Tag: campagne électorale

  • Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Le tribunal administratif de Marseille a rejeté, vendredi, le recours contre le résultat des élections déposé par le député (RN) Emmanuel Fouquart, battu aux municipales de mars 2026 à Martigues, par le maire communiste Gaby Charroux. « Notre élection est confirmée par la Justice », se félicitaient le maire et son équipe samedi dans un communiqué. Le candidat d’extrême droite demandait l’annulation du scrutin et l’inéligibilité du maire.

    La majorité municipale qui assure avoir toujours abordé cette procédure « avec sérénité », rappelle avoir mené une campagne « dans le strict respect des règles » et souligne que dans cette procédure plusieurs étapes sont venues conforter la régularité du scrutin de mars.

    Le 17 juillet, d’abord, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques avait approuvé son compte de campagne « en totalité et sans aucune remarque ». Lors de l’audience du 24 septembre, la rapporteure publique avait conclu au rejet de la requête du député d’extrême droite, avant que le tribunal administratif, enfin, ne rejette à son tour « la protestation dans son intégralité ». Emmanuel Fouquart dénonçait de supposées irrégularités de campagne, des manquements aux règles déontologiques ainsi que des faits relevant, selon lui, d’une propagande électorale.

    Des accusations « examinées et écartées une à une », rappelle le texte. Au second tour, la liste de Charroux avait obtenu 8 959 voix, soit 44,14% des suffrages, contre 7 115 voix pour la liste Fouquart. « Notre victoire était nette dans les urnes et la régularité de notre élection est aujourd’hui pleinement confortée », écrivent les élus de la majorité en s’interrogeant sur « la finalité réelle de ce recours » alors que Fouquart avait lui-même admis que « le recours a peu de chances d’aboutir ».

  • [Entretien] Cathy Chaulet, maire de Saint-Privat-de-Champclos : « On n’a pas le droit de la jouer perso »

    [Entretien] Cathy Chaulet, maire de Saint-Privat-de-Champclos : « On n’a pas le droit de la jouer perso »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Cathy Chaulet : Bien. Nous avons un bon accueil dans les communes. Nous avons une équipe unique, collective, combative et à l’écoute. On sillonne le département, soit par des rendez-vous individuels, soit par des réunions entre grands électeurs. On essaye d’être chaque fois le plus nombreux possible, si on peut y aller à 5 on y va à 5. Après, nous sommes des élus locaux, donc nous connaissons aussi d’autres élus et les spécificités liées à nos territoires.

    Quelles sont les attentes des élus et des maires que vous rencontrez ?

    C.C. : Ce qu’ils demandent en priorité, c’est de la simplification administrative, des allègements, et de l’autonomie financière. Ils souhaitent un peu plus de décentralisation mais avec des moyens. Ils veulent qu’on n’ait pas un État contraignant, mais un État qui soit facilitateur. C’est particulièrement demandé dans le cadre des appels à projets. Ensuite, ils demandent de la confiance, que l’on fasse confiance aux élus locaux qui sont quand même au cœur des réalités du quotidien et de la proximité. Enfin, ils réclament la défense des services publics, un sujet très important pour notre liste que nous portons depuis longtemps. Les communes ne réclament pas des privilèges mais d’être simplement entendues, écoutées, parce qu’elles sont au cœur des réalités de ce que vivent les Français, que ce soit en ville ou à la campagne.

    Ce sont des thématiques où la gauche a des idées à faire avancer…

    C.C. : On essaie de peser fort sur ces thèmes. Mais la simplification c’est facile de l’annoncer, après il faut la traduire. Parce que parfois, il y a des décrets qui n’arrivent pas. Il faut surtout parvenir à prendre en compte cette richesse d’expérimentation qui fait que l’on ne peut pas appliquer les mêmes choses en Bretagne que sur le pourtour méditerranéen ou simplement entre Saint-Privat-de-Champclos et Nîmes.

    Quels sont les autres axes de votre campagne ?

