Tag: campagne électorale

  • Irrégularités, notes de frais… la mairie de Solliès-Toucas mise en cause

    Irrégularités, notes de frais… la mairie de Solliès-Toucas mise en cause

    La mairie de Solliès-Toucas, dirigée par Jérémie Fabre (SE) depuis 2020, a-t-elle contourné la loi ? Plusieurs documents et témoignages concernant divers volets de la vie démocratique laissent en tout cas planer le doute.

    Les premières irrégularités apparaissent au moment de la campagne municipale de 2020. Alors candidat, Jérémie Fabre s’entoure d’une agent municipale. Il s’agit de Natacha Addou, directrice de cabinet, d’avril 2014 à février 2020, peu avant la démission du maire de l’époque, François Amat, dont elle était colistière avant son élection. « Au moment où j’ai quitté mes fonctions, le 1er avril 2020, elle était redevenue simple agente territoriale catégorie C », explique ce dernier, confirmant la continuité de sa fonction territoriale. Problème : son statut lui incombe un devoir de réserve, qu’elle ne respecte pas. Pour participer à la campagne municipale de M. Fabre, lui aurait fallu « se mettre en permission et donc renoncer à son salaire. Elle ne l’a pas fait », confirme François Amat.

    À partir de janvier 2020, elle intervient dans la campagne de M. Fabre sous le pseudonyme de… Tallaron Delphine (au calembour à peine voilé), en organisant, notamment, plusieurs événements de campagne. Présentée par des colistiers, avec dérision et satisfaction, comme un « agent infiltré », au sein d’un groupe de discussion qu’elle a elle-même créé, et dont nous avons pu lire le contenu, elle affirme, sans équivoque, que « Delphine disparaît avec la victoire » au moment de l’élection de Julien Fabre. Ne faisant pas partie de la liste de ce dernier, un autre élément qui laisse penser qu’elle ne s’était pas mise en disponibilité, elle retrouve, légalement, son poste de directrice de cabinet.

    Mais alors que Julien Fabre est candidat à sa réélection en mars, elle manque à nouveau à son devoir de réserve en « likant » des publications du maire, et d’autres vantant ses mérites, sur les réseaux sociaux. Une campagne qui utilise, par ailleurs, des images réalisées avec les moyens de la commune sur certains supports de communication. Or, le code électoral imposant de séparer communication institutionnelle et communication de campagne, cette dernière ne peut en aucun cas utiliser les moyens de la collectivité, humains, financiers comme matériels.

    Frais de représentation en question

    Toujours au rayon irrégularités, un proche du maire, agent de surveillance de la voie publique (ASVP), a été photographié portant un uniforme de policier municipal, alors que les tenues des ASVP doivent en être distinctes en vertu de la circulaire du 28 avril 2017. Ce qui pourrait constituer un port illégal d’uniforme. Par ailleurs, l’achat d’un vélo électrique au supposé bénéfice de cette même police municipale, en 2023, pose question : les agents patrouillant à deux, dans quel cadre saurait-il être utilisé ?

    Un autre volet concerne les frais de représentations du maire. Entre 2021 et 2024, plus de 3500 euros de frais de restauration sont reportés sans justificatif précis (raison, invités…). Plusieurs notes laissent d’ailleurs à penser, au vu de leurs faibles montants, qu’il s’agissait de repas individuels, ce qui n’entre cas dans le cadre des frais de représentation selon un avis rendu par la Cour régionale des comptes (CRC) des Hauts-de-France en 2019. Qui plus est, de nombreuses dépenses sont uniquement justifiées par des tickets de carte bancaire. Apparaissent également des dépenses liées, entre autres, à des soins capillaires, des articles de sport, des frais de pressing, et des vêtements (pour plus de 7 600 euros sur la période). A ce sujet, la CRC PACA indiquait en 2011 que l’habillement ne pouvait être pris en compte dans les frais de représentation, sauf dépenses liées à un événement le justifiant (gala, sommet…). Or, un certain nombre d’achats (chaussures et vêtements de sport, par exemple), ne semblent pas entrer dans cette catégorie.

