du port d’Arles et un manque à gagner direct estimé à 1 million d’euros par an pour les collectivités locales. »

  • Vincent Bouget, l’épopée d’une victoire populaire

    Vincent Bouget, l’épopée d’une victoire populaire

    Au Prolé, dans la soirée du dimanche 22 mars, la pluie n’a pas éteint la braise. Elle l’a attisée. Dans la cour et sous les néons, on lisait sur les visages la même fatigue joyeuse : celle des campagnes qu’on mène au corps à corps, à force de tracts, de portes frappées, de réunions qui finissent tard, de doutes avalés sans jamais baisser les yeux. Et puis, d’un coup, l’annonce : Vincent Bouget est élu maire de Nîmes avec 40,97% des voix, devant Julien Sanchez (RN) à 37,52% et Franck Proust (LR-Horizons) à 21,51%. La ville venait de basculer. La droite clanique, au pouvoir depuis vingt-cinq ans, venait de tomber. L’extrême droite du RN, qui rêvait de s’offrir la « Rome française » comme un trophée, venait d’être repoussée.

    Dans ce bar-phare de la gauche nîmoise, institution plus que QG, on ne célébrait pas seulement un score. On célébrait une revanche sociale, une dignité retrouvée, une mémoire transmise. Les bras se lèvent, les mains tremblent, les larmes montent sans prévenir. On s’étreint comme après une délivrance. Vincent Bouget apparaît, happé par les accolades, le regard humide. Il serre sa famille, embrasse sa mère, cherche sa fille en visio, et déjà la foule scande son prénom comme on scande une promesse : celle que la ville cesse d’être un décor pour les puissants, et redevienne un foyer pour celles et ceux qui la font vivre.

    Une victoire, une méthode : écouter puis construire

    Ce soir-là, l’émotion avait la densité d’une histoire longue. Car ce n’est pas une victoire « tombée du ciel ». C’est une victoire labourée. Deux ans de construction, de discussions, de désaccords surmontés. Deux ans à aller dans les quartiers populaires comme dans les rues du centre, à écouter la colère, les peurs, la lassitude. Deux ans à construire un programme avec les habitants au travers d’un questionnaire rempli à 3 000 reprises, à multiplier les réunions, à sonder, à recueillir, à recommencer. Cette liste qui porte le nom de sa méthode, « Nîmes en commun », n’a rien d’un slogan : c’est un fil tendu entre la politique et le quotidien, entre la mairie et la ville réelle.

    À peine le résultat digéré, une idée s’impose : aller à la mairie. Comme une évidence. Comme un rite. Le cortège s’organise, grossit à vue d’œil, envahit les ruelles. Et la marche devient un récit en mouvement : on reconnaît des visages croisés pendant deux ans, des militants de l’ombre, des habitants des quartiers populaires, des jeunes qui votent pour la première fois, des anciens qui n’y croyaient plus. Bouget avance lentement, arrêté tous les deux mètres par une main posée sur son épaule, une embrassade, un « merci », un « on l’a fait », des milliers de « on a gagné. »

    La droite fracturée,

    la gauche rassemblée

    Dans cette procession, il y a une chose qu’aucun bulletin ne mesure : le lien. Celui de l’implantation. Celui d’un travail patient, à rebours des campagnes hors-sol. Face à un candidat RN, Julien Sanchez, parachuté en janvier par le parti, quasi absent du terrain, préférant vanter les méthodes brutales et unilatérales de Donald Trump en conférence, porté par une stratégie nationale et un programme lacunaire, la gauche nîmoise opposait une force simple : connaître la ville, ses fractures, ses noms, ses douleurs, ses solidarités.

    En face, la droite nîmoise aura offert le spectacle d’une succession ratée, d’une guerre de chefs entre Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, frères ennemis pendant des mois, avant une fusion forcée au soir de leur débâcle du premier tour. Une addition de logos, tardive, sans souffle, sans vérité. Nîmes a sanctionné ce manège. Et la leçon est brutale : on ne gouverne pas une ville comme un patrimoine à transmettre, ni comme une vitrine à vendre.