    C.C. : Nous voulons défendre les communs, l’eau, l’air, les sols… parce que c’est l’essentiel. Même si c’est peut-être une utopie, nous souhaitons une non-marchandisation de ces communs. C’est très important, surtout dans un contexte de changement climatique qui fait que tous les secteurs du quotidien et l’ensemble des citoyens sont impactés, que ce soit l’habitat, les bâtiments, qu’ils soient scolaires ou qu’ils soient municipaux, que ce soit la santé, que ce soit les conditions de travail des salariés à l’extérieur comme à l’intérieur… Il y a des enjeux face à la déprise agricole qui pose la question de la prévention des incendies et qui pose la question des moyens de la sécurité civile. Ce sont des sujets transversaux qui reviennent régulièrement dans la bouche des élus. Aujourd’hui, cette transition est à défendre, et c’est même le défi de demain.

    Sur ces sujets, qu’apporte votre expérience de vice-présidente du conseil départemental du Gard en charge de l’agriculture ?

    C.C. : J’ai peut-être une écoute différente et une plus grande expérience. Mais je suis issue de ce monde de paysans, issue de cette ruralité. J’y suis née, j’y ai grandi et j’y vis. Toutes ces questions sont au cœur de mon mandat, au Département mais aussi de mon mandat de maire. Je pense que c’est donc la réalité et le quotidien de beaucoup d’élus. Chez moi, je suis atterrée de ce que je vois. J’avais une commune complètement agricole, et aujourd’hui il ne reste plus personne. Le peu qu’il y a ne gagne pas sa vie, y compris sur la lavande et le lavandin. Aujourd’hui, ces plantes plutôt résistantes sont mises à mal.

    Sur un plan plus politique, pensez-vous aujourd’hui que le troisième siège de ces élections sénatoriales dans le Gard se joue entre vous et le Rassemblement national ?

    C.C. : C’est difficile à dire mais j’ai très peur. On se bagarre. La présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot (PS), a raison de dire que le vote utile c’est le vote de la liste du Gard en commun, parce que c’est le seul moyen d’envoyer une sénatrice de gauche au Sénat. Tout le reste, ce sont des voix perdues et des voix qui feront les beaux jours du RN. La bataille va être compliquée mais on se bagarre pour aller arracher ce siège en réaffirmant que le vote utile, c’est le vote Bouad. Surtout que, quand on entend aujourd’hui les débats du Rassemblement national et cette volonté de changer la Constitution, on se dit qu’il faudra qu’au Sénat, il y ait un peu plus de gens qui pèsent pour que tout ne leur soit pas ouvert. Et quand on voit le glissement de la droite, on est en droit d’avoir peur. On a rencontré beaucoup de maires, on est allé dans des endroits franchement pas faciles pour la gauche, mais on n’a pas l’impression que les maires sans étiquette soient proches du Rassemblement national.

    Dans ce contexte, que pensez-vous de la candidature de Carole Bergeri qui est également vice-présidente du conseil départemental du Gard ?

    C.C. : Dès lors qu’on fait partie d’un collectif et d’une majorité départementale, les aventures individuelles ne doivent pas être au rendez-vous. Sinon, on ne peut pas dire qu’on fait de la politique et qu’on est là pour l’intérêt commun et l’intérêt général. Quand on a en face six députés d’extrême droite, plus un septième qui est au Parlement européen, et quand on voit le résultat des élections municipales, on n’a pas le droit de la jouer perso.

  • Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Ce devrait être le point d’orgue de la campagne Devésa-Muselier ce jeudi : la réunion publique du président LR du Sénat, Gérard Larcher, à Aix-en-Provence, pour appeler à serrer les rangs autour de cette liste officiellement investie par LR et la majorité sénatoriale. Un temps fort annulé le matin même en raison d’une réunion urgente qui a retenu le 2e personnage de l’État à Paris.

    Il n’en fallait pas plus aux listes concurrentes pour interpréter la nouvelle comme un acte de défiance à l’issue d’une campagne marquée par la désunion à droite où les listes de Valérie Boyer, sortante LR, et d’Hervé Granier, maire LR de Gardanne concurrencent celle conduite par Brigitte Devésa la sortante UDI avec le président de Région en deuxième position.