  • Toulon en Commun dénonce la violence politique

    Toulon en Commun dénonce la violence politique

    « Nous sommes choqués et avons porté plainte car nous voulons dénoncer cette agression », explique André De Ubeda (PCF).Et de poursuivre : « Toulon En Commun et Magali Brunel refusent toute dérive dans la campagne électorale. L’intimidation et la violence n’ont pas leur place vis-à-vis d’aucun candidat ou citoyen. Seul le débat d’idées sur la base des programmes, et des visions de ceux qui les défendent doit départager les listes en présence. Nous, nous voulons porter un programme, des valeurs, des principes, un changement par les idées.Le débat, la controverse, oui ! La violence et les insultes, non ! Toulon, comme la France, a besoin de concorde. »

  • Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Les touches de jaune des mimosas ont illuminé la rue de Friedland, samedi en fin d’après midi. C’est dans cette première « Rue des enfants » de son secteur que la maire sortante des 6e et 8e arrondissements de Marseille, Olivia Fortin, a officiellement lancé sa campagne en compagnie du maire Benoît Payan.

    Son ambition, pour le prochain mandat : « Toujours plus de lien avec les habitants et entre les habitants, favoriser la rencontre, la coopération via des événements mais aussi en faisant une cartographie des possibilités et de l’existant pour fédérer les initiatives. » L’élue insiste : « Il y a un enjeu hyperimportant à positionner les mairies de secteur dans leur utilité. On a un territoire gigantesque, 16 quartiers dans lesquels vivent 180 000 Marseillaises et Marseillais, et je suis persuadée que c’est à cet échelon qu’on arrive à connaitre la sensibilité des habitants. Et c’est en sensibilité, en proximité, qu’on peut construire les transformations du territoire. » Avec des problématiques de mobilité, d’aménagement du littoral sud ou encore de transition écologique.

    Benoît Payan affirme : « Notre devoir est de protéger, bien sûr avec la question de la sécurité, mais de toutes les sécurités, sociale, environnementale, des services publics… Et surtout de rassembler, comme Olivia Fortin le fait dans sa mairie de secteur, dans un moment où tout pourrait nous diviser. »

  • Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Pas de « promesses irréalistes » mais « un discours de sincérité ». Le gymnase du Rove affichait complet pour la présentation de la liste de Paul Sabatino. Dans une salle pleine et ambiancée par Jean-Marc Sichi, habillé en « M. Loyal », le maire sortant a d’abord salué « l’âme du Rove » et rendu hommage à son prédécesseur Georges Rosso, disparu l’an dernier. L’occasion de rappeler le bilan de l’équipe sortante, la requalification de la traversée du village, les parkings, la rénovation des équipements scolaires et sportifs, l’extension de la vidéoprotection, et le futur dojo. Avec ses 5 328 habitants et 87% de terres classés, le Rove demeure « un village à taille humaine ».

    Un cadre qu’il entend préserver avec une équipe rajeunie et diversifiée, faite d’élus expérimentés et de nouveaux visages issus de tous les quartiers, unis dans « la conviction que la commune mérite une équipe soudée, compétente et sincère ». La liste « Continuons ! » s’inscrit dans cette ligne. « Continuer, c’est consolider. Renforcer. Adapter. C’est avancer, s’inscrire dans un sillon profond sans jamais perdre de vue l’essentiel : l’intérêt communal et général », insiste-t-il.

    « Le maire de tous »

    Quinze élus sortants vont poursuivre l’aventure, souligne-t-il, saluant leur fidélité et leur sens du service public. Parmi eux : Michel Bartoli « amené à prendre plus de responsabilités », Marie-Claude Bonnet, Christiane Cadière, ancienne DGS ou Viviane Rosso, très applaudie et « la plus expérimentée » de l’équipe. Les profils des quinze entrants sont variés (actifs, retraités, acteurs associatifs ou professionnels engagés) pour « croiser les regards et préparer l’avenir ». On pense à Ilhem Delmas Zeghadi, chercheuse arrivée il y a peu comme Laurent Rivoire, aux enfants du Rove François Caballero, Chantal Gouiran, Sylvie Raha ou Jean-Marie Giordano, et à ces figures Noël Kouici, « homme de combat et personnalité du port » ou André Secci, enfant de Niolon et mythique dirigeant de l’USPEG. Lisa Voyatzis, parent d’élève, est la benjamine de la liste.