    Car l’autre leçon, plus grande encore, vient de la gauche. À Nîmes, l’union n’a pas été un mot d’ordre plaqué : elle a été un travail. Une preuve. Une discipline. Ici, communistes, socialistes, écologistes, militants de Génération.s, de Place publique, de L’Après, et une large part de la société civile ont choisi de se compter ensemble plutôt que séparément. Non pas au dernier moment, dans l’urgence d’un second tour, mais dans la durée, à force de rencontres, de débats, de concessions, de respect des désaccords. Et quand certains, au niveau national, s’épuisent à la division, Nîmes rappelle que l’unité n’est pas une posture : c’est une stratégie pour gagner, mais surtout une condition pour gouverner.

    Quartiers populaires :

    le sursaut qui change tout

    Entre les deux tours, quelque chose s’est levé. Dans les quartiers populaires, là où l’abstention est souvent le premier parti, on a vu un sursaut : une mobilisation décisive, avec une hausse moyenne de participation de 11% pouvant monter jusqu’à 17%. Pas un miracle : des discussions partout, des voisins qui se convainquent, des familles qui se parlent, des jeunes motivés à voter parce que l’enjeu dépassait les querelles politiciennes. Et dans les urnes, la vague est nette : Bouget fait carton plein à Valdegour (jusqu’à 76%, école Gustave-Courbet), au Chemin-Bas d’Avignon (79%, Jean-Zay), au Mas de Mingue (74%, Jean-d’Ormesson) et à Pissevin (84%, Henri-Wallon/Paul-Langevin). À l’inverse, Julien Sanchez s’effondre dans ces secteurs (de 6 à 15%), quand il est surtout en tête dans des quartiers plus « ville active » et pavillonnaires (René-Char, Mas de Ville, Vacquerolles). La droite, elle, ne conserve qu’un îlot : Castanet, où Franck Proust arrive en tête avec 36% (Combe des Oiseaux).

    Bouget le dit avec gravité : « Il y a eu un sursaut citoyen. Dans les quartiers populaires comme partout dans la ville. » Et il ajoute : « Je veux saluer celles et ceux qui l’ont fait pour faire barrage. Cela nous oblige. » Oui : cette victoire oblige. Elle oblige à réparer, à rassembler, à tenir la promesse d’une mairie qui regarde enfin vers Pissevin, Valdegour, le Chemin-Bas, Richelieu, La Gazelle, et pas seulement vers les cartes postales.

    Du balcon, une nouvelle ère

    Arrivé à l’Hôtel de Ville, Bouget prend la parole au balcon devant près de 2 500 Nîmois. Derrière lui, des figures de la gauche locale, mais aussi des visages qui disent la portée de l’instant. On voit Alain Clary, dernier maire communiste de Nîmes de 1995 à 2001, ému aux larmes comme un témoin qui voit l’histoire reprendre son cours. À ses côtés, Françoise Laurent-Perrigot, présidente (PS) du Département et Carole Delga, présidente (PS) de Région, venues saluer une victoire qui dépasse les frontières de la cité romaine. Clary parle d’« une nouvelle génération, une nouvelle façon de faire de la politique, un nouvel espoir ». Et la ville comprend que ce soir ne referme pas une parenthèse : il ouvre un chapitre.

    Bouget, lui, refuse l’ivresse personnelle. « Je ne suis pas dans une logique personnelle. Nous sommes au début de l’histoire. Dès demain, nous allons nous mettre au travail », promet-il. Puis il dédie : à sa famille, à sa grand-mère résistante récemment disparue, à celles et ceux qui ont porté la flamme quand la ville semblait promise à la résignation.

    Ce dimanche de mars, Nîmes a vécu plus qu’une alternance. Elle a vécu un moment de vérité : celui d’une ville qui choisit l’ancrage contre le parachutage, la solidarité contre la peur, l’union contre les egos. Dans vingt ans, on lira peut-être ce soir comme une date. Les Nîmois l’ont vu comme une scène : du Prolé au balcon, la ville marchait. Et elle se retrouvait.

