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  • Carburant : le pouvoir d’achat dans le rouge

    Carburant : le pouvoir d’achat dans le rouge

    « C’est cher ! » : dans l’une des stations-service du boulevard Sakakini, le litre de gasoil est affiché autour de la barre symbolique des deux euros ce mardi matin. Pistolet à la main, Nawel fulmine : « C’est exorbitant, c’est toujours le citoyen qui paye ! », s’exclame-t-elle. Cette commerciale au chômage dit avoir fait une pause dans sa recherche d’emploi face à la hausse des prix à la pompe. « Je ne me déplace plus, je consomme beaucoup moins. D’habitude je fais le plein mais là j’essaye de mettre entre 20 et 30 euros maximum pour ne pas aller jusqu’à 80 ! », raille-t-elle. Alors que la guerre au Moyen-Orient se poursuit et se propage provoquant la flambée des prix du carburant, l’exécutif français est sommé d’agir. Le gouvernement planche pour l’instant sur des aides très ciblées, consacrées aux transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, pour une enveloppe totale de 70 millions d’euros et limitée au mois d’avril.

    « On n’a pas le choix ! »

    « C’est bien de leur donner un coup de main mais s’ils ramènent des produits qu’on ne peut pas acheter ça sert à quoi ? Pourquoi on n’aide que certains secteurs et pas tout le monde ? Les autres ne travaillent pas ? », assène Nawel, en claquant la porte de sa voiture. Chauffeur VTC, Amine ne jouit pas d’un statut lui permettant d’accéder au coup de pouce annoncé. « Même si le plein est à 3 euros, on sera obligés d’aller travailler, on n’a pas le choix ! », s’exclame-t-il en sortant de sa berline noire. Le jeune homme dit adapter son budget : « Je ne vais pas arrêter de me nourrir pour mettre le gasoil. Je ne fais pas le plein, je mets ce dont j’ai besoin pour les prochaines 48 heures », souligne-t-il.

    A contrario, Norbert, habitant du quartier et directeur d’une structure se voit comme « privilégié » car lui « ne roule pas beaucoup ». Et pointe ce qu’il considère comme une « dramatisation dans les médias » : « c’est politique », veut-il croire. Une opinion partagée par Fanny, qui constate néanmoins de premières pénuries : « Je choisis ma station en termes de disponibilité plutôt que de prix », affirme-t-elle à bord de son automobile rouge. « On sait tous ce qu’il se passe dans le monde mais la vie malheureusement doit continuer », pousse cette cadre d’une PME dans l’informatique.

    Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Selon le Financial Times, TotalEnergies aurait engrangé plus d’un milliard de dollars de profit depuis le début de ce conflit. Le groupe a, en effet, acheté quelques jours après le lancement de l’attaque coordonnée des États-Unis et d’Israël sur l’Iran, 70 cargaisons de brut, soit l’équivalent de 34 millions de barils, pariant sur une flambée des prix. Accusé de profiter de ce conflit, le pétrolier français prolonge le plafonnement du prix de l’essence à 1,99 euro/L et du diesel à 2,09 euros/L. Et ce, pour les clients inscrits à son programme de fidélité seulement. Certains se gavent et d’autres voient leur pouvoir d’achat impacté. « Je reste raisonnable sur tout », confie Alain, retraité, « je roule moins, je surveille mes kilomètres et me déplace quand j’en ai réellement besoin », souffle-t-il les yeux rivés sur le compteur. Habitant d’Aix-en-Provence, Charif tente d’économiser quelques centimes : « Je cherche la station la moins chère mais les prix sont équivalents partout », regrette-t-il. Les mains sur le guidon de sa moto, ce peintre en carrosserie est pessimiste : « Ça m’inquiète beaucoup. Les prix augmentent et nous, on souffre. » Et, en esquissant un sourire, formule un vœu pieux : « On aimerait que ça redescende à 1,19 euro comme à l’époque. »

    La CGT de la Métropole veut des mesures

    Dans un communiqué, la CGT des agents de la Métropole Aix-Marseille Provence revendique des mesures pour les travailleurs impactés par cette guerre. En premier lieu, le recours systématique à 3 ou 4 jours de télétravail pour le personnel qui le peut. Le syndicat demande également la mise en place d’une prime transports « exceptionnelle de 100 euros net par mois » ou « d’une aide directe aux déplacements » d’un montant similaire, concernant les agents vivants à plus de 10 km et l’instauration d’un système de navettes « via les véhicules de service » pour ceux résidant à proximité de leur lieu d’exercice.