    Dans un contexte financier « sain », avec une dette maîtrisée et des comptes équilibrés, Paul Sabatino s’est engagé à ne pas augmenter la fiscalité communale. La méthode reposera sur la concertation, le renforcement des services publics au service de la jeunesse, du cadre de vie, de la tranquillité publique et du soutien aux associations. « Le 15 mars, le choix sera clair : celui de l’expérience, de la proximité et du vivre-ensemble », conclut Paul Sabatino, prêt à rester « le maire de tous ».

  • Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Le Printemps marseillais réuni pour « une ville rassemblée »

    Ils étaient tous là, réunis autour de Benoît Payan. Les communistes du sénateur Jérémy Bacchi et leur chef de file Anthony Goncalvez, les écologistes de Michèle Rubirola, les socialistes du député Laurent Lhardit, de la sénatrice Marie-Arlette Carlotti et du secrétaire fédéral Yannick Ohanessian, ou encore Eric Méry, le président de Mad Mars, collectif citoyen à l’initiative du Printemps marseillais en 2019.

    Au service des Marseillais

    Avec eux Samia Ghali, la maire-adjointe (DVG), Pierre Huguet, le président (G.s) du groupe au conseil municipal, les maires de secteur Didier Jau (EELV), Olivia Fortin (Mad Mars), Anthony Krehmeier (PS) et Sophie Camard (GRS) ; des adjoints aussi, Pierre Marie Ganozzi (PM), Christine Juste et Hervé Menchon (EELV), Ahmed Heddadi (GRS) ou Hedi Ramdane (RDG) ; et de nouvelles têtes enfin, comme Pascaline Lecorché (PP) ou Cécile Vignes (GE).

    Après, une annonce de candidature très « personnelle », c’est cette fois la force collective « d’une équipe qui pendant six ans a choisi de servir les Marseillais plutôt que de se servir », qui est mis en avant. La remontée de la Canebière, en rangs serrés, bras dessus-dessous, rappelle le 4 juillet 2020. C’est ainsi que le Printemps marseillais avait débarqué à Bargemon, sous les vivats de la foule et un soleil d’été, pour prendre les clés de la mairie. Samedi, le temps était pluvieux « mais après la pluie vient toujours le beau temps et après l’hiver vient toujours le printemps », rappelle Benoît Payan.

    Face à eux, des centaines de militants et citoyens engagés sont réunies pour cette inauguration du QG de la gauche écologistes et citoyenne pour les municipales. Des écharpes et des parapluies aux couleurs du Printemps, ont été distribués. Le rendez-vous sonne le coup d’envoi de leur campagne. Un moment « historique », martèle le maire alors que l’extrême droite est donnée haute dans les derniers sondages.

    Benoît Payan, lui, veut « lever un espoir », « barrer la route aux fascistes » et « empêcher ceux qui ont abîmé cette ville pendant 25 ans de revenir au pouvoir ». Après six ans de mandats, l’insouciance et l’espoir ont laissé place à une forme de conviction. La formule, elle, reste la même. Dans le local ouvert au public, des habitants et des enfants écrivent sur une fresque militante, une expo présente la grande enquête menée à l’automne… Entre deux selfies, le maire – candidat souffle : « ça fait du bien de voir toutes ces personnes réunies avec nous pour porter l’espoir d’une ville rassemblée ».

  • À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    On a les amis qu’on mérite. Le parti de la France a annoncé, vendredi, son soutien à Franck Allisio, candidat du Rassemblement national à Marseille. Il « a réussi à fédérer le RN, la section locale de Reconquête et le sénateur Stéphane Ravier », argumente son président qui voit pour « le camp national [a] une occasion historique » de ravir la mairie à « l’islamo-collabo Benoît Payan ». Fondé en 2009 par Carl Lang, ancien secrétaire général du Front national, en réaction à la « dédiabolisation » du parti lepéniste, le PDF se revendique d’une « droite nationale, sociale et identitaire », sur fond de nostalgie pétainiste, d’antisémitisme et de néonazisme documenté par nos confrères de StreetPress.

    « Les convictions et le parcours de Franck Allisio sont à l’opposé absolus de ce groupuscule aux relents antisémites et pétainistes. Comme Marine Le Pen et Jordan Bardella nous les combattons », a réagi Olivier Rioult, le directeur de campagne du candidat de l’extrême droite, y voyant « une provocation ». Lui n’assume que les soutiens reconnus, de Stéphane Ravier à Reconquête, et les ralliements « de LR à Horizon ». « A contrario, on défend nos compatriotes de confession juive et ils seront avec nous sur la liste », glisse-t-il en réponse à la droite montée au créneau contre ce soutien sans surprise.

