Tag: campagne électorale

  • Les écologistes entrent en campagne dans la tourmente

    Les écologistes entrent en campagne dans la tourmente

    Le plus dur ne fait que commencer. « C’est ce que me répètent nos partenaires depuis hier », soufflait Hassen Hammou peu avant midi à l’issue d’un point presse consécutif à sa désignation (55%) comme chef de file Les écologistes pour les municipales 2026 à Marseille. Une triste réalité l’a vite rattrapé. L’homme de 36 ans est convoqué le 13 novembre devant le tribunal correctionnel pour répondre du délit « d’incitation d’un mineur par un majeur utilisant un moyen de communication électronique à commettre un acte de nature sexuelle ».

    L’affaire a été révélée en fin de journée par nos confrères de La Provence. Les faits remontent à juin 2024. Placé en garde à ce moment-là, Hassen Hammou a été de nouveau convoqué en septembre devant le parquet de Marseille où il s’est vu renvoyé devant le tribunal.

    Lui conteste les faits et assure être « victime de cette affaire », assurant être tombé dans un guet-apens après avoir pris contact sur snapchat avec un homme et une femme qu’il pensait majeurs. En septembre 2024, la victime présumée et un autre adolescent ont été condamnés par le tribunal pour enfants de Marseille du chef d’« extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secrets, fonds valeurs ou bien ».

    « C’est un gros coup derrière la tête, la justice me convoque 18 mois après, alors que les personnes ont été condamnées… Je suis sûr de mon innocence, les choses sont très claires pour moi, et je n’ai pas envie de subir l’humiliation du retrait alors que je me sais innocent, ce serait me condamner d’office », a réagi Hassen Hammou auprès de La Marseillaise, espérant une décision de justice début décembre. La révélation de cette affaire tombe bien mal pour Hassen Hammou et son parti. La veille, en même temps que sa désignation comme chef de file, quelque 300 adhérents avaient acté lors de l’assemblée générale organisée sous la tutelle du bureau national (La Marseillaise du 15 octobre) une stratégie de ralliement au Printemps marseillais. Il y a cinq ans, seuls 74 adhérents s’étaient prononcés pour une candidature autonome.

    Quelle incidence ?

    « ça montre que notre mouvement est vivant et qu’il grandit. C’est une belle dynamique, un message d’ouverture et d’union », appréciait Mirabelle Lamoureux face à la presse. La référente des Jeunes écolos avait obtenu 6% des suffrages lors du scrutin sur la désignation du chef de file. La troisième candidate, Christine Juste, adjointe au maire de Marseille en charge de l’environnement, avait obtenu 35%.

    Soucieux de laisser la justice faire son travail, le sénateur écologiste Guy Benarroche, qui a appris la nouvelle en regardant son smartphone, assure qu’une réunion du parti a été demandée dans la foulée. Elle devrait se tenir rapidement. « Il y aura forcément une incidence sur le processus qui a été enclenché mais je ne peux pas présager des décisions qui seront prises. Au regard du fonctionnement habituel de notre parti, on peut penser qu’il serait logique que le chef de file se mette en retrait le temps que la justice se fasse. La décision pourrait même venir de lui », tente d’analyser le sénateur. Pas de quoi en revanche à ses yeux remettre en question le choix stratégique adopté à plus de 90% des suffrages mardi, celui d’une union dès le 1er tour des municipales avec le Printemps marseillais.

    Après le ralliement du Parti communiste français acté il y a une dizaine de jours, l’union de la gauche, des écologistes et des citoyens, à la tête de la Ville depuis 2020, saluait un peu plus tôt dans la journée « une étape décisive » pour se mettre en ordre de marche « autour d’un projet commun » dans le but de « poursuivre le travail collectif engagé depuis cinq ans avec Benoît Payan ».

  • [Entretien] David Tessier (PCF) : « On fait campagne pour rassembler le plus largement possible et gagner »

    [Entretien] David Tessier (PCF) : « On fait campagne pour rassembler le plus largement possible et gagner »

    La Marseillaise : Vous êtes le chef de file des communistes pour les municipales. Où en sont les discussions avec vos partenaires de gauche ?