  • La production de méthanol de synthèse sur les rails d’ici 2031

    La production de méthanol de synthèse sur les rails d’ici 2031

    Produire et distribuer du carburant de synthèse, un projet à deux temps. La stratégie d’Elyse Energy pour son projet Neocarb a été présentée, lundi soir, à la Maison de la mer et du sport de Fos-sur-Mer. L’idée est, pour l’entreprise, de créer une unité de production de méthanol de synthèse à partir de CO² rejetté par les autres industriels de la zone, comme Marcegaglia (ex-Ascometal), futur voisin. À terme, ce méthanol sera également utile à la création de kérosène synthétique.

    Le directeur territorial d’Elyse, Jérôme Giraud, confie que « Neocarb n’est qu’une partie d’un projet industriel global. Les armateurs sont intéressés et nous attendent pour 2030. Mais, le temps de réaliser l’usine, la production ne démarrera qu’à partir de 2031, voire 2032, à Fos ».

    Pour ne pas perdre d’opportunités, Elyse Energy compte sur la mise en service du projet de production de méthanol EM Rhône en 2029, similaire à Neocarb et située à Salaise sur Sanne, entre Lyon et Valence. « On y va petit à petit. L’acte 1 de Neocarb vise à implanter notre base logistique d’ici 2029 à Fos. L’acte 2 sera celui des unités de production », détaille Maxime Vigot, chef du projet Neocarb. Dans l’idée d’amorcer la distribution du carburant produit dans la vallée du Rhône.

    Une aubaine pour le train ?

    Le directeur Jérôme Giraud l’assure : « Le déroulement en deux phases ne remet pas en cause le projet. On accélère en créant une étape intermédiaire et la décision finale d’investissement doit toujours être prise en 2027 ».

    Le transport par train est stratégique pour Neocarb. « Marcegaglia a besoin de développer sa plateforme ferroviaire. Nous pensons créer un groupe d’intérêt économique avec Gravithy pour la rénover avant 2030 », indique Jérôme Giraud.

    Ce qui interroge le conseiller municipal (PCF), Nicolas Féraud : « vous présentez quatre voies de triage sur votre site, avez-vous changé votre chiffrage entre le train et les camions ? » « On ne fait que dériver la voie d’accès à Marcegaglia pour trier sur notre poste, les chiffres de la concertation préalable n’ont pas changé », répond Maxime Vigot. En l’occurrence, le dossier de concertation évoque 30% des flux de CO² par rail et 15% pour les carburants. Les camions 10% pour chacun des produits.

    Le prochain atelier de la Commission nationale du débat public (CNDP) sur Neocarb est prévu le 7 octobre, salle Marcel-Pagnol de Port-Saint-Louis-du-Rhône, de 18h30 – 20h30, autour de la logistique et de la biodiversité.

  • TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    La bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) franchit une nouvelle étape avec le démarrage de sa production de carburants aériens durables (SAF) à partir d’huiles de cuisson usagées et de graisses animales. Une première en Provence.

    D’une capacité de 15 000 tonnes par an, cette production est destinée à l’aéroport Marseille-Provence. Elle permettra notamment d’alimenter les vols d’Air France, dans le cadre d’un contrat de fourniture signé en 2024. « Le carburant aérien durable de TotalEnergies n’impose aucune modification ni sur les avions ni sur les infrastructures logistiques ou les opérations d’avitaillement », précise le communiqué de l’entreprise. Les SAF permettent une réduction de 75% à 90% des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie du carburant.

    « Nous nous réjouissons de produire localement des carburants aériens durables, qui contribuent avec l’aéroport Marseille-Provence à la construction d’une filière de production et de distribution de SAF porteuse de croissance et de développement pour la région », y explique Guillaume Eveno, directeur de la plateforme de La Mède.

    Le chantier de transformation du site a mobilisé plus de 1 200 emplois équivalents temps plein, avec 65% des marchés confiés à des entreprises locales. Une convention de développement économique et social dotée de 5 millions d’euros a permis de soutenir 14 projets industriels dans le bassin de Fos-Berre, contribuant à la création de plus de 400 emplois.

    Avec cette nouvelle étape, TotalEnergies renforce son ancrage en Provence, où il est déjà actif dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique, le GNL maritime et le soutien aux PME locales.

    Ch.C.