    « Je crois que le président Larcher n’a guère apprécié les prises de position Facebook de Brigitte Devésa sur les sénatoriales du Var où elle a soutenu en quelques jours la liste UDI puis la liste LR », souffle un proche d’une liste concurrente considérant que « les Bouches-du-Rhône, c’est un terrain miné, surtout depuis que Bruno Retailleau soutient à titre personnel Valérie Boyer. Gérard Larcher n’a pas voulu mettre les pieds dans la boue ».

    Le logo Renaissance est-il un repoussoir ?

    Dans l’entourage de Renaud Muselier on estime que « ces murmures sont de vastes conneries » en brandissant une lettre signée de la main de Gérard Larcher, « adressée à Brigitte Devésa et Renaud Muselier dans laquelle il explique son empêchement et confirme le soutien de la majorité sénatoriale et son soutien personnel à leur liste ».

    Parallèlement, depuis quelques jours, des grands électeurs ont reçu une lettre dans laquelle Valérie Boyer qui fait campagne en tant que « représentante de la vraie droite » est décrite comme plus que complaisante avec le macronisme.

    « Je ne sais pas d’où ça vient, peut-être de l’extrême droite », confie un élu centriste qui regrette, pour sa part, que le président de Région n’affiche pas l’étiquette Renaissance sur son bulletin de vote. « Pour moi ce n’est pas un repoussoir », déplore-t-il.

    Hervé Granier, ostensiblement poussé par la très macroniste Sabrina Roubache, se garde d’afficher toute appartenance partisane sur son matériel de campagne. « Je veux porter la voix des maires », martèle-t-il à l’envi.

    Valérie Boyer, quant à elle, arbore le logo LR alors même que la commission nationale d’investiture de son parti et la fédération LR des Bouches-du-Rhône soutiennent le tandem Devésa-Muselier. Pour ne rien arranger à la confusion, Catherine Pila, la rivale malheureuse de Ludovic Perney lors des élections internes à la présidence de LR 13 figure sur la liste de… Valérie Boyer. « Si Valérie fait son siège, Ludovic Perney devra rendre des comptes », prévient-on dans l’entourage de la sénatrice.

    L’annonce de la suppression de la gratuité des transports dans l’ex-Pays d’Aubagne par Nicolas Isnard le président LR de la Métropole, sans concertation avec les maires concernés, n’aide pas à éclaircir l’horizon. « Je soutiens la liste conduite par Brigitte Devésa et Renaud Muselier. Pour autant, j’ai beaucoup de sympathies pour nombre de candidats qui se présentent à cette élection aussi. Que le meilleur gagne dimanche », déclare-t-il. Sur la liste Devésa-Muselier, Véronique Miquelly, maire d’Auriol, commune touchée par l’abandon de la gratuité figure… en troisième position. « Ce choix aurait pu être évité ou au moins temporisé si chacun avait pris ses responsabilités lors du dernier conseil métropolitain à commencer par MM. Payan et Squillari », rétorque un soutien de la liste en question.

    Quelles conséquences sur les sénatoriales ? Verdict dimanche.

  • [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous de ce premier débat ?

    Olivier Faure : La primaire est lancée, il y aura deux autres débats, et l’audience de près de 4,6 millions de spectateurs en cumulé, montre un intérêt pour le choix du candidat socialiste. J’attends les prochains rendez-vous avec impatience pour continuer à dérouler mes propositions.

    Les échanges ont révélé des divergences sur LFI, l’Ukraine, la Palestine… Elles sont compatibles avec cette candidature commune ?

    O. F. : Je ne désespère pas de convaincre ceux qui ne partagent pas encore mon point de vue. Mais les perdants se sont engagés à se retirer et se ranger derrière celui qui l’a emporté.

    Selon l’issue ce sera compliqué de réunir les gauches aux législatives ?