    David Tessier : Elles se font comme toutes les discussions dans un cadre unitaire en ayant le souci d’équilibrer les candidats des partis politiques et ceux qui ne seraient pas membres de partis mais présentés au sens de leur engagement citoyen, et en respectant les règles démocratiques de chaque formation. Ce processus peut sembler long mais le temps est une condition de la démocratie. Et on n’est pas en retard, je suis même extrêmement confiant sur le fait qu’on débouchera bientôt sur une annonce.

    La question de la tête de liste est tranchée ?

    D.T. : Ce qui est convenu, c’est que simultanément à son annonce, seront annoncés les 10 à 20 premiers noms de la liste pour manifester un souci de cohérence politique globale. Ce début de composition de liste dira quelque chose du projet politique.

    Quel périmètre de rassemblement est espéré par le PCF à Aix ?

    D.T. : On fait campagne pour rassembler le plus largement possible, gagner et proposer des solutions allant dans le sens de l’intérêt général. Le périmètre, c’est toute la gauche. Et elle est pluraliste avec des formations qui ont des analyses, des histoires, des cultures, des positions différentes. Et c’est très bien. Pour l’heure, la liste comprend toute la gauche, à l’exception de la France Insoumise qui a décidé de jouer dans les Bouches-du-Rhône et au national, une autre stratégie, ce que nous regrettons. Nous, les communistes, avons un adversaire, c’est la droite et la famille Joissains, et un ennemi mortel, l’extrême droite. Mortel car entre eux et nous, il n’y a pas que des divergences, il y a l’histoire, il y a du sang. Mais on n’a pas d’adversaire à gauche, on ne fera pas campagne en tapant à gauche.

    Quels sujets les communistes vont porter sur cette campagne ?

    D.T. : Notre spécificité et notre utilité est de porter les sujets qui concernent la vie quotidienne des salariés et des gens des quartiers populaires, les transports, l’école, le logement, et de poser la question du droit à la ville. Aix est une ville qui, comme d’autres en France, tend à exclure les classes populaires en les rejetant loin du noyau central. On tient à ce que tout le monde puisse vivre et habiter en ville. Les questions d’égalité, de justice sociale et de territoire sont centrales. Un exemple, banal, c’est la question des transports. Aix est une ville qui a un réseau de transports en commun qui ne correspond pas à la réalité de ce qu’elle est aujourd’hui. Quand les 47 000 habitants du Jas de Bouffan, les quartiers ouest de la ville où se trouvent beaucoup de logements sociaux, n’ont plus de bus après 22h, une sorte de couvre-feu s’impose sur un tiers de la ville, et ce n’est pas acceptable. On va aussi porter un combat plus politique sur la question du désengagement de l’État et des moyens.

    Le contexte politique national heurté, pour ne pas dire chaotique, peut-il avoir des conséquences ?

    D.T. : L’expérience nous enseigne que les électeurs et électrices ne mélangent pas nécessairement les scrutins et que le score national d’un parti ne dit pas forcément ce que sera son score municipal. En même temps, tout n’est évidemment pas déconnecté. La question des salaires, des retraites, de l’emploi sont des grandes questions nationales qui se retrouvent aussi en ville. La paix par exemple est une question diplomatique et un maire n’est pas ministre des Affaires étrangères mais il peut prendre des positions et des décisions qui marquent un attachement au camp de la paix.

    Vous avez placé cette rentrée sous le signe de la paix. Comment jugez-vous l’évolution de la situation au Proche-Orient ?

    D.T. : Aujourd’hui, le cessez-le-feu semble s’être imposé, les otages sont rentrés, des prisonniers politiques palestiniens ont été libérés, ce sont d’excellentes choses. Il faut désormais passer à l’étape suivante : construire les conditions politiques permettant d’assurer une paix juste et durable. Ça passe par la reconnaissance de l’État palestinien c’est acté, et par une conférence internationale. Il n’y a aucune solution militaire possible, ni dans cette région ni ailleurs sur Terre. Il faut donner des moyens pour que la paix puisse se réaliser.