    « Le RN et ses soutiens problématiques. Quand des groupuscules pétainistes, antisémites et néo-nazis se reconnaissent dans un candidat, ce n’est jamais un hasard », écrit Martine Vassal quand son directeur de campagne, Romain Simmarano (Ren) pointe « le silence collectif de la gauche et de Benoît Payan sur ce dossier ». Une gauche qui n’a pourtant jamais rien cédé à l’extrême droite et lui a toujours barré la route, tête haute.

    Distancée dans les sondages, la candidate (DVD) qui assumait cet automne partager des valeurs du RN, cherche surtout désormais à s’en démarquer. Une stratégie à la peine. Vendredi, La Provence soulignait que Christine Frontera, une ex-commandante de police mise à l’honneur jeudi lors de la présentation de son comité de soutien, tractait encore début janvier avec le RN. On a les soutiens qu’on mérite.

  • Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    À sept semaines du 1er tour des élections municipales (15 et 22 mars), le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne. Installé à l’angle du cours Belsunce et de la Canebière (1er). Le lieu fourmille déjà depuis quelques semaines. Les 800m2 de cette ancienne banque installée au cœur de Marseille ont été apprivoisés au fil des semaines. Vendredi, la façade jusqu’ici parée d’un soleil, symbole du Printemps marseillais, noir sur fond blanc, s’est colorée. Du fuchsia, du rouge, du vert, du bleu et quatre chiffres énormes, 2026, blancs et bleus, planté au milieu de la rade de Marseille, laissant figurer en fond la Bonne Mère. Côté Belsunce, le nom de tous les quartiers de Marseille.

    Plusieurs rendez-vous y ont été organisés. Benoît Payan, le maire (DVG) sortant y a officiellement annoncé sa candidature le 10 janvier. Audrey Garino, son adjointe (PCF) en charge des solidarités y a dévoilé les vingt premières mesures programmatiques du Printemps marseillais pour la future mandature, la semaine passée. Mercredi, c’est Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes qui est venue apporter son soutien, le tout premier venu d’une personnalité politique nationale.

    L’inauguration va battre le rappel des troupes et donner le véritable coup d’envoi de la campagne du Printemps marseillais version 2026 même si les militants sont engagés sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà. Porte-à-porte, affichage, tractage de rue se multiplient. Plusieurs centaines d’entre eux sont attendues ce samedi, au côté des représentants de toutes les forces politiques et citoyennes engagées derrière Benoît Payan.

    « Le but est de montrer toute l’ampleur de ce rassemblement », glisse l’entourage du maire ou l’appui sur l’enthousiasme qui anime les troupes. L’ambiance soutenue par les derniers sondages et les retours des Marseillais est bonne. Comprenez ici, joyeuse.

  • « Moi Marseille »

    « Moi Marseille »

    Laissez passer les cartes postales. Celle de la ville de coups de vents, des coups du sort que les magazines habillent de lumière, de ferveur et de passions, de caricatures. Et revenons à ce que je suis.

    Hier, j’ai célébré mes 2600 ans. Grecque, ouverte sur la Méditerranée, j’ai souvent résisté avec courage, parfois folie, moins souvent j’ai cédé à la sagesse. Des excès, nombreux, me direz-vous. Sans doute, mais je suis ainsi faite. De cycles, de dépressions, de rebonds et c’est dans ce flot incessant que j’ai déployé ma légende.

    Trompant les projets des urbanistes, jouant de l’espace entre ma centaine de villages, j’ai fait ville sans jamais trahir l’âme de ceux qui m’ont façonnée durant ces siècles. J’ai tissé ma force, à l’abri du massif de la Nerthe et de la chaîne de l’Etoile, me dressant contre la Provence, négligeant le tourisme, préférant les orients lointains.

    Alors, d’aucuns ont parlé de moi comme un carrefour alors que je ne suis rien d’autre qu’un havre où les hommes se croisent, travaillent et galèjent. Oui, ici le verbe est haut, moqueur mais je suis ville de labeur et d’efforts, contrairement aux clichés exhibés par ceux de la capitale.