    « Voir qu’il y a une nouvelle génération, une nouvelle façon de faire de la politique, un nouvel espoir, c’est formidable »

  • Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Notre usine s’arrête ce lundi 2 mars jusqu’au 15, on n’a plus de bois ! On ferme car il faut refaire le stock. » Au lendemain d’une réunion à Bercy, Laurent Quinto, travailleur de l’usine de pâte à papier de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT, tire à nouveau la sonnette d’alarme pour l’avenir de Fibre Excellence. Malgré une réunion à Bercy, au ministère de l’économie, sous la houlette du Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), ce jeudi, la situation n’est toujours pas apaisée pour la filière papetière française. Et surtout, elle n’avance pas officiellement après la proposition d’une aide à hauteur de 150 millions d’euros par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, qui date de la semaine dernière. « Les ministères sont désormais dans l’attente d’un retour de l’actionnaire afin de poursuivre le travail sur le dossier Fibre Excellence », relate l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT), dans un communiqué de presse. Rappelons que l’aide gouvernementale se ferait en deux parties, entre étalement de dettes, intégration aux quotas carbone et garanties de prêts… Mais sous condition que l’actionnaire principal de Fibre Excellence, Domtar (ex-Paper Excellence), mette la main à la pâte et apporte « des fonds ».

    Contactée ce vendredi, l’entreprise confirme l’arrêt temporaire du site tarasconnais pour réapprovisionnement en bois. Du reste, elle temporise et explique que des discussions sont toujours en cours suite à la proposition du ministre délégué à l’industrie. Pour rappel suite à l’annonce ministérielle, elle évoquait « un premier pas » mais rappelait surtout que le nœud du problème était celui « du tarif de rachat de l’électricité ».

    Ça coince toujours

    sur le tarif de l’électricité

    Ce sujet du coût de l’électricité a également été abordé lors de la réunion avec le Ciri. « On a encore demandé une revalorisation du tarif de revente de l’électricité pour toute la filière. On ne lâchera pas cette piste », martèle Laurent Quinto. En effet, l’intersyndicale juge depuis le début du conflit qu’une hausse du prix de vente du mégawattheure (MWh) produit sur sites permettrait « la pérennité » de l’entreprise. Problème : « Au regard du rapport de la Cour des comptes sur les centrales à charbon [lire article ci-dessous, Ndlr.], le ministère ne veut pas prendre le risque de refaire pareil », relate Laurent Quinto. L’intersyndicale développe : « L’État a réaffirmé qu’il ne reviendrait pas sur le tarif du MWh. Il a indiqué qu’une éventuelle évolution devrait nécessairement passer par la voie législative. »

    Et qui dit voie législative dit potentiellement une attente jusqu’au prochain budget pour 2027… Un timing intenable au regard de la situation financière des sites selon les salariés, l’entreprise étant menacée de mise en redressement judiciaire à la mi-mars. Reste que « les représentants de l’État ont assuré que les négociations ne sont pas terminées et qu’il existe d’autres solutions que la seule revalorisation du MWh ». Rien de définitif donc mais rien de concret non plus. Preuve en est avec un autre sujet central pour l’avenir de la filière : « les discussions relatives à l’approvisionnement en bois n’avancent guère », selon l’intersyndicale. Laquelle est bien décidée à poursuivre la pression, puisqu’elle propose « l’organisation d’une réunion à Bercy rassemblant le ministère de l’industrie, Énergie, de l’Agriculture, EDF, organisations syndicales, Véolia ainsi que l’ONF… ». De quoi faire écho au travail du sénateur communiste Jérémy Bacchi en vue d’une table ronde en préfecture des Bouches-du-Rhône avec les acteurs concernés.

    En attendant, une mobilisation des salariés est « possible » à la date du 6 mars prochain à Toulouse « avec l’appui de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga ».

  • Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Si pour la première fois depuis le début du Salon international de l’agriculture, aucun bovin n’était présent pour cause de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la Région Occitanie, elle, est bien là. Pas moins de 130 producteurs régionaux étaient présents pour mettre en valeur les produits du terroir, sous l’œil de Carole Delga, présidente (PS) de la Région. Car la collectivité socialiste a mis la main à la poche depuis plus de dix ans pour sauver un secteur victime de crises successives : aléas climatiques (gel, sécheresse, etc.) ou encore épizooties. Une nécessité tant la filière agricole représente un poids considérable dans l’économie occitane : avec 165 000 actifs et 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, elle est le premier secteur employeur régional. Ainsi, depuis dix ans [date de l’élection de Carole Delga à la tête de la Région], pas moins de 1,63 milliard d’euros a été investi dont 750 millions d’euros de fonds européens. Le budget régional dédié à l’agriculture a lui doublé sur la même période, passant de 30 à 74 millions d’euros.