    Jeudi, 18h30, 35 impasse Granet

  • À Ventabren, une liste citoyenne lance la campagne municipale

    À Ventabren, une liste citoyenne lance la campagne municipale

    Entouré d’une dizaine de ses colistiers, tous « vierges de mandat », Benjamin Margueritat, habitant de la commune depuis quatre ans, annonce sa candidature aux municipales 2026. Ce chef d’une entreprise tous corps d’état, diplômé de l’institut de management public et gouvernance territoriale (IMPGT) qui n’a jamais mis un pied dans l’arène politique, prend la tête de la liste citoyenne « Un nouveau Vent sur Ventabren» , déjà constituée d’une « vingtaine de collaborateurs ».

    Il lance donc la campagne municipale dans cette commune d’environ 5 600 habitants, pour qui aucun autre candidat ne s’est mis en avant, pour l’instant. Dont le maire actuel, Frédéric Vigouroux (LR), qui n’a pas été élu en 2020, mais a succédé à Claude Filippi, maire démissionnaire après 20 ans de mandat. Aucune liste de gauche n’a été présentée dans la commune depuis 2014. Benjamin Margueritat, qui se présente sans étiquette, n’est encarté dans aucun parti. « Je veux être totalement libre et indépendant, estime le candidat. Je pense qu’une élection municipale doit être un combat sur les idées et les projets, plutôt que des étiquettes partisanes. Sur ma liste, je réunis des personnes de tous horizons, je les rassemble pour leurs compétences, leurs talents, pas leur appartenance politique. Je prends du bon où il y a du bon à prendre, si ça va dans le sens de la commune. »

    Le candidat ne se dit pas prêt à s’engager dans un jeu d’alliance « qui fait le déficit de la France », à l’avenir. Il met d’ores et déjà trois axes de priorité en avant. Gestion « saine et transparente » notamment du budget public « en opposition à ce que l’on voit sur le territoire national », sécurité et redynamisation du village. Le tout, en « concertation avec les citoyens ».

  • « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    Pour André Roux, plusieurs solutions sont sur la table et aucun délai d’action n’est fixé dans la constitution.

    La Marseillaise : Qui assure concrètement l’intérim pour le moment ?

    André Roux : Le gouvernement Lecornu nommé dimanche soir est juridiquement en fonction. Le gouvernement précédent, qui expédiait les affaires courantes, n’est plus en charge. C’est donc ce gouvernement qui aura exercé les plein pouvoirs pendant 12 heures qui [est aux manettes]. C’est un peu cocasse effectivement…

    Est-ce une situation inédite dans l’histoire du pays ?

    A. R. : Sous la Ve République sans conteste. Le précédent gouvernement le plus court, c’était Barnier qui a duré 3 mois. J’ai fait une petite recherche pour voir si c’était déjà arrivé. Sous la IVe, il y a eu un gouvernement qui a duré deux jours en 1950, celui d’Henri Queuille, plusieurs fois ministre. Il faut remonter à la IIIe, dans les années 20, pour avoir un gouvernement qui avait duré un jour. Là, il aura duré 12 heures, c’est assez stupéfiant.

    Est-ce le signe que nous sommes arrivés au bout de cette Ve République ?

    A. R. : La Ve, pas forcément. C’est surtout la conjonction de plusieurs facteurs politiques qui a conduit à cette situation. D’abord la décision, il faut bien le dire, peu rationnelle du président de la République, de la dissolution de juin 2024. Je crois que c’est ça qui a tout déclenché. Il faut penser aussi qu’il y a un manque de sens politique. Le président aurait peut-être pu, au lieu de nommer trois Premiers ministres successivement, et issus du bloc central ou socle commun comme on l’appelle, accepter une cohabitation avec un Premier ministre issu de la gauche. Cela aurait été une solution. Mais son logiciel ne l’a pas poussé en ce sens.