    Aujourd’hui, je le sais. Je suis à la croisée des chemins et je sens que le bruit et la fureur, transformés en étendards par certains, me menacent. Ils excluent, rejettent et se sont persuadés que mes excès traduisent une lâche tentation vers les extrêmes, que mes emportements justifient leurs aveuglements et leurs ressentiments.

    Ils font table rase de ce qui m’a nourri. Leurs propos et programmes, à l’emporte-pièce, sont la négation de mon passé, qui s’est pétri dans l’accueil et le mélange. N’allez pas croire que mon essence populaire signifie l’amour de la révolution. Je manifeste, je crie, je conteste parce que j’aime la justice et refuse les exclusions. Mes colères, elles sont là.

    Si j’ai chanté La Marseillaise, c’est pour sauver la République, pas pour faire preuve d’insoumission. Cette République, elle est égalité, fraternité et liberté. Elle est peut-être menacée, comme ce qui fait ma chair, mes espérances.

    Ceux qui affirment sans sourciller que la police tue, ceux qui refusent le compromis, rejettent tout ce qui ne s’accorde pas avec leur credo. Ils ont les mêmes défauts que ceux qui font porter les péchés capitaux à l’autre, celui qui ne leur ressemble pas. Leurs combats ne sont pas les miens. Ils instrumentalisent mes emportements. Oubliant ce que je veux.

    Je veux continuer à grandir sans perdre mon authenticité, je veux que chacun de mes habitants ait sa juste place, que tous mes quartiers soient apaisés. Le temps n’est plus où je cherchais ma force dans le refus de tendre la main à mon arrière-pays. Le développement auquel j’aspire est fait de coopérations, de dialogues et d’échanges avec mes voisins, proches ou lointains.

    À leur laisser les rênes, ces ingrédients du vivre ensemble disparaîtraient refermant le chapitre d’une ville où les projets, enfin, peuvent bénéficier d’investissements de l’État.

    Je veux être Marseille, une ville de projets pour une jeunesse libérée du déficit d’investissement, de formation, d’emplois qualifiés… Je veux être une ville de logements décents pour tous, d’espaces publics accueillants, de nature préservée. Je veux une économie dynamique qui reflète le potentiel de cette terre de recherche, de savoirs, d’innovation. Je veux des politiques qui rapprochent et non qui opposent, des choix qui protègent et non qui affaiblissent.

    Ce sillon, je l’ai creusé durant des années, avec des maires de conviction, courageux, auxquels mille et un reproches peuvent être lancés. Mais ils n’étaient pas enkystés par cette fatigue démocratique qui menace.

    Il faut être démocrate, républicain, courageux. Le pire n’est jamais sûr mais il nous appartient, désormais ensemble, de tourner le dos aux passions tristes des extrêmes.

  • En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    Sauver Marseille. Un nouveau slogan pour sauver une campagne. Distancé dans les derniers sondages par le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, et Franck Allisio, le candidat (RN) de l’extrême droite, Martine Vassal est à la relance. Partie en campagne le 13 septembre sous le slogan « Marseille, je t’aime », la candidate de la droite, a voulu changer de braquet avec le lancement de son comité de soutien.

    « ça fait chaud au cœur », concède-t-elle en prenant la parole pour conclure la soirée. « C’est vrai que c’est dur, j’en prends plein la figure », poursuit-elle en reprenant les mots de Renaud Muselier, le président de son comité soutien « mais je ne vais rien lâcher ». Près de 600 personnes s’étaient inscrites pour ce rendez-vous dans une brasserie de l’Escale Borély (8e). Un peu moins de la moitié était présente. Parmi eux des élus, un certain Yvon Berland, aussi, candidat macroniste qui avait contribué à sa défaite en 2020, ou Titi le boss, ce supporter de l’OM rendu célèbre pour « gratter » les maillots des joueurs à la sortie de la Commanderie.

    « Madame courage »

    à la tribune, quelques membres de son comité qui réunit presque 6 000 personnes, viennent expliciter leur engagement. Il sera beaucoup question de sécurité. Sans surprise. Christine Frontera, commandante de police honoraire, estime que Martine Vassal « a la volonté, le courage et la lucidité nécessaires pour affronter ce défi majeur ». Elle apprécie « l’idée novatrice » de création un hôtel des polices à la Caserne du Muy.