    O. F. : Le Parti socialiste décidera seul de ce qu’il fait aux législatives. Aucun point de vue extérieur ne s’impose à nous. Personne ne connaît le contexte des législatives après la présidentielle. La question sera tranchée le moment venu. Moi je me bats pour la victoire.

    Vous défendez le rassemblement des gauches tout en prenant vos distances avec Jean-Luc Mélenchon. Où placez-vous cette ligne rouge ?

    O. F. : Je suis candidat à la présidence de la République. Je suis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon. Mais contrairement à Raphaël Glucksmann ou Jérôme Guedj je ne passe pas ma vie à me définir par rapport à lui. Il n’est pas candidat à notre primaire. Le moment venu lorsque j’aurai gagné la primaire j’assumerai les désaccords de fond qui justifient une candidature distincte de la sienne. Sur son deux poids deux mesures, quand il est un soutien du peuple palestinien – et je partage cette nécessité par rapport à l’obligation morale de prévention des génocides – mais soutient du bout des lèvres la résistance ukrainienne, le peuple Ouïghour ou Taïwanais. Je pourrais multiplier les exemples comme lorsqu’il rentre dans des logiques complotistes et antisémites en prétendant que le gouvernement est sous l’emprise du Crif, lorsqu’il évoque une nécessaire bifurcation écologique mais veut rouvrir le gazoduc Nord Stream avec la Russie…

    Ces divergences ont remplacé les questions économiques qui opposent les candidats de la primaire ?

    O. F. : Non, il y a d’autres sujets qui n’ont pas pu être évoqués. Je ne comprends pas que lorsqu’on parle de pouvoir d’achat, un homme de gauche se confonde avec ce que propose la droite. Pour la droite, la question salariale n’existe pas : si le pouvoir d’achat baisse, il faut se tourner exclusivement vers l’État, soit en baissant les impôts de ceux qui en payent, soit en rapprochant le net du brut. Mais c’est la retraite du salarié, sa protection contre la maladie ou le chômage qu’on atrophie. C’est aux entreprises d’augmenter les salaires et je plaide pour un salaire anti-inflation garanti, indexé sur l’inflation jusqu’au salaire médian.

    L’État, lui, doit agir sur le reste à vivre. C’est les politiques en faveur du logement notamment. Nous devons redonner un souffle au mouvement HLM et protéger les locataires en mettant en place un bouclier logement qui permette de ne jamais consacrer plus de 30% de ses revenus à son loyer. Ça suppose d’encadrer les loyers et le foncier. Et puis, sur le plan de l’alimentation, je plaide pour une Sécurité sociale alimentaire.

    Quelle mesure vous distingue le mieux de Raphaël Glucksmann ?

    O. F. : Je ne cherche pas à me distinguer mais à affirmer des positions et être un repère fiable et clair. Sur l’abrogation de la réforme Borne, je suis clair. Sur le Smic je dis qu’il faut le porter à 1 700 euros net. Je refuse la TVA sociale. Je ne pratique pas les doubles standards. Sur Gaza, il y a une faute morale à ne pas nommer un génocide alors que nous avons ensemble plaidé la reconnaissance du génocide des Ouïghours.

    Un dernier mot sur votre déplacement à Marseille ?

    O. F. : Je viens participer à un débat présidentiel au Vélodrome sur l’intelligence artificielle. C’est un des plus grands défis – avec la lutte contre le dérèglement climatique – que l’humanité doit affronter depuis Adam et Ève. Nous avons besoin de l’encadrer. Elle a des conséquences sur nos vies, notre travail, la création et la destruction d’emplois, notre démocratie, notre environnement. Puisque le pape Léon XIV est en France, il faut lire son encyclique, Magnifica Humanitas, où il dénonce la concentration des pouvoirs entre les mains d’acteurs privés transnationaux qui redéfinissent seuls les conditions d’accès à la vie publique. Il a lui-même appelé à désarmer l’intelligence artificielle, à la soustraire du monopole et à l’empêcher de dominer l’humain. Nous en sommes là. Ne laissons pas à quelques démiurges le choix de notre destin.