    Quelles sont désormais les issues constitutionnelles ?

    A. R. : La première, c’est la nomination d’un nouveau Premier ministre. Même si politiquement, on voit mal un Premier ministre du socle commun renommé, les mêmes causes produisant les mêmes conséquences. Il faudrait un Premier ministre de centre gauche, ce qui pourrait être une solution à laquelle Emmanuel Macron s’est refusé jusqu’à présent.

    La deuxième, c’est la dissolution, qui dépend aussi du président, ce qui provoquerait des élections dans les 20 jours au moins et 40 jours au plus. Le paradoxe, c’est que celle de l’année dernière n’était pas justifiée politiquement ou rationnellement, alors que là à mon avis, ce serait la solution la plus conforme aux institutions.

    La troisième solution c’est la démission, comme l’avait fait de Gaulle en 69. Après l’échec du référendum, un communiqué de l’Élysée qui disait en deux phrases : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République, cette décision prend effet à midi. » Le président du Sénat assure alors l’intérim et l’élection présidentielle a lieu dans 20 jours au moins, 35 jours au plus. L’inconvénient, c’est qu’il n’y aurait pas vraiment de campagne électorale approfondie, faute de temps. La quatrième possibilité, tout à fait improbable, c’est la destitution comme le réclame LFI. Sur le plan juridique, on peut douter de sa pertinence car c’est selon des critères très précis et puis il y a un véritable parcours du combattant. Il faut que le bureau de l’Assemblée accepte la motion mais le bureau a basculé à droite depuis quelques jours, il faut ensuite que ça passe en commission des lois, que l’Assemblée et le Sénat votent à la majorité des deux tiers.

    Y a-t-il un délai pour agir ?

    A. R. : Non, la Constitution ne le prévoit pas. Un gouvernement démissionnaire peut rester en place plusieurs jours, semaines… Ce qui avait été le cas du gouvernement Attal. Certains constitutionnalistes pensent qu’il faudrait justement réviser la constitution. Après il y a la pression politique et celle de l’opinion, la situation serait intenable…

  • [Entretien] André Roux : « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    [Entretien] André Roux : « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    Pour André Roux, plusieurs solutions sont sur la table et aucun délai d’action n’est fixé dans la constitution.

    La Marseillaise : Qui assure concrètement l’intérim pour le moment ?

    André Roux : Le gouvernement Lecornu nommé dimanche soir est juridiquement en fonction. Le gouvernement précédent, qui expédiait les affaires courantes, n’est plus en charge. C’est donc ce gouvernement qui aura exercé les plein pouvoirs pendant 12 heures qui [est aux manettes]. C’est un peu cocasse effectivement…

    Est-ce une situation inédite dans l’histoire du pays ?

    A. R. : Sous la Ve République sans conteste. Le précédent gouvernement le plus court, c’était Barnier qui a duré 3 mois. J’ai fait une petite recherche pour voir si c’était déjà arrivé. Sous la IVe, il y a eu un gouvernement qui a duré deux jours en 1950, celui d’Henri Queuille, plusieurs fois ministre. Il faut remonter à la IIIe, dans les années 20, pour avoir un gouvernement qui avait duré un jour. Là, il aura duré 12 heures, c’est assez stupéfiant.

    Est-ce le signe que nous sommes arrivés au bout de cette Ve République ?

    A. R. : La Ve, pas forcément. C’est surtout la conjonction de plusieurs facteurs politiques qui a conduit à cette situation. D’abord la décision, il faut bien le dire, peu rationnelle du président de la République, de la dissolution de juin 2024. Je crois que c’est ça qui a tout déclenché. Il faut penser aussi qu’il y a un manque de sens politique. Le président aurait peut-être pu, au lieu de nommer trois Premiers ministres successivement, et issus du bloc central ou socle commun comme on l’appelle, accepter une cohabitation avec un Premier ministre issu de la gauche. Cela aurait été une solution. Mais son logiciel ne l’a pas poussé en ce sens.