    Des filières déficitaires

    Malgré ces efforts, les agriculteurs peinent à joindre les deux bouts. Leurs revenus sont parmi les plus faibles de France avec 13 200 euros par an, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Dès lors, il devient urgent d’amplifier cette aide. « Depuis plusieurs années, je rencontre des agriculteurs fatigués, parfois découragés et en colère, qui ont le sentiment de devoir encaisser crise après crise sans jamais souffler. Trop souvent, on leur demande de changer, de s’adapter toujours plus vite, sans leur donner les sécurités nécessaires. Je refuse que celles et ceux qui nous nourrissent deviennent les oubliés d’un système qui exige beaucoup et protège trop peu », soutient Carole Delga.

    Alors, la Région entend mettre en place un Pacte de souveraineté alimentaire qui devrait être adopté à l’été 2026 – dont 16 millions d’euros seront mobilisés cette année. Nourri par les contributions de professionnels du secteur et de citoyens, ce dernier vise à assurer une meilleure souveraineté alimentaire. « Il fixera une ambition claire : structurer nos filières, sécuriser les revenus et renforcer la valeur ajoutée sur nos territoires », poursuit la présidente. Car si l’agriculture occitane compte nombre de filières, certaines sont déficitaires – telles les poires, les œufs, la viande bovine – or, les capacités de productions sont possibles. Ainsi, la collectivité prévoit d’accompagner ces filières via un contrat d’objectifs de production ou encore soutenir les initiatives souhaitant développer, produire ou commercialiser ces produits locaux, à l’instar de la Brique rose, brique de lait collectée, conditionnée et transformée en Haute-Garonne.

    Mais produire nécessite des terres. En ce sens, la Région mise sur la foncière agricole d’Occitanie. « La Région achète des terres, les garde un certain temps, les met à disposition des agriculteurs. Au bout de quelques années, quand les agriculteurs ont l’argent, ils rachètent leurs terres au même prix où nous les avons achetées, il n’y a pas de spéculation », détaille Carole Delga. Créée il y a trois ans, la foncière a permis de venir en aide à 26 agriculteurs en acquérant 620 hectares pour 2,7 millions d’euros. Nouveauté cette année, la foncière s’ouvre au financement participatif citoyen. L’autre levier que la Région souhaite mobiliser est l’accès à l’eau, ressource se raréfiant sous l’effet de la sécheresse. « Nous allons multiplier par deux le nombre de retenues collinaires aidées [100 projets ont été soutenus depuis 2024, Ndlr], remettre en service d’anciennes retenues collinaires qui ont 30, 40 ans, en créer de nouvelles dans certains territoires. Nous allons aussi étendre le tuyau Aqua Domitia », précise Carole Delga. Assez pour résorber la crise agricole en Occitanie ?

  • L’Occitanie maintient le cap malgré les coups fourrés de l’État

    L’Occitanie maintient le cap malgré les coups fourrés de l’État

    Trois milliards et cinq cent quatre millions d’euros. Tel est le montant du budget 2026 pour l’Occitanie, voté jeudi 12 février par le conseil régional malgré l’opposition de la droite et du RN. Un montant stable comparé à l’an passé en dépit d’un nouveau mauvais coup de l’État.

    Par le jeu pervers de la baisse des dotations qui lui sont allouées, la Région a dû composer un budget à l’équilibre avec 144 millions d’euros de recettes en moins (-108ME au titre des dotations et -36,7ME au titre de la compensation de la taxe professionnelle supprimée par Nicolas Sarkozy). « Nous sommes la Région la plus impactée après les Hauts-de-France et la Normandie alors même que l’Occitanie est la région la plus enclavée et la plus touchée par le réchauffement climatique », peste Carole Delga. Depuis 2023, le manque à gagner s’élève à 500 millions d’euros.