  • Olivier Faure en rase campagne à Marseille

    Olivier Faure en rase campagne à Marseille

    Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste est attendu à Marseille les 25 et 26 septembre. Dans les Bouches-du-Rhône, fédération historiquement influente du PS, son programme n’est pas encore arrêté. Mais sa venue intervient à un moment clé de la primaire sociale-démocrate dont le 1er tour a lieu les 9 et 10 octobre.

    Mercredi soir, le débat organisé sur LCI entre les cinq candidats, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann (Place publique), Jérôme Guedj, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel (GRS), a véritablement lancé la campagne ouverte dans un climat tendu. Les échanges scolaires entre Royal et Glucksmann, qualifié de « stagiaire » par cette dernière, les désaccords stratégiques et les polémiques internes ont alimenté l’idée d’une « machine à perdre », reprise à son compte par François Hollande.

    Ces derniers jours, l’affaire Philippe Brun a noyé les débats. Le député de l’Eure, qui avait déposé sa candidature, a été suspendu à titre conservatoire du PS puis exclu du processus suite aux accusations d’une ancienne collaboratrice. Contestant la décision, il a saisi la justice pour obtenir sa réintégration.

    Mercredi matin, le tribunal judiciaire de Paris, n’y voyant pas d’irrégularité manifeste, a rejeté sa demande sans se prononcer sur le fond. Philippe Brun a annoncé faire appel. Il a surtout directement mis en cause Olivier Faure, affirmant qu’« il n’y a pas d’affaire Philippe Brun mais une affaire Olivier Faure », et l’accusant d’avoir orchestré son éviction.

    Une polémique avec laquelle le patron des socialistes devra composer à Marseille, dans une fédération elle-même en pleine réorganisation après la mise en place d’une direction collégiale transitoire suite au pas de côté de Yannick Ohanessian, son ex-premier secrétaire fédéral, devenu aujourd’hui porte-parole de campagne.

  • [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Marseille pour parler de logement ?

    François Ruffin : Le logement est un nœud de la société française aujourd’hui. Quand on parle de pouvoir d’achat, ce qui a le plus augmenté en quarante ans c’est le budget que les ménages consacrent aux loyers. À Marseille, c’est pareil ou même pire. Il y a 40 000 demandes de logements sociaux en attente, 20 000 qui sont inoccupés, 7% qui sont des passoires thermiques…

    Dans ce début de campagne,
    le premier parti à avoir parlé
    de logement, ça a été le RN…

    F.R. : Cela fait des mois que je le répète partout où je passe ! Marine Le Pen intervient sur un thème juste, en revanche ce qu’elle en dit est vraiment nul ! Elle ne parle pas des locataires, d’isolation, de rénovation. Il y a une obsession, les étrangers. À aucun moment elle ne parle de régulation. Elle, c’est Macron après Macron : il faut laisser faire le marché.

    Quelles sont vos solutions ?

    F.R. : Il faut peser sur les prix du logement, avec le plafonnement du prix des loyers sur l’ensemble du pays. La deuxième chose, c’est qu’ils ne doivent pas rester vides pour en faire des produits financiers ou des Airbnb. Il faut à chaque vente une commission municipale avec les élus, les associations de locataires, les propriétaires qui puisse exiger que cela reste de l’hébergement à l’année. Le troisième point, c’est de construire du bâtiment public à destination de la jeunesse : nous avons un plan qui pose la construction de 40 000 logements publics pour les étudiants, autant pour les jeunes travailleurs. Il faut aussi doubler le prêt à taux zéro pour ne pas être condamné à être locataire à vie. Enfin, le premier chantier à mettre en œuvre en termes de défi climatique, c’est l’isolation des 5 millions de passoires thermiques du pays.

    Le premier débat de la primaire socialiste avait lieu mercredi soir, vous regrettez de ne pas y être ?