    Quelles sont désormais les issues constitutionnelles ?

    A. R. : La première, c’est la nomination d’un nouveau Premier ministre. Même si politiquement, on voit mal un Premier ministre du socle commun renommé, les mêmes causes produisant les mêmes conséquences. Il faudrait un Premier ministre de centre gauche, ce qui pourrait être une solution à laquelle Emmanuel Macron s’est refusé jusqu’à présent.

    La deuxième, c’est la dissolution, qui dépend aussi du président, ce qui provoquerait des élections dans les 20 jours au moins et 40 jours au plus. Le paradoxe, c’est que celle de l’année dernière n’était pas justifiée politiquement ou rationnellement, alors que là à mon avis, ce serait la solution la plus conforme aux institutions.

    La troisième solution c’est la démission, comme l’avait fait de Gaulle en 69. Après l’échec du référendum, un communiqué de l’Élysée qui disait en deux phrases : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République, cette décision prend effet à midi. » Le président du Sénat assure alors l’intérim et l’élection présidentielle a lieu dans 20 jours au moins, 35 jours au plus. L’inconvénient, c’est qu’il n’y aurait pas vraiment de campagne électorale approfondie, faute de temps. La quatrième possibilité, tout à fait improbable, c’est la destitution comme le réclame LFI. Sur le plan juridique, on peut douter de sa pertinence car c’est selon des critères très précis et puis il y a un véritable parcours du combattant. Il faut que le bureau de l’Assemblée accepte la motion mais le bureau a basculé à droite depuis quelques jours, il faut ensuite que ça passe en commission des lois, que l’Assemblée et le Sénat votent à la majorité des deux tiers.

    Y a-t-il un délai pour agir ?

    A. R. : Non, la Constitution ne le prévoit pas. Un gouvernement démissionnaire peut rester en place plusieurs jours, semaines… Ce qui avait été le cas du gouvernement Attal. Certains constitutionnalistes pensent qu’il faudrait justement réviser la constitution. Après il y a la pression politique et celle de l’opinion, la situation serait intenable…

  • Stéphane Ravier soutient Franck Allisio (RN) pour les municipales à Marseille

    Stéphane Ravier soutient Franck Allisio (RN) pour les municipales à Marseille

    Le parlementaire, ex-RN et ex-Reconquête !, a déclaré, dans un entretien à La Provence et BFM Marseille : « J’ai décidé de ne pas être candidat et d’apporter mon soutien sans réserve à Franck Allisio ».

    Stéphane Ravier laisse donc le champ libre au député RN de la 12ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône Franck Allisio, candidat du parti présidé par Jordan Bardella, dans la cité phocéenne, depuis juin dernier.

    « Le sacrifice est grand, car non seulement je ne serai pas tête de liste, mais je ne serai pas candidat du tout. Ni sur la liste municipale, ni même sur la liste des 13 et 14e arrondissements », a précisé Stéphane Ravier.

    Lors des élections municipales à Marseille, en 2020, la liste du Rassemblement national, alors portée par Stéphane Ravier avait récolté près de 20% des suffrages lors du second tour, se plaçant ainsi en troisième position.

    Par ailleurs, le sénateur est accusé de favoritisme dans l’attribution d’un marché public quand il était maire des 13e et 14e arrondissements de Marseille et sera jugé le 2 décembre prochain.

  • Bouget mise sur la parole des habitants

    Bouget mise sur la parole des habitants

    Ce mardi, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, au pied de la fontaine Pradier, Vincent Bouget et le collectif Nîmes en commun ont donné le coup d’envoi d’une nouvelle étape de leur campagne municipale. Autour du candidat de la gauche unie, soutenu par le PCF, le PS, EELV, Génération. s, le PRG, Place publique et d’autres forces progressistes, militants et curieux se pressaient pour découvrir le questionnaire « Nîmes 2026 ». Ce document de trente questions, décliné en plusieurs grandes thématiques, doit permettre aux habitants de partager leurs priorités pour la ville : aménagement urbain, économie, culture, solidarité, sécurité ou encore rapport à la politique. L’ambition est claire : recueillir entre 5 000 et 10 000 réponses d’ici deux mois. « Nous ne voulons pas plaquer nos idées, mais construire une alternative crédible avec les habitants », insiste Vincent Bouget.