    La présidente socialiste n’y va pas par quatre chemins et dénonce une loi de finances « injuste » votée par le gouvernement, qui pénalise deux fois plus l’Occitanie que d’autres quand on rapporte ces sommes au nombre d’habitants (6,12 millions ici). Un effort de 20% demandé aux collectivités jugé « inégalitaire », celles-ci ne représentant que 6,5% de la dette publique et contribuant pour 70% à l’investissement public. « Cette décision est grave », estime Carole Delga, qui s’est fendue d’un courrier au Premier ministre cosigné par les 14 autres présidents de Région.

    177€ investis par habitant

    Au prix de choix de mutualisation, d’économies par-ci par-là (-0,8% sur le fonctionnement) et grâce à la mobilisation de crédits européens, l’Occitanie parvient à maintenir le cap budgétaire. Avec sobriété et efficacité. La maîtrise de la dette régionale (7 ans pour rembourser, en deçà du seuil d’alerte de 9 ans) couplée à une capacité d’autofinancement satisfaisante (509 millions d’euros) permet à la collectivité de continuer à investir (1,15 milliard d’euros). Soit l’équivalent de 177 euros investis par habitant contre 152 euros en moyenne.

    Les principaux dispositifs liés au pouvoir d’achat des familles seront maintenus. Par exemple l’ensemble des mesures (Ordis, livres et cars Lio gratuits…) qui font que l’Occitanie propose « la rentrée la moins chère de France » pour les lycéens. La Chambre régionale des comptes ayant salué la hausse de fréquentation des TER de 68% depuis 2019, pas de raison de changer de stratégie ferroviaire. Les 14 millions de billets à 1 euro continueront à être proposés cette année.

    Malgré une tentative de désengagement de l’État sur le projet de TGV Toulouse-Bordeaux-Dax, pour lequel les travaux ont débuté, Carole Delga maintient son soutien total à l’autre ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan mais ne cache pas son inquiétude. « Le recours à un Partenariat public privé (PPP) sur Bordeaux-Toulouse entraînerait un surcoût de 7,3 milliards d’euros. Sur le TGV, l’État est défaillant. »

    En 2026, la présidente socialiste compte recruter dans les maisons de santé d’Occitanie le 150e médecin. Là encore pour pallier les déserts médicaux et les errances de l’État, compétent en matière de santé publique. D’ici quelques jours sera présenté au salon de l’agriculture un « pacte de souveraineté agricole », qui sera soumis au vote en juin prochain. Afin de créer les 25 000 emplois annuels nécessaires pour contenir le chômage qui reste élevé (9,2% au 3e trimestre 2025), la Région promet aussi de maintenir ses aides à la formation et aux entreprises ainsi qu’un budget culture « volontariste ». Enfin, les « projets les plus urgents » pourront être subventionnés auprès des communes, exsangues. En juin, Carole Delga promet de s’entretenir avec les nouveaux maires élus.

  • Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    Fibre Excellence : les salariés passent à la vitesse supérieure

    « On envoie le message qu’il faut être solidaire, qu’il faut se battre pour le maintien des emplois. On veut montrer qu’on est soutenus et que c’est une question de survie. » Laurent Quinto, représentant de la CGT de Fibre Excellence Tarascon, attend du soutien, ce mardi, pour la mobilisation, devant le site, lancée à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT).

    Pour rappel, l’usine de pâte à papier est en sursis suite à des alertes de sa direction et une situation financière intenable (lire notre article du 26/01), avec une menace de placement en redressement judiciaire d’ici la mi-mars. « La direction nous a rappelé qu’elle prendrait des décisions lapidaires s’il n’y avait pas de mesures de soutien prises entre le 15 février et fin mars », relate Laurent Quinto. D’où le timing de la mobilisation : à la veille d’une réunion à Paris avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), auprès duquel les réunions s’enchaînent depuis décembre. « On veut des réponses rapidement, on attend beaucoup de cette réunion à Bercy », résume le syndicaliste. Dans le viseur ? Obtenir une révision du prix de vente de l’électricité produite sur le site. « C’est la seule mesure qui pourrait sauver le site immédiatement », insiste la CGT.