    F.R. : J’ai toujours eu pour objectif de rassembler la gauche et de rassembler les gens. Je me disais qu’il fallait une grande primaire, de Poutou à Hollande, cela a été refusé du côté insoumis comme des socialistes qui ont décidé de faire leur petite primaire. C’est leur terrain avec leurs arbitres, mais j’étais disposé à laisser parler les suffrages : ils veulent faire ça dans l’entre-soi avec un suffrage censitaire. C’est la victoire des gauches qui ne veulent pas se réconcilier et c’est la garantie de la défaite. Parce que le sujet, c’est de rassembler le pays pour ne pas se retrouver dans la situation de l’Allemagne avec une gauche des métropoles qui gagne à Berlin mais une extrême droite qui gagne dès qu’on s’éloigne du cœur des grandes villes.

    Vous êtes en campagne, vous êtes prêt à aller jusqu’au bout ?

    F.R. : Je n’ai jamais dit que j’irai jusqu’au bout, coûte que coûte, tout seul. Mon objectif est de poser des thèmes dans la campagne parce qu’il me semble qu’ils sont majoritaires. Notre thème prioritaire doit être le portefeuille des Français, nous devons marteler les questions économiques et sociales. J’œuvrerai jusqu’au bout pour qu’il y ait la possibilité d’une candidature de rassemblement majoritaire, sans mettre comme préalable que ce soit Ruffin à la fin.

  • Quatre ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité contre Erwan Davoux

    Quatre ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité contre Erwan Davoux

    « Il y a suffisamment d’éléments qui caractérisent les faits », a énoncé la présidente de la 5e chambre correctionnelle, ce mercredi, face à un prévenu dégoulinant d’angoisse, avant de lui annoncer sa condamnation à quatre ans d’emprisonnement avec sursis probatoire. Le double de ce qui était requis par le parquet.

    Il est fait interdiction durant deux ans à ce haut fonctionnaire, passé par la DGSE, d’entrer en contact avec son ex-épouse et ses deux enfants, de se présenter sur son lieu de travail et dans les écoles des enfants. « Au vu de la gravité des faits », le tribunal prononce avec exécution provisoire le retrait de l’autorité parentale et lui enjoint de suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales. La peine complémentaire d’inéligibilité est prononcée pour une durée de cinq ans. En réparation du préjudice moral, le père devra verser 2 000 euros à chaque enfant et 4 000 euros à son ex-compagne.

    L’ancien directeur des affaires internationales au Département des Bouches-du-Rhône, formé dans les cabinets ministériels de Jean-François Copé et de Valérie Pécresse, s’était présenté aux municipales, en mars dernier, avec Nora Preziosi (1,85% des suffrages), tout en dénonçant un système mis en place par Martine Vassal, laquelle le poursuit en diffamation.

    Erwan Davoux avait comparu le 9 septembre pour avoir régulièrement giflé et frappé, depuis 2023, son ex-épouse de 37 ans, qu’il aurait projetée au sol, traînée par les cheveux, insultée. « Je vais prendre le couteau et te couper la gorge », l’aurait terrorisée le haut fonctionnaire, le 31 mai dernier.

    « Je fais appel, je suis tombé dans un guet-apens, dans une manipulation » réagit Erwan Davoux, interrogé par La Marseillaise à la sortie du tribunal. « Je considère que c’est un déni de justice. Ce jugement est totalement inéquitable. Dans cette affaire, il y a eu des violations caractérisées du droit de la défense. Mon combat ne fait que commencer. Je fais appel et j’emploierai tous les recours. Et si ça ne suffit pas, j’irai devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le retrait de l’autorité parentale est un pur scandale. C’est moi qui ai élevé mes enfants. Cela va freiner leur développement. » Et d’accuser leur mère d’avoir « fait la comédie et dupé les psychiatres ». « Elle vient la nuit sans raison griffer le visage. J’ai dû retoucher mon affiche de campagne électorale, parce que sur l’original, il y a la marque des griffes de cette femme », lâche-t-il.