    « Marseille a besoin de constance, d’une autorité qui soit juste, protège et rassure », enchaîne Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille Provence. André Bendano, ex-président de la chambre régionale des métiers et de l’artisanat, s’engage par « sens du devoir » et par « refus du déclin de la ville ». Il cède le micro à Djihane Dib, d’une Génération pour Marseille. Elle, se bat pour une « ville plus accueillante, plus sûre, plus verte », où « sortir le soir ne doit être plus être un sujet ». N’y voir aucun lien avec la fermeture du métro à 21h30, même si elle salue la proposition de gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Toute la droite locale qui honnit la gratuité applaudit.

    Invité surprise, le président du club de football de Vivaux Sauvagère, Omar Keddadouche, n’a pas écrit de discours. Il enchaîne les punchlines : « Personne n’a le monopole du cœur et des quartiers », « Je veux travailler pour le peuple », « Mon sang est bleu et blanc », « Martine tu vas gagner car on n’a pas besoin d’amateur mais de gens qui ont fait leurs preuves ».

    C’est finalement Renaud Muselier qui sortira les gants pour boxer les autres candidats, persuadé que « les choses ne se passeront pas comme annoncé » à « Marseille, reine des batailles ». Comprendre un duel entre Allisio, le « candidat à l’étiquette porteuse » qui a « fui à Vitrolles » et Benoît Payan. à l’entrée du « money-time », il invite la salle à ne pas croire aux sondages. Après avoir singé Nora Preziosi, dansant autour du candidat Erwan Davoux de manière « téléguidée », le président (Ren.) de la Région tape sur le maire sortant.

    Les JO 2024 et la coupe du monde de rugby, « c’est moi », et le Pape, c’est Gaudin… La gauche c’est les budgets retoqués en justice, le fiasco d’une adjointe à l’urbanisme qui ne « sortait pas un permis », l’affaire de l’ex-maire (PM) des 6-8 « sorti manu militari de la mairie pour avoir fait des cochonneries ». Après avoir évoqué le cas Hammou, il finit par convoquer « les héritiers de Guérini »… « Martine, c’est Madame courage. Il faut l’applaudir. On la défendra. Cette campagne est difficile, elle va être extrêmement violente. » On veut bien le croire.

    « ça fait chaud au cœur…
    C’est vrai que c’est dur,
    j’en prends plein la figure
    mais je ne vais rien lâcher »

  • Municipales : fédérateur, Gachon brigue un 4e mandat à Vitrolles

    Municipales : fédérateur, Gachon brigue un 4e mandat à Vitrolles

    C’est un « marathon de huit semaines » qui l’attend. Loïc Gachon (PS) se lance dans la bataille des municipales pour un quatrième mandat, lui qui avait succédé à Guy Obino suite à son décès en 2009. Loin d’être une « évidence » ou une « forme d’installation », le maire sortant se représente pour « être utile ». « C’est peut-être quelque chose dont tout le monde rêve et nous on a la capacité de le faire, donc on doit le faire », a-t-il affirmé devant une salle Nelson Mandela pleine à craquer dimanche matin.

    Alors que son programme, fruit d’un travail participatif mené par le collectif « Réfléchissons Vitrolles », est en cours d’élaboration et sera présenté aux alentours des vacances de février, Loïc Gachon a tout de même révélé ses priorités, dont la première est de protéger la population. « Le premier réflexe c’est de penser aux questions de sécurité, c’est important (…) mais protéger c’est aussi l’attention aux plus fragiles socialement (…), ou la protection pour l’avenir », affirme-t-il, évoquant notamment l’évolution du climat, lui qui a engagé la Ville dans la rénovation d’un réseau de chaleur urbain appuyé sur la géothermie profonde et dans une communauté d’énergie pour devenir un territoire à énergie positive.

    Loïc Gachon entend également cultiver la proximité et le vivre-ensemble. « Dans un monde qui nous divise, avec des forces politiques qui ont toujours tendance à nous séparer en chapelle en fonction de nos origines ou de nos religions, le rôle de même de l’équipe municipale (…) c’est de fédérer pour faire vibrer ce qui nous rassemble. »

    Pour y parvenir, l’édile compte s’appuyer sur « une équipe qui reprend à peu près les contours de l’équipe précédente » avec le soutien des Écologistes, du MoDem, du PCF, de Place publique ou encore de Génération.s, mais aussi sur des candidats issus de la société civile. La liste sera présentée le 21 février.