    Pour le conseiller départemental et ancien candidat en 2020, ce lancement est l’aboutissement d’un travail de fond. Après le film Si je vous dis Nîmes, diffusé dans une trentaine de réunions publiques et nourri de plus d’une centaine d’entretiens basés sur des études démographiques, puis la grande restitution de juin à la halle Ludivine Furnon devant près de 7 000 personnes, place désormais à la consultation élargie. « Ce questionnaire est une suite logique, il complète tout le travail déjà réalisé », ajoute le candidat, rappelant qu’il s’agit d’un processus « qui ne s’arrête pas à l’échéance électorale mais doit changer durablement la manière de gouverner : celle de l’écoute, de l’échange, de l’association ».

    Faire émerger des priorités collectives

    « Dans une ville où trop souvent les décisions se prennent sans concertation, nous faisons l’exact inverse », explique Vincent Bouget. Il en profite pour répondre aux détracteurs du projet : « Certains nous accusent de ne pas avoir de programme, sous entendant que nous n’avons pas d’idées. La vérité, c’est que nous sommes en train de l’écrire avec les citoyens. » Distribution dans les quartiers, stands sur les marchés, rencontres aux abords des écoles : une cinquantaine d’initiatives sont prévues jusqu’à décembre pour diffuser le questionnaire. L’équipe prévoit même des relais numériques et des réunions thématiques pour toucher le plus grand nombre. Les premiers retours semblent prometteurs : plus de 200 exemplaires ont déjà été remplis avant même le lancement officiel.

    Les militants, eux, se réjouissent de renouer le fil du dialogue avec les habitants. « Ce questionnaire est un prétexte pour entrer en contact avec des personnes qui ne viennent jamais aux réunions publiques », confie Marie-Pierre Mercier, engagée de longue date dans l’écologie locale. L’équipe de campagne voit dans cette démarche un outil de dialogue autant qu’un levier électoral. Les réponses serviront à bâtir le programme, attendu au tournant de l’année 2026. « Notre objectif, conclut Vincent Bouget, c’est de faire dialoguer les habitants pour bâtir ensemble l’alternative que Nîmes attend. »

    Lieux, dates des prochaines réunions publiques et questionnaire sur nimesencommun.com

    « L’écoute est notre manière de faire de la politique »

  • Alès : la gauche se fixe un ultimatum

    Alès : la gauche se fixe un ultimatum

    Dans la capitale des Cévennes, la gauche partage un constat : sans union, les municipales de 2026 sont perdues. « L’union est une condition nécessaire mais pas suffisante », résume Armand Crépin, chef de file des Insoumis à Alès. En effet, au vu de la montée de l’extrême droite et d’un Christophe Rivenq (LR) qui occupe déjà le fauteuil de maire et espère donc bénéficier de la prime au sortant en étant très présent sur le terrain, la gauche sait qu’il faudra élargir sa base électorale.

    Mais avant, l’union est donc indispensable entre le Printemps alésien composé des Communistes et de Place publique et Maison commune emmenée principalement par les socialistes et les insoumis. Tout l’été, des discussions ont eu lieu entre les deux organisations pour parvenir à une première réunion le 8 septembre où chacun a renouvelé sa volonté de travailler pour parvenir à un accord. « On accélère le rythme des négociations pour terminer rapidement. Pour l’instant, il n’y a rien d’indépassable », précise l’insoumis. « Il y a eu rapprochement », confirme aussi Giovanni di Francesco, le secrétaire de la section communiste d’Alès.