    C’est dans cet objectif que l’intersyndicale rencontre des élus du territoire depuis des semaines. Juan Martinez (PS), maire de Bellegarde, Lucien Limousin (DVD), maire de Tarascon, ou encore Patrick de Carolis (Horizons), maire d’Arles, sont attendus par les salariés sur le site pour le rassemblement de mardi. Et la semaine dernière, l’intersyndicale a rencontré la présidente de Région d’Occitanie, Carole Delga (PS). Le site étant frontalier avec le département de Gard et son usine sœur se situant à Saint-Gaudens en Haute-Garonne (31). « Elle nous a confirmé que des négociations, entre les ministères, la direction et EDF sont en cours sur la revente d’électricité. Les portes sont ouvertes », développe Laurent Quinto. Avant de noter positivement : « Elle se mobilise pour que les choses avancent ! »

    « On est solidaire de la Centrale de Gardanne »

    Et si certains tentent d’opposer la Centrale de Gardanne et Fibre Excellence sur la question des tarifs de vente d’électricité, la première revendant à des prix bien plus élevés que la deuxième, la CGT du site tarasconnais est claire : « On est solidaire de la Centrale de Gardanne, on ne veut pas léser le site. Le problème ne vient pas de Gardanne, mais bien de l’État. C’est lui qui fixe les tarifs de vente d’électricité et c’est avec lui qu’on négocie. » Même discours au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a rédigé un courrier à l’adresse du ministre de l’Industrie, le 23 janvier, qui réclamait un « plan d’urgence » pour les usines de pâte à papier, et une « nationalisation si nécessaire ».

  • [Grands projets] 10 ans de l’Occitanie : pari gagné selon Carole Delga

    [Grands projets] 10 ans de l’Occitanie : pari gagné selon Carole Delga

    Audacieux et risqué. Il y a 10 ans, lorsque le président François Hollande décide de fusionner des Régions, la réforme suscite des craintes, surtout côté Languedoc-Roussillon. « C’est un pari que certains pensaient impossible à réaliser », se souvient Carole Delga, qui sera élue présidente de la nouvelle Région Occitanie le 4 janvier 2016. « La perte de statut de capitale régionale (au profit de Toulouse) faisait peur à Montpellier. Les dernières études ont prouvé que Montpellier est toujours très attractive. »

    Pour la présidente socialiste, le mariage entre le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, que Georges Frêche appelait de ses vœux, a fonctionné, en dépit de la fronde initiale des Catalans qui ne s’estiment pas « Occitans ». Elle y voit deux raisons majeures. D’abord « nous avons une culture commune. Nous sommes tous latins, romains, héritiers des États du Languedoc ». Ensuite, elle salue le milieu économique qui a tout de suite joué le jeu. « Les contacts se sont faits naturellement entre industriels. »

    En une décennie et quasiment deux mandats (2016-2021 puis 2021-2028), la majorité régionale de gauche a structuré un territoire à la croissance démographique exponentielle. Avec 42 000 habitants de plus accueillis chaque année, « nous devons créer 25 000 emplois annuels pour ne pas que le chômage augmente », rappelle Carole Delga, qui dit avoir ciblé le bassin alésien, Nîmes et Montpellier sur la santé ou les industries culturelles et créatives depuis l’élection de Michaël Delafosse en 2020. « Avant [avec Philippe Saurel, Ndlr], j’étais malheureuse de voir Montpellier se recroqueviller dans des guerres stériles, des débats minables. »

    Dans le but de devenir la première région à énergie positive d’ici 2050, c’est ainsi qu’a été fait le choix de développer les énergies renouvelables, dont la filière hydrogène. À Béziers avec Genvia ou en Méditerranée à Port-la-Nouvelle. « D’ici 5 ans, nos 6 fermes éoliennes deviendront commerciales et produiront de l’énergie pour 500 000 habitants. »

    « On va faire face »

    Sensible au pouvoir d’achat des familles dans une région qui souffre de pauvreté, Carole Delga se félicite de proposer « la rentrée la moins chère de France ». Ordinateur portable et livres offerts aux lycéens, transports scolaires gratuits symbolisent l’effort, tandis que le lycée de Cournonterral ouvrira ses portes en septembre 2026. « Une histoire de fossé empêchait sa construction. J’avais mis un ultimatum à l’ancien préfet Moutouh en lui disant d’arrêter ses âneries et on a eu le feu vert. »