  • De l’énergie à la santé, la colère fait front

    De l’énergie à la santé, la colère fait front

    Mobilisation sur plusieurs fronts, ce mardi, à Marseille et dans la région, où de nombreux temps forts vont muscler une journée de rentrée sociale qui s’annonce suivie. Dans le département des Bouches-du-Rhône, cette journée entend confirmer une volonté de convergence des luttes autour d’une exigence appuyée de mettre la question des salaires, de l’emploi et des services publics à l’agenda d’une campagne présidentielle qui s’installe tranquillement dans le paysage médiatique.

    En grève intersyndicale (FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines), ce mardi 15 septembre, les énergéticiens se mobilisent à l’appel de la CGT devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, à partir de 10h30. Le mot d’ordre est national et la mobilisation s’annonce suivie, avec des piquets de grève tenus dans plusieurs sites de production d’électricité et de gaz du territoire. à Avignon, la CGT énergies Grand-Avignon a, elle, fixé un rendez-vous devant la préfecture du Vaucluse.

    Dans la cité phocéenne, les agents des industries électriques et gazières seront rejoints, en fin de matinée, par les travailleurs des secteurs de la santé, du social et du médico-socio. Venus des six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ils prendront part à une grande manifestation régionale. Le rendez-vous est fixé à 11h à la porte d’Aix, d’où le cortège se mettra en branle en direction de la place Félix-Baret où siège la représentation de l’État. à quelques pas de là, à 10h, la CGT Educ’action se mobilisera devant la Direction des services de l’éducation nationale (DSDEN).

    Au même moment, c’est la SNTRS-CGT qui appelle à se mobiliser aux côtés des salariés des établissements de recherche publique, à l’occasion de la rentrée du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le motif avancé ici est de dénoncer la situation budgétaire, le gel des salaires et la restructuration programmée de l’Institut recherche et développement (IRD) que le gouvernement Lecornu souhaite dissoudre dans le CNRS.

    Partout, le mot d’ordre est le même : dire stop à la casse du service public et aux politiques gouvernementales d’austérité qui impactent, de manière globale et frontale, autant les usagers que les salariés. Un premier round qui s’annonce d’ores et déjà intense avant la journée de grève et de manifestation nationale du 29 septembre, qui verra tous les agents de la fonction publique descendre dans la rue pour leurs salaires, leurs conditions de travail et les moyens alloués aux services publics.

    UN AGENDA SOCIAL CHARGÉ

    20 septembre. Mobilisation contre la loi « permis de tuer »

    Manifestations prévues dans plusieurs villes de la région contre la loi dite du « permis de tuer ».

    21 septembre. Semaine d’action de la CGT Spectacle et marche pour paix

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre ».

    Cela tombe bien, le 21 marque la Journée mondiale pour la paix : plusieurs rassemblements sont organisés par le Mouvement de la paix.

    26 septembre. Marches pour le climat

    Organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    28 septembre. Mobilisations pour le droit à l’avortement

    De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement.

    29 septembre. Grève et manifestation de la fonction publique

    CGT, FSU, FO et Sud appellent à une journée de grève pour la défense des services publics et contre le budget prévu par le gouvernement.

    ET AUSSI

    Toulon et Fréjus

    Deux assemblées générales de grève sont prévues de 10h à 15h à Toulon (boulevard de la Démocratie) et à Fréjus (site d’Enedis), avec comme mot d’ordre « la défense du statut et du tarif agent ».

    Avignon

    Rassemblement à 10h devant la préfecture d’Avignon, boulevard Limbert, à l’appel de la CGT Énergies Grand Avignon.

    Gap

    L’intersyndicale (CGT, CFE, CFDT et FO) appelle au rassemblement devant le siège d’Enedis, 6, rue du Verger à Gap, dès 10h.