    Blocage autour

    de la tête de liste

    L’optimisme était donc de rigueur après cette rencontre. Les deux organisations se sont données jusqu’à la fin du mois pour parvenir à un accord. Mais le réel point de blocage reste le mode de fonctionnement de la désignation de la tête de liste. Aujourd’hui, trois hommes ont confirmé leur désir d’être candidats : Paul Planque (PCF) pour le Printemps alésien, Basile Imbert (PS) et Armand Crépin (LFI).

    Malgré cet embouteillage pour occuper la fonction, le nouveau chef de file du PS alésien, Basile Imbert, reste optimiste : « Il n’y a rien d’insurmontable. Sur le projet politique, nous sommes d’accord sur 99,9%. Pour l’instant ça n’a pas abouti. Nous voulons que toutes les décisions se prennent de la manière la plus collégiale possible. Si localement on se met d’accord entre socialiste et insoumis, c’est que les communistes peuvent nous rejoindre. »

    Deux méthodes de désignation ont été posées sur la table et chacun doit désormais en discuter avec son organisation. En creux se pose également la question de la gouvernance de la structure pour que tout le monde y trouve sa place durant la campagne et que l’équipe soit opérationnelle si elle est élue en mars. Mais avec une volonté forte d’inclure des citoyens sur la liste tout en respectant les équilibres de chaque famille politique, la constitution de cette liste n’est pas évidente. « On partirait sur une réunion qui regroupe les deux structures autour du 20 ou 25 septembre où se prendra la décision au consensus de la tête de liste après discussion et débat », explique Giovanni di Francesco sans donner plus de détails.

    Fin septembre pourrait donc être officialisée la tête de liste de l’union de la gauche à Alès. « On deviendrait figure d’exception de trouver une union de toute la gauche. Ça devient très rare. Mais l’importance c’est aussi d’avoir toute la gauche unie pour ne pas refaire les erreurs du national », conclut Armand Crépin.

    « L’union est une condition nécessaire mais pas suffisante »

  • Inéligibilité et démission d’office pour l’ex-maire de Rognac

    Inéligibilité et démission d’office pour l’ex-maire de Rognac

    Saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, après avoir constaté par décision du 23 juin 2025 le dépôt hors délai du compte de campagne de Sylvie Miceli-Houdais (UDI), le tribunal administratif de Marseille a condamné l’ex maire de Rognac au non-remboursement de ses dépenses électorales par l’État et déclaré « inéligible pour une durée de six mois » et « démissionnaire d’office ». Ses comptes ont été déposés le 7 mars 2025 plus de trois mois après le délai prescrit.

    Nouveau camouflet

    Si le président du tribunal a considéré que la candidate n’a pas justifié « avoir pris les dispositions pour déposer son compte de campagne en temps utiles, ni avoir été confrontée à des difficultés particulières pour ce faire », celui-ci a pris en compte le fait qu’il s’agissait de sa première campagne électorale en qualité de tête de liste et le montant limité des sommes en cause, et l’absence d’autres irrégularités relevées par la CNCCFP.

    Lors des municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, la liste de la maire sortante, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur, n’avait convaincu que 13,84% des votants, arrivant en troisième position, loin derrière celles de Willy Nicollet (DVD), son ancien adjoint à la sécurité (34,65%), et du candidat d’extrême droite, Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête avec 38,24% des suffrages.

    Ce désaveu des citoyens était le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendu public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024. Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacant durant de deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

    Cette décision du tribunal administratif de Marseille est un camouflet de plus à porter au crédit de la représentante de la droite locale même si ces deux chefs de file, Martine Vassal (DVD) et Renaud Muselier (Ren) ont soutenu la candidature de Willy Nicollet (DVD), au second tour. Dans un jugement rendu le même jour, le tribunal administratif a d’ailleurs été plus clément avec ce dernier qui avait lui aussi déposé son compte de campagne hors délais. Il n’a été condamné qu’au nom remboursement de ses frais par l’État.