    Dans une région aussi vaste que l’Autriche (13 départements), les mobilités sont un autre enjeu majeur. En dépit du pantouflage de la SNCF, le pari du rail a été relevé avec brio. Billets à 1 euro, réouvertures de gares et de petites lignes (rive droite du Rhône, Montréjeau-Luchon et bientôt Alès-Bessèges) ont permis d’accroître la fréquentation des TER de 68% depuis 2019. Reste à relever le pari coûteux de la Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Ou celui de l’avion vert, un jour peut-être moins polluant. « Je suis contre l’assignation à résidence, cette idée qu’il faudrait arrêter de se déplacer pour ne plus polluer. L’enfermement, le repli sur soi, c’est épidermique. Je crois à la rencontre, au fait de relier les gens. »

    Depuis 10 ans, une attention particulière est portée aux agriculteurs qui souffrent de crises en cascade en raison du contexte géopolitique et du dérèglement climatique. « Nous voulons être une terre de reconquête de la souveraineté alimentaire ». Un plan de soutien à la conchyliculture sera présenté au salon de l’agriculture. L’Occitanie a aussi obtenu des expérimentations sur l’eau (forages, retenues d’eau, réutilisation des eaux usées, tuyau d’irrigation Aqua Domitia 2…).

    Autant de projets handicapés par le désengagement de l’État, qui a raboté ses dotations à la région de 500 millions d’euros en 3 ans. En 2026, l’Occitanie perdra 36 millions de plus. Une décision qualifiée par la présidente socialiste « d’injuste, d’indigne ». Le budget 2026 qui sera voté le 12 février s’annonce complexe. « C’est un très vilain coup mais on en a vu d’autres, on va faire face. »

  • DNC : la Région Occitanie réclame aux banques des prêts à taux zéro

    DNC : la Région Occitanie réclame aux banques des prêts à taux zéro

    Depuis 2023, l’agriculture d’Occitanie vit un état de crise permanent, en lien avec la multiplication des épizooties et des catastrophes climatiques. (…) La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a ajouté une énième crise aux crises successives », déplore la présidente de Région Carole Delga. Au 13 janvier, pas moins de 29 foyers avaient été répertoriés dans cinq départements occitans (Pyrénées-Orientales, Aude, Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées), conduisant à l’abattage de troupeaux et à l’application, pour les éleveurs concernés, de restrictions à l’exportation. De quoi pénaliser fortement une profession déjà fragilisée.

    Aussi, outre un fonds d’aide d’urgence pour le rachat d’animaux mis en place dès le 12 décembre dernier, la collectivité a décidé d’activer sa garantie d’emprunt Foster, afin de réduire les taux des prêts de trésorerie pour les éleveurs impactés par la réglementation sanitaire.

    « Besoin d’une bouffée d’oxygène financière »

    Dans le même temps, la présidente de Région a adressé un courrier aux banques afin de les inviter à faire également un effort pour obtenir des prêts à taux zéro. « Cette restriction à l’exportation porte un grave préjudice aux éleveurs qui sont dans l’obligation d’attendre que leur zone d’élevage soit à nouveau qualifiée “indemne” afin de reprendre une activité commerciale internationale, sauf accords bilatéraux avec certains pays. La plupart des éleveurs se retrouvent ainsi dans l’obligation de maintenir plus longtemps certains animaux sur leur exploitation, générant des frais supplémentaires notamment en termes d’alimentation », développe Carole Delga dans ce courrier daté du 13 janvier. « Nos exploitants ont besoin de temps et d’une bouffée d’oxygène financière afin de passer cette vague épizootique qui les submerge. » La présidente de Région invite donc le secteur bancaire à mettre en place, « le plus rapidement possible », « une aide à la trésorerie à taux zéro pour les éleveurs de bovins des zones réglementées et vaccinales. (…) Il s’agit d’une mesure indispensable pour permettre à certains éleveurs de passer cette période délicate dont ils ne sont en rien responsables ».