    « verbatim »

  • Fabien Roussel appelle à descendre dans la rue « sans attendre les urnes »

    Fabien Roussel appelle à descendre dans la rue « sans attendre les urnes »

    Devant 40 000 spectateurs selon les organisateurs, Fabien Roussel lance, depuis la grande scène de la Fête de l’Humanité, samedi, un appel à ne pas attendre l’élection présidentielle pour obtenir des avancées en matière de justice sociale à l’heure où le prix des carburants flambe et où le débat sur le budget de la nation s’ouvre. « Je dis une chose : il faut que la tonte change de camp ! Prenons le pouvoir ! Unissons-nous dans la rue dès maintenant ! J’appelle les Français à redresser la tête et à s’unir, à marcher comme un seul peuple contre ces oligarques qui nous privent de notre dignité, de nos richesses, de notre pouvoir de vivre de notre travail ! »

    Le secrétaire national du PCF refuse de « céder au déclinisme ambiant ». « Portons cette ambition de redevenir une grande nation, de redevenir une grande nation agricole, une grande nation industrielle, une grande nation en matière de santé et d’éducation ! », lance-t-il.

    Tolérance zéro sur le racisme et l’antisémitisme

    « Depuis que la France ne peut plus se financer elle-même, car elle a décidé en 1979 d’emprunter auprès des banques, la France a dû payer 1 350 milliards d’euros d’intérêts auprès banques ! La dette, c’est une énorme machine pour faire taire les peuples et pour enrichir les actionnaires », dénonce le candidat communiste.

    Fabien Roussel propose ensuite, afin de faire cesser la déconnexion des élus, une « parité sociale ». « 50% des candidats devront être ouvriers ou employés », avance-t-il.

    Déterminé à mettre à distance les sujets identitaires portés par l’extrême droite dans le débat public, il lance : « Dans l’espace public, ce n’est pas le voile qui pose problème, c’est le racisme et l’antisémitisme qui grandissent ». Il promet de ne laisser aucun acte ou parole raciste, antisémite ou homophobe passer dans une France où ils sont en augmentation.

    Partisan de la paix et de la résolution des conflits par la diplomatie et le droit international, Fabien Roussel refuse l’idée d’une France qui devienne le « 51e État américain avec leur président d’extrême droite, raciste, et belliciste ». « Il n’y aura pas de progrès social si la France continue d’investir dans l’armement et de s’aligner derrière l’OTAN, d’investir dans les bombes plutôt que dans nos écoles ! Préparer la guerre plutôt que de faire grandir nos services publics ! Nous voulons moins d’obus et plus de Sécu ! Nous voulons la paix pour les peuples d’Ukraine et de Russie, pour cette jeunesse qui souffre et se voit forcer de prendre les armes », insiste Fabien Roussel.

    « Nous voulons aussi que la France s’engage pour le droit des peuples à vivre librement, libre de leurs choix, en toute indépendance ! Nous voulons la liberté et l’indépendance pour le peuple palestinien et pour l’État de Palestine ! », poursuit le candidat communiste. Sur Cuba, il lance : « la dictature est du côté des États-Unis pas du côté d’un peuple qui malgré le blocus, a envoyé en France des dizaines de médecins cubains pour nous aider en plein Covid ! Viva Cuba ! »

    « Comptons les portes

    que nous aurons ouvertes »

    Déterminé à mener campagne sans commenter les faits et gestes des autres candidats il invite à laisser « les petits épiciers commenter les sondages et compter les candidats. Moi, je vous propose dans ces prochains mois que nous comptions tout autre chose. Comptons les portes que nous aurons ouvertes et les échanges que nous aurons. Comptons les salariés que nous aurons convaincus. Comptons les luttes que nous aurons renforcées et les victoires que nous aurons obtenues. Et, surtout, – surtout ! – comptons les millions de Français qui auront retrouvé l’envie d’agir et de transformer la société ».

    Convaincu que dans la période, les Français peuvent reprendre leur destin en main, il conclut : « Cette campagne présidentielle peut rendre à notre peuple, sa fierté, sa dignité et son envie de participer et de décider ! C’est la plus belle des boussoles que nous pouvons nous donner. Allons-y pour cette belle campagne, populaire, fière et révolutionnaire ! Pour le peuple et pour la France ! Pour Vivre ! Enfin ! »

  • [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?

    Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.

    La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?

    I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que – et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne – pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.

    La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.

    Que répondez-vous ?

